Economie

6:56:41 2016.04.25
« Tout va très bien Madame la marquise » et autres sentiments d’irréalités sur les marchés financiers
7:23:39 2016.04.18
Dégénérescence du Droit et hyperinflation législative Cercle Droit et Liberté) la semaine dernière qui ont eu l’air d’être un peu surpris quand je leur ai rappelé que le Libéralisme n’était pas une doctrine économique mais juridique. A la fin du XVII eme en effet et pendant tout le XVIII eme et le XIX eme, toute une série de penseurs en France, en Angleterre, en Ecosse, en Amérique du Nord se sont essayés à « penser » le Droit pour limiter le pouvoir des souverains ou des puissants dans ce qu’il avait d’arbitraire. En 1689, à l’occasion de la Glorieuse Révolution en Grande-Bretagne fut ainsi décidé que le roi n’aurait plus le droit de lever des impôts si ceux-ci n’étaient pas entérinés par le Parlement Britannique. Montesquieu suivit en préconisant la séparation des pouvoirs, autre façon de limiter l’arbitraire de l’Etat en reconnaissant que la Justice devait être indépendante et du législatif et de l’exécutif. Tant et si bien qu’un système juridique se développa, empêchant les gros de mettre en esclavage les maigres, les maigres de massacrer les gros lors de leurs inévitables jacqueries et l’Etat et son personnel de piller tout le monde en abusant du monopole de la violence légitime dont ils disposent. Et à la stupéfaction générale, une fois que ce nouvel ordre juridique fut établi, quelques dizaines d’années après commença quelque chose auquel personne, mais vraiment personne ne s’attendait : la croissance économique fit irruption avec l’arrivée de la première révolution industrielle, qui surprise, surprise, se produisit d’abord dans le pays qui avait été le plus loin dans la direction de l’égalité de chacun devant le Droit. Et donc le Libéralisme est une théorie juridique qui au départ n’avait pas grand-chose à voir avec l’économie et tout à voir avec le Droit. Cela est tellement vrai que lorsque l’enseignement de l’économie en tant que branche de la logique prit forme, il fut dispensé dans les facultés de Droit et non pas dans les Facultés de Lettres ou dans des écoles soi disant scientifiques ou spécialisées. De très grands esprits ont signalé cette filiation entre la Liberté individuelle fondée sur le Droit de Propriété et la croissance économique et ici je peux citer Bastiat bien sûr mais aussi toute l’école Autrichienne en pensant en particulier à Hayek ou Von Mises. Plus récemment un homme tout a fait remarquable, Hernando de Soto a écrit un livre admirable « Le mystère du capital, ou pourquoi le capitalisme triomphe t’il en Occident et échoue t’il partout ailleurs » dans lequel il explique que derrière l’émergence de la croissance en Occident il y a la reconnaissance du Droit de Propriété et donc l’indépendance de la Justice vis-à-vis des puissants. Que cet homme n’ait pas eu le prix Nobel d’économie est un vrai scandale. Et ici, je veux revenir sur mon expérience personnelle. Lorsque j’étais jeune et qu’un politicien ou un autre s’essayait à prétendre qu’il était temps, grand temps d’abandonner ces billevesées, il se dressait toujours un juriste éminent, en général Professeur agrégé de Droit à Toulouse, Aix, Bordeaux, Paris ou Montpellier pour rappeler que ce principe était intangible et que d’ailleurs, il était inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme. Je me souviens de Marty à Toulouse, de Vedel à Bordeaux et bien sur de Raymond Aron (qui n’était pas Juriste cependant) faisant reculer les politiques tout simplement en invoquant le Droit tant leur prestige était immense.En Grande Bretagne, les Juges et les « Lords Justice of appeal » se mobilisent à chaque fois que cela est nécessaire pour rappeler et défendre les principes essentiels de ce qu’il est convenu d’appeler la « Common Law » c'est-à-dire l’ensemble jurisprudentiel qui définit le Droit Britannique. Aux USA, cette défense est de la responsabilité de chaque juge, mais in fine, c’est la Cour Suprême qui a la responsabilité de dire si telle ou telle mesure prise par le législatif ou l’exécutif sont  conformes ou non, au Droit. Ce qui veut dire en termes simples que chacun comprend que le Droit est supérieur et antérieur à la Loi et qu’avoir une majorité politique n’autorise pas à faire n’importe quoi. Tant il est vrai que le Droit libère alors que la Loi peut asservir. Le Droit est éternel, la Loi temporaire. Et je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet aujourd’hui tant il me semble que le Droit est en recul partout devant les assauts de la Loi. Depuis 1981 en tout cas et la phrase célèbre et abominable du minuscule Laignel à l’assemblée nationale « Vous avez juridiquement tort puisque vous êtes politiquement minoritaires » il existe un mouvement profond pour renverser cette prééminence du Droit sur la Loi et cette tendance va en s’accélérant sans cesse. Prenons l’exemple de la France pour commencer. Quand j’étais jeune, le prestige d’un agrégé de Droit enseignant dans l’une ou l’autre des grandes universités Françaises étaient à des années lumières au dessus de celui d’un haut fonctionnaire, fut-il sorti parmi les premiers de l’ENA ou d’une autre grande école. La réforme de l’Université mise en place par Edgar Faure a transformé ce qui était autrefois des seigneurs en vagues instituteurs et leur prestige s’est effondré. Je n’ai pas entendu un seul professeur de Droit s’élever contre l’état d’urgence ou alors, cela n’a pas été repris par la grande presse. Ce rôle fut assumé par le bâtonnier des avocats de Paris, ce qui était bien mais hélas insuffisant pour empêcher cette forfaiture. Quant aux avocats, ils plaident de moins en moins en fonction de principes juridiques quasiment éternels et sont obligés de faire référence à des textes qui viennent d’être votés par le pouvoir législatif et dont le nombre est tel qu’ils sont forcés de passer les trois quarts de leur temps à se tenir au courant des nouvelles lois ou règlements, ce qui empêche bien sur toute référence au Droit.L’archétype de ces dérives se retrouve dans le code du Travail, qui fait plus de trois mille pages auxquelles s’ajoutent par semaine en moyenne une dizaine de pages supplémentaires. J’aimerais rappeler ici qu’il n’y a pas de Code du Travail en Suisse ou à Hong-Kong, que le Droit des contrats s’y applique et que c’est à chaque juge de décider de la solution au cas par cas en fonction du Droit existant. Peut- être cela n’a-t-il aucun rapport, mais il n’y a pour ainsi dire aucun chômage ni en Suisse ni à Hong-Kong. Comme me le disait un de mes amis, homme d’affaires Américain : « la France est un pays merveilleux. Deux adultes consentants peuvent tout faire l’un avec l’autre, sauf bien sur travailler l’un pour l’autre. Mais ce n’est pas tout. Comme chacun peut le voir la prééminence de la Loi favorise l’Etat, et donc défavorise l’individu. Je constate avec une grande amertume que, de plus en plus, le personnel de l’Etat poursuit des individus en s’appuyant soi-disant sur des lois tout en sachant pertinemment qu’ils ont tort. Je m’explique. Le Code fiscal par exemple est tellement compliqué qu’il laisse la possibilité à des agents de l’administration de poursuivre des contribuables alors même qu’ils savent qu’en cas de jugement ils seront déboutés. Mais ces personnes savent fort bien que pour se défendre, le contribuable devra engager des dépenses fort importantes et y consacrer une partie exagérée de son temps alors qu’il a sans doute mieux à faire ailleurs. Et donc l’administration fiscale proposera une "transaction"au contribuable, en lui expliquant mezzo voce que cela lui coutera moins cher de payer que de s’engager dans une procédure longue et couteuse. On reconnait la technique de la Mafia qui propose au commerçant de « protéger » son magasin contre une légère contribution, faute de quoi il risquerait de bruler. On m’a signalé aussi l’existence de véritables vendetta personnelles menées par des agents publics contre tel ou tel sans que jamais la hiérarchie n’intervienne… Mais que fait la Justice me dira le lecteur, dont après tout le rôle est de dire le Droit en fonction des Lois et règlements en vigueur ? La réponse est toute simple : le pouvoir politique ne fournit aucune ressource financière supplémentaire à la Justice pour tenir compte de cette inflation législative et réglementaire, ce qui fait que chaque affaire attend des années avant d’être jugée. Voila qui renforce de façon extraordinaire le pouvoir de l’administration et des gens bien en cours dont les dossiers seront les premiers ou les derniers traités, selon ce qu’ils choisissent. Et ce n’est pas un syndrome simplement Français. Passons aux USA. Le premier amendement de la Constitution Américaine prévoit que « le Congrès des USA ne fera pas de Lois pour empêcher la Liberté d’expression », ce qui est fort clair. Or cette Loi commence à être tournée en se servant d’une autre Loi, celle sur la diffamation. Un esprit libre que j’aime bien, Mark Steyn, a écrit il y a quelques années, un article expliquant que l’un des papes de l’écologie locale aux USA était un faussaire et qu’il avait maquillé ses travaux soi-disant scientifiques pour prouver ce qu’il avançait, ce qui était vrai et tout le monde le sait. Cet homme le poursuit pour diffamation et il est soutenu par toutes les grandes organisations écologiques qui payent la note.De l’autre coté, un homme seul qui en est déjà à plusieurs millions de dollars de frais pour se défendre. Où est la liberté d’expression dans cette affaire ? Et faut-il être richissime pour dire ce que l’on pense ? Que faire ? Je ne sais pas trop tant le coup est bien monté. Mais à mon avis, on pourrait commencer par doubler le nombre des juges en embauchant des avocats ayant prêté serment, en prenant par exemple les crédits sur le ministère de la Culture et faire passer une loi exigeant que toute mesure entrainant une augmentation des dépenses de l’Etat ou une nouvelle réglementation du système productif devra être soumise à Referendum (comme en Suisse). Peut-être pourrait t’on aussi envisager de ne voter aux législatives que pour des candidats qui s’engageraient à passer tout leur temps à abroger des lois anciennes et qui ne servent à rien dans le meilleur des cas, à la place d’en voter des nouvelles ? Peut être faudrait il privatiser tout ou partie des conflits surtout s’il y a d’un coté la puissance publique et de l’autre des citoyens ? Peut être faudrait il que les juges soient élus ? Peut-être faudrait-il donner aux citoyens la possibilité de porter plainte nommément contre un agent de la puissance publique pour « harcèlement » ? Voila qui ne couterait pas grand-chose. On peut toujours rêver .....    
6:46:26 2016.04.04
Typologie des méthodes employées par les Oints du Seigneur. annonce tranquillement que la femme est inferieure à l’homme, que le non Musulman est inferieur juridiquement au musulman et doit payer un impôt spécial, que tout musulman qui se convertirait à une autre religion sera mis a mort ainsi que quiconque qui aurait dit du mal du prophète. Ce ne sont pas les principes sur lesquels notre civilisation repose, bien au contraire. Et puisque ces recommandations ne sont pas modifiables car il s’agit de la parole de Dieu, il faudra un jour ou l’autre se poser la question (et y répondre surtout) : L’islam et la Démocratie sont-ils conciliables ? Et c’est là que nous découvrons la quatrième technique utilisée par ces ennemis de la Démocratie et du dialogue Socratique. Leur réponse est toujours la même. Votre question est raciste et donc la question ne sera pas posée. Où l’on retrouve les méthodes qui ont si bien servies à l’époque de l’affaire Dreyfus ou des procès Staliniens… Refuser de traiter une question qu’un certain nombre de citoyens se pose, ce n’est pas faire preuve de sagesse mais d’obscurantisme et l’on ne trouve cette maladie que dans les sociétés théocratiques où une religion a pris le pouvoir, comme en URSS autrefois ou dans les pays musulmans depuis toujours.   Un homme comme Jacques Ellul, l’un des grands esprits qui ont marqué ma jeunesse était donc raciste ? Théologien Protestant, agrégé d’Histoire du Droit, auteur d’ouvrages invraisemblables de lucidité,  toujours traduits et disponibles dans toutes les bibliothèques du monde, il jugeait dans son dernier ouvrage posthume «Islam et Judéo Christianisme»  que l’Islam et la Démocratie étaient incompatibles. De cet ouvrage, j’extrais ces quelques phrases : « Je dirais oui, aisément, au bouddhisme, au brahmanisme, à l’animisme… mais l’islam… c’est autre chose. C’est la seule religion au monde qui prétende imposer par la violence sa foi au monde entier.  Alors je sais qu’aussitôt on me répondra : Le christianisme aussi ! Et l’on citera les croisades, les conquistadors, les Saxons de Charlemagne. Eh bien, il y a une différence radicale. Lorsque les chrétiens agissaient par la violence et convertissaient par force, ils allaient à l’encontre de toute la Bible, et particulièrement des Evangiles. Ils faisaient le contraire des commandements de Jésus. A contrario, lorsque les musulmans conquièrent par la guerre des peuples qu’ils contraignent à l’Islam sous peine de mort, ils obéissent à l’ordre de Mahomet, du coran !  Le djihad est la première obligation du croyant. Et le monde entier doit entrer, par tous les moyens, dans la communauté islamique. Je sais que l’on objectera : Mais ce ne sont que les intégristes qui veulent cette guerre. Malheureusement, au cours de l’histoire complexe de l’Islam, ce sont toujours les intégristes, c’est-à-dire les fidèles à la lettre du Coran, qui l’ont emporté sur les courants dits modérés, sur les mystiques, etc. Déclarer sérieusement qu’en France l’adhésion de « certains musulmans » à l’intégrisme est le résultat d’une crise d’identité est une désastreuse interprétation !  Non, l’intégrisme est seulement le réveil de la conscience religieuse musulmane chez des hommes qui sont musulmans mais devenus plus ou moins « tièdes… le réveil farouche et orthodoxe de l’islam est un phénomène mondial. Il faut vivre dans la lune pour croire que l’on pourra "intégrer" des musulmans pacifiques et non conquérants...” Et ceci fut écrit en 1994… Jacques Ellul était-il donc raciste ? De qui se moque-t-on encore une fois ? Et je soutiens sans prendre de grands risques qu’Ellul était un plus grand esprit que tous ces politistes et sociologues au petit pied qui ne lui arrivent pas la cheville mais qui ont réussi grâce à leur conjuration des médiocres à ce que sa pensée ait pour ainsi dire complètement disparue en France. Enfin, je ne doute pas une seconde qu’un article comme celui-ci, compte tenu des lignes qui précédent, pourrait se voir attaqué en justice, ce qui est le dernier recours de nos ODS quand tout a échoué. Nos Oints du Seigneur ont en effet fait passer toute une série de lois qui leur permettent d’empêcher les autres de parler. Lois mémorielles et lois de circonstances s’accumulent, ce qui fait que l’on peut condamner quelqu’un au silence simplement en le ruinant, et ceci grâce aux tribunaux où une partie des leurs sévissent, qui ne feront « qu’appliquer la Loi » en collant de fortes amendes à ceux qu’il faut faire taire.   La Constitution Américaine, dans son amendement numéro un prévoit « que le Congrès des Etats-Unis ne fera pas de Loi pour restreindre la Liberté d’expression », ce qui me parait la sagesse même. Mais en France, la Liberté d’expression est quelque chose qui est réservée à une élite, le peuple n’ayant pas la capacité de l’exercer avec sagesse, comme chacun le sait.   Pour me résumer: Si quelqu’un utilise
  • la reductio ad Hitlerium,
  • chasse en meute,
  • se sert de la Loi pour interdire la discussion,
  • change le sens des mots,
  • utilise l’arme du racisme à  tort et  à travers et pour finir
  • vous traine devant les tribunaux
    Si quelqu’un utilise la reductio ad Hitlerium, chasse en meute, se sert de la Loi pour interdire la discussion, change le sens des mots, utilise l’arme du racisme à  tort et  à travers et pour finir vous traine devant les tribunaux, alors vous pouvez être certain qu’il est fonctionnaire, qu’il a soutenu l’Union Soviétique, qu’il adore Cuba et le Venezuela, qu’il a été Maoïste, qu’il a déliré de bonheur quand Phnom Pen est tombé dans sa jeunesse et que discuter courtoisement avec lui est une perte de temps. Il y a longtemps que cette personne a cessé de réfléchir… si tant est qu’elle ne l’ait jamais fait. Vous avez affaire à un clerc, payé par son Eglise et qui vous récite son catéchisme, et non pas à un esprit qui cherche à comprendre. Et si vous n’êtes pas d’accord, il vous envoie au bucher Ne JAMAIS voter pour un homme ou un parti qui ne serait ce qu’une seule fois se seraient servi de ces techniques est à mon avis le devoir de tout citoyen.      
3:14:06 2016.03.20
La colère des peuples charles 6 - Taux de chomage et marge brute des societes

(Toute reproduction soumise à demande préalable)

La ligne rouge représente ce que l’INSEE appelle la marge brute d’autofinancement des entreprises installées en France, en pourcentage du PIB. Il ne s’agit donc pas des bénéfices du CAC 40 mais de la mesure la plus simple de la rentabilité du capital investi EN FRANCE. Ce ratio entre deux flux, les profits et le PIB a été avancé d’un an et demi, c'est-à-dire poussé sur la droite d’un an et demi. (ie: projection) La ligne bleue quant à elle représente le taux de chômage en pourcentage de la population active.   Quelques remarques sur ce graphique s’imposent à ce point de l’analyse.  
  1. La rentabilité du capital en France a baissé prodigieusement de 1974 /1985 qui furent les années d’abord du « Libéralisme avancé », grande idée du désastre Giscardien, suivies par les années ou le programme commun fut appliqué.  De 1985 à 2008, nous avons eu une stabilisation aux alentours de 23 % du PIB. Depuis 2009, nous avons perdu encore quatre points de rentabilité.
  2.  Le taux de chômage SUIT la rentabilité des entreprises avec un délai moyen d’environ 18 mois. La relation est de la baisse de la rentabilité au chômage et non pas comme le croient les Keynésiens du chômage à la rentabilité. (et que personne ne vienne me parler de la poule et de l’œuf…)
  1. Ce que les statisticiens appellent le taux de corrélation entre les deux variables est aux alentours de 90 %. Le carré du taux de corrélation s’intitule le coefficient de détermination et il est donc de 81 %. Cela veut dire que 81 % du taux de chômage est déterminé par la rentabilité du capital investi dix huit mois plus tôt.En termes clairs, cela signifie que si la rentabilité du capital baisse de deux points, le taux de chômage monte de deux points 18 mois plus tard…
  1. Comme la rentabilité du capital investi vient de remonter d’un point en raison de la dévaluation de l’Euro, il est probable que le chômage va baisser dans les 18 mois qui viennent, ce qui permettra à monsieur Hollande de nous expliquer qu’il a réussi son pari de « renverser » la courbe du chômage.
  Ces points étant acquis et vérifiables dans TOUS les pays du monde, que se passerait- il dans un pays normal si le but réel était de faire baisser le chômage ?   Les hommes politiques devraient s’interroger sur la baisse structurelle de la rentabilité du capital en France et une fois le diagnostic fait, prendre des mesures pour y remédier. D’après nombre d’études internationales faites par l’OECD ou le FMI, l’une des causes principales de cette baisse structurelle serait que le code du travail est d’une complexité inouïe ce qui empêcherait les embauches par les entrepreneurs. Et à ce sujet, nous venons d’assister à un psychodrame totalement Français. Une réforme du code du travail vient d’être proposée et je dois confesser que je n’ai pas beaucoup étudié son contenu tant j’étais sûr qu’en fin de parcours, toutes les « forces de progrès » se ligueraient pour empêcher tout changement. Et bien sur, je me suis trompé, et je n’ai pas été déçu en bien, comme disent les Suisses. Rien n’a changé, si ce n’est que le Président a d’abord rajouté quelques complications visant à renforcer le pouvoir des syndicats dans les PME et TPE mais qu’en plus le point d’indice des fonctionnaires a été augmenté, ce qui coutera au budget de l’Etat environ 7 milliards d’Euro. Voila qui risque d’empêcher le chômage de baisser comme il aurait dû le faire si monsieur Hollande ne s’en était pas mêlé. Devant un tel désastre l’observateur non partisan doit se poser la question : pourquoi cette préférence pour le chômage de la part de notre classe dirigeante ?   A cette question, il existe deux réponses non mutuellement exclusives.  
  1. Une incompétence inimaginable. Les hommes qui nous dirigent seraient Marxistes et penseraient que l’économie est un gâteau de taille fixe qu’il convient de partager. Et, en bonne théorie Marxiste, la plus value, c'est-à-dire le profit n’a aucune justification ni économique ni morale. Il s’agit d’un vol et leur rôle est donc de punir les voleurs.Ils ne comprennent pas que le profit est la rémunération du risque comme l’ont montré Schumpeter et Solow et donc leur but est de capturer ce qui pour eux est une rente injustifiée, pour l’accaparer au profit de leurs troupes. Tant qu’a faire de voler, autant que ce soit à leur profit.
  1. Un enfantin machiavélisme politique. Pour eux, hommes de l’appareil étatique et socialistes (ce qui revient au même), maintenir une majorité de Français dans une situation de dépendance et de précarité c’est assurer leurs réélections. A la masse des fonctionnaires qui votera toujours pour eux, on peut rajouter l’ensemble de ceux qui sont sans emplois et que l’on entretient à grands coups de prébendes. Si en plus, on réussit à créer une espèce d’apartheid grâce auquel un tiers des Français n’a pas son mot à dire lors des élections, alors les deux partis de gouvernement (socialistes de gauche et socialistes de droite tels Giscard, Chirac ou Sarkozy) qui suivent tous la même politique  peuvent alterner au Pouvoir en ne recueillant qu’un peu plus du tiers des votes. Le bonheur total.
Voila ou nous en sommes. Toynbee, le grand historien Anglais avançait que le rôle des élites dans un pays était de répondre aux défis qui se posaient à la société. S’ils n’y arrivaient pas et apportaient de fausses solutions, alors les mêmes défis se représentaient… jusqu’à ce que les élites soient changées, au besoin de façon révolutionnaire, ce qui entrainait un changement de régime. En cas de nouvel échec, le pays, la société ou la civilisation pouvaient disparaitre… On songe à l’Amérique Indienne dont la Civilisation a disparu lorsque les Conquistadores sont arrivés. On peut citer l’Allemagne en 1934 après le Traité de Versailles de 1918 qui consacrait le suicide de l’Europe. On songe à l’URSS qui a crevé du Marxisme. De nos jours, on peut mentionner le Moyen et le Proche Orient. On ne peut s’empêcher de citer aussi les institutions Bruxelloises qui toujours apportent les mauvaises réponses (Euro, politiques migratoires etc.…) aux questions qui tracassent les peuples. Nous en sommes là et le salut ne viendra pas d’un homme providentiel mais ne peut venir que du Peuple Français qui devra se lever et faire entendre sa voix. Déjà, les voix des Peuples Polonais, Hongrois, Américains, Anglais se font entendre.   Les élites devraient se méfier de la colère des Peuples.      
7:21:31 2016.03.14
L’Europe submergée. Sud Nord dans 30 ans Alfred Sauvy,  Dunod 1987.   De temps en temps, j’aime bien fouiller dans ma bibliothèque où règne bien sur le plus grand désordre. Lors de l’un de ces moments de redécouverte, je suis tombé sur un livre d’Alfred Sauvy, publié en 1987, et qui avait pour titre « L’Europe submergée, Sud Nord dans trente ans ». Dans ce livre, Sauvy s’intéressait à l’inévitable déferlement du Sud vers le Nord, en utilisant les statistiques démographiques disponibles à l’époque. En s’appuyant sur une analyse assez simple des différences entre taux de fécondité entre le Nord et le Sud de la Méditerranée, il arrivait à la conclusion que vers 2017, il risquait d’y avoir quelques problèmes d’immigration dans le vieux continent. Plutôt bien vu… Mais ce n’était pas la première fois. En 1959, il avait publié un autre livre où il expliquait que compte tenu du baby boom, on risquait d’avoir une révolution dans les Universités vers 1968 en raison de la surpopulation étudiante. Et il conseillait de préparer l’arrivée de ces centaines de milliers d’étudiants…  Comme rien ne fut fait, nous eûmes les événements de Mai 68 « à la surprise générale ».   Dans son livre « l’Europe submergée », dès 1987, il s’essayait à analyser ce qu’il fallait faire puisque l’on allait avoir des mouvements de population massifs et que l’on avait trente ans pour agir et se préparer. Et bien entendu, rien de ce qu’il préconisait ne fut fait, le court terme et les expédients l’emportant comme souvent hélas sur les analyses raisonnées, en tout cas dans les milieux politiques.   Mais retrouver ce livre m’a ramené bien des années en arrière car Sauvy fut certainement l’un de ceux qui m’a les plus marqué au début de mes années de formation. (Je suis toujours en formation, je tiens à le préciser ici, mais plutôt à la fin de cette dernière). J’ai tout aimé chez lui. Il était Catalan, fils de vigneron,  grand blessé de guerre, polytechnicien ayant intégré après la première guerre mondiale où il avait servi avec honneur, joueur de rugby (il est rentré sur un terrain de rugby comme joueur pour la dernière fois à  72 ans), skieur, se disant de gauche et ne s’appuyant que sur une analyse impitoyable de la réalité, fondateur de l’INSEE et de l’INED (Institut National de la Démographie), de la revue Population, auteur de dizaines d’ouvrages et de centaines d’articles… On raconte (en fait c’est lui qui le racontait) que Léon Blum l’avait contacté pour faire partie de son cabinet en 1936. Hésitant, il avait répondu au dirigeant socialiste « Je ne sais pas si je vais accepter tant   à l’évidence vous ne connaissez rien à l’économie».Et il avait dit  à Léon Blum : « Votre expérience socialiste durera deux ans. C’est en général ce que durent les expériences socialistes ». On songe à l’expérience de 1981 à 1983 et on sourit. A cela, Blum avait répondu superbement : « Mais enfin Sauvy, si j’y connaissais quelque chose, je ne serai pas socialiste »!  On ne saurait mieux dire et toute l’histoire de France confirme ce qui n’était pas à l’évidence un jeu de mots mais une vérité profonde et qui ne s’est jamais démentie depuis. Comme le disait l’un de mes amis, homme politique : « On ne peut être à la fois socialiste, compétent et honnête. Il faut choisir deux des qualités sur trois ». C’est ce que semblait croire Léon Blum. En tout cas, les évènements depuis 1981 confirment cette plaisanterie qui n’est après tout qu’une évidence factuelle. Fin 1936, Sauvy est au cabinet de Paul Reynaud, en charge d’écrire les décrets pour relancer l’économie Française, plombée à mort par l’expérience socialiste. Et il suit, à la stupéfaction générale, une politique que l’on appellera quarante-cinq ans après une politique « de l’offre », totalement à rebours du consensus de l’époque et tout le monde lui tombe dessus. Et bien entendu l’économie repart à toute allure, la croissance s’interrompant hélas avec l’arrivée de la guerre. C’est lui qui inventa l’expression « le tiers monde » vouée à un succès planétaire, mais qu’il reniera à la fin de sa vie, tant les situations entre les différents pays avaient évolué. C’est chez lui que j’ai vu mentionner pour la première fois la hausse du CO2 dans l’atmosphère qui pouvait selon lui amener à terme à de graves problèmes Tout ce qui était vivant l’intéressait…   En 1976, il publie son livre qui m’a sans doute le plus influencé, « L’économie du Diable » où il s’essaie à traiter des causes de la stagflation c'est-à-dire la présence simultanée de l’inflation et du chômage. Dans ce livre, il explique fort clairement les raisons qui président à l’irruption de ce phénomène et il cite nommément le salaire minimum (qui empêche les plus faibles de travailler puisqu’ils ne sont pas rentables), la limitation du temps de travail, l’interdiction faite aux retraités de travailler, l’existence de professions monopolistiques et protégées, le blocage des prix dans des professions concurrentielles et bien d’autres encore. TOUS les facteurs qu’il cite sont de nature à empêcher le développement d’une offre susceptible de rencontrer une demande solvable. Les contraintes mises à la production empêchent en effet toute embauche, ce qui fait que l’offre insuffisante amène fort naturellement à des hausses de prix et à la faiblesse de la monnaie. Eh bien, le lecteur peut vérifier en lisant le livre qui n’a pas pris une ride : Le programme commun de la Gauche est signé en 1978 entre les communistes, les socialistes et les radicaux de gauche et TOUTES les mesures préconisées étaient celles dont Sauvy avait dit dans son livre qu’elles amenaient toujours à des désastres. Et les socialistes, n’apprenant jamais de leurs erreurs remettront le couvert avec les 35 heures, sous Jospin et la hausse sur la fiscalité du capital sous Hollande… Et bien entendu, à chaque fois que ce programme fut appliqué, nous eûmes un désastre. La seule différence entre 1936, 1981, 1995 fut qu’à la place d’avoir la Wehrmacht à Paris, nous avons eu la Bundesbank d’abord en attendant l’Euro.   C’était aussi un homme plein d’humour. Visitant un chantier avec le Président Mitterrand qui, en voyant un grand nombre de pelleteuses lui confiait « Ah Sauvy, si tous ces hommes avaient des pelles à la place d’avoir des machines, vous imaginez le nombre d’emplois créés ?» Il avait répondu « En effet, monsieur le Président. Mais imaginez s’ils avaient des petites cuillères ? ». Mais ce qui m’avait séduit chez Sauvy c’était le slogan qu’il répétait à qui voulait l’entendre : « Le rôle de l’économiste c’est d’éclairer pour guider ».Et il ne pouvait s’empêcher de constater avec une certaine tristesse que dans toute sa carrière « d’éclaireur, » il n’y avait eu que deux hommes politiques qui s’étaient donnés du mal pour comprendre ce qu’il disait et c’étaient Paul Reynaud et Mendes-France. Et du coup, ils les admiraient beaucoup certes pour leur intelligence mais bien plus pour leur capacité à essayer de s’informer dans un domaine qu’ils maitrisaient mal. Il en concevait un certain dédain pour la chose politique, tout en sachant que son rôle envers et contre tout était de continuer à éduquer pour éclairer.   Mais la vraie raison pour lequel je l’admire est plus profonde : Un peu comme Schumpeter, il disait que celui qui commence une analyse doit partir des données disponibles et non pas des préjugés qu’il pouvait avoir au départ de l’analyse. Par là, il voulait qu’une analyse scientifique doit partir d’abord de la réalité c'est-à-dire des chiffres.  
  • Ces chiffres, il faut comprendre ce qu’ils recouvrent et comment ils ont été calculés. C’est lui qui disait « Si vous torturez suffisamment les chiffres, ils finiront toujours par avouer ».
  • Ensuite, il faut trouver une explication aux relations qui peuvent exister entre ces séries de chiffres, en se méfiant toujours de ne pas tomber dans des explications hasardeuses. En termes simples, il faut se souvenir que corrélation ne veut pas dire causation. Par exemple, dans toutes les statistiques de santé mondiale on découvre que les fumeurs de cigares vivent plus longtemps que les autres. Et bien sur cela ne veut pas dire que fumer le cigare est bon pour la santé, mais que les fumeurs de cigares ont tendance à être beaucoup plus riches que la moyenne et sont donc beaucoup mieux soignés….
  • Et enfin, et c’est là où apparait l’esprit scientifique, si l’étude que l’on a commencé montre à la fin quelque chose auquel on ne s’attendait pas du tout et qui heurte vos croyances profondes, eh bien on doit la publier  même si les conclusions vous fâchent avec tous vos amis Toutes ses études à lui montraient que le responsable de la croissance était la flexibilité dans l’appareil de production et donc il préconisait en tant qu’homme de gauche, une politique qui favorisait l’entrepreneur et donc l’emploi et  par conséquent une politique fort nuisible au capitalisme de connivence ou aux « syndicats représentatifs » qui ne sont qu’un rouage du capitalisme de connivence. C’est ce qu’a redécouvert à grands frais une commission présidée par un grand « farceur tranquille » nommé Attali trente cinq ans au moins après, et bien entendu, aucune des propositions n’a été suivie de la moindre réalisation.
Et c’est là que je voulais en venir. Depuis 1987, le nombre d’économistes a littéralement explosé dans le monde entier et aussi curieux que cela paraisse, jamais l’esprit scientifique n’a été aussi peu présent dans toutes les décisions économiques. Jamais nous n’avons eu autant d’économistes à la tête des banques centrales, jamais les banques centrales n’ont eu autant de pouvoir, et jamais la pensée magique et non scientifique n’a eu une telle place dans nos sociétés. Mais il n’y a pas que la pensée magique qui fasse des dégâts : il y a aussi les fraudes. D’après un papier fort sérieux que j’ai lu, pour plus de la moitié des thèses présentées en économie dans les grandes universités américaines, les résultats ne sont pas vérifiables par des tierces parties. Ce qui veut dire que ces braves gens fraudent en utilisant un langage mathématique extrêmement compliqué pour ne pas être dévoilés. On imagine mal Rueff, Sauvy, Fourastié ou Raymond Aron se laissant aller à de telles bassesses.   Le mélange de compétence et de modestie qui caractérisait cet homme n’existe pour ainsi dire plus. Aujourd’hui, nous avons autant d’exemples que nous le souhaitons d’arrogance mélangée à de l’incompétence et à pas mal de malhonnêteté intellectuelle. Je refuse de donner les identités ici de ceux à qui je pense, la place étant insuffisante mais je suis sûr que les lecteurs ont quelques noms d’Oints du Seigneur en tête et s’ils en cherchent d’autres, ils peuvent toujours aller voir la liste des économistes sur ce site qui ont recommandé de voter pour François Hollande, et qui sont curieusement silencieux depuis quelques temps. On se demande pourquoi ?     Bref, aux lecteurs de l’Idl, qui ne connaitraient pas Sauvy et voudraient savoir ce qu’était un économiste, un vrai, je propose de relire quelques uns de ses livres. Mes préférences iraient à « La Machine et le Chômage » et à « l’Economie du Diable ».   Bonne lecture.          
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