Economie

7:45:14 2017.01.16
Pour avoir un pays bas, votez Hollande. spread germany france and stock market La ligne rouge, c’est simplement l’écart des taux entre les 10 ans allemands et les 10 ans français, cet écart des taux étant aujourd’hui aux alentours de 50 points de base. La ligne bleue c’est la moyenne mobile sur les deux dernières années de cet écart des taux. En bas, en noir, nous avons l’indice des cours des valeurs bancaires européennes. Et enfin le hachurage gris représente les périodes de récession dans l’économie française.   Et bien chaque fois depuis 25 ans que l’écart de taux entre l’Allemagne et la France se creuse (ligne rouge sous la ligne bleue) et que les cours des valeurs bancaires baissent, nous avons eu une récession en France.   Pourquoi ? Tout simple : A chaque fois cela voulait dire qu’une attaque sur le franc français quand il existait ou sur l’Euro (depuis que le ff a disparu) était en préparation. Et que cette attaque allait mettre à mal le bilan des banques européennes bourré d’obligation françaises, italiennes ou espagnoles, ce qui allait nous amener dans une récession. Or, à mon avis, le feu est allumé sous la marmite de l’euro depuis les élections italiennes au moins et en conséquence la marmite peut menacer de déborder à tout moment.   Et donc ma conclusion sur monsieur Hollande sera la suivante : Tout le monde a l’air de penser qu’il ne va plus rien se passer politiquement en France jusqu’à la fin Mai et que tout ce que monsieur Hollande a à faire c’est expédier les affaires courantes. Je n’en suis pas sûr du tout. Une nouvelle crise sur l’Euro peut arriver à tout moment, et de droit ce sera à monsieur Hollande et à monsieur Sapin de prendre les décisions qui s’imposeront alors qu’ils n’auront plus la moindre légitimité pour le faire. Ce qui voudra dire que Bruxelles ou la BCE n’auront aucun interlocuteur en face d’eux quand il faudra prendre des décisions désagréables en pleine campagne présidentielle. Et monsieur Hollande ne pourra pas demander à monsieur Fillon de venir l’aider, puisque ce serait faire le jeu du FN ou de l’extrême gauche.   Voilà qui va plaire à Marine, Mélenchon et autres Montebourg et nourrir les discussions pendant une campagne électorale qui s’annonce peut-être un peu plus animée que la classe politique ne le croit, en particulier sur la nécessité de rester ou non dans l’euro… Un bon sondage ou deux pour Marine, et le coup peut partir à tout moment. Voilà qui pourrait être plaisant compte tenu de la capacité à prendre des décisions de notre Président sortant. A mon avis, si le coup partait, si une crise de l’euro se déclenchait pendant la campagne présidentielle française, ça risquerait de sentir le sapin assez vite…                
2:08:35 2017.01.04
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Fillon ou l’espoir du désespoir e17ac29471ce411f832d8327e8057a7f Depuis 1990 (début de mes données fournies par l’OCDE), le poids de l’Etat est passé de 47% du PIB (là où est l’Allemagne aujourd’hui) à 54.5 % du PIB, ce qui fait de notre pays le recordman absolu des pays de l’OCDE. Et cela est un FAIT.   Le deuxième constat est un peu plus compliqué à accepter. Comme le disait Milton Friedman : « Un repas gratuit, ca n’existe pas » et par là il voulait  rappeler que rien en ce bas monde n’est gratuit. Donc si l’Etat a vu son poids monter, cela veut dire que le poids de quelque chose d’autre a baissé.  Quelqu’un dans le système économique français a payé pour compenser cette croissance effrénée de notre moloch étatique, et ce quelqu’un c’est bien sur l’entrepreneur, dont la rentabilité s’est effondrée. 98fbf98484d04f4eb5807c136e737b90 98fbf98484d04f4eb5807c136e737b90   Pendant que le poids de l’Etat passait (de 1987 à aujourd’hui)  de 47 % à 54.5%, soit 7.5 points de PIB en plus, la rentabilité  des entreprises elle passait de 28 % du PIB à 22 % du même PIB, soit 6 points en moins. Quelle importance, va me dire à nouveau un économiste atterrant, cela veut simplement dire que la politique suivie a été la bonne puisqu’elle a mené  à une baisse de l’exploitation de l’homme par l’homme, c'est-à-dire à une baisse des profits, cette chose abominable. L’ennui est que dans n’importe que pays, à n’importe quelle époque, une baisse des profits amène toujours avec un retard d’environ un an à une hausse du chômage, comme en fait foi le graphique suivant. Qui engendre par sa politique la  baisse des profits crée automatiquement  la hausse du chômage, telle est la réalité. e17ac29471ce411f832d8327e8057a7f 83ae6c010be046d8b4c245bdcf542c5d     C’est ce qu’il est convenu d’appeler le théorème d’Helmut Schmidt, le chancelier Social Démocrate Allemand : « Les profits d’aujourd‘hui sont les dépenses d’investissements de demain et les emplois d’après demain ». Gros mensonge, vont me rétorquer les Filoche ou Mélenchon de ce bas monde : Tout le monde sait que les profits des sociétés françaises font des plus hauts tous les ans et donc je serais pris en flagrant délit de mensonge, ce qui n’est pas le cas. Pour mes calculs je n’ai retenu en effet que les profits faits par des entreprises- françaises ou pas- opérant sur le territoire français dont sont exclus  donc les profits faits par les sociétés françaises à l’étranger.  Et donc il apparait que nous avons bien de la chance d’avoir des patrons et des entrepreneurs compétents  qui réussissent à gagner de l’argent en dehors de France pour pouvoir verser des dividendes aux pauvres actionnaires français. Parce qu’il est tout à fait évident que si les entreprises françaises devaient travailler uniquement à partir du territoire géographique français, elles seraient toutes en faillite depuis longtemps… Et donc nos patrons, en maintenant un appareil de production viable en dehors de France ont été de vrais patriotes alors que ceux qui ont réussi à rendre la France non attrayante en tant que territoire d’investissement sont des traitres, des escrocs et des voleurs, et bien entendu, je veux parler ici des politiciens. Et c’est là  qu’intervient une troisième notion dont monsieur Fillon a également parlé, le recours  à la dette pour boucher les trous de trésorerie que les actions de nos politiques engendrent Dans un monde normal, les seules entreprises qui peuvent croitre sont celles qui font des profits, les autres disparaissent et cela s’appelle la destruction créatrice. Cela n’est hélas pas le cas pour une activité étatique car, même si elle est en cash flow négatif, c’est à dire qu’elle perde de l’argent, elle perdurera jusqu'à la fin des temps pour peu qu’elle soit dans le giron de l’Etat, qui empruntera  les sommes nécessaires pour maintenir en vie ce qui devrait disparaitre.   Poids de l'état Et du coup, la dette étatique explose, comme le montre le dernier graphique. La hausse du poids de l’Etat est la cause unique de la hausse du chômage et de la hausse de la dette. Ce graphique est terrifiant. Réfléchissons une seconde : Si les taux passent de 0 %, où ils sont aujourd’hui, à 3 % en moyenne, le service de la dette va exploser. Or cette dette est détenue au deux tiers par des non résidents. Comme la croissance sera dans le meilleur des cas de 2 % par an, cela veut dire que TOUT l’accroissement de richesse devra être transféré à des étrangers chaque année, et que donc le niveau de vie pour le français de base ne pourra pas ne pas baisser. La France est donc à la veille de rentrer dans une trappe à dettes d’anthologie. Si vous capitalisez votre richesse à 2 % par an et que vous  empruntez  3 % pour servir une dette qui est égale à votre création de richesse, il ne faut pas être grand clerc pour réaliser que le niveau de vie moyen va baisser de 1 % par an jusqu’ à la fin des temps.   Conclusion  Que nous dit monsieur Fillon ? Il nous dit
  1. Que les entreprises ne gagnent pas assez d’argent et qu’il faut cesser de les martyriser, sans quoi le chômage ne pourra qu’augmenter, ce qui est vrai.
  2. Que l’Etat est beaucoup trop gros et qu’il faut le faire maigrir en faisant sortir de son emprise tout ce que le secteur privé ferait mieux que lui, ce qui est vrai
  3. Que la dette étatique est beaucoup trop importante, et a atteint un niveau ou toute hausse des taux serait un désastre  car si les taux montent,  tout deviendra beaucoup, beaucoup plus difficile, ce qui est vrai.
  4. Que le temps de la procrastination est terminé. Ou nous agissons maintenant, brutalement ou bien il sera trop tard.
Pour qu’une politique de réforme réussisse, il faut d’abord et avant tout que les hommes au pouvoir aient compris ce qu’étaient les problèmes. Monsieur Fillon a sans aucun doute compris. La première condition est donc remplie. Ensuite, il faut que le corps social accepte les réformes, ce qui veut dire qu’il va falloir que monsieur Fillon se paye toute une série de pouvoirs bien résolus à ne rien lâcher. Je vivais en Grande Bretagne pendant les reformes de Thatcher et le pays a littéralement traversé une guerre civile larvée qui opposait le gouvernement et les syndicats. Mais la Dame de Fer ne lâcha rien. Espérons donc  que monsieur Fillon aura le courage qui a cruellement manqué  à Chirac ou à Sarkozy, il en aura besoin. Enfin, je n’ai JAMAIS vu dans l’histoire une politique telle que celle préconisée par monsieur Fillon qui ne  fût accompagnée par une dévaluation profonde et temporaire de la monnaie. Or l’Euro l’interdit. Il nous faut donc espérer soit que les Italiens ou les Bataves nous débarrasserons de ce monstre financier qu’est la monnaie unique avant notre élection, soit que monsieur Fillon se souvienne de ce que disait son mentor Philippe Seguin sur l’euro, machine à détruire l’Europe et la France et fasse le boulot lui-même, ce qui ramène au point précédent.…. « Puissiez-vous vivre dans des temps intéressants » dit la malédiction Chinoise. Je peux assurer le lecteur que les temps qui viennent vont être passionnants, mais je n’aimerais pas être   à la place du prochain Président.    
7:20:46 2016.11.21
Le grand retour des prix de marché mexico-purchasing-parity-in-french Le Peso Mexicain 45 % sous évalué, voila qui est un coup terrible pour l’Argentine, le Chili, le Brésil voir le Canada et bien sur les Etats-Unis et la zone Euro.Un autre prix est en train de se libérer et de monter de façon tout à fait remarquable : les taux longs aux USA sur les obligations gouvernementales et du secteur privé. Depuis la fin Juin, les taux longs sur le trente ans américain sont passés de 2.20% à 3.03 % au moment où j’écris ces lignes. Et du coup, les taux longs commencent aussi à monter en Europe… ce qui veut dire que la BCE va devoir enregistrer des pertes épouvantables, tout simplement parce qu’elle a acheté des tombereaux d’obligations à des prix n’ayant rien à voir avec la réalité. Bien évidemment, cela veut dire que les pays qui ont été crucifiés par l’euro vont devoir payer plus cher pour leur dette, ce qui leur est quasiment impossible puisqu’en Italie, déjà, les taux d’intérêts sont au dessus du taux de croissance de l’économie. Ce qui veut dire que l’Italie est dans une trappe à dette, qui se caractérise par la dette croissant plus vite que la richesse créée, ce qui ne peut pas ne pas se terminer par une faillite. Et donc, il me semble que les Italiens vont voter NON à leur prochain referendum et que monsieur Renzi va devoir s’en aller, en convoquant les électeurs aux urnes.  Ces élections devraient avoir lieu quelque part dans le premier semestre de 2017, à peu prés en même temps que les élections Françaises et un peu après les élections néerlandaises. Et ces élections vont être de fait un peu partout un referendum sur l’Europe et nulle part le vote est plus incertain qu’en Italie. Si le mouvement des cinq étoiles, acoquiné avec la ligue du Nord et ce qui reste du parti de monsieur Berlusconi (tous favorables à  la sortie de l’Italie), semblent avoir ne serait ce qu’une chance raisonnable de l’emporter, alors je peux assurer le lecteur que le marché obligataire Italien va devenir complètement incotable et que les taux longs vont passer ‘’ au travers du toit » bien avant que l’élection n’ait lieu, ce qui rendra le résultat complètement inéluctable. Pour moi en tout cas (et je peux me tromper, ca m’est arrivé fréquemment), il me semble tout à fait évident que l’Italie va voter non au referendum et voter ensuite pour sortir de l’Euro et donc de l’Europe. Si j’ai raison, cela veut dire que tous les actifs dont les prix ont été faussés par la BCE (et je songe ici aux obligations françaises, italiennes, espagnoles, Portugaises) vont voir leurs prix s’écrouler bien avant que les élections n’aient lieu, un peu comme le peso Mexicain a baissé bien avant que l’élection de monsieur Trump ne devienne une réalité. Et cela va rendre la tache de monsieur Draghi impossible (ce qu’elle était déjà). Comment un Italien pourrait t’il rester a la tète de la BCE si l’Italie quitte l’Europe... ? Bref, la BCE d’ici quelque temps risque de n’être qu’une structure de défaisance où chacun des anciens participants au capital essaiera de limiter au maximum les pertes de son pays. Voila qui va faite le jeu de l’AFD en Allemagne qui milite depuis le début pour le retour au DM, et qui aura eu raison sur toute la ligne. Sans parler du boulevard que ces événements vont créer en France pour le FN et pour Marine... Conclusion En 2002, dans des Lions menés par des ânes, j’écrivais tristement que l’Euro allait tuer l’Europe que j’aimais. Voila qui est fait. Il ne reste plus qu’à entériner le désastre pour repartir de zéro. La grande question politique des années qui viennent va donc être : Comment sauver l’Europe après le désastre de l’euro?  Et avec qui ? Je suis loin d’avoir la réponse. Mais cela implique d’abord que tous les hommes politiques qui nous ont amené dans ce désastre soient virés. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai des doutes.