Finance

3:33:15 2018.06.20
L’Europe est incapable de défendre ses banques face aux Etats-Unis 8,9 milliards de dollars payés par BNP Paribas. Cette sanction a introduit dans la réalité une dollarisation de l’économie mondiale, puisque tout ce qu’avait fait la BNP n’était à l’époque ni interdit en France ni en Europe. Une des conséquences pratiques de cette sanction a été que la BNP qui était numéro un mondial dans le leasing d’avions a cédé le marché aux banques chinoises. C’est dommage car cela pouvait dans certains cas favoriser les ventes d’Airbus. Il y a aussi eu de lourdes amendes liées au scandale Libor-Euribor (plus de 2 milliards d'euros pour Deutsche Bank). Les régulateurs européens ne sont de leur côté responsables que de 6% de ces amendes en valeur, les autorités américaines ayant la main beaucoup plus lourde.   La régulation bancaire est instrumentalisée à des fins purement économiques et concurrentielles   Une refonte de la  « Règle Volcker », un des volets de la loi Dodd-Frank, visait à empêcher les banques de prendre des positions risquées. Son assouplissement permettra à Goldman Sachs et Morgan Stanley dont les activités pour compte propre représentent souvent plus de la moitié des revenus d’être beaucoup moins affectés par l’application de la règle.   La réforme des ratios de solvabilité des banques voit clairement s’affronter deux philosophies de la gestion du risque des deux côtés de l’Atlantique. D’un côté il y a la méthode standard, norme appliquée aux Etats Unis qui consiste à affecter la même probabilité de défaut à chaque catégorie d’actifs sans aucune nuance (les Etats à zéro, les crédits immobilier à 50% et les entreprises à 100%). De l’autre, les systèmes de notation internes des banques qui permettent de pondérer le risque en fonction de la probabilité de défaut. Les américains défendent l’idée de plancher (« capital output floor ») qui rendrait impossible pour les banques qui utilisent des modèles, internes de descendre en dessous du pourcentage de 75% ou de 70% de la méthode standard. Pour le moment les modèles internes introduits par la précédente de réforme de Bâle 2 ont coûté  aux banques européennes des milliards d’Euros en systèmes d’information sophistiqués. Ils ne sont en revanche pas du tout appliqués par les banques américaines…   Ce tour d’horizon très rapide de la situation des banques en Europe montre bien le très mauvais fonctionnement de l’Europe qui cède dans pratiquement tous les domaines aux pressions américaines, car elle est incapable de s’opposer à partir d’un front uni à des mesures qui ont une influence négative sur ses économies. Boursièrement le retour sur investissement des banques européennes a été divisé par deux et l’écart de valorisation entre les banques américaines et les banques européennes ne cesse de s’accroitre au détriment de l’Europe. Aux Etats Unis, JP Morgan capitalise 390 Md$, Bank of America 325, Wells Fargo 305 contre en Europe HSBC 219, Santander 115 , BNP 103 et Deutsche Bank 19,6 ….            
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