Jean-Jacques Netter

7:29:02 2017.01.11
L’année 2017 devrait apporter, comme en 2016, son lot de surprises
7:33:37 2016.12.14
La Chine aura du mal à imposer le Renminbi comme monnaie de réserve
8:50:09 2016.12.07
Les politiques européens devraient mieux connaître la Chine
7:58:48 2016.11.30
Le domino italien risque de vaciller
7:53:14 2016.11.23
Si la droite se décidait enfin à jouer la vraie carte libérale
2:22:44 2016.11.15
Après l’Amérique, le vent de révolte contre les élites va se poursuivre
10:25:57 2016.11.09
Le manque de débat sur l’allocation universelle est consternant
12:59:28 2016.11.01
La fiscalité punitive contre les actionnaires a eu des effets catastrophiques la France manque d’ETI comparativement aux autres pays, notamment à l’Allemagne dont on souligne depuis longtemps l’efficacité de leur « Mittelstand ». Ce sera pour la France un effet de seuil supplémentaire qui découragera un peu plus les entrepreneurs de grandir. Le gouvernement explique en permanence qu’il s’intéresse aux PME, mais il s’attaque en fait à celles qui ont réussi et voudraient passer à la taille supérieure. D’autre part, ces PME comptent beaucoup d’entreprises familiales, dont la pérennité fait en France particulièrement défaut. Très souvent ces entreprises ne dépassent pas une génération, leur fondateur préférant les vendre au moment de prendre sa retraite, et quelquefois s’exiler pour cause d’ISF.     Les grandes sociétés sont contrôlées par des actionnaires étrangers   La Banque de France dans son étude annuelle sur la détention des actions cotées des entreprises françaises, aussi bien des multinationales du CAC40 que des PME, confirme le poids toujours plus important des actionnaires étrangers dans le capital de nos entreprises, portant notamment à 23 sur 40 (19 résidentes en France, 4 non résidentes, dont Airbus et Arcelor Mittal) le nombre de groupes dont le capital est contrôlé par des actionnaires étrangers. En réalité, sans les groupes dans lesquels l'Etat français est fortement actionnaire, on arrive à 23 groupes sur 36, soit près des deux-tiers! Les investisseurs étrangers détiennent donc de l’ordre de 42 % des actions des entreprises cotées tricolores. Une proportion parmi les plus élevées au monde qui pallie de facto l’absence de fonds de pension tricolores. On préfère donc les fonds de pension étrangers aux caisses de retraites françaises…   Le nombre d’ETI est très insuffisant   La France ne compte aujourd’hui que 4600 ETI qui sont les entreprises de taille intermédiaire de plus de 300 salariés. Il y en avait deux fois plus au début des années 80. La France est donc en train de décrocher par rapport à nos voisins. Il en existe 12 000 en Allemagne, 10 000 au Royaume Uni et 8000 en Italie. Sur les 4600 ETI en activité, 236 sont côtées  en bourse selon l’Observatoire du Financement des Entreprises. Pour une ETI la cotation coûte environ 600 000€ à l’entreprise. Il faut rédiger des rapports de 350 pages précis comme une enquête de police qui ne sont lus par personne sauf par les concurrents. Tout cela participe malheureusement d’une « bérézina des PME et ETI ».   L’exil fiscal ne cesse de progresser   La France est le pays au monde qui compte le plus de départs de millionaires avec 10 000 exilés recensés en 2015.  L’année 2013 avait  vu 46 900 contribuables partir à l’étranger dont 714 redevables de l’ISF qui se sont installés  Suisse (19%), au Royaume Uni (16%), en Belgique (13%), aux Etats Unis (6%). Ils disposent d’un patrimoine plus élevé que la moyenne des redevables à l’ISF. En 2013, 319 sur 714,  avaient  un patrimoine supérieur à 3M€. Leur patrimoine taxable net, s’élevait en moyenne à  8,4M€. Il n’y a eu que 74 retours en 2013. Le montant de plus values déclarées à la sortie étant de 5,7M€. L’exil fiscal concerne 100 000 français sur les 2M vivant à l’étranger, cela représente un manque à gagner de recettes fiscales de 10Md€ par an et un stock de capital de 50Md€, quel gâchis….   Rien ne pourra durablement changer tant que la France restera le seul pays au monde où l’enseignement de l’économie, du lycée à l’université fait polémique. Les manuels présentent une vue largement orientée de l’économie et de l’entreprise où la lutte des classes est omniprésente. Elle est présentée plus comme un lieu d’exploitation du travail qu’un instrument de création de richesse, tandis que les patrons et les actionnaires sont présentés comme des profiteurs sans scrupule. Comment s’étonner que la plupart des bacheliers deviennent beaucoup plus souvent fonctionnaires ou chômeurs plutôt qu’entrepreneurs….