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L’un de mes thèmes les plus constants a été le suivant : depuis le début de l’ère industrielle, la durée de vie des institutions humaines est d’environ 70 ans (Voir le papier sur Rip Van Winkle).

La première génération de l’élite bâtit les structures qui permettent de répondre aux défis de  leur époque, la deuxième les maintient tant bien que mal, tandis que la troisième, en général extrêmement corrompue  ne réussit pas à reformer des institutions complètement ossifiées et ne songe qu’a s’enrichir, ce qui fait que le peuple les vire et que d’autres institutions sont crées, les anciennes disparaissant.

Et le cycle recommence.

Une autre idée que j’ai souvent développé sur ce site et que j’ai empruntée à  Marx qui lui même l’avait piquée à Ricardo a été que l’infrastructure économique détermine la superstructure politique.

Par exemple en Grande Bretagne, au XIX eme siècle, nous avions deux parties de gouvernement: le parti conservateur qui représentait la classe des grands propriétaires terriens (l’aristocratie) et le parti libéral  qui lui défendait les intérêts de la nouvelle bourgeoisie industrielle. Avec l’arrivée du suffrage universel, un parti des travailleurs émergea  (le labour party) et puisqu’il y avait beaucoup plus de travailleurs que de patrons, en quelques décennies  ce nouveau parti remplaça totalement le parti libéral.

Et ce remplacement était parfaitement normal. La première révolution industrielle amena à de gigantesques concentrations de travail et de capital aux mêmes endroits et ces nouveaux systèmes furent tous organisés sous formes « pyramidales » du type « Trust », « Konzerns » etc..). Pour faire simple, les ordres descendaient du sommet à la base et qui contrôlait le capital contrôlait l’ensemble de la pyramide. Et ces pyramides étaient toutes géographiquement fort bien déterminées.

Le résultat politique de cette émergence fût la création d’une gigantesque pyramide étatique qui de par sa taille pouvait contrôler les pyramides de taille inferieure, et bien sur cette dernière pyramide fût contrôlée la plupart du temps par le parti des travailleurs, représentant la majorité du pays. Et donc, à gauche nous avions le parti des travailleurs, et à droite, un autre parti qui avait pour seule fonction d’empêcher le parti des travailleurs de devenir dictatorial.  Il y avait de ce fait adéquation entre l’infrastructure économique et la superstructure politique, et les structures étaient pérennes.

Ce schéma, qui a duré au moins 70 ans est devenu complètement obsolète et va donc disparaître dans les années qui viennent, et voici pourquoi.

La nouvelle révolution industrielle dont j’ai souvent parlé ici même est “portée” par un nouveau type de sociétés, organisés différemment et que j’ai appelé les « sociétés de la connaissance » . Leur structure de fonctionnement est complètement horizontale et elles nécessitent beaucoup moins de personnel et de capital pour générer de la valeur. Et surtout, elles peuvent faire apparaître leurs profits là où elles le veulent, plutôt en Irlande qu’en France ou en Grande-Bretagne, par exemple. Ces sociétés n’ont donc aucune appartenance géographique, ce qui est une nouveauté extraordinaire.

Le même raisonnement s’applique aux individus. Ceux qui sont particulièrement productifs peuvent s’installer sans difficulté aucune à des endroits où ils seront très légèrement imposés-ou pas du tout.

La conjonction de ces deux facteurs fait que le financement de l’ancienne pyramide étatique devient complètement impossible et donc nous sommes en train de voir émerger une contradiction TOTALE entre la nouvelle infrastructure économique-sans base géographique et l’ancienne superstructure politique, complètement ancrée dans la géographie.…

Et comme à chaque fois, c’est la superstructure politique qui va devoir disparaître.

Le premier signe  du phénomène est en train apparaître avec l’incapacité des états à se financer par les impôts. Du coup la pyramide étatique est complètement incapable de protéger qui que ce soit si ce n’est les gens qui y travaillent et cette protection ne durera pas longtemps puisqu’elle n’est assurée que par la capacité de l’état à s’endetter…

Cela veut donc dire qu’économiquement les anciens ‘’travailleurs»  non seulement ne trouvent plus de travail mais que politiquement plus personne ne peut les aider ou les protéger. Ils vont donc cesser de voter pour les partis des travailleurs (la gauche), ce qui implique un effondrement total de ces partis à  terme.

Dans le fond, le système économique ne justifie plus la présence d’un parti des travailleurs et l’état ne représente plus que ceux qui y travaillent.

La question suivante est bien entendu : Qu’est ce qui va remplacer le parti des travailleurs ?

La réponse est déjà visible.  Un peu partout, on voit surgir des partis ayant pour but non pas de représenter le travailleur mais de représenter le  CITOYEN, le national… Les anciens travailleurs vont transférer leur loyauté du parti des travailleurs à la Nation.

Et donc le parti des travailleurs va être remplacé partout par le parti des citoyens.

La grande différence est que le but du parti des travailleurs était de capturer l’Etat, au profit des travailleurs. Ce qui fut fait. Or cet Etat ne vaut aujourd’hui plus rien. Le parti des travailleurs est devenu le parti de ceux qui travaillent pour l’état, mais ce parti est bien incapable d’assurer la sécurité de tous les travailleurs. Et donc il est devenu le parti non plus des travailleurs, mais des fonctionnaires, ce qui n’offre pas la même légitimité.

Le parti des citoyens va utiliser le retour à la Nation comme appel et la lutte contre le parti des fonctionnaires comme cri de ralliement, ce qui veut dire que nous allons avoir un combat à mort entre les « citoyens » et les anciens représentants du parti des travailleurs qui ont colonisé l’Etat et à qui il va falloir arracher leurs privilèges un à un.

Et le  nouveau parti des citoyens ne peut pas perdre sur le long terme puisqu’il a le nombre pour lui. Nous commençons, de fait, à apercevoir une hostilité certaine émerger enter le lumpen prolétariat qui n’a plus aucune protection  et les anciens dignitaires du parti des travailleurs casematés dans l’état et qui les ont toutes.   Ce qui veut dire que toutes les racines morales et philosophiques du socialisme s’effondrent et que nous voyons resurgir d’anciennes racines qui historiquement se sont toujours identifiées à un homme (ou a une femme) représentant la Nation.

Et donc revoici  qu’apparait sur la scène « l’homme fort » qui n’en est jamais vraiment sortie.

C’est ce que l’on voit en Turquie, en Hongrie, en Russie, en Chine, aux Philippines…

A terme, le parti des citoyens va remplacer le parti des travailleurs à peu prés aussi certainement que le labour party a remplacé le parti libéral. Et donc, l’organisation politique va certainement se diriger vers un monde ou à ma droite (ou sera ce à ma gauche ?), j’aurais le parti des citoyens, appelons le «le parti national» qui représentera ce que j’ai appelé dans un papier précédent les hommes des arbres, c’est-à-dire qui sont ancrés dans une réalité géographique.

Et à ma  droite (?) j’aurais le parti “non national «  celui qui représentera ceux que j’ai appelé dans une chronique précédente les hommes des bateaux, c’est-à-dire le monde nouveau.

Si l’on analyse la campagne présidentielle américaine, il est évident que monsieur Trump a entraîné le parti républicain à devenir le nouveau parti « national » aux US tandis que madame Clinton campe sur ses positions de championne de gens des bateaux.

Or il y a beaucoup plus de gens des arbres que de gens des bateaux… mais toute une série du corps électoral espère encore être protégé par l’état en pensant que rien n’a changé…ce que toute l’expérience des dernières années infirme. On va promettre à ces gens une protection que l’on sera bien incapable de leur assurer. Et ils rejoindront au suffrage suivant le parti national.

Quant  à la gauche classique, elle va exploser en toute une série de petits groupuscules qui très rapidement n’auront plus aucun pouvoir politique mais garderont un pouvoir de nuisance puisqu’ils contrôlent encore toute une partie de l’état ancien.

Le plus difficile va sans doute aucun être d’empecher les gens des arbres de faire trop de bêtises démagogiques quand ils prendront le pouvoir.

Pour cela, investir-ou mieux encore vivre- dans une société régie par le droit sera toujours préférable à une société ou la séparation des pouvoirs n’existe pas.

En ce qui me concerne, j’ai une grosse préférence pour les pays où la Reine d’Angleterre figure sur les billets (GB, Australie, Canada, Nouvelle Zélande), et pour des raisons que tout le monde comprendra.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que nous allons avoir l’émergence de partis « nationaux ».  Et historiquement, les pays où la Reine d’Angleterre figure sur les billets et les pièces de monnaie s’en sont plutôt mieux sortis…

 

 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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35 Commentaires

  1. Merci de cet article remarquable.

    A ce sujet, connaissez vous les travaux du géographe Christophe Guilluy? Ses thèses se rapprochent fortement des votres, ce qui en prouvent la qualité.

    Au plaisir de vous lire prochainement.

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    • Oui, tout à fait, charles l’avait croisé à l’époque chez François Bourin. Remarquables analyses.

  2. Merci Monsieur Gave de cet article remarquable de synthèse et de clairvoyance.

    Ils font selon moi écho aux travaux que je trouve également très porteur du géographe Christophe Guilluy dont le dernier ouvrage se nomme « le crépuscule de la France d’en haut ».

    Ses thèses où il dégage deux types antogonistes de population (les habitants des villes monde et ceux de la périphérie) sont très proches de votre découpage entre hommes des arbres et hommes des bateaux. Il en dégage d’ailleurs la conclusion de la disparition inexorable du PS.

    Bravo à nouveau et au plaisir de vous lire à nouveau.

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  3. « historiquement, les pays où la Reine d’Angleterre figure sur les billets et les pièces de monnaie s’en sont plutôt mieux sortis… »

    Cela dit, le brexit montre peut-être que le pays d’origine de ladite reine a pris un peu d’avance quant à l’avènement des partis des hommes des arbres.

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  4. Cher Monsieur Gave,

    votre analyse est comme d’habitude excellente mais elle ne s’applique pas à la France puisque même le parti des « gens des arbres », ou plutôt celui qui s’en revendique le plus, le Front National, est profondément étatiste et collectiviste. Personne ne remettra donc jamais en cause l’État lui-même.
    Les esprits en France sont contaminés, gauchisés, collectivisés, asservis, grâce à la prise en main de l’éducation nationale et des médias par une masse de gens, qui tels que vous l’avez souvent écrit, sont contre la liberté car dans un marché libre ils seraient payés à leur juste valeur.
    Il n’y a probablement hélas pas d’issue démocratique à notre situation

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    • « Les esprits en France sont… »etc.. on pourrait rajouter « coupé du réel ».
      Seul le désespoir pourrait être salvateur et on ne sait comment !

  5. Est-ce que ces bouleversements à venir se limiteront à l’Occident + Russie/Japon ou toucheront également les pays émergents d’Amérique du Sud et Asie ?

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  6. Comme d’autres l’ont fait remarqué, la vision actuelle du parti cosmopolite est de fédérer les minorités. Le bon vieux diviser pour régner, la fragmentation identitaire est la solution.

    En face, le parti des citoyens que vous décrivez aura pour objectif principal d’empêcher le droit de vote des fragments identitaires impossibles à rattacher à la nation.

    Donc il y aura une lutte entre d’un côté le progressisme de division identitaire, de l’autre l’union des citoyens. D’un côté, l’insurrection permanente de faible intensité entre les fragments qui quémandent, de l’autre la guerre civile entre les citoyens et les fragments avec une vision de nettoyage identitaire, par la mort, la suppression des droits civiques ou l’expulsion du territoire.

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  7. Bonjour monsieur,
    Je me pose cette question: je me demande si nous ne sommes pas en train en Europe d’enterrer les lumières sous entendu une sorte de retour vers un monde réactionnaire. Nous le sommes probablement deja en France depuis pas mal de temps sans vraiment l’admettre.
    Ce qui me laisse à croire que les mentalités vont se raidir.

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  8. Bonjour,

    merci monsieur Gave pour la hauteur de vue.
    Vous citez « les pays où la Reine d’Angleterre figure sur les billets (GB, Australie, Canada, Nouvelle Zélande) » comme refuges potentiels …

    Que pensez-vous de la Suisse dans ce cadre ?

    Cdlt.

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    • Toujours du bien,
      Pays bien géré mais bon, la BNS réserve parfois des petites surprises ces temps derniers.

    • Effectivement, la BNS est le risque majeur que je vois pour la stabilité économique de ce pays.

      Le bilan de la BNS fait peur : gavée d’action d’APPL et de FB, l’histoire du peg EUR/CHF, hummm …

      Comment ces gens de la BNS ont pu faire ce qu’ils font dans un pays si raisonnable ?

      Probablement par roublardise en dissimulant au maximum leurs actions aux yeux du peuple derrière des formules fumeuses ?

  9. Intéressante perspective, Monsieur Gave.

    Toutefois, pour revenir a votre remarque sur les pays ou la reine d’Angleterre figure sur les billets, il y a également le constat qu’aucun de ces pays n’a, depuis longtemps, été emporte par la dictature.
    Quelle sera la conséquence d’une dictature dans ces pays ou la marchandisation fait loi voire religion? Trafique d’êtres humains et d’organe en vertu du droit au commerce? Une distopie a la « Snow Crash »? Probablement autre chose. Selon vous, quelle est cette spécificité qui les protègent de l’autoritarisme?

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    • Bonjour,

      Quel est le lien entre « marchandisation » et dictature?

      Non, parce que la dernière fois que j’ai regardé à Cuba ou au Venezuéla ou l’on a bien arrêté TOUTE « Marchandisation », je suis dans l’attente des résultats sur la démocratie…
      Si l’on doit corréler….

  10. Oui mais le parti des travailleurs a d’autres tours dans son sac

    – Terra nova et l’immigration incontrolée (migrants, jungles etc) pour créer une nouvelle clientele electorale

    – Augmenter le nombre de fonctionnaires, meme sous-payes, car les caisses de l’etat sont vides. pour info la France possede le plus grand nombre de fonctionnaires par habitant en Europe

    – Supprimer la democratie (ou les élections au nom de l’etat d’urgence) en virant progressivement vers un etat totalitaire. Cohn-Bendit : le peuple n’a pas toujours raison
    Juncker : l’UE se fera sans la democratie si necessaire

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  11. « l’infrastructure politique » ? L’infrastructure économique, si je suis bien votre argument.

    D’autre part, « idée… que j’ai empruntée », selon les règles désolantes qui pouvernent les participes passés, comme disait Pagnol.

    Répondre
  12. Je trouve très dommage qu’on ne vous entende pas plus souvent dans les médias.Votre point de vue est souvent original, simple (sans galimatias ou effet de complexité inutile) et profond. La lecture de Marx, en général, rend lucide.

    Votre point de vue m’interpelle d’autant plus que le débat n’est habituellement pas posé en ces termes: l’opposition est plutôt mise entre une société à venir post-nationale, de réseaux, de codes (algos), déterritorialisée et décentralisée, organisée sur le mode de la gestion de flux, par opposition aux sociétés traditionnelles, dotées d’une souveraineté, de frontières, réglementées et administrée par un pouvoir centralisé.

    De fait, votre façon de voir introduit un twist vraiment intéressant.
    A voir, donc, sur le temps long, si le parti citoyen n’investira pas les quelques millions d’euros (francs?) nécessaires pour empêcher les « productifs » d’esquiver l’impôt (il est très simple et peu onéreux d’empêcher l’exil fiscal si on veut bien s’en donner la peine: il suffit de conditionner l’accès au marché national pour les citoyens étrangers et international pour les citoyens français à l’emprunt d’un circuit financier contrôlé directement par la communauté politique des citoyens ou indirectement par l’Etat)? Ou bien si ce parti des citoyens ne sera pas balayé, la forme organisationnelle « parti », à la suite de la forme « Etat », ayant été rejetée par le progrès biotech dans les limbes de l’Histoire…).

    Répondre
  13. Bonjour Mr Gave,
    « l’infrastructure politique détermine la superstructure politique. »

    ce n’est pas plutôt

    « l’infrastructure économique détermine la superstructure politique. »

    Cordialement,

    Répondre
    • Merci beaucoup. C’est rectifié.

  14. Article lumineux et fondateur.
    Et en pareille période de transition et d’incertitude, tant politique que sociétale, quels sont les secteurs économiques à privilégier ?

    Répondre
  15. Article lumineux et fondateur.

    Répondre
  16. Je m’interroge sur le modèle qui préside à tout ceci
    Lorsqu’on créé un nouvel espace, espace de liberté, celui-ci va ensuite fatalement être parasité (dire par qui est fortement politiquement incorrect), et de là, la nécessité de faire le ménage.
    (Hillary d’incarner ce qui pollue le « Large » mis en place, la nouvelle liberté créé)

    Il me semble que c’est Prométhée qui génère ce nouvel espace, lequel se trouve enchaîné, ensuite délivré par Hercule-Héraklès, le Fort.

    Témoignage du début de l’Egypte, la « Palette » de Narmer à ce jour toujours très mal décryptée, serait en fait relative au « Tout Puissant » (Narmer) destructeur des maux, maux de nature agricole, écho donc à cet Hercule-Heraklès, indispensable maîtrise pour bâtir une civilisation.

    Répondre
  17. Cher Monsieur Gave,

    Je vous cite votre propre article sur le sujet des gens et des gens des pirogues:
    «
    Dans chaque génération, il y a des gens des arbres et des gens des pirogues. Les gens des arbres veulent vivre là où ils sont nés, les gens des pirogues quand à eux veulent voir si l’herbe n’est pas plus verte dans l’ile au delà de l’horizon. Mais tous, ils savent que sans arbres, il n’y aurait pas de pirogues, et que sans les gens des pirogues, il n’y aurait pas sans doute assez d’arbres pour tout le monde…Et donc les deux espèces se comprennent et s’aiment bien puisque les deux savent que chacun est né homme des arbres ou homme des pirogues.
    »
    http://institutdeslibertes.org/les-gens-des-arbres-les-gens-de-pirogues-et-philippe-de-villiers-commentaires-de-deux-lectures-recentes/

    Je récuse donc votre accusation comme quoi les gens des pirogues et les gens des arbres sont ennemis. Comme vous l’avez fort bien décrit, nous sommes complémentaires, et les deux sont nécessaires. Et de fait, vous louez ce monsieur:
    «
    Chacun aura compris que je pense que Jean-Claude Guillebaud est un homme des pirogues, mais de grande qualité.
    »

    Il serait aussi possible de citer, me semble-t-il, une personne comme Jean-Louis Étienne. Ou Éric Tabarly. Ou qui sais-je encore.

    À titre personnel, bien que n’étant en rien comparable à ces personnes, j’ai la bougeotte. J’ai besoin d’aller voir ce qu’il y a à côté. C’est plus fort que moi. C’est, le mot peut paraître fort, vital. J’ai un oncle qui, si il n’est pas au bord de la mer, a l’impression d’étouffer. Moi, j’aimerais que le monde soit plus grand. Et toutes ces paperasseries, cette documentation à fournir, cette bureaucratie, sont, pour moi, un enfer. Je suis entièrement d’accord avec vous que la classe politique a pris en otage les gens des arbres – c’est le même raisonnement que la taxe foncière: le terrain n’a pas de jambes et ne peut pas voter avec ses pieds. Et de fait, les arbres ont plus de parasites que les animaux. Cependant, les gens des pirogues sont aussi sacrifiés par les politiques. Si vous prenez un long arrêt de travail, comment revenir sur le «marché» du travail (il en a le nom et non la substance), lequel a été tué par les politiques? Comme vous l’avez très décrit dans cet article,
    «
    Ces sociétés cherchent à vous embaucher parce qu’à vingt sept ou trente ans, vous êtes encore en train d’étudier et que donc vous montrez que vous n’avez aucun caractère et qu’elles
    cherchent de la chair à canon.
    »
    http://institutdeslibertes.org/quand-les-rentiers-capturent-letat/

    Donc une personne des pirogues, avec un gap year ou ce genre de choses, montre qu’elle n’est pas dans la norme. Elle sera donc de facto exclue par la concurrence, puisque ce n’est pas le talent qui est recherché, mais la signature et la chair à canon. Et comme les rentiers/politiques ont créé un chômage de masse, les gens des pirogues disparaissent par atrophie ou par l’absence de bonheur qui habite leur cœur, ayant accepté d’être un esclave pour ne pas mourrir de faim. Si les gens des arbres sont mis en esclavage par la classe dirigeante, les gens des pirogues disparaissent de la société. Et dans ce monde actuel, un URSS global mou, voter avec les pieds est plus facile à dire qu’à faire. Car, par essence, quelque soit l’endroit où on pose le pied, il faut un «visa de travail»… Et pour en obtenir un, il faut être sponsorisé par une entreprise qui recherche de la chair-à-canon. Par essence, une personne des pirogues sort de la norme. Or, pour les raisons décrites depuis Argenson jusqu’à Hayek, l’URSS ne comprend et ne connaît que les gens standards. Les gens des pirogues sont de facto exclus de la société (ou sont très malheureux).

    Je récuse donc totalement votre accusation comme quoi les gens des arbres sont devenus des esclaves des gens des pirogues. Et comme vous le définissez très bien:
    «
    la coupure qui existe dans toutes les sociétés entre les sédentaires et les aventuriers
    »

    Au contraire, ce serait les gens des arbres qui auraient un pouvoir sur les gens des pirogues puisque ces derniers ne peuvent prendre la pagaie et le large que si une société pré-existe. En cela, les gens des pirogues ne sont que des entrepreneurs d’un genre particulier. Ils partent à l’aventure, icelle peut mal se passer ou au contraire ils peuvent revenir à la société plein de richesses et de découvertes. Ils sont un mode d’obtention d’avantages comparatifs comme un autre. Je refuse et récuse cette opposition – pour moi, il y a pluralisme et harmonie (harmonie des intérêts) – chacun jouant sa partition, enrichissant ainsi la symphonie (nous retrouvons un certain système bien connu, décrit depuis Boisguilbert et Mandeville jusqu’à Hayek). Nous sommes dans le même bateau, si j’ose dire.

    Aussi, vous dites, que, aujourd’hui, il est très facile de partir pour un pays ou pour un autre. Comme dit ci-dessus, cela est vrai mais avec un visa touriste (et plein de paperasseries). Il est quasi-systématiquement interdit de travailler. Et si je partage votre analyse sur la troisième vague d’Alvin Toeffler, elle n’est pas encore généralisée, loin de là, et trouver un web-travail en freelance n’est encore pas chose aisée (malheureusement). À vrai dire, je n’ai encore compris comment y arriver. En outre, des sites comme oDesk/eLance/UpWork/etc. exigent de la paperasserie qui est contraire à l’esprit et à la nature des gens des pirogues, impliquant que leur inscription à de tels sites est compliquée (atrophie++ ou bonheur–) – d’ailleurs, vous critiquez le bitcoin, mais, de mon expérience, c’est le moyen qui m’a donné le plus de liberté et de souplesse so far.

    Donc, au contraire, pour conclure cette partie, pour moi, si les gens des arbres sont actuellement en esclavage (observation que j’approuve), les gens des pirogues, eux, sont atrophiés et sont à l’agonie. (C’est un monde où la pirogue doit être normalisée, approuvée par des tiers de connivence, avoir des papiers, l’autorisation de naviguer, munie de gadgets inutiles qui clignotent et qui font bips… Argh… C’est l’opposé de l’esprit des pirogues où l’esprit s’agit plus de couper l’arbre et c’est parti mon kiki.) Et la troisième vague d’Alvin Toeffler est une chance pour tout le monde, spécialement pour les gens «non-standards» qui ne rentrent pas dans les cases, et donc en particulier pour les gens des pirogues.

    Ainsi, pour moi, l’opposition n’est pas due à cette caractéristique de la nature humaine.

    En revanche, l’opposition vient d’une autre catégorie de personnes: les passagers clandestins. Ceux qui se plaignent, apathiques, qui ne travaillent pas, ceux qui exigent leurs «droits-à», qui vivent de la charité des autres, ceux qui ont toujours du temps libre. Ce sont des hédonistes, des nihilistes. L’instant présent est juge. Pour moi, l’opposition est plus entre les cigales et les fourmis. Et, pour moi, c’est exactement ce que décrit Philippe Fabry dans son livre sur Rome: la richesse et l’opulence permet le développement des cigales, puisque l’argument comme quoi il faut travailler pour vivre tombe (en apparence).

    Et la cigale n’est ni une personne des arbres, ni une personne des pirogues. Elle va là où l’abondance est la plus grande.

    Les cigales en elles-mêmes ne sont pas bien dangereuses. Leur nuisance de nature est de ne pas travailler (impliquant donc une mésallocation du capital). En revanche, elles servent de levier à des «ennemis de la société ouverte» (notre ami Popper).

    Si on doit procéder à une classification, ceux-ci sont multi-polaires et s’alignent avec la conjonction de leurs intérêts. Pour moi:
    a. Il y a ceux qui veulent un retour vers le passé, pour qui le millénium correspond à l’avènement vers l’organisation traditionnelle de chasseurs-cueilleurs et au retour des vieilles solidarité. Ce sont les millénaristes réactionnaires. Ils ont la réaction de Platon (c’était mieux au début des temps). Cette réaction est aussi un holisme, puisque l’organisation de la société est collectiviste. Ils sont constructivistes par leurs méthodes (id est faire advenir le millénium). Ils ne sont pas forcément humanistes. C’est l’organisation spatiale de la société qui les intéresse (qu’ils ont bien l’intention de figer, comme Platon). Ce sont les héritiers spirituels de Platon. [ les écologistes, certaines versions du socialisme, comme le national socialisme ]
    b. Il y a ceux qui prédisent un nouveau millénium, mais différent du passé. Comme Marx. On ne revient pas vers le passé. On va vers l’avènement d’un nouveau type d’organisation sociale, laquelle est aussi figée dans le temps. La vision de Marx était portée par un humanisme. Celui des malades de Münster pas vraiment. Dans tous les cas, comme toujours quand il s’agit de faire advenir un millénium, les méthodes ne sont pas humanistes. Et le millénium envisagée est présentée comme humaniste, mais n’a rien humaniste. [les jacobins (Rousseau, Robespierre, Saint-Just, Danton…), les mondialistes, les laïcistes, etc. ]
    c. Il y a les historicistes purs. Comme Hegel, Richelieu, Machiavel, Hobbes, Kissinger. Ce sont les théoriciens de la «Raison d’État» («Raggione di Stato»). Ce sont généralement des purs holistes, sans millénium, dont la morale est l’histoire. Et l’état est la fin en soi. Entièrement non humaniste. C’est la religion étatiste. Pour tous les autres, l’état est un moyen. Pour eux, l’état est la finalité.
    d. Il y a les historicistes du pouvoir personnel. Ce sont les Mitterand, Hollande, Chirac, Sarko, etc. La finalité est d’obtenir le pouvoir pour le pouvoir, pour sa propre gloire. Et la morale est l’histoire. Tous les moyens sont bons si on réussit. L’histoire jugera.
    e. Enfin, il y a les historicistes de l’argent. Ce sont les Clinton, les Bush, Rockefeller, Goldman-Sachs, etc. La finalité n’est pas la gloire, mais son compte en banque personnel. Le pouvoir n’est qu’un moyen afin de se faire du blé.

    Tous ces gens ont une «moralité» alternative. En particulier, que la fin justifie les moyens. La finalité est juge. Et à partir du moment où la finalité est juge, leur moralité ne peut pas être humaniste.

    Parenthèse: pour revenir aux gens des arbres et aux gens des pirogues, on voit que ces catégories sont orthogonales. Une personne des pirogue peut être morale et une personne des arbres immorale. Donc, à nouveau, je ne peux accepter votre accusation. Et de fait, Mme Clinton est amorale et sponsorisée par GS et consorts. Et je ne vois absolument pas en quoi Mme Clinton favorise les gens qui aiment partir à l’aventure (plutôt le contraire puisque elle contribue à mettre en place une prison socialiste).

    Et le pouvoir temporel/séculier est le moyen (et la fin pour certains) par excellence à leur disposition. Et pour obtenir le pouvoir temporel/séculier, les ennemis de la société ouverte promettent monts, merveilles, prébendes, rentes et places aux cigales (sachant que personne n’est tout blanc ou tout noir).

    En cela, Mme Clinton n’est pas championne des gens des pirogues. Grands dieux non! Elle est championne de son portefeuille, de celui de GS, et des autres. Et elle se sert des cigales pour arriver à ses fins personnelles.

    Il me semble que, au contraire, M. Trump promeuve la suppression de tous les «droits-à» (les pouvoirs d’exiger) et promeuve les «droits-de» (les pouvoirs de faire), ce qui est tout à fait dans l’esprit des gens des pirogues.

    In fine, comme les gens des arbres, les gens des pirogues aimeraient vivre en paix.

    Merci.

    Bien à vous.

    Répondre
    • A toi qui ne manque par d’R.
      « Je récuse donc totalement votre accusation comme quoi les gens des arbres sont devenus des esclaves des gens des pirogues. » Disons, qu’il faudrait dire que l’on doit considérer que le « Large » est parasité par des gens tel que les Clinton…
      Gens des arbres et gens des pirogues, il y aurait une troisième partie non négligeable à considérer : les parasites !

      Note amusante relative à une collaboration entre les deux aspects : je me souviens dans les 20 ans avoir par curiosité consulté une voyante qui m’a alors dit que pour réussir je devais absolument aller en bord de mer mais que cette réussite (qui ne s’est toujours pas fait jour) était surtout dû à la force des arbres. Parlait-elle donc d’une synthèse harmonieuse entre ces deux aspects ? A noter que ce qui fait le mot « Nar-mer »(cf. commentaire qui suit le tien) est quelque chose horizontale allié à quelque chose de verticale.

    • cher lecteur
      Tres bonne intervention, et je suis d’accord avec bien des points que vous soulevez
      En particulier, l’introduction des passagers clandestins dans le raisonnement est tout a fait pertinente.
      A ma décharge, la nécessite de presenter un argument en 4 pages au maximum force parfois a des raccourcis un peu calamiteux
      Amicalement

    • J’ai l’impression d’avoir cherché à reporter la faute sur autrui, mauvaise réaction atavique. Je vous présente mes excuses d’avoir désigné des boucs émissaires. Ce n’était pas le but. Loin de là. C’est ma faute. J’ai erré. J’aurais dû mieux m’exprimer. Le but est la recherche de la vérité et non d’un bouc émissaire (même différence qu’entre construire et détruire). La solution n’est pas d’exorciser les maux du passé (toujours actuels pour le moment), ou de se monter les uns contre les autres, mais de poser un diagnostic exact afin que les erreurs du passé ne se répètent point.

      Ce que j’avais maladroitement essayé de dire est que je pense que une explication partielle de l’état actuel de nos démocraties occidentales tient dans la relation entre deux «natures»:
      – l’hédonisme,
      – les ennemis de la société ouverte.

      Je ne considère pas une personne hédoniste comme une ennemie de la société ouverte. Par exemple, je cite (de mémoire) une personne avec qui je conversais: «Le travail, c’est l’esclavage. Pour moi, la liberté, c’est de lire, de faire du cheval, de la musique (…)». Je considère donc les hédonistes non pas comme des ennemis de la société ouverte, mais comme des êtres humains qui veulent eux aussi vivre en paix et qui vivent mal le fait de travailler.

      En revanche, les individus hédonistes sont des proies de choix (une clientèle) pour les ennemis de la société ouverte. Ces derniers se servent des hédonistes comme d’un levier. Ils leur promettent le paradis hédoniste sur Terre. Et bien sûr il n’existe pas de repas gratuit. Une personne hédoniste accueille favorablement le petit homme gris disant «Je suis du gouvernement et je suis là pour vous aider».

      De mon point de vue, ce que nous voyons s’accomplir sous nos yeux est le résultat de ce «pacte» entre les personnes hédonistes et les ennemis de la société ouverte, de leur collusion d’intérêts. Car le groupe des ennemis de la société ouverte me paraît peu nombreux, mais organisé et décidé (comme les jacobins en 1793). Au contraire des personnes qui sont sensibles aux promesses de l’hédonisme (groupe nombreux, mais non-organisé et dispersé). Et l’opulence permet l’achat des individus réceptifs à l’hédonisme par les ennemis de la société ouverte (je cite: «C’est gratuit, c’est l’État qui paye.»).

      En conséquence de quoi, les hédonistes ont une différence fondamentale: ils vivent bien l’époque actuelle. En cela, ils ne sont pas dans le même bateau que nous. Ils sont satisfaits de la situation actuelle. Ils ne sont donc ni des ennemis de la société ouverte, ni des amis de la société ouverte; ils sont indifférents à la société ouverte.

      Aussi, si cette perception de la vérité est correcte, cela signifie que les hédonistes ne sont que des bénéficiaires d’une alliance qu’ils ont souscrite mais n’ont pas initiée (et donc des boucs émissaires de choix). Les véritables responsables sont l’autre partie.

      Enfin, l’expression «ennemis de la société ouverte» ne me satisfait guère. Je la trouve laide et imprécise. Mais elle me semble nécessaire afin de lever l’obstacle épistémologique. Une définition plus précise, selon moi, serait «personnes dont la morale est incompatible avec la morale humaniste», puisque, par «société ouverte», Karl Popper entendait distinguer les «sociétés closes» qui ne font pas la différence entre le physis et le nomos, des «sociétés ouvertes» qui font la différence entre le physis et le nomos. Or, il me semble que tous les constructivistes, par définition, font bien la différence entre le physis et le nomos, et donc, en cela, les constructivistes ne seraient pas des ennemis de la société ouverte… Si quelqu’un a une meilleure proposition…

      Bon dimanche à tous.

  18. « Le plus difficile va sans doute aucun être d’empêcher les gens des arbres de faire trop de bêtises démagogiques quand ils prendront le pouvoir. »
    Suivant un peu l’actualité des Philippines, je suis tombé sur cet article : http://www.dailystar.com.lb/News/World/2016/Sep-16/372197-philippine-hitman-charge-sparks-duterte-probe-calls.ashx
    Duterte est le nouvel homme fort des Philippines qui, dans sa campagne, à promis 10 000 morts dans la lutte contre la drogue qu’il a débuté dès son arrivée au pouvoir en mai. On doit en être depuis à environ 2000 morts.
    S’agit-il là de « bêtise démagogique » ?
    Par ailleurs, Duterte attaque verbalement le Pape, Obama (tous les deux traités de « fils de pute », avec en plus pour Obama celui d’être considéré comme simple « Porte parole de la Maison blanche »), l’ONU (qui demande des comptes relativement aux morts imputés à sa guerre contre la drogue)…

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  19. En se faisant l’avocat du diable, on pourrait dire : les sociétés deviennent mondiales, c’est bien la preuve que nous avons besoin d’un gouvernement mondial pour suivre la superstructure économique 😉

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    • Si on partait d’une acceptation qui tendrait à penser que la société pour fonctionner aurait besoin d’une gouvernance or, ce n’est pas vraiment notre cas.

      Que l’assisse du commerce s’étende n’a que peu à voir avec l’assisse de la chose politique qui elle n’est là que pour administrer les citoyens d’une nation ayant choisis au préalable de vivre ensemble et de fonder un réseau de savoir (école) , soin (hospital) etc.

  20. Merci pour cet article très intéressant. Le lien entre organisation de l’économie et organisation de la politique est fascinant. Je pense que c’est fondamentalement lié au même principe qui explique que la création d’une classe moyenne amène la démocratie.
    Sur le même sujet, je vous conseille Mr Gaves cette vidéo : https://youtu.be/g0Jc5aAJu9g.

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    • Merci pour ce lien, nous allons regarder.

  21. Je ne comprend pas très bien.

    D’un autre côté  » j’aurais le parti “non national « celui qui représentera ceux que j’ai appelé dans une chronique précédente les hommes des bateaux, c’est-à-dire le monde nouveau. »
    Donc, Hillary figure le monde nouveau ? « tandis que madame Clinton campe sur ses positions de championne de gens des bateaux. »

    Par ailleurs, on se doit de rappeler que Philippe fabry met en avant l’opposition Tellurocratie et Thalasocratie et considère qu’au final, c’est toujours la thalasocratie (mer) qui l’emporte sur la tellurocratie (tellurocratie notamment actuellement incarnée à ses yeux par Poutine)

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    • Le critique Albert Thibaudet a également menée une brillante réflexion sur cette opposition puissance maritime/puissance continentale dans sa préface de l’ « histoire de la guerre du péloponnèse ».
      Cette réflexion, bâtie alors qu’il était dans les tranchées de la guerre 14, met bien en évidence cette opposition, mais le résultat de l’affrontement n’est pas, selon lui, acquis d’avance.

      Dans la situation actuelle, le cas de figure est différent, car il ne s’agit pas d’un affrontement entre deux puissances, mais à l’intérieur d’une même nation.

  22. « Le parti des travailleurs est devenu le parti de ceux qui travaillent pour l’état… »
    J’ajouterais les gens qui dependent de l’etat (RSA, CMU… immigres entre autres…). Chacun a vu a quel point la population recemment immigree a vote massivement pour le parti des travailleurs lors des dernieres elections presidentielles. Un score de dictateur.

    « Et le nouveau parti des citoyens ne peut pas perdre sur le long terme puisqu’il a le nombre pour lui. »
    Pour faire suite a ma remarque ci-dessus. Si l’on croit au grand remplacement, je ne suis pas si sur que le temps joue en faveur du parti citoyen. La demographie importante des population citees ci-dessus joue a contre courant.

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  23. Bonjour,

    Je crois qu’il y a une coquille au paragraphe 4 : je suppose que c’est infrastructure « économique » au lieu de « politique ».

    Bien à vous.

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