La guerre juste : des questions sans réponse définitive

Depuis les Romains, la question de la guerre juste est omniprésente dans la pensée politique. Ce n’est pas un petit sujet, mais une question essentielle. Poser les limites de la guerre permet de se livrer à la bataille, et donc de donner la mort, sans céder à la barbarie. Réfléchir à la guerre juste, c’est limiter, autant que faire se peut, la cruauté. C’est apposer la civilité, le droit, le respect du soldat et de l’adversaire, alors même que la guerre peut donner cours à tous les débordements et toutes les inhumanités. Réfléchir sur la guerre juste est donc essentiel pour définir le cadre de la guerre et demeurer dans le respect des droits fondamentaux.

Cicéron fut l’un des premiers à poser le cadre théorique de la guerre juste et, depuis lors, nombreux sont les auteurs à s’y être essayé.

 

L’isonomia : la pensée des origines

 

Tout débute avec un concept grec : l’isonomia, c’est-à-dire l’égalité devant la loi. L’isonomia désigne l’appartenance à une communauté de droit, la politeia, à l’intérieur de laquelle les membres se reconnaissent mutuellement, partage les mêmes lois, les mêmes dieux, le même espace délibératif. Et c’est à l’intérieur de cette communauté, et seulement à l’intérieur, que les règles de la guerre s’appliquent.

 

Hérodote est l’un des premiers à formuler explicitement le lien entre liberté politique et supériorité militaire : « Tant qu’ils furent sous des tyrans, les Athéniens n’étaient pas supérieurs à leurs voisins à la guerre. Mais une fois libres, ils devinrent de loin les premiers. Car chacun s’empressait de travailler pour lui-même. » Ce passage des Histoires dit quelque chose d’essentiel : la guerre juste n’est pas seulement une procédure, c’est aussi l’affaire de citoyens libres qui défendent ce qu’ils ont choisi. Poser la question de la guerre juste, c’est donc poser celle de la liberté et de la cité. Or, pour les Grecs, la cité est la condition de la liberté.

 

Mais Thucydide révèle la limite structurelle de ce cadre. Dans le dialogue des Méliens, les Athéniens disent aux habitants de l’île qu’ils s’apprêtent à massacrer : « La justice n’entre en ligne de compte dans les raisonnements des hommes que si les forces sont égales des deux côtés, et que, dans le cas contraire, les forts exercent leur pouvoir et les faibles cèdent. » Athènes, qui se veut la cité de la démocratie, conduit une guerre parfaitement injuste. L’isonomia interne ne garantit pas la justice externe. Athènes veut être l’école de la Grèce, mais, contre ses ennemis, elle impose sa force et sa brutalité et ne respecte pas le droit.

Pour les Grecs, il est évident que les règles de la guerre ne s’appliquent pas aux barbares. Xénophon décrit sans embarras des massacres et des mises en esclavage qui auraient été impensables entre Grecs. Cette double norme n’est pas une hypocrisie, elle découle logiquement de la définition communautaire de la justice. La loi ne peut s’appliquer qu’entre ceux qui la respectent. Si le barbare ne respecte pas les mêmes normes morales que moi, je suis libre de ne pas respecter moi non plus ces normes. La question qui se posait chez les Grecs est toujours en vigueur aujourd’hui : comment faire pour établir un cadre de guerre juste face à ceux, États, mouvements, qui ne veulent pas respecter ces normes ?

 

Cicéron : la première universalisation

 

C’est pour sortir de cette impasse que les stoïciens, et à leur suite Cicéron, inventent le concept de droit naturel universel. Si l’isonomia ne s’applique qu’entre citoyens, il faut un fondement moral qui vaille pour tous les hommes en tant qu’hommes, indépendamment de leur appartenance politique.

Cicéron formule dans le De Re Publica les trois conditions du bellum iustum : une déclaration formelle par une autorité légitime, une cause juste limitée à la réparation d’une injure ou à la défense contre une agression, et la modération dans la victoire. Pas de conquête pure, pas de massacre inutile, pas de guerre sans déclaration préalable. « Aucune guerre n’est juste si elle n’est pas précédée d’une demande de réparation ou d’une déclaration formelle. » Le De Officiis, ajoute deux exigences qui traverseront toute la tradition : la guerre comme dernier recours, tout doit être tenté par la négociation avant d’engager les hostilités, et la bonne foi à l’égard de l’ennemi, même en guerre.

Mais Cicéron déplace le problème sans le résoudre. Son ius gentium universel présuppose que tous les hommes participent du même logos, de la même raison commune. Or, si l’ennemi récuse précisément cette raison commune, s’il combat au nom d’un autre ordre, d’une autre loi, d’un autre dieu, le fondement universel s’effondre à son tour.

 

Augustin et Thomas d’Aquin : la synthèse chrétienne

 

La tradition chrétienne hérite de Cicéron, mais transforme le cadre. Après la conversion de Constantin, il faut penser la guerre d’un Empire désormais chrétien. Ambroise de Milan opère la transition décisive en reprenant le cadre cicéronien et en le christianisant, ajoutant un renversement considérable : celui qui peut défendre et ne défend pas est coupable au même titre que celui qui attaque. Donc, la guerre juste n’est plus seulement permise ; elle peut être obligatoire. Elle devient ainsi une nécessité morale quand il faut défendre les faibles et les sans défense.

Augustin apporte une contribution qui comporte deux apports originaux. D’abord, la paix comme finalité ultime : toute guerre qui ne vise pas à restaurer la tranquillitas ordinis, la tranquillité de l’ordre, est illégitime. Ensuite, l’exigence d’intention droite : une guerre peut avoir une cause juste et une autorité légitime et être néanmoins injuste si elle est conduite avec cruauté ou cupidité. « L’envie de nuire, la cruauté de la vengeance, un courroux inexorable que rien n’apaise méritent à juste titre d’être condamnés dans la guerre. »

 

Augustin ajoute aussi la dimension tragique que Cicéron ignorait : « S’il est des guerres qu’on peut appeler justes, c’est toujours avec douleur que le sage doit les entreprendre. » Même juste, la guerre reste un mal. C’est ce qui distingue radicalement la tradition chrétienne de toute apologie de la guerre.

 

Thomas d’Aquin synthétise tout cela en trois conditions qui feront autorité jusqu’au XXe siècle : l’autorité légitime — seul le prince peut déclarer la guerre —, la cause juste — ceux contre qui on fait la guerre doivent l’avoir mérité par quelque faute — et l’intention droite — les belligérants doivent se proposer de promouvoir le bien ou d’éviter le mal. Ce cadre, apparemment simple, contient une exigence redoutable : les trois conditions sont cumulatives. Si une seule manque, la guerre est injuste.

L’Église médiévale elle-même reproduisait la logique de l’isonomia grecque, mais sur une base religieuse. Le IIe concile de Latran, en 1139, interdit l’usage de l’arbalète entre chrétiens, mais autorise explicitement son emploi contre les infidèles. Les règles de la guerre s’appliquent à l’intérieur de la communauté chrétienne ; hors d’elle, les restrictions tombent. C’est la même structure logique que chez les Grecs.

 

Vitoria : la question que personne ne posait

 

C’est un dominicain espagnol, père de l’école de Salamanque, Francisco de Vitoria, qui pose en 1539 la question nouvelle de son temps : que faire quand on combat un ennemi qui ne partage pas notre cadre moral ? La conquête de l’Amérique rendait cette question essentielle. Peut-on faire la guerre à des peuples qui ne connaissent ni le droit romain, ni le christianisme, ni les règles du ius gentium ?

Sa réponse est à contre-courant de son époque. Il réfute méthodiquement les justifications que ses contemporains utilisaient : l’infidélité, le refus de la conversion, la supposée barbarie des mœurs ne sont pas une cause de guerre. « La différence de religion n’est pas une cause de guerre juste. L’extension de l’empire n’est pas une cause de guerre juste. » écrit-il.

Mais sa contribution la plus originale est philosophique. Il formule l’hypothèse que la guerre peut être juste des deux côtés simultanément : « Si les barbares croient de bonne foi qu’ils ont le droit de combattre, comme les Espagnols croient eux-mêmes de bonne foi avoir ce droit, la guerre est juste des deux côtés quant à l’excuse du péché. » S’il n’existe pas de juge externe qui puisse trancher, alors qui peut être légitime pour dire si une guerre est juste ou non ?

 

Le fil conducteur

 

Au cours des siècles, quelques propositions claires ont émergé. La guerre n’est jamais un bien, même juste. La finalité, protéger les innocents, maintenir la justice, est le critère ultime, plus important que les procédures. L’obligation de défendre est réelle : l’inaction face à un ennemi dangereux n’est pas une vertu, c’est une faute. Et les moyens ne sont pas illimités, même pour le défenseur.

Mais cette tradition se révèle aujourd’hui limité car plusieurs nouveautés ont modifié la façon de faire la guerre. Les auteurs classiques n’ont pas pensé, car cela n’existait pas, la guerre contre des acteurs non étatiques, comme les cartels, les groupes terroristes, les mafias, qui refusent tout cadre juridique et ne sont pas des États. Elle n’a pas pensé l’ennemi intérieur, imbriqué dans les institutions, partiellement confondu avec la société civile qu’il prétend protéger et qu’il opprime simultanément. Elle n’a pas résolu l’asymétrie des moyens quand l’ennemi utilise précisément votre respect des règles comme arme contre vous, par exemple en se cachant derrière des civils, en utilisant des hôpitaux comme bases militaires, en exploitant les garanties juridiques qu’il récuse par ailleurs.

La doctrine de la guerre juste présuppose qu’on peut gagner en restant juste. Face à des acteurs qui utilisent précisément notre justice comme arme contre nous, cette présupposition peut être fausse.

La tentation serait alors de balayer la notion même de guerre juste, de se dire que celle-ci est devenue inutile, voire dangereuse. Rien n’est plus faux. Le risque est alors de gagner sur le terrain, mais de perdre notre humanité ; comme cela a pu être le cas lors de l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie. L’exigence de la guerre juste, c’est de l’actualisé pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de montrer qu’il est encore possible de gagner des guerres et de terrasser des ennemis, sans perdre notre humanité et sans supprimer le droit et le respect des fondamentaux de l’humanité. Sinon, à quoi bon se donner la peine de gagner des guerres ?

 

 

Introduction de Space X : Un peu de comptabilité en partie double.

J’ai découvert la comptabilité en partie double dans ma business school aux USA en 1969, et j’ai trouvé ça absolument génial. Chaque fois qu’une transaction a lieu, il faut faire non pas une écriture mais deux. La première est « d’où ça sort » et la deuxième « où ça rentre »

Nous venons d’avoir la plus grosse introduction en bourse de l’histoire et il y a encore au moins deux introductions semblables à venir, une cet été, l’autre en octobre (je crois). Les sommes prélevées sont tellement gigantesques qu’elles vont avoir à l’évidence des effets macroéconomiques sur les économies et les marchés. Du coup, je me suis dit que j’allais écrire pour mes lecteurs une petite description des mouvements que la première introduction a créé, et des effets que ces mouvements ont eu sur les marchés, en me disant que peut être les deux suivantes auraient des effets similaires.

Monsieur Musk a donc levé environ 100 milliards de dollar. Cherchons d’abord qui a payé, en termes simples, d’où c’est sorti ?

  • Commençons par ceux qui avaient du cash en dollars, investis dans des bons du trésor US à 3 mois.

Ils vendent leurs bons du trésor, et du coup, le compte cash du ministère des finances américain baisse du montant de leurs ventes, ce qui force le dit trésor à émettre un peu plus de papier, ce qui, toutes choses égales par ailleurs, devrait faire monter les taux aux US.

  • Continuons par ceux qui auraient eu besoin de vendre les actions d’autres sociétés pour pouvoir souscrire à cette nouvelle introduction. On peut imaginer que les marchés des actions un peu partout dans le monde auront donc été « faibles » avant l’introduction. Prenons l’exemple du ratio entre la bourse de Hong-Kong, où il y a peu de valeurs technologiques contre l’indice des bourses du Sud Est Asiatique ex-Japon où il y en a beaucoup.

 

 

Depuis l’annonce de l’introduction, la bourse de HK a baissé comme un caillou par rapport au reste des marchés de l’Asie du Sud Est… J’ai comme un doute…

Viennent ensuite les institutionnels qui avaient dans leurs comptes beaucoup d’or, tels les grands fonds du moyen orient. On peut penser aussi que, compte tenu des gains enregistrés sur les cinq dernières années sur le métal précieux, la tentation ait été grande de vendre un peu d’or pour acheter la nouvelle introduction.

Vérifions. La encore, j’ai comme une suspicion…

 

 

Il existe une troisième possibilité : Il est probable que des fadas aient emprunté des yens pour acheter des actions SpaceX. Tout ira bien pour ces héros tant que les actions ne baissent pas et que le yen ne monte pas…

Résumons sur les sources de financement qui ont été sans doute utilisées

  • Le cash : les fonds de trésorerie ont dû baisser aux USA.
  • Les marchés des actions à faible représentation technologique, du type HK ont du sous-performer
  • L’or.
  • Des prêts bancaires garantis par des actifs soit en dollar soit en yen.

Venons-en à l’utilisation de ce cash (où ce cash va-t-il aller ?)

Dans un premier temps, dans les fonds propres de SpaceX, mais ces fonds ont été levés pour être investis non seulement dans les nouvelles technologies pour y augmenter l’offre de nouveaux produits, mais aussi dans la création d’une offre d’énergie plus abondante et peut être meilleure marché.  Mais un point mérite d’être souligné à ce niveau du raisonnement : Ces grandes sociétés étaient en cash-flow positifs et rachetaient leurs titres. Les rachats vont s’arrêter, ce qui enlève une grosse partie de la demande pour ces titres.

Qui plus est, ce cash va disparaitre lentement mais surement du bilan de SpaceX, sauf si les nouveaux produits vendus se mettent à créer plus de cash que SpaceX n’est capable d’en dépenser…Dans les comptes de SpaceX, il faudra donc avant tout suivre le compte cash pour juger du succès des nouvelles technologies. S’il se met à baisser trop rapidement, le cours de l’action s’écroulera, ce qui ne manquera pas d’avoir des effets profonds sur des marchés qui sont à des niveaux extravagants : 50 % de la capitalisation boursière du S&P 500 serait à un multiple d’au moins 100 fois les ventes.

Au fou….

Première conclusion.

Il semble bien que l’introduction en bourse de SpaceX ait eu un impact considérable sur les prix relatifs des valeurs d’IA par rapport aux autres actifs tels l’or, les valeurs non technologiques et peut-être le yen.

Je ne doute pas que les valeurs du type de celles cotées à HK ne retournent naturellement à l’équilibre puisqu’il y a des millions d’acheteur et de vendeurs à tout moment

Ce qui n’est pas le cas de l’or, car je sais que dans ce marché il y a depuis des années un acheteur prépondérant, la Banque centrale chinoise et je sais aussi que cet acteur a continué à acheter pendant toute la baisse.

Des que les ventes d’or pour acheter de la technologie s’arreteront, l’or montera comme un bouchon vers le haut.

Tout cela est fort simple mais cache deux réalités profondes :

  1. Les Etats-Unis vendent leurs actifs de production pour financer leurs comptes courants déficitaires, ce qui n’est pas nouveau. Le jour où ils ne pourront plus le faire, le dollar, le marché obligataire américain et le marché des actions s’écrouleront.

C’est à ce moment que ceux qui ont emprunté du yen connaitront des jours difficiles.

  1. Tout l’or du monde est en train de partir doucement en Chine et le mouvement s’accélère.

Et s’il y a une réalité monétaire éternelle, c’est qu’il faut toujours acheter la monnaie et les obligations du pays dans lequel l’or arrive et vendre la monnaie qui doit vendre ses actifs pour continuer à vivre au-dessus de ses moyens.

Conclusion

Cette première introduction ayant été réalisée avec succès, on devrait avoir un peu de répit sur les trois actifs qui ont été utilisés pour souscrire à SpaceX, l’or, les valeurs non technologiques un peu partout dans le monde et peut être le yen.

Après la troisième grande introduction, en Octobre 2026, il faudra acheter à la fois les valeurs non Schumpetériennes, de l’or et sans doute du yen.

Si l’une des trois introductions à venir venait à échouer, alors les mouvements mentionnés plus haut pourraient se produire beaucoup plus tôt.

 

 

 

 

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Industrie : un problème de financement

L’information a été officialisée cette semaine : la plupart des grandes banques françaises réduisent leurs investissements dans l’industrie pétrolière, au nom de la défense du climat. Une position qui nuit aux entreprises françaises et les soumet encore davantage aux capitaux américains, pays où les banques, au contraire, augmentent leurs investissements. La bataille pour l’industrie et l’autonomie énergétique passe aussi par la finance.

 

Le 9 juin dernier, un consortium d’ONG environnementales publiait son rapport annuel Banking on Climate Chaos, et la presse française y a vu un motif de satisfaction. À rebours des géants américains et japonais, les grandes banques françaises continuent de réduire leurs soutiens aux énergies fossiles. Un mouvement à contre-courant de ce qui se fait dans le monde, et notamment aux États-Unis.

 

Baisse en France, hausse dans le monde

 

Ainsi, BNP Paribas a abaissé son financement à l’expansion fossile de 22 % en un an, le Crédit Agricole de 16 %, le groupe BPCE de 11 %. Collectivement, les établissements tricolores ne consacrent plus que 16 milliards de dollars à ce secteur, contre 18 milliards l’année précédente. Alors même qu’aux États-Unis et au Japon, les banques augmentent leurs investissements. Ce qui est présenté comme une position morale est en réalité un grave danger pour les industries françaises qui vont se retrouver en difficulté pour lever des fonds en France, les contraignant à se tourner vers l’étranger. Cette attitude bancaire se révèle être une faute stratégique.

Car pendant que Paris se désengage, le reste du monde accélère. Les soixante-cinq plus grandes banques de la planète ont injecté 906 milliards de dollars dans les hydrocarbures en 2025, soit 8 % de plus qu’en 2024. L’américain JPMorgan, à lui seul, en a fourni 58 milliards, en hausse de 12,5 %. C’est 3,6 fois plus que l’investissement des banques françaises.

 

L’année écoulée a d’ailleurs scellé la fin de la Net-Zero Banking Alliance, ce club onusien par lequel les banques s’engageaient à la neutralité carbone : les grands établissements américains en ont claqué la porte. Les politiques morales environnementales initiées ces dernières années se sont révélées être des échecs. Une fois le désengagement américain acquis, le mouvement a suivi dans le monde ; sauf en France. Et donc, là où une banque française se retire, une banque américaine s’installe.

 

Le retrait bancaire français n’a aucune incidence sur les questions écologistes et environnementales. Ni sur la production de CO2. En revanche, il assèche les compagnies françaises, au premier rang desquels TotalEnergies, mais aussi l’ensemble du tissu de PME et ETI françaises. Ne pouvant plus se financer sur la place de Paris, ces entreprises seront obligées de se financer ailleurs, notamment aux États-Unis, ou de disparaître. Ce qui signifie que l’industrie française va être de plus en plus dépendante des capitaux américains et donc des décisions américaines.

Encore une fois, la vertu autoproclamée n’a aucune incidence sur l’objet de cette vertu, mais des conséquences négatives sur le fonctionnement du tissu industriel. Les banques se retirent pour ne pas se salir les mains, répondre aux injonctions de quelques ONG, céder aux pressions et aux peurs, et c’est toute l’économie française qui en pâtit.

Ce désarmement financier fait gagner en vertu morale ce que les entreprises et l’économie perdent en capacité d’action.

 

Le salut de l’Oncle Sam

Faute de trouver des capitaux en France, les entreprises vont donc devoir traverser l’Atlantique pour se financier ailleurs.

 

Le cas de TotalEnergies est emblématique. Le groupe, qui tire près de 70 % de son financement des marchés obligataires, doit en permanence refinancer sa dette. Or, BNP Paribas et le Crédit Agricole ont annoncé cesser de soutenir les émissions obligataires du secteur pétrogazier. Où Total ira-t-il chercher l’argent ? La réponse se lit déjà dans son actionnariat. En treize ans, la part des investisseurs nord-américains au capital du groupe est passée d’environ 27 % à 40 %, tandis que celle des actionnaires français reculait de plus de sept points. La mécanique est implacable : les actionnaires européens, sommés par leurs propres règles de verdir leurs portefeuilles, vendent leurs titres ; les Américains, eux, achètent.

Et la direction de Total ne s’en cache pas : elle a évoqué à plusieurs reprises l’hypothèse d’une cotation principale à New York plutôt qu’à Paris, pour se rapprocher des capitaux qui veulent encore d’elle. Que l’une des premières capitalisations du CAC 40 envisage de quitter la place de Paris devrait faire frémir quiconque se soucie de l’indépendance économique du pays. La seule grande banque française à maintenir son soutien à Total est la Société Générale, dont le directeur général vient d’entrer au conseil d’administration du pétrolier. Et cette banque se retrouve aujourd’hui sous le feu des critiques et des attaques des ONG.

 

Les ETI oubliées

 

Mais il n’y a pas que Total en France, heureusement ! Le tissu industriel énergétique français est aussi composé de centaines d’ETI et de PME, qui travaillent sur des secteurs indispensables.

La filière parapétrolière française est ainsi la deuxième du monde et elle emploie quelque 65 000 personnes en France, mais réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires à l’exportation. Ce qui en fait le deuxième exportateur mondial de services et d’équipements pétroliers.

Derrière les noms connus, Vallourec et ses tubes sans soudure, Technip Énergies et son ingénierie, Viridien (l’ancien CGG) et ses données sismiques, se cache une myriade de sociétés spécialisées dans le forage, les capteurs, la robotique, la connectique. Des champions discrets, souvent leaders mondiaux sur leur niche.

 

Ces entreprises ont deux caractéristiques qui les rendent vulnérables. Elles sont capitalistiquement intensives, donc dépendantes du crédit ; et elles n’ont pas la taille de Total pour aller négocier directement à Wall Street. Quand les banques françaises décrètent que le pétrole est infréquentable, ce ne sont pas seulement les majors qu’elles pénalisent, mais tout cet écosystème d’ingénieurs et de techniciens qui vit de l’exportation de son savoir-faire. Une ETI de forage qui ne trouve plus de crédit en France devra se tourner vers un fonds américain ou moyen-oriental qui, le moment venu, pourra exiger une délocalisation, un transfert de technologie, ou une prise de contrôle. La dépendance financière est toujours le premier pas vers la dépendance tout court.

 

En guerre économique, le rôle mené par les ONG, notamment environnementalistes, est connu et étudié depuis longtemps. Sous couvert de vertu morale, beaucoup servent des intérêts étatiques ou de grands groupes. Faire pression sur les banques est une façon habile de faire pression sur l’ensemble du secteur pétrolier et industriel, et donc de le fragiliser. Exactement comme de nombreuses ONG allemandes ont beaucoup fait pour fragiliser la filière nucléaire française.

Ces enjeux économiques recoupent ceux de la géoéconomie et de la guerre économique. Le concept est connu, mais il peine encore à se concrétiser chez beaucoup d’entreprises.

 

Rendre aux acteurs leur liberté de juger

 

Bien évidemment, les banques sont libres de leurs actions et de leurs choix stratégiques. Mais le problème réside dans le fait que ce désinvestissement dans l’industrie du pétrole ne répond pas à une logique économique et industrielle, mais à des pressions politiques.

 

Ce désengagement est largement dicté par un empilement de normes européennes, de taxonomies vertes et de pressions militantes qui transforment une décision économique en obligation idéologique. La main qui se retire n’est pas toujours invisible ; elle est souvent administrative. À trop vouloir légiférer la vertu, c’est surtout le tissu industriel français qui est attaqué et fragilisé, et avec lui les savoir-faire, les travailleurs et les entreprises.

Laisser filer les actifs n’est pas la meilleure façon de construire l’avenir.

 

Le sujet qui me tracasse.

Je veux parler aujourd’hui de ce qui me parait devoir être le principal problème des années qui viennent : une insuffisance quantité d’épargne à l’échelle mondiale.

Dans les années qui viennent, il va falloir :

  1. Financer les infrastructures nécessaires pour que la croissance de la zone dite du cercle de Valeriepieris (4500km de rayon dans un cercle ayant comme centre HK) ait bien lieu.

A la louche nous allons avoir besoin de 2000 milliards de dollars, qui heureusement sont déjà en dépôts dans les banques de HK.

  1. En allant vers l’Ouest et en venant de HK, il va falloir financer les investissements en infrastructure de l’Inde aux 1.4 milliard d’habitants, qui ont besoin de trains, d’aéroports, de ports, de centrales nucléaires, de centrales thermiques, de logements et que sais je encore…

A la louche encore, 2000 milliards de dollars me semble un minimum.

  1. Continuons vers l’Ouest. Il va falloir rebâtir quasiment tout le Moyen-Orient en partant de Beyrouth, en terminant par Islamabad, Damas, Baghdad et Téhéran et en passant aussi par les Emirats.

Voilà qui va demander encore au minimum 2000 milliards de dollars

  1. Remontons au Nord, et il va falloir terminer les voies qui relient l’Asie du Nord (Kazakhstan etc..) et la Sibérie à l’Inde ou à la Chine.

Au minimum, encore une fois , comptons 2000 milliards de dollars

  1. Dans nos pays et ailleurs dans le monde est en train d’émerger un nouveau monstre énergivore, l’intelligence artificielle qui lui aussi va requerir 2000 milliards de dollars.
  2. Chez nous, en Europe, une population vieillissante va requérir de plus en plus d’argent pour être soignée et pour vivre sans travailler.
  3. Aux USA, le simple service de la dette et le budget militaire s’additionnent à 2000 milliards de dollar par an.

Bien sûr, je n’ai pas les chiffres mais je peux assurer que la création de nouvelle épargne (l’ancienne est déjà investie) est très inferieure à la nouvelle demande de capitaux décrite sommairement dans les points 1 à 5.

  • Il va donc falloir que le monde entier se mette à épargner beaucoup, beaucoup plus
  • Et cela ne se produira que si les marchés se mettent à payer beaucoup plus les épargnants.
  • Ce qui revient a dire que nous avons devant nous des hausses gigantesques des taux d’intérêts réels.

Et c’est à ce point du raisonnement que je commence à avoir un problème.

Compte tenu du stock de dettes accumulé dans les vingt dernières années par des pays comme la France, la Grande- Bretagne ou les USA et du niveau actuel des taux d’intérêts, ces trois pays se retrouveront d’abord dans une trappe à dettes et assez rapidement devant une crise financière d’une ampleur sans précèdent.

Prenons la France comme exemple.

 

S le taux de croissance de l’économie est à 3.11% sur les dix dernières années alors que les taux d’intérêts sont à 3.75 % pour les taux a 10 ans, cela veut dire que vous empruntez   à 3.75 % et placez à 3/11%, c’est à dire que la faillite est mathématiquement inéluctable puisque la dette croit plus vite que la richesse créée pour la repayer..

Pire encore : Sur les 12 derniers mois nous en sommes à 1. 9 % pour la croissance et à 3.75% pour les intérêts, la dette est à 120 % du PIB et une récession se profile.

Sauve qui peut !

La France est depuis longtemps dans une situation périlleuse comme chacun le sait.

Et les taux d’intérêts vont grimper d’au moins 200 points de base pour atteindre pres de 6%.

Comme le disait Churchill en 1940 : la situation est désespérée mais non sérieuse.

Si moi je le sais, les marchés le savent encore plus et donc la France emprunte déjà beaucoup plus cher que le nouveau pays sans risque, la Chine.

Vérifions.

 

 

Aujourd’hui, compte tenu de la baisse des taux en Chine, de la hausse des taux en France et de la baisse de l’euro vis-à-vis du renminbi, on peut dire sans crainte de se tromper que le cout des emprunts français a grimpé de près de 50 % par rapport au cout des emprunts Chinois et que cette hausse ne fait que commencer.

 

Conclusion

Nous avons devant nous une immense contradiction entre les besoins d’investissement en infrastructure de pays éminemment solvables et des besoins d’emprunts qui permettent la survie de systèmes sociaux insoutenables dans des pays en quasi faillite.

Les pays en faillite ne vont donc plus avoir accès a l’épargne

Rueff nous a donné la solution à ce genre de problème, et il y a bien longtemps

« Le taux de change est l’égout collecteur des droits non gagnés »

Et les pays qui ont émis énormément de droits non gagnés ont en effet rarement leur taux de change qui monte.

Les faux droits sont toujours payés en monnaie de singe.

Les monnaies des trois pays mentionnés plus haut vont s’effondrer et cet écroulement a déjà commencé.

Je le répète une fois de plus : n’ayez aucun contrat, (cash ou obligation) aux USA, en Grande Bretagne, ou aux USA et dans l’euro.

En Europe, vous pouvez avoir des contrats en franc Suisse et en Couronne Suédoise, qui sont de vraies monnaies, émises par de vrais pays, avec une préférence pour la monnaie suédoise  (et Norvégienne) qui ne sont vraiment pas chères.

 

 

 

 

 

Pacte migratoire européen : l’Europe veut toujours contrôler les migrations

La dernière brique du Pacte migratoire européen a été posée ce lundi avec l’adoption du règlement retour. Négocié depuis deux ans, ce Pacte devrait entrer en vigueur le 12 juin. Les pays membres de l’UE affichent une volonté commune : celle de lutter contre l’immigration illégale. On voit mal néanmoins comment ce pacte pourrait résoudre un problème majeur et complexe.

 

Il a fallu plus de deux ans de négociations pour arriver au terme d’un texte composé de neuf règlements et d’une directive. L’objectif est de réformer en profondeur le régime européen de l’asile et le contrôle des frontières extérieures. In extremis, il a été complété par le règlement retour, sur lequel les États se disputaient depuis 2018.

 

Ce que contient le pacte

 

L’esprit du pacte tient en une logique simple : mieux filtrer aux frontières, accélérer le traitement des demandes, et surtout mieux répartir l’effort entre les 27. Le but est de soulager les pays qui reçoivent le plus de migrants, à savoir la Grèce, l’Espagne et l’Italie, et qui doivent donc fournir l’essentiel du travail et supporter les coûts. Trois pays qui devaient fournir les efforts pour protéger les autres. Le maître mot est celui de la solidarité, c’est-à-dire faire désormais porter l’effort sur l’ensemble des pays, qui devront davantage contribuer dans les financements et les apports humains. La question se pose notamment des centres d’accueil saturés et des délais interminables dans le traitement des dossiers. Désormais, les États qui ne souhaitent pas accueillir de demandeurs d’asile peuvent contribuer financièrement ou matériellement à l’effort commun.

 

À cela s’ajoute un dispositif d’identification renforcé à l’entrée du territoire – le « screening » – qui doit orienter chaque arrivant vers une procédure normale ou accélérée selon son profil et son pays d’origine. L’objectif affiché est double : réduire les entrées irrégulières et rendre les expulsions effectives. Or, c’est bien là que le problème se pose : seules 20 % des OQTF sont exécutées sur le territoire européen. La loi est donc constamment bafouée.

Le nouveau texte allonge donc la durée de rétention administrative de 18 à 24 mois, avec une prolongation possible. Il étend les motifs de placement en rétention, il autorise des contrôles à domicile ainsi que la fouille des appareils électroniques pour vérifier les identités, et il pose un principe : le retour forcé devient la norme, là où le départ volontaire prévalait jusqu’ici.

 

La mesure qui fâche : les centres de retour

 

Mais c’est une disposition particulière, et somme toute anecdotique par rapport à l’ensemble du texte, qui a fait le plus parler : la possibilité, pour les États qui le souhaitent, de renvoyer des migrants déboutés vers des « centres de retour » situés dans des pays tiers ; y compris des pays avec lesquels ces migrants n’ont aucun lien. Le Danemark, l’Autriche, l’Allemagne et les Pays-Bas se sont déjà tournés vers le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan. Ces pays y voient un très lucratif commerce.

 

L’idée n’est pas neuve, elle vient du Royaume-Uni et de Boris Johnson, qui avait signé en 2022 un accord avec le Rwanda pour que celui-ci accueille les migrants dont ni l’Angleterre ni les pays d’origine ne voulait. L’accord avait déchiré la classe politique anglaise et a ensuite été annulé par Keir Starmer. Mais au-delà des querelles politiques, cet accord est un gouffre financier et un immense échec. Le RU a ainsi payé 290 millions de livres au Rwanda, pour y envoyer uniquement quatre migrants. En Italie, Giorgia Meloni a signé un accord similaire avec l’Albanie, avec là aussi des résultats très faibles. La France s’est d’ailleurs montrée très réservée sur cette mesure, qu’elle ne souhaite pas mettre en place.

 

Les limites : efficacité douteuse, principes fragilisés

 

Le problème de ces centres étrangers est de transformer les migrants en véritable marchandise, qui seront vendus de main en main à travers le monde. D’abord avec les réseaux criminels et mafieux, qui contrôlent les trafics d’êtres humains, commerce très lucratif, du Sahel à l’Europe, puis avec les pays, tel le Rwanda, qui se feront payer pour accueillir les mêmes migrants. De quoi créer un trafic humain institutionnalisé et une dépense financière sans fond et sans résultat.

 

L’autre problème posé par ce texte est l’atteinte à la vie privée. En autorisant les fouilles des téléphones portables et les irruptions au domicile privé, sous couvert de « sécurité », on sait bien que l’on s’attaque à un principe fondamental des sociétés libérales. En ne respectant pas ces principes, sous prétexte de défendre les frontières et de lutter contre l’immigration illégale, c’est en réalité un recul dangereux des libertés fondamentales qui est engagé. On ouvre ainsi un précédent qui ne pourra que s’étendre à d’autres domaines et dimensions.

 

Le véritable problème de ce texte est de ne pas s’attaquer aux causes. Il s’attaque aux migrants illégaux, qui sont le symptôme de la crise migratoire, mais jamais aux causes et aux réseaux, qui permettent cette crise. Or, ce sont d’abord les réseaux criminels qu’il faut démanteler, en Afrique et en Europe. Ce n’est pas non plus en Europe qu’il faut ériger des murs, mais dès le front méditerranéen, sur les côtes de Tunisie et de Lybie, et en mer. Enfin, la mécanisation et notamment la robotisation sont une autre solution pour rendre les migrants illégaux inutiles pour l’économie, afin de faire cesser l’appel d’air.

 

C’est ici que le bât blesse. Le pacte parie sur la fermeté, mais cette fermeté repose en partie sur des instruments dont l’inefficacité est déjà démontrée. L’exemple britannique le montre : des centaines de millions dépensées pour quelques départs symboliques.

 

Une fermeté qui cherche encore sa cohérence

 

Reste l’essentiel. Le pacte traduit un basculement assumé : l’Europe veut maîtriser ses frontières extérieures, condition, dit-elle, du maintien de la libre circulation intérieure. L’argument n’est pas illégitime : Schengen ne tient que si les frontières externes sont gardées. Et les chiffres avancés par le gouvernement français, près de 45 % de baisse des entrées irrégulières cette année, plaident pour une certaine efficacité de la coopération européenne et de Frontex. Mais empêcher les migrants de rentrer ne résout rien ; ni les trafiquants qui vivent de cette exploitation de la main-d’œuvre ni les politiques qui vivent de son instrumentalisation. Que les 27 se soient entendus est une bonne chose, mais nous sommes encore très loin d’une politique efficace et utile.

 

 

Réflexions sur la nature de la dette française.

Il y a deux sortes de dette.

  1. Celle qui prépare l’avenir.
  2. Celle qui hypothèque l’avenir.

Traitons d’abord du premier cas.

Un pays consommateur net d’énergie veut réduire sa dépendance aux énergies fossiles et bâtir une centrale nucléaire. Il faudra cinq ans pour construire la centrale qui coutera 200 millions par an soit un total de 1 milliard pour être construite, et durer ensuite 70 ans.

Effets économiques de cette décision.

Le pays va devoir payer ceux qui vont bâtir une centrale qui pendant cinq ans ne produira rien, ainsi que les intérêts sur la dette encourue.

Imaginons que cet argent soit emprunté à un consortium bancaire.

Sur la période de construction, la masse monétaire va augmenter de 1 milliard, sans que rien de visible ne soit produit, ce qui pourrait être inflationniste : Plus d’argent dans le système, même quantité de biens produite= hausse des prix.

Voilà qui pourrait aussi amener en plus à un déficit du commerce extérieur puisqu’une demande intérieure excessive amène toujours à une hausse des importations et, parfois, à  une attaque sur la monnaie si le déficit extérieur est trop important.

Une banque centrale compétente (il y en a) mettra donc les taux d’intérêts à un niveau suffisamment élevé pour que le public épargne de lui-même 1 milliard de plus, ce qui empêchera aussi toute attaque sur la monnaie locale.

Mais la consommation locale sera tout sauf glorieuse.

Quand la centrale entrera en production et deviendra rentable, dans un premier temps, mettons au moins 10 ans, les prêts seront remboursés et donc la masse monétaire baissera, ce qui amènera la banque centrale à baisser les taux pour inciter les citoyens à consommer plus et à épargner moins. C’est alors qu’il faut acheter les valeurs de consommation locales.

Au bout de vingt ans (hypothèse), la centrale sera amortie et les propriétaires pourront commencer à distribuer des dividendes aux actionnaires de départ qui, jusqu’à ce point, n’ont pas vu grand-chose

Leur capital de départ étant libéré, ils pourront songer à construire une autre centrale nucléaire avec les profits qu’ils tirent de la première.

Dans ce system « sain » on voit bien que l’augmentation de la masse monétaire au passif correspond à l’actif à une augmentation du stock de capital du pays.

Grosso modo, le scenario que je viens de décrire est celui de la Chine depuis vingt ans.

La Chine certes a une dette considérable par rapport à son PIB, mais cette dette a été souscrite par la population locale et en face de cette dette se trouvent des actifs d’une valeur comptable certainement supérieure à la dette émise.

Si le gouvernement veut réduire la dette , il luis suffira d’introduire en bourse la centrale nucléaire nouvellement  construite.

Venons-en au deuxième cas, la dette qui hypothèque l’avenir.

Dans ce cas, un pays gouverné par des démagogues, des vrais, a distribué des droits non gagnés. Pour servir ces droits non gagnés, soit la banque centrale achète des obligations de l’Etat directement, soit le Tresor vend ces obligations à des épargnants étrangers.

  • Si la banque centrale monétise les droits non gagnés, le taux de change se casse la figure puisque l’inflation va partir à la hausse.
  • Si le trésor vend des obligations à des in institutions étrangères, le passif du pays augmentera et l’actif d’un autre pays augmentera du montant équivalent.

Notre bilan vis-à-vis du reste du monde se détériorera .

Et là, je voudrais revenir à une idée centrale que j’ai déjà utilisé de nombreuses fois dans ces chroniques.

L’ECONOMIE CE N’EST QUE DE L’ENERGIE TRANSFORMEE,

Je m’explique

En vendant de la dette a l’étranger, nous savons que cette dette sera remboursée et servie par le travail futur des Français.

Mais ces français auront besoin de plus d’énergie pour produire les biens et les services qui serviront à solder cette dette et cette énergie risque de devoir être importée.

C’est donc dire que le gouvernement français en empruntant pour « maintenir la consommation » vend automatiquement   à découvert l’energie nécessaire à la production de ces biens et services, et le prix de cette énergie peut varier historiquement de façon gigantesque.

Ce qui fragilise énormément l’économie de notre pays, qui devient beaucoup plus vulnérable à des hausses du prix de l’ergie.

Ce que je veux dire est simple et je reviens une fois encore à Frederic Bastiat, et à son célèbre : « Ce qui se voit et ce qui ne se voit pas »

Quand la France emprunte à l’étranger, on voit apparaitre cette dette au passif de son bilan. Mais on ne voit pas apparaitre au passif de ce même bilan le cout de l’energie qu’il faudra acheter pour servir et rembourser cette dette.

Et le cout de cette énergie peut varier énormément au travers du temps, comme le montre le graphique ci-dessous.

 

 

Remarquons d’abord que nombre de recessions en France ont été déclenchées par une hausse des prix de l’energie (ligne rouge qui monte avant un hachurage gris). La hausse récente de la ligne rouge (+34 %) pourrait donc déclencher une récession, ce qui serait un désastre compte tenu de notre situation financière actuelle.

Remarquons ensuite qu’emprunter en Franc Français de 1985 à 2000 était très intelligent, puisque le cout de l’energie par rapport au PIB ne cessait de baisser

Emprunter en euro de 2005 à 2014 était stupide

Ce que je veux dire est donc très simple

Tout le monde me parle et avec raison de la dette hors bilan de l’Etat Français (retraites, garanties de passif à la SNCF etc…)

Personne ne me parle JAMAIS de la dette hors bilan que constitue l’achat d’énergie pour servir et rembourser notre dette.

Là encore, il s’agit d’une dette certaine mais que nul ne peut provisionner puisque nul ne connait le prix de l’energie la semaine prochaine et encore moins dans cinq ans.

Conclusion

Plus j’étudie ces sujets et plus je me dis :

  1. Nous avons été gouvernés depuis des lustres par des criminels ignares.
  2. Pour vous protéger, achetez des actions Total.