Il y a deux sortes de dette.
- Celle qui prépare l’avenir.
- Celle qui hypothèque l’avenir.
Traitons d’abord du premier cas.
Un pays consommateur net d’énergie veut réduire sa dépendance aux énergies fossiles et bâtir une centrale nucléaire. Il faudra cinq ans pour construire la centrale qui coutera 200 millions par an soit un total de 1 milliard pour être construite, et durer ensuite 70 ans.
Effets économiques de cette décision.
Le pays va devoir payer ceux qui vont bâtir une centrale qui pendant cinq ans ne produira rien, ainsi que les intérêts sur la dette encourue.
Imaginons que cet argent soit emprunté à un consortium bancaire.
Sur la période de construction, la masse monétaire va augmenter de 1 milliard, sans que rien de visible ne soit produit, ce qui pourrait être inflationniste : Plus d’argent dans le système, même quantité de biens produite= hausse des prix.
Voilà qui pourrait aussi amener en plus à un déficit du commerce extérieur puisqu’une demande intérieure excessive amène toujours à une hausse des importations et, parfois, à une attaque sur la monnaie si le déficit extérieur est trop important.
Une banque centrale compétente (il y en a) mettra donc les taux d’intérêts à un niveau suffisamment élevé pour que le public épargne de lui-même 1 milliard de plus, ce qui empêchera aussi toute attaque sur la monnaie locale.
Mais la consommation locale sera tout sauf glorieuse.
Quand la centrale entrera en production et deviendra rentable, dans un premier temps, mettons au moins 10 ans, les prêts seront remboursés et donc la masse monétaire baissera, ce qui amènera la banque centrale à baisser les taux pour inciter les citoyens à consommer plus et à épargner moins. C’est alors qu’il faut acheter les valeurs de consommation locales.
Au bout de vingt ans (hypothèse), la centrale sera amortie et les propriétaires pourront commencer à distribuer des dividendes aux actionnaires de départ qui, jusqu’à ce point, n’ont pas vu grand-chose
Leur capital de départ étant libéré, ils pourront songer à construire une autre centrale nucléaire avec les profits qu’ils tirent de la première.
Dans ce system « sain » on voit bien que l’augmentation de la masse monétaire au passif correspond à l’actif à une augmentation du stock de capital du pays.
Grosso modo, le scenario que je viens de décrire est celui de la Chine depuis vingt ans.
La Chine certes a une dette considérable par rapport à son PIB, mais cette dette a été souscrite par la population locale et en face de cette dette se trouvent des actifs d’une valeur comptable certainement supérieure à la dette émise.
Si le gouvernement veut réduire la dette , il luis suffira d’introduire en bourse la centrale nucléaire nouvellement construite.
Venons-en au deuxième cas, la dette qui hypothèque l’avenir.
Dans ce cas, un pays gouverné par des démagogues, des vrais, a distribué des droits non gagnés. Pour servir ces droits non gagnés, soit la banque centrale achète des obligations de l’Etat directement, soit le Tresor vend ces obligations à des épargnants étrangers.
- Si la banque centrale monétise les droits non gagnés, le taux de change se casse la figure puisque l’inflation va partir à la hausse.
- Si le trésor vend des obligations à des in institutions étrangères, le passif du pays augmentera et l’actif d’un autre pays augmentera du montant équivalent.
Notre bilan vis-à-vis du reste du monde se détériorera .
Et là, je voudrais revenir à une idée centrale que j’ai déjà utilisé de nombreuses fois dans ces chroniques.
L’ECONOMIE CE N’EST QUE DE L’ENERGIE TRANSFORMEE,
Je m’explique
En vendant de la dette a l’étranger, nous savons que cette dette sera remboursée et servie par le travail futur des Français.
Mais ces français auront besoin de plus d’énergie pour produire les biens et les services qui serviront à solder cette dette et cette énergie risque de devoir être importée.
C’est donc dire que le gouvernement français en empruntant pour « maintenir la consommation » vend automatiquement à découvert l’energie nécessaire à la production de ces biens et services, et le prix de cette énergie peut varier historiquement de façon gigantesque.
Ce qui fragilise énormément l’économie de notre pays, qui devient beaucoup plus vulnérable à des hausses du prix de l’ergie.
Ce que je veux dire est simple et je reviens une fois encore à Frederic Bastiat, et à son célèbre : « Ce qui se voit et ce qui ne se voit pas »
Quand la France emprunte à l’étranger, on voit apparaitre cette dette au passif de son bilan. Mais on ne voit pas apparaitre au passif de ce même bilan le cout de l’energie qu’il faudra acheter pour servir et rembourser cette dette.
Et le cout de cette énergie peut varier énormément au travers du temps, comme le montre le graphique ci-dessous.
Remarquons d’abord que nombre de recessions en France ont été déclenchées par une hausse des prix de l’energie (ligne rouge qui monte avant un hachurage gris). La hausse récente de la ligne rouge (+34 %) pourrait donc déclencher une récession, ce qui serait un désastre compte tenu de notre situation financière actuelle.
Remarquons ensuite qu’emprunter en Franc Français de 1985 à 2000 était très intelligent, puisque le cout de l’energie par rapport au PIB ne cessait de baisser
Emprunter en euro de 2005 à 2014 était stupide
Ce que je veux dire est donc très simple
Tout le monde me parle et avec raison de la dette hors bilan de l’Etat Français (retraites, garanties de passif à la SNCF etc…)
Personne ne me parle JAMAIS de la dette hors bilan que constitue l’achat d’énergie pour servir et rembourser notre dette.
Là encore, il s’agit d’une dette certaine mais que nul ne peut provisionner puisque nul ne connait le prix de l’energie la semaine prochaine et encore moins dans cinq ans.
Conclusion
Plus j’étudie ces sujets et plus je me dis :
- Nous avons été gouvernés depuis des lustres par des criminels ignares.
- Pour vous protéger, achetez des actions Total.

