Un livre à avoir sur le dernier étage de sa bibliothèque…

 

Je vais recevoir le Père Sirico le 6 Septembre à Paris pour la sortie de son livre.  Le lieu n’est pas encore fixé et dépendra pour beaucoup du nombre de ceux qui voudraient assister à cette réunion. Il nous serait donc très utile que ceux parmi nos lecteurs qui seraient intéressés par cette rencontre nous le fassent savoir par l’intermédiaire du site en nous répondant directement.( Institutdeslibertes@gmail.com)

Il est d’usage de parler des « religions du livre » qui seraient organisées chacune autour d’UN livre, la Bible pour les Juifs, les Evangiles (et la Bible) pour les Chrétiens et enfin le Coran pour les Musulmans. C’est une classification qui parait logique, et pourtant je ne la trouve pas satisfaisante. Il est vrai que les religions Juives et Musulmanes sont organisées autour d’un ouvrage écrit, et donc d’un livre que les fidèles cherchent à comprendre et dont ils essaient de suivre les principes du mieux qu’ils le peuvent.

Ce n’est pas du tout le cas pour les Chrétiens.

Les Evangiles ne sont pas vraiment un livre mais la rencontre d’un certain nombre d’individus que rien ne destinait à changer l’histoire de l’humanité et d’un homme à la parole de feu, Jésus de Nazareth. C’est en fait l’histoire d’une personne qui est venue sur terre et qui regarde chacun d’entre nous, individuellement, comme personne ne l’avait fait avant lui et comme personne ne l’a fait depuis.

L’extraordinaire dans cette histoire ?

Deux mille ans après, ce regard n’a pas baissé d’intensité, ces paroles n’ont rien perdu de leur virulence. Siècle après siècle, des hommes, des femmes, des enfants sont saisis par ce regard, bouleversés par ces paroles, et se mettent à « suivre » cet homme (Viens et suis moi…) et consacrent leurs vies à suivre cet homme qui vivait il y a 2000 ans…

Et ce qu’ils suivent, ce n’est pas une idéologie, ce n’est pas une Loi, c’est un homme qu’ils aiment avec passion, comme Pierre qui se jette à l’eau pour retrouver son Seigneur. Les Evangiles, et ensuite toute l’histoire des grands saints nous racontent à chaque fois une série d’histoires d’amour entre le Christ et …une personne et une seule, à chaque fois.

Les Evangiles ne sont donc pas un livre mais une rencontre avec UNE personne, à la fois exigeante et remplie de compassion pour nos faiblesses mais qui ne précise jamais ce qu’elle attend de nous !

Le Christ n’a jamais rien écrit, si ce n’est dans la poussière quand on lui a amené la femme adultère, ce qui est sans doute un signe que la solution n’est jamais dans les écrits de quelqu’un d’autre et que nous devons régler nos problèmes en regardant en nous-mêmes.

De quoi devenir fou, ou saint, ou les deux à la fois d’ailleurs…

Car quand on aime, on ne peut jamais assez donner assez à celui que l’on aime.

« Celui qui n’a pas tout donné n’a rien donné … »

Mais qu’est ce que tout ?

L’essence de la religion Chrétienne n’est ni de demander l’adhésion mécanique à une règle et encore moins d’adorer son maitre comme le fait un chien : c’est l’exercice plein et entier du libre arbitre.

Car, comme nous le savons depuis, l’amour ne se conçoit que libre.

Dieu veut être aimé par chacun d’entre nous librement.

Et la Liberté, comme l’a dit Jean-Paul II dans l’une de ses encycliques, c’est de pouvoir et de vouloir faire ce que l’on doit faire.

Où l’on retrouve les trois notions essentielles sur lesquelles toute la civilisation occidentale est bâtie : La liberté individuelle, la volonté de choisir son destin et enfin le sens du devoir

Ce qui nous amène au Père Siroco.

Il est né en 1951 dans une famille Italienne de Brooklyn et le moins que l’on puisse dire est que pendant la première partie de sa vie, il a mené une vie de « bâton de chaise ».

Les USA, à l’époque, rentraient dans une crise à la fois politique, morale et spirituelle d’une grande ampleur dont ils ne sont pas encore sortis d’ailleurs.

Et notre homme s’engagea avec force dans cette période, car ce n’est pas un tiède.

Proche des hippies, ami de Jeanne Fonda et de Tom Hayden, homosexuel, il fût de tous les combats. Déjà taraudé par l’appel de Dieu, il devint pasteur et fût l’un des tous premiers à célébrer des mariages où deux homosexuels s’unissaient…

Ensuite, il a dit que ces expériences lui avaient permis de mieux comprendre la nature humaine dans toute sa complexité. Quelque part, il avait quarante ans d’avance sur bien des mouvements sociaux actuels…

A la fin des années 70 et au début des années 80, il se lia d’amitié avec les représentants le plus éminents de la droite intellectuelle et conservatrice américaine (Robert Novak, Charles Murray, Irving Kristol, Charles Krauthamer…)

Il reprit alors ses études aux USA et en Grande-Bretagne pour être ordonné prêtre en 1989.

En 1990, il fonda l’Institut Acton, du nom de l’aristocrate et homme politique anglais, auteur de la fameuse formule « Tout pouvoir corrompt, un pouvoir absolu corrompt absolument. La plupart des soi-disant grands hommes sont en fait des criminels »

Il a expliqué de façon fort claire quel était le but de ce nouvel institut.

« Tout vient de ma frustration quand j’étais au séminaire…

 Entendre prêcher des sermons qui encore et toujours insultaient les hommes d’affaires que je connaissais m’était insupportable.

Je savais qu’il s’agissait d’une profonde erreur à la fois d’un point de vue théologique mais aussi de la pastorale.

Théologiquement parce que le socialisme nous avait conduit à une faillite morale totale, mais aussi parce que cela éloignait de l’Eglise toute une série d’hommes de bonne volonté qui voulaient apporter leurs contributions à la construction de la Cité de Dieu. «

Et le but du nouvel institut était de reconcilier l’Eglise Catholique avec l’économie de marché, c’est-à-dire avec une économie fondée sur les trois principes que Jean-Paul II a mis en lumière plus tard. Certains ont même dit que l’encyclique « Centesimus annus » , signée par Jean-Paul II, fut fort inspirée dans sa partie consacrée  à l’économie par les thèses du père Sirico

Chacun, et dans tous les domaines doit pouvoir et vouloir faire ce qu’il doit faire …Et la seule économie qui permet cela, c’est bien entendu une économie de marché, fondé sur la responsabilité de chacun.

Comme le disait Tocqueville, : « La Liberté n’existe pas sans la morale et la morale sans Foi «

Si l’on pouvait résumer en une phrase le but de l’Institut, il faudrait utiliser le proverbe chinois :

« Donnez à un homme un poisson, et il mangera pendant une journée. Apprenez-lui a pécher, et il pourra nourrir toute une famille pendant toute sa vie »

Philosophiquement, le père Sirico pense qu’il ne faut pas donner aux gens l’habitude d’être aidés sans contrepartie, mais qu’il faut leur permettre de devenir indépendants, c’est-à-dire libres, et donc que tout passe par l’éducation des plus défavorisés pour que chacun d’entre nous puisse être libre.

Et l’Institut Acton a été un immense succès.

Je ne saurai trop recommander au lecteur qui lit l’Anglais sans difficulté d’aller explorer leur site à l’adresse suivante : https://acton.org/

Publications, séminaires, formations à destination des religieux ou des laïcs, vidéos, s’enchainent et sont mis à la disposition de tous ceux qui ne peuvent se déplacer pour aller dans le Michigan, à Rome, où une université « Acton « a été créée.

Des milliers de prêtres, d’évêques, de laïcs sont passés par ces universités qui ont changé leur vision du monde.

Pendant ce temps, le Père Sirico sillonne les cinq continents pour porter la bonne parole…

Pour ceux qui voudraient mieux comprendre la personnalité et les idées du Père Sirico, ils peuvent aller sur son site personnel à cette adresse[M1]  :http://www.robertsirico.com/

Malgré l’incroyable succès de son Institut, le père Sirico a tenu à demeurer le curé de la paroisse où il avait été nommé après son ordination. Il reste le pasteur de son troupeau…

Venons-en à son dernier livre dont j’ai l’honneur de préfacer la traduction française :

Catholique et Liberal.

Les raisons morales d’une économie libre »

Chez Salvator

Dans cet ouvrage, l’auteur explique pourquoi et comment une économie libre est toujours préférable à une économie de la contrainte et pourquoi une telle économie est la seule qui soit compatible avec les Evangiles.

Aussi curieux que cela paraisse, le raisonnement rejoint celui de l’un des grands philosophes américains, de la période moderne, John Rawls qui, réfléchissant sur les problèmes de justice sociale, soutenait qu’un système était juste si et seulement si, le sort des plus défavorisés s’améliorait au travers du temps.

Et pour arriver à ce résultat, et c’est là la contribution principale du père Sirico au débat, la meilleure solution est de donner « aux petits » les moyens de s’en sortir tous seuls, suivant en cela le précepte du Christ : « Tout ce que vous aurez fait pour les plus pauvres, vous l’aurez fait pour moi ».

Car en rendant leur liberté aux plus pauvres, on leur rend de ce fait leur dignité.

C’est ce que le Père Sirico montre en concluant que seul le capitalisme est moral. C’est en effet le seul système qui dans l’histoire soit arrivé à ce résultat, et toujours en s’appuyant sur la liberté individuelle aussi bien de celui qui aide que de celui qui est aidé, et jamais sur la contrainte.

De ce fait, le capitalisme est et reste le seul système qui soit conforme aux Evangiles alors que le socialisme et le collectivisme en sont l’antinomie.

Dans ces temps de relativisme moral et de confusion intellectuelle dans lesquels nous baignons, il me semble évident que tout chrétien d’abord, mais surtout tout citoyen ensuite devrait lire ce livre en se souvenant de la phrase prophétique de Jean-Paul II : «   N’ayez pas peur «

Et pour ne pas avoir peur, il faut savoir entendre la vérité.

Et la vérité ne peut pas être entremêlée « d’en même temps » contradictoires et superfétatoires, qui ne peuventt être que la marque d’un esprit confus et retors.

Car, comme l’a dit le Christ à qui le père Sirico a consacré sa vie : » Que votre oui soit un oui, que votre non soit un non. Tout le reste vient du Malin «

Et je peux assurer le lecteur que dans les écrits du père Sirico, le oui est un oui, et le non est un non. Ayant suivi celui qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » voila qui ne devrait surprendre personne. »