Sélection de sept années de chroniques de Jean Jacques Netter

 

Voilà une sélection de mes chroniques mises en ligne sur l’Institut des Libertés depuis 2012. C’est un exercice inscrit dans le temps long, qui montre les erreurs de jugement que j’ai pu commettre mais aussi des anticipations d’événements qui se sont produites avec quelque délai. De toute façon le seul juge c’est le lecteur. Si vous avez envie de relire certains papiers, il vous suffit de cliquer sur le lien hypertext que j’ai rajouté en dessous du titre de l’article

 

EUROPE

« L’avenir de l’Europe n’est pas dans le fédéralisme ». (13/03/2019)

« La souveraineté nationale s’opposera aux empiétements de Bruxelles lors des prochaines élections européennes » (25/10/2018)

« L’Europe à l’heure des shadoks : il vaut mieux pomper même s’il ne se passe rien » (23/07/2012)

« L’Europe est incapable de défendre ses banques face aux Etats-Unis » (20/06/2018)

« La dollarisation de l’économie mondiale menace l’Europe » (06/10/2016)

 

IMMIGRATION

« L’immigration illégale n’est pas l’avenir de l’Europe »  (19/09/2018)

« Immigration : les français sont endormis par le muezzin médiatique » (26/06/2018)

« Certains auteurs musulmans devraient être mieux mis en avant dans le débat public » (27/05/2018)

ECONOMIE

Les riches…

« Idée fausse n° 1 : Il faut faire payer les riches »(29/01/2019)

« Il vaut mieux attirer « les riches » et tous ceux qui ont du talent que de les faire fuir » (16/09/2015)

« N’ayez pas peur. L’immigration massive des « riches » n’aura pas lieu » (17/10/2017)

« La fiscalité punitive contre les actionnaires a eu des effets catastrophiques » (01/11/2016)

« En France, la fiscalité punitive détruit des emplois et fragilise les plus faibles » (18/06/2014)

« L’euthanasie du rentier et du retraité se poursuit » (18/02/2015)

« L’overdose fiscale est en train de provoquer l’effondrement de l’économie française » (12/12/2012)

« Les idées fausses sur les riches » (25/06/2015)

« Et si toujours plus taxer « les riches » appauvrissait tous les français ? » (10/09/2012)

« ll est temps de « dépikettyser » la France » (27/06/2017)

« L’ultrakeynésianisme est en train de détruire l’économie » (14/10/2015)

« La France va bientôt ressembler à Cuba ou la Grèce, mais sans le soleil » (04/02/2015)

« Le combat entre les talibans de l’austérité et les économistes keynésiens se poursuit » (09/10/2012)

« La télévision montre toujours ce qui se passe mal dans l’économie » (05/12/2017)

 

Le « modèle français »

« Le manque de débat sur l’allocation universelle est consternant » (09/11/2016)

« La machine à détruire les emplois poursuit ses ravages en France » (24/05/2016)

« La réduction des inégalités ne doit pas être traitée de façon idéologique et sectaire » (13/07/2017)

L’Euro

« Si la France continue à ce rythme, c’est elle qui devra bientôt quitter la zone euro » (19/04/2016)

« Les taux administrés ne font que soutenir pour un temps l’endettement des États » (15/03/2016)

« La salle de shoot mondiale est devenue incontrôlable » (19/01/2016)

L’endettement

« La dette de la France est artificielle, il suffit de ne pas la rembourser » (20/02/2019)

« Le mépris du monde politique et médiatique pour l’économie réelle est stupéfiant » (01/12/2015)

Le libéralisme

« Il faut sauver le vrai libéralisme » (21/11/2018)

« Les Ayatollas de gauche et de droite considèrent que le libéralisme est responsable de tout ce qui ne va pas » (02/05/2018)

« Les Petits Hommes Gris n’aiment pas les entrepreneurs » (22/03/2016)

« Les grands échecs de l’Etat français stratège industriel » (02/02/2016)

« Le lénino-capitalisme devra évoluer pour permettre à la Chine de dépasser durablement les Etats Unis » (22/11/2017)

POLITIQUE

Les fractures

« Les livres décrivant les fractures idéologiques »

« La France est coupée en trois » (27/10/2016)

« Le déni français sur son modèle social est pathétique » (14/06/2016)

Le Populisme

« Le populisme a été pour le moment déclaré illégitime par les élites… » (02/10/2018)

« Le populisme est devenu un mot valise qui comporte de multiples facettes » (21/07/2017)

« Les électeurs ont maintenant besoin de régler leurs comptes avec leurs élites » (07/03/2017)

Le Macronisme

« Le macronisme devra tout faire pour ne pas ressembler au hollandisme » (10/05/2017)

« La France d’Emmanuel Macron risque d’être ingouvernable » (26/04/2017)

« La grande illusion du centrisme » (14/03/2017)

La Droite

« Si la droite se décidait enfin à jouer la vraie carte libérale » (23/11/2016)

« Les hommes d’honneur sont en train de se lever » (19/11/2013)

MONDIALISATION

« Le marché de la tomate est un très mauvais exemple de fonctionnement de la mondialisation »

« La science fiction peut contribuer à améliorer la qualité de la prévision économique »


Idée Fausse n°3 : L’avenir de l’Europe est dans le fédéralisme…

 

 

Dans la perspective des prochaines élections européennes nous poursuivons notre série destinée à passer en revue « Le Guide des Idées Fausses ». ». Cette semaine nous traitons L’Idée fausse n°3 qui est « L’avenir de l’Europe est dans le fédéralisme ». Nos avons déjà abordé l’Idée fausse n°1 : « Il faut faire payer les riches » et l’ Idée fausse n°2 : « La dette de la France est artificielle, il suffit de ne pas la rembourser »

Il s’agit de présenter les livres qu’il faudrait idéalement avoir lus avant d’exprimer une opinion : Toutes les idées exprimées ne sont pas forcément les nôtres, mais elles permettent de nourrir le débat qui fait cruellement défaut en cette époque d’exclusion des opinions de l’autre, systématiquement sacrifiées sur l’autel du politiquement correct.

 

L’Europe ne doit pas devenir une Europe fédérale

 

Le jour où nous avons créé l’Euro, nous aurions pris un billet sans retour vers le fédéralisme Telle est la position défendue par des hommes et des femmes qui se situent au centre de l’échiquier politique, notamment par Jean Arthuis ancien ministre de l’économie et des finances.  Dans son livre « L’Europe dernière chance pour la France » il est clairement pour une Europe fédérale à 28. Valéry Giscard d’Estaing raconte dans son livre « Europa. La dernière chance de l’Europe » comment le vieux continent peut redevenir une grande puissance si à côté d’une Europe à 28, on crée “Europa” qui rassemblerait un groupe de pays en nombre plus restreint autour d’un vrai projet politique….

Tout le problème pour Hubert Védrine dans « Sauver l’Europe » est que les peuples veulent à la fois de la croissance et Erasmus pour tous, mais ils veulent garder leur identité, leur souveraineté et avoir plus de sécurité.

 

La seule Union Européenne viable, c’est l’Europe des Nations

 

Le modèle multiculturel de l’Europe a été imposé depuis Jean Monnet et Robert Schumann par des gens plus ou moins hostiles à l’identité traditionnelle de leurs pays respectifs. Ce qu’ils ont présenté comme un accueil aux nouveaux arrivés était, le plus souvent, un rejet de leur propre héritage. Roger Scruton chef de file anglais d’une tendance conservatrice qui s’est éloignée du thatcherisme, montre bien dans son livre « La seule Union Européenne, c’est l’Europe des Nations » que ceux qui résistent au fédéralisme sont dénoncés comme racistes et xénophobes – une façon de les exclure du débat. On commence tout juste à reconnaître dans les statistiques françaises qu’il existe un pourcentage conséquent d’élèves musulmans dans les écoles françaises. En revanche, selon lui, le débat n’a pas été encore abordé sur la tolérance qui a été accordée aux musulmans par tous les gouvernements français et qui n’a pas eu de contrepartie. Ceux qui en profitent, en l’occurrence les prêcheurs dans les mosquées, ne sont eux tolérants en rien. Pourtant, on ne peut toujours pas parler ouvertement de l’islam et de ses effet sur l’esprit des jeunes sans risquer d’être immédiatement accusé « d’islamophobie » – maladie étrange qui s’est diffusée inexplicablement dans tous les pays de l’Ouest.

 

Est ce que l’Union Européenne doit revenir au Saint-Empire romain germanique, vaste ensemble qui au Moyen Age avait pour centre l’Allemagne autour de laquelle étaient groupés des territoires italiens, francophones, flamands et slaves. Le roi d’Allemagne se prétendait le chef séculier de l’Europe Occidentale.

Il est toutefois injuste d’accuser les allemands. Ils ne voulaient pas d’intégration monétaire avant d’avoir réalisé l’harmonisation économique et budgétaire. Ce sont les dirigeants français de l’époque qui ont insisté. Jean Louis Harouel, professeur à Paris explique dans  « Revenir à la Nation » que le refus de l’indifférenciation n’a rien à voir avec la haine de l’autre. Il met ensuite en garde contre les communautarismes qui dissolvent le lien national

 

Il n’y a plus d’ordre à sauver, il faut en refaire un écrivait  en 1931 Pierre Drieu la Rochelle dans « L’Europe contre les patries » Drieu allait se demander sans répit où le destin menait l’Europe que les conséquences de la guerre plongeaient dans le désordre. Dans « Genève ou Moscou ». Drieu sera dès lors, plus que jamais, conscient de cette nécessité d’unité européenne. Européiste, il règle son compte à l’arrogance allemande, au dédain anglais, à la bohême italienne, à l’isolement espagnol, aux antiquités autrichiennes….

 

Emmanuel Macron n’a rien saisi de l’attachement des gens à leur nation protectrice malmenée par la mondialisation Pour Ivan Rioufol dans  « La nouvelle révolution française acte 1 », le Président de la République a déclenché une pluie d’obus contre le nationalisme de ceux qui n’adhéreraient pas à son idée de “souveraineté européenne”. Il ne fait qu’exacerber les incompréhensions entre la France d’en haut et la France d’en bas. Le système technocratique est contesté. Il ne cesse de suggérer une continuité entre l’extrême droite et la montée actuelle de l’antisémitisme. Le pouvoir est bien placé pour voir que ce rejet s’épanouit majoritairement dans les cités musulmanes et à l’extrême gauche. Macron ne cesse de ménager l’islamisme qui est le vrai danger pour la France et l’Europe.

 

 

Les origines de l’Europe sont des racines chrétiennes

 

La référence aux « racines chrétiennes » de l’Europe a été refusée par Jacques Chirac.  Entre 2002 et 2006, les discussions autour du projet de Constitution européenne ont donné lieu à une aigre controverse dans les médias et la classe politique. Philippe Nemo dans « Les racines chrétiennes de l’Europe et leur dénégation » rappelle que la question était de savoir si, dans le préambule de la Constitution, parmi les éléments donnés comme constitutifs de l’identité européenne et justifiant qu’on cherchât à réaliser une unité politique du continent, il fallait ou non citer le christianisme. Demandée instamment par de nombreuses voix, cette référence aux « racines chrétiennes » de l’Europe n’impliquait évidemment aucune sorte d’obligation d’accepter la religion chrétienne comme un dogme officiel de l’Union, ni d’admettre que les Églises eussent une place organique au sein des institutions européennes en contradiction avec le principe de laïcité. Or, cette mention fut finalement retirée à la demande insistante de la France ou plutôt de celui qui, à l’époque, était en principe fondé à parler en son nom, le président Chirac. Cela fut fait malgré la désapprobation de la plupart des autres pays européens. Mais, soutenu par un ministre belge « libre penseur » (comme on dit encore outre-Quiévrain), le président français s’obstina et obtint gain de cause contre des partenaires européens agacés et lassés de cette opposition inattendue.

 

L’Europe, lorsqu’il s’est agi de définir son identité, a très tôt été rapportée à une double origine, grecque et juive. C’est, sous la plume des historiens des Lumières comme des romantiques du siècle dernier, la célèbre opposition entre Athènes et Jérusalem. Rémi Brague a repris à nouveau la question de l’identité, dans « Europe la voie romaine » en s’intéressant à la latinité de l’Europe. Le propre de l’Europe pour lui c’est une appropriation de ce qui lui est étranger. Historiquement, philosophiquement, l’Europe prend, en effet, sa source hors d’elle. À partir d’emprunts à d’autres civilisations, la voie romaine a opéré une synthèse fondatrice de la première unité culturelle qui fut le premier espace européen. Au point que, aujourd’hui encore, définir l’Europe, c’est marquer comment elle se distingue de ce qui n’est pas elle par son caractère originairement latin.

 

L’Europe n’a pas vocation à devenir l’Eurabie

 

Plusieurs générations de dirigeants politiques ont modifié nos sociétés sans le consentement et contre le souhait des peuples. Douglas Murray qui est un peu le Eric Zemmour britannique défend cette thèse dans son livre « The strange death of Europe: immigration, identity, islam ». Il est resté près de vingt semaines dans le top 10 des meilleurs ventes du Sunday Times. Il y décrit les conséquences mortifères de l’immigration incontrôlée dans une Europe en voie de désintégration.

 

L’Europe est en train de mourir d’un projet idéologique, « Le Mondialisme Immigrationniste Marchand », facilité par la trahison de ses élites politiques, économiques, judiciaires, médiatiques. Pour Jean Yves Le Gallou dans « Immigration: la catastrophe. Que faire ? » cette trahison explique quarante ans de mensonges, d’omerta, d’impuissance à traiter le problème malgré les promesses. Énarque, inspecteur général de l’administration, ancien élu régional et européen, Jean-Yves Le Gallou développe à partir d’un constat accablant une analyse sans concession. Mais non sans espoir : notre patrie, notre continent, notre civilisation peuvent encore s’en sortir. A condition de changer radicalement de modèle. Ici, c’est de courage qu’il va falloir faire preuve.

 

« L’Europe n’est plus l’Europe, c’est l’Eurabie », tel était le titre du livre d’Oriane Fallaci. L’Europe est en train de devenir une colonie de l’Islam, où l’invasion ne se réalise pas que de manière physique. La soumission aux envahisseurs a empoisonné la démocratie, avec des conséquences évidentes pour la liberté de pensée, et pour le concept même de liberté ». De Les mots, « envahisseurs », « invasion », « colonie », « Eurabie », sont profondément et immensément politiquement incorrects ; et d’aucuns seraient tentés de croire que c’est son ton, ses mots, et pas forcément son message, qui lui ont attiré les foudres des juges de Bergame et qui l’ont rendue radioactive aux yeux de l’élite culturelle européenne

 

L’islam va transformer la France et l’Europe telle est l’opinion de Christopher Caldwell dans « Une révolution sous nos yeux. Comment l’islam va transformer la France et l’Europe » 2011) Livre important et provoquant : le meilleur exposé à ce jour de la position des pessimistes sur l’immigration musulmane en Europe

 

L’Europe fait preuve de cécité volontaire et de lâcheté face à l’islamisme. La gauche sectaire fait fuir les intellectuels. Pour comprendre l’égarement de notre début de siècle, il faut lire l’essai d’Alexandre Laignel Lavastine,« La pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme: essai sur les penchants suicidaires de l’Europe » explore plus d’une décennie de « trahison des clercs ». Les intellectuels d camp du bien sont passés maîtres dans l’art de s’aveugler. En ne se concentrant que sur l’extrême droite, bien-pensants et mal-pensants, qui s’imaginent croiser le fer, ne voient pas qu’ils ne cessent de faire monter ensemble les deux plus grands périls de l’époque : le national-populisme d’un côté, l’islamisme de l’autre L’européen est désemparé par son basculement dans la mondialisation et le musulman, hanté par sa grandeur perdue. Là réside l’explosive nouveauté de notre temps.

 

Nous lèguerons à nos enfants un monde de cendres si nous ne renouons pas avec la part lumineuse de la culture européenne. Ivan Krastev dans « Le destin de l’Europe » estime que l’Europe est en route vers l’abîme. L’arrivée massive de réfugiés est selon lui,  pour l’Europe la principale menace. Les réfugiés seront les révolutionnaires du XXIème siècle. L’Union Européenne pourrait connaître alors le même destin funeste que celui de l’empire des Habsbourg. Un tel processus pourrait provoquer l’effondrement des démocraties libérales de la périphérie de l’Europe.

 

L’Europe vieillit et se dépeuple. L’Afrique déborde de jeunes et de vie. Une migration de masse va se produire. Son ampleur et ses conditions constituent l’un des plus grands défis du XXIème  siècle. Guidé par la rationalité des faits, Stephen Smith Grand reporter spécialiste de l’Afrique explique dans son essai « La ruée vers l’Europe », pourquoi il est urgent d’arbitrer entre intérêts et idéaux. La force de la pression migratoire va soumettre l’Europe à une épreuve sans précédent, au risque de consommer la déchirure entre ses élites cosmopolites et ses populistes nativistes. L’État-providence sans frontières est une illusion ruineuse. Vouloir faire de la Méditerranée une «  forteresse Europe  » en érigeant autour du continent de l’opulence et de la sécurité sociale des remparts – des grillages, un mur d’argent, une rançon versée aux États policiers en première ligne pour endiguer le flot – corrompt les valeurs européennes.

François Héran, titulaire de la chaire “Migrations et Sociétés” du Collège de France déconstruit la thèse de Stephen Smith dans “La Ruée vers l’Europe”.  Il y écrit que les travaux de Smith sont “sans valeur scientifique” et l’accuse de “nourrir le fantasme de l’envahissement du nord par le sud” et surtout “de caresser l’opinion publique dans le sens de ses peurs”.

 

Le “vivre ensemble” n’est qu’une fiction médiatique masquant mal des tensions identitaires souvent violentes. Pour Mathieu Bock-Côté dans « L’antifascisme médiatique radicalise la vie politique » la peur de devenir étranger chez soi hante l’Europe occidentale. Dans une époque tourmentée, il est normal qu’un peuple réclame des frontières correspondant à la fonction protectrice du politique et défende son identité à travers laquelle il exprime son droit à la continuité historique.

 

 

 

 

 

 

 

 


L’inflation et une pénurie de dollars pourraient changer la règle du jeu

La question est maintenant de savoir si l’économie américaine est en train de passer de la déflation à l’inflation. On trouve une partie de la réponse en examinant la relation entre les obligations américaines à long terme et le prix de l’or. Elle semble montrer que nous allons entrer dans une phase d’inflation. Si l’environnement devient fondamentalement inflationniste, toutes les règles d’investissement habituelles en vigueur depuis 30 ans seront modifiées. Cela risque de poser un problème pour la plupart des gérants, car ils ne sont plus très nombreux à avoir opéré dans un tel environnement. Parmi les changements, il y aura notamment: 1 / L’or et l’argent qui feront leur grand retour en tant qu’outil de diversification. 2 / Les actifs réels qui vont surperformer les actifs financiers. 3 / Les valeurs « value » qui seront plus performantes que les valeurs « growth ». 4 / Les ratios cours / bénéfices qui vont se contracter structurellement. 5 / La trésorerie deviendra une classe d’actif à part entière et le marché boursier pourrait avoir du mal à délivrer une performance supérieure à celle du cash. 6 / L’inflation sera destructrice pour les grands portefeuilles institutionnels car ils sont surpondérés avec des actifs de longue durée qui ont réalisé de très bonnes performances ces 30 dernières années. Ceux-ci sous-performeront massivement à mesure que les taux longs augmenteront. 7 / L’achat de titres gardés en portefeuille sur une longue durée devrait réaliser des performances inférieures à celle d’une allocation d’actifs tactique. 8 / La volatilité augmentera structurellement car les crises de liquidité seront beaucoup plus fréquentes.

Tous les indicateurs traditionnels indiquent une pénurie mondiale de dollars américains. Pourtant, le billet vert n’a pas augmenté plus que l’or. Les pays qui enregistrent un excédent commercial avec les États-Unis sont moins enclins qu’auparavant à recycler leurs dollars en bons du Trésor américain. Au lieu de cela, ils cherchent des alternatives à la devise américaine. Il faut donc s’attendre après la trêve entre les Etats-Unis et la Chine à ce qu’il y ait un accord sur la réévaluation du renminbi. Si cela se produit, les devises asiatiques, les obligations asiatiques et les actions de sociétés de consommation en Asie vont surperformer.

Les marchés émergents restent attractifs

Une rotation des actions américaines vers les marchés émergents pourrait constituer la principale tendance en matière d’investissement pour 2019. Alors que les économies développées ont vu leur pouvoir de fixation des prix s’éroder, les marchés émergents ont encore une marge de manœuvre pour assouplir leurs politiques. Le niveau de valorisation de ces marchés est devenu plus attrayant que celui des marchés américains.

Les obligations souveraines en monnaie locale dans les marchés émergents offrent la perspective d’une appréciation de leur taux de change. Sur le long terme, les obligations des pays émergents libellés en dollars américains ont surperformé sur une base ajustée du risque, mais au cours des derniers mois, ce sont les obligations libellées en monnaie locale qui ont généré des rendements supérieurs.

La croissance américaine reprend

Les analystes américains sont lents à réviser leurs prévisions. La situation fondamentale à laquelle sont confrontées les entreprises américaines semble plutôt saine. On craint que les banques américaines resserrent les conditions d’octroi de crédit, mais on peut s’attendre à ce qu’elles les relâchent à mesure qu’il deviendra clair que la croissance américaine reprend.

La Fed devrait maintenir les réserves excédentaires à peu près au même niveau que la masse monétaire en circulation. À la fin du programme d’intervention non conventionnel, la Fed va probablement se retrouver une situation dans laquelle elle détiendra principalement des Bons du Trésor. Si elle souhaite avoir à la fois un bilan sain et mettre fin à ses opérations, elle pourrait alors commencer à réinvestir dans de nouveaux Bons du Trésor le produit de la vente de titres de dette qui sont arrivés à échéance. Ce mouvement serait alors globalement bénéfique pour les actions et négatif pour les obligations.

L’Europe vers un scénario de croissance modérée

Les grandes économies de la zone euro ont connu une vague de dissidence politique intérieure. Cette dynamique alimente une ambiance anti-bruxelloise de plus en plus intense. En période de forte demande mondiale, les carences politiques de l’Europe ont été masquées. Les mouvements politiques récents sont une réaction à une croissance mondiale qui est en perte de vitesse. Une reprise de la demande mondiale devrait suffire pour faire flotter les bateaux européens sur une nouvelle phase de croissance modérée. La croissance en Europe devrait tirer son épingle du jeu avec la hausse des salaires réels. Toute perspective constructive pour la croissance de la zone euro repose maintenant sur la diminution des risques politiques. Cela se produira si les prochaines élections au Parlement européen voient le centre de l’échiquier politique tenir ses positions.

Le puissant moteur industriel allemand a calé. La faiblesse de la production industrielle et le ralentissement des exportations ont entraîné une contraction de 0,2% du PIB allemand au troisième trimestre 2018. Tout grand nuage sur les usines allemandes pourrait être le signe d’un ralentissement mondial synchrone. Les pires scénarios envisagés par les investisseurs ne se concrétiseront probablement pas tous en même temps, car l’Allemagne a de grandes marges de manœuvres pour stimuler son économie. Les investisseurs devraient rester prudents pour le moment, mais s’attendre à une reprise du marché des actions vers la fin de l’année.

Un accord sur le Brexit pourrait certes donner un coup de fouet à l’économie britannique, mais le problème est que l’économie tourne déjà presque à pleine capacité. Le problème qui reste est la piètre performance de productivité du Royaume-Uni. Les investisseurs doivent se méfier d’un resserrement rapide si un accord de sortie de l’UE est conclu, car le marché n’est pas prêt pour cela. L’une des raisons pour lesquelles les marchés sont restés prudents à propos des actifs en livres sterling est que nous pourrions assister à un autre vote au Royaume-Uni qui pourrait redonner une chance à une sortie sans accord.

La théorie de la construction de portefeuille moderne doit être réexaminée

La clé pour investir dans les actifs décotés est le timing. Nous approchons peut-être d’une période où cette classe d’actif va surperformer. Fait intéressant, nous entrons peut-être dans une période malthusienne. Si tel est le cas, la contrainte pour la croissance économique future ne viendra pas de politiques monétaires restrictives, mais d’une forte hausse des actifs décotés.

La clé de répartition de l’actif dans un portefeuille dépend de quatre prix : 1 / Le dollar: la devise américaine ressemble de plus en plus à une action dont le prix ne monte pas avec de bonnes nouvelles. Le mauvais état de l’Europe est une des raisons de penser que toute baisse du dollar américain sera mesurée. 2/Les obligations à 10 ans du Trésor américain: si l’économie américaine ralentit, il est fort probable que les rendements des obligations américaines à long terme vont légèrement augmenter. 3/ Les écarts de rendement sur les obligations américaines. 4/ Le prix du pétrole qui semble être bloqué dans une fourchette de 50 USD à 80 USD. Pour les investisseurs en titres à revenu fixe, l’environnement est haussier pour la dette émergente mais baissier pour la dette américaine à haut rendement et neutre à négatif pour les principaux marchés de la dette souveraine. Pour les investisseurs en actions, les perspectives sont mitigées: haussier pour les actions des marchés émergents, haussier pour le Japon et neutre pour l’Europe. Les investisseurs devraient pour le moment sous-pondérer les États-Unis.


Idée fausse n°2 : « La dette de la France est artificielle, il suffit de ne pas la rembourser »

Les très mauvais arguments avancés par certains économistes et hommes politiques sontnombreux

 

« Les banques ont fait main basse sur les politiques publiques.La dette publique est la fille du néolibéralisme » Cette affirmation définitive a été proférée par François Chesnais qui est un économiste français, militant du Nouveau Parti Anticapitaliste. Il a été professeur associé à l’Université Paris 13 et fait partie du conseil scientifique d’Attac.

 

« Gommer la dette publique d’un coup chiche »est l’idée de Jacques Delpla  qui a proposé dans Challenges le 30/05/2013 une taxe de 17% sur les patrimoines s’appliquant au delà de 30 000€. Les deux chiffres sont magiques, car cela représentait à l’époque au montant de la dette.  Cet ISF généralisé soulagerait dit-il la jeune génération d’un fardeau paralysant. On peut s’étonner de cette proposition quand on sait que Jacques Delpla est professeur associé à l’école d’économie de Toulouse…

Il faut rappeler que l’Etat en France avait déjà inventé l’annulation pure et simple de sa dette le 30 septembre 1797. Ce qu’il en restait avait été transformé en un seul titre: la rente 5% perpétuelle, c’est-à-dire celle que l’on ne rembourse jamais !. Dans la mémoire collective cela est resté comme la première spoliation à très grande échelle de l’épargne par l’Etat.

 

« Les deux tiers de l’endettement sont dus aux cadeaux fiscauxaccordés depuis 2002 à une minorité de privilégiés ».La responsable de cette affirmation stupide est Martine Aubry dans Le Monde 13/08/2011. Dans le même registre on peut noter : « La réduction des déficits est une absurdité financière » nous a dit Arnaud Montebourg  dans Le Figaro du 29/08/2014

 

Depuis dix ans la dérive des comptes publics s’est emballée

 

Une dramatique culture de laxisme s’est installée en France.Au cours des trente dernières années la dette a augmenté chaque année en moyenne de 6% alors que la croissance économique était au mieux de 2%. Tout cela pour financer aux deux tiers de la redistribution, des allocations ou des prestations en tout genre. Il ne s’agit donc pas du tout de « cadeaux fait aux privilégiés ». Au lieu de travailler nous avons payé à crédit un modèle social à bout de souffle. La génération de mai 1968 n’a cessé de dénoncer la société de consommation, mais a trouvé le moyen de dépenser l’argent accumulé par leurs parents et d’endetter la France pour trois générations.

 

La dette française présente une vulnérabilité particulièredu fait de son financement à très court terme et de sa détention à 70% par des investisseurs étrangers et la BCE. Il n’y a plus aucun  prix de marché.  La spirale de la dette est un système à la Ponzi dans lequel il faut toujours emprunter plus pour payer les intérêts de l’argent qui a été emprunté…

 

.                                                                                                  La dette publique représente maintenant plus de 2000 Md€.Chaque ménage français portera donc sans le savoir près de 70 000€ de dette (soit trois fois et demie leur revenu annuel médian). Tout cela est dû à des années d’impéritie et surtout à l’illusion que le recours au déficit soutient la croissance. Les intérêts de cette dette sont devenus colossaux : autour de 50 Md€ soit largement plus que l’impôt sur le revenu, sans compter le remboursement du capital, ce qui va obliger la France à émettre plus 200Md€ de nouveaux emprunts chaque année. Si une entreprise ou un ménage agissait de la sorte on parlerait tout simplement de «cavalerie». La dette c’est la ruine des peuples hurlait-on déjà sous Louis XIV. Nous sommes sur cette voie là.

 

Depuis dix ans la dérive des comptes publics s’est emballée,faisant de la France le pays de l’Union Européenne dont le taux d’endettement a augmenté le plus vite. Cette dérive est d’autant plus préoccupante que les dépenses accumulées n’ont pas servi à renforcer notre potentiel de croissance, mais ont eu pour effet de reporter nos dépenses actuelles de santé et d’indemnisation du chômage sur les générations futures.

Le rapport Pébereau, intitulé « La France face à sa dette »a pourtant été publié en 2006. Ce rapport a fait grand bruit lors de sa remise au ministre. Il dressait un tableau lucide des failles de notre administration et de nos pratiques politiques et édictait vingt préconisations lumineuses pour en finir avec la spirale de la dette. Bien évidemment les gouvernements n’en ont tenu aucun compte.

 

Le rapport dette /PIB retenu à Maastricht était de 60%.La crise a révélé que l’on passait vite de 60% à 100% et qu’à ce niveau la gestion des budgets publics devenait très difficile. Il faut réduire la dette mais la question est de savoir à quelle vitesse. Il y a contradiction entre le court et le long terme. La solution idéale ce sont les mesures qui diminuent les dépenses à long terme sans nécessairement affecter la demande. Dans la plupart des cas, l’effet des mesures budgétaires nécessaires a de bonnes chances d’être négatif à court terme …

 

L’histoire montre bien que si l’endettement peut entraîner des effets positifs à la marge,il se solde la plupart du temps par une mise sous dépendance économique du débiteur. Cette constatation de simple bon sens est rappelée par Thomas Flichy de la Neuville et Olivier Hanne dans leur dernier livre « L’endettement ou le crépuscule des peuples »

 

La dette des collectivités locales n’a cessé d’augmenteret la Sécurité Sociale est droguée à la dette. Elle est en déficit chaque année depuis trente ans. La dette des hôpitaux publics n’est pas anecdotique, elle a triplé en 10 ans. La CADES (Caisse d’Amortissement de la Dette  Sociale) créée pour être temporaire par Alain Juppé en 1996, a été financée par la CRDS (Cotisation pour le Remboursement de la Dette Sociale). Elle porte une dette sociale qui représente maintenant 15% de la dette de l’état. C’est une dette composée seulement de déficit de fonctionnement. Autant dire que plus personne ne programme la fin de la Cades.

 

La dette grise est l’ensemble des sommes qui ont été reportées sur les générationsfutures.  Il faut donc rajouter aux 2000Md€ de dette de l’Etat une seconde dette de 2500Md€ qu’il faudra payer aux agents de l’Etat, des collectivités locales ou de la fonction hospitalière. Ces engagements à la charge du budget de l’Etat n’ont fait l’objet d’aucune provision…

 

Le problème de la dette de la France n’est pas une crise du capitalisme,  mais une crise des Etats qui ont pratiqué avec beaucoup d’allégresse le social-clientélisme qui consiste à acheter les voix des électeurs en émettant de la dette que nos enfants et nos petits enfants devront repayer. C’est une crise du dévoiement de nos systèmes politiques comme l’a décrit le 09/09/2011 Charles Gave dans « Crise du capitalisme et du libéralisme soyons sérieux »

 

La crise actuelle n’est pas une crise de la dette bancairemais une crise de la dette publique. On a demandé aux établissements de crédit d’acheter des obligations pour financer les Etats et la régulation a encouragé cela en décrétant que ces titres n’avaient pas à être pondérés et ce quelle que soit la solidité financière de l’émetteur.

 

La pensée keynésienne nous a appris le pilotage moderne de l’économiequi consistait à faire du déficit lorsque l’économie était déprimée à condition de rembourser les dettes cpntractées sitôt la croissance revenue. Mais on a très vite sombré dans l’idéologie en faisant croire que tout déficit allait automatiquement stimuler la croissance et créer des emplois. Le résultat est que depuis trente cinq ans on creuse les déficits au nom de la « relance »

 

L’endettement de la France est en revanche imputable aux Petits Hommes Gris (PHG)Ce sont les hommes politiques qui luttent contre l’existence des entrepreneurs qui sont leurs principaux concurrents… Ils nous expliquent que pour réduire les déficits, il faut malheureusement augmenter les impôts, car c’est de la bonne et saine gestion.  Partout où les PHG sévissent, la croissance économique s’évanouit, la rentabilité du capital baisse, le chômage augmente, les taux d’intérêt finissent par monter car le capital est gaspillé.

 

 

L’exemple canadien mériterait d’être expliqué et enseigné

 

Au Canada, Jean Chrétien a réinventé l’état en 1993.Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral de Jean Chrétien s’attelle à la tâche. Le déficit budgétaire est à 7,5% du PIB, le ratio de dette publique sur PIB est près de 75% et plus de 100% si l’on inclut la dette des provinces. Pendant quatre ans le Canada se retrouve au régime sec. Les dépenses des ministères diminuent de 20 à 25%. Le nombre de postes dans la fonction publique fédérale baisse de 20% et les salaires des fonctionnaires sont gelés. Les transferts de l’état fédéral vers les provinces sont réduits d’un tiers dans le domaine de la santé de l’enseignement supérieur et des services sociaux… Les sacrifices sont payants car les finances publiques reviennent à l’équilibre dès 1998. Il a redessiné complètement les missions publiques autour de la compétitivité et de la solidarité. Le Canada a perdu son triple A en octobre 1992. C’était la conséquence de la dérive de ses finances publiques. Il faudra au pays Dix ans pour le reconquérir sans heurts ni drame social.

 

Il faut garder en mémoire le fait qu’en 1982, peu après l’élection de François Mitterrand la France a dû mendier auprès de l’Arabie Saoudite, les financements pour payer ses fonctionnaires. Nous sommes alors passés juste à côté du FMI. Si on ne s’inspire pas de rapidement de l’expérience c’est un événement qui pourrait bien se reproduire…

 

 

 

 

 

 


Les actions et obligations des marchés émergents devraient bien se comporter en 2019

Après une année 2018 où toutes les classes d’actif ont baissé, sauf le cash, la nouvelle année a mieux débuté. Les marchés boursiers ont débuté l’année en force. Cela s’est produit malgré des avertissements sur les bénéfices d’un certain nombre de sociétés de premier ordre (Apple, Samsung, Nvidia, Ford, Caterpillar, Whirlpool, Société Générale, Intel, ABB-Vie, American Airlines…)

L’explication de cette hausse a deux raisons: 1/ Une augmentation de la quantité du stimulus chinois, 2/ Un changement apparent de rhétorique de la Fed.

 

La clé de tout changement dans l’univers de l’investissementau cours des prochains mois tourne autour de deux variables. Soit les banques centrales continuent d’accompagner et monétiser la croissance des dépenses de l’État, ce qui permettra aux prix des actifs d’augmenter. Soit les banques centrales continueront de rester les bras croisés et les actifs financiers risqueront d’être «évincés» comme ils l’ont été en 2018.

 

La décision de MSCI sur la Chine sera déterminante

 

En Chine, les investisseurs pourraient être un peu trop enthousiastesface au soulagement que Beijing peut apporter au reste du monde. Après tout, la répression exercée par Pékin sur le financement parallèle au cours des deux dernières années a entraîné une contraction brutale des liquidités, qui a entraîné une augmentation des défaillances des obligations et une crise des marchés boursiers. En l’absence d’un engagement plus clair en faveur du crédit, le sentiment demeurera probablement modéré.

 

La Chine et les États-Unis détiennent toujours les clés du comportement des marchés.  Le pessimisme à l’égard de la Chine est quelque peu exagéré. Bien sûr, la répression exercée sur le système bancaire parallèle a eu pour effet de resserrer les conditions de crédit alors même que les taux d’intérêt avaient baissé. Parallèlement, la confiance des entreprises et des consommateurs a également pesé sur la confiance des investisseurs, ce qui a été la grande histoire des deux dernières années. Aux États-Unis, le président Trump a probablement été décontenancé par la piètre performance du marché boursier au quatrième trimestre. Cela pourrait rendre un accord commercial plus probable.

 

Peut-être plus important encore, le marché immobilier chinoisreste dans une forme décente. Pékin tente d’accélérer les dépenses d’infrastructures subies lors de la répression du système bancaire parallèle. Si les négociations commerciales échouent et que des droits de douane supplémentaires sont imposés, le renminbi pourrait faire un autre pas, mais Beijing interviendrait probablement de manière plus agressive pour stabiliser la croissance. Dans cette optique, les obligations en RMB se sont révélées être une bonne couverture l’année dernière et continueront probablement de bien se comporter cette année encore.

 

Un événement clé pour la Chine aura lieu le 28 février: MSCI annoncera s’il augmentera le facteur d’inclusion des actions A dans son indice des marchés émergents de 5% à 20% cette année. Il faudrasurveiller la politique macro-économique, les défaillances des obligations afin de ne pas accorder trop de crédit aux prévisions concernant la guerre commerciale jusqu’à la conclusion d’un accord.

 

Aux Etats Unis, il faut surveiller le marché de la dette

 

La croissance du PIB américain est en train de se redresserselon les données récentes, mais tout repli n’impliquerait pas forcément une récession.Le secteur du logement devrait se stabiliser en 2019, tandis que la croissance de l’investissement des entreprises devrait rester positive. Les obligations à long terme ne rapportant plus guère, les actions continuent d’offrir la meilleure proposition de risque / rendement.

 

Les mesures d’accessibilité des logements aux États-Unisse sont nettement améliorées. C’est un facteur d’ajustement important dans l’équation globale de l’offre et de la demande pour l’immobilier américain. L’amélioration s’est produite à trois niveaux :

– Le marché du travail américain reste tendu,

– L’accessibilité du logement a été favorisée par le déclin du prix médian des logements neufs au cours de la dernière année.

– Le marché immobilier américain ne fait pas face à une offre excédentaire

 

Les actions de constructeurs de maisons aux États-Unispourraient suivre une trajectoire similaire à celle de 2016. On a généralement un délai compris entre un et six mois, entre une baisse des taux hypothécaires et une accessibilité accrue, et à partir de là, à l’activité du marché en général.

 

La croissance rapide de la dette d’entreprises américaineau cours de la dernière décennie a été de mauvaise qualité. C’est l’une des principales préoccupations du marché boursier américain.

 

Pour l’Euro ce sera une année difficile

 

L’expérience du Brexit montrera au reste de l’Europe, qu’il n’y a pas de sortie légale ou pacifique de l’Union Européenne.  Depuis le vote sur le Brexit, l’élite britannique a cherché à contrecarrer la volonté du peuple britannique. Cette situation va augmenter considérablement le risque politique dans la zone euro. Par exemple, s’il y a une grave récession cette année dans la zone euro, l’Italie pourrait décider unilatéralement de quitter l’euro (et donc de l’UE) en réintroduisant la Lire, éventuellement sur un week-end. Cela ne nécessiterait aucune négociation. Après tout, la réunification allemande a changé la nature du projet européen du jour au lendemain.  Un tel changement pourrait se reproduire

 

Dans ce contexte incertain, les actions européennes ont baissé. Dans le passé, les fortes baisses des actions de la zone euro ont été suivies de rebonds vigoureux. Cette fois, il est difficile d’identifier quel pourrait être le moteur d’un rebond potentiel. Les facteurs externes restent très incertains. Ce contexte devrait inciter les investisseurs à rester défensifs. Les facteurs positifs pour l’économie ou les actions pourraient être les suivants :

Un accord favorable sur le Brexit, mais dans ce cas, il vaut probablement mieux le jouer avec une exposition aux actions britanniques et à la Livre.

Une amélioration des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Dans cette hypothèse on peut s’exposer à Apple, à des valeurs de semi-conducteurs et à des sociétés de technologie chinoises.

Une stabilisation ou une accélération de la croissance chinoiseque l’on peut jouer par une exposition aux marchés émergents.

 

Pour l’euro, ce sera une année très difficile. Au-delà des incertitudes liées au Brexit et à l’Italie, les prochaines élections européennes pourraient susciter de sérieuses incertitudes car la montée probable des partis nationalistes et populistes rendra très difficile de décider qui devra siéger à la prochaine Commission Européenne.

 

En France, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles.En dépit des grèves et du mouvement des gilets jaunes, le gouvernement français n’a pas annulé les principales réformes entreprises au cours des 18 derniers mois. Une série de mesures qui visent à «rendre le travail rémunérateur» sont maintenues. Néanmoins, le climat politique actuel rendra plus difficile la mise en œuvre de nouvelles réformes. La réalité en France c’est que pour le moment il n’y a pas d’alternative. Emmanuel Macron dispose d’une large majorité parlementaire et ne fait face à aucune opposition crédible.  Son programme de réformes continue de bénéficier d’un soutien et les sondages montrent que de nouvelles élections produiraient probablement les mêmes résultats…

 

Au Japon, le Yen devrait rester soutenu

 

Le yen a été un point de relative stabilitéau cours des deux dernières années et le restera probablement. En effet, l’activité économique japonaise repose aujourd’hui sur des dépenses en capital robustes, alors même que la croissance japonaise dépasse actuellement son potentiel. Ainsi, avec la croissance mondiale ralentie et les experts avertissant de plus en plus du risque de récession aux États-Unis et en Europe, les institutions japonaises vont probablement privilégier les actifs en yen par rapport aux placements en devises. En conséquence, le yen devrait rester bien soutenu au cours des mois à venir.

 

Les actions et obligations des marchés émergents devraient bien se comporter

 

Un prix du pétrole bas est habituellement une bonne nouvellepour tous les marchés émergents qui sont importateurs d’énergie. Aujourd’hui, il faut aussi prendre en compte le dollar US, l’obligation du Trésor US à 10 ans, le spread sur les obligations corporate US. Cet environnement devrait être suffisant pour garantir une solide surperformance des actions et des obligations des marchés émergents en 2019. En fait, un USD plus faible, une Fed accomodante et un pétrole faible ont historiquement contribué à déclencher le “scénario du triple mérite” sur les marchés émergents consommateurs de matières premières.

 

Néanmoins, comme toujours, le risque sur les marchés émergents pourrait être politique. Sur ce front, avec la nouvelle année, deux marchés émergents importants voient les présidents populistes faire leurs premiers pas. Au Brésil,les investisseurs nationaux s’attendent de plus en plus à ce que Jair Bolsonaro soit en mesure de réformer le système de retraite onéreux du pays et de placer ainsi le Brésil sur une voie plus prometteuse. Au Mexique,les investisseurs craignent qu’Andrés Manuel López Obrador, entraîne le Mexique sur une voie socialiste bien moins prometteuse. En conséquence, la dynamique actuelle du marché favorise le Brésil par rapport au Mexique. Cependant, Bolsonaro a donné peu de raisons de croire qu’il pourrait s’attaquer à une réforme fiscale. Pendant ce temps, le peso mexicain est beaucoup plus attrayant que le real brésilien. Pour les investisseurs ayant un appétit pour le risque plus fort, associer une position longue sur des obligations en monnaie locale mexicaines à un titre à découvert sur le Brésil est un moyen raisonnable de réduire les transactions surpeuplées des marchés émergents.

 

 


Le guide des idées fausses

 

 

Idée fausse n°1 : « Il faut faire payer les riches »….

 

Le mot « riche » recouvre en France des réalités très différentes : on peut être riche par ses revenus bruts, par ses revenus nets, par son patrimoine, par son niveau de vie …. Comme l’Inculture économique des français est grande, tous ces paramètres sont mélangés dans les débats. Les commentaires et les jugements sur « les riches » sont en permanence guidés par l’idéologie, l’émotion ou la morale, mais surtout pas par la réalité…

Cela peut s’expliquer par le fait que la France est probablement le seul pays au monde où l’enseignement de l’économie, du lycée à l’université fait polémique. Les manuels d’enseignement présentent encore une vue largement orientée de l’économie et de l’entreprise où la lutte des classes est omniprésente. Elle est présentée plus comme un lieu d’exploitation du travail, qu’un instrument de création de richesse, tandis que les patrons et les actionnaires sont présentés comme des profiteurs sans scrupule…

 

Les mauvais arguments avancés par les partisans de la chasse aux riches

 

« Les inégalités ont explosé ».  Ce n’est pas exact car la part des salaires dans la valeur ajoutée est stable depuis 20 ans à un niveau élevé de 67%. Ce ne sont pas les profits mais l’Etat qui a spectaculairement accru ses prélèvements sur la valeur ajoutée. La vraie question, dans un pays comme la France, n’est pas serons-nous demain encore plus égaux ?  mais bien : resterons-nous riches, ou redeviendrons-nous pauvres.  Or, tout excès d’égalitarisme ne peut que nous entraîner vers l’échec économique, et donc vers la pauvreté.

 

« Les riches ne payent pas d’impôts ». C’est évidemment faux. Les 10 % des plus riches paient environ 70 % du total de l’impôt sur le revenu selon le conseil des Prélèvements Obligatoires. Notre modèle social est donc payé en grande partie par les hommes et les femmes que l’on montre du doigt en permanence. De même, le 1 % des foyers présentant les revenus bruts les plus élevés (les « très riches ») acquitte 28 % de l’impôt avant réductions et crédits d’impôt et 33 % de l’impôt net.

 

« Il faut prendre aux riches pour donner aux pauvres ». L’idéologie révolutionnaire est toujours là :

Saint Just disait au moment de La Terreur : « Obligeons les riches à prouver leur innocence. Tous ceux qui ne le pourront pas seront déclarés coupables…. ». Aujourd’hui on entend des formules comme :« Tondre les riches permet d’améliorer le sort des plus pauvres » ; « Il faut faire rendre gorge aux riches parce que le simple fait qu’ils soient riches est injuste ». Contrairement à ces idées très répandues, le modèle social français ne prend pas aux riches pour donner aux pauvres, mais au privé pour faire vivre le public. Ce qui n’est pas du tout la même chose… Les entreprises créent de la richesse et des emplois durables quand l’état lui creuse des trous et endette les générations futures.

 

« Rendez nous l’ISF ». C’est un impôt totalement stupide qui exonère les collectionneurs de tableaux anciens et frappe désormais le cadre moyen qui à force de travail et d’épargne a réussi à acheter un appartement de 4 pièces à Paris pour ses enfants. La suppression de l’ISF financier 1/devait faire en sorte que les 800 industriels français qui quittent le pays chaque année et qui ont emporté depuis le début de cet impôt avec eux hors du territoire, pas moins de 200 Md€ recommencent à espérer dans leur pays d’origine et décident d’y investir de nouveau. 2/ devait stopper l’hémorragie de fortunes et de cerveaux qui entraine chaque année un manque à gagner de 7 à 8Md€ pour l’Etat. 3/ aurait du donner un signe de confiance à ceux qui entreprennent, qui osent, qui prennent des risques, qui croient au capitalisme familial et qui ont le souci du long terme.

L’impôt de solidarité sur la fortune financière a été supprimé par Emmanuel Macron le 1er janvier 2018 mais pas ,l’ISF sur les actifs immobiliers, rebaptisé IFI.  Aujourd’hui, une des revendications principales des gilets jaunes est la remise en place de cet impôt qui a fait perdre déjà beaucoup à la France. On estime ces pertes à 400.000 emplois directs non créés en France.

 

 « Il faut taxer les retraités riches ». Cette mauvaise idée consisterait à prélever une taxe supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital. Mais en quoi les « riches » sont-ils concernés par les retraites ? Ils ont déjà payé les impôts les plus lourds du monde, l’ISF, les tranches supérieures de l’impôt progressif sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, la CSG et la CRDS, la TVA sur leurs consommations, l’IRPP, les taxes sur les héritages et les donations, les taxes sur les plus values du capital, etc., ainsi, bien entendu, leurs propres cotisations sociales. Pourquoi leur demander un impôt supplémentaire, à eux spécifiquement ?

Pour les esprits simplistes, la réponse est simple. Les « riches » sont ceux qui se sont montrés capables de fonder et de faire vivre une entreprise ou qui ont eu du talent dans un domaine. Ce faisant, ils ont contribué à développer l’activité, l’innovation et la productivité, ils ont été un des principaux moteurs du progrès général. L’histoire montre que les pays les plus riches sont ceux où l’on a laissé le plus les gens s’enrichir et vivre en paix avec leurs richesses, pourvu, bien entendu, qu’ils aient gagné leur argent honnêtement, sans fraude et sans monopole, par le simple exercice ingénieux de la liberté d’entreprendre….

 

« Les très riches ont reçu 150Md€ de cadeaux fiscaux en dix ans ». C’est l’affirmation de Thomas Piketty . Elle est taillée en pièces par le grand économiste péruvien Hernando de Sotto dans

« Les pauvres contre Piketty ». Les gens ne fuient pas le capital, au contraire, ils le recherchent. La thèse de Piketty repose sur des présupposés idéologiques extrêmement naïfs et irrationnels  et non des constats de terrain.Premier présupposé. Il serait à la fois impossible et inopportun de réduire les dépenses publiques en Deuxième présupposé. L’impôt n’est juste que s’il est progressif.

Troisième présupposé. La richesse des riches serait le fruit de « l’exploitation » des pauvres »

 

 « Les responsables sont les riches et les banquiers ». Depuis 1981, la gauche qui a le monopole des media et des programmes éducatifs (et du cœur bien sûr) est lentement montée dans le système politique à tous les niveaux, nationaux, régionaux, locaux… Si elle a échoué économiquement, il faut trouver des boucs émissaires qui ne peuvent être bien sûr que « les riches » et les « banquiers que l’on doit soit forcer   à l’exil, soit spolier au nom de la « justice sociale ». Le problème c’est que la nature de la création de richesse a changé. Autrefois, la richesse était constituée par des actifs réels, immeubles, usines, terres agricoles…qui restaient en France même si l’on forçait leurs propriétaires légitimes à l’exil et à la pauvreté. Aujourd’hui la richesse est immatérielle et quitte le territoire national avec ceux qui s’en vont….

 

La chasse au riches est ouverte. Ce sont des empêcheurs de socialiser en rond. Il faut les éliminer par l’exil, par l’impôt ou plus simplement par la baisse des cours de leurs actions afin de les nationaliser à bon compte. Il ne manque pas dans l’entourage du pouvoir de communistes nostalgiques, de mélanchonistes et autres anciens trotskistes qui n’ont pas renoncé à cette idée en dépit de la brillante réussite de l’URSS et de la chute du mur de Berlin….

 

« Il existerait un trésor caché au sein des entreprises ».  C’est faux leurs marges se sont effondrées.

Les entreprises françaises ne sont pas riches mais exsangues. Quand on retire les 120 premières entreprises françaises des plus de trois millions d’entreprises opérant sur notre territoire, ces dernières ont des taux de marge sur chiffre d’affaires et de rendement sur capitaux investis moitié plus faible qu’en Allemagne. Les classes politiques et médiatiques sont aveuglées par les profits que les entreprises du CAC 40 réalisent hors de France.

 

La réalité, c’est que la France est devenue une fabrique de pauvres

 

Les plus riches ont vu leur niveau de vie augmenter plus fortement que le reste de la population de 1996 à 2008.  Ainsi les revenus du patrimoine des 10% de français les plus riches ont augmenté de 11% par an entre 2004 et 2008. Une tendance qui n’a sans doute pas duré en 2009-2010 quand les  marchés financiers ont été touchés de plein fouet par la crise….

 

Le nombre de « riches » qui perçoivent selon Bercy au moins un million d’Euros de revenu annuel ne sont pas plus de 30 000. Il suffit de gagner 88 200€ par an en France pour figurer parmi les plus riches. C’est trois fois moins qu’aux Etats Unis. Il y a 602 500 français soit 1% de la population qui rentrent dans cette catégorie. Vouloir les taxer encore plus revient à leur envoyer le signal que ce sont des parias dans leur patrie et qu’ils seraient décidément mieux à Bruxelles, Londres ou Genève…

 

La France est réellement devenue  une fabrique de pauvres. Lorsque même ceux qui ont suivi un parcours sans faute se retrouvent eux aussi laissés au bord de la route ou partent chercher meilleure fortune à l’étranger, le doute n’est pas permis. Ce ne sont pas les vilains immigrés, la méchante mondialisation, la Finance sans visage, la crise, le libéralisme sauvage ou encore le manque de qualification qui sont coupables. Il y a autre chose. 57 % des Français craignent de basculer un jour dans la précarité. Ils n’ont pas tort, tout au moins pour ceux qui vivent soumis à la concurrence ou ceux qui n’ont pour seul revenu que leur retraite. La précarité désigne l’incertitude, la crainte d’une situation qui ne serait plus « acceptable », c’est l’antichambre de la pauvreté. Pour nourrir cette crainte, notre pays est atteint d’un chômage de masse croissant.

 

L‘histoire montre qu’une plus forte taxation des riches n’augmente pas les rentrées fiscales. En 1936, le Front populaire instaure un taux supérieur de 40 % pour les contribuables de la tranche la plus élevée. En 1981, les socialistes appliquent une tranche à 65 % assortie de majorations d’impôts applicables aux contribuables les plus riches. Dans les deux cas, après la hausse des taux, les rentrées fiscales des plus riches ont diminué jusqu’à 20 %. La même situation a été observée aussi en Amérique. Lorsque le taux d’imposition des revenus comprenait une tranche de 91 % dans les années 1970 et par la suite de 70 %, les rentrées représentaient moins de 8 % du PIB. Lorsque les taux ont été abaissés et le nombre de tranches diminué sous Reagan…

 

L’Etat doit cesser de voler la croissance

 

Les Marxistes détestent les entreprises et la liberté individuelle, et pour eux une politique de gauche se définit toujours comme un accroissement du poids de l’Etat dans l’économie, par l’embauche de fonctionnaires toujours plus nombreux et par des impôts toujours plus élevés sur les « riches ».Concrètement, cette extrême gauche Française est constituée par des Marxistes purs et durs,   à qui la chute de l’Union Soviétique n’a rien appris .Pour eux la lutte des classes reste l’alpha et l’oméga de toute analyse politique. Ils vont donc s’acharner à bloquer toute réforme de l’Etat, des systèmes sociaux, de l’économie tant ils sont persuadés qu’elles ne seront faites qu’au profit de leurs « ennemis de classe », les « patrons ». Comme le disait Marat : « Périsse le Peuple plutôt que mes idées »…

 

La croissance est volée par l’état : coûteuse et inefficace la relance keynésienne appauvrit en réalité les particuliers et l’état. On voit mal comment en décourageant ceux qui ont le plus de chances de créer des emplois et des richesses on peut rendre l’économie plus dynamique et plus efficace.

En Grande Bretagne avant l’arrivée de Maggie Thatcher le taux maximal de l’impôt sur le revenu était de 85%. Le pays était aussi le plus pauvre d’Europe !

 

La richesse n’est pas anormale en soi. Ce qui l’est, c’est que le niveau de vie moyen ne soit pas plus élevé . Il est souhaitable que les débats en finissent avec les boucs émissaires trop faciles : la finance, les riches, les exilés fiscaux, les immigrés.  Nous avons besoin de croissance. Cela passe inévitablement par une baisse de la dépense publique, un recentrage de l’Etat sur ses vraies fonctions et la libéralisation de l’économie, au moyen d’un renforcement de la concurrence et d’une fiscalité favorable à la croissance.

 

L‘histoire montre qu’une plus forte taxation des riches n’augmente pas les rentrées fiscales. En 1936, le Front populaire instaure un taux supérieur de 40 % pour les contribuables de la tranche la plus élevée. En 1981, les socialistes appliquent une tranche à 65 % assortie de majorations d’impôts applicables aux contribuables les plus riches. Dans les deux cas, après la hausse des taux, les rentrées fiscales des plus riches ont diminué jusqu’à 20 %. La même situation a été observée aussi en Amérique. Lorsque le taux d’imposition des revenus comprenait une tranche de 91 % dans les années 1970 et par la suite de 70 %, les rentrées représentaient moins de 8 % du PIB. Lorsque les taux ont été abaissés et le nombre de tranches diminué sous Reagan et Clinton, les rentrées fiscales ont augmenté, atteignant même 9,4 % du PIB dans les années 1997-2002….

La baisse du taux marginal d’imposition de 50% à 45% sur la plus haute tranche de revenus (150 000£ par an) a été annoncée en Grande Bretagne par David Cameron. La décision de baisser l’impôt sur les plus riches a été prise à la suite de rapports qui montraient que la précédente hausse du taux d’impôt maximal de 40% à 50% pour les revenus supérieurs à 150 000£ avait rapporté 5% de moins que le taux à 40%. Les pertes ont été estimées à environ 500M£. Plus d’impôts c’est donc moins de rentrées fiscales. Tous les hommes politiques devraient connaître « La courbe de Laffer »….

Au delà d’un certain seuil d’imposition, le produit de l’impôt sur le revenu a tendance à baisser, parce que les plus riches sont découragés, ils s’organisent, ils retardent ou modifient les conditions de perception de leurs revenus, ils partent à l’étranger, ils s’arrêtent de travailler. C’est vrai en tout temps et en tous lieux.

 

Il faut des riches pour vaincre le chômage et la pauvreté. Partager 272 Md€ entre les 8,2M de pauvres recensés par l’Insee équivaudrait à donner à chacun d’eux environ 33 000€. C’est une jolie somme mais elle n’est pas suffisante pour vivre toute une vie. Vaut elle un emploi?

 

Pour être généreux il faut créer de la richesse.   Ce qui peut en langage moderne peut se traduire de la sorte : pour redistribuer, pour financer l’état providence et la protection sociale, pour créer des emplois et résorber le chômage, il faut bien que les entreprises et ceux qui les dirigent fassent du profit. Il est illusoire de penser que l’on peut améliorer durablement le sort des titulaires de revenus faibles en punissant les titulaires de revenus élevés Il faut donc faire en sorte que les riches aient envie de rester en France . On ne comprend pas bien pourquoi ceux qui travaillent et créent des richesses qui nous permettent de vivre voudraient payer une allocation universelle mensuelle à ceux qui ne veulent pas travailler. L’allocation universelle ne doit pas être confondue avec un revenu minimum alloué aux seuls nécessiteux.

 

Il ne faut pas confondre les riches avec les profiteurs et les assistés de la république

 

Certains politiques s’enrichissent de façon éhontée

 

À force de s’attaquer en permanence aux riches du privé, on oublie souvent ceux qui s’enrichissent sur le dos de l’État et des contribuables. Politiques, hauts fonctionnaires, certaines catégories d’agents du service public profitent pleinement des dépenses publiques faites par un État hors-contrôle. A l’inverse de ce qu’énonce le discours politiquement correct, il faut récompenser l’initiative et favoriser la richesse pour réduire la pauvreté. Plus le nombre de riches augmente, moins on a de pauvres.

 

Toute retraite payée par le secteur public et dont la valeur actualisée serait supérieure au montant à partir duquel l’impôt sur la fortune s’applique, devrait supporter un impôt sur la fortune. Pour toucher une retraite de 250 000€ par an ce que va percevoir un inspecteur des finances ou un Conseiller d’état qui a fait de la politique (Député, Maire, Conseiller Général etc…) il faut un capital de 25M€. Cette catégorie de la population qui bénéficie de tels privilèges est donc puissamment riche …

 

La retraite de Jean Marc Ayrault avait été estimée en 2014 par Charles Gave autour de 200 000€ par an.  Si l’ex premier ministre avait été un entrepreneur du privé, vivant des revenus de ses affaires,  la valeur actualisée de son patrimoine aurait dû tourner autour de 30 millions d’euros pour lui assurer une telle retraite. Pas pour notre élu et fonctionnaire, car “ce sont les payeurs d’impôts qui vont lui assurer le niveau de vie auquel il a droit”. Et tout cela, clairement, sans compter la énième retraite supplémentaire de conseiller général ni celle d’ex-Premier ministre, qui ne pouvait pas encore être prise en compte.

 

Les fonctionnaires/élus bénéficient de privilèges exorbitants car leur système de cumul de retraites payées par des impôts et des taxes, c’est-à-dire via le budget général de l’État, est non seulement anormal, mais abusif. Il paraît indispensable, et ce serait  un minimum , que les bénéficiaires de ces système, payent au moins l’équivalent de l’ISF sur ces sommes. L’impression diffuse qui se dégage de tout cela est que les gens qui sont au pouvoir et qui contrôlent nos vies s’enrichissent de façon éhontée et souterraine et que, pour cacher leur turpitude, ils désignent à la vindicte publique les “riches”, alors qu’eux-mêmes sont beaucoup, beaucoup plus “riches”, non pas de l’argent qu’ils auraient gagné en jouant la croissance mais de l’argent qu’ils nous ponctionnent. ( voir « L’exorbitante retraite d’Ayrault ! » par Jean Nouailhac IDL 29/01/2014)

 

La fraude sociale enrichit de nombreux tricheurs

 

Les arnaques aux prestations sociales sont pour certains un sport national. Nous sommes en présence d’un véritable dossier noir de la fraude sociale. Elle coûterait chaque année entre 20 et 30Md€ à l’Etat. Le taux de fraude serait très élevé très largement supérieur à 10% du nombre d’inscrits soit environ 1,8M de personnes. On pourrait récupérer de 10 à 15Md€ d’allocations détournées car les contrôles sont quasi inexistants. Malgré les rapports réalisés par des députés courageux, rien ne change radicalement. La gabegie continue. Tout le monde se souvient du cas L H, qui possèdait une femme et trois compagnes. Il avait touché pour 175 000 € de prestations sociales en trois ans notamment au titre d’allocation de femme seule » pour ses compagnes !  La France entretient ainsi des milliers de polygames dont certains d’entre eux perçoivent plus de 10 000€ par mois sans travailler alors que la polygamie est interdite et que nos comptes sociaux sont dans le rouge…

 

Alors que les étrangers bénéficient de la CMU et d’une mutuelle gratuite, plus de  5 millions de français n’ont pas de mutuelle, car ils sont trop « riches » pour bénéficier de la mutuelle CMU mais trop « pauvres » pour s’en payer une. Cela aboutit au fait que 30% des français sont obligés de différer leurs soins. Dix millions de fausses cartes Vitale seraient en circulation permettant de soigner des milliers d’étrangers sous une fausse identité au détriment des ayant droit. Les  organismes sociaux perdent environ 19Md€ par an à cause de faux malades, de faux chômeurs, de travail au noir mais aussi de plus en plus d’escrocs organisés. Cela représente près de deux fois le trou de la sécurité sociale .

 

Certains comités d’entreprise sont très riches

 

Les comités d’entreprise les plus riches sont selon les dernières statistiques disponibles: EDF-GDF-Suez : 480M€ ; France Télécom : 160M€ ; Air France : 93M€ ; SNCF : 92M€ ; RATP : 83M€ ; Banque de France : 48M€. Il n’est pas rare de voir des  élus du CCE partir en voyage d’étude aux frais des agences de voyage pour tester les lieux de vacances proposés aux salariés du groupe ! Par ailleurs selon un rapport d’expertise judiciaire, le trésorier du CE, dans une filiale du groupe aurait détourné à son profit 230 747€ entre 1997 et 2006. (Gabriel Petipont Le Figaro.fr 06/12/2011)

Le comité d’entreprise de la RATP est soupçonné de fraudes. Il fait l’objet d’une enquête pénale. Actuellement personne n’est en mesure de contrôler le budget des CE. Contrôlé par la CGT le CE de la RATP est l’un des plus riches de france. En 2009 les subventions s’élevaient à 53M€. (Bénédicte Lutaud Quoi l’Actu Expliquée 08/11/2011)

 

Il faut mettre fin à l’ineptocratie

 

L’État n’est bon à créer ni richesse, ni liberté, ni emplois, ni croissance. Tout au plus des fonctionnaires. Courteline le disait très bien : «En France, on sème des fonctionnaires et on récolte des impôts.». Chaque fois que l’on embauche un fonctionnaire – ce qui se voit –, entre trois et quatre emplois potentiels du secteur privé ne sont pas créés – ce qui ne se voit pas. Mais il  n’y a pas lieu de désespérer, parce que comme le disait Margaret  Thatcher : « Le  socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine  l’argent des  autres”.

L’Ineptocratie est un système de gouvernement où : 1/ les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire. 2/ les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d’un nombre de producteurs en diminution continuelle. C’est très exactement le système dans lequel nous vivons aujourd’hui. Il faut mettre fin à cette oligarchie de fonctionnaires qui gouverne, réglemente, légifère et surtout prétend faire notre bonheur malgré nous.

Tout donne à penser que cette fin est proche sauf si finalement, « Les Français préfèrent l’égalité dans la misère à la prospérité dans l’inégalité »


La science fiction peut contribuer à améliorer la qualité de la prévision économique

 

 

 

Dans les périodes de grande incertitude, il est intéressant de regarder ce que la Science Fiction peut nous apporter pour essayer d’anticiper l’avenir.  Souvent considérée comme une sous culture, on ne peut qu’être impressionné par ce qu’ont anticipé des auteurs de science fiction des écrivains ou des metteurs en scène. On ne peut pas oublier que Isaac Asimov avait dès 1950 très bien décrit dans son livre de nouvelles « Les robots » ce qui allait se passer avec de nouvelles machines qui remplaceraient un jour beaucoup d’ouvriers…

 

De nombreux auteurs de science fiction : JG Ballard, Maurice Dantec, Philip Dick, Robert Silverberg ont su anticiper les évolutions de notre société.

 

Deux écrivains prophétiques ont marqué la fin des années 90 et le début des années 2000 : Michel Houellebecq qui nous explique que nous peuplerons tristement la terre en ayant inventé la vie éternelle. « Extension du domaine de la lutte » est un tableau glacial de l’horreur économique et de la misère sexuelle qui nous attend…

Philippe Muray qui a développé dans « Postérité » l’idée d’une aspiration par le vide dans le sillage d’un progressisme gai qui débouche sur une abolition révolutionnaire de tous les obstacles aux désirs les plus crétins, la fusion-absorbtion de la mort avec la vie, l’occultisme universel, les morts-vivants festifs…

 

De nombreux metteurs en scène depuis Fritz Lang avec « Metropolis » comme Norman Jewison, George Lucas, Steven Spielberg, Stanley Kubrick, Christopher Nolan, ont merveilleusement anticipé l’avenir…

 

Plusieurs anticipations, pas forcément réjouissantes se profilent : une nouvelle guerre des classes, des dérives technologiques qui échappent à l’homme, des séries de catastrophes, une troisième guerre mondiale. Heureusement, il n’y a pas que la dystopie car on peut aussi faire preuve d’« optimisme intranquille »…

 

Une nouvelle guerre des classes peut se rallumer à tout moment

 

Les habitants de la terre vont perdre toute morale et éthique, et se transformer petit à petit en barbares humains. La hiérarchie des classes sociales correspondra à la hiérarchie des étages d’un l’immeuble, de sorte que les habitants d’un gratte-ciel se répartiront géographiquement en trois classes, à l’image de nos sociétés occidentales : la classe la moins aisée logeant dans les bas étages, la classe moyenne aux étages à mi-hauteur, et la classe aristocratique dans les appartements luxueux des étages supérieurs. C’est ce que décrit JG Ballard dans « Immeubles de Grande Hauteur ».  Ecrivain britannique, une des voix les plus puissantes de la science fiction décrit bien le XXIème siècle comme une époque dangereuse où vont s’affronter la raison et l’irrationnel…

 

Toute société devra purger les pulsions violentes de ses membres. C’est le sujet du film « Rollerball » réalisé en 1975 par Norman Jewison. Il avait prévu qu’en 2018, les cadres dirigeants des entreprises se substitueraient aux hommes politiques. Les Etats ont été remplacés par six départements mondiaux : Énergie, Luxe, Alimentation, Logement, Communications et Transports. Grâce à cette organisation, tous les hommes jouissent d’un confort matériel inégalé. C’est dans ce but qu’a été créé le Rollerball, un sport très violent, à la fois mélange de hockey, de boxe, de football américain…

 

Les dérives de la technologie peuvent échapper à l’homme

 

Nous allons vivre dans une société où les citoyens vont se  surveiller mutuellement pour se classer en permanence. Alain Damasio, un des plus célèbres auteurs de science fiction français décrit dans « La zone du dehors » la suite de « 1984 » publié en 1949 par George Orwell.  Dans cette société de contrôle où les catégories sociales sont organisées en un système de notation qui transparaît jusque dans le nom des individus, comment prendre la mesure de ce qui nous arrive ? La technologie va-t-elle, si ce n’est pas déjà fait, changer nos vies et nous changer, dans notre rapport au corps, à autrui, à nous-mêmes? Quels possibles, quelles limites, quels dangers aussi, de l’utopie transhumaniste?

 

La technologie peut décupler la barbarie. Maurice Dantec, auteur français décédé récemment est un des grands spécialistes de la description apocalyptique de la décomposition de l’humain sous les coups d’une civilisation cybernétique. Il brasse en permanence les technologies du futur, les sciences biologiques, le mysticisme. Dans « Les racines du mal » il décrit la cavale meurtrière d’un personnage schizo paranoïaque, faux tueur en série mais vraie victime d’un club d’informaticiens. Il s’agit d’une grande réflexion sur la modernité qui montre que l’homme peut être relégué au stade de primate par des machines qui le dépassent. Le livre a connu un grand succès….

Dans « Le théâtre des opérations. Laboratoire de la catastrophe générale » il décrit le parcours d’un Vert qui est un ancien Rouge devenu végétarien et ami des animaux. Il est aussi adepte de la charia. S’affirmant catholique futuriste, royaliste, sioniste, réactionnaire et défenseur de l’Occident judéo-chrétien, Maurice Dantec a en effet tout pour déplaire à l’élite gauchiste et antichrétienne, ainsi qu’à la contre-élite soralienne, islamophile et tiermondiste…

 

Les univers truqués rendent la réalité incompréhensible. Philip Dick est un auteur majeur de la littérature américaine du XXe siècle. Il est l’auteur d’une œuvre abondante, novatrice et visionnaire dont le terme « science-fiction ».  A travers ses romans, Philip Dick proposait une expérience de la conscience et du temps, desseins servis par ses thèmes de prédilections parmi lesquels la dictature, les univers truqués et la réalité glissant vers l’incompréhensible. « Ubik », est un roman monumental au centre duquel rugissent ces questions : « comment sait-on qu’on est soi-même ? », « Qu’est ce qu’une vie ? », « Nous cache t’on la vérité sur notre condition ? » car selon lui les univers truqués dans lesquels nous vivons rendent la réalité incompréhensible…

 

L’intelligence artificielle prendra le pas sur l’homme dans quelques dizaines d’années. Telle est la vision de Ray Kurzweil le fondateur de la Singularity University et l’auteur de  « The Singularity is Near : When Humans Transcend Biology ».  Le problème c’est que pour le moment les machines peuvent s’améliorer à l’intérieur d’un système donné, mais pas changer de paradigme. Si Bill Gates, le fondateur de Microsoft,  l’a désigné comme “le meilleur que je connaisse pour prédire le futur de l’intelligence artificielle”. En revanche  pour ses détracteurs il est l’un des plus grands bonimenteurs de l’époque et un dingue narcissique obsédé de longévité…

 

La série des catastrophes qui peuvent s’abattre sur la terre est sans fin

 

Jamais plus ne règnera la fraîcheur sur la terre au 24e siècle. La planète sera ravagée par l’effet de serre, la couche d’ozone disparaitra. L’ Europe et les États-Unis seront en majeure partie devenus des déserts. Des icebergs devront être remorqués depuis l’Antarctique pour s’alimenter en eau.

Au milieu des années 1990, Robert Silverberg avait mis en scène dans « Ciel brûlant de minuit » ,roman pré-cataclysmique, un météorologiste qui essayait de prévoir les déplacements des nuages toxiques, et un biologiste qui étudiait l’adaptation de l’humanité à une atmosphère où l’oxygène se raréfiait…

 

L’eau potable sera l’enjeu autour duquel se battront les hommes en 2030. Ce ne sera plus le pétrole. Les dérèglements climatiques vont modifier la surface du monde avec le nord qui sera en proie aux tornades tandis que le sud souffrira d’une sécheresse inédite. Jean Marc Ligny  ans « Aqua » décrit un Burkina Faso, qui mourant de soif, découvre l’aubaine d’une nappe phréatique.  C’est le début de la fin : un grand consortium américain en revendique la propriété, tandis qu’une secte mystique de sorciers s’en mêle…

 

Des fièvres pourront décimer  95% de la population mondiale. Le grand écrivain afrikaner Deon Meyer dans « L’année du lion » verse dans le polar post-apocalyptique avec une curieuse histoire de fièvre.   Une toute petite minorité de la population est immunisée par ses gênes…

 

La fin du monde est pour demain. Les notions de “capacité de charge”, de “point de rupture”, de “verrou sociotechnique” montrent que notre civilisation “thermo-industrielle” est proche de la fin. Dans le domaine de la collapsologie, Paolo Servigne auteur de « Comment tout peut s’effondrer », les disciplines les plus diverses sont concernées: écologie, sociologie, économie, futurologie, philosophie…

 

Un vent va souffler sur la Terre avec une force telle qu’elle dépassa rapidement celle des pires tempêtes. C’est ce que décrit  JG Ballard dans « Le vent de nulle part ». Nul ne saura dire d’où viendra le vent.. Tout ce qui se trouvera à la surface du sol ne sera bientôt plus que décombres. Les survivants se réfugieront dans les tunnels, les égouts, les abris souterrains, pour chercher les ultimes moyens de parer encore au cataclysme…

 

La troisième guerre mondiale va éclater

 

Une troisième guerre mondiale aura lieu en 2050.  Elle mettra aux prises deux blocs: 1/ Les Etats Unis, la Pologne qui aura pris le leadership en Europe Centrale, la Grande Bretagne, l’Inde et la Chine. 2/ Le second prendrait la forme d’une alliance entre la Turquie et le Japon. Ce conflit se produirait après une attaque surprise. Telle est la prévision de George Friedman dans « Les 100 ans à venir: un scénario pour le XXIème siècle »

 

Sous les coups d’une civilisation cybernétique, nous allons assister à une décomposition apocalyptique de l’humain.  « Babylon Babies » de Maurice Dantec est un mélange de roman noir et de science fiction brassant technologies du futur, sciences biologiques, mysticisme. Il veut troubler l’agonie de la civilisation occidentale en incitant l’espèce humaine à se détruire avec ses créations…

 

L’optimisme intranquille doit être maintenu

 

On voit surtout l’avenir comme une dystopie, car il est plus facile d’imaginer un futur catastrophique.  L’économie numérique va remodeler le capitalisme. L’accès aux choses va devenir plus important que leur possession. Les logiciels open source, le partage, les réseaux sociaux sont une forme de socialisme. Nous sommes surveillés de façon asymétrique. Dans un système qui évolue vers le « capitalisme de surveillance », Il faut aller vers la “coveillance”, surveiller ceux qui nous surveillent.

 

On peut s’inoculer un shoot d’optimisme libéral et mondialisateur en lisant Steven Pinker dans « La part d’anges en nous. Histoire de la violence et de son déclin ». Depuis l’effondrement non violent de l’Union Soviétique, on observe selon lui une diminution du nombre de conflits dans le monde. Les démagogues et les déclinologues tirent parti de l’idée selon laquelle la société est en crise. C’est une excellente excuse pour détruire nos institutions et laisser croire que nous n’avons rien à perdre. La réalité c’est que la pauvreté recule sur l’ensemble du globe, la longévité progresse, la violence globale recule, les progrès de la diffusion de la connaissance sont fulgurants…

 

L’économie symbiotique sera capable d’organiser en harmonie humains et ecosystèmes. D’après Isabelle Delannoy, ingénieur agronome dans « L’économie symbiotique » il est possible, aux antipodes du système actuel, de produire non pas en épuisant les ressources, mais en les régénérant. Cette nouvelle logique serait selon elle déjà en marche partout avec l’agroécologie, l’économie collaborative, les monnaies complémentaires, le biomimétisme…

 

Le “downsizing” permettra de lutter contre la surpopulation. Dans son film  « Downsizing », Alexander Payne montre  des scientifiques qui mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm.  Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

 

La France risque de continuer à faire preuve du plus grand pessimisme mondial. C’est tout de même le pays dont 20% de la jeunesse est sans emploi depuis 1980, où les syndicats ne représentent que 8% des salariés dont l’essentiel provient du secteur public, qui dépense 50Md€ par an et mobilise 70 000 agents pour une politique de l’emploi inefficace et surtout qui combat la richesse au lieu de combattre la pauvreté. A suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’Asie devrait moins souffrir que l’Europe

Nous sommes entrés dans une séquence de marchés baissiers pour deux raisons principales : la première est due à la dollarisation de l’économie mondiale qui est rejetée par de nombreux pays ; la deuxième est la suppression des mécanismes de fixation des prix par les marchés dans la zone euro. L’histoire financière nous a appris que dans les zones où les prix avaient été manipulés, la baisse des cours pouvait aller jusqu’à 50%. Il ne faut pas oublier que la baisse du S&P500 a atteint -56% sur 2007-2009 ; -49% sur 2000-2002 et -48% sur 1973-1974. En Europe, il ne faudrait donc conserver que des actions de très grande qualité. L’Asie qui a conservé des taux et des mécanismes de fixation des prix qui ne sont pas manipulés en permanence devrait beaucoup moins souffrir.

 

Les marchés fonctionnent à court terme selon le principe du vote quotidien. En revanche sur le long terme ils expriment leurs convictions sur le potentiel de croissance des sociétés. Comme la Chine va encore connaitre une croissance de plus de 6% en 2019 et les marchés émergents de 7% en Inde, l’Asie devrait entrer dans des zones d’achat.

 

Aux Etats Unis, on n’aperçoit pas encore de signes de récession

 

Le profil de la croissance américaine ne donne pas encore de signes de récessionpour le moment. Si c’était le cas, ce serait un signe très négatif.  Comme nous n’en sommes pas encore là, les deux prochains mois seront très importants à cet égard. Les obligations chinoises libellées en Renminbi ont joué leur rôle de diversification dans les portefeuilles.

 

Pour le moment les paramètres vont dans le bon sens : 1/les taux corporate ont fini par rejoindre les taux des Bons du Trésor. Cette baisse s’explique par la diminution des anticipations d’inflation.  La Federal Reserve après avoir augmenté quatre fois ses taux en 2018, a laissé entendre qu’il n’y aurait vraisemblablement moins de hausse des taux que prévu cette année. La baisse du prix du pétrole devrait lui permettre de procéder à deux augmentations au lieu des trois qui étaient prévues pour 2019 ; 2/le baril de pétrole en baisse de 35% sur son plus haut de l’année dernière, autour de 50 $, est une bonne nouvelle pour les entreprises ; 3/ le retour sur investissement dans les sociétés américaines est en moyenne encore supérieur au coût du capital 4/ la guerre commerciale entre les Etats Unis et la Chine est entrée dans une phase moins virulente avec un Renminbi qui a cessé de baisser. Pourtant, l’indice S&P 500 avait en décembre franchi « La croix de la mort ». Cela se produit quand la moyenne mobile 50 jours franchit en baisse la moyenne mobile 200 jours. Cet indicateur depuis 1970, a donné souvent de faux signaux. En revanche, le P/E du S&P 500 qui est tombé de 21 à 17, entre dans une zone à partir de laquelle on peut augmenter son exposition action.

 

 

Le style value devrait retrouver les faveurs des investisseurs.Nous sortons clairement d’une période où détenir des sociétés qui délivraient un cash flow positif n’était pas attractif. Il fallait uniquement se concentrer sur la croissance.

 

Les Etats Unis seront les moins touchés par l’impact du ralentissement chinois

 

La Chines sera confrontée à une nouvelle diminution de son taux de croissance, à une baisse des marges, qui se traduira par une baisse de résultats des entreprises. Les investissements en recherche et en infrastructures seront également réduits. Pour le moment le gouvernement a l’air de temporiser avant de prendre des mesures de relance. Il ne faut pas arrêter de s’intéresser aux actions chinoises. Toutefois, le lobby anti-chinois autour de la Maison Blanche veut continuer de réduire le niveau de dépendance de certaines sociétés américaines par rapport à l’économie chinoise. Cela coûtera très cher aux deux parties et dans cette perspective, il faudrait favoriser le marché américain plutôt que le marché chinois.  L’arrestation de Meng Wanzhou, le  CFO de Huawei, pour n’avoir pas respecté les sanctions prises par les Etats Unis à l’égard de l’Iran ne va pas arranger la situation.

 

L’europe est dans une situation compliquée

 

L’indice Eurostoxx 50 a retrouvé à son niveau de 2014.Les exportations ne contribuent plus à la croissance, car il faut s’attendre à une stagnation des exportations vers la Chine au cours du premier semestre. La croissance des crédits bancaires va continuer de ralentir, ce qui commence à avoir des effets négatifs sur le secteur de la construction. Donald Trump qui est en train de finaliser un compromis avec la Chine, devra trouver une nouvelle cible qui pourrait bien être l’Europe. Il vaudrait donc mieux diminuer l’exposition aux sociétés européennes qui exportent aux Etats Unis. Heureusement la baisse du prix du pétrole favorisera la croissance domestique, mais pas suffisamment pour rendre les actions européennes attractives.

 

L’onde de choc qui balaye la France invalide le programme présidentiel de 2017

 

La singularité du mouvement des gilets jaunes est de combiner au même moment un imaginaire patriotique, un conflit de classes, une classique révolte antifiscale et un rejet du système. La France des territoires ressent l’inégalité de traitement qui lui est faite par rapport à la France des cités. Tout cela se produit au moment où la dette dépasse 2320 Md€ et la perspective d’une hausse des taux s’annonce difficile pour les finances publiques. La France devra lever encore 200 Md€ cette année.  La socialisation croissante de la vie économique a déjà atteint ses limites par la montée des dépenses publiques (56,5% du PIB) et celle des prélèvements obligatoires (45,3%). Dans ces conditions, appeler au secours un Etat qui ne peut plus augmenter le taux de redistribution n’est pas forcément une bonne idée.

 

L’intelligence et le bon sens collectif valent certainement mieuxque celle des technocrates. La France des ronds-points réclame une restauration de la souveraineté du peuple. La démocratie est malade parce qu’une grande partie des français a le sentiment d’être de plus en plus exclue du jeu démocratique.  Les français demandent à s’exprimer sur des sujets comme la l’immigration et ses limites, la laïcité menacée, le modèle de société à défendre, l’avenir de l’Union Européenne, l’Euro…. Face à eux, une grande partie du monde politique, médiatique et universitaire semble découvrir le peuple comme on découvrirait une tribu perdue au fonds de l’Amazonie….

 

La dette Italienne est moins bien traitée par les marches que la dette française

 

Une récession en Italie pourrait faire exploser le deficit budgétaire. Les carnets de commande des industriels sont en recul pour le cinquième mois consécutif, au moment où le gouvernement de coalition a trouvé un accord avec Bruxelles. Il faut néanmoins être particulièrement inquiet compte tenu de la situation des banques.  La BCE a du ainsi révoquer tous les administrateurs de la Banque Carige qui était incapable de lever les fonds indispensables à son sauvetage.  Les obligations italiennes rapportent 2,5 points de plus que les obligations françaises,  alors que la situation politique en France apparait encore plus incertaine…

 

La Grande Bretagne risqué d’être confrontée à une crise constitutionnelle

 

Le vote sur le Brexit au parlement pourrait être repoussé par Theresa Mayjusqu’au 29 mars date où le Royaume Uni doit officiellement quitter l’Union Européenne. Cela lui permettrait de placer les membres du Parlement devant un choix binaire :soit accepter le compromis qu’elle a négocié avec Michel Barnier, soit sortir de l’UE sans aucun accord. Dans ce cas de figure, le parlement aurait encore la possibilité de suspendre le processus de sortie pour appeler à un nouveau référendum. Il devrait y avoir des points d’entrée intéressants sur les valeurs britanniques.

 

 

Les marchés émergents surperforment le S&P 5OO depuis le mois de novembre dernier

 

Les marches émergents bénéficient d’un meilleur environnementen matière de liquidités et de prix du pétrole. Cela permet d’éloigner les problèmes de solvabilité qui se profilaient à l’horizon pour les entreprises trop endettées en dollar. La Chine ne pourra pas avoir le rôle moteur qu’elle a joué pour ces pays lors des crises précédentes. Il vaut mieux selon lui s’intéresser au Mexique qu’au Brésil et les obligations russes en Rouble sont toujours attractives.

 

Si vous souhaitez entrer dans les détails des univers d’investissement mentionnés dans cette lettre (actions, secteurs, thèmes, expositions, Fonds, ETF, …), en dehors du cadre de l’institut, n’hésitez pas à envoyer un mail à Jean Jacques Netter (jjnetter2@gmail.com )