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Le monde opaque des ambassadeurs thématiques

 

 

La mise à pied récente de Ségolène Royal a permis d’attirer l’attention sur les ambassadeurs thématiques. Ces personnalités, rattachées au ministère des Affaires étrangères, bénéficient d’un titre prestigieux mais n’ont aucune ambassade proprement dite. Elles sont chargées de représenter la France, de coordonner des actions, ou encore de négocier des accords sur des sujets transversaux comme l’environnement, la lutte contre le terrorisme, les droits de l’Homme ou les questions frontalières.

 

Obtenir une liste à jour de ces ambassadeurs thématiques ou le montant des moyens qui leur sont alloués est un exercice difficile. Obtenir leur rémunération exacte serait une information jugée trop personnelle. Combien coûtent-ils à la république ?. On est dans le flou le plus absolu selon Capital qui a enquêté. La sénatrice UDI Nathalie Goulet interrogée dans le magazine de FR3 « Pièces à conviction », qui a déposé de 2008 à 2014 des amendements pour demander plus de transparence, estime qu’ont souvent été nommés des « gens en mal d’exotisme à des postes qui ne correspondaient à rien ». Du copinage, en somme.

Voila la liste que nous avons pu établir. Ces ambassadeurs rattachés aux Affaires étrangères sont nommés en toute opacité.

 

Patrick Maisonnave ambassadeur chargé de la stratégie internationale contre le terrorisme. Poste qu’il a occupé trois ans avant d’être nommé récemment Ambassadeur en Grèce.

 

Michèle Boccoz ambassadrice chargée de la lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine-syndrome de l’immunodéficience acquise (VIH-sida) et les maladies transmissibles.

Jean Bernard Nilam, ambassadeur, délégué à la coopération régionale dans la zone Antilles-Guyane. Le service d’informations géographiques de service public. fr s’excuse de ne pas être capable d’afficher la carte du territoire de compétence du ministre . On espère que ministère des Affaires étrangères a été en mesure de lui expliquer…

Odile Roussel ambassadeur chargé de l’adoption internationale. Il aurait été mis fin à ses fonctions en 2017

Stéphane Visconti ambassadeur pour le partenariat oriental de l’Union Européenne et de la Mer Noire. Nommé en 2018

Brigitte Collet, ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique, pour les énergies renouvelables et la prévention des risques climatiques

 

Maxime Lefèbvre est, depuis février 2017, ambassadeur pour les Commissions intergouvernementales, la Coopération et les Questions frontalières.

 

Luc Hallade,  ambassadeur délégué à la coopération régionale dans la zone de l’Océan Indien. Il a été nommé récemment Ambassadeur au Burkina Faso.

 

Xavier Sticker, ambassadeur délégué à l’environnement. On vient de lui retrouver un poste : ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations unies et des organisations internationales à Vienne

 

François Croquette, ambassadeur pour les droits de l’homme chargé de la dimension internationale de la Shoah, des spoliations et du devoir de mémoire

Ces postes de diplomates itinérants pourraient avoir un intérêt à condition que ceux qui ont été nommés aient les compétences requises et qu’on ait de temps en temps un rapport d’activité….

Nous allons poursuivre dans les prochaines semaines notre inventaire sur les Comités, les Conseils, les Haut Conseils, les Autorités, les Haute Autorités… au total plus de 600 structures censées conseiller le Premier Ministre. Si le gouvernement voulait montrer l’exemple en matière de diminution des dépenses publiques, il gagnerait en crédibilité en diminuant considérablement leur nombre…

 

 

 

 

 

 

 


A quoi servent les intellectuels ?

 

 

 

La France est en phase de régression, parce que la vie intellectuelle suppose la liberté totale de critique et que cette liberté n’existe plus. On ne débat plus en France, on exécute.  Michèle Tribalat, Christophe Guilluy, Stephen Smith sont par exemple des intellectuels qui sont marginalisés par l’université lorsqu’ils abordent des thèmes comme l’islam et l’immigration. “On” reproche immédiatement à leurs thèses de faire le jeu des discours politiques d’extrême droite, ce à quoi Ils répondent qu’”on” s’attache à réduire leur légitimité plutôt qu’à contredire leurs arguments. De nombreuses  lois de censure ont fait leur apparition : loi Gayssot, loi sur la HALDE, lois dites « mémorielles »… qui exposent à l’amende ou à la prison ceux qui osent dire certaines vérités contraires à l’orthodoxie régnante. Voilà une sélection de livres qui permettent peut être de mieux appréhender le sujet.

 

L’aveuglement des intellectuels à l’égard des régimes communistes a été dénoncé dès 1955 par  Raymond Aron dans « L’opium des intellectuels ». Un essai devenu classique mais qui lui a valu d’être vilipendé en son temps. Sa rupture avec Sartre et Merleau Ponty est au centre du livre.

 

Le système des sciences humaines marxistes des années 70 a été très bien décrit dans par Jean Marie Benoist dans un article du Monde de 1977 au titre tout à fait lacanien « Avaries de la machine désirante ou avanies de la machine délirante ».  Gilles Deleuze est le satrape de l’Université de Vincennes dont le pouvoir s’effrite. Dans ses cours, en permanence, il traitait de “travail de cochon” l’écriture des autres. Les intellectuels de l’époque étaient peu nombreux pour  empêcher que le marxisme ne s’érige en monopole et en religion d’Etat, barbare et plus sanguinaire que le christianisme de l’inquisition.

 

L’aventure intellectuelle du demi-siècle écoulé se confond  en France avec l’épopée structuraliste . Tous les grands maîtres de la pensée ont été ses acteurs, soit parce qu’ils s’y rattachaient et alimentaient sa chronique : Althusser, Foucault, Barthes, Lacan, Lévi-Strauss, etc., soit au contraire parce qu’ils s’y opposaient et tentaient d’en dépasser l’influence-Sartre, notamment. En deux volumes synthétiques, François Dosse dans « Histoire du structuralisme » offre le tableau clinique du mouvement. Genèse et apogée, déclin et influence. Les sciences humaines dans tous leurs états. L’ethnologie, l’anthropologie, la sociologie, la science politique, la psychanalyse, l’histoire, la sémiologie… et la philosophie, sous l’emprise du signe et des structures. Ou comment la linguistique aura fécondé durablement le savoir d’une époque. En direct, on assiste à la naissance des figures épiques de la mythologie intellectuelle moderne et aux premiers débats qui ont accompagné la parution de travaux mémorables – Tristes Tropiques, Les Mots et les Choses, Sur Racine, Pour Marx, De la grammatologie, etc. On suit pas à pas les remaniements qui ont bouleversé durablement les conceptions classiques de l’homme, du social, du politique, du littéraire comme de l’histoire. On s’initie au renouvellement des concepts anciens, à l’élaboration des nouveaux. L’Histoire du structuralisme est nécessaire  pour découvrir et comprendre les arcanes de la pensée contemporaine

 

Le terrorisme intellectuel » été vilipendé par Jean Sévillia en 2000 dans un essai remarquable « Le terrorisme intellectuel » . Il critique les chiens de garde attachés à de mauvais maîtres: Staline, Mao, Ho Chi Minh, Castro, Pol Pot avant le génocide cambodgien… Cinquante années de désinformation qui raconte l’emprise d’une caste intellectuelle sur le débat public. Cela se manifeste par la persistance de l’intelligentsia dans l’erreur car elle est fascinée par l’utopie. D’où sa difficulté à comprendre la nation, la religion, l’histoire. Le système fonctionne à partir d’une domination fondée sur la disqualification systématique des contradicteurs.

 

Les intellectuels d’aujourdhui ne savent plus expliquer la grave crise politique que nous vivons. Premièrement, la France connaît aujourd’hui une crise politique qui dépasse très largement la simple méfiance à l’encontre des représentants et des institutions politiques. Les citoyens ne s’engagent plus, ne s’intéressent plus à la vie de la cité. Ils entendent vivre sans contrainte aucune. On assiste à l’apparition d’un individualisme consumériste qui a renversé les fondements politiques de la société. Deuxièmement, à ce constat interne, s’en ajoute un second, d’ordre externe, qui voit l’arrivée en Europe de populations de confession musulmane. Or, cette arrivée ne se fait pas de manière harmonieuse. Rappelons que sa réflexion prend place à la suite des journées du 7 et du 11 janvier 2015. Nous sommes donc en pleine profusion littéraire de l’ « après-Charlie ». Pour Pierre Manent l’auteur de  « Histoire intellectuelle du libéralisme » l’intégration ou même l’assimilation des musulmans est dépassée. La situation est telle aujourd’hui qu’il n’hésite pas à la qualifier d’état de

« guerre ». L’Europe, et surtout la France, se trouvent dans une position « défensive »…

 

L’intellectuel de gauche se meurt , c’est une bonne nouvelle explique Shlomo Sand dans « La fin de l’intellectuel français ». l’auteur descend en flamme Houellebecq, Finkielkraut, Zemmour, Onfray et Bernard-Henri Lévy tous mis dans le même sac… Une autre manière d’éclairer le monde est possible.  Mêlant souvenirs et analyses, il revisite une histoire qui, depuis l’affaire Dreyfus jusqu’à l’après-Charlie, lui apparaît comme celle d’une longue déchéance. Shlomo Sand, qui fut dans sa jeunesse un admirateur de Zola, Sartre et Camus, est aujourd’hui sidéré de constater la judéophobie et l’islamophobie de nos « élites », il jette sur la scène intellectuelle française un regard à la fois désabusé et sarcastique.

 

 

Le libéralisme est détestable aux yeux des intellectuels. C’est ce qu’a très bien décrit  Raymond Boudon en 2004 dans « Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme »

Pourquoi autant de malentendus autour du libéralisme, qui a pourtant démontré son intérêt politique, son efficacité économique et son importance historique ? Pourquoi tant d’intellectuels le rejettent-ils par principe ? Est-ce seulement parce qu’ils entendent exercer une fonction critique dans une société où triomphe le capitalisme ? Est-ce par ressentiment ? Cela n’explique pas tout… Et cela donne une décapante revue de détail des idées reçues qui encombrent nos débats depuis trente ans et plus, empoisonnent notre vie politique et sont à l’origine de graves effets pervers dans le domaine de la politique éducative, de la politique économique ou encore de la politique de lutte contre la délinquance.

 

Nombre d’experts et de penseurs français utilisent des schémas du passé, des logiciels de lecture guerre froide avec les bons d’un côté et les méchants de l’autre …Nous vivons dans un monde en recomposition. Le monde a cessé d’être bipolaire il y a vingt ans et peine encore à devenir multipolaire. Pascal Boniface, un des membres de gauche responsable dans son livre « Les intellectuels faussaires », accuse de démagogie les intellectuels qui déclenchent la montée d’un nouvel antisémitisme

 

Les intellectuels ont fait place dans les débats aux penseurs “sans œuvre”, aux experts et aux militants faisant preuve d’une intolérance croissante. Pierre Rosanvallon qui a été le compagnon de route de la deuxième gauche (=Rocard)a occupé une place centrale en France jusqu’à la chute du mur, montre bien cette évolution dans « Notre histoire intellectuelle et politique 1968-2018 ».

 

Les intellectuels ont la réputation d’être radicaux, élitistes, progressistes, anticonformistes, engagés politiquement et farouchement opposés au capitalisme. Il était intéressant de mettre en lumière les relations existantes entre ces différentes attitudes et d’en comprendre les origines. C’est que Diego Rios a fait dans son livre « La misère des intellectuels: pourquoi s’opposent-ils au capitalisme ? ». Il dresse un portrait qui remet en cause l’idée communément admise selon laquelle les intellectuels seraient les individus les mieux placés pour juger des questions de justice politique. La sociologie des intellectuels est curieusement peu développée notamment parce que les sociologues répugnent naturellement à prendre pour objet une catégorie sociale à laquelle ils appartiennent eux-mêmes. Les intellectuels en général et les sociologues en particulier se voient facilement échapper aux déterminismes sociaux auxquels ils asservissent généreusement les autres .

 

Le succès du populisme est le résultat de la diminution de l’influence des intellectuels. Le mot populiste sert à désigner ce que veut le peuple sans l’aide des intellectuels de gauche pour le définir.  Pour Roger Scruton dans « En France l’intellectuel de gauche est un prêtre sans Dieu » la droite voit dans l’héritage des remparts naturels au marché tout puissant. La gauche détruit par son activisme progressiste les dernières barrières qui s’opposaient encore au marché….

 


Les gestionnaires actifs semblent faire mieux dans les périodes de retour à la moyenne

 

Les investisseurs passifs semblent faire mieux lorsque la dynamique des échanges domine, tandis que les gestionnaires actifs réussissent mieux dans les périodes de retour à la moyenne. Trois croyances se cachent derrière la bulle du milieu des années 2000: 1) une croyance aveugle dans les évaluations informatisées qui ont remplacé la découverte des prix; 2) un faux prix des taux courts, couplé à des «forward guidance» par les banquiers centraux; 3) la croyance d’un bon nombre de gestionnaires de fonds que l’on pouvait avec l’aide de quelques ordinateurs et une agence de notation faire le travail d’un vrai marché. Aujourd’hui, une situation similaire se développe lorsque l’on examine la performance relative des investissements gérés activement et passivement. Dans un tel environnement les investisseurs devraient se protéger en composant un portefeuille composé d’actions qui ne sont pas dans les principaux indices de référence.

Le marché haussier américain peut continuer à monter

Le risque d’une récession américaine en 2020 est faible, tout comme le risque qu’une hausse rapide de l’inflation entraîne un resserrement de la Réserve Fédérale. L’effet du passage de la Fed fin 2018, de la contraction à l’augmentation de son bilan commence maintenant à soutenir l’activité économique américaine. Les effets stimulants de l’assouplissement de la Fed l’an dernier compenseront le relâchement budgétaire américain, ce qui suggère que le marché haussier américain peut continuer à monter.

Les investisseurs devraient être optimistes sur les actions américaines en 2020, mais avec prudence. Le chômage américain étant à son plus bas niveau en 50 ans, il existe un risque de flambée inflationniste et destructrice des salaires. Jusqu’à présent, la croissance des gains horaires aux États-Unis a été modeste. Alors que la croissance des salaires a ralenti vers la fin de 2019, l’enquête NFIB sur les régimes de rémunération des petites entreprises, qui préfigurait le ralentissement, indique maintenant une reprise de la croissance des salaires cette année. Le risque d’une flambée inflationniste des prix du pétrole a peut-être diminué maintenant que les États-Unis et l’Iran se sont retirés, mais il est toujours là.

L’effet de levier élevé des entreprises et la forte proportion d’obligations de sociétés notées BBB sur le marché constitueront un problème majeur lors de la prochaine récession américaine. Néanmoins, le danger restera faible car la liquidité restera abondante cette année, ce qui maintiendra les spreads des entreprises peu écartés. Ceci malgré le découplage des spreads de crédit et des fondamentaux, comme le montre la corrélation des spreads avec les ratios de couverture des entreprises en difficulté.

La politique fiscale en Europe devrait être favorable

Les investisseurs devraient privilégier les actions de la zone euro par rapport aux obligations. Les secteurs de la construction et de l’immobilier sont restés relativement solides. Le prix du pétrole sera un facteur clé influençant la reprise de la zone euro. La politique fiscale devrait être favorable au cours des prochaines années, et l’investissement vert pourrait fournir un certain stimulant. Les commandes des usines allemandes semblent se stabiliser et il est peu probable que les États-Unis déclenchent une nouvelle guerre commerciale avec l’Europe en 2020. Dans ce contexte, il vaut mieux préfèrer les actions aux obligations, en mettant l’accent sur les actions les plus exposées aux le cycle intérieur de la zone euro. Cela inclut les petites capitalisations, les banques et les actions britanniques. Ce sont des classes d’actif qui ont été déclassés en raison de préoccupations cycliques et offrent un bon potentiel de rattrapage si la croissance se stabilise ou reprend à partir des niveaux actuels.

Les investisseurs devraient continuer de surpondérer le Royaume-Uni de manière sélective

Pour le Royaume-Uni, c’est une excellente nouvelle que Boris Johnson soit déterminé à ne pas se laisser entraîner dans des négociations sans fin avec des eurocrates qui ont toujours voulu que ces négociations échouent. En termes relatifs, les exportations de marchandises du Royaume-Uni vers la zone euro se sont déjà effondrées, durement touchées par les retombées de la crise de l’euro. Le président Donald Trump ciblant désormais l’excédent du compte courant de la zone euro, le Royaume-Uni devrait rompre ses liens avec l’UE dès que possible. Les investisseurs devraient continuer de surpondérer les actifs financiers du Royaume-Uni tels que la livre sterling, les obligations à court terme, les obligations indexées à courte durée, les actions de sociétés à vocation nationale et les exportateurs dont les principaux marchés sont en dehors de la zone euro. Évitez comme la peste les entreprises britanniques fortement exposées à l’Europe continentale.

L’annonce de l’interdiction légale d’une autre prolongation du Brexit a été une bombe pour la livre sterling. À court terme, il y aura probablement une rhétorique explosive sur les batailles imminentes avec l’UE. Mais le bord de la falaise qui est maintenant posé est une tactique de négociation. Si le Premier ministre Boris Johnson veut négocier une relation commerciale à la canadienne avec l’Europe, cela exclurait les secteurs les plus compétitifs de la Grande-Bretagne, ce qui à son tour pèsera sur le taux de change de la livre sterling. Si le Royaume-Uni devait concurrencer l’Europe dans le secteur manufacturier, il est probable que la livre sterling devra chuter de manière équitable contre l’euro. Mais Anatole estime qu’il y a encore une forte possibilité que Johnson bluffe avec son annonce du Brexit dur.

La seule concession de la Chine sur le renminbi est une plus grande transparence

Le risque de nouveaux tarifs douaniers en 2020 a été annulé par l’accord américano-chinois de «phase un», mais il n’y aura pas de retour à des relations commerciales normales. Un accord de « phase deux » est peu probable car Washington et Pékin semblent privilégier de plus en plus le découplage économique. La guerre technologique se poursuivra et deviendra de plus en plus dure.

De nombreux tarifs américains restent en place, avec une clause de «snap-back» pour en réimposer d’autres. Le tribunal de l’Organisation Mondiale du Commerce étant paralysé, il n’y a aucun contrôle juridique sur l’action unilatérale des États-Unis. La Chine a déjà effectué certaines réformes structurelles exigées par les États-Unis, mais cela ne devrait pas apaiser Washington et Huawei aura encore du mal à vendre ses produits et ses services aux alliés américains. La seule concession de la Chine sur le renminbi est une plus grande transparence.

Le matériel militaire de pointe repose sur de nombreux composants qui intègrent des éléments de terres rares. La Chine domine toujours le traitement mondial des terres rares, malgré ses inquiétudes quant à sa fiabilité en tant que fournisseur. Washington a décidé que les États-Unis devaient avoir une chaîne d’approvisionnement nationale pour les terres rares. Le ministère de la Défense dispose de nombreux outils pour soutenir les investissements civils, bien que les terres rares puissent nécessiter des dépenses plus importantes. Le lithium a également été déclaré « minéraux essentiel », davantage pour des raisons de politique industrielle que pour de défense nationale. La Chine domine également le marché américain des petits drones, qui est devenu une préoccupation du gouvernement. Les sous-traitants américains de la défense ont un verrou sur les gros drones militaires, mais les entreprises américaines ne sont pas compétitives sur le marché commercial. La duplication des chaînes d’approvisionnement chinoises aux États-Unis nécessitera beaucoup de soutien gouvernemental et quelques compromis.

Les actions indiennes semblent chères.

La croissance économique indienne est tombée à 4,5%, bien que le ralentissement de la fabrication semble avoir atteint un creux. La croissance reprendra cette année mais devrait rester inférieure à son potentiel. La Reserve Bank of India a peu de marge de manœuvre supplémentaire. L’Inde affiche un déficit courant permanent et est exceptionnellement vulnérable aux fluctuations du prix du pétrole, sa dépendance à l’égard du pétrole importé atteignant un sommet pluriannuel de 84%. La roupie et les actions indiennes ont subi un coup dur après l’assassinat de Qasem Soleimani, et toute baisse des entrées de capitaux rendra plus difficile pour l’Inde de couvrir son déficit de compte courant. À son tour, toute détérioration de la balance commerciale entamera la croissance du PIB. Une si mauvaise perspective laisse le marché indien richement apprécié et vulnérable à tout ralentissement.

Les devises asiatiques semblent plus attrayantes que depuis des années. Quatre pays asiatiques ont été nommés manipulateurs de devises dans le rapport de change du Trésor Américain au Congrès. Toutefois, toutes les devises à portage élevé ne sont pas dans la même situation. Certaines banques centrales asiatiques sont plus susceptibles d’intervenir contre la force des devises. Il conseille de s’intéresser à la Thaïlande et à la Malaisie.

Une vision impartiale de la crise iranienne

La réponse optimiste des marchés aux frappes de missiles iraniens est raisonnable. L’Iran peut être prêt à ne prendre aucune autre mesure si les États-Unis ne ripostent pas, donnant aux deux parties une chance de prendre du recul,  une opportunité que Donald Trump est susceptible de prendre en considération. Il est probable que la prime de risque géopolitique prise en compte par les marchés financiers diminuera à court terme, et que même avec de nouveaux bruits de bottes, le pétrole restera plafonné en dessous de 70 USD / baril pour le WTI (et 75 $ US / baril pour le Brent). La frappe de drones américains sur Qasem Soleimani ne signifie pas que les États-Unis cherchent activement à intensifier la confrontation avec l’Iran. Pour l’administration américaine, il n’y a pas de bonnes options pour gérer les rapports avec le régime iranien. Il n’y a aucun avantage pour Washington dans une nouvelle escalade. Et bien qu’il puisse y avoir des attaques, Téhéran dispose d’incitations puissantes pour éviter un conflit ouvert.

Les marchés sud-coréens et taïwanais devraient bien se porter

Le scénario haussier sur les actions des marchés émergents est solide, mais avec des réserves. L’environnement de liquidité actuel est propice à la prise de risques. Une expansion multiple en Asie est possible. Le marché boursier chinois semble en bonne forme, soutenu par le soutien politique. Cependant, étant donné que Pékin vise à contrôler le secteur immobilier chinois très demandeur de matières premières, les autres pays émergents d’Asie ne peuvent pas s’attendre au genre d’effets d’entraînement positifs dont ils ont bénéficié lors des efforts d’assouplissement chinois passés. La préoccupation des pays émergents est l’absence de catalyseur de croissance compte tenu du ralentissement structurel du commerce mondial. Les investisseurs devraient s’intéresser , de manière sélective, aux marchés sud-coréens et taïwanais tributaires du commerce et à forte intensité technologique. Ils devraient bien se porter en raison de la montée du cycle électronique. À l’inverse, l’Inde et le Brésil n’ont pas de catalyseur positif et pourraient décevoir.

 


Et si on confiait la gestion de la SNCF et de la RATP à Carlos Ghosn ?

Les commentaires de la majorité des journaux français sur la conférence de presse de Carlos Ghosn tenue la semaine dernière depuis Beyrouth sont honteux (notamment ceux du Courrier Picard et des Dernières Nouvelles d’Alsace…). Ils sont tombés dans les clichés du « patron voyou, rapace, dictateur, faisant preuve d’un cynisme et d’une arrogance insupportable…. ». En France on sait qu’on apprécie peu les patrons qui créent de la valeur pour leur entreprise et surtout qu’ils soient rémunérés selon des critères internationaux. Le problème c’est que Carlos Ghosn est considéré comme un grand dirigeant, redresseur d’entreprises, notamment de Nissan qui était au bord de la faillite en 1999. Il doit avoir du talent puisque ce qu’il a fait à la tête des entreprises qu’il a dirigées a fait l’objet de pas moins 17 livres de management et qu’un conseiller de Barack Obama lui a proposé au plus fort de la crise de venir diriger General Motors sur la base de 25M$ par an hors intéressement.

 

Certes on devrait passer en revue et éventuellement juger toutes les accusations qui pèsent sur lui (deux pour revenus différés non encaissés mais pas déclarés aux autorités nippones, deux pour abus de confiance). Cela devrait être fait dans le cadre d’un procès équitable, ce qui n’est pas tout à fait le cas comme on a pu le voir de la justice nippone.

 

Il faut remettre toute l’affaire dans son contexte. Les dirigeants de Nissan ont toujours eu du mal à reconnaitre qu’ils avaient été sauvés par un étranger. C’est de plus Emmanuel Macron, quand il était à Bercy, qui a organisé en 2015 la montée de l’Etat au capital de Renault en empruntant des titres au moment de l’assemblée et en instituant un droit de vote double sans même prévenir le président du groupe. Carlos Ghosn ne voulait pas à l’époque de fusion entre les deux entités Renault et Nissan, d’autant plus qu’il commençait à s’occuper personnellement de Mitsubishi. L’intervention d’Emmanuel Macron a créé encore plus de défiance de la part du management de Nissan.  C’est encore l’Etat qui a nommé Thiérry Bolloré aux commandes de Renault pour l’évincer 9 mois plus tard. C’est toujours l’Etat qui dans le cadre du rapprochement envisagé avec FCA a imposé sa position négative au conseil d’administration de Renault alors qu’il ne possédait que deux administrateurs, les quatorze autre ayant voté pour l’opération.

 

Les performances de l’Etat stratège et actionnaire gérant des groupes industriels ne sont plus à démontrer après les échecs enregistrées sur la Compagnie Générale d’Electricité/Alcatel, Pechiney,  Arcelor, Thomson et plus récemment Alstom. La vente d’Alstom à la General Electric est un scandale d’Etat affirme le journaliste Jean Michel Quatrepoint dans son livre “Alstom scandale d’Etat” : on est dans le pire du libéralisme et du socialisme avec des dirigeants qui nous ont plongé dans le grand bain de la mondialisation avec en guise de bouée un petit canard alors que les autres avaient des palmes et un tuba.  A cause des interventions permanentes de l’Etat, la désindustrialisation touche plus fortement la France. On en est maintenant à seulement 10% de notre PIB contre 24% en Allemagne et 22% en Suisse. Les fonctionnaires dans leur grande majorité n’ont pas les compétences pour évoluer dans des écosystèmes composés de technologies, de services, d’intelligence dans les réseaux et de production manufacturière.

 

Le meilleur exemple de mauvaise gestion de l’Etat est probablement celui d’Areva qui était au firmament de l’industrie nucléaire quand la gestion du groupe a été confiée à Anne Lauvergeon en 2001.  Le Corps des Mines mettait enfin la main sur une pièce essentielle du puzzle qui lui permettrait de prendre le contrôle de la filière nucléaire. Pendant ce temps Olivier Fric, son mari, menait discrètement ses affaires personnelles en Suisse. Aujourd’hui la justice s’interroge sur son rôle dans le rachat en 2007 de la société minière Uramin qui aura été selon Hervé Guattegno de Vanity Fair (01/08/2017), le plus mauvais investissement et le plus contesté de sa femme à la tête d’Areva.  Le fiasco de cette opération portant sur 2,5Md€ aurait même été dissimulée pendant un temps à l’Etat. D’après Emmanuel Fansten dans « Areva et Anne Lauvergeon. Les dessous d’un scandale d’Etat » c’est une opération trouble sur laquelle aurait spéculé Olivier Fric. Malgré tous ces faits accablants qui ont été racontés amplement dans les media, la justice française n’a pas avancé beaucoup…

 

Carlos Ghosn avait réussi à transformer une entreprise qui s’appelait il n’y a pas si longtemps la Régie Renault, totalement sous emprise de la CGT, en un des premiers groupes mondiaux de l’automobile. Ce serait probablement une bonne idée de lui demander de prendre la tête d’une société holding qui contrôlerait deux filiales : la SNCF et la RATP. Il connait bien le secteur des « mobilités » et il suffirait de baser la société aux Pays Bas pour pouvoir le rémunérer au prix du marché. On peut être à peu près sûr que ces deux sociétés redeviendraient rapidement tout à fait performantes grâce à sa gestion!

 

 

 

 


Les livres qui défendent les libertés

Les libertés sous toute leurs formes est un sujet qui préoccupe bien évidemment en permanence « l’Institut des Libertés ». Voilà une sélection de livres de référence et d’articles de presse. Ils ne s’inscrivent pas forcément dans le court terme mais permettent de regarder la réalité telle qu’elle est aujourd’hui ou de faire apparaître de nouveaux angles d’évolution.

La liberté économique est la condition nécessaire à toute liberté politique. Telle était l’idée centrale développée par Milton Friedman, père du courant monétariste et fondateur de l’école de Chicago.  Paru pour la première fois en 1962, son livre « Capitalisme et Liberté » est l’un des ouvrages clés de la pensée économique. Il y défend et développe sa propre vision du libéralisme. Son analyse profonde, présentée sans jargon et accessible à tous, est encore et toujours d’actualité.

 

Beaucoup de gens veulent nous persuader qu’en dehors de l’Etat toute richesse est indûment acquise. Louis Pauwels dans « Les libertés économiques sont les garanties des libertés civiles et politiques » paru dans Le Figaro Magazine en 1985 rappelait que : 1/ La liberté individuelle est la valeur essentielle 2/ Il n’y a pas de droit de l’homme sans le droit à la liberté économique 3/ La prospérité économique conditionne la liberté politique 4/ La source de la richesse et de l’emploi est dans la croissance 5/ Le mythe de l’Etat bon et honnête alors que les entrepreneurs seraient mauvais et mal honnêtes est complètement faux.

 

Les pays qui s’appelaient eux mêmes socialistes empêchaient les hommes et les idées de franchir leurs frontières. Raymond Aron dans « Plaidoyer pour l’Europe décadente » s’interrogeait déjà en  1977 : L’Europe de l’Ouest est elle vouée à la décadence parce qu’elle s’obstine à croire à la démocratie et au libéralisme ? Pour lui la réponse était claire : il dépend de notre clairvoyance et de notre courage que la liberté l’emporte. Il redoutait une civilisation reniant ses fondements et reniant ses racines…. !

 

Il faut donner aux hommes la liberté sans le désordre et le bien être sans la servitude tout en réduisant autant qu’il est humainement possible l’inégalité et l’injustice…Gérard Minart dans « Jacques Rueff, un libéral français » rappelle qu’il qualifiait les déficits publics de gangrène sociale. Il voulait moderniser le libéralisme économique. Pour lui, Il s’agissait de rénover le vieux libéralisme manchestérien du laissez faire, laisser passer qui refusait toute intervention de l’Etat dans l’activité économique.

 

La liberté n’est jamais donnée, mais toujours conquise. En 1989, on pouvait croire à son triomphe. Elle venait, en un siècle, de triompher de trois guerres mondiales, de deux crises économiques et de trois révolutions – bolchévique, fasciste et nazie. C’est à ce moment qu’on a commencé à parler du déclin de la politique, et du désengagement des citoyens. L’époque est progressivement passée au désenchantement, à la solitude individuelle, à l’absence de projet. Or, la liberté est affaire de pluralité et de confrontation d’idées. Loin d’avoir été tranchées par la chute de l’URSS, l’avenir de la liberté, se pose en des termes neufs. Nicolas Baverez dans  « Les orphelins de la liberté » paru en 1999 estimait que dans cette agitation salutaire, la France restait à la traîne : institutions sclérosées, État velléitaire et impuissant, malthusianisme économique et conservatisme social envahissant. La fille aînée de la liberté avait choisi la paresse et l’esprit de rente, plutôt que la volonté et l’imagination.

 

Clin d’œil au célèbre livre de George Orwell publié en 1948 dénonçant le communisme stalinien, Olivier Babeau a publié « La nouvelle ferme des animaux » en 2016. Il propose une satire de notre système politique et du désastre économique auquel il nous mène. En prenant le pouvoir dans la ferme, les animaux souhaitent établir une république où la liberté de chacun se conjugue avec la prospérité économique. Mais à force de dérives clientélistes, de démagogie et de compromis avec les différents lobbies de la rente, la ferme entre rapidement dans une dramatique spirale d’endettement et de pauvreté. Alors que la crise de la dette publique fait trembler l’Europe sur ses bases, ce livre dénonce, sur un mode à la fois humoristique et pédagogique, la route de la servitude sur laquelle nous sommes engagés

 

Le Libéralisme est une doctrine juridique et non pas une doctrine économique. C’est ce que rappelle Charles Gave  dans « De l’état de Droit au Droit de l’Etat ».  Au début, il s’agissait de trouver une organisation politique qui permette que les petits ne soient pas mis en esclavage par les gros et que ces mêmes petits ne massacrent pas les gros dans des Jacqueries à répétitions.  Le personnel de l’Etat devait surtout être au service de tous et non pas au service de lui-même. Partout en Occident, les pouvoirs en place ont utilisé les attentats ou la crise financière comme une façon de restreindre de façon extraordinaire nos libertés Individuelles. La séparation des Pouvoirs a disparu. Comme le disait Benjamin Franklin : “Si vous abandonnez votre Liberté pour votre Sécurité, vous n’aurez ni l’un ni l’autre”. Nous sommes sur le chemin de la servitude…

 

Le libéralisme est aussi une philosophie de la liberté. Monique Canto-Sperber dans « Faut il sauver le libéralisme ? » publié en 2006 établit un véritable plaidoyer. Elle reconnaît que les accusations portées à l’encontre du libéralisme (égoïsme, individualisme outrancier, précarité salariale, pauvreté, inégalités, etc…) sont injustes et qu’il faudrait réhabiliter le libéralisme comme option politique crédible et que c’est une entreprise de salubrité publique. Et l’auteur d’énumérer ses ennemis tout en oubliant la droite classique française qui est anti-libérale, le monde médiatique et éducatif dont elle fait partie et aussi – et surtout – l’antiaméricanisme systématique de toute une partie de la société française qui nourrit l’anti-libéralisme…

 

La liberté se nourrit d’un héritage, d’une langue, d’une éthique, dont la déconstruction qui a pourtant été opérée depuis cinquante ans au nom de l’émancipation individuelle ne peut mener qu’à une aliénation définitive. Avec 57% consacré à la dépense publique on ne peut pas accabler en permanence le libéralisme. François-Xavier Bellamy dans « Les déshérités ou l’urgence de transmettre » paru en 2014 explique que  le propre de cette génération c’est son immense ingratitude.  Elle se complait à déconstruire la culture dont elle a pourtant reçu toute sa liberté.

 

Une démocratie qui invente le concept de populisme mais qui lutte par le crachat et l’insulte contre des opinions contraires montre bien qu’elle manque à sa vocation de liberté. Chantal Delsol dans « Populisme. Les demeurés de l’histoire » paru en  2015 montrait que  quand les élites progressistes découvrent que le peuple ne les suit plus, quand elles s’aperçoivent que le peuple juge qu’elles vont trop loin et n’a pas envie de se sacrifier ni pour l’humanité ni pour le règne du concept alors elles liquident le peuple…

 

L’Union Européenne est désormais divisée en deux camps irréconciliables: d’un côté une Europe libérale ouverte à l’immigration, incarnée par Emmanuel Macron. De l’autre l’Europe des démocraties illibérales incarnée par Orban et Salvini qui entend défendre la souveraineté et l’identité des peuples. Chantal Delsol  dans un article du Figaro Magazine de 2018 « Populiste c’est un adjectif pour injurier ses adversaires » explique que les populistes contrairement à ce que l’on a pu dire sont bien des démocrates, mais ils ne sont pas libéraux. Tandis que les élites universalistes comme celles de Bruxelles sont bien libérales mais elles ne sont plus démocrates. Elles ne veulent plus des votes de peuples qui limitent les libertés….

 

 


Sans rééquilibrage des retraites on ne pourra pas reprendre le contrôle des finances publiques

 

 

La France ne pouvait pas être le seul pays du monde à ignorer les lois de la démographie. A juste titre le système de retraite français a été qualifié par Emmanuel Macron  en « état de mort clinique ». Seuls les socialistes en 2012 voulaient encore faire croire aux français qu’il était possible de rétablir la retraite à 60 ans, comme l’avait fait François Mitterrand en 1982. Le système français qui était censé être le meilleur du monde devant être renfloué tous les cinq ou six ans en fonction de l’évolution démographique, il fallait faire quelque chose.

 

Après des mois de cacophonie où Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux retraites entré au gouvernement, est même allé jusqu’à expliquer devant un public de jeunes de Créteil que la solution pour équilibrer le système de retraites était d’accueillir massivement des immigrés. Pour faire bonne mesure et sans doute bonne figure, il a même ajouté que les musulmans d’aujourd’hui étaient les juifs d’hier !

 

Edouard Philippe a enfin expliqué cette semaine l’architecture générale de son nouveau système de retraite qui remplacera le système actuel à partir de 2025. La réforme « systémique » qui consistait au départ à uniformiser simplement l’ensemble du système de retraites a pris un tour « paramétrique » où l’on a abordé les problèmes d’âge de départ, de durée de cotisation, de montant des pensions… Le futur régime universel de répartition par points devait être simple, il est devenu très difficile à comprendre. L’équilibre financier ne sera pas atteint en 2025.

 

Les décisions annoncées

 

Le gouvernement a évité le report de l’âge légal de la retraite pour se concentrer sur la mise en place d’un régime universel par points. Alors qu’il fallait repousser progressivement l’âge légal en le décalant chaque année pour atteindre 65 ans d’ici une douzaine d’années

Le gouvernement  pour ne pas toucher à l’âge légal de la retraite a mis en avant le concept « d’âge pivot » qui est devenu ensuite « l’âge d’équilibre »…

 

Il fallait corriger des injustices comme la différence de traitement entre le public et le privé. Le niveau des injustices des régimes spéciaux a été mis en avant car L’Etat verse chaque année plus de 7Md€ pour financer les pensions de la RATP et de la SNCF.

Un retraité de la RATP a droit à 3700€ de retraite pour une carrière complète. Environ 59% des besoins de financement des retraités de la RATP sont couverts par des subventions publiques.

Un retraité de la SNCF perçoit 2636€ pour une carrière complète. Il perdrait jusqu’à 36% de sa pension si on appliquait les modalités de calcul en vigueur dans le privé !

Un agent de l’Etat ou un employé public ne contribue qu’à hauteur de 13% au coût global de sa retraite. Ce qui fait que la facture de l’Etat dépasse les 50Md€ (56,3 Md€ en intégrant les régimes spéciaux)

En revanche un retraité du régime général se voit attribuer 1900€ en moyenne pour une carrière complète.

 

L’Etat finance la plus grande partie des retraites de ses agents. Les pensions civiles et militaires représentent pour 2020 un budget de 57,4Md€ dont seulement 7,3Md€ proviennent des cotisations des agents. Au total cela représente 75% des rémunérations alors que dans le secteur privé les pensions versées sont de l’ordre de 28% des rémunérations.

 

La date d’application est toujours un problème. C’est Emmanuel Macron qui a mis sur la table « la clause du grand père » qui reviendrait à appliquer les nouvelles règles aux nouveaux entrants à partir de 2025. L’application effective de la réforme ne se produirait alors que dans 43 ans !

 

Un système universel par points avec une caisse unique a été retenu pour les revenus allant jusqu’au plafond de la sécurité sociale (40 524€). La valeur du point sera fixée chaque année par les partenaires sociaux.  Les primes des fonctionnaires donneront lieu à cotisation. Cela représente en moyenne 22% de leur rémunération. La transition prendra 15 ans

 

Le taux de cotisation des salariés du privé, du public et des régimes spéciaux seront à terme identiques avec le même taux de 28,12% jusqu’à 120 000€ de revenu brut annuel. Au dela il faudra payer une « cotisation de solidarité » de 2,81% le donnant droit à aucun droit supplémentaire.

 

Les régimes complémentaires seront maintenus. Les 27 md€ de réserves constituées par les professions libérales resteront leur propriété.

 

Les régimes spéciaux intégrés progressivement dans le droit commun après une phase de transition. Les économies de l’ordre de 6Md€ dégagées permettant de revaloriser les petites retraites et de porter la pension minimale agricole à 85% du SMIC.

 

Une pension minimum de 1000€ net par mois pour une carrière complète au smic sera garantie.

 

Un régime de retraite par capitalisation abondé notamment par la CRDS n’a en revanche pas été retenu. A côté du régime de base par répartition il fallait instaurer un système par capitalisation. Il permet aux Danois d’avoir un taux de remplacement de 71,6% pour un taux de cotisation de 12%, aux hollandais de 68,2% pour 16% de cotisation. En France le taux de remplacement n’est que de 60,5% pour un taux de cotisation de 25,4%… !

 

Il faut se demander pourquoi ceux qui manifestent et bloquent le pays par la grève sont les agents du service public qui sont les seuls à ne pas craindre le chômage, ce qui n’est pas le cas de tous les salariés et des commerçants qui souffrent de leurs agissements. La retraite par points était pourtant une idée de gauche. Il est très curieux de constater que la gauche est devenue la grande opposante à la réforme par points. En attendant, la France reste le champion du monde des jours de grève à laquelle est venu s’ajouter la violence des casseurs. La « convergence des luttes » fait toujours recette auprès de l’extrême gauche. Qui n’hésitera pas à gâcher les vacances de Noël des Français” . Le secrétaire général de la CGT-Cheminots a prévenu qu’il n’y aurait “pas de trêve de Noël ”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’univers d’investissement des sociétés permettant de réduire l’empreinte carbone

 

 

L’univers d’investissement des sociétés permettant de réduire l’empreinte carbone

 

Le rejet de CO2 dans l’atmosphère n’est pas un problème nouveau. Dès 1896 Suante August Arrhenius, a construit scientifiquement l’hypothèse d’un effet de serre produit par le CO2 présent dans l’atmosphère. Le titre de son livre était « De l’influence de l’acide carbonique dans l’air sur la température au sol »…

 

La biosphère et les océans sont complètement dépassés par les événements.

 

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont franchi en 2018 un nouveau record à 55,3 gigatonnes. Un américain émet en moyenne 18T de CO2 par an, un européen émet 8,1T et un habitant de la République Démocratique du Congo 100kg. Un chinois émet 6,1T. Plus de 60% des émissions globales de CO2 proviennent de l’énergie. L’agriculture serait responsable de 10 à 12% des émissions de gaz dans le monde. Le méthane est la deuxième source de changement climatique après le CO2.Son cycle est plus court mais son effet de serre est 25 fois plus puissant que le CO2. Il faudra donc utiliser plus d’énergies renouvelables dont le coût devient désormais compétitif par rapport aux énergies fossiles…

 

Le mois de juillet 2019 a été au niveau mondial le plus chaud jamais observé depuis le début des relevés systématiques au XIXème siècle. Or, l’humanité ne peut plus émettre que 800 milliards de tonnes de CO2, si on veut limiter la hausse des températures à 2 °C, alors qu’elle en a émis 2 200 milliards depuis le début de l’ère industrielle et continue au rythme de 40 milliards par an. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre devraient diminuer de 7,6% par an entre 2020 et 2030 si l’on veut atteindre les objectifs fixés par les accords de Paris (+ 1,5% d’ici la fin du siècle)…

 

Tous ceux qui ne sont pas encore convaincus par la gravité de la situation peuvent lire le livre de John Brunner « Le troupeau aveugle ». Dans cette dystopie parue en 1972, l’auteur britannique raconte un monde où la Méditerranée est devenue une mer morte. Tout le monde souffre d’allergies. Les plages sont interdites, et parfois, dans les grandes villes, il pleut de l’acide. Le port du masque à gaz s’est répandu, l’eau du robinet est rarement potable. Les microbes, eux, triomphent, invulnérables. “Arrêtez, vous me faites mourir !” C’est le slogan du héros, Austin Train, qui a fondé le mouvement anti-pollution, et continue de lutter pour le salut de la Terre. Ce roman est une anticipation de la prise de conscience écologiste et un manifeste qui décline de façon quasi obsessionnelle les dérives liées à la pollution…

 

La gravité de la crise climatique nécessite des solutions simples et compréhensibles par tout le monde

 

Il faudrait donner un prix à la tonne de CO2 émise en l’ajoutant au prix de vente des produits carbonés. Les émetteurs devraient donc être taxés ou échanger des « permis de polluer ». La valeur de la tonne de CO2 (50€, 100€, 500€ ?) devrait être suffisamment élevée pour déclencher un « signal prix ». Il devra refléter le prix que nous accordons au bien être des générations futures. Christian Gollier dans son livre qu’il faut absolument lire, « Le climat après la fin du mois » propose que ce soit l’Etat qui fixe le prix, mais surtout qu’il laisse les acteurs trouver les bonnes solutions. Le problème est que imposer un prix mondial à des africains ou des indiens qui ont des revenus très bas est donc une vue de l’esprit. Il faut introduire des systèmes de redistribution innovants pour que cela fonctionne.

 

 

L’application politique est très compliquée

 

Les exemptions qui ont été accordées pour des raisons politiques notamment le secteur aérien responsable de 2,5% des émissions mondiales est une situation qui ne pourra plus être tolérée longtemps. Il y a aussi celles dont bénéficient en France les taxis, les agriculteurs ou les transporteurs maritimes. Elles brouillent notre politique climatique et la nécessité de contribuer à l’indispensable effort collectif.

 

En France, une taxe carbone a été créée en 2014. Son augmentation de 3 centimes début 2019 combinée à une augmentation de 50€ du chèque énergie au même moment avait pour effet de réduire le pouvoir d’achat de 20€ par an pour les ménages les plus modestes et 160€ pour les plus riches. Cela a déclenché le mouvement des Gilets Jaunes et obligé le gouvernement à céder en rase campagne. Ce qui a été frappant dans cette affaire est le manque de communication. On ne pouvait pas aborder la question de la taxe carbone sans aborder les consommations contraintes qui touche 60% de la population qui ne vivent pas dans les centres-villes…

 

L’Allemagne prévoit de supprimer toutes ses centrales nucléaires d’ici 2022, et ses centrales au charbon d’ici 2038. Elle perdra alors 43 % de sa production pilotable (donc garantie) par rapport à 2019. Cette politique en faveur des énergies renouvelables intermittentes, principalement l’énergie éolienne et l’énergie solaire, provoque une flambée des prix de l’électricité et un encombrement du réseau électrique lorsqu’il y a du vent et du soleil.

Le prix de l’électricité en Allemagne est déjà 45 % supérieur à la moyenne européenne pour les particuliers, et deux fois supérieurs à celui de la France. Les taxes « vertes » représentent désormais 54 % du prix de l’électricité pour les ménages. L’Allemagne a émis (en 2018) 15 % de plus de CO2 (866 millions de tonnes) que son objectif prévu en 2020 (750 millions de tonnes). Actuellement, elle n’a atteint que 39 % de sa prévision de réduction de consommation d’énergie primaire…

 

La Norvège espère atteindre la neutralité carbone dès 2030. Il lui faudra réduire de 35MT de C02 ses émissions d’ici 2035. Par contre, les coupes de forêt ont atteint un niveau record en 2018, compte tenu de la demande de papier pour remplacer le plastique. Cela limite l’absorption de CO2 par les forêts et pose un vrai problème…

 

L’écologie politico idéologique doit cesser

 

Des transformations sociétales et économiques majeures doivent avoir lieu au cours de la prochaine décennie pour compenser l’inaction du passé écrivent les auteurs du dernier rapport de l’ONU. Pour aller dans cette direction il faut cesser de pratiquer l’écologie politique idéologique incarnée notamment par Naomie Klein dans son livre « Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique » Elle défend que le climat et le capitalisme se mènent une guerre dont il n’y aura qu’un seul survivant. D’après elle c’est le capitalisme qui est responsable du changement climatique. Il faut donc en priorité selon elle abattre le capitalisme ! L’essayiste Naomi Klein propose de revenir à la consommation telle qu’elle était au début des années 1970, ce qui se traduirait par une chute de 50% du pouvoir d’achat en moyenne…

 

Les économistes doivent avoir le courage de dire que cela aura un coût. Ce qui est sûr c’est que plus on attend plus cela coutera cher pour arriver à l’objectif de la neutralité carbone.

Les politiques n’ont pas eu le courage d’expliquer un certain nombre de choses comme la nécessité d’instaurer une taxe carbone. Chaque fois qu’on fait une réforme on doit faire attention à une éventuelle compensation des plus défavorisés. Il faut des critères, des mesures, des agences de notation fiables dans des domaines non financiers pour que l’on soit sûr que quand quelque chose est présenté comme vert c’est effectivement vert.

 

Le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC ) est une boite noire qui fixe les normes en matière de climatologie. Il dépend de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). On ne peut pas dire que les six rapports produits jusqu’à maintenant aient permis de faire avancer le sujet…

 

L’univers d’investissement des sociétés concernées

 

Le label Investissement Socialement Responsable (ISR) a été  décerné à 59 sociétés de gestion qui gèrent 321 fonds d’investissement pour un encours de 121Md€. Leur univers d’investissement est concentré sur des sociétés qui ont une stratégie pour réduire leur empreinte carbone. Les sociétés que l’on retrouve le plus souvent appartiennent à plusieurs secteurs :

 

1/ Les producteurs d’énergie

 

ERG est un opérateur italien produisant de l’énergie à partir de l’éolien (61%), de l’hydroélectrique (18%) du gaz naturel (16%) et du solaire (5%). Rendement de 4,1%

 

Energias de Portugal (EDP) est un des grands acteurs mondiaux de l’éolien

 

Vestas qui est une entreprise danoise spécialisée dans l’énergie éolienne

 

Siemens Gamesa est une société basée en Espagne spécialisée dans l’énergie éolienne

 

Neste est le leader mondial finlandais du carburant renouvelable. Il a lancé son produit Neste MY Renewable Diesel sur le marché suédois. Destiné aux secteurs des transports, ce biodiesel est élaboré à partir de 100 % de matières premières renouvelables, à savoir des résidus de graisses animales, des huiles végétales usagées, etc. En ce qui concerne les performances, Neste MY Renewable Diesel permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90 % comparé au diesel traditionnel.

 

Scatec Solar est une société norvégienne qui construit développe et opére mondialement des installations solaires photovoltaiques.

 

NEL est une société norvégienne spécialisée dans les solutions de production stockage et distribution d’hydrogène à base d’énergie 100% renouvelable.

 

Goldwind est une société chinoise spécialisée dans l’énergie éolienne.

 

Innergex est une société canadienne qui se concentre sur l’énergie éolienne et solaire

 

Albioma est une société française spécialisée dans la biomasse et le solaire

 

Erex est une société japonaise spécialisée dans la biomasse

 

2/ Le recyclage

 

Tomra Systems est le leader mondial des machines à collecter les emballages usagés et à trier

 

Biffa est une société britannique spécialisée dans le traitement des déchets.

 

3/ Les équipementiers

 

Interxion est le leader européen des infrastructures d’interconnection avec 50 data centers dans 13 villes d’Europe

 

Knorr-Bremse est le leader mondial des systèmes de freinage ferroviaire avec 50% de part de marché.

 

DS Smith est une société britannique. Elle le leader européen de l’emballage en carton ondulé

 

AcuityBrands est une société américaine dédiée aux systèmes d’éclairage LED

 

Johnson Matthey est une société britannique. Elle est spécialisée dans la qualité de l’air, les éléments de batterie et les ressources naturelles

 

Les investisseurs qui ne souhaitent pas acheter ce type de valeurs directement peuvent bien évidemment acheter un fonds d’investissement spécialisé.

 

 

 

 


Le combat entre l’homme et l’intelligence artificielle est engagé. La bataille sera rude

 

 

Il faut tordre le cou aux idées reçues et aux fantasmes qui entourent l’Intelligence Artificielle aujourd’hui. Pour Luc Julia qui est à l’origine de l’assistant vocal Siri d’Apple, tout est parti d’un immense malentendu qui date de 1956, lors de la conférence de Dartmouth. John McCarthy avait convaincu ses collègues d’employer l’expression ” intelligence artificielle ” pour décrire une discipline qui n’avait rien à voir avec l’intelligence. Selon Luc Julia dans « L’intelligence artificielle n’existe pas », tous les fantasmes et les fausses idées dont on nous abreuve aujourd’hui sur le sujet découlent de cette appellation malheureuse. Voila un tour d’horizon rapide des principaux livres abordant le sujet.

 

Les machines dépasseront l’intelligence humaine. Elles apprennent déjà à apprendre. Bientôt ce sera le combat entre l’homme et de la machine. S’ imaginer que l’Intelligence Artificielle est une mode serait une grave erreur. Pour Laurent Alexandre, Il n’y a pas de retour en arrière possible. Dans «La guerre des intelligences » il nous explique que l’être humain aura deux choix: l’eugénisme biologique ou la neuro-augmentation électronique. Il faudra réinventer totalement notre système éducatif. En matière de santé, le type de choix auquel nous serons confrontés sera de l’ordre : préférerons nous confier notre enfant leucémique au professeur Lambda avec 49% de chances de guérison ou le confier à Baidu ou Google avec 89% de chances de guérison ?

 

Seuls survivront les humains métissés à des ordinateurs ayant reçu des implants d’intelligence artificielle. Jean Gabriel Ganascia, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie dans « Le mythe de la singularité. Faut il craindre l’intelligence artificielle », réfléchit sur l’intelligence artificielle et notamment la prophétie du métissage de l’homme et de la machine. Cette anticipation est partagée notamment par Bill Gates et Elon Musk.

 

Les ruptures ne sont pas des projections du passé mais des choses auxquelles on n’avait pas du tout pensé rappelle Gérard Berry dans « L’hyperpuissance de l’informatique ». Professeur au Collège de France où il tient la chaire “Algorithmes, machines et langages” il explique que dans sa grande vision, l’éducation nationale a pris la décision de supprimer l’enseignement de la programmation en 1997 !

 

Heureusement les algorithmes ne produisent pas encore de l’intelligence cognitive

 

La prolifération des algorithmes dans nos vies nous expose dès aujourd’hui à une dépossession de nous-mêmes au profit de grandes firmes. Au départ il s’agissait de donner à l’ordinateur des facultés qui répliquaient l’intelligence humaine. En voulant nous faciliter la vie, l’Intelligence Artificielle nous prive peu à peu de nos compétences. On a rendu de générations d’enfants hyperactifs incapables de se concentrer avec des séquelles sur le plan intellectuel parce qu’on les a abreuvés d’écrans. Pour Marie David dans « Intelligence artificielle, la nouvelle barbarie », Laurent Alexandre extrapole trop vite en imaginant que l’Intelligence Artificielle va devenir rapidement meilleure que l’homme.

 

Le fantasme de la machine qui sait tout a donc de beaux jours devant lui, même si les progrès de l’Intelligence Artificielle posent avec toujours plus d’acuité la lancinante question de savoir si une véritable intelligence peut être produite par des circuits de silicium.  Jean Louis Dessalles dans « Des intelligences très artificielles » observe que les mystérieux algorithmes de nos ordinateurs sont champions du monde d’échecs et de go, ils vont conduire nos voitures, traduire automatiquement en n’importe quelle langue, voire imiter nos modes de raisonnement. Hélas, ils ne savent même pas qu’ils sont intelligents. Pour le dire plus clairement, ils ne savent rien. Tout ce que peuvent manifester les ordinateurs dotés des techniques les plus récentes d’IA est une intelligence qui ne comprend rien – du réflexe sans réflexion. Certains de nos mécanismes cognitifs, patiemment mis au point par l’évolution biologique, comme la recherche de la simplification et de la structure des phénomènes, sont encore hors de portée des machines, contraintes d’approcher au plus près de nos modes de raisonnement sans jamais les reproduire vraiment

 

Les effets de l’intelligence artificielle ne devraient pas être différents des précédentes révolutions technologiques. La vitesse de changement ne sera pas aussi rapide qu’on ne le pense. Telle est la position de Robert Bootle est chairman de Capital Economics dans son dernier livre non traduit en français « The Artificial Intelligence economy Wealth and Welfare in the Robot Age »

 

L’idéologie des data est une menace pour les libertés

 

Une idéologie des data est née et pourrait à l’avenir se révéler aussi funeste que les totalitarismes du XXème siècle. Pour Chantal Delsol dans « L’idôlatrie des data ou la fin de la liberté », la vraie réalité derrière les fausses croyance n’est plus la lutte des classes ou l’inconscient mais l’algorithme biochimique

 

Internet a été repris en main par des multinationales et par les Etats Unis qui en ont fait le plus puissant outil de contrôle des populations de “servitude volontaire”.  Selon Félix Tréguer dans « L’utopie déchue. Une contre histoire d’internet XVème-XXIème siècle », la grande erreur est d’avoir bu les paroles des futurologues américains issus de la contre culture et reconvertis sans vergogne dans les affaires. Ray Kurzweil est d’ailleurs décrit par certains comme l’ultime machine à penser. Bill Gates l’a désigné comme “le meilleur que je connaisse pour prédire le futur de l’intelligence artificielle”. D’après Caroline Daniel dans « Ray Kurzweil »,  il est l’un des plus grands bonimenteurs de l’époque et un dingue narcissique obsédé de longévité

 

Les entrepreneurs de la technologie chinoise n’ont pas l’hypocrisie des Américains Ils savent ce à quoi servent leurs innovations en terme de contrôle des populations  Des systèmes d’Intelligence Artificielle pourraient nous prodiguer des informations suffisamment puissantes et utiles pour que nous soyons convaincus qu’il est de notre intérêt de nous laisser guider. Gaspard Koenig, dans le « Figaro Magazine » a acquis la conviction que l’Europe devait bâtir une alternative numérique à l’utilitarisme américain et au collectivisme chinois. Pour redonner un sens à l’Intelligence Artificielle chacun devrait pouvoir décider par avance des normes qu’il souhaite imposer aux algorithme qui le gouvernent

 

L’Occident pense que les entreprises technologiques chinoises vont dépasser la Silicon Valley car elles savent mieux imiter et voler les idées de l’Occident. Les gouvernements doivent prendre l’automatisation très au sérieux…L’intelligence artificielle va faire disparaitre de nombreux métiers (guichetiers, téléconseillers …). Il faut privilégier la créativité et la compassion. C’est la capacité de s’identifier à d’autres personnes qui est primordiale (nurses, enseignants, travailleurs sociaux…). Pour Lee Kai-Fu dans « Artificial Intelligence Superpowers » les gouvernements doivent faire le maximum pour accroitre les emplois dans les secteurs des services. Les humains doivent se concentrer sur ce qu’ils font de mieux: s’occuper de leurs semblables…

 

Le retour de la race humaine est attendu…

 

Après la récente vague de livres sur l’apparition des robots, Thomas Davenport dans «Seul le besoin humain s’applique: Des gagnants et des perdants à l’ère des machines intelligentes» lance un  appel à l’action pour les travailleurs en chair et en os en soulignant les possibilités de collaboration avec les  nouvelles technologies. La propagation de l’informatique cognitive et de l’intelligence artificielle menacera bien évidemment l’emploi mais les humains peuvent relever et tirer profit de ce défi…

 

L’économie numérique va remodeler le capitalisme. L’accès aux choses va devenir plus important que leur possession. Les logiciels open source, le partage, les réseaux sociaux sont une forme de socialisme. Pour  Kevin Kelly dans « Acheter de l’intelligence artificielle comme de l’électricité », nous sommes surveillés de façon asymétrique. Il faut aller vers la “coveillance”, surveiller ceux qui nous surveillent.  Pour le moment on voit surtout l’avenir comme une dystopie, car il est plus facile d’imaginer un futur catastrophique…