Livres sur la technologie qu’il faudrait avoir lus pour voir le monde tel qu’il est…

  S.O.S

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Nous sommes entrés dans le capitalisme de surveillance. L’industrie numérique prospère grâce à un principe presque enfantin qui consiste pour les GAFA à extraire les données personnelles des téléphones et ordinateurs que nous utilisons, pour vendre aux annonceurs des prédictions sur nos comportements. Mais, pour que les profits croissent, le pronostic doit devenir une quasi certitude. Pour cela, l’objectif n’est plus simplement de prévoir, mais de modifier à grande échelle les conduites humaines. Soshana Zubbof dans « The age of surveillance capitalism. The Fight for a Human Future at the New Frontier of Power” pense que l’économie numérique profite actuellement d’un vide juridique pour utiliser nos données à des fins commerciales. C’est une situation qui réclame selon elle des décisions urgentes qui vont bien au delà du vieux réflexe de la taxe qui est totalement dépassé.

Demain au lieu de s’appuyer sur l’expérience et l’intuition, les décisions seront prises très majoritairement de façon numérique prédisent des chercheurs. C’est la raison pour laquelle Jacques Séguala dans « Le diable s’habille en GAFA » rappelle que la vraie créativité est toujours une rupture. Or pour une machine qui gère des algorithmes toute rupture est une panne. Pour lui nous sommes donc très mal partis…

 

Le nouveau siècle va devenir a-humain car il n’aura plus besoin des gens. Pierre Bellanger  a développé cette idée dans son livre « La souveraineté numérique » Les élites économiques vont de plus en plus se passer du peuple devenu inutile. La mondialisation a dévasté nos classes populaires. L’Internet va dévorer nos classes moyennes. La grande dépression que nous connaissons depuis cinq ans ne sont qu’un modeste épisode en comparaison du cataclysme qui s’annonce. La France et l’Europe n’ont aucune maîtrise sur cette révolution. L’Internet et ses services sont contrôlés par les Américains. L’Internet siphonne nos emplois, nos données, nos vies privées, notre propriété intellectuelle, notre prospérité, notre fiscalité, notre souveraineté. Nous allons donc subir ce bouleversement qui mettra un terme à notre modèle social et économique.

 

La cyberguerre doit être prise très au sérieux

 

Les acteurs de la cyberguerre mènent une guerre mondiale. Gilles Fontaine dans son livre «  Dans le cyberspace, personne ne vous entend crier » dresse la liste des organisations les plus actives: Internet Research Agency en Russie est spécialisée sur la désinformation; L’Unité 61398 en Chine consacre l’essentiel de son temps au  cyberespionnage; Lazarus en Corée du Nord vise les attaques à but financier; Le Mabna en Iran pirate  méthodiquement les universités et centres de recherche de 22 pays; L’Unité 8200 en Israël se consacre à la cyberguerre sur tous les fronts; Les « scammers » au Nigéria se concentrent sur l’arnaque en ligne; Les hackers au Brésil s’occupent des banques; L’EkoParty en Argentine est actif sur le darkweb. Mais c’est la NSA aux USA qui possède la plus forte capacité intrusive du monde; Quant à la DGSI en France, elle  a mis au point « Babar » une plateforme dont l’objectif est de faire de l’espionnage…

 

La cyberguerre c’est comme un match de foot où tous les fans sont sur le terrain avec vous mais personne ne porte de maillot. Jean Louis Gergorin dans son livre « Cyber. La guerre permanente » décrit les techniques de hameçonnage et de harponnage qui pullulent à des fins de rançon. Les manipulations, vols de données afin de détruire des infrastructures se multiplient…

 

L’intelligence artificielle ne sait pas encore imiter nos mécanismes cognitifs

 

Face à la grande peur créée par le déploiement de l’intelligence artificielle et la robotisation des emplois Nicolas Colin énonce les conditions d’un retour à une société où la protection sociale suivrait les individus au long de leurs parcours chaotiques . Dans son livre « Hedge a geater safety net for the entrepreneurial age”, il explique que la sécurité sociale du futur sera bâtie autour de données collectées en permanence, ce qui permettra une protection sociale bien plus efficace et personnalisée…

 

Il faut tordre le cou aux idées reçues et aux fantasmes qui entourent l’IA. ” D’après Luc Julia qui est à l’origine  de l’assistant vocal Siri d’Apple, tout est parti en 1956 d’un immense malentendu, lors d’une conférence à Dartmouth où John McCarthy a convaincu ses collègues d’employer l’expression ” intelligence artificielle ” pour décrire une discipline qui n’avait rien à voir avec l’intelligence. Selon Luc Julia  dans « L’intelligence artificielle n’existe pas »  tous les fantasmes et les fausses idées dont on nous abreuve aujourd’hui découlent de cette appellation malheureuse…

 

Le fantasme de la machine qui sait tout a donc de beaux jours devant lui, même si les progrès de l’IA posent avec toujours plus d’acuité la lancinante question de savoir si une véritable intelligence peut être produite par des circuits de silicium. Jean Louis Dessalles dans  « Des intelligences très artificielles » pense que non. Les mystérieux algorithmes de nos ordinateurs sont déjà champions du monde d’échecs et de go, sont déjà capables de conduire nos voitures et traduire tout texte automatiquement en n’importe quelle langue.  Ils savent aussi imiter nos modes de raisonnement mais ignorent qu’ils sont intelligents. Pour le dire plus clairement, ils ne savent rien. Tout ce que peuvent manifester les ordinateurs dotés des techniques les plus récentes d’IA est une intelligence qui ne comprend rien – du réflexe sans réflexion. Certains de nos mécanismes cognitifs, patiemment mis au point par l’évolution biologique, comme la recherche de la simplification et de la structure des phénomènes, sont encore hors de portée des machines, contraintes d’approcher au plus près de nos modes de raisonnement sans jamais les reproduire vraiment…

 

L’Occident pense que les entreprises technologiques chinoises vont dépasser la Silicon Valley car elles savent mieux imiter et voler les idées… Les gouvernements doivent prendre l’automatisation très au sérieux . Pour Lee Kai Fu dans « Artificial Intelligence Superpowers » l’intelligence artificielle va faire disparaitre de nombreux métiers (guichetiers, téléconseillers…)  Il faut donc privilégier la créativité et la compassion. C’est la capacité de s’identifier à d’autres personnes (nurses, enseignants, travailleurs sociaux…). Pour lui, les gouvernements doivent faire le maximum pour accroitre les emplois dans les secteurs des services. Les hommes doivent eux se concentrer sur ce qu’ils font de mieux: s’occuper de leurs semblables…

 

 


La seule Union Européenne viable, c’est l’Europe des Nations

Contrairement à l’esprit du Traité de Rome, une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants, prend des décisions au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat. L’Europe conçue par ces technocrates et consacrée à Maastricht n’est ni libre ni juste. Philippe Séguin dans « Discours pour la France »expliquait à l’Assemblée Nationale dans la nuit du 5 au 6 mai 1992, dans le cadre du débat consacré au projet de loi de révision constitutionnelle préalable à la ratification des accords de Maastricht que l’Europe enterrait la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution. Selon lui, la citoyenneté ne se décrétait pas et ne relevait ni de la loi, ni du traité. Pour qu’il y ait une citoyenneté européenne, il faudrait qu’il y ait une Nation européenne. Mais on ne peut pas décréter une nation, fût-elle européenne, par traité.”

 

Le modèle multiculturel a été imposé en Europepar des gens plus ou moins hostiles à l’identité traditionnelle de leurs pays respectifs. Ce qu’ils présentent comme un accueil généreux aux nouveaux arrivés est devenu le plus souvent, un rejet de leur propre héritage. C’est pour cette raison que tous ceux qui résistent sont dénoncés comme racistes et xénophobes une excellente façon de les exclure du débat. Il a fallu attendre aujourd’hui pour que certains hommes politiques soient prêts à dire que la tolérance que nous avons voulu étendre aux musulmans n’a pas de contrepartie et que ceux qui en profitent, les prêcheurs dans les mosquées, ne sont tolérants en rien. Pourtant, selon le philosophe anglais Roger Scruton, dans« La seule Union Européenne, c’est l’Europe des Nations »,on ne peut toujours pas parler ouvertement de l’islam et de ses effets sans risquer d’être accusé immédiatement d’islamophobie, maladie étrange qui s’est diffusée inexplicablement dans tous les pays de l’Europe de l’Ouest.

 

Il faut absolument prendre en compte l’identité nationale dans les sociétés en crise. Le nationalisme n’est pas l’ennemi de la démocratie. Il y a au contraire un besoin naturel d’identité dans les sociétés minées par les communautarismes et menacées par la globalisation. Selon Pierre André Taguieff  dans « La revanche du nationalisme », la haine du blanc, du Français, de l’Européen, de l’Occidental, du juif ou du chrétien constitue maintenant un amalgame indifférencié que les communautaristes souhaitent combattre.

 

La fragmentation sociale  actuelle de la France,montre combien s’est affaibli le socle commun des références et des valeurs dans notre pays. Entre sécession des élites,  autonomisation des catégories populaires, instauration d’une société multiculturelle, un bouleversement anthropologique est à l’oeuvre. C’est ce que décrit très bien Jérôme Fourquet analyste politique, expert en  géographie électorale dans « L’archipel français : naissance d’une nation multiple et divisée ».

 

La nation française doit être revalorisée et réappropriée par tous les français. Accusée de nombreux maux, haïe par les djihadistes, abandonnée par la gauche, Après le séisme des régionales et en pleine vague de terreur islamiste, Frédéric Encel  dans « Géopolitique de la nation France »offrait en  2016 des repères aux citoyens, de droite comme de gauche, qui s’interrogeaient sur le sens et l’avenir d’une nation sévèrement ébranlée.

 

La nouveauté est que le mouvement nationaliste ne touche plus seulement des minoritésopprimées mais des régions riches comme la Catalogne, la Padanie, la Flandre, la Bavière. Elles refusent de payer pour des autres régions plus pauvres. Pour Laurent Daveziesdans « Le nouvel égoïsme territorial. Le grand malaise des nations », le détricotage des solidarités est une des plus graves menaces qui pèsent aujourd’hui sur la démocratie. Le danger est d’autant plus grand que l’on compte aujourd’hui plus de 300 mouvements nationalistes dans le monde dont 40% en Europe.

 

L’État-nation apparaît pourtant mal adapté à l’intégration économique mondiale.

 

Les eurosceptiques, qui revendiquent l’héritage de l’Etat-Nationet affirment sa pérennité, redoutent en même temps l’ouverture des frontières et appellent au refus de la mondialisation des échangesProduit de la centralisation monarchique et des révolutions modernes,

Les eurolibéraux, se satisfont d’une Europe du Grand marché, n’ont que faire des structures politiques et se moquent des malheurs de nos Etats nationaux.

Les fédéralistes, qui revendiquent à la fois l’ouverture des frontières et la formation d’un espace politique intégré à l’échelle européenne, fondent leur position sur la nécessité d’élever le pouvoir politique à la hauteur de la puissance nouvelle de l’économie afin de lui faire contrepoids.

Jürgen Habermasest de ceux-là, refusant tout à la fois le passéisme des premiers et l’aveuglement des seconds. Dans son livre « Après l’Etat-Nation. Une nouvelle constellation politique »il va plus loin. Proche de ceux qui militent en faveur d’une démocratie cosmopolitique, il réfléchit aux conditions pour mettre en oeuvre une régulation mondiale.

 

Est ce que l’Union Européenne constitue un retour au Saint-Empire Romain Germanique, vaste ensemble qui au Moyen Age avait pour centre l’Allemagne autour de laquelle étaient groupés des territoires italiens, francophones, flamands et slaves. Le roi d’Allemagne se prétendait le chef séculier de l’Europe Occidentale. Pour Jean Louis Harouelauteur de

« Revenir à la nation »,  il est injuste d’accuser les allemands. Ils ne voulaient pas d’intégration monétaire avant d’avoir réalisé l’harmonisation économique et budgétaire. Ce sont les dirigeants français de l’époque qui ont insisté….

 

Il faut adapter l’Etat-Nation à la nouvelle souveraineté numérique

 

La pensée unique a pris les apparences d’une société libre et démocratiquemais en fait elle exerce une véritable tyrannie. Pour Laurent Obertonedans « La France Big Brother. Enquête sur le conditionnement d’une nation »elle s’organise à partir d’une pyramide dont les divers degrés sont le gouvernement, l’administration, les médias, les multimédias, les experts de toutes les chapelles, et les idéologues.

 

Jusqu’où ira la toute puissance des GAFAdans l’accès et l’exploitation de nos données personnelles. Le confort de la servitude volontaire a un prix. Un nouvel ecosystème se met en place où s’affrontent les “cercles” de la souveraineté des citoyens, des états et des entreprises. Pour Farid Guehamdans « Vers la souveraineté numérique »un nouveau système est en train d’émerger.

 

Les GAFA veulent dépouiller les états de leurs prérogativesen privatisant leurs moyens d’intervention. Elles profitent des chocs provoqués par les crises dont elles sont responsables. Les usurpateurs sont camouflés en représentants de la société civile. Lobbyistes au service d’une entreprise ou d’un secteur industriel, PDG de transnationales dont le chiffre d’affaires est supérieur au PIB de plusieurs des pays dans lesquels elles sont implantées, instances quasi-étatiques dont les réseaux tentaculaires se déploient bien au-delà des frontières nationales : toute une cohorte d’individus —qui n’ont pas été élus, ne rendent de comptes à personne et ont pour seul objectif d’amasser des bénéfices– est en train de prendre le pouvoir et d’orienter en leur faveur des décisions politiques majeures, qu’il s’agisse de santé publique, d’agroalimentaire, d’impôts, de finance ou de commerce. Pour Susan Georgefranco-américaine, présidente d’honneur d’Attac-France, dans « Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir »Ces entreprises ne s’embarrassent guère de l’intérêt public et du bien commun. Il est grand temps de les arrêter…

 

L’économie numérique va remodeler le capitalisme. L’accès aux choses va devenir plus important que leur possession. Les logiciels open source, le partage, les réseaux sociaux sont une forme de socialisme. Selon Kevin Kellydans « Acheter de l’intelligence artificielle comme de l’électricité » nous sommes surveillés de façon asymétrique. Il faut aller vers la “coveillance”, surveiller ceux qui nous surveillent et surtout cesser de voir systématiquement l’avenir comme une dystopie, car il est plus facile d’imaginer un futur catastrophique…

 

Les GAFA ‘Google,Amazon,  Facebook,Apple) sont les acteurs du monde de demaindans les robots, le big data, les MOOC, l’homme bionique. Ces sociétés et leurs satellites ont tendance à penser qu’elles sont mieux placées que les Etats désargentés pour faire le bien de l’humanité. Dominique Noradans « Lettres à mes parents sur le monde de demain » décrit très bien les paradis techno offshore, les steaks de synthèse, les robots, les thérapies géniques et les laboratoires californiens où s’invente l’avenir de l’humanité…

 

L’industrie numérique prospère grâce à un principe presque enfantin :extraire les données personnelles et vendre aux annonceurs des prédictions sur le comportement des utilisateurs. Mais, pour que les profits croissent, le pronostic doit se changer en certitude. Pour cela, il ne suffit plus de prévoir : il s’agit désormais de modifier à grande échelle les conduites humaines. L’économie numérique profite d’un vide juridique pour utiliser nos biais cognitifs à des fins commerciales. Soshana Zubboff dans « The age of surveillance capitalism. The Fight for a Human Future at the New Frontier of Power” pense que face à cette nouvelle logique économique le vieux réflexe de la taxe est dépassé.

 

La société hyper-industrielle est l’interpénétration de trois universque sont l’industrie, les services et le numérique. Pierre Veltzqui a dirigé l’établissement Paris Saclay où se trouve l’Ecole Polytechnique, pense que l’objectif des plateformes comme Uber n’est pas de remplacer les taxis traditionnels mais d’offrir une alternative à la possession d’une voiture. Dans son livre « La société hyper-industrielle, le nouveau capitalisme productif »il faut refuser la segmentation si l’on veut comprendre le nouveau capitalisme productif. Dans ce nouveau monde la France et l’Europe ont selon lui des atouts exceptionnels. Espérons…

 

 


Le scénario de l’alignement des planètes est désormais en surmutipliée

Le marché haussier actuel pourrait se poursuivre encore pendant un an ou deux. Telle est l’opinion de certains stratégistes. Fin 2017, une série de risques pouvait menacer le scénario de l’alignement des planètes résultant d’une croissance mondiale soutenue accompagnée par une faible inflation. En 2018, quatre des dix problèmes potentiels avaient décru en intensité. À la fin de l’année, tous ces risques avaient nettement diminué. Cela résulte selon eux d’une incompréhension de l’environnement post-crise, comme en témoignent tous les commentaires excessifs sur la «stagnation séculaire» et sur une «nouvelle normalité» de croissance mondiale plus faible.

 

Le scénario de l’alignement des planètes est pourtant passé en surmutipliée.  Les prix des actifs sont déterminés par l’interaction de l’activité économique et de l’inflation. Si nous vivons maintenant dans un monde de croissance modeste (mais positive), d’inflation faible (mais positive) et de taux d’intérêt faibles (voire négatifs), cet environnement est en effet extrêmement favorable pour la plupart des prix des actifs. Dès lors, les investisseurs ont-ils raison de tirer parti de l’expérience de ces dernières années et de la projeter encore dans le futur ? La combinaison de banques centrales pratiquant une politique monétaire extrêmement accommodantes et d’une baisse de l’inflation est-elle aussi durable que les investisseurs semblent le croire aujourd’hui? Au cours du premier trimestre, un rebond marqué a eu lieu dans presque toutes les classes d’actifs: actions, obligations de sociétés et matières premières. Un résultat aussi agréable a peu de chances de durer. Compte tenu de la politique des banques centrales, les investisseurs pensent qu’ils ne doivent pas s’inquiéter sur la croissance et sur la réduction des liquidités. Ils ne croient en effet plus aux risques d’inflation.

 

Une baisse du pétrole semble désormais peu probable. Les États-Unis menacent d’appliquer pleinement leur interdiction d’exporter le pétrole iranien, ce qui entraînerait une perte de 1,3 million de bpj sur le marché mondial du pétrole. Comme l’interdiction pourrait s’appliquer aussi aux exportations vénézuéliennes, Donald Trump appelle les pays du Golfe à combler le déficit d’approvisionnement. Il serait donc logique que le reste de l’OPEP augmente désormais sa production. Mais si une hausse du prix du pétrole importante se produit, cela augmenterait les anticipations d’inflation, menaçant l’environnement actuel pour les investisseurs. L’objectif de prix du président des Etats Unis semble se situer autour de 2,50 USD le gallon pour l’essence américaine. Le prix du pétrole devrait donc rester contenu avec un Brent se situant dans une fourchette approximative de 65 à 75 USD / b.

 

Tout retour de l’inflation aux États-Unis doit être surveillé de près

 

En ce qui concerne l’inflation, la situation pourrait rapidement changeret les investisseurs devraient être prêts à agir.  La Fed a trois mandats, mais le contrôle des prix est la plus importante de ses missions. La Fed a changé de stratégie en décembre dernier en raison de l’évolution des anticipations d’inflation. Actuellement, il est peu probable que la Fed change de cap. Les marchés d’actifs ont fortement progressé du fait de la faiblesse de la Fed, mais, les États-Unis ayant presque atteint leur potentiel de croissance, les prévisions inflationnistes à la hausse pourraient entraîner une hausse des rendements obligataires. Les obligations longues ont donc peu de chances de surperformer. Les liquidités et quasi-liquidités se porteront bien si les anticipations d’inflation augmentent.

Les marchés boursier et obligataire américains semblent vulnérables du point de vue de la valorisation. Certains modèles d’évaluation du marché obligataire américain suggèrent que les rendements des obligations américaines à 10 ans sont trop bas de 31 points de base. Le marché actions est aussi surévalué si l’on utilise le niveau de rendement obligataire qu’il faudrait retenir. Depuis le milieu des années 80, les marchés boursiers et obligataires américains sont surévalués simultanément pour la quatrième fois, ce qui devrait inciter les investisseurs à se protéger avec des liquidités en dollars américains et des obligations à court terme.

 

Les déficits américains se sont considérablement accrus depuis 2016, malgré la vigueur de l’économie. Les dépenses obligatoires et les paiements d’intérêts dépasseront les recettes prévues du gouvernement américain vers 2030. Les décideurs américains doivent faire face à une gamme de choix courageux adaptés à une situation budgétaire difficile. Le manque de volonté d’accepter des choix difficiles explique l’intérêt actuel pour la «Théorie monétaire moderne».  Malheureusement l’économiste français Jacques Rueff qui est peu lu aujourd’hui aimait beaucoup expliquer que l’inflation consistait à financer «des dépenses qui ne rapportent rien avec de la monnaie qui n’existe pas»…

 

En Chine, les rendements obligataires pourraient encore chuter

 

Les rendements des obligations chinoises ont chuté au cours des douze derniers mois, la politique monétaire de la Banque Populaire de Chine  ayant été assouplie. Les flux étrangers sur le marché obligataire chinois ont été substantiels. La reprise de la croissance du crédit indique généralement des rendements obligataires plus élevés, mais le décalage dans le temps est difficile à prévoir. Les rendements obligataires pourraient encore baisser de 20 pb, mais probablement pas beaucoup plus loin.

 

La Banque Populaire de Chine a récemment indiqué un changement d’approcheen atténuant ses critiques sur le système bancaire parallèle. Après que la Chine ait fait pression sur la Réserve Fédérale pour éviter une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif en 2010, la Banque populaire de Chine a été contrainte de resserrer sa politique. Au cours de la période 2010-2013, les politiques d’assouplissement quantitatif de la Fed ont été concomitantes avec le début de la révolution du pétrole de schiste et du resserrement de la politique monétaire chinoise. Aujourd’hui, les prix du pétrole grimpent en flèche ce qui constitue un environnement très différent.

 

Un accord commercial rapide entre les États-Unis et la Chine tiendra compte des succès remportés par le président Trump au cours des dernières semaines. Ces victoires peuvent le rendre moins enclin à faire des compromis. Il est étonnant qu’il ait révélé une grosse commande d’avions Airbus à ce moment là. C’est une façon pour la Chine d’envoyer des messages aux négociateurs américains.

 

L’économie de la zone euro s’est montrée relativement résistante

 

Les investisseurs dans les actions de la zone eurosemblent anticiper une reprise de la demande à l’exportation qui pourrait ne pas se concrétiser. L’Europe est devenue encore plus dépendante des exportations en tant que source de la demande. En ce moment, l’économie chinoise se stabilise et ne rebondit pas comme après les autres ralentissements récents. De même, il est peu probable que le Royaume-Uni trouve rapidement un moyen de sortir de ses problèmes avec le Brexit, ce qui signifie que l’on ne peut pas compter sur lui pour créer une nouvelle demande. Les exportations de la zone euro vers la Turquie ont baissé et le meilleur que l’on puisse attendre pour le reste de l’année est une stabilisation.

 

L’affaiblissement économique mondial synchronisé semble s’être atténuéen raison de l’application des mesures de relance. Si on examine l’Europe sous un angle différent on constate qu’ une guerre commerciale pourra probablement être évitée. La vaste économie de la zone euro s’est montrée jusqu’à maintenant relativement résistante. La BCE a réagi rapidement, ce qui change radicalement des pratiques du passé. Les salaires réels dans la zone euro devraient augmenter parallèlement à la baisse de la pression inflationniste. Le risque politique enfin ne semble pas devoir être un facteur décisif sur les marchés de la zone euro en 2019.

 

Les réformes fiscales allemandes des années 2000 ont découragé les investissementsdu secteur privé, tandis que les investissements publics ont été insuffisants. Les entreprises allemandes n’ont pas suivi le rythme des investissements dans les nouvelles technologies. C’est pourquoi une augmentation des investissements dans les infrastructures et une réforme financière pourraient aider, mais Berlin préfère rembourser ses dettes et essayer de promouvoir des champions nationaux. Il y a à peine 15 ans, l’Allemagne était toujours l’homme malade d’Europe. L’évolution favorable du marché de l’emploi a entraîné une forte augmentation de la compétitivité de l’Allemagne. Des réformes dans d’autres domaines sont maintenant nécessaires parce que les réserves de nouveaux travailleurs potentiels sont presque épuisées et que les salaires augmentent à nouveau en termes réels avec une croissance plus rapide que celle de la productivité.

 

Le Royaume-Uni se retrouve avec un Brexit souple basé sur une série d’arrangements temporaires sans fin…

 

La logique d’une longue extension du Brexitdevra prendre en compte ces deux points importants : 1 / les États membres de l’UE ont déjà signifié qu’ils rejetaient le « No Deal » en tant qu’approche fondamentale 2 / la possibilité que Theresa May ne tienne pas compte de la volonté exprimée par le Parlement britannique doit être considérée comme faible. Il est probable que le Royaume-Uni se retrouvera dans une situation de Brexit souple reposant sur une série d’arrangements temporaires similaires à ceux conclus par la Norvège et la Suisse. Lorsque les électeurs britanniques se rendront compte de l’ampleur du compromis qu’implique le Brexit, il y a également de fortes chances qu’ils renversent le Brexit. Les économies de l’UE devraient être alors les grands gagnants de tout ce  psychodrame. Si le Royaume-Uni se retire du Brexit, cela enverra aussi un signal puissant aux dirigeants eurosceptiques des autres pays de l’UE.

 

Pour les marchés émergents, le seul catalyseur de la croissance devrait provenir de la Chine

 

“Parmi les pays émergents, il faudrait favoriser l’Asie du Nord”.  Les pays émergents ont été soutenus par les attentes d’un dollar américain plus faible et l’espoir d’une trêve de guerre commerciale, mais le ralentissement de la croissance en dehors des États-Unis a gâché le tableau. Les monnaies des pays émergents peuvent se renforcer mais seulement s’il existe un catalyseur de croissance qui devrait provenir de la Chine, ce qui profitera aux marchés de l’Asie du Nord.

 

La Turquie est maintenant clairement incitée à suivre des politiques plus conventionnelles. Le président Erdogan risque de faire évoluer son discours. Le calendrier politique constitue pour Ankara une forte incitation à adopter des politiques minimisant la probabilité d’une nouvelle vente abrupte de la lire. D’ailleurs le contrat à terme à trois mois a récemment atteint un rendement implicite de 35%. La Turquie pourrait devenir une opportunité tactique car un tel niveau de rendement compense en grande partie les investisseurs pour le risque de change à court terme…

 

Il est difficile de voir beaucoup plus de potentiel de hausse en Inde. Le pays se dirige vers un parlement ingouvernable, le BJP de Modi étant sur le point de perdre sa majorité absolue. La part de vote ne se traduit pas par une part équivalente de sièges parlementaires. Le BJP de Modi risque de perdre la moitié de ses sièges dans le plus grand État indien, l’Uttar Pradesh.. Il y a maintenant environ 25% de chances que le BJP abandonne Modi afin de former une coalition. Avec des évaluations qui semblent tendues, il est difficile de voir beaucoup plus de potentieà ce marché.

 

Le risque de confusion après les élections est élevé en Indonésie.Le défi de Prabowo, le challenger populiste, gagne du terrain sur le président sortant Jokowi. Les actifs indonésiens ont largement surperformé au cours des six derniers mois. Les actions et les obligations en monnaie locale ont affiché un rendement d’environ 20% en dollars américains, soit plus du double des gains des marchés émergents. Prabowo combine le nationalisme économique avec des appels au vote islamique. Le risque est élevé, mais un environnement de liquidité plus favorable et des fondamentaux solides continueront de jouer en faveur de l’Indonésie.

 

À propos de secteurs, thèmes

 

Les actions du secteur de la santé ont sous-performéen dépit des prévisions de bénéfices qui ont été moins réduites que pour l’ensemble du marché. Il faut seposer la question  de savoir dans quelle mesure le ralentissement du secteur de la santé risque d’être contagieux. Il est difficile d’attribuer les problèmes de santé aux problèmes de taux d’intérêt, qui n’ont pas beaucoup augmenté et qui n’ont pas affecté des secteurs similaires comme celui de la technologie. Il se pourrait en revanche que les soins de santé réagissent à un environnement politique modifié aux États-Unis. Les investisseurs se rendent compte progressivement du risque que représentent les candidats de gauche aux États-Unis et que cet effet sera contagieux pour d’autres secteurs…

 

La phase rapide de croissance des smartphones est maintenant terminée. Les ventes de smartphones en Chine ont atteint un sommet en 2016. On assiste à la fin de la croissance pour les smartphones. Les ventes sur les marchés développés se composent maintenant presque entièrement de remplacements. La croissance des ventes de smartphones en Inde et en Afrique sera plus lente qu’en Chine. Le volume des ventes d’iPhone d’Apple incarne la maturité du secteur. Des ventes de smartphones plus faibles signifient une croissance plus lente en Asie. Les fournisseurs de composants en ressentent déjà les effets. La 5G affectera plus l’industrie que les consommateurs, du moins dans ses premières années. Les smartphones ressembleront davantage à des PC, mais les nouvelles applications offriront des opportunités intéressantes…

 

Les prix de l’énergie jouent un rôle important dans la fixation de l’inflation américaine.

En 2010, la crainte d’une hausse de l’inflation était confortée par la conviction répandue d’un supercycle des produits de base. Il ne faut pas oublier que l’énergie a des caractéristiques différentes de celles des autres matières premières. Il existe également un élément psychologique important dans les prix de l’énergie, qui diffère des prix des autres produits. L’impact du «miracle» du schiste américain doit donc être pris en compte lors de l’évaluation des tendances inflationnistes. Au cours des deux dernières décennies, la croissance de la demande de pétrole a été relativement stable. Les investissements en capital dans le secteur de l’extraction des ressources ont ralenti depuis 2012.  Les investisseurs ne sont pas positionnés si le secteur des ressources redevient une source de pression inflationniste…

 

 


Chroniques de la fin de l’augmentation des dépenses publiques

 

 

Aucun effort sérieux de réduction des dépenses publiquesn’a été entrepris en France depuis cinquante ans.  Tout l’appareil productif a été mis en France au service du financement du secteur public et des dépenses sociales dans le cadre d’un système extrêmement dispendieux de redistribution peu contrôlé et sans véritable culture d’efficacité.

 

Plusieurs organismes ont été créés en plus de la Cour des Comptes ces dernières annéespour aider les gouvernements de droite et de gauche à gérer le problème. Le Conseil National des Finances Publiques était composé de personnalités indépendantes et disposant d’experts pour porter un jugement sur les dépenses de l’Etat et de la protection sociale. Il devait être bâti sur le modèle du “Congressional Budget Office” américain. Il a été remplacé par le Haut Conseil des Finances Publiques composé de 33 membres.  Il se réunit deux fois dans l’année. On ne peut pas dire que les résultats obtenus soient très marquants.

 

La France reste championne des dépenses socialeset la diminution des dépenses publiques imposerait de revisiter toutes les fonctions de l’état qui sont toutes sans exception moins onéreuses en Allemagne que chez nous. Les dépenses d’éducation, sont mieux gérées en Allemagne. Elle parvient à payer ses enseignants 35% de plus qu’en France alors qu’ils sont plus nombreux.

Le dossier des intermittents et techniciens du spectacle, a beau être dénoncé depuis des années pour ses dérives massives. Rien ne se passe alors que ce régime est lourdement déficitaire.

La pénurie de logement n’a jamais été comblée depuis l’abbé Pierre malgré mille dispositifs, dix mille décrets, cent mille déclarations de ministres et des dépenses publiques deux à trois fois supérieures à celle des autres pays…

 

Depuis dix ans la dérive des comptes publics s’est emballée, écrivait Michel Pébereau en 2006. La France à cette date était le pays de l’Union européenne dont le taux d’endettement avait augmenté le plus vite. Cette dérive était d’autant plus préoccupante que les dépenses accumulées n’ont pas servi à renforcer notre potentiel de croissance mais ont eu pour effet de reporter nos dépenses actuelles de santé et d’indemnisation du chômage sur les générations futures. Son livre « La France face à sa dette »avait connu un bon succès.  La dette publique était de 1 138 milliards d’euros en 2005, soit 41 000 euros par ménage, soit à l’époque 45 milliards d’euros d’intérêts à rembourser chaque année, ce qui représentait l’intégralité des recettes de l’impôt sur le revenu. Aujourd’hui elle a dépassé 2300 Md€ Pour lui, si la tendance se prolongeait sans aucun changement, il devenait tout à fait possible que l’on assiste à la banqueroute de la France….

 

La dépense publique française dépasse celle des 18 autres pays de la Zone Euro de 9 points de PIB et celle de l’Allemagne de 12 points de PIB. C’est un constat sans appel que dresse Christian Saint Etiennedans « Baisser les dépenses publiques et réindustrialiser la France ».Les dépenses de retraite atteignent 14 points de PIB. Il n’y aura donc pas de baisse de la dépense publique sans réforme des retraites.  Il conviendrait selon lui de ramener les 42 régimes de retraite existants à 3 régimes destinés aux fonctionnaires, aux salariés, aux indépendants. Une réforme des retraites permettrait d’économiser 25 Md€ sur 6 ans.

 

Comment baisser la dépense publique.La feuille de route a de nombreuses fois été expliquée par Agnès Verdier-Molinié, notamment dans Valeurs Actuelles. Elle prévoit cinq étapes :  1/ Décaler l’âge de départ à la retraite à 65 ans d’ici 2028 en reportant d’un quadrimestre pour tous les salariés à partir de 2020 (=10 Md€ d’économies); 2/Aligner les modes de calcul des pensions publiques et des régimes spéciaux sur le régime général (= 2Md€ d’économies); 3/ Supprimer le supplément familial de traitement que les fonctionnaires touchent en plus de leurs allocations familiales (=plus d’1 Md€ d’économies); 4/ Augmenter le temps de travail dans les trois fonctions publiques à 1718 h par an (= 6Md€ d’économies); 5/ Fusionner toutes les allocations sous condition de ressources en une allocation sociale unique et plafonnée (= plusieurs Md€ d’économies)

 

Désormais, la dette menace notre démocratie,car celui qui ne peut plus honorer sa dette perd la liberté de disposer de lui-même. Alain Lambertdans « Déficits publics. La démocratie en danger »explique  que chaque enfant nait, en France, surendetté. Alors que sa vie commence à peine, il doit déjà près de 20 000 euros à la société. Un constat brutal, mais bien réel tant les générations précédentes ont usé et abusé des finances publiques. Un tel bilan peut sembler excessif, mais lorsqu’il émane d’Alain Lambert, ancien ministre du Budget il mérite d’être écouté. Comment en est-on arrive la ? A qui la faute ? A la droite, a la gauche ? Aux politiciens ou aux administrations ? Aux cadeaux fiscaux ou a l’excès de dépenses ? La réponse se trouve dans une gouvernance kafkaienne de la France. Il montre aussi que des remèdes existent.

L’histoire montre bien que si l’endettement peut entraîner des effets positifs à la marge, il se solde la plupart du temps par une mise sous dépendance économique du débiteur. C’est ce que montrent bienThomas Flichy de La Neuville et Olivier Hannedans « L’endettement ou le crépuscule des peuples »

 

A force de s’attaquer aux « riches » du privé,on oublie souvent ceux qui s’enrichissent sur le dos de l’État et des contribuables : les politiques, les hauts fonctionnaires, certaines catégories d’agents du service public profitent pleinement des dépenses publiques faites par un État hors-contrôle. C’est tout ce que montre bien le livre de Jean Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin« A quoi servent les riches ».Les riches servent-ils à quelque chose à part à être des boucs émissaires faciles dans des campagnes dont les arguments traînent au niveau du caniveau.  Cet essai cherche aussi à démontrer qu’à l’inverse de ce qu’énonce le discours politiquement correct, il faut récompenser l’initiative et favoriser la richesse pour réduire la pauvreté. Plus le nombre de riches augmente, moins on a de pauvres.

 

La France possède le trophée du nombre de fonctionnaires par habitant. Nicolas Lecaussindans « Ce n’est pas l’Europe qui est ultralibérale mais la France qui est ultraétatiste » estime qu’ Emmanuel Macron a eu tort de s’en  prendre à “L’Europe ultra libérale et ouverte à tous les vents”, “Une Europe qui ne permet plus aux classes moyennes de bien vivre”. Il y a une Europe favorable à la concurrence et à la discipline budgétaire. Un chef d’entreprise français paye pratiquement 100% de charges sur un salaire net. Pour son équivalent slovaque ou roumain c’est la moitié. Quant à l’écart avec l’Allemagne il est de vingt points. Les contribuables français financent les dépenses publiques à hauteur de 57% contre 46% pour la moyenne européenne..

 

Avec 57% consacré à la dépense publique on est encore très loin du libéralisme. La liberté se nourrit d’un héritage, d’une langue, d’une éthique, dont la déconstruction qui a pourtant été opérée depuis cinquante ans au nom de l’émancipation individuelle ne peut mener qu’à une aliénation définitive. Le propre de cette génération c’est l’immense ingratitude qui se complait à déconstruire la culture dont elle a pourtant reçu toute sa liberté. François Xavier Bellamydans « Les déshérités ou l’urgence de transmettre »s’insurge contre cette ère de la déconstruction et en appelle à la culture l’autorité et à l’urgence de transmettre

 

Chaque augmentation d’impôt  de un Eurodevrait impérativement s’accompagner d’une baisse des dépenses égale à deux Euros. Telle est la recommandation de Denis Kesslerdans L’Expansiondepuis des années. Cela signifierait une petite rigueur pour le contribuable et une grande austérité pour les services publics. Sans cette potion amère, la France pourrait voir les taux des emprunts d’état augmenter de deux points et passer de 3 à 5% sur le total de la dette soit l’équivalent de l’impôt sur le revenu.

 

 

 


Chroniques de la fin d’une Europe ouverte

La fin d’une Union Européenne ouverte à tous les vents de l’immigration, est programmée par de nombreux auteurs qui ne font pas partie de la pensée politiquement correcte. Leurs livres devraient nourrir les débats sur l’avenir de l’Europe. Comme c’est loin d’être le cas nous avons souhaité résumer leurs opinions pour vous donner peut être envie de lire leurs livres.

 

La fin de l’Empire romain est devenue un thème à la mode,car comme l’Europe d’aujourd’hui, l’empire romain avait ouvert ses frontières.  Rome a été confronté à la fin du IVème siècle à un afflux de réfugiés fuyant la guerre. Pour Michel de Jaegheredans« Les derniers jours. La fin de l’Empire Romain d’Occident »,ses intellectuels et sa classe politique y ont vu l’occasion d’habiller leurs calculs sous les apparences de la bienfaisance, sans du tout mesurer les conséquences pour l’équilibre du monde romain…

 

La fin de l’Empire des Habsbourg revient aussi régulièrement, carl’Union Européenne pourrait connaître le même destin funeste avec l’arrivée massive de réfugiés qui est pour l’Europe une véritable menace. Pour Ivan Krastevdans « Le destin de l’Europe »,les réfugiés seront les révolutionnaires du XXIème siècle. Un tel processus pourrait provoquer l’effondrement des démocraties libérales de la périphérie de l’Europe…

 

La référence aux origines chrétiennes de l’Europea fait l’objet de discussions autour du projet de Constitution européenne entre 2002 et 2006. Cela a donné lieu à une controverse dans les médias et la classe politique. La question était de savoir si, dans le préambule de la Constitution, parmi les éléments donnés comme constitutifs de l’identité européenne et justifiant qu’on cherchât à réaliser une unité politique du continent, il fallait ou non citer le christianisme. Demandée instamment par de nombreuses voix, cela n’impliquait évidemment aucune sorte d’obligation d’accepter la religion chrétienne comme un dogme officiel de l’Union, ni de donner aux Églises une place organique au sein des institutions européennes en contradiction avec le principe de laïcité. Philippe Nemodans « Les racines chrétiennes de l’Europe et leur dénégation » rappelle que cette mention fut finalement retirée à la demande insistante de la France ou plutôt de celui qui, à l’époque, était en principe fondé à parler en son nom, le président Jacques Chirac. Cela fut fait malgré la désapprobation de la plupart des autres pays européens. Mais, soutenu par la Belgique, le président français s’obstina et obtint gain de cause contre des partenaires européens agacés et lassés de cette opposition inattendue…

 

Plusieurs générations de dirigeants politiques ont fondamentalement modifié nos sociétés sans le consentement et contre le souhait des peuples. Depuis la fin des années soixante, des vagues migratoires successives touchent de façon continue les pays d’Europe occidentale. Pour en mesurer l’impact, tant démographique que culturel, il faut voyager dans les pays de l’Union. De Malmö à Lampedusa et de Londres aux îles grecques pour constater que le continent change à grande vitesse et que partout on constate le même phénomène : en matière migratoire, les responsables européens préfèrent toujours les positions généreuses, compatissantes et ouvertes car elles leur rapportent des bénéfices médiatiques immédiats. Ils savent bien pourtant qu’elles conduisent, partout, à des problèmes nationaux à long terme. Ces problèmes commencent à se voir dangereusement. Dans cinquante ans, il est plus que probable que la Chine ressemblera encore à la Chine, l’Inde à l’Inde… mais que l’Europe ne pourra plus ressembler à ce qu’elle était il y a juste quelques décennies. Douglas Murraydans son livre « L’étrange suicide de l’Europe: Immigration, identité, Islam » pose la question : faut-il faire de l’Europe le seul endroit au monde qui appartienne à tout le monde ? Est-ce la volonté des Peuples et est-ce raisonnable du point de vue du “bien commun” ? Le compte à rebours a selon lui commencé….

 

L’islam va transformer la France et l’Europe. Une révolution est en train de se produire sous nos yeux. L’Europe peut-elle rester la même si sa population change ? La réponse est non. Les vagues d’immigration à dominante musulmane que connaît l’Europe de l’Ouest et la France en particulier, depuis un demi-siècle sont en train de remodeler définitivement l’Occident. Dans son livre important et volontairement provoquant « Une révolution sous nos yeux. Comment l’islam va transformer la France et l’Europe. », Christopher Caldwell

montre que les élites européennes ont sous-estimé voire totalement éludé les effets sociaux, spirituels et politiques de l’immigration musulmane, qui sont considérables et durables, au profit des effets économiques, qui sont faibles et transitoires…

 

L’Europe n’est plus l’Europe, c’est déjà l’Eurabie.  Les élites europénnes ont renoncé à leurs racines judéo chrétiennes et livrent leurs peuples à une nouvelle « dhimmitude ». Depuis plus de trois décennies, l’Europe planifie avec les pays de la Ligue arabe la fusion des deux rives de la Méditerranée. Par le “Dialogue euro-arabe”, elle a développé une structure d’alliances, et souvent d’allégeances, avec le monde arabe. Elle sacrifie son indépendance politique tout comme ses valeurs culturelles et spirituelles en échange de garanties (quelque peu illusoires) contre le terrorisme et d’avantages économiques que lui dispensent les pays arabes. Si ces derniers fournissent à l’Europe des hydrocarbures, s’ils lui offrent des marchés, ce n’est pas sans lui imposer des contreparties : ils exigent d’elle une ouverture sans cesse accrue à leur culture, à leur langue, à leur religion – l’islam -, à leurs émigrants, qu’ils veulent toujours plus nombreux. Ils arrachent aux pays d’accueil des conditions visant à maintenir ces émigrants dans leur culture d’origine au lieu de faciliter leur intégration. Enfin l’alliance euro-arabe se base sur une politique commune hostile à Israël et aux Etats-Unis. Pour Bat Ye’ordans « Eurabia. L’axe euro-arabe »,il s’agit d’une stratégie de subornation de l’Europe qui est ainsi mise en oeuvre par les pays arabes, avec l’active complicité des instances dirigeantes européennes.

 

Le fait que l’Europe devienne une colonie de l’Islam, où l’invasion islamique ne se réalise pas que de manière physique, a été aussi développé par Oriana Fallacidans « L’Europe n’est plus l’Europe, c’est l’Eurabie ».   La soumission aux envahisseurs a empoisonné la démocratie, avec des conséquences évidentes pour la liberté de pensée, et pour le concept même de liberté.

 

La pression migratoire va soumettre l’Europe à une épreuve sans précédent.  L’Europe vieillit et se dépeuple. L’Afrique déborde de jeunes et de vie. Une migration de masse va se produire. Son ampleur et ses conditions constituent l’un des plus grands défis du XXIème  siècle. L’Union Européenne compte aujourd’hui 510 millions d’habitants vieillissants  ; l’Afrique 1,2 milliard, dont quarante pour cent ont moins de quinze ans. En 2050, 450 millions d’Européens feront face à 2,5 milliards d’Africains. D’ici à 2100, trois personnes sur quatre venant au monde naîtront au sud du Sahara. Pour Stephen Smith,grand reporter spécialiste de l’Afrique, dans « La ruée vers l’Europe »,l’Afrique « émerge  ». En sortant de la pauvreté absolue, elle se met en marche. Dans un premier temps, le développement déracine : il donne à un plus grand nombre les moyens de partir. Si les Africains suivent l’exemple d’autres parties du monde en développement, l’Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens, contre 9 millions à l’heure actuelle. L’État-providence sans frontières est donc une illusion ruineuse.

 

François Hérantitulaire de la chaire “Migrations et Sociétés” du Collège de France conteste la thèse de Stephen Smith dans “La Ruée vers l’Europe”.  Il y écrit que les travaux de Smith sont “sans valeur scientifique” et l’accuse de “nourrir le fantasme de l’envahissement du nord par le sud” et surtout “de caresser l’opinion publique dans le sens de ses peurs” !

Pour lui, la question des migrations internationales doit être abordée par le biais de méthodes sérieuses prenant en compte la diversité des phénomènes migratoires et des questions qu’ils soulèvent. Dans ce domaine, plus que dans tout autre, les idées reçues circulent, parfois imperméables aux faits. Sans prétendre trancher toutes les questions sur la place de l’immigration dans la société, Il admet qu’il n’y a pas de sociétés sans migrations et que les migrations modifient durablement les sociétés…

 

 

L’échec du projet européen est programmé,la permanence du fait national est sa boussole. De nombreux européens pensent que L’Europe est leur passé et la patrie leur avenir. Les fondateurs de cette Europe fantôme ont fait l’Europe comme on fait un enfant dans le dos d’une femme réticente. « Ils » étant les américains et leurs fondés de pouvoir en terre européenne. Telle est l’analyse de Régis Debraydans « L’Europe fantôme ».Pour lui, les pro-européens seraient mus par un ersatz de messianisme auquel peuvent se rallier maints orphelins aux attentes déçues…

 

L’Europe est au banc des accusés :elle est rendue souvent responsable de tout ce qui va mal dans les pays membres de l’Union : monstre anti-démocratique, défenseur du libéralisme économique, indifférence aux citoyens, faiblesse face à la mondialisation et en plus elle est dirigée par des « nuls ». Cet inventaire des critiques contre Bruxelles a été établi par Catherine Chatignouxet Renaud Honorédans leur livre « L’Europe au banc des

accusés ».

 

La trahison des clercs est en route.Celle d’intellectuels passés maîtres dans l’art de s’aveugler par incapacité à admettre que le mal puisse parfois surgir du camp des anciens damnés de la terre- réputé être celui du Bien. Entre illusions politiquement correctes et tentations politiquement abjectes, nous faisons le lit d’une Europe des extrêmes. Bien-pensants et mal-pensants, qui s’imaginent croiser le fer, ne voient-ils pas qu’ils ne cessent de faire monter ensemble les deux plus grands périls de l’époque : le national-populisme d’un côté, l’islamisme de l’autre. Alexandra Laignel-Lavastinedans « La pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme: essai sur les penchants suicidaires de l’Europe »

constate que deux mondes en crise se retrouvent aux prises sur le Vieux Continent : l’européen, désemparé par son basculement dans la mondialisation et le musulman, hanté par sa grandeur perdue. Là réside l’explosive nouveauté de notre temps…

 

Le “vivre ensemble” n’est plus qu’une fiction médiatiquemasquant mal des tensions identitaires souvent violentes. La peur de devenir étranger chez soi hante l’Europe occidentale. Dans une époque tourmentée, il est normal qu’un peuple réclame des frontières correspondant à la fonction protectrice du politique et défende son identité à travers laquelle il exprime son droit à la continuité historique.  Où en sommes-nous ? Nous voici pris entre notre vieille nation que nous ne voulons pas quitter et l’Europe nouvelle que nous espérons rejoindre sans savoir comment. A un gouvernement représentatif tend à se substituer une ” gouvernance démocratique ” qui ne nous gouverne pas  ni ne nous représente. Nous voyons sans nous émouvoir notre existence politique se défaire parce que nous sommes en proie à l’illusion d’une humanité unifiée qui pourrait tenir ensemble en se passant de toute forme politique. Et il y a longtemps que nous ne savons plus que faire de la religion. Comment donner sens à cette crise de notre existence commune ? Pierre Manentdans « La raison des nations. Réflexions sur la démocratie en Europe » interroge l’histoire, récente et lointaine, de la nation ; la manière dont elle a accueilli et nourri la démocratie ; et comment son effacement menace aujourd’hui cette démocratie même. Il met en évidence la situation paradoxale de la religion dont on ne cesse d’annoncer la fin imminente alors même que les séparations religieuses organisent de plus en plus notre paysage politique. L’Europe ne peut rester longtemps encore cette zone dépressionnaire où l’on a peur de son ombre. Il faut contribuer à ranimer le sentiment et l’intelligence des ressources spirituelles qui donnent à l’Europe sa continuité vivante…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La nouvelle théorie monétaire moderne n’est pas du tout moderne

La théorie monétaire moderne mettra un terme à la destruction créatrice qui crée de la richesse. Il y a déjà eu beaucoup d’exemples de ce processus dans l’histoire. La plus intéressante se situe en France au XVIIIe siècle, lorsque John Law, fuyant la justice britannique, a mis en place son «système» en France. En face de lui, Richard Cantillon a fait fortune grâce à l’effondrement du système mis en place par John Law. La théorie monétaire moderne n’est donc pas moderne du tout.  L’argent devrait toujours rester un bien commun et ne pas devenir un outil du gouvernement. L’effondrement économique survient lorsque la valeur de la monnaie est compromise. La MMT(Modern Monetary Theory) se concentre sur le compte de résultat et néglige totalement les effets de bilan. Des taux d’intérêt excessivement bas détruisent l’épargne, ce qui détruit ensuite l’investissement. Lorsque les taux tombent à zéro, les fonds de pension ne peuvent plus assurer leurs paiements de pensions et sont obligés de vendre des actifs pour effectuer ces paiements. L’euthanasie du rentier est en phase terminale alors que la politique keynésienne s’épuise.

 

La fin du resserrement de la politique monétaire américaine est favorable aux actions

 

Les marchés devraient se ressaisir après la confirmation de la fin du resserrement de la politique monétaire américaine. La volonté de la Fed de maintenir les taux d’intérêt inchangés diminuera si la croissance et l’inflation reprennent de la vigueur au second semestre. Le risque d’une baisse soudaine de la duration du portefeuille de la Fed a ainsi diminué. La fin du « Quantitative Easing » est favorable aux actions, mais les banques américaines feront face à des obstacles. Les investisseurs peuvent participer à ce mouvement en détenant des actions tant aux États-Unis qu’à l’étranger en sous-pondérant toutefois les actions de banques américaines.  Les alternatives au dollar américain, sont intéressants, notamment les actifs en renminbi et en or. La question clé pour les investisseurs est la motivation de la Fed à envisager des modifications de son dispositif de ciblage de l’inflation. Elle va chercher maintenant à cibler un niveau de prix plutôt qu’un taux d’inflation.

 

Le consommateur américain n’est pas la source du ralentissement économique. Il est probablement dû à une normalisation après les réductions d’impôts intervenues l’année dernière. À l’avenir, le principal frein à la demande des consommateurs pourrait être le crédit de plus en plus difficile à trouver.

 

Les tendances de la productivité restent favorables car le rapport sur la masse salariale montre que la croissance américaine ralentit mais reste encore soutenue. Les investisseurs peuvent se permettre de rester sereins face au risque d’inflation par une pression salariale. La croissance pourrait s’accélérer fortement au cours du second semestre, ce qui entraînera probablement un regain d’inflation. À l’heure actuelle, les entreprises américaines et les acheteurs de maison bénéficient de coûts d’emprunt moins chers.

Malgré leur croissance rapide, les actions américaines ne sont donc pas plus chères que les obligations. Il n’y a actuellement aucun signe d’exubérance irrationnelle parmi les investisseurs.

 

 

Les prévisions européennes sont dégradées par la BCE

 

Des taux bas et des dépenses publiques élevéessont la cause du malaise de l’Europe. Les hypothèses de base des économistes respectables sont probablement inexactes.  Aux États-Unis, les taux réels négatifs ont toujours entraîné un ralentissement de la croissance économique. Des taux d’intérêt bas signifient que « les riches » s’enrichissent plus et que les pauvres s’appauvrissent encore plus. Le niveau élevé de dépenses par les gouvernements entraîne toujours une détérioration des taux de croissance structurelle.

 

La BCE a diminué ses prévisions de croissance et d’inflation pour 2019dans la zone euro et a promis de renouveler ses facilités de financement à bon marché TLTRO pour les banques de la zone euro. Si la BCE ne fait rien, les banques de la zone euro seront confrontées à une pression de plus en plus forte qui menacera l’érosion de la demande intérieure qui restait jusqu’à présent relativement solide. La combinaison d’une BCE statique et de taux en hausse entrave la capacité des banques à diffuser leur politique monétaire à l’économie réelle. Les investisseurs seront de moins en moins capables de compter sur la demande intérieure pour soutenir la croissance en l’absence d’une reprise de l’activité ailleurs dans le monde.

 

Une interprétation marxiste du mouvement des «Gilets jaunes» en France

 

Les «Gilets jaunes» nous disent que le gouvernement a perdusa capacité d’augmenter les impôts sur un secteur productif qui vote avec ses pieds en quittant la France ou qui vote aussi avec ses pieds en occupant les centres-villes le samedi. Karl Marx avait observé que l’infrastructure économique déterminait la superstructure politique d’un pays. L’ancienne structure économique dictée par le contrôle de la terre, du travail et du capital a été renversée au profit de ceux qui contrôlent le savoir. Les pays qui ont été conquis par les marxistes sont à court d’argent et ne peuvent rivaliser avec leurs sociétés et leurs particuliers. Mais peut-être plus important encore, les manifestants portant un gilet jaune sont une manifestation évidente d’une grave contradiction en France entre l’infrastructure économique et la superstructure politique. Pour Marx, de telles contradictions menaient presque toujours à des révolutions…

 

L’Allemagne est le plus grand risque pour les portefeuilles

 

L’Allemagne a vu le coût relatif du capital plonger,ce qui a entraîné de mauvais investissements. Il faut rappeler qu’une action a deux valeurs: son prix déterminé par le marché et sa valeur actuelle nette calculée à partir du flux de revenus escomptés dans l’avenir. Les marchés baissiers se traduisent généralement par une saine convergence de ces deux valeurs, mais il existe toutefois des exceptions à cette règle. Les États-Unis, le Japon et l’Italie ont connu des épisodes de destruction de capital très bien documentées au cours des 100 dernières années. Le plus grand risque pour les portefeuilles aujourd’hui ne se situe donc pas aux États-Unis ni en Asie, mais en Allemagne.

 

Un Brexit plus incertain que jamais

 

Le Brexit est désormais dans une impasse. Un second référendum, voire des élections générales pourraient suivre, ce qui offrirait des résultats encore plus incertains. Il reste de moins en moins de chances que l’accord de Theresa May soit adopté. Dans l’ensemble, la situation reste toutefois relativement positive pour les actifs en livres sterling. L’UE pourrait exiger que le Royaume-Uni n’accepte qu’une longue prolongation. Cela pourrait également imposer au Royaume-Uni de participer aux élections du Parlement européen de mai, ce qui compliquerait encore beaucoup plus la situation.

 

Le yen devrait s’apprécier au Japon

 

La résolution de la Banque du Japon pour  éviter un yen fortpourrait être sérieusement mise à l’épreuve si les marchés mondiaux subissaient un mouvement de réduction des risques. Si cela se produit, le gouvernement japonais pourrait retarder la hausse prévue de la TVA, prévue pour octobre. La crédibilité de la BoJ est maintenant en jeu. Dans un environnement où le gouverneur Haruhiko Kuroda du côté monétaire et le Premier ministre Shinzo Abe du côté fiscal divergent dans leurs politiques respectives, le yen est susceptible de sortir de sa fourchette et de s’apprécier de manière significative.

 

En Chine, le ratio dette / PIB devrait augmenter en 2019

 

Pékin ne veut pas voir la croissance du PIB tomber sous les 6% en 2019.Le gouvernement a procédé à une réduction de la TVA plus importante que prévu. Cela n’équivaut toutefois pas à un stimulus fiscal massif. La croissance du crédit sera l’outil le plus important pour enrayer le ralentissement de la croissance du PIB. Les emprunts bancaires et les émissions d’obligations d’entreprises devront faire l’essentiel de l’effort ce qui signifie que le ratio dette publique / PIB de la Chine devrait augmenter en 2019.

 

Un accord américano-chinois est presque certain, mais le contenu de l’accord sera étroit. Le problème est que même si un accord commercial est conclu, les extrémistes américains voudront continuer à attaquer les ambitions technologiques de la Chine. Tout accord commercial sera positif pour le renminbi, mais certaines des bonnes nouvelles ont déjà été annoncées. La promesse annoncée par la Chine de maintenir la «stabilité» de sa monnaie s’est traduite par une hausse du renminbi. Depuis le 31 octobre dernier, il a augmenté de 4% par rapport au dollar et de 3,2% par rapport au panier pondéré par un panier des partenaires commerciaux de la Chine, reflétant la conviction croissante du marché que le risque commercial a atteint un sommet.

 

Une hausse des actions des marchés émergents dans les mois à venir

 

Les rendements des obligations du Trésor américain à 10 ansont atteint leur plus bas niveau en 14 mois, autour de 2,6%. En revanche, une obligation gouvernementale à 10 ans rapporte près de 9% au Brésil, 7,6% en Indonésie ou 14% au Nigéria. Le problème est que ces rendements élevés sont payés en monnaie locale. Calculé en dollars, le rendement a été négatif l’année dernière. Les fonds obligataires négociés en devises locales ont perdu environ 7% en 2018, mais 2019 pourrait être une autre histoire. Le dollar est au plus haut depuis 17 ans, pondéré en fonction des échanges. Dans la plupart des cas, les devises des marchés émergents semblent sous-évaluées »

 

Les actions des marchés émergents ont été impactéespar d’importantes sorties de capitaux en 2018. Ces sorties pourraient maintenant être sur le point de s’inverser. Un accord entre les États-Unis et la Chine visant à mettre fin à la guerre tarifaire aidera, tandis que la stabilisation probable de l’économie chinoise stimulera le moral des investisseurs. Ces facteurs, associés à des évaluations attrayantes, devraient être suffisants pour entraîner une hausse des actions des marchés émergents dans les mois à venir. La mise en garde est que les actions chinoises et les marchés étroitement situés dans son orbite économique connaîtront l’essentiel de la hausse. La Corée du Sud et Taiwan en bénéficieront le plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Sélection de sept années de chroniques de Jean Jacques Netter

 

Voilà une sélection de mes chroniques mises en ligne sur l’Institut des Libertés depuis 2012. C’est un exercice inscrit dans le temps long, qui montre les erreurs de jugement que j’ai pu commettre mais aussi des anticipations d’événements qui se sont produites avec quelque délai. De toute façon le seul juge c’est le lecteur. Si vous avez envie de relire certains papiers, il vous suffit de cliquer sur le lien hypertext que j’ai rajouté en dessous du titre de l’article

 

EUROPE

« L’avenir de l’Europe n’est pas dans le fédéralisme ». (13/03/2019)

« La souveraineté nationale s’opposera aux empiétements de Bruxelles lors des prochaines élections européennes » (25/10/2018)

« L’Europe à l’heure des shadoks : il vaut mieux pomper même s’il ne se passe rien » (23/07/2012)

« L’Europe est incapable de défendre ses banques face aux Etats-Unis » (20/06/2018)

« La dollarisation de l’économie mondiale menace l’Europe » (06/10/2016)

 

IMMIGRATION

« L’immigration illégale n’est pas l’avenir de l’Europe »  (19/09/2018)

« Immigration : les français sont endormis par le muezzin médiatique » (26/06/2018)

« Certains auteurs musulmans devraient être mieux mis en avant dans le débat public » (27/05/2018)

ECONOMIE

Les riches…

« Idée fausse n° 1 : Il faut faire payer les riches »(29/01/2019)

« Il vaut mieux attirer « les riches » et tous ceux qui ont du talent que de les faire fuir » (16/09/2015)

« N’ayez pas peur. L’immigration massive des « riches » n’aura pas lieu » (17/10/2017)

« La fiscalité punitive contre les actionnaires a eu des effets catastrophiques » (01/11/2016)

« En France, la fiscalité punitive détruit des emplois et fragilise les plus faibles » (18/06/2014)

« L’euthanasie du rentier et du retraité se poursuit » (18/02/2015)

« L’overdose fiscale est en train de provoquer l’effondrement de l’économie française » (12/12/2012)

« Les idées fausses sur les riches » (25/06/2015)

« Et si toujours plus taxer « les riches » appauvrissait tous les français ? » (10/09/2012)

« ll est temps de « dépikettyser » la France » (27/06/2017)

« L’ultrakeynésianisme est en train de détruire l’économie » (14/10/2015)

« La France va bientôt ressembler à Cuba ou la Grèce, mais sans le soleil » (04/02/2015)

« Le combat entre les talibans de l’austérité et les économistes keynésiens se poursuit » (09/10/2012)

« La télévision montre toujours ce qui se passe mal dans l’économie » (05/12/2017)

 

Le « modèle français »

« Le manque de débat sur l’allocation universelle est consternant » (09/11/2016)

« La machine à détruire les emplois poursuit ses ravages en France » (24/05/2016)

« La réduction des inégalités ne doit pas être traitée de façon idéologique et sectaire » (13/07/2017)

L’Euro

« Si la France continue à ce rythme, c’est elle qui devra bientôt quitter la zone euro » (19/04/2016)

« Les taux administrés ne font que soutenir pour un temps l’endettement des États » (15/03/2016)

« La salle de shoot mondiale est devenue incontrôlable » (19/01/2016)

L’endettement

« La dette de la France est artificielle, il suffit de ne pas la rembourser » (20/02/2019)

« Le mépris du monde politique et médiatique pour l’économie réelle est stupéfiant » (01/12/2015)

Le libéralisme

« Il faut sauver le vrai libéralisme » (21/11/2018)

« Les Ayatollas de gauche et de droite considèrent que le libéralisme est responsable de tout ce qui ne va pas » (02/05/2018)

« Les Petits Hommes Gris n’aiment pas les entrepreneurs » (22/03/2016)

« Les grands échecs de l’Etat français stratège industriel » (02/02/2016)

« Le lénino-capitalisme devra évoluer pour permettre à la Chine de dépasser durablement les Etats Unis » (22/11/2017)

POLITIQUE

Les fractures

« Les livres décrivant les fractures idéologiques »

« La France est coupée en trois » (27/10/2016)

« Le déni français sur son modèle social est pathétique » (14/06/2016)

Le Populisme

« Le populisme a été pour le moment déclaré illégitime par les élites… » (02/10/2018)

« Le populisme est devenu un mot valise qui comporte de multiples facettes » (21/07/2017)

« Les électeurs ont maintenant besoin de régler leurs comptes avec leurs élites » (07/03/2017)

Le Macronisme

« Le macronisme devra tout faire pour ne pas ressembler au hollandisme » (10/05/2017)

« La France d’Emmanuel Macron risque d’être ingouvernable » (26/04/2017)

« La grande illusion du centrisme » (14/03/2017)

La Droite

« Si la droite se décidait enfin à jouer la vraie carte libérale » (23/11/2016)

« Les hommes d’honneur sont en train de se lever » (19/11/2013)

MONDIALISATION

« Le marché de la tomate est un très mauvais exemple de fonctionnement de la mondialisation »

« La science fiction peut contribuer à améliorer la qualité de la prévision économique »


Idée Fausse n°3 : L’avenir de l’Europe est dans le fédéralisme…

 

 

Dans la perspective des prochaines élections européennes nous poursuivons notre série destinée à passer en revue « Le Guide des Idées Fausses ». ». Cette semaine nous traitons L’Idée fausse n°3 qui est « L’avenir de l’Europe est dans le fédéralisme ». Nos avons déjà abordé l’Idée fausse n°1 : « Il faut faire payer les riches » et l’ Idée fausse n°2 : « La dette de la France est artificielle, il suffit de ne pas la rembourser »

Il s’agit de présenter les livres qu’il faudrait idéalement avoir lus avant d’exprimer une opinion : Toutes les idées exprimées ne sont pas forcément les nôtres, mais elles permettent de nourrir le débat qui fait cruellement défaut en cette époque d’exclusion des opinions de l’autre, systématiquement sacrifiées sur l’autel du politiquement correct.

 

L’Europe ne doit pas devenir une Europe fédérale

 

Le jour où nous avons créé l’Euro, nous aurions pris un billet sans retour vers le fédéralisme Telle est la position défendue par des hommes et des femmes qui se situent au centre de l’échiquier politique, notamment par Jean Arthuis ancien ministre de l’économie et des finances.  Dans son livre « L’Europe dernière chance pour la France » il est clairement pour une Europe fédérale à 28. Valéry Giscard d’Estaing raconte dans son livre « Europa. La dernière chance de l’Europe » comment le vieux continent peut redevenir une grande puissance si à côté d’une Europe à 28, on crée “Europa” qui rassemblerait un groupe de pays en nombre plus restreint autour d’un vrai projet politique….

Tout le problème pour Hubert Védrine dans « Sauver l’Europe » est que les peuples veulent à la fois de la croissance et Erasmus pour tous, mais ils veulent garder leur identité, leur souveraineté et avoir plus de sécurité.

 

La seule Union Européenne viable, c’est l’Europe des Nations

 

Le modèle multiculturel de l’Europe a été imposé depuis Jean Monnet et Robert Schumann par des gens plus ou moins hostiles à l’identité traditionnelle de leurs pays respectifs. Ce qu’ils ont présenté comme un accueil aux nouveaux arrivés était, le plus souvent, un rejet de leur propre héritage. Roger Scruton chef de file anglais d’une tendance conservatrice qui s’est éloignée du thatcherisme, montre bien dans son livre « La seule Union Européenne, c’est l’Europe des Nations » que ceux qui résistent au fédéralisme sont dénoncés comme racistes et xénophobes – une façon de les exclure du débat. On commence tout juste à reconnaître dans les statistiques françaises qu’il existe un pourcentage conséquent d’élèves musulmans dans les écoles françaises. En revanche, selon lui, le débat n’a pas été encore abordé sur la tolérance qui a été accordée aux musulmans par tous les gouvernements français et qui n’a pas eu de contrepartie. Ceux qui en profitent, en l’occurrence les prêcheurs dans les mosquées, ne sont eux tolérants en rien. Pourtant, on ne peut toujours pas parler ouvertement de l’islam et de ses effet sur l’esprit des jeunes sans risquer d’être immédiatement accusé « d’islamophobie » – maladie étrange qui s’est diffusée inexplicablement dans tous les pays de l’Ouest.

 

Est ce que l’Union Européenne doit revenir au Saint-Empire romain germanique, vaste ensemble qui au Moyen Age avait pour centre l’Allemagne autour de laquelle étaient groupés des territoires italiens, francophones, flamands et slaves. Le roi d’Allemagne se prétendait le chef séculier de l’Europe Occidentale.

Il est toutefois injuste d’accuser les allemands. Ils ne voulaient pas d’intégration monétaire avant d’avoir réalisé l’harmonisation économique et budgétaire. Ce sont les dirigeants français de l’époque qui ont insisté. Jean Louis Harouel, professeur à Paris explique dans  « Revenir à la Nation » que le refus de l’indifférenciation n’a rien à voir avec la haine de l’autre. Il met ensuite en garde contre les communautarismes qui dissolvent le lien national

 

Il n’y a plus d’ordre à sauver, il faut en refaire un écrivait  en 1931 Pierre Drieu la Rochelle dans « L’Europe contre les patries » Drieu allait se demander sans répit où le destin menait l’Europe que les conséquences de la guerre plongeaient dans le désordre. Dans « Genève ou Moscou ». Drieu sera dès lors, plus que jamais, conscient de cette nécessité d’unité européenne. Européiste, il règle son compte à l’arrogance allemande, au dédain anglais, à la bohême italienne, à l’isolement espagnol, aux antiquités autrichiennes….

 

Emmanuel Macron n’a rien saisi de l’attachement des gens à leur nation protectrice malmenée par la mondialisation Pour Ivan Rioufol dans  « La nouvelle révolution française acte 1 », le Président de la République a déclenché une pluie d’obus contre le nationalisme de ceux qui n’adhéreraient pas à son idée de “souveraineté européenne”. Il ne fait qu’exacerber les incompréhensions entre la France d’en haut et la France d’en bas. Le système technocratique est contesté. Il ne cesse de suggérer une continuité entre l’extrême droite et la montée actuelle de l’antisémitisme. Le pouvoir est bien placé pour voir que ce rejet s’épanouit majoritairement dans les cités musulmanes et à l’extrême gauche. Macron ne cesse de ménager l’islamisme qui est le vrai danger pour la France et l’Europe.

 

 

Les origines de l’Europe sont des racines chrétiennes

 

La référence aux « racines chrétiennes » de l’Europe a été refusée par Jacques Chirac.  Entre 2002 et 2006, les discussions autour du projet de Constitution européenne ont donné lieu à une aigre controverse dans les médias et la classe politique. Philippe Nemo dans « Les racines chrétiennes de l’Europe et leur dénégation » rappelle que la question était de savoir si, dans le préambule de la Constitution, parmi les éléments donnés comme constitutifs de l’identité européenne et justifiant qu’on cherchât à réaliser une unité politique du continent, il fallait ou non citer le christianisme. Demandée instamment par de nombreuses voix, cette référence aux « racines chrétiennes » de l’Europe n’impliquait évidemment aucune sorte d’obligation d’accepter la religion chrétienne comme un dogme officiel de l’Union, ni d’admettre que les Églises eussent une place organique au sein des institutions européennes en contradiction avec le principe de laïcité. Or, cette mention fut finalement retirée à la demande insistante de la France ou plutôt de celui qui, à l’époque, était en principe fondé à parler en son nom, le président Chirac. Cela fut fait malgré la désapprobation de la plupart des autres pays européens. Mais, soutenu par un ministre belge « libre penseur » (comme on dit encore outre-Quiévrain), le président français s’obstina et obtint gain de cause contre des partenaires européens agacés et lassés de cette opposition inattendue.

 

L’Europe, lorsqu’il s’est agi de définir son identité, a très tôt été rapportée à une double origine, grecque et juive. C’est, sous la plume des historiens des Lumières comme des romantiques du siècle dernier, la célèbre opposition entre Athènes et Jérusalem. Rémi Brague a repris à nouveau la question de l’identité, dans « Europe la voie romaine » en s’intéressant à la latinité de l’Europe. Le propre de l’Europe pour lui c’est une appropriation de ce qui lui est étranger. Historiquement, philosophiquement, l’Europe prend, en effet, sa source hors d’elle. À partir d’emprunts à d’autres civilisations, la voie romaine a opéré une synthèse fondatrice de la première unité culturelle qui fut le premier espace européen. Au point que, aujourd’hui encore, définir l’Europe, c’est marquer comment elle se distingue de ce qui n’est pas elle par son caractère originairement latin.

 

L’Europe n’a pas vocation à devenir l’Eurabie

 

Plusieurs générations de dirigeants politiques ont modifié nos sociétés sans le consentement et contre le souhait des peuples. Douglas Murray qui est un peu le Eric Zemmour britannique défend cette thèse dans son livre « The strange death of Europe: immigration, identity, islam ». Il est resté près de vingt semaines dans le top 10 des meilleurs ventes du Sunday Times. Il y décrit les conséquences mortifères de l’immigration incontrôlée dans une Europe en voie de désintégration.

 

L’Europe est en train de mourir d’un projet idéologique, « Le Mondialisme Immigrationniste Marchand », facilité par la trahison de ses élites politiques, économiques, judiciaires, médiatiques. Pour Jean Yves Le Gallou dans « Immigration: la catastrophe. Que faire ? » cette trahison explique quarante ans de mensonges, d’omerta, d’impuissance à traiter le problème malgré les promesses. Énarque, inspecteur général de l’administration, ancien élu régional et européen, Jean-Yves Le Gallou développe à partir d’un constat accablant une analyse sans concession. Mais non sans espoir : notre patrie, notre continent, notre civilisation peuvent encore s’en sortir. A condition de changer radicalement de modèle. Ici, c’est de courage qu’il va falloir faire preuve.

 

« L’Europe n’est plus l’Europe, c’est l’Eurabie », tel était le titre du livre d’Oriane Fallaci. L’Europe est en train de devenir une colonie de l’Islam, où l’invasion ne se réalise pas que de manière physique. La soumission aux envahisseurs a empoisonné la démocratie, avec des conséquences évidentes pour la liberté de pensée, et pour le concept même de liberté ». De Les mots, « envahisseurs », « invasion », « colonie », « Eurabie », sont profondément et immensément politiquement incorrects ; et d’aucuns seraient tentés de croire que c’est son ton, ses mots, et pas forcément son message, qui lui ont attiré les foudres des juges de Bergame et qui l’ont rendue radioactive aux yeux de l’élite culturelle européenne

 

L’islam va transformer la France et l’Europe telle est l’opinion de Christopher Caldwell dans « Une révolution sous nos yeux. Comment l’islam va transformer la France et l’Europe » 2011) Livre important et provoquant : le meilleur exposé à ce jour de la position des pessimistes sur l’immigration musulmane en Europe

 

L’Europe fait preuve de cécité volontaire et de lâcheté face à l’islamisme. La gauche sectaire fait fuir les intellectuels. Pour comprendre l’égarement de notre début de siècle, il faut lire l’essai d’Alexandre Laignel Lavastine,« La pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme: essai sur les penchants suicidaires de l’Europe » explore plus d’une décennie de « trahison des clercs ». Les intellectuels d camp du bien sont passés maîtres dans l’art de s’aveugler. En ne se concentrant que sur l’extrême droite, bien-pensants et mal-pensants, qui s’imaginent croiser le fer, ne voient pas qu’ils ne cessent de faire monter ensemble les deux plus grands périls de l’époque : le national-populisme d’un côté, l’islamisme de l’autre L’européen est désemparé par son basculement dans la mondialisation et le musulman, hanté par sa grandeur perdue. Là réside l’explosive nouveauté de notre temps.

 

Nous lèguerons à nos enfants un monde de cendres si nous ne renouons pas avec la part lumineuse de la culture européenne. Ivan Krastev dans « Le destin de l’Europe » estime que l’Europe est en route vers l’abîme. L’arrivée massive de réfugiés est selon lui,  pour l’Europe la principale menace. Les réfugiés seront les révolutionnaires du XXIème siècle. L’Union Européenne pourrait connaître alors le même destin funeste que celui de l’empire des Habsbourg. Un tel processus pourrait provoquer l’effondrement des démocraties libérales de la périphérie de l’Europe.

 

L’Europe vieillit et se dépeuple. L’Afrique déborde de jeunes et de vie. Une migration de masse va se produire. Son ampleur et ses conditions constituent l’un des plus grands défis du XXIème  siècle. Guidé par la rationalité des faits, Stephen Smith Grand reporter spécialiste de l’Afrique explique dans son essai « La ruée vers l’Europe », pourquoi il est urgent d’arbitrer entre intérêts et idéaux. La force de la pression migratoire va soumettre l’Europe à une épreuve sans précédent, au risque de consommer la déchirure entre ses élites cosmopolites et ses populistes nativistes. L’État-providence sans frontières est une illusion ruineuse. Vouloir faire de la Méditerranée une «  forteresse Europe  » en érigeant autour du continent de l’opulence et de la sécurité sociale des remparts – des grillages, un mur d’argent, une rançon versée aux États policiers en première ligne pour endiguer le flot – corrompt les valeurs européennes.

François Héran, titulaire de la chaire “Migrations et Sociétés” du Collège de France déconstruit la thèse de Stephen Smith dans “La Ruée vers l’Europe”.  Il y écrit que les travaux de Smith sont “sans valeur scientifique” et l’accuse de “nourrir le fantasme de l’envahissement du nord par le sud” et surtout “de caresser l’opinion publique dans le sens de ses peurs”.

 

Le “vivre ensemble” n’est qu’une fiction médiatique masquant mal des tensions identitaires souvent violentes. Pour Mathieu Bock-Côté dans « L’antifascisme médiatique radicalise la vie politique » la peur de devenir étranger chez soi hante l’Europe occidentale. Dans une époque tourmentée, il est normal qu’un peuple réclame des frontières correspondant à la fonction protectrice du politique et défende son identité à travers laquelle il exprime son droit à la continuité historique.