Nombreuses et soudaines conversions au Libre Échange.

Le Président Trump a décidé de coller des droits de douane sur tout ce qui bouge et/ou entre aux USA.

Les USA semblent en effet être en train de retourner à leurs vieilles racines protectionnistes qu’ils avaient laissé tomber après la seconde guerre mondiale, à la fin de laquelle ils étaient les seuls à pouvoir exporter quoi que ce soit, les appareils industriels des autres pays ayant été détruits pendant le conflit, et d’ailleurs souvent par eux.

Et à ma grande stupéfaction, ces velléités protectionnistes sont accueillies avec la plus grande sévérité par tous ceux qui prétendent penser pour les autres partout ailleurs dans le monde et dont la plupart sont violemment anti libéraux depuis toujours.

C’est à qui sera le plus libre échangiste, ce qui réjouit mon cœur libéral et je me sens d’un seul coup beaucoup, beaucoup moins seul.

Mais là ou je suis un peu surpris c’est quand je constate que c’est bien la première fois de leurs vies qu’ils défendent une idée libérale.

Je les ai connus soutenant l’Euro, votant pour la Constitution européenne, soutenant le  « whatever It takes de monsieur Draghi”, hurlant de bonheur quand les taux nominaux ont été négatifs, recommandant d’arrêter tout commerce avec la Russie, ce qui est bizarre pour des libéraux….

Ça doit être la première fois de ma vie que je suis dans le même camp que messieurs Attali et Minc, et je me dis donc qu’il doit y avoir un loup quelque part.

J’ai des doutes sur la conversion de ces brillants sujets.

Je me demande si tous ces braves gens ne sont pas en train d’essayer de m’enfumer une fois de plus.

Et donc, peut-être, n’est-ce pas le libre échange qu’ils défendent, mais le maintien de l’Etat profond pour lequel ils militent depuis toujours ?

Et peut-être les troupes autour de Trump savent-elles quelque chose que je ne sais pas ?

Or, je sais que monsieur Trump pratique le bonneteau comme personne au monde.

Quand il me dit de regarder à droite, en fait il faut regarder à gauche.

Il a peut-être un autre but soigneusement caché.

Comme le disait Milton Friedman : « quand les hommes politiques ont pris le contrôle du système économique, la première chose qu’un homme d’affaires doit acheter, c’est bien entendu l’homme politique »

C’est ce que chacun a pu voir depuis trente ans à Bruxelles, à Paris, à Londres, à Washington…

Et c’est bien entendu par les importations et par les exportations, mais aussi par les subventions données par les Etats à toutes ces sociétés qui « exportent » que passe la plus grande partie de la corruption qui nourrit nos États profonds et permet à nos personnels politiques de vivre aussi dignement qu’ils le méritent.

 A la lumière de cette idée, essayons maintenant de comprendre ce que cherchent, peut-être, à faire monsieur Trump et toutes ses équipes.

Si, j’ai bien compris, il veut d’abord et avant tout détruire la corruption qui a gangrené nos démocraties et donc détruire l’Etat profond, qu’il appelle « le Swamp » , le marais.

Et la seule façon de détruire cette corruption qui nourrit l’Etat profond est bien entendu de détruire ce que je vais appeler la route du fric (aucune allusion au mari de madame Lauvergeon, juste un hasard d’écriture).

La route du fric passe depuis longtemps par deux vecteurs, les ONG internationales et le commerce extérieur. Il n’ y a plus que les socialistes grecs à avoir des billets chez eux à Bruxelles.

Commençons par les ONG, par lesquelles passe la « petite » corruption.

Une ONG voit le jour pour servir des repas chauds aux Touaregs, noble cause s’il en est, et elle est créée avec un capital de $ 2 millions aimablement fourni par un financier à tendance « état profond ».

Le Sénateur ou le Représentant qui s’est toujours intéressé à cette cause et qui peut être Démocrate ou Républicain, lors du vote du budget. propose d’attribuer 50 millions de dollars à cette œuvre utile entre toutes, ce qui est fait, et chaque année, cette subvention est reconduite sans que l’ONG ne soit jamais auditée, puisqu’il s’agit d’une organisation non gouvernementale et qu’elle a son siège au Luxembourg ou à Genève.

Et les 50 millions servent en réalité à payer des journalistes qui diront du mal des opposants à notre sénateur ou à notre représentant, mais aussi à être présent sur tous les plateaux des media officiels pour défendre la CAUSE, l’émergence d’un gouvernement mondial et attaquer les ennemis de cette cause, les fascistes et nazis qui s’appuient encore sur des vieilles lunes comme la Souveraineté Nationale.

Et la façon la plus simple de payer les journalistes c’est bien sûr que l’ONG  souscrive à des milliers d’abonnement à Politico (un peu le Mediapart américain), grand représentant des causes démocrates aux USA, et source de bien des fake news.

La source première de ces fonds était bien entendu  le fameux service du ministère des affaires étrangères US et qui s’appelait US-AID. Le service vient d’être fermé et tous ceux qui y travaillaient ont ete virés. je crains une nette baisse du niveau de vie chez les journalistes aux USA et peut être même en France

Ce genre de corruption quelque peu primaire est mise en place pour faire tenir à leur place les valets, les petits, mais n’est  pas de mise pour la grande corruption, celle qui mêle intimement les puissants de ce monde, milliardaires et hommes politiques de premier plan qui se retrouvent à Davos chaque année.

 Pour eux,  on retrouve assez fréquemment deux techniques, toutes deux parfaitement légales.

  1. La société d’import- export dans un paradis fiscal.

Imaginons qu’un appareil électronique quelconque soit produit en Chine à $ 10 dollars l’unité et que ce produit se vende à $ 100 aux USA, pour un profit de $ 90.

Il serait sot de payer 32 % de taxes sur ce profit, chacun en conviendra.

L’exportateur Chinois va donc vendre son produit à $11 dollars à sa filiale irlandaise qui le revendra à $ 98 à la filiale d’importation aux USA et le profit en Irlande sera taxé à 4 %.

Il est évident qu’il n’y aura jamais aucun lien entre les sommes gagnées et les montants que la  même maison mère aux USA versera  aux candidats qui comprennent le monde des affaires et entendent favoriser la réélection des Sénateurs et des Représentants qui ont permis de monter ce très joli coup.

Mais ces nobles serviteurs du bien commun sont souvent aussi ceux qui sont chargés de réglementer ces sociétés.

Inutile de souligner que ces activités de réglementation peuvent avoir un effet considérable sur les cours de bourse des sociétés.

Heureusement, les parlementaires savent avant tout le monde les changements qui vont avoir lieu, puisque c’est eux qui vont les voter, et ont le droit d’utiliser ces informations en bourse, ce qui leur permet de jouer à coup sûr.

Nancy Pelosi, chef du parti démocrate pendant des lustres à la chambre des représentants aux USA était payée $ 180000 dollars par an.  Malgré ce salaire de misère, elle a accumulé en sus une fortune de plus de $240 millions de dollars, enregistrant dans son portefeuille des performances très supérieures à celles de Warren Buffet.

On est content que le talent soit récompensé chez les élus outre atlantique, mais bien entendu, rien de semblable ne s’est jamais passé chez nous, en tout cas rien qui ait intéressé la justice de notre pays. Ce n’est pas chez nous qu’une grande société industrielle achèterait pour des sommes considérables une mine dans laquelle il n’y a que de la poussière et que personne ne soit puni plus de 10 ans après les faits.

Mais, hélas, la corruption la plus considérable se produit lors des opérations de fusion acquisition transnationales.

Imaginons qu’une société américaine rachète les activités d’une société française et que par inadvertance les autorités françaises cèdent une activité complètement indispensable à notre défense nationale et que pour comble, cette cession ait lieu au prix très bas de 100.

Quand le gouvernement se rend compte de sa boulette, il lui faut racheter l’activité stratégique et comme la société américaine est bonne fille, elle accepte de revendre cette activité à la France, mais à un prix de 200 ou 300, ce qui est bien normal, tout le monde doit gagner sa vie.

Voilà un profit facilement gagné en très peu de temps, et il est sans doute apparu dans une filiale des Antilles néerlandaises de la société américaine.

Il pourra être attribué ensuite, en temps utile et quand il le faudra, en fonction des mérites et des efforts de chacun pendant les négociations.

Revenons à messieurs Trump et Musk, qui mieux que quiconque connaisse ce genre d’opérations.

Ils savent que c’est par ces canaux que passe la corruption dans les états profonds, et ils savent aussi que c’est impossible à remonter, à prouver et à empêcher.

Que doivent-ils faire ?

La réponse est simple.

Empêcher la corruption de passer par l’international et donc proclamer que seuls ceux qui produisent aux USA pourront vendre aux USA.

Quant aux autres, comme ceux qui ont des marges de 90 % qui apparaissent en Irlande, eh bien, les USA vont leur piquer ces marges par des droits de douane.

Ils pourront certes exporter vers les USA, mais la marge exceptionnelle entre la Chine et les USA sera capturée par le fisc américain et non pas par la multinationale à Dublin.

En tout cas, et si j’en juge par les gémissements que poussent leurs valets dans la presse, les vrais puissants se font du souci et sont sans doute de très mauvaise humeur.

Ce qui me désole au plus haut point.

Turquie : le coup de force

Recep Erdogan est un tacticien, qui est peut-être, cette fois-ci, allé trop loin. Alors que les Occidentaux regardent vers l’Ukraine et la Syrie, il a fait arrêter le maire d’Istanbul, son principal rival à la présidentielle de 2028. S’en suivent de nombreuses manifestations, qui secouent la grande ville turque.

 

Istanbul a toujours été un bastion de l’opposition à Erdogan. Plus tournée vers l’Europe, plus occidentalisée que le reste de la Turquie, même déclassée du statut de capitale au profit d’Ankara. Et son maire, Ekrem Imamoglu, est l’un des principaux opposants d’Erdogan, choisi par l’opposition pour l’affronter lors de la présidentielle de 2028. Après 22 ans de mandat, Erdogan, est toujours décidé à rester maître de la Turquie et a imprimer sa marque sur le pays.

 

Le coup de trop ?

 

Est-il allé trop loin ? L’arrestation, le 23 mars, du maire d’Istanbul a mis la ville en ébullition. Sous le prétexte de corruption, le maire a été arrêté et incarcéré. Depuis lors, plus de 1 400 personnes ont été arrêtées au cours des manifestations de plus en plus violentes. La tension ne retombe pas face à ce que beaucoup interprètent comme un coup de force pour museler l’opposition et s’assurer le maintien au pouvoir.

Depuis 2016 et le coup d’État raté des militaires, la pression politique se fait de plus en plus forte en Turquie. Paranoïa au sein du gouvernement, arrestations de journalistes et d’officiers, médias contrôlés. Lors du terrible séisme de février 2023, la communication du gouvernement avait été particulièrement erratique, ainsi que les services sociaux et les aides publiques, renforçant le sentiment d’abandon et le désespoir des populations.

Erdogan veut prolonger son pouvoir, au risque de se détacher complètement de l’opinion et de lasser aussi au sein de son camp. Au risque, également, de fragiliser la Turquie sur la scène mondiale.

 

La nouvelle Turquie

 

Beaucoup de provocations et d’errements ont été passés à Erdogan, notamment par les Européens. Sa gestion agressive des problèmes migratoires, s’en servant comme d’un levier de chantage, sa manipulation de la diaspora turque, notamment en Allemagne, ses liens avec les loups gris, sa pression en Méditerranée orientale, contre la France et contre la Grèce. Erdogan a pu multiplier les actes d’agression tout en bénéficiant d’une étrange impunité, beaucoup pensant qu’il valait mieux un Erdogan pénible à la tête de la Turquie qu’une personne incapable de tenir le pays.

Le président turc ne manque pas non plus de projet. Sa rénovation de l’aéroport international d’Istanbul en fait l’un des plus importants au Moyen-Orient, véritable passage obligé pour de nombreux vols vers l’Afrique et l’Asie centrale. Son projet de grand canal, pour doubler le Bosphore, vise à faire d’Istanbul, plus que jamais, un lieu incontournable des échanges mondiaux. Erdogan n’a pas abandonné l’ancienne Constantinople : il y a développé de nombreux projets d’envergure et investit beaucoup d’argent public. Avec le sentiment de trahison à l’égard d’une population qui ne le soutient pas. Constantinople fut toujours une ville à part dans l’Empire ottoman et la population stambouliote cultive ce particularisme. Mais avec, cette fois-ci, une opposition politique de plus en plus marquée.

 

Une économie fragilisée

 

En dépit des efforts d’Erdogan, l’économie turque demeure fragile, notamment sa monnaie. En 2022, la livre turque avait subi une très forte dépréciation face au dollar, fragilisant le budget étatique et l’économie du pays. En conséquence de quoi, l’inflation en Turquie était à plus de 75% début 2024 et encore à près de 50% à l’automne dernier. Il a fallu attendre la fin 2024 pour que la livre turque se stabilise. Une telle inflation lamine les classes populaires et moyennes et donc la confiance portée sur le gouvernement Erdogan. Les Turcs, comme les populations de tous les pays, veulent d’abord du pain et du travail. Le nationalisme, les grands projets diplomatiques et géopolitiques plaisent aux classes supérieures, cultivées et aisées. Pour mettre cela en haut de ses priorités, il faut, d’abord, avoir un travail et du pain. Si Erdogan ne peut pas apporter ce minimum vital, il perdra la main sur sa population.

 

La stabilité économique et le contrôle de l’inflation sont essentiels pour faire venir les investisseurs, notamment étrangers. La Turquie est un grand pays du textile : nombreux sont les vêtements portés en Europe qui sont fabriqués en Turquie. Les ateliers sont de bons niveaux, la main-d’œuvre est compétente et bon marché. Mais l’inflation d’une part, l’instabilité politique d’autre part, déplaît aux investisseurs. Erdogan joue donc un jeu dangereux. Une attaque monétaire contre la livre, un retrait ou un gel des investissements et c’est tout le pays qui sera fragilisé. La crise active à Istanbul pourrait ainsi se propager dans le reste du pays. D’autant que les conséquences du séisme de 2023 ne sont pas encore complètement effacées.

 

La crise ouverte par l’arrestation du maire d’Istanbul est profonde et semble avoir surpris le gouvernement lui-même, qui ne s’attendait pas à une telle contestation. En dépit des très nombreuses arrestations, la mobilisation ne faiblit pas. L’opposition s’est coalisée avec les manifestants, faisant bloc derrière son candidat arrêté. La justice étant aux ordres du pouvoir, aucun procès juste n’est à attendre pour une arrestation qui est politique. Erdogan, qui fut longtemps le maître des échecs, a-t-il joué le coup de trop ?

 

 

 

 

 

Le sapeur Camember, économiste en chef au ministère des finances français.

Georges Colomb, polytechnicien, immortel auteur des « facéties du sapeur Camember (1890) » signait ses livres sous le pseudonyme de Christophe (…Colomb…).

Il a créé le personnage du sapeur Camember, grand précurseur de Keynes dans le domaine de la pensée économique.

Le sergent Biture (si je me souviens bien), ordonne au sapeur de creuser un trou pour y mettre les ordures de la caserne. Ce que fait ce bon soldat. A la suite de quoi, ayant mis les ordures dans le trou, il se retrouve avec un tas de terre dont il ne sait quoi faire. Il demande au sergent biture qui passait par là ce qu’il fallait faire du tas de terre, et se voit répondre de creuser un autre trou pour y mettre la terre et se voit infligé en sus une semaine d’arrêts au poste pour avoir posé une question stupide au sergent.

Comme le lecteur avisé peut s’en rendre compte, il s’agit-là de la première description d’une politique Keynésienne qui recommande de faire des trous le matin pour les reboucher le soir, le salaire payé pour ce travail servant à relancer l’économie (et je ne blague pas, Keynes l’a vraiment dit).

La base du raisonnement est simple : le marché ne fonctionne pas et c’est à ceux qui savent mieux que nous ce qui est bon pour nous, comme Piketty et Keynes, de mettre en œuvre les mesures qui permettront à l’économie de se développer au mieux de ses capacités.

Et ces gens-là savent que l’économie ne donne pas les résultats attendus parce que les gens épargnent trop.

Comme ils épargnent trop, la demande globale est insuffisante et c’est à l’Etat de combler ce déficit de demande en dépensant plus qu’il ne reçoit par les impôts et donc d’avoir constamment des déficits budgétaires pour payer les gens à faire des trous avant de les reboucher.

Pour résumer l’essentiel de la pensée économique du sapeur Camember et de Keynes, il faut donc que le poids de l’Etat dans l’économie augmente sans cesse jusqu’au moment, béni des dieux, où les dépenses étatiques représenteront 100 % du PIB et où l’exploitation de l’homme par l’homme cessera enfin. Comme le disait Churchill, le capitalisme c’est l’exploitation de   l’homme par l’homme et le socialisme, c’est l’inverse.

Dans le monde du sapeur Camember et de l’ENA, dès que l’économie de marché connait un ralentissement ou une récession, il faut donc immédiatement pousser sur le bouton « faire des trous » et augmenter les dépenses de l’Etat pour éviter le retour de la grande dépression des années trente[1].

Vérifions le bien-fondé de la politique économique Camemberienne enseignée à l’ENA.

Que le lecteur veuille bien considérer le graphique ci-dessous.

 

 

Le verdict est sans appel : Plus le poids de l’Etat augmente (ligne rouge qui baisse) et plus la croissance ralentit (ligne bleue échelle de droite).

Et personne ne peut me dire que le poids de l’Etat augmente PARCE QUE la croissance baisse puisque la ligne rouge a été avancée de six trimestres par rapport à la ligne bleue.

Et comme le sait tout bon étudiant d’Aristote, la cause PRECEDE toujours la conséquence.

La hausse du poids de l’Etat est donc la cause première de l’affaiblissement de notre taux de croissance.

Mais, va me dire le jeune Pierre-Edouard Camember, descendant de l’illustre sapeur qui est passé par l’ENA après une heureuse scolarité à l’Ecole Alsacienne : « monsieur, vous oubliez le multiplicateur Keynésien. »

Je n’oublie rien du tout, et ce que je vais dire est infiniment plus grave que ce que j’ai déjà montré. En fait, le fameux multiplicateur Keynésien est devenu négatif depuis plus de 10 ans et nous sommes aujourd’hui dans une trappe à dettes, scenario dans lequel la dette augmente beaucoup plus vite que le PIB, ce qui amène toujours à la faillite du pays, sauf si un Milei de service se présente.

 

 

 

Dans une période normale, si le gouvernement dépense plus, la croissance accélère temporairement et au bout de quelque temps, le PIB se met à monter plus vite que la dette et donc le ratio dette sur PIB baisse. Le générateur produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Le multiplicateur Keynésien est positif. C’est ce que nous avons eu de 1986 à 1995.

Vient ensuite une période ou le multiplicateur passe à zéro : dette et PIB connaissent la même hausse. C’est la période 1996 à 2009. Le générateur consomme toute l’énergie qu’il produit.

Puis vient enfin la période horrible où le multiplicateur Keynésien devient négatif, le générateur consomme plus d’énergie qu’il n’en produit ce qui revient à dire que plus le pays s’endette, et plus il s’appauvrit, et de plus en plus vite.

Inutile de dire que pendant ces périodes il faut avoir zéro obligation et zéro action touchant à la consommation locale.

 

Conclusion

L’idée générale de ceux qui nous gouvernent semble être de rentrer dans le mur en klaxonnant, en espérant que le mur va disparaitre.

La réalité est que nous sommes dans une trappe a dettes et nos gouvernements veulent continuer à emprunter pour « réarmer » la France (Pourquoi l’ont-ils désarmée ?). Ce qui va empirer la situation.

Pour ce faire, ils vont émettre des emprunts (à nouveau) et le gouvernement prendra les décisions pour savoir à qui ira l’argent de ces emprunts.

Compte tenu des compétences exceptionnelles de nos élites depuis trente ans au moins, savoir que ce sont elles qui vont choisir ceux qui vont nous réarmer me rassure autant que si Gamelin avait été choisi pour commander le débarquement en Normandie avec moi dans une péniche au large d’Omaha beach.

Voila un emprunt que je vais regarder avec beaucoup d’intérêt en essayant de comprendre qui, mais qui, va être assez stupide pour prêter à l’Etat Français, mais que je ne toucherai pas car il n’a aucun intérêt.

Et je n’y toucherai pas également parce que je suis un bon français, ce que ne sont pas ceux qui l’émettent.

Nous n’avons pas besoin de nous réarmer, nous avons besoin de nous débarrasser d’eux  

 

[1] Il faudra un jour que je fasse un papier pour expliquer pourquoi nous avons eu une grande dépression tant les explications imbéciles de ce désastre perdurent.

 

L’armée dans les banlieues ?

Dans l’émission Legend, diffusée sur You Tube, celui qui occupe l’hôtel de Brienne, Sébastien Lecornu, a donné une version très personnelle du rôle du soldat et de l’armée. Une version qui démontre une méconnaissance de la chose militaire. Ce qui ne serait guère inquiétant si cette personne n’était pas ministre des Armées.

À une question de l’animateur de l’émission qui lui demande s’il faut envoyer l’armée « dans les banlieues », la réponse fuse :

 

« On va redire cette vérité : un soldat, c’est fait pour tuer sur ordre. Donc, les gens qui veulent envoyer l’armée dans les cités, c’est qu’ils veulent tuer sur ordre. (…)

Donc, si on déploie l’armée, on ne déploie pas l’armée contre son propre peuple, contre sa propre population. La militarité, je ne le redirais jamais assez, c’est tuer sur ordre, donc c’est très sérieux. Et c’est sûr que ce débat politique, médiatique, de réseaux sociaux, il n’y a pas un mois où on n’a pas un couillon qui vient sur un plateau pour dire il faut envoyer l’armée. Donc, moi, je veux bien qu’on dise il faut envoyer l’armée pour garder les prisons, il faut envoyer l’armée pour s’occuper des écoles, il faut envoyer l’armée pour s’occuper quand il y a des grèves…

C’est la célébration des valeurs de l’armée, donc cela c’est chouette, mais pourquoi ces valeurs existent ? L’ordre, le respect, le sport, mais ce n’est pas du folklore, c’est parce que la finalité de la mission à un moment donné c’est de tuer sur ordre, c’est l’ensemble de ça qu’il faut comprendre. »

 

L’extrait est à retrouver ici.

https://x.com/JBOOVII/status/1900172572588744760

 

Les erreurs syntaxiques et la pauvreté du vocabulaire ne seraient pas si graves si une langue ne servait pas, d’abord, à penser. Là réside le principal problème : la pauvreté de la pensée est la conséquence d’une pauvreté de la maîtrise de la langue. Il sera toujours possible de se rassurer en se disant qu’un bon politicien est capable de dire une chose, puis son contraire avec la même force de conviction.

 

Un soldat, c’est fait pour tuer

 

« On va redire cette vérité : un soldat, c’est fait pour tuer sur ordre. » En l’occurrence, ce n’est pas une vérité, mais une erreur. Le rôle d’un soldat n’est pas de tuer, mais d’assurer la sécurité du territoire national. Dans la pensée stratégique française, cela passe par la dissuasion. La sécurité nationale s’acquiert d’abord par le fait de dissuader l’adversaire de nous attaquer. Pour cela, il est possible de recourir à la dissuasion nucléaire, qui est l’un des volets de la dissuasion, mais aussi au déploiement et aux capacités des forces militaires : chars, avions de chasse, marine. Les marins qui naviguent dans les sous-marins lanceurs d’engins nucléaires ne le font pas pour vitrifier l’ennemi, mais pour dissuader. Ils ne sont pas là pour tuer. Les militaires qui s’entraînent tous les jours, qui mènent des missions d’entraînement dans les pays baltes ou qui forment les armées roumaines et ukrainiennes, ne sont pas non plus là pour tuer. Bien souvent, le fait de tuer manifeste l’échec de la mission : cela signifie que la dissuasion n’a pas été efficace. Le rôle d’un militaire est donc exactement l’inverse que ce que peut dire Sébastien Lecornu.

 

« La militarité, je ne le redirais jamais assez, c’est tuer sur ordre, donc c’est très sérieux. » Ce qui est moins sérieux, en revanche, c’est d’inventer des mots qui n’existent pas. « Militarité », cela ne veut rien dire. « Tuer sur ordre » : qui donne l’ordre ? Le président de la République, le colonel ? On tue pour quoi faire ? Tuer, s’il faut le faire, est un moyen, un outil, non une fin ou un objectif. Or, il dit bien : « la finalité de la mission, à un moment donné, c’est de tuer sur ordre ». Il présente donc le fait de tuer comme étant « la finalité de la mission ». La finalité de la mission, au Sahel et au Tchad, était-elle de tuer ? Si tel est le cas, les pays africains ont bien fait d’y mettre un terme et de renvoyer les militaires français dans leurs casernes.

Confondre les moyens avec l’objectif à atteindre est le premier pas vers la défaite stratégique, donc militaire.

 

L’armée est bien déployée en France

 

« Donc, les gens qui veulent envoyer l’armée dans les cités, c’est qu’ils veulent tuer sur ordre. » A priori, ceux qui veulent faire usage de l’armée dans les « cités » ne le souhaitent pas pour tuer les dealers et les criminels, mais pour rétablir l’ordre. C’est d’ailleurs ce que précise le site internet du ministère des Armées : « Le ministère des Armées est chargé d’assurer la protection du territoire français, de sa population et de ses intérêts. » Donc, s’il s’agit d’assurer la protection du territoire français, il est légitime de déployer l’armée sur le territoire national.

C’est le sens même de l’opération Sentinelle, déployée depuis 2015, soit depuis dix ans. Le ministre des Armées sait-il que des militaires sont déployés dans les gares, les aéroports et certaines rues sensibles « pour assurer la protection du territoire national » ? Que l’on sache, les soldats de Sentinelle ne sont pas là pour « tuer sur ordre ».

Lors des JO de Paris, de nombreux réservistes et soldats du rang furent déployés sur les sites des JO et leurs abords pour participer à des missions de sécurité. Leur mission était-elle de « tuer sur ordre » en abattant les athlètes récalcitrants ?

 

Faut-il rappeler que l’armée est également déployée dans les outre-mer, notamment en Guyane, pour lutter contre les orpailleurs clandestins, ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie. Avant d’occuper le siège des Armées, notre ministre à la longue carrière d’apparatchik politique fut ministre des Outre-mers (2020). Il doit donc être informé du fait que la Légion étrangère est déployée sur ce théâtre d’opérations. À moins que les outre-mer ne soient pas considérés comme faisant partie du territoire national. À notre connaissance, le déploiement de la Légion n’a pas donné lieu à un bain de sang à Nouméa ni à des tueries à Kourou.

 

Et que dire alors des gendarmes, qui sont certes sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, mais qui sont des militaires ? Quand on déploie un peloton de gendarmerie contre les gilets jaunes, c’est avec pour finalité de les tuer ? Il est même possible d’étendre les propos du ministre aux policiers. Eux aussi portent une arme, eux aussi ont le droit de tuer, sous certaines conditions. Faut-il en déduire que « la finalité de leur mission » est de « tuer sur ordre » ?

 

Le ministre critique le fait que l’on envoie l’armée dans les écoles ou lors des grèves. C’est pourtant ce qui est fait avec le SNU, où l’armée est transformée en éducation nationale bis. Lors de catastrophes naturelles, notamment des inondations, l’armée est bien déployée pour contribuer au secours des populations, ce qui est bien du ressort de ses missions.

 

Tirer sur le peuple

 

« Donc, si on déploie l’armée, on ne déploie pas l’armée contre son propre peuple, contre sa propre population »

 

Une telle phrase, compte tenu de ce qui se passe dans les outre-mer, est assez savoureuse. Les Kanaks et les Guyanais apprécieront.

Si on se limite au territoire métropolitain, on pourra se souvenir que la République n’a jamais hésité à déployer l’armée et à tirer contre son propre peuple. Ce fut le cas en juin 1848, et Flaubert en laissa des pages terribles dans L’Éducation sentimentale ; en 1871, quand il fallut mettre un terme à la Commune de Paris ; en 1948, lors des grèves insurrectionnelles conduites par le parti communiste, quand le socialiste Jules Moch fit envoyer la troupe pour libérer les puits de mine de Valenciennes. La finalité n’était pas de tuer, mais d’assurer la protection du territoire national et la continuité du service économique.

 

Sébastien Lecornu parle de « propre peuple » et c’est bien là l’un des nœuds du problème. Il n’est pas certain que, dans les espaces pudiquement nommés « zone de reconquête républicaine », la population se considère comme faisant partie du même peuple.

 

Là où il a raison, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’envoyer l’armée dans les zones hautement criminelles. C’est le rôle de la police, qui a les savoir-faire et les moyens techniques pour intervenir et rétablir l’ordre. Mais à force de laisser pulluler la criminalité, nous serons peut-être dans une situation où il faudra recourir à l’armée. Non pas pour tuer, mais pour mener sa mission première : protéger le territoire national et la population française.

 

Analyse des risques financiers actuels.

Dans la note de cette semaine, je vais me livrer à un petit exercice de style : analyser les risques et les opportunités actuels sans citer le moindre chiffre ni montrer le moindre graphique.

Tout commence avec la guerre Russo-Ukrainienne, au début de laquelle sont prises des mesures de rétorsion par l’Occident contre la Russie : Arrêt des achats d’énergie Russe et confiscations des réserves de change de la Russie à qui est interdite également d’utiliser le réseau  de paiements internationaux connu sous le nom de Swift .

Résultat :  le dollar cesse d’être la monnaie de paiement exclusive pour le pétrole, l’Arabie Saoudite se met à vendre son pétrole en Renminbi Chinois tandis que l’Inde achète du pétrole Russe en roupie indienne et que des réseaux de paiements alternatifs a SWIFT se mettent en place.

Conséquence numéro 1 : Tous les pays du monde gardaient leurs réserves de change en dollar US pour pouvoir acheter du pétrole en cas de besoin, et ces réserves étaient investies dans des obligations du Trésor Américain, finançant ainsi les déficits budgétaires américains, ce qui constituait le privilège  « impérial » du dollar. c’est fini.

Conséquence numéro 2 :  Tous les pays importateurs d’énergie, étaient obligés de croitre en dessous de leur potentiel de croissance ne pouvant se permettre d’avoir des déficits extérieurs qui auraient amené à une baisse de leurs réserves de change en dollar et à des attaques sur leur monnaie. Ces pays devaient donc sans arrêt être en situation d’excédents d’épargne (comptes courants excédentaires).  Et ces excédents d’épargne étaient toujours recyclés dans des actifs financiers aux USA, ce qui faisait la fortune de Wall-Street en maintenant les taux artificiellement bas aux USA. C’est fini

Du coup, les taux d’intérêts étaient constamment trop bas aux USA et le taux de change trop haut, ce qui favorisait la consommation de produits importés aux USA tandis que les pays importateurs d’énergie avaient des taux d’intérêts trop hauts et des taux de change trop bas, ce qui freinait toute consommation intérieure.

 Aujourd’hui, le privilège impérial, le cours forcé du dollar et le monopole de SWIFT n’existent plus, ce qui va bouleverser les échanges internationaux.

Déjà, l’économie Chinoise s’est libérée de ces contraintes et le reste de l’Asie va suivre

Soyons simples. Prenons l’exemple de l’Inde

L’Inde, dans le passé, souffrait de ce qu’il est convenu d’appeler de « stops and go »  constants.

Son économie se développant plus vite que le reste du monde se trouvait très rapidement avec des déficits extérieurs et sa monnaie faiblissait.

Ce qui forçait la banque centrale à  monter les taux d’intérêts et à interrompre le cycle de croissance très vite, ce qui freinait les dépenses d’investissement.

L’Inde  mais aussi d’ autres pays d’Asie du Sud (Vietnam, Indonésie, Malaisie, Philippines…) étaient donc sans arrêt en état de sur-épargne et ces excédents étaient investis..en obligations US.

Ces excédents d’épargne s’investissaient  toujours aux USA  avec une faible rentabilité, à  la place de s’investir sur place avec une forte rentabilité, mais c’était le prix à payer pour garantir la sécurité énergétique du pays

 Cette épargne n’ira plus aux USA et les taux, réels et nominaux vont  donc monter fortement aux USA..

La consommation qui ne va plus être subventionnée  va donc devoir baisser beaucoup outre atlantique.

Et que fait monsieur Trump ?

  • Il chasse le gaspillage et la fraude (ce qui va réduire la consommation) et les dépenses militaires, ultime forme de consommation improductive, en cessant de protéger militairement l’Europe, ce qui était inévitable.
  • Il introduit également des droits de douane pour remplacer autant que faire se peut les dollars qui n’arrivent plus par des impôts sur les producteurs étrangers.
  • Mais la meilleure façon de recréer une base industrielle est bien sûr de laisser filer le dollar à la baisse tout en subventionnant les exportations d’énergie et de produits agricoles.
  • Ce qui fait aussi partie de la politique officielle.

Taxation des importations, subvention aux exportations, fin des protectorats militaires, les USA retournent à leurs racines isolationnistes et protectionnistes.

Le but politique est de créer la « forteresse Amérique » et d’en faire une espèce d’aimant pour les capitaux mondiaux en recherche de sécurité, ce qui permettrait au dollar de ne pas aller trop bas, évitant ainsi une poussée inflationniste trop forte.

Je ne sais pas si cela va marcher, mais je ne suis pas sûr non plus que cela ne va pas marcher.

En tout cas, c’est jouable, surtout si le système interne aux USA se déréglemente et que le déficit budgétaire redevienne raisonnable.

Venons en à l’Europe

Pour les pays qui ne sont pas dans l’Euro tels la Suède ou la Suisse, leurs économies devraient profiter du tsunami économique de l’Océan Indien et je ne pense que du bien de leurs économies, de leurs marchés financiers ou de leurs taux de change.

Reste la zone Euro.

Et là, nous avons un problème d’abord avec Bruxelles et avec la France ensuite.

Commençons avec Bruxelles, dont le but tout à fait officiel est de sauver la planète en excluant de plus en plus l’énergie fossile de l’économie. Ce qui veut dire que l’épargne locale ne s’investit pas en fonction de la rentabilité marginale du capital investi, mais en fonction de règlements visant à diminuer la consommation d’énergie fossile.

Ce qui implique que nos produits industriels n’ont aucune chance d’être concurrentiels, par exemple avec les nouveaux produits Chinois ultra concurrentiels. Et les positions favorables aux US vont voir leurs rentabilités détruites par les droits de douane imposés par l’administration Trump.

Et du coup, la croissance s’arrête un peu partout,  dans la zone euro.

 Bruxelles a choisi la désindustrialisation et le malthusianisme, ce qui interdit de penser qu’une renaissance industrielle va se produire dans le vieux continent, ce qui veut dire aussi  que les nouvelles dépenses militaires entraineront automatiquement une baisse considérable du niveau de vie.

Les pays européens vont  donc devoir choisir entre le maintien de leurs systèmes sociaux et un accroissement de leurs dépenses militaires.

Voilà qui laisse présager quelques troubles sociaux.

Venons en à la France qui crève d’une surconsommation étatique financée par la dette.

Je pensais que la crise viendrait parce que la prime de risque augmenterait sur notre pays.

J’avais tort.

Ce qui va se passer est plus simple, les taux mondiaux vont monter tout simplement parce que la rentabilité du capital investi va beaucoup monter dans l’océan Indien et ceux  qui prêtaient à la France auront mieux à faire ailleurs.

Nous serons  tout simplement incapables d’emprunter à ce que seront les prix de marché

Il nous arrivera ce qui est arrivé à l’URSS à la fin des années 1980.

Conclusion

La RCF (République Comuniste Française) va sauter avec l’Europe  tout simplement parce que le reste du monde hors les pays de l’OCDE devient PLUS capitaliste.

Le triomphe du capitalisme est devant nous et la conséquence en est que nous allons tout droit vers la fin des sociales-démocraties.

Après tout , la  Sociale-Démocratie est au communisme ce que le Coca Light est au Coca.

Que la Sociale-Démocratie ait mis 30 ans de plus à crever est normal.

Le Coca Light est moins dangereux que le Coca

 

La fin de l’Occident ?

 

 

Beaucoup annoncent « la fin de l’Occident ». C’est un marronnier intellectuel qui revient au moins depuis les années 1960 et les guerres de décolonisation. S’il est vrai que l’on assiste à une fin du monopole occidental et à un redéploiement de la puissance mondiale, l’Occident est toujours bien là.

 

Occident : idée et espace

 

La première difficulté réside dans la définition de ce qu’est l’Occident : une idée ou un espace ?

Une idée, c’est-à-dire des valeurs communes, une philosophie partagée, une même vision de l’homme et de la vie, tout ce que l’on regroupe sous le terme de « droit naturel ». C’est aussi une histoire commune et l’histoire est tout autant vécue que recréée et réinventée.

Mais l’Occident c’est aussi un espace, qui comprend l’Europe et l’Amérique du Nord. Et se pose alors la question de ses limites géographiques. Faut-il y inclure l’Amérique latine, longtemps nommée « extrême Occident » par les géographes. Faut-il y inclure la Russie ? Saint-Pétersbourg est bien une ville occidentale et Moscou recèle de très nombreux musées qui comprennent des œuvres d’Occident. Qu’est-ce qui donne à cet espace le droit d’être désigné comme « Occidental » ? Son histoire, son architecture, les personnes qui y habitent ? Si Le Caire n’est pas en Occident, certains quartiers du Caire, peuplés d’Occidentaux et organisés comme des villes occidentales, nous ramènent bien un bout d’Occident.

Hong Kong, n’est-ce pas l’Occident ? Et le bund de Shanghai, avec ses larges promenades et ses gratte-ciels, n’est-ce pas une ville occidentale ? L’Occident, ce n’est pas non plus la chrétienté, bien qu’être chrétien c’est adopter la vision du monde portée par les Occidentaux.

Il est toujours malaisé de définir les concepts et « Occident » plus que beaucoup est particulièrement ardu à délimiter.

Finalement, comme souvent, ce sont les ennemis qui définissent les concepts, c’est-à-dire ceux qui sont à l’extérieur et qui rejettent le dehors. Être occidental, aujourd’hui, c’est donc ne pas être eurasiste, islamiste, décolonialiste.

 

Déclin ?

 

De quel déclin parle-t-on ?

 

Économique ? La mondialisation est un trompe-l’œil. L’Afrique représente à peine 1,7% du commerce mondial et l’Amérique latine, 6%. Donc, 92% du commerce mondial est réparti entre trois pôles : Asie, Europe, Amérique du Nord. Donc, ce commerce tourne toujours autour de l’Occident.

 

Militaire ? Oui, la Chine s’arme et dispose d’une flotte de plus en plus nombreuse. Mais impossible de mesurer la valeur réelle d’une armée tant que celle-ci n’a pas eu à combattre. Entre la victoire sur le papier et la victoire sur le terrain, il y a un monde. La Russie, qui était censée avoir l’une des plus fortes armées du monde, se casse les dents sur l’Ukraine depuis trois ans. En 2024, elle a conquis l’équivalent du département de la Corse du sud. Pas vraiment une superpuissance. Oui, les États-Unis ont quitté l’Afghanistan, et avant cela l’Irak et le Vietnam. Et alors ? Rien ne s’est passé. Leur puissance ne repose pas sur leurs conquêtes militaires, mais sur leurs conquêtes technologiques. Et ici, ils sont toujours en tête.

 

Technologique ? Ce sont bien les États-Unis qui mènent la danse. La Chine copie et améliore, mais, pour l’instant, elle n’invente pas.

 

Culturel ? Les islamistes portent des baskets et rêvent des modes de vie occidentaux, comme les malheureux qui traversent l’Afrique et la Méditerranée, souvent au péril de leur vie. Le jour où les Européens fuiront l’Europe pour chercher une vie meilleure en Afrique, on pourra parler d’un déclin de l’Occident. Pour l’instant, ce n’est pas encore le cas.

 

Colonisation et puissance

 

La fin de la colonisation a été perçue par certains comme le signe du déclin de l’Occident. Or les pays occidentaux à avoir colonisé sont minoritaires. D’autre part, comme l’ont démontré notamment les recherches de Jacques Marseille, la colonisation a plus été un fardeau pour la France qu’un levier de puissance. Entre la Corrèze et le Zambèze, il fallait bien choisir la Corrèze. Loin de participer à sa puissance, la colonisation a flatté l’ego des Occidentaux, mais l’a affaibli. D’où la volonté d’un de Gaulle de quitter au plus tôt l’Algérie, chose dont il est convaincu dès les lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Si les Occidentaux ont perdu les guerres coloniales, c’est qu’ils n’ont pas mis une motivation très forte à leur victoire. L’opinion ne suivait pas, l’intérêt stratégique non plus.

 

La vraie nouveauté n’est donc pas tant la fin de l’Occident que l’apparition de concurrents sérieux, dont la Chine et le Japon figurent au premier plan. C’est probablement cela le fait le plus important.

Longtemps, l’Occident fut en situation de monopole. À partir des années 1970, ce monopole se brise et s’efface. Puis la situation de concurrence devient évidente dans les années 2000, avec la montée en puissance de la Chine. Le Japon d’une part, la Chine de l’autre, sont capables de faire jeu égal et donc d’offrir une concurrence qui était inexistante dans les siècles antérieurs. Mais cette montée en puissance s’est effectuée en copiant le modèle technologique occidental et en cherchant à dominer dans les secteurs où l’Occident était dominant. La Chine ne propose pas un autre système ou une autre vision, elle essaye de faire jeu égal en suivant le modèle occidental.

 

Fin de l’universalisme

 

Ce qui est manifeste, depuis une vingtaine d’années, ce n’est pas tant le déclin de l’Occident que le déclin de l’universalisme porté par l’Occident. L’universalisme repose sur la négation des cultures, l’idée que les autres seraient un miroir de nous-mêmes, qu’ils copieraient ce que nous sommes et notre façon d’être. La colonisation fut fondée et justifiée par l’idée d’universalisme. Or c’est bien cette idée-là qui est aujourd’hui brisée. Une idée que j’estime pour ma part contraire à l’essence de l’Occident ou plutôt, un Occident renversé et retourné. Mettre un terme à l’universalisme, c’est pouvoir revenir à l’authenticité de l’Occident, à sa spécificité et à sa raison d’être. Et ainsi assurer le déploiement de son identité.

 

 

La KAPOSPHERE.

Dans les camps de concentration de l’Allemagne nazie et de l’Union Soviétique régnaient en maître les Kapos. Leur rôle était de surveiller les autres détenus pour pouvoir dénoncer au plus vite ceux qui avaient l’idée farfelue de s’opposer aux vrais chefs du camp (du bien ?).

Les « récompenses » pour les Kapos se trouvaient dans le fait qu’ils avaient deux assiettes de soupe le soir à la place d’une, l’assurance qu’ils seraient tués parmi les derniers mais surtout et enfin qu’ils avaient droit de vie et de mort sur les gens qui vivaient dans la même baraque qu’eux, ce qui est extrêmement valorisant.

Comme chacun le sait aussi, dans les camps, il y avait parfois des détenus de droit commun et c’est souvent parmi eux que les chefs du camp du bien choisissent ceux qui allaient surveiller le reste des détenus et dénoncer les brebis galeuses. Mais en France, les intellectuels n’ont jamais reculé devant leur devoir. Ils sont toujours nombreux à postuler les postes de Kapo. Le seul moment où le pouvoir a besoin de personnes avec des casiers judiciaires pour remplir une position  est bien entendu pour le poste de chef-Kapo, à la Présidence du Conseil Constitutionnel.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ces personnages, je ne saurais trop recommander la lecture d’une Journée d’Ivan Denissovitch de Soljenitsyne ou « la plaisanterie » de Kundera.

Étant d’un âge avancé, j’ai pu constater que le Kapo était nécessaire à tous les pouvoirs totalitaires et que les dénonciations de ceux qui pensaient mal par les petits Kapos ont été une caractéristique constante de la vie intellectuelle française depuis toujours, tant il est vrai que le totalitarisme engendre les kapos comme certains nuages portent la grêle en eux.

Dans cet esprit, il ne faut jamais oublier que le totalitarisme et le génocide ont été inventés en France par de petits bourgeois médiocres qui voulaient créer un « homme nouveau » et qui du coup, étaient toujours d’accord pour massacrer les hommes « anciens » qui se trouvaient très bien tels que Dieu les avait créé.

 Que le lecteur me permette de citer par ordre historique quelques dénonciations d’esprits libres qui ont eu lieu en France en y ajoutant les Kapos de service à l’origine de la dénonciation.

  •  A la fin des années 40, Kravchenko, dissident, ex haut fonctionnaire soviétique, avait publié un livre « j’ai choisi la Liberté «, première dénonciation du goulag soviétique.  Il fut attaqué en justice par le parti communiste français, soutenu par toute la gauche française menée par les Kapos de service de l’époque tels Thorez, Duclos, Aragon, Simone de Beauvoir etc.    (Citations de Sartre :« il ne faut pas désespérer Billancourt » et « le Marxisme est l’horizon indépassable de la pensée humaine »).

Ils perdirent leurs procès, ce qui prouve qu’il y a eu des moments dans l’histoire de notre pays pendant lesquels la justice était indépendante.

  • A la fin des années 70, Soljenitsyne. avec le médiocre Jean-Daniel dans le rôle du Kapo, lors d’une émission de Bernard Pivot, s’est vu accuser d’intervenir dans les élections françaises et donc de gêner l’Union de la gauche par la publication de ses livres.
  • Le journal « Le Monde » est resté célèbre pour son grand titre lorsque les Khmers rouges prirent le pouvoir Cambodge avec le titre « Phnom-Penh délivré, accueille avec enthousiasme ses libérateurs »

Bref, les Kapos dans l’histoire intellectuelle de la France ont toujours été légion et n’ont jamais failli à leurs obligations quand il s’agissait de dénoncer ceux qui ne pensaient pas comme il le fallait.

Ce qui m’amène à la période actuelle.

J’ai essayé de montrer dans l’un de mes livres « La vérité vous rendra libre » chez Pierre de Taillac, éditeur, qu’une tentative de prise de pouvoir de nature totalitaire par une soi -disant élite mondialiste avait eu lieu après la chute du mur de Berlin et qu’elle allait probablement échouer.

Et elle est heureusement en train d’échouer, ce qui n’est pas l’objet de cet article.

Revenons à l’essentiel.

Toute tentative totalitaire commence toujours par une prise de contrôle du « Logos » et donc par la création d’une Novlangue (cf. Orwell)), ce qui, comme le disait Soljenitsyne, permet de repérer immédiatement ceux qui refusent d’utiliser la Novlangue et donc de les éliminer avant qu’ils ne deviennent dangereux pour les puissants.

Le rôle principal des Kapos est donc double

  1. identifier le plus tôt possible les esprits libres de façon à pouvoir les éliminer avant qu’ils n’aient pu se créer des disciples.
  2. Exclure de tout débat public ceux qui ne partagent pas les buts de la classe dominante.

Et donc, les totalitarismes sont toujours marqués par l’émergence de nombre de petits Kapos chargés de mettre au pas ceux qui veulent continuer à parler et à penser librement.

Depuis des années, tous ces bienfaiteurs de l’humanité m’ont rangé dans la « fachosphère ». endroit épouvantable où la bête Immonde au ventre fécond continue de déverser sa progéniture.

Je n’ai donc pas droit à la parole dans les endroits contrôlés par eux, mais je m’en réjouis puisque cela confirme aux yeux de tous ceux qui ne font pas partie de la Kaposphere que j’ai quelque chose à dire. Comme le disait un humoriste : « Il n’y a pas de plaisir plus subtil que celui de se faire traiter d’ordure par un salaud ».

 A toutes fins utiles, pour ces incultes, je rappelle que la définition du fascisme a été fournie fort aimablement par Mussolini et la voici « Tout par l’Etat, tout pour l’Etat, rien en dehors de l’Etat ».

Mélenchon est un fasciste, moi je suis un Liberal.

J’ai dans mon bureau les portraits de Raymond Aron, Locke, Montesquieu, Tocqueville, Milton Friedman, Henri de Jouvenel, Alfred Sauvy, Rueff et de quelques autres du même acabit. Rétrospectivement, aux yeux des Kapos, ils sont sans aucun doute membres honoraires de la fachosphère. En ce qui me concerne, je les ai toujours considérés comme mes maîtres à penser et j’essaye de leur être fidèle.

Comme mes maîtres, je suis et je resterai un libéral qui veut protéger la suprématie de l’individu sur l’État (l’homme naît avec des droits inaliénables…), je hais la censure et tous les totalitarismes, je dirai toujours ce qu’il me semble devoir dire, sans en craindre les conséquences et j’admets parfaitement que chacun ait le droit de ne pas être d’accord avec moi.

Je sais donc qui je suis, pourquoi j’agis et d’où je parle, mais est-ce le cas pour les Kapos ?

A ce point du raisonnement, la question suivante se pose en effet : mais qu’est qui fait agir les membres de la Kaposphere ?

C’est là une question très difficile, tant il est impossible de comprendre logiquement pourquoi certaines personnes pensent de travers.

Pour y répondre, il me faut remonter à leur personnage tutélaire, Judas Iscariote.

Judas trahit le Christ et le livre aux grands prêtres pour quelques pièces d’argent.

Il sait que le Christ est la Vérité, et il le trahit. Pourquoi ?

On peut trouver plusieurs explications, non mutuellement exclusives et les voici.

  • Judas n’accepte pas la Vérité. C’est le cas du Cardinal grand inquisiteur d’Espagne dans les frères Karamazov, le roman de Dostoïevski, qui refuse d’admettre que l’Amour et la Liberté doivent mener le monde. Pour lui, la solution se trouve dans le cynisme et le mensonge. Comme le grand inquisiteur, Judas attendait peut-être un messie terrestre.
  • Judas voulait être invité dans les dîners en ville donnés par les Pharisiens à Jérusalem et en avait assez de ne rompre le pain qu’avec des prostituées et des petites gens, même si le vin était bon. En termes simples, il voulait cesser d’être un marginal et faire carrière.
  • Judas était tout simplement jaloux. Le Christ avait choisi Pierre comme chef de l’église à venir et parmi tous ses disciples, préférait Jean. Et tout ce qui était demandé à Judas était de s’occuper du portefeuille du groupe, ce qui était rentable mais guère valorisant.
  • Judas était certain que tout cela allait se terminer mal pour le Christ et pour lui. En trahissant le Christ, il sauve potentiellement sa peau.
  • Et enfin, Judas était peut être financièrement corruptible et a cédé à l’appât du gain.

Si le lecteur accepte cette petite typologie, tout devient clair.

D’abord, le Kapo de base sait qu’il trahit et qu’il est un salaud, mais il se convainc qu’il n’y a que des salauds sur cette terre et que le but de tout être normalement intelligent est de survivre, les moyens pour y arriver important peu. Le kapo est facilement Darwinien.

Il se convainc aussi que tout le monde pense comme lui et que ceux qui ne semblent pas d’accord sont juste des hypocrites. Il faut donc les démasquer pour les empêcher d’embrouiller le peuple.

Il est persuadé que le pouvoir en place est légitime, la preuve en étant que ce pouvoir a su reconnaître ses mérites, à lui. Toute personne qui conteste le pouvoir le met en cause, lui, ce qui est la preuve que les contestataires doivent être supprimés.

Et enfin, Il a deux assiettes de soupe de plus que le reste des gens dans le Stalag, ce qui lui donne un agréable sentiment de supériorité.

Et voici le moment pour moi de demander de l’aide à mes chers lecteurs.

La Kaposphere en France est immense et bloque tout.

Je suis certain que si nous disposions d’une bonne cartographie des endroits où sévissent les Kapos, cela nous serait très utile pour mieux comprendre ce qui se passe dans notre pays et qui obéit à qui et pourquoi.

Les Kapos ont fait des fiches sur nous (Wikipédia), nous devrions en avoir sur eux…sinon, on continuera à se faire avoir à chaque tournant.

Je lance donc une espèce de concours afin de créer un trombinoscope de la Kaposphere en France où devront figurer non seulement les plus connus, mais aussi peut être leurs chefs et surtout leurs grands chefs, ceux qui payent.

Pour les repérer, c’est facile : allez sur leurs sites et vérifiez qu’ils utilisent les mot fachosphère et extrême droite pour qualifier d’honnêtes gens. S’ils le font, ce sont des Kapos.

Amis de l’IDL, au travail.

Il nous faut un organigramme des Kapos français, non pas pour les punir ou les éliminer mais simplement pour que chacun sache pour qui ils défendent les idées qu’ils défendent et qui les paye.

L’organigramme des Kapos  américains commence à être public.

Nous devons identifier les nôtres.

Trump / Zelensky : la faillite de la diplomatie directe

L’altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky est abondamment commentée depuis vendredi. Beaucoup y voient une rupture dans le lien transatlantique et une brutalité de Donald Trump. La réalité me semble plus nuancée.

 

D’abord, comme beaucoup, j’ai vu l’extrait, qui dure environ 3 minutes, et qui montre une forte altercation. Puis j’ai regardé l’entretien en entier, qui dure 49 min, et que l’on peut retrouver sur ce site :

https://www.youtube.com/watch?v=ZThLlfMvMRY

 

En regardant l’entretien en entier, du début à la fin, et non pas seulement l’extrait, l’impression est un peu différente.

Les choses partent plutôt bien. L’ambiance semble conviviale : il y a des sourires, des blagues, des traits d’humour. Donald Trump explique sa vision de la guerre, puis vient le tour de Zelensky. Chacun parle sans qu’aucune différence de vue n’émerge.

Mais un élément m’a tout de suite paru bizarre : le format même de l’entretien. C’est un mélange très curieux entre formalisme et décontraction, entre réunion officielle et propos au coin du feu. Or, après avoir vu l’entretien en entier, je pense que le principal problème vient justement de ce format. Et donc que ce qu’il faut retenir, ce n’est pas tant l’algarade, qui reste finalement très mesurée et qui peut arriver lors de négociation, que l’évolution même de la diplomatie vers une forme de transparence totale qui finit par lui nuire.

 

Le décor : une intimité problématique

 

La scène se tient dans un salon de la Maison-Blanche, au coin de la cheminée, même si celle-ci n’est pas allumée. Les deux chefs d’État sont assis côte à côte et discutent. Sur un canapé, à côté, le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio. C’est un décor intime, dans une salle qui n’est pas une salle de travail, une sorte de boudoir où l’on peut discuter tranquillement. Et c’est comme cela que la discussion débute.

 

Oui, mais.

La pièce est remplie de journalistes, qui posent des questions et interviennent, et la réunion est retransmise en direct.

Alors, où sommes-nous et quelle est la nature de cette réunion ? Est-ce une réunion privée, pour des négociations ? Est-ce une conférence de presse, avec des questions et des réponses, et donc des propos publics ? Visiblement, c’est la deuxième solution. Mais une conférence de presse qui entre dans l’intimité d’un boudoir, qui filme les négociations et qui les diffuse en direct. Or cela, c’est le contraire même de la diplomatie et de la politique.

Il doit y avoir le temps de la discussion, en privé, où l’on peut exprimer des désaccords et même hausser la voix. Cela fait partie du processus de négociation. C’est sain et c’est normal. Trump et Zelensky ont le droit de ne pas être d’accord, de se le dire, et chacun fait valoir ses arguments pour infléchir la position de l’autre.

 

Mais en privé. Derrière les murs. Sans que cela sorte.

 

Et si c’est une réunion publique, avec des questions de journalistes, alors ce doit être une conférence de presse officielle. Avec langue de bois et éléments de langage. Parce que c’est une nécessité quand on parle de matière aussi grave que la guerre, de négociations de paix, de vie humaine.

Le problème n’est donc pas que, sur 49 min d’échange, il y ait eu 3 minutes où les voix soient montées (et d’ailleurs très peu quand on regarde l’échange en entier), mais que cela se soit passé en direct et en public. Le problème principal est donc là : la règle de base de la diplomatie n’a pas été respectée.

 

Du calme à la tempête

 

Pourquoi est-ce que le ton est monté ?

 

D’abord Zelensky développe son argumentaire selon lequel on ne peut pas négocier avec Poutine parce que celui-ci ne tient jamais ses promesses. C’est peut-être vrai, mais Donald Trump est en train de négocier avec Poutine, notamment à Riyad. Dire cela, en public et devant Trump, c’est lui dire qu’il est incompétent puisqu’il ne sait pas qui est Poutine et qu’il va donc se faire rouler lors de la négociation. On peut dire cela en privé, et Zelensky l’a probablement fait, mais pas en public.

 

Vance tente de rattraper la situation en lui disant que l’Ukraine a du mal à recruter. Là aussi, c’est vrai. Mais encore une fois, on ne tient pas ce genre de propos en public.

Zelensky réplique à Vance en l’attaquant pour incompétence. Il lui dit, devant tout le monde, « vous ne comprenez pas la situation parce que vous n’êtes jamais venu en Ukraine ». Sous-entendu, « vous jouez au dur, mais vous ne savez pas ce que c’est que la guerre ».

Mais Vance a été soldat en Irak, il en a tiré un livre et une part de sa légitimité. Donc c’est une attaque qui le blesse durement.

Encore une fois, les propos de Zelensky sont justes, mais on ne dit pas cela devant le monde entier. D’autant que la mission du vice-président n’est pas de se rendre en Ukraine et de visiter ce que le gouvernement ukrainien voudra lui montrer, mais de prendre des décisions à partir de la matière fournie par ses services de renseignement diplomatique, militaire et sécuritaire.

Et donc, JD Vance réplique. Et puis Zelensky attaque frontalement Trump, dans une phrase qui peut paraître anodine, mais qui est clef. Il dit à Trump : « Les États-Unis sont protégés par un océan, mais vous finirez vous aussi par ressentir les effets de la guerre. »

Et là, ça vrille parce que Zelensky a touché une corde extrêmement sensible : les États-Unis sont faibles, ils vont ressentir les effets de la guerre. Or, Trump a bâti sa campagne sur Make America great again. Les États-Unis ne craignent personne, ils n’ont peur de personne. Et donc, il réplique : « You don’t know that, don’t tell us what we are gonna feel. »

 

Ou pour traduire : personne ne doit dire aux Américains ce qu’ils ressentent, ni leur dire qu’ils ressentir les effets de la guerre. Et surtout pas un chef d’État qui tient à bout de bras depuis trois ans grâce à l’aide américaine.

Et voilà comment se fait l’altercation. Ça dure trois minutes. Trump redit à Zelensky qu’il n’est rien sans les États-Unis, sans leur argent, sans leurs munitions. Et donc que, si Trump arrête de le soutenir, la guerre est finie en 48h.

Puis les esprits se reposent. On passe à d’autres questions, des sourires sont échangés et la réunion se termine.

 

Une leçon : pas de diplomatie publique

 

Les leçons que je retiens de cette réunion.

 

Tout s’est bien passé jusqu’à la 41e minute. Et tout aurait dû bien se passer dans les 8 dernières minutes si les sujets qui fâchent n’avaient pas été abordés.

La grande leçon est donc qu’il ne faut pas de diplomatie publique. Trump et Zelensky peuvent être en désaccord, notamment sur l’attitude à avoir à l’égard de Poutine, mais cela doit rester privé. Jamais public.

 

Le problème principal réside donc dans ce format de réunion, cette sorte de téléréalité de la diplomatie, où l’on a voulu tout rendre transparent et tout rendre public. Car, en réalité, il n’y a rien, le fond du débat est vide. Il n’y a même pas de désaccord entre Trump et Zelensky : tout s’est bien passé 46 minutes durant.

Un autre problème se pose : le sens même de cette visite. Zelensky a opéré un vol Kiev – Washington, pour une demi-journée de réunion. Même en voyageant en avion d’affaires, c’est fatiguant. À quoi s’ajoute le décalage horaire. Il n’est donc pas au mieux de sa forme quand il aborde la réunion, ce qui empêche de bien mesurer ses propos.

Ce n’était pas à lui de se rendre à Washington, mais à son ambassadeur et à son ministre des Affaires étrangères.

On touche là un autre problème central de la diplomatie actuelle : l’absence de subsidiarité. Tout se joue entre chefs d’État alors qu’il doit y avoir une hiérarchie afin qu’il puisse y avoir des fusibles et des sas de décompression. Les chefs d’État ne doivent se rencontrer qu’en dernier ressort, pour finaliser l’accord. Or, désormais les chefs d’État discutent directement et font de la diplomatie directe, ce qui est contraire à l’essence de la diplomatie.

Ce que révèle cet accrochage, c’est donc que la diplomatie n’a pas été respectée, que les règles de base n’ont pas été suivies.

 

Sur le fond, il n’y a pas grand-chose. Ni rupture ni remise en cause des engagements. C’est bien un problème de forme et de respect des règles diplomatiques. Ce qui peut finir par coûter cher.

 

 

 

 

Rien de mal ne peut arriver à un pays si les hommes d’honneur se lèvent et parlent.

Edmond Burke et devise de l’Institut des Libertés

Pour des raisons que je ne comprends pas très bien, de temps en temps, je suis invité par l’un d’entre vous dans un coin quelque peu reculé de la France à parler devant un public local, et quand je le peux, j’y vais.

  • La première fois, il y a quelques années, ce fût à Culey dans un village dans l’Est de la France, du côté de Bar le Duc.
  • Quelque temps après, je suis allé à Tours.
  •  L’an dernier, j’ai été dans la Haute- Loire, à la demande d’un autre maire et cette fois-là pour parler avec des paysans.
  • Puis je suis allé faire un tour à Orléans, pour parler de la Démocratie Directe comme solution aux malheurs de notre pays.
  • Je suis ensuite passé à Cannes, invité par un ancien proviseur et son épouse, et cette fois, c’était pour parler de mon dernier livre  « la Vérité vous rendra Libre ».
  • Jeudi dernier, je me suis rendu à Phalempin, petite ville du Nord de la France, où il y avait un mélange normal de retraités, d’entrepreneurs, et de jeunes.
  • Et enfin, dans mon programme, je dois aller à Aix en Provence le 14 Mars.

A chaque fois, je rencontre une centaine de personnes, en général dans la salle des fêtes du village, je parle un peu, et puis j’essaie de répondre à leurs questions.

Mais je dois avouer que je suis très troublé par ce qui est pour moi un développement inattendu.

Dans le papier de cette semaine, je voudrais donc faire quelques remarques sur ces expériences qui sont assez étonnantes.

Voici la première de ces remarques.

Lors de ces réunions, la majorité du public est constituée de ce que l’on pourrait appeler des citoyens solides, ancrés dans leur terroir.

L’âge moyen varie entre 40 et 70 ans, mais il y a souvent un contingent assez nombreux de trentenaires, souvent des entrepreneurs.

Les commentaires des plus anciens sont souvent les mêmes et l’un d’entre eux revient en boucle :  Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive et ce qui est arrivé à la France depuis trente ans.

Ils ont toujours tout fait aussi bien qu’ils le pouvaient.

Ils ont travaillé dur, élevé des enfants qui ont fait de bonnes études, participé à la vie associative locale, parfois ont été élu au conseil général ou au conseil municipal, voire à la députation, et leurs niveaux de vie ne cessent de baisser, au point qu’ils ont du mal à joindre les deux bouts, alors même qu’ils ont épargné avec beaucoup de constance depuis toujours.

Politiquement, ce sont souvent soit d’anciens Gaullistes soit d’anciens européens convaincus qui ont du mal à comprendre pourquoi chacun des Présidents de la V -ème République a été pire que le précédent, ce qui les entraîne à se faire beaucoup de souci pour l’après Macron.

Leur désarroi est total et il est accentué par le fait qu’ils n’ont plus personne à qui « parler « localement.

Les élus nationaux, au Parlement ou au Sénat, ne s’intéressent plus à eux et à leurs demandes car ils passent leur temps à Paris tandis que les élus locaux (les maires, les conseillers généraux) ont vu tous leurs pouvoirs disparaître avec la monté en puissance des technocraties locales (communautés de communes, régions, etc…) faisant alliance avec les serviteurs de la technocratie nationale tels les préfets, sous-préfets, administrateurs des hôpitaux etc…

Beaucoup se plaignent d’une administration devenue folle et trainant sans cesse tout le monde devant les tribunaux administratifs où le verdict est toujours d’innocenter l’Etat et ses serviteurs.

En bref, une population laissée totalement à l’abandon, ne comprenant pas où passe l’argent qu’on lui pique, pourquoi les services publics et la sécurité se dégradent comme jamais et ils n’ont aucun moyen de contrôle sur les fonctionnaires qui les gouvernent.

Passons aux trentenaires.

Ils sont presque toujours de robustes « aficionados » de l’Institut des Libertés.

Ils ont souvent lu tous mes livres et se spécialisent dans des stratégies de survie individuelles, le but étant de ne pas se faire repérer par ceux qu’ils considèrent vraiment comme des « ennemis », c’est-à dire ceux qui travaillent dans le secteur public. Cette génération a vraiment compris que l’Etat était leur ennemi.

Ils ont créé des réseaux de solidarité, très informels, souvent autour du Bitcoin qui permet de s’affranchir de l’Etat tyrannique qu’ils détestent de tout leur cœur.

Curieusement, ils ont souvent une origine sociale plutôt inférieure à celle des bons citoyens mentionnés plus haut mais, curieusement à nouveau, ils lisent beaucoup et comprennent très bien pourquoi plus rien ne marche en France.

Ils sont en particulier très bien informés sur ce qui se passe à l’étranger, en Argentine ou aux USA par exemple, mais aussi sur ce qui se développe dans les nouvelles technologies ou dans les marchés financiers.

Je n’ai pas le moindre doute que c’est de leurs rangs que sortiront les leaders dont la France aura besoin quand il faudra la relever.

Et donc, ces petites réunions dans la France profonde, m’ont permis de comprendre que le pays était en train de scinder en trois groupes.

  1. Les apparatchiks, dont les chefs sont à Paris et les sous-chefs (souvent les pires) en province.
  2. Les victimes des apparatchiks sont plutôt en province et c’est l’ancienne classe moyenne qui est en train de se faire ruiner sans très bien comprendre ce qui leur arrive et comment réagir.

Ils sont encore et toujours en train d’espérer qu’un CHEF va arriver miraculeusement, reprendre le contrôle de l’Etat aux apparatchiks et régler les problèmes de notre pays, et donc, dès qu’un soi-disant chef se propose, en général issu des apparatchiks, ils se précipitent pour le soutenir.

Ils n’ont pas compris que la forme verticale d’organisation des sociétés va disparaître pour être remplacée par des systèmes horizontaux et locaux.

  1. Les refuzniks d’aujourd’hui qui refusent d’obéir parce qu’ils comprennent que la nouvelle société qui est en train d’émerger ne sera pas centralisée mais complètement décentralisée.

C’est de chez eux que sortiront les individus qui aideront à l’accouchement de cette nouvelle société et la vraie guerre à venir se passera entre eux et les tortionnaires/corrompus.

Encore une fois, ce sera une nouvelle bataille entre les obéissants et les compétents, et les compétents l’emporteront, comme toujours.

Cette bataille a bien commencé aux USA.

Elle va arriver chez nous.

Et votre serviteur dans tout ça ?

La réalité est que je trouve tout cela extraordinairement intéressant et que j’ai toujours pensé que le rôle qui m’a été dévolu (par qui et pourquoi ? aucune idée !) est d’abord d’essayer de comprendre pour pouvoir expliquer, ensuite.

Je vivais dans les chiffres, et j’en vivais très bien. Mais l’homme ne vit pas que de pain. Peut-être étais-je en train de me dessécher ?

Ces demandes de prise de parole m’ont sans doute ramené dans la réalité profonde de ce qui se passe dans notre pays.

Voilà qui me permettra de mieux comprendre ce que veulent dire mes chiffres et donc m’amènera à mieux expliquer ce qui se passe.

C’est tout le mal que je me souhaite.