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10 mai, 2026

Tsunami en Grande-Bretagne

Les résultats des élections locales qui ont eu lieu en Grande-Bretagne jeudi dernier sont stupéfiants.

Voici pourquoi.

Il y a maintenant une dizaine d’années, j’avais émis l’hypothèse que la séparation politique entre droite et gauche qui datait de la Révolution Française était obsolète et qu’elle allait être remplacée par une séparation toute aussi drastique entre « hommes des arbres » et « hommes des bateaux ».

En Polynésie Française, les hommes des arbres sont ceux qui vivent dans leur île, sous leur arbre, (auprès de mon arbre, je vivais heureux… disait Brassens), et les hommes des bateaux qui coupaient les arbres pour en faire des pirogues et aller voir si l’île d’à côté n’était pas mieux.

La même idée fut reprise par d’autres commentateurs sous des noms différents tels localistes et globalistes.

Or, le personnel politique dominant dans quasiment toutes nos démocraties se trouvait être « globaliste » pour des raisons que j’ai longuement expliqué dans mon avant dernier livre, [1]et nos pays depuis deux décennies au moins ont été gouvernés par une alliance objective entre hommes des bateaux « de gauche » et homme des bateaux « de droite », les hommes des arbres étant de facto interdits d’élection.

Cette alliance entre soi -disant gauche et soit – disant droite donnait l’illusion qu’un choix existait (du style choisir entre Juppé et Fabius) et assurait à ce groupe le contrôle de tous les leviers de pouvoir médias, parlements, exécutifs, tribunaux nationaux ou internationaux, armée, police, etc…

Assurés qu’ils étaient de leur contrôle du pouvoir, ils ont bien entendu fait preuve d’un total mépris pour les hommes des arbres locaux[2] qui « roulaient au diesel et fumaient des clopes » et se sont mis à gouverner pour sauver la planète.

Et c’est ce contrôle, soigneusement organisé depuis des lustres par les thuriféraires de Jean Monnet qui vient de voler en éclats en Grande-Bretagne.

Je m’explique :

Les Britanniques élisent leur parlement, d’où est issu leur exécutif selon un système électoral appelé « uninominal majoritaire à un tour «

Sous ce nom barbare, une réalité toute simple : des élections se tiennent et celui qui est arrivé en tête est élu

Ce qui amène automatiquement  à un bipartisme.

S’il existe deux partis de droite et un parti de gauche, la droite sera majoritaire dans le pays et la gauche gouvernera jusqu’à la fin des temps[3].

C’est ce qui s’est produit aux dernières élections législatives en Grande-Bretagne..

Reform, le nouveau parti, celui des hommes des arbres britanniques, qui s’était allié aux Conservateurs dans l’élection précédente, et qui avait été trahi comme au coin du bois, avait choisi cette fois-là de courir sous ses propres couleurs.

Du coup, le parti Travailliste, mené par monsieur Starmer enregistra le plus petit pourcentage de voix jamais enregistré par ce parti depuis 1945…et le plus grand nombre de députés de l’histoire du parti,[4]

Et monsieur Starmer, en bon homme des bateaux qu’il était et qui s’était toujours opposé au Brexit commença bien sûr à trahir avec célérité toutes ses promesses.

En plus de son extraordinaire incompétence dans les domaines économiques et budgétaires, mais aussi sur l’immigration mais encore sur la police, sur la Défense Nationale et sur à peu près tous les sujets qui touchaient au gouvernement, il semblerait que Starmer ait mené des négociations « secrètes » avec madame Van der Leyen pour ramener la Grande-Bretagne sous le contrôle de la Commission Européenne, sans en parler ni au Parlement, ce qui est une erreur, ni au Roi, ce qui est encore bien pire.

Pour ce faire, il se serait appuyé sur un précédent juridique datant de Henri VIII et donnant au pouvoir en place des pouvoirs exorbitants dans les domaines régaliens en cas de nécessité absolue.

Il n’y avait aucune nécessité pressante et rien ne justifiait un tel secret.

Le Roi et le Parlement seraient ivres de rage et il est possible, voir même certain, que monsieur Starmer soit débarqué, peut être même inculpé pour tentative de coup d’Etat et, donc que de nouvelles élections législatives aient lieu immédiatement (le calendrier officiel pour de nouvelles élections, sauf dissolution du Parlement, est en 2029…)

Mais je n’y crois guère.

Pourquoi ?

Ce qu’ont montré ces dernières élections locales, c’est qu’en Grande Bretagne, les hommes des arbres non seulement sont maintenant majoritaires (comme un peu partout dans le monde), mais ils ont maintenant un parti, Reform, un leader charismatique, Farage et un programme (J’y reviendrai).

Et donc, il est très probable que le prochain parlement en Grande-Bretagne sera dominé par le nouveau parti, Reform, que le prochain premier ministre sera Nigel Farage et que les deux anciens rivaux, Conservateurs et Travaillistes vont être laminés et rejoindront les Libéraux (ancien parti de gouvernement au XIX -ème, remplacé par les Travaillistes au XX -ème) dans les oubliettes de l’Histoire.

Il ne s’agit donc pas d’un changement de gouvernement, il s’agit d’un changement de régime politique et c’est ce qu’il me faut expliquer maintenant en déroulant certaines des conséquences logiques de ce changement.

Il y quatre nations en Grande- Bretagne (Angleterre, Écosse, Pays de Galles, Irlande du Nord) et les trois dernières ont chacune leur parti indépendantiste.

Jamais il n’y avait eu un Grande Bretagne un parti nationaliste Anglais crédible.

Maintenant il y en a un.

Les axes forts de la politique de ce parti sont déjà connus.

  1. Les Anglais ont une conscience très forte de la nécessité que leur Parlement soit souverain. Un parlement mené par Reform annulera automatiquement tous les abandons de souveraineté consentis pas les hommes des bateaux depuis cinquante ans.
  2. Tous ceux qui ne voudront pas ou ne pourront pas accepter la suprématie du Droit Anglais sur un autre Droit seront invités à partir.
  3. Dans le domaine de la politique étrangère, la diplomatie Britannique, depuis la crise de Suez en 1956, s’est toujours alignée sur la politique américaine.

Voilà qui va changer. Un rapprochement avec la Russie et/ou la Chine, et donc une sortie de l’Otan est tout à fait envisageable, ce qui aiderait beaucoup la City, que Farage connait bien.

En conclusion, je crois qu’il est tout à fait raisonnable de dire que le prochain premier ministre sera Farage.

La question importante est : quand le sera-t-il ?

Cette décision est dans les mains  de ceux qui ont mis Starmer au pouvoir.

Il y a deux solutions

Mettre un homme de paille au pouvoir et essayer de tenir jusqu’à 2029.

Difficile.

  • La popularité du gouvernement actuel est  à moins de 10 % du corps électoral et ce gouvernement a toujours été un gouvernement minoritaire ne devant son élection qu’à la présence de candidats Reform ».

Il est donc légal, mais non légitime et ne peut demander aucun sacrifice à la population.

  • La situation économique et financière de la Grande- Bretagne est désastreuse, une crise du marché obligataire peut arriver à n’importe quel moment. Le déficit budgétaire est aussi sérieux qu’en France, l’économie ralentit, les rentrées fiscales s’effondrent, les dépenses explosent, les taux d’intérêts sur la dette à 10 ans sont au-dessus de 5 % tandis que la croissance nominale est inférieure à  3 % par an et donc la Grande-Bretagne est en train de rentrer dans une trappe à dettes.
  • La situation sociale est très dangereuse, avec une partie de la population en quasi révolte contre une autre partie de la population qui refuse d’obéir aux lois du pays.
  • L’immigration est hors de tout contrôle et ses coûts explosent.

Deuxième solution.

La solution honorable serait de retourner devant le peuple, que Farage soit elu, en espérant bien sûr qu’il allait échouer, que les choses redeviendraient normales, que le duopole sur le pouvoir avec les conservateurs serait rétabli et que le cauchemar Reform allait se dissiper.

Difficile aussi.

SI par hasard, Farage réussissait, comme Milei et en train de réussir, alors il est évident que l’AFD serait élu en Allemagn, que l’Italie suivrait, que la Hollande et la Hongrie ne serait pas loin, que la construction européenne disparaîtrait, chaque pays étant gouverné à terme par les hommes des arbres locaux.

Je ne sais donc pas quelle sera la solution choisie.

Mais je sais  que la décision ne sera pas prise par lui.

 Il est tout à fait évident qu’il existe une une superstructure mondiale où se réunissent les hommes des bateaux les plus importants, à Davos par exemple.

Pour les gens dirigeant cette structure, laisser le pouvoir à Farage maintenant représente un risque immense de voir bien d’autres pays Européens leur échapper soudainement .

Tout va donc être fait pour essayer de maintenir le Peuple Anglais sous le contrôle des hommes des arbres mondiaux et un nouveau pantin va être désigné chargé de tenir le plus longtemps possible.

Les décisions nécessaires au redressement ne seront pas prises et la crise en sera d’autant plus dure.

Mais les citoyens anglais savent aujourd’hui que ce groupe existe, et savent que les anciennes élites les ont trahi

Les anglais savent qu;ils sont en guerre et savent qui sont leurs ennemis

La lutte entre les hommes de Davos et le peuple anglais a donc commencé.

Je ne mettrai pas un kopeck sur les hommes de Davos tant aujourd’hui ils se heurtent au peuple qui a inventé la Démocratie et toujours défendu l’idée de la supériorité de la Liberté Individuelle sur le pouvoir étatique.

Comme me disait mon cher père : « l’embêtant avec les anglais c’est qu’ils perdent toutes les batailles et qu’ils gagnent toutes les guerres »

Entre les hommes de Davos et le peuple anglais , je choisis et je choisirai toujours le peuple anglais.

[1] La Vérité vous rendra libre, chez Pierre de Taillac

[2] Voir le non-respect du vote des français par Sarkozy ou le fait que 10 ans après le référendum anglais, l’Angleterre n’était toujours pas sortie de l’infâme CEDH

[3] C’est ce qui se passe en France depuis l’anathème Mitterrandien sur le FN puis le RN

[4] La presse de gauche en France titra sur un raz-de -marée socialiste.

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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