Bertrand de Chartres avait cette phrase magnifique qui est restée dans nos livres
« Nous sommes des nains sur les épaules de géants ».
J’ai toujours aimé cette idée à la fois de la transmission, de l’insertion de nous-même dans un canevas sur lequel nous ne serions qu’un fil tissé avec d’autres mais surtout d’humilité face au savoir, à la somme des connaissance acquises par l’Homme au fil du temps sur lequel nous devons prendre appui pour tenter de nous élever de notre condition humaine, un peu trop près de la boue dans laquelle nous avons les pieds.
Le roman national bien compris sous le second Empire nous a donné des héros et des batailles magnifiques, des histoires de Kraks des chevaliers, de Roland de Roncevaux, de bataille de Bouvines, de cadets de Saumur, des histoires belles à en passer des soirées à rêver et à aspirer à cette exaltation des grands hommes qui avaient une cause qui les dépassait, celle de leur foi ou de leur pays, le nôtre.
Et puis, Il y a eu Gabriel Attal.
Gabriel Attal n’a pas eu une vie facile. Parfois à l’école, on était méchant avec lui.
Et parfois, sa mère ne pouvait pas lui acheter un sweat-shirt compagnie de Californie.
C’était dur. Je ne rajouterais l’injure à l’offense en épiloguant.
La seule question qui vaille il me semble est celle de comment en sommes-nous arrivés à cette oestrogenisation factice du monde politique ?
Quand est-ce que nous avons décidé en tant que société que la sensiblerie devait tenir lieu de capacité empathique et l’empathie de capacité décisionnelle ?
J’avais une grand-mère incroyable. Femme de résistant, cavalière émérite, mère de 5 enfants, elle s’était retrouvée sous les bombes avec quatre de ceux-là, un officier anglais les faisant sortir par une église Arménienne. Ce dernier avait fini par sauter sur une mine, et pendant qu’il hurlait « I am dying, I am dying » elle tentait de lui faire un garrot avec sa jupe tout en arguant que « not but not at all, it is fine, it is fine ». Des vies faites de pertes d’amis dans les guerres, dans les maladies, dans le rationnement, dans la perte d’enfants et dans des difficultés que nos générations ne pourraient même pas épeler.
Pour autant, il ne serait jamais venu à l’idée de personne dans ces temps de porter sa souffrance ou ses combats en étendards et d’en tirer une quelconque vertu. Elles étaient.
Pourquoi est-ce que je parle oestrogenisation factice ?
Parce qu’il est parfaitement faux de penser que parce que soi-disant le monde se serait féminisé, il serait demandé d’être faible et de se répandre dans une sorte de confession empathique molle qui est à la féminité ce que le travestissement est à la condition féminine.
Les femmes ne sont pas des petits êtres qui ont besoin de lire vos entrailles.
C’est votre perception, fausse, qui vous donne cette idée.
Je ne sais pas si Mai 68 a accompli ce travai ou si la « fabrique des crétins » a accompli d’achever notre temps mais il est intolérable pour moi de constater le niveau d’impudeur et d’auto-flagornerie à laquelle la société française est désormais confrontée.
Il n’y a plus de géant.
Il n’y a plus que des nains.

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