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29 août, 2026

Annonce d’un nouveau livre

Comme le lecteur de l’IDL le sait, tous les ans je me retire sous mes platanes, à Montfavet, petit village de France devenu une banlieue d’Avignon, pour y méditer sur le sens de la vie et réfléchir à ce que je vais faire dans l’année qui suit.

En Perse, autrefois, quand une décision importante devait être prise par les élites, ils se réunissaient une première fois et discutaient en étant sobres.

La deuxième discussion se produisait quand ils étaient tous saouls comme des Polonais.

Et les seules décisions qui étaient suivies d’effets étaient celles qui avaient été acceptées dans les deux états.

Cela m’a toujours paru être une excellente pratique, dans la mesure où l’alcool est un puissant désinhibant. Vous n’osez pas dire que la proposition émise par le grand chef est idiote, mais cette retenue tombe si vous êtes bourré.

Et c’est la même chose pour l’écriture : on ne compte plus les grands écrivains qui se désinhibaient à force de petits verres.

En ce qui me concerne, la potion magique consiste à ne jamais avoir trop loin de moi une bouteille de châteauneuf-du-pape et un excellent cigare de Cuba, et du coup ma créativité fait des bonds prodigieux.

Et donc, une fois de plus, dopé à mort, cet été comme chaque été depuis trois ans, j’ai écrit un nouveau livre.

Il a pour titre « La Trahison des élites » et pour sous-titre « Eux contre nous ».

Il devrait être publié vers la mi-octobre chez Pierre de Taillac, éditeur, et, bien entendu, vous pourrez le commander directement chez lui ou chez votre libraire préféré.

Il y a deux ans, j’avais publié « La Vérité vous rendra libre », dans lequel j’expliquais comment nos sociétés en Occident étaient tombées sous la coupe d’élites qui voulaient créer un gouvernement mondial, et qu’elles allaient échouer [1].

Il y a un an, j’ai écrit, toujours pendant l’été, un second livre, intitulé cette fois « Les Mondes de demain », dans lequel je m’essayais à tracer les lignes de force de ce qu’allaient être les développements à venir en Asie, en Europe, aux États-Unis.

Quel est mon sujet cette année ?

Étant un observateur compétent de ce qui se passe en France, j’ai cru comprendre :

  1. Que notre pays n’allait pas bien.
  2. Que nous allions avoir des élections présidentielles en mai 2027.

Armé de ces deux informations privilégiées, je me suis dit deux choses :

  1. Qu’il fallait que j’explique au lecteur POURQUOI la France va mal.
  2. Comment elle pourrait aller mieux en suivant une politique telle que celle suivie par la Suède depuis 1992, année pendant laquelle le système financier suédois avait sauté.

Mais je sais une chose, et je tire cette connaissance de ma carrière professionnelle. L’économie, branche de la logique et non pas des mathématiques ou de l’astrologie, rase les gens à un point considérable.

En revanche, ils aiment bien qu’on leur raconte des histoires, et encore plus si l’histoire est sous forme de bandes dessinées.

Et donc, dans mon premier livre, publié chez Robert Laffont en 2003, « Des lions menés par des ânes », qui s’était fort bien vendu à la surprise générale, chaque raisonnement économique du style « si les profits des sociétés baissent, un an après le chômage augmente » était illustré par un graphique où je mettais sur l’échelle de gauche la cause et sur l’échelle de droite la conséquence, ce qui permettait au lecteur de vérifier la validité du raisonnement en dix secondes, sans avoir à se taper des tonnes de colonnes de chiffres.

Et ce raisonnement s’inscrivait dans une suite logique de causes et de conséquences.

Si bien qu’à la fin du livre, les gens avaient compris sans grand effort comment marche une économie moderne.

Un croquis vaut mieux que cent discours, disait Napoléon.

J’essaie donc de faire ce que recommandaient Aristote et son disciple saint Thomas d’Aquin, le divin moine : toujours raconter une séquence logique en partant de ce que tous deux appellent la « cause première », un peu comme l’Église catholique, qui commence toujours par le péché originel.

Une fois la cause première établie, il est facile d’en dérouler les conséquences logiques et de prévoir comment tout cela se terminera, sans cependant pouvoir préciser exactement le moment où la catharsis aura lieu.

Si vous empruntez à 5 % et que vous investissez avec une rentabilité de zéro, un jour vous ferez faillite. Cela est certain et ne constitue en rien une prévision.

Et la cause première de nos malheurs en France est évidente : les élites qui nous gouvernent pensent toutes que le profit n’est pas le résultat d’une prise de risque qui doit être récompensée, mais d’une exploitation du gentil travailleur par le méchant capitaliste.

En fait, elles pensent que faire des profits est illégitime, et cela aussi bien à gauche qu’à droite.

La droite française est antilibérale et anticapitaliste tout autant que la gauche.

Et donc la France est gouvernée contre les entrepreneurs.

Et du coup, la France est le seul pays de l’OCDE dans lequel la marge brute d’autofinancement — approximation pour les profits faits par les sociétés industrielles et commerciales — est en baisse structurelle depuis cinquante ans.

Et du coup, le poids de l’État ne cesse de monter dans l’économie, tandis que le poids du secteur privé ne cesse de baisser.

Dans la première partie du livre, consacrée à la situation française, je montre les conséquences de ce parti pris idéologique contre les entrepreneurs sur le chômage, le déficit budgétaire, la dette, le niveau de vie, le commerce extérieur, etc.

La question importante est donc : comment cela va-t-il se terminer ?

La réponse est simple : je ne connais pas un seul cas dans l’histoire où cela se soit bien terminé.

Et dans la deuxième partie du livre, je montre comment un pays comme la Suède, qui avait eu le même parti pris contre les entrepreneurs à partir de 1980, a sauté financièrement en 1992, et comment, en renversant ce parti pris, les Suédois ont réussi à retourner durablement la situation et à faire de leur pays le plus libre et le plus prospère d’Europe.

Mais la Suède, pendant cette période, a su garder toutes ses souverainetés, en particulier monétaire, ce qui n’est pas le cas de la France.

Et sans souveraineté monétaire, c’est-à-dire si nous restons dans l’euro, nous ne pourrons pas nous en sortir.

La première partie du livre est donc simplement un diagnostic, tandis que la deuxième est un mode d’emploi qu’il nous faudra utiliser quand le moment sera venu.

Et la conclusion est certaine.

La France va devoir choisir entre l’Europe de Jean Monnet et la France de de Gaulle.

Et c’est pour cela que j’ai écrit ce livre.

On disait autrefois que personne ne pouvait être à la fois honnête, compétent et socialiste. Il faut en choisir deux sur trois.

Il en est de même aujourd’hui : personne ne peut être à la fois intelligent, partisan de cette Europe et honnête. Il faut en choisir deux sur trois.

Il faut que les Français comprennent que la France est une réalité millénaire et que l’Europe d’aujourd’hui n’est qu’une mauvaise copie de l’Union soviétique.

Mon but est de porter ces réalités à la connaissance des citoyens français, en partant du principe qu’un citoyen bien formé et bien informé votera en connaissance de cause, car un citoyen informé n’a pas peur.

J’aimerais que personne ne puisse dire, quand le désastre arrivera : je n’étais pas au courant.


[1] Cette année-là, comme disait Claude François, nous avons aussi lancé avec Emmanuelle et Léonard l’Université de l’Épargne, pour laquelle j’avais produit un petit manuel de gestion de l’épargne intitulé « Cessez de vous faire avoir », toujours chez Pierre de Taillac. Il s’en est vendu plus de 60 000 exemplaires, ce qui est, paraît-il, très bien. Tous mes droits d’auteur vont à l’Institut des Libertés.

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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