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Avant la trêve des confiseurs, quelques remarques brèves sur l’activité politique récente de part et d’autre de l’Atlantique.

En France, les élections régionales ont vu alterner au premier tour la panique dans les chaumières, et au deuxième, un soupir de soulagement, accompagné de déclarations sur le thème, « tous coupables, on a compris », qui bien évidemment et dès lundi 14 décembre, n’ont été suivies d’aucun effet ou début de changement, si ce n’est le limogeage par Nicolas Sarkozy de la « sulfureuse » NKM, et la démission de ce bon Jean-Pierre Raffarin de la présidence du Conseil National des « républicains ».

En s’entourant de Wauquiez, et Woerth, Sarkozy « bétonne « son mouvement et tente d’accélérer le processus de la primaire.

Le Front National n’a pas transformé son succès du premier tour, la coalition du front du refus, emmenée par la gauche, a gagné des régions telles PACA, ou le Nord Pas de Calais Picardie pour le seul bénéfice de solides conservateurs désormais obligés de leurs électeurs de droite et de gauche.

La gauche conserve 5 régions métropolitaines, la droite du consensus en gagne 6 dont 2 pour lesquelles elle est redevable de la stratégie de front républicain selon la phraséologie de circonstance.

Le Front National recueille de nouveaux électeurs, il est c’est vrai, toujours confronté à un rejet par une majorité d’électeurs qui ne se reconnaissent par ailleurs ni dans un PS sans âme ni projet, ni dans une droite caractérisée par ses divisions surtout personnelles et unie par son absence de vision pour notre pays.

Mais la barre des 50% se rapproche, échéance électorale l’une après l’autre, car rien n’est entrepris pour apporter des débuts de  bonnes solutions aux défis de notre société. Et la fracture droite gauche qui n’avait déjà de réalité qu’au moment des élections, disparait lorsque la gauche renonce à se présenter pour élire un conservateur réactionnaire au lieu d’un populiste anti émigré…

Le schéma de cauchemar se confirme pour 2017, la stratégie « corrézienne » d’Hollande se précise, éliminer la droite divisée au premier tour, – ni Juppé ni Sarkozy ne feront l’unanimité après la primaire, si elle a lieu, des candidats de division éparpilleront les suffrages, et le deuxième tour de la présidentielle verra une victoire marginale du Président sortant. Suivie de l’élection de Marine le Pen en 2022, à moins de troubles avant cette échéance.

Aux Etats Unis, seule une mise en examen de la favorite Hillary Clinton pourrait arrêter sa marche vers une investiture désormais largement acquise avant même le début des primaires en Février 2016.

Ce soir, mardi 15 décembre intervient le quatrième débat télévisé des 13 survivants républicains.

On l’attend rude et acrimonieux, chacun voulant paraitre comme un effectif rempart contre le terrorisme islamiste qui pourtant depuis le 11 Septembre 2011 n’a provoque que 43 décès, contre plus de 11000 du fait de d’être dérangés. Mais puissamment armés.

Je ne suis pas capable à ce stade de prédire qui emportera la primaire républicaine.

Une chose est sure toutefois, ce ne sera pas le candidat de l’establishment », Jeb Bush, pourtant de loin le mieux financé et le plus connu. Il a implosé avant de décoller par une campagne inepte. Je ne crois pas non plus que ce sera Trump, qui de fait a été plus longtemps démocrate que républicain.et a dressé contre lui par ses outrances verbales une partie importante de son électorat naturel potentiel..

Marco Rubio, pourtant élu Sénateur de Floride, comme anti establishment, avec le soutien du Freedom Movement et du « Tea Party », se positionne comme « modéré », avec toutefois des positions très néo conservatrices en politique étrangère sous l’influence de son principal soutien financier..

L’étoile montante de la droite est désormais Ted Cruz, Sénateur du Texas, aussi Cubain Américain, avec une grande habilite tactique, qui cherche à fédérer sur son nom, les courants évangélistes- son père est pasteur-, anti avortement et anti mariage pour tous, et également libertarien en chassant sur les terres de Rand Paul.

Les autres candidats plus expérimentés mais contestés à des titres divers, les gouverneurs Christie et Kasich, apparaissent incapables de réunir une coalition suffisante dans les premiers suffrages des primaires. Il est donc vraisemblable qu’un candidat anti système se qualifiera pour l’élection générale de Novembre 2016.

Rubio selon moi, est potentiellement dangereux, par ses positions en politique étrangère, mais aussi par ses volte faces sur des sujets tels que l’immigration, beau parleur, c’est probablement un Obama républicain, pas rassurant.

Cruz a plus de substance, par sa formation il est dans le moule institutionnel, mais son style est ravageur, et ses positions sur les sujets de société, si elles recueillent une majorité dans l’électorat des primaires du GOP, sont devenues minoritaires auprès des démocrates et indépendants, ce qui permet de prévoir une défaite cruelle pour les républicains si d’aventure ils nommaient Trump ou Cruz comme leur candidat.

Les choses deviendront bien plus claires selon moi en Mars 2016.

 

Auteur: Jean-Claude Gruffat

Jean-Claude Gruffat est, depuis avril 2011, en charge des relations globales avec les filiales de grands groupes européens chez CITIGROUP à New-York. Citigroup où il fût pendant 10 ans au préalable en charge de la gestion corporate and investment banking des équipes en France, en Belgique et au Luxembourg. De 2008 à 2011, il fut président de la chambre de Commerce Américaine. Il est Gouverneur de l'American Hospital à Paris Jean-Claude Gruffat est titulaire d'un doctorat d'Etat en Droit Public ainsi que d' une Maitrise de Science Politique de l’Université de Lyon. Il a également suivi en 1987 le Stanford Executive Program, GSB, Stanford University, Californie.

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9 Commentaires

  1. Bon bon bon… La primaire approche, les caucus de l’Iowa sont dans à peine plus de deux semaines, et à part un Cruz mis sous pression par ses histoires de certificat de naissance et son manque de charisme, on peine à voir qui est en mesure d’offrir à Trump une opposition crédible. Le GOP est coincé entre le sénateur du Texas qu’ils détestent et tenter de truquer les primaires dans les grandes largeurs, ce qui au vu des chiffres affichés par Trump s’annonce pour le moins délicat. Etes-vous toujours aussi certain qu’il ne sera pas nominé, Jean-Claude?

    Quand à HRC, les derniers sondages la donnent derrière Bernie Sanders non seulement dans le New Hampshire mais certains la donnent désormais aussi perdante dans l’Iowa. Si elle semble s’être momentanément tirée du danger d’inculpation, sa santé elle est toujours en question. On en est au point où les rumeurs Biden recommencent à apparaître.

    Il est temps d’admettre que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, que nos amis outre-Atlantique en ont de toute évidence ras-le-bol et que la Beltway est out of touch sur ce qui est en train de réellement se passer dans le pays.

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  2. Toujours intéressant d’avoir un suivi des élections américaines par un insider.
    Quelle tristesse de voir le monde occidental et démocratique (pour le temps qu’il restera occidental et démocratique) se diriger vers une présidence Clinton.
    Les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent! Les américains ont donné deux mandats à Bush Junior et à Obama, c’est tout dire.
    Quant aux Républicains, leur incapacité à proposer des candidats convaincants est à désespérer. Quand on pense qu’après Bloomberg, ils ont été capables de perdre la ville NewYork à un De Blasio qui a dégradé la ville en quelques mois, il ne faut s’étonner de rien!

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  3. Hé, ça fait longtemps, j’attendais un article sur les primaires américaines.

    Trump est-il sérieux, où il vient juste pour fanfaronner comme dans un show télévisé ?

    Aussi, j’imagine que ses déclarations ne sont pas des gaffes mais qu’il doit sûrement sonder l’opinion avant de lâcher ça.

    Pour les démocrates, Bernie a-t-il une chance contre Hilary ?

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    • Cher ami,
      Rassurez vous, Trump ne sera pas investi mais helas sa campagne inepte assurera l’election d’HRC..
      Bernie Sanders est un vieux grincheux,il plait sur les campus en demandant la gratuite des etudes sans preciser que le contribuable devra payer, la primaire democrate est bouclee sauf inculpation d’Hillary, auquel cas Joe Biden, le VP d’Obama se presentera.

    • et si hunter biden est encore inculpé?
      (ukraine/coco navy/ ashley madison/ukraine en cours 2)

      hihihi

      pour qui allez vous voter?
      Nassim taleb: c’est trump. Ce n’est pas une référence mais avouez que c’est inattendu

      je viens de réaliser que bush et obama furent de bons présidents.(retrospectivement pour moi c’était ron paul mais à l’instar de cousins republicains j’aurais peut être voté obama face à Mccain!)
      Le problème est qu’ils se sont fait constamment enfumés par des parties de leurs administrations qui n’avaient pas été préalablement nettoyées: ils ont subis.

      Pour se faire FDR avait nommé Joe Kennedy: +-« un loup pour garder la bergerie ».
      Trump est malheureusement le seul loup capable tout nettoyer. Et même s’il est, ou a pu être, un pion de Clinton, si jamais il était élu alors je pense qu’il la nettoierait en premier, pour pouvoir entrer dans l’histoire.

    • Bush, outre avoir restaurer une haine du monde entier contre l’Amérique digne de la guerre du Vietnam a déstabilisé le Moyen-Orient faisant le nid de Daesh. Obama a continué le boulot en voulant remplacer les dictatures par des démocraties.

      Pour l’économie, ils ont été impuissants face à la baisse de croissance.

      Le dernier bon président US c’était Bill Clinton et avant lui Ronald Reagan.

      Au fait avec Trump, je ne pourrai même pas mettre les pieds outre-Atlantique, bien embêtant … sinon le reste j’approuve, renvoi des clandos, démolissage de l’establishment …

    • « muslim ban » ce la ne s’adressait pas aux musulmans mais surtout un signal envoyé à certains politiciens non cooperatifs et qui jouent plsusieurs jeux

      clinton est le responsable principal de tout ce qui se passe aujourd’hui: leverage CHINE DOLLAR NASDAQ SUBRPRIME MEast (fut il manipulé? surement)
      Par xemeple : je pensais que https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Rich avait été gracié le 31decembre, mais en fait c’est la veille du depart de clinton. en lisant sa bio vous voyez un peu le genre de frequentation de clinton. d’ailleurs aujourd’hui ce qu’il avait construit vaut d’ailleurs 0.

      2015 was a record year for Zero Hedge: for the first time this website clocked in over half a billion page views thanks to record readership

      http://www.zerohedge.com/news/2015-12-31/donald-trumps-comprehensive-2015-insult-highlight-reel

      pris dans le forum vaut le coup:
      https://www.youtube.com/watch?v=qUGT30gGtiI&feature=youtu.be

      https://www.youtube.com/watch?v=728_Lwz3nD0&feature=youtu.be

    • Oh my God !

      http://www.lalibre.be/actu/international/plus-vulgaire-que-jamais-donald-trump-attaque-hillary-clinton-567966e13570b38a57c04dcd

      « Je regarde le débat et elle disparaît, où est-elle allée? ! », a lancé le milliardaire. « Je sais où elle est allée, c’est dégoûtant, je ne veux pas en parler », a-t-il ensuite dit, en continuant à en parler. « Non, c’est trop dégoûtant. Ne le dites pas, c’est dégoûtant, n’en parlons pas ».

      « Elle allait le battre, elle était la favorite mais elle s’est fait mettre, elle a perdu », a-t-il alors déclaré. Le verbe exact utilisé par Donald Trump en anglais, « schlonged », est dérivé d’un mot d’argot très vulgaire désignant un pénis.

      La sortie rappelle l’attaque proférée en août contre Megyn Kelly, une journaliste de Fox News qui l’avait, selon lui, maltraité durant le premier débat de la saison. « On pouvait voir du sang sortir de ses yeux, du sang sortir de son… où que ce soit », avait-il dit.

    • Merci d’avoir pris le temps de répondre.

      Bonne années et meilleurs voeux.

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