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Il y a quelques années, j’avais écrit un article intitulé « Au secours Abélard, ils sont devenus fous» dans lequel je développais la thèse suivante : Pour Abélard, il y avait une différence essentielle entre le crime et le péché.

 

Le crime relève de la Loi, le péché de la morale individuelle.

On retrouve donc chez Abélard la notion que ce qui n’est pas un crime de par la Loi ne peut être l’objet de poursuites judiciaires, notion qui existait déjà dans le Droit Romain : « Nulla crimen sine lege ».

C’est la Loi et elle seule qui en définissant le crime et sa sanction permet de faire régner l’ordre. Chacun doit respecter la Loi et elle doit s’appliquer à tous de façon égale. Et la Loi peut varier avec le temps.

 

Prenons l’exemple de la peine de mort qui a été légale en France et qui depuis 1981 ne l’est plus. La peine de mort est donc illégale en France depuis cette date alors qu’elle ne l’était pas avant. On peut le déplorer, on peut l’approuver, on peut militer pour son retour mais ce genre de réflexions relève de la morale individuelle et non pas de la Loi.

Car la Morale est une notion individuelle.

 

Il n’existe pas de morale collective, il n’existe pas de morale nationale, il n’existe de morale qu’individuelle. Mes convictions morales ne dépendent que de moi et ma morale peut être totalement différente de celle de tous mes concitoyens, ce qui ne les autorise pas à me poursuivre et à me juger. Enfreindre mon code personnel relève à la limite du péché et pour ceux qui y croient du remords et de la repentance mais certainement pas de la Justice ou de la prison.

 

Or je constate, et depuis bien longtemps déjà, qu’un certain nombre de personnes, en particulier dans le monde des media, se croient autorisés à parler au nom de qui est en fait une morale collective dont ils ont, eux, déterminé les composantes et se servent de ce pouvoir pour détruire des gens et des carrières sans que nul ne leur ait donné un mandat à cet effet.

Ce qui m’amène à l’affaire Cameron.

 

-Apparemment, le père du Premier Ministre Britannique gérait de l’argent pour le compte de tiers.

-Apparemment, il avait monté un nombre de structures parfaitement légales qui permettaient à ses clients de payer moins d’impôts. Ces structures étaient domiciliées dans ce qu’il est convenu d’appeler un paradis fiscal, le Panama, mais elles n’en étaient pas moins légales et officielles.

-Apparemment, monsieur Cameron fils avait souscrit des parts dans ce qui était en réalité un fonds commun de placement géré par son père.

Une fois devenu Premier Ministre, il vendit toutes ses parts et paya les impôts afférents au taux normal de l’impôt sur le revenu.

Et donc le Premier Ministre Britannique n’a en rien commis quelque chose d’illégal, ce qui n’empêche pas une partie importante de la grande presse de réclamer sa démission.

Voila qui ne manque pas de sel quand l’on sait qu’en France par exemple, les journalistes disposent de nombreux avantages fiscaux qui avaient été supprimés par le Président Sarkozy pour être promptement rétablis par le Président suivant. Ce sont toujours les avantages fiscaux dont les autres bénéficient qui sont insupportables…

 

Et donc, je devrais être en train d’expliquer que monsieur Cameron est accusé à tort et que ce qui lui arrive est injuste. Je n’en suis pas si sur, et nous sommes peut être devant un cas assez curieux de l’arroseur arrosé.

Je m’explique.

 

En 2012, un célèbre comédien Britannique, Jimmy Carr, s’était fait accuser par la grande presse d’avoir investi une partie de sa fortune dans un schéma assez similaire à celui dont a bénéficié le Premier Ministre.

Encore une fois ces schémas étaient légaux et si des dispositions juridiques permettent de payer moins d’impôts, je ne vois pas au nom de quoi il faudrait condamner les utilisateurs.  Ceux qui ne sont pas d’accord doivent s’organiser pour changer la Loi et voila tout.

Mais le magister moral que la gauche et la presse se sont attribué depuis quelques années condamne « moralement »  ceux qui ont de l’argent, qu’ils l’aient hérité ou qu’ils l’aient gagné. On se souvient de la célèbre phrase de François Mitterrand : «… L’argent sale, l’argent qui corrompt,  l’argent qui pourrit tout » Et il savait de quoi il parlait…

 

Or monsieur Cameron en 2012 se permit d’intervenir dans le débat au sujet de Jimmy Carr, alors que personne ne lui avait rien demandé, pour expliquer que ce qu’il avait fait était mal, très mal.

Tant et si bien que le célèbre comédien dût, sous la pression de l’opinion publique, liquider toutes ses positions qui étaient parfaitement légales et similaires à celles qu’organisait pour ses clients ou pour ses enfants monsieur Cameron père. Rappelons que le Premier Ministre n’avait aucune raison d’intervenir dans ce débat. Si une question lui était posée, il lui aurait suffi de répondre qu’il n’avait rien à dire dans la mesure où tout était légal. Or il se permit de passer un jugement « moral » que personne ne lui demandait ce qui, sachant ce que l’on sait aujourd‘hui, est parfaitement odieux.

 

Il est donc tout à fait évident que sur ce coup là, monsieur Cameron a été d’une hypocrisie incommensurable. C’est vraiment un cas patent de Tartufferie ou le Tartuffe se fait piéger, et par lui-même, sans aucune aide d’Elmire.

 

La question est donc : pourquoi monsieur Cameron a-t-il fait cette erreur ?La réponse est assez simple et quelque peu terrifiante si elle est juste.

Un peu partout dans le monde les Etats sont dans des situations financières très difficiles. Et donc la solution est d’essayer de s’emparer des biens du secteur privé pour boucher les trous. De ce fait, le droit de propriété est attaqué comme jamais, en particulier à gauche. Dans ce monde, toute tentative de limiter ses impôts est perçue comme une atteinte à la Sécurité de l’Etat, notion qui a servi à justifier bien des crimes dans l’Histoire. Et donc les pressions « amicales » se multiplient sur tous les contribuables.

Citons au hasard

  • Une  directive Européenne vient d’être passée autorisant les banques à se recapitaliser en cas de besoin en se servant dans les comptes de dépôts de leurs clients, ce qui est une monstruosité.
  • Partout, l’on me signale que les banques se voient contraintes de signaler aux autorités les clients qui font des retraits anormalement élevés en liquide. Les banques sont donc devenues des auxiliaires objectifs du fisc et le secret bancaire n’existe plus. Big brother veut savoir en temps réel ce que vous faites de votre argent.
  • Dans un débat avec un économiste « de gauche », comme je m’inquiétais du financement des dépenses étatiques, il me fut répondu que les Français étaient riches et qu’il suffisait donc de prendre une partie de leurs biens puisqu’en fin de parcours, le propriétaire ultime de tout bien était l’Etat. Et qu’il suffisait de changer la Loi pour permettre à l’Etat de se financer, en spoliant les citoyens. C’est ce que montrent les taux réels négatifs qui ne sont qu’une forme déguisée de taxation.

 

Or, plutôt que de rappeler que la solution viendrait d’une réforme de l’Etat et des systèmes sociaux à laquelle il s’était d’ailleurs attelé avec un certain succès, le Premier Ministre, David Cameroun, a décidé de hurler avec les loups à la place de rappeler les fondements juridiques de la Société Britannique. Et tout cela pour se faire bien voir de gens qui jamais ne voteront pour lui ou son parti.

 

En France, nous avons la spécialité depuis Giscard de gouvernements de Droite qui se plient aux moindres injonctions morales de la gauche, tout simplement parce qu’ils n’ont pas de convictions. Mais en Grande-Bretagne, depuis Thatcher, on avait pris l’habitude de voir des politiques qui défendaient mordicus qu’un système fondé sur le respect de la Loi et le droit de propriété était de par sa nature plus moral qu’un autre qui suivrait les foucades de l’opinion publique.

 

Je suis donc très triste pour monsieur Cameron, mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il n’a que ce qu’il mérite, non pas en raison de ce qu’il a fait avec son histoire au Panama, mais parce qu’il a cru bon de caresser ce qu’il pensait être l’opinion publique dans le sens du poil.

Et donc, plutôt que d’éduquer le Peuple en lui rappelant ce qui avait toujours fait la force de la Grande-Bretagne, il a préféré joindre sa voix aux chœurs de l’Internationale Socialiste et Technocratique.

Ce que monsieur Cameron a montré est donc que sa morale, à lui, est tout a fait à géométrie variable et que tout est bon pour essayer de reste au pouvoir.S’il est lâché par son électorat, ce sera paradoxalement donc non pas en raison de l’affaire du Panama mais de cette morale personnelle un peu «élastique».

Gageons que cela ne va pas l’aider dans sa campagne pour empêcher le Brexit… Qui peut croire après ce faux pas les promesses de Monsieur Cameron sur le maintien de la souveraineté Britannique ?

 

Personne.

 

 

 

 

 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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28 Commentaires

  1. D’accord sur le fond de l’article.
    Moins sure concernant la morale comme etant une notion individuelle, on pourrait arguer que la morale peut se concevoir dans le domaine collectif comme etant egalement un element culturel, souvent herite de l’education et des croyances religieuses.
    Car la loi se mele de morale egalement, la peine de mort etant un exemple, le mariage gay et peut-etre bientot(chose absolument horrible mais je le vois venir grand comme une maison…) la pedophilie etc….
    Et le fait de cantonner la morale a une notion individuelle peut avoir le travers dangereux de justifier la loi allant a l’encontre de la morale collective (certains appellant cela « progres societal », j’y vois une transgression de la nature humaine).

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  2. Bonjour M. Gave,

    Toujours ravi de vous lire.
    Néanmoins: « la branche qu’il avait sciéE »
    Désolé….

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    • Saloperie de COD placé avant le verbe avoir!

    • C’est toute la puissance des Evangiles : Jean 1:1 avant le verbe était le COD (approximativement)

    • :-)))

      Et sur cette pierre , Pierre tu bâtiras mon eglise .

    • La faute me revient . Charles l’ avait bien écris , mon coupé/ collé a vu trop juste

  3. C’est vraiment un soulagement pour l’esprit de lire ces lignes.
    En effet la morale semble avoir prit beaucoup d’importance en France ou ailleurs dans le monde. Tout cela se fait plus ou moins de manière informelle le but étant de continuer de dire ce que le spectateur ai envie d’entendre, c a d que la plupart du temps les riches sont mauvais.
    De toute façon les gens en ont marre d’entendre sans arrêt ce genre de chose et se tournent vers internet pour s’informer surtout les plus jeunes. L’économie ou l’évolution du monde est en train de tuer le politique et la plupart des politiques utilisent leur dernieres armes demagogiques pour conserver leur pouvoir et avantages comme ils le font avant chaque révolution. Puis ces derniers ne sont finalement que des travailleurs salariés et quand les gens en ont marre (trop de pression fiscale et mauvaise allocation du capital dû aux taux d’interet réel negatif et euthanasie du rentier et des entreprises,puisque l’un ne va pas sans l’autre, ils décident (le peuple) indirectement ( par la revolte revolution) de les virer MAIS ALORS CA PREND UN TEMPS FOU !!!!!!!
    Comme l’auteur l’a dit une fois, il peut ou va arriver un moment ou en quelques jours il pourrait se passer plus de choses qu’en 5 ou 10 années passées. On l’a vu avec la crise grecque plus ou moins ou tout est aller tres vite, mais les oints du seigneur lol sont malins et ont sorti leur joker en faisant appel aux banques centrales. Cependant maintenant que les politiques ont sorties leur dernières armes on peut espérer enfin du changement à la prochaine crise !!!!

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  4. La morale est toujours l’arme préférée de ceux qui veulent imposer leur vision du monde aux autres, en utilisant, en premier, l’argument de l’intérêt « général », qui n’est rien d’autre que leur intérêt « personnel », affublé des « vertus  » du collectif. Car personne n’agit contre son intérêt, même ceux qui se suicident (la volonté d’autodestruction est aussi un intérêt personnel, c’est du pur nihilisme, et, comme disait Nietzsche, « plutôt vouloir le rien que ne rien vouloir »).
    C’est bien la raison pour laquelle tous ceux qui invoquent l’intérêt « général » tendent vers le collectivisme alors qu’ils ne devraient voir que des intérêts personnels concordants ou conciliants.

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  5. L’affaiblissement de Cameron entraîne probablement un renforcement du Brexit. Donc cette affaire est positive.

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  6. Si Cameron a choisi de s’asseoir sur la branche qu’il avait scié …
    Il n’y a que deux explications possibles :
    – Soit il est extrêmement distrait …
    – Soit il est totalement abruti …
    Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas excusable.

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  7. Abélard, pour les gusses qui regardent trop TF1, c’est le type qui s’est fait couper les burnes pour avoir fait un chiard a la donzelle dont il avait la charge de l’éducation.
    C’était aussi un remarquable théologien par ailleurs.
    Enfin, prendre ses repères au Moyen Age pour traiter d’un sujet tel que celui ci, on pourrait aussi prendre un philosophe célèbre qui a les convictions opposées sur le sujet.

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  8. Merci Mr Gave de nous rappeler l’incompatibilité des paroles et des actes de nos chères leaders.
    Comme titre, j’aurais plutôt écrit:
    Monsieur Cameron s’assoit sur la branche qu’il avait scié auparavant.

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  9. Comment espérer que les gens soient vertueux, qu’il payent leurs impôts sans frauder quand ceux qui nous dirigent mentent sans vergogne et s’ en mettent plein les poches sur le dos du contribuable? En politique c’est toujours l’hypocrisie qui règne, c’est toujours deux poids deux mesures. Si des individus fraudent le fisc c’est un crime et ils doivent être punis, par contre quand des dirigeants politiques comme la divine Ségolène Royal laissent des ardoises colossales, creusent des dettes, gaspillent l’argent public et bien il n’y a aucune sanction. Ou est la morale?

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  10. Quelques mots de Céline dédiés à la gauche divine, toujours la morale en bandoulière. « Parler morale n’engage à rien ! Ça pose un homme, ça le dissimule. Tous les fumiers sont prédicants ! Plus ils sont vicelards plus ils causent ».

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  11. Cher M. Gave,

    Merci pour ce nouveau billet. Le journal Le point daté du jeudi 7 avril 2016 vient de publier un entretien avec Michael Sandel qui est tout à fait en lien avec votre sujet. Et je souhaite réagir :
    M. Sandel, professeur à Harvard, vient de sortir un livre « Justice », vendu à plus de 3 millions d’exemplaires, où il décrit trois conceptions différente de la Justice : utilitariste, libertarienne et communautariste visant respectivement la maximisation du bien-être, le respect de la liberté, la promotion de la vertu.

    Je n’ai pas encore lu son livre, seulement son interview où il défend la troisième conception de la Justice « communautariste ». Il s’oppose à une version dit-il « influente du libéralisme contemporain » ou « libertaire ». Il plaide en faveur « d’une conception plus exigeante, sur le plan civique, de la liberté ».

    Déjà, on est en droit de s’inquiéter car « exiger », cela signifie ordonner et contraindre. Dans quelles voies ce monsieur souhait-il restreindre notre Liberté ?

    Michael Sandel estime qu’« être libre, ce n’est pas agir sans entraves selon ses intérêts et ses préférences. La liberté civique, ou républicaine, doit viser le bien commun».

    Il me semble que Michael Sandel ne critique pas, comme il le prétend, une dérive du libéralisme mais bien la philosophie des Lumières elle-même. Celle-ci étant tout entière enfermée dans la maxime « Notre Liberté s’arrête là où commence celle des autres ». Les Libéraux ne retiennent donc à dessein que le premier principe comme définition de la Justice Universelle, principe que M. Sandel rejette. Notre professeur pressent le besoin d’en ajouter un second : la poursuite du bien commun. Mais qu’entend-t-il par ce programme ?

    Michael Sandel nous précise « cela nécessite que les citoyens cultivent certaines vertus. En ce sens, la vie publique ne peut pas et ne devrait pas chercher à être neutre à l’égard de la vertu et de la vie bonne ». Mais où commence et s’arrête la vertu ? Ce monsieur n’est-il pas un Utopiste de plus? Il pense pouvoir mettre la vertu dans le cœur de tous les hommes et cela par l’intermédiaire de la Loi, c’est-à-dire par la Force. Comment l’État pourrait-il nous montrer le droit chemin de la vie bonne ?

    Le bien commun, c’est l’amour, la fraternité, l’affection, l’amitié, le dévouement, l’abnégation, le sacrifice, le courage, la bonté, l’honnêteté…Dès lors, toutes ces vertus ne pourront jamais entrer dans la Loi.

    Pour les libéraux, la Loi ne peut viser que le premier principe de Justice Universelle. Car la Loi, c’est la force. Elle ne sait qu’obliger ou interdire. La loi ne sait pas Aimer. Si mes actions empiètent sur la Liberté d’un autre citoyen, ce cas rentre tout entier dans le premier principe. À quoi sert le second principe visant le bien commun ? Que doit-il ordonner qui ne soit pas déjà contenu dans le premier ?

    Certes, l’espace de Liberté initial repose sur un socle de vertus élémentaires (Ne pas tuer, Ne pas voler…). On peut en discuter. Mais bien dupe la société qui essaiera d’y introduire « soit généreux ».

    L’économiste Bastiat rappelle merveilleusement la limite entre Justice et Fraternité. Le premier principe nous dit : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qui vous fût fait. ». Le second principe commande « Faites aux autres ce que vous voudriez que les autres fissent pour vous ». Le premier principe est borné. La société peut s’entendre pour le circonscrire. Mais le second principe est infini. Où placer le curseur ? Nous attendons tous des autres qu’ils nous accordent: leur temps, leur richesse, leur amour…Le second principe aboutit toujours par anéantir La Liberté que le premier était censé défendre. Les utopies du XXième siècle ont voulu pousser le second principe jusqu’au bout. On connait le résultat.

    Michael Sandel ajoute qu’il rejette la théorie libérale au motif « qu’elle n’examine pas de façon critique les préférences et intérêts eux-mêmes [..] La théorie ne se demande pas si des préférences sont valables et doivent être satisfaites tandis que d’autres ne le seraient pas ». Que signifie ce charabia ? Qui est le sujet de la phrase ? La foule ? Le préjugé ? L’opinion ? La rumeur ? Depuis quand une théorie doit se juger elle-même ? On marche sur la tête avec ce professeur ! Qui a le droit de juger si mes actions sont morales ou non tant qu’elles ne gênent personne ? Qui est cette troisième voix-off qui dicte la morale et la conscience du monde ?

    Les socialistes font toujours la même erreur. Bastiat déroule très bien le raisonnement. D’abord, ils partent du principe comme Rousseau que l’ordre social est tout entier dans la Loi. On sait que Rousseau faisait reposer la société dans un contrat. Puisque la société est tout entière dans la Loi et si la Loi ne s’occupe pas de la Fraternité (ou du bien Commun), alors la Fraternité (ou tout autre vertu…) disparait de la société !

    Les socialistes ne pourront jamais arriver à comprendre « qu’un grand nombre d’actes s’accomplissent, qu’une foule de sentiments se meuvent en dehors et au-dessus de la Loi ». Alors ils en appellent à l’État, à la Loi pour faire régner le bien commun : l’Amour sur Terre. L’Etat est devenu leur Dieu et ils ont remplacé la Bible par le Code pénal mais ils n’en restent pas moins des hommes d’Église.

    Sauf que l’Amour forcé ne sera jamais l’Amour. Et voilà comment, sans s’en rendre compte, les socialistes nous préparent l’Enfer sur Terre. Tout le monde sait que l’Enfer est pavé de bonnes intentions.

    Pour finir, inutile d’ajouter que se réclamer du seul premier principe ne signifie pas que la société soit incapable d’un minimum de secours et de vertu : « Si les socialistes veulent dire que, pour des circonstances extraordinaires, pour des cas urgents, l’État doit préparer quelques ressources, secourir certaines infortunes, ménager certaines transitions, mon Dieu, nous serons d’accord; cela s’est fait; nous désirons que cela se fasse mieux. Il est cependant un point, dans cette voie, qu’il ne faut pas dépasser; c’est celui où la prévoyance gouvernementale viendrait anéantir la prévoyance individuelle en s’y substituant » – Bastiat.

    Les libéraux et non « les libertaires » comme les dénigre Michael Sandel réclament à la Loi de faire respecter la seule chose qu’elle peut commander aux hommes, c’est à dire la Justice Universelle. Pas plus, pas moins.

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  12. SVP, presentez vous aux elections de 2017, ne serait-ce que pour relever le debat !

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  13. Dans cet ouvrage de 1959 de Jacques Dartan « A LA RECHERCHE DU XXe SIECLE, HISTOIRE DE FOUS », on écrit effectivement qu’en dernier ressort, tout appartient à l’Etat. Depuis cette lecture je considère vraiment l’Etat comme un ennemi.

    Effectivement, il y a la Loi et il y a le copinage et c’est ce dernier qui malheureusement fait loi trop souvent.

    Parler de morale, je ne le peux pas. C’est un mot qui me parle qu’en tant que réprimande collectiviste : « on lui a fait la morale « (et donc indiquer ce qu’il devait faire ou non, cela guidé par la bien-pensance, le quand diras-t-on).

    Tu peux être dans les clous, mais on te dressera un procès verbal t’assimilant à un délinquant car en « haut » lieu on aura décidé de t’interdire ce que tu fais pourtant en toute légalité. Cela m’est arrivé sur un permis de construire tacite, permis alors pourtant purgé de tout recours. Là-dessus, deux arrêtés illégaux et contradictoire (témoignage de l’acharnement) de refus et de retrait de permis. Sept ans après, le tribunal administratif a reconnu que j’avais bel et bien dès le départ un permis en bonne et due forme. On ne pouvait donc pas mieux faire pour briser un élan !

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  14. Superbe analyse. Un esprit qui ´tourne rond’

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  15. En attendant, cette affaire des « petits papiers » du panama a permis la démission du premier ministre ukrainien, Arseni Petrovytch Iatseniouk, qui lui a déclaré en janvier 2015 que l’URSS avait envahi l’Allemagne et l’Ukraine pendant la WW2, et qu’il ne faut pas que cela se reproduise!
    Au moins une bonne nouvelle.
    M’enfin, Mr Gave, vous reconnaitrez bien que les hommes aujourd’hui au pouvoir continuerons de gesticuler pour hurler contre les « paradis fiscaux », mais qu’ils en aurons toujours besoin. Légiférer définitivement a ce sujet n’est pas prêt d’arriver, que le peuple vote Pierre Paul, Jacques ou même Yahvé ou boudha….
    Que la France est un enfer fiscal est une réalité, mais il faut aussi reconnaitre que si les « GAFA » payaient leurs impôts comme le fond les PME, c.a.d sur leur territoire, la France (je suis Français) n’en serait pas là…(quoi-que, vu l’incompétence et la corruption de nos dirigeant, je n’en suis plus si sûr…)

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    • Vous avez bien raison de douter de la compétence de nos dirigeants-fonctionnaires. J’ajoute que si tout le monde payait ses impôts « sur le territoire de la France », nos finances n’en seraient pas pour autant améliorées, mais notre administration certainement plus riche, et les privilèges de nos fonctionnaires plus assurés.

    • « si tout le monde payait ses impôts « sur le territoire de la France » »

      J’en connais peu qui ne payent pas la TVA, la taxe fonciere, la taxe d’habitation, la TIPP et j’en oublie certainement…

      Si vous pensez a l’impot sur le revenu, sachez qu’en France, 50% de la population y est assujetie tandis qu’a Hong Kong, seulement 20% de la population ne le paye – il est limite a 15%, il n’y a pas d’impots sur les revenus du capital (dividendes ou plus-value) puisqu’ils ont deja ete preleves sur les profits de l’entreprise et pourtant, l’administration genere regulierement un excedent budgetaire.

      Pas certain que le probleme soit que « tout le monde paye » : peut-etre qu’en ne depensant que 20% du PIB, le gouvernement de Hong Kong a trouve la recette magique.

    • « 6,5 de l’ensemble des prélèvements obligatoires »

      Soit a peu pres 3% du PIB…

    • Si toutes le entreprises qui arrivent à réduire leur facture fiscale par le jeu de montages divers devaient payer la facture « standard », le seul résultat serait une chute de l’activité économique et de l’investissement. C’est mécanique. Soit on accepte la théorie de Laffer, et on admet que l’on a dépassé depuis longtemps le stade à partir duquel toute augmentation de la pression fiscale résulte en une chute de l’activité, soit on ne l’accepte pas et on doit se poser la question, si 57% de dépenses publiques dans le PIB ne suffisent pas, combien faut-il pour avoir les lendemains qui chantent ?

      Après je suis d’accord qu’il y a une inéquité manifeste entre les PME qui payent plein pot et les autres. Mais la solution, c’est de réduire la facture pour tout le monde, pas de taxer à mort ce qui bouge encore (pour paraphraser Reagan…)

    • Oui biensûr, je ne suis pas du tout pour que les dépenses publiques s’elevent a 57% du PIB, ni pour les prélevements obligatoires écrasants. Mais il faut reconnaitre que d’un autre coté, les très grosses entreprises ne devraient pas payer si peu! moins de 10% c’est du suicide collectif. Je m’en lire Laffer mais je ne crois pas qu’il soit pour ne pyer qu’aussi peu d’impôts!

    • La démission de Iatseniouk n’a rien à voir avec les Panama Papers, elle était dans l’air depuis longtemps.

      Elle est dûe à l’impatience des Ukrainiens face à la lenteur des réformes anti-corruption.

      C’est le président Porochenko qui a été mis en cause pour le transfert de son entreprise Roshen dans une structure offshore au Panama, pas son premier ministre.

      J’ignore si la déclaration que vous attribuez à Iatseniouk est authentique et je me garderais bien de la prendre pour argent comptant sans vérification, mais en admettant qu’elle soit exacte, dois-je en conclure que vous trouvez souhaitable que la Russie s’empare de l’Ukraine et de l’Allemagne ?

    • Ah, la belle affaire, je cite quelqu’un et vous dites cela veux-il dire que vous trouvez souhaitable que….mais je n’ai rien dit de tel. Ce que je dis est que le peuple d’Ukraine ne mérite pas le gouvernement actuellement en place. Vous me faite penser aux chiens de garde. Très cher Robert, je ne souhaite qu’aucun pays ne soit envahit par un autre, je désire que les dirigeants travaillent pour leur peuple et non pour leurs pommes. En aucun cas je ne souhaite a un pays d’être manipulé par un ou des autres, sous des prétextes marchands. Vive la liberté des peuples à disposer d’eux mêmes. Quant-a la phrase citée, voici le lien: http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/19/moscou-choque-par-les-propos-du-premier-ministre-ukrainien
      Pardonnez moi, mais je n’ai pas vérifié moi-même les sources de courrier international.

    • Finalement, pour remplacer le prime minister, a été nommé le président du parlement Volodymyr Groïsman (né de parents juif, son grand père à réchappé de la Shoah en faisant le mort dans un charnier). Et pour remplacer celui-ci a la tête du parlement, on y a mis André Parouby. Chouette alors! Un merveilleux type selon Wikipedia….Nazi jusqu’à L’os. Allez comprendre!

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