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Dans une exhortation apostolique publiée mardi 26 novembre, le Pape François a souhaité condamner la « nouvelle tyrannie des marchés » tout en plaidant en faveur d’un retour « à une éthique de l’être humain ».

Dénonçant le primat du marché, de la consommation et de l’argent sur l’humain, le pape ne mâche effectivement pas ses mots :

« Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. (…) On considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qu’on peut utiliser et ensuite jeter. (…)La crise mondiale qui investit la finance et l’économie manifeste ses propres déséquilibres et, par-dessus tout,l’absence grave d’une orientation anthropologique qui réduit l’être humain à un seul de ses besoins : la consommation. (…) Non à l’argent qui gouverne au lien de servir. »

 Alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d’une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette heureuse minorité. Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle des États chargés de veiller à la préservation du bien commun. »

Autrement dit : la crise financière vient non seulement d’un manque de régulation  et l’Etat, dans son essence serait naturellement bon, puisqu’apte à contrôler.

 

Pour citer Philippe Chalmin,   « Je resterai poli en disant que la comparaison n’est pas des plus intelligentes, d’autant plus qu’elle sous-entend que ceux qui prennent le parti des pauvres sont, de fait, socialistes. Je dirais par ailleurs que beaucoup commettent une erreur en croyant que ces déclarations font état d’une supposée révolution au sein de l’Église »….« D’aucuns diront que je suis un affreux libéral mais je pense, sans contester le droit au Pape de faire de telles déclarations, que de telles critiques nécessiteraient une connaissance bien plus approfondie sur un phénomène aussi complexe. »

 Alors, Le pape François  est-il compétent en économie ? C’est la question que soulèvent Outre-Atlantique d’autres économistes libéraux qui s’attèlent à démonter point par point la critique de l’économie de marché. Pour le plus virulent d’entre eux, Tim Worstall, contributeur du magazine économique américain Forbes , qui se décrit par ailleurs comme « un bon gentleman catholique bien éduqué par les Bénédictins », le pape« n’a pas compris le monde dans lequel nous vivons. »

« Les inégalités diminuent à mesure que les gens rejoignent des sociétés fondées sur l’économie de marché, la pauvreté a diminué depuis 30 ans au rythme le plus rapide qu’ait connu l’espèce humaine. Tout cela est arrivé parce que des milliards de personnes ont été libérés des exigences des versions les plus dingues du collectivisme et qu’ils ont pu rejoindre la meilleure machine à produire de la richesse jamais créée, un certain degré de marché libre. »

Dans le même sens,  Samuel Gregg de la National Review américaine estime que les prédicats sur lequel le pape fonde sa critique ne sont pas justifiés. Pour lui, il n’y a aucun pays au monde où le marché soit absolument autonome, et les règles et système de régulations appliqués à l’économie sont déjà innombrables.

Le magazine américain The Atlantic va encore plus loin dans l’analyse en  proposant une analogie entre la pensée du pape François et celle de l’économiste hongrois Karl Polanyi, critique de l’économie de marché auto-régulée. « Karl Polanyi est connu pour son livre La Grande Transformation, et en particulier pour une idée expliquée dans ce livre, rappelle ainsi Heather Horn : la distinction entre une « économie encastrée dans les relations sociales » et « des relations sociales encastrées dans le système économique » ». Ce que la journaliste résume en une phrase : « L’économie doit servir la société et non l’inverse. »

Pour elle, c’est bien dans cette ligne que s’inscrit le pape François. « Il faut noter que le pape François, dans son exhortation, n’appelle pas à un renversement complet de l’économie, nuance-t-elle. Il ne parle pas de révolution et il n’est évidemment pas question d’un discours marxiste sur le sens de l’histoire. En revanche, François dénonce spécifiquement le règne absolu du marché sur les être humains. Il ne dénonce pas l’existence du marché mais sa domination.»

Concernant les solutions pour remédier à cette crise, The Atlantic poursuit le parallèle entre François et Karl Polanyi : « Polanyi plaidait pour un socialisme démocratique dans lequel les gouvernements du monde entier travailleraient ensemble, explique Heather Horn. Et vous savez quoi ? C’est très proche de ce que le pape propose aussi. Il ne pense pas que le problème puisse être résolu par la seule charité individuelle. »

Reste à savoir quelle autre forme de capitalisme ou quel autre modèle économique inventer. Reste que l’ensemble, fort heureusement, n’a jamais valeur que d’exhortation Apostolique. C’est heureux.

 

 

 

Remerciements charitables à La vie

 

 

 

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25 Comments

  1. Nicolas dit :

    Polanyi, c’est bien le gars qui est totalement discrédité à cause de ses thèses farfelues, aussi bien auprès des universitaires de gauche que de droite ?

  2. Edouard dit :

    Derrière un faux semblant de rugir, notre Pape quitte sa calotte cléricale et s’affuble encore d’une casquette diplomatique pour moins faire peur aux moutons, ainsi que mieux servir la soupe aux étatistes friands de la flatterie et surtout maîtres du monde. Qui est le dupe? Notre Pape serait il maître Renard ou de l’économie un ignare?
    De toutes évidences le texte laisse apparaître que le Pape n’a pas compris le système actuel; qui est déjà verrouillé par les régulations (davantage locales que globales). Dans ce système hybride marxo-keynésien où le marché « tout puissant », n’est qu’une marionnette des états, attend qu’un chef suprême encore plus puissant, siégeant à la FED, décide d’une nouvelle manoeuvre monétaire qui permettra aux initiés du système d’en profiter.
    Dans ce système, où « aujourd’hui » vaut plus que « demain », le capitalisme à la grand papa, celui du profit source de progrès, n’a plus complètement sa place. C’est très étonnant que des services papaux aux fondements séculaires aient fait un tel oubli.
    Schumpeter l’avait prédit, le marché et la démocratie sont devenus les jouets d’une élite qui ne supporte presque plus la compétition et sa petite soeur la destruction créatrice. Quoique anormale cette réaction de survie instinctive est logique, mais poussera inévitablement le marché à une correction, et peut être comme le dit Mr Dominic Barton à l’émergence d’un nouveau système.

  3. christopher dit :

    Peut être le pape a il un discours contraint ?? (par le dogme,ses proches,la diplomatie ) ..ce que l’homme pense n’est peut être pas les propos qu’il relate ?
    Le precedent pape (allemand) ne couvrait pas le capitalisme de louanges,malgré le miracle économique allemand …….
    Peut être cherchent ils simplement une excuse a leur influence en berne …..
    A titre personnel,plein de dogmes qu’ils défendent becs et ongles me paraissent étranges……en 1er lieu,celle liée a la reproduction…..les textes ont été écrits il y a 2000 ans quand l’humanité comptait 150-200 millions de personnes et l’espérance de vie était de 10 ans visiblement
    On est 7.2 milliards et on vit 70 ans…..une adaptation peut être ??

    • idlibertes dit :

      Cher christopher,

      Si c’est un discours contraint, c’est presque pire… non, ce pape est Argentin est cette analyse est assez symptomatique. En revanche, il est clairement en dehors de son champ de parole en tant que Pape. Quand Jean-Paul 2 s’est exprimé, c’était au nom de la liberté de culte que le communisme remettait en cause , pas sur le modèle économique. or , là, l’opprobre est patente de la part du Pape François.

  4. christopher dit :

    Le Pape et le Vatican sont les défenseurs d’un dogme..donc peu de surprises dans ses propos…L’argent détourne l’homme de ses vraies valeurs,l’empêche de se consacrer a Dieu,a son prochain,a son église.
    La science battant en breche nombre de théories religieuses,il est normal de glisser vers des valeurs morales.
    Et comme toujours en cas de déclin,il faut un coupable plutôt de regarder la réalité en face…Le dogme ne pouvant être remis en cause (surtout rapidement),l’évolution societale est le coupable idéal.
    On peut aussi se demander quel est l’impact de tels propos….tout comme on peut le faire des propos des hommes politiques,d’Obama a Hollande…ont ils encore une portee ?? qui les ecoute ? qui les croit ?
    Le monde change a une vitesse stupéfiante…les centres de richesses et de pouvoir se déplacent …L’institut des libertés evoque très souvent les perdants de cette évolution,l’Europe du sud,la France,Le Vatican
    Mais a cote de ceci,se profilent des opportunités extraordinaires,des pays qui s’adaptent ou dont la mentalité est en phase avec l’époque,des villes stupéfiantes.De Moscou a Londres en passant par Bali ou Bangkok…tout y parait possible…La place de la religion n’y recule pas pour autant,ni le rôle de l’individu.
    La France et le Vatican ont en tout ças plein de points en commun…..amusant a constater

    • El oso dit :

      La France, fille ainée de l’Eglise, disait-on il n’y a pas si longtemps…

    • idlibertes dit :

      Cher Monsieur,

      Quand charles Gave est passé chez CSOJ face à l’inénarrable Filoche, c’est exactement le propos qu’il a tenu à savoir que d’autres pays se portaient très bien , merci, et que nous nous regardions bien trop le nombril. Cela étant dit, le pape est argentin et l’Argentine crève depuis la nuit des temps de ce qu’il est convenu d’appeler le capitalisme de connivence mais de là à se mélanger les pinceaux de façon aussi enfantine avec le soit disant Libéralisme c’est quand même assez fort de café pour un homme aussi cultivé, et c’est cela qui est regrettable.

      Cdlt

      Idl

  5. El oso dit :

    « Ne juge point », déclarait Jésus…
    Sans aller jusque là, sans aller jusqu’à dire que François est nul en économie, il est pourtant légitime de se poser des questions.
    Si je puis me permettre de faire part de mon ressenti, chacune des déclarations du Pape ayant trait à l’économie ou s’y rapportant indirectement a provoqué en moi, comment dirais-je,…de l’irritation!
    En un mot comme en cent, il s’occupe de problèmes qui ne sont pas de son ressort, celui de César et non de celui de Dieu, en apportant des embryons de solutions gnan-gnan à des problèmes très complexes, tels que les mouvements migratoires, en quoi serais-je responsable des noyés de Lampedusa, ou des marchés, devrais-je me sentir coupable d’avoir acheté un smartphone parce que certains de ses composants ont été fabriqués en Chine par des personnes sous-payées…De quoi je me mêle?
    Son excuse? Etre sud-américain, viscéralement anti-riche, anticapitaliste?
    On ne peut pas ainsi tout mélanger.
    S’il suffisait d’aimer, chante Céline Dion…
    Le débat entre libéralisme et socialisme n’est pas de cet ordre. Tous ceux qui lisent Charles Gave savent que l’on peut être chrétien et libéral. Et Bastiat était de gauche.
    Allons, « je ne juge pas, je condamne », plaisantait André Gide. Je condamne donc les déclarations du Pape…;-)

  6. Marius dit :

    Comment l’Eglise peut-elle se planter a ce point depuis tant de siècles sur l’économie ? Il suffit de lire Charles Gave « un liberal nommé Jésus » pour voir l’absurdité de l’anti-capitalisme liberal de l’Eglise catholique. Ces gens sont sensés passer leur vie à étudier les Evangiles.

  7. Guy dit :

    Ce pape est sud américain. Il se comporte donc comme tout bon sud-américain: haïr la réussite des uns et les accusés d’être responsable de leur propre incapacité à produire de la richesse. Il suit la mode de ces pays pauvre, quoi.

    • Nicolas dit :

      J’ai peur que vous ayez raison. Ca fait des siècles qu’ils pratiquent la lutte des classes dans ce pays d’arriérés, tout en jalousant la réussite des US.
      Va comprendre..

  8. christophe dit :

    Jean Paul II s’était extrait d’un régime totalitaire pour diriger le monde catholique et hasard ou pas cela coïncidait avec les avènements de libéraux au pouvoir du type Reagan et Thatcher.
    François semble vouloir retourner dans les bras d’un Etat fort.

    Le message de J.Paul II était: « N’ayez pas peur ! »
    Celui de François: « si vous avez peur réfugiez vous dans les bras grands ouverts des Etats omnipotents et omniscients ».
    J’en connais un au moins qui doit se retourner… dans sa tombe.

  9. Emmanuelle Gave dit :

    L’article cité plus haut est l’illustration de la traditionnelle référence aux intentions comme justification de l’action. Alors, bien évidemment, toute personne normalement constituée pense que L’Ethique est nécessaire, bien évidemment que des règles morales doivent trouver à s’appliquer mais la seule vrai question est celle à laquelle le Pape François répond malheureusement mal à mon sens, est: est-ce vraiment l’Etat, le plus à même d’apporter cette solution?

    Car enfin, ne sommes nous pas précisément dans cette position à cause de lui ( ou d’eux)? et surtout qu’est-ce qui nous permet de croire que là ou il a échoué (l’Etat) par le passé, il suffirait de penser que d’autres hommes le veulent pour que cela arrive?

    C’est faire peu de cas d’hommes d’Etat comme Fidel Castro ou Chavez qui pourtant auraient du marquer le souverain pontife. Enfin, on peut également déplorer l’absence presque totale de référence à la démocratie et donc à l’individu.Ainsi, le pape semble aussi vouloir abolir le système, moral en lui-même et éprouvé par les siècles, selon lequel chaque être humain doit être responsable de lui-même, travailler à la sueur de son front, assumer lui-même son présent et son avenir – sauf s’il en est incapable parce qu’il est enfant, vieillard ou impotent. On a fait comme s’il était normal de s’en remettre à une puissance tutélaire qui prendrait les décisions essentielles au sujet de son avenir et de celui de sa famille. On est donc en train de tuer un certain idéal de la vie humaine libre.

    3 : 19 : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain… »

    • Nicolas dit :

      Comme on dit, dans l’analyse des phénomènes, il y a les causes secondes et les causes premières. Ici vous avez fortement tendance à vous arrêter aux causes secondes, du fait de votre parti pris en faveur du modèle économique libéral fondée sur la représentation soi-disant démocratique du peuple et la création de valeur par la banque sous forme de monnaie dette comme régulateur et modérateur du marché dont elle contrôle les prix par l’émission de monnaie. Or cette conception héritée de la philosophie des Lumières qui est basée sur une conception rationaliste et mécaniste de l’univers a donné toute la mesure de son inefficacité à faire le bonheur des peuples, tant dans ses premiers essais avec les physiocrates du XVIIIème siècle en France, qu’après la Révolution avec une suite sans fin de convulsions sociales nées des tensions qu’ont fait naître la destruction de l’ordre moral chrétien qui avait pourtant réussi à maintenir la paix comme une prospérité raisonnable, même si souvent frugale, dans la plupart des régions européennes. On en a toujours pas fini avec ces processus de changement interminables qui nous emmènent vers le meilleur des mondes technocratique à coups de lois, de règlements et de financement obligé d’une caste bancaire qui sert trop bien la technocratie quand elle lui confie les cordons de la Bourse. L’euro restera un modèle du genre comme bras de levier politique par l’orchestration de crises bancaires dégénérant en crises économiques pour produire les changements attendus en termes de mise en place de gouvernance contraignante pour les Etats forcés de s’aligner sur des normes communes de politique budgétaire et autres domaines couverts par la technocratie européenne. Le peuple réclame d’urgence avec ses tripes la reconquête du pouvoir politique et économique qui a filé entre les mains de banquiers servant des intérêts de caste très éloignés du bien être qu’ils avaient vendus aux consommateurs sur pattes que leur vision matérialiste de l’humanité confondaient avec des citoyens libres et responsables de leur destin. Maintenant il s’agit de s’avoir comment se libérer de l’étreinte mortel du système financier libéral qui sert de planche à billets illimitée à la technostructure qui jouit de moyens financiers immenses fournis par la collatéralisation de l’économie réelle transformée en produits de dette par les banquiers que les contribuables doivent rembourser sans qu’on leur demande leur avis à propos de la quantité de dette émise par l’Etat et financée par les banquiers. Le problème n’est pas simple car l’ogre de la finance se double d’un appareil répressif étatique doté de toutes les ressources offertes par les technologies de surveillance qui ne tarderont pas à produire des armées de robots chargés d’exercer un contrôle permanent sur les masses dont les moindres faits et gestes seront enregistrés dans des bases de données couplées à des programmes de data meaning, afin de prévenir tout acte en dehors de la norme. Voilà c’est l’enfer sur terre qui nous guette à défaut de la meilleure cité possible envisagée par les philosophes qui ne doivent pas en croire leurs yeux du haut du Ciel (ou de l’Enfer) lorsqu’ils contemplent les fruits empoisonnés du matérialisme historique.

      • idlibertes dit :

        Ah! qu’en termes galants ces choses-là sont mises!

      • idlibertes dit :

        Mais à la question « comment » vous avez déjà amplement répondu: bruler tous les banquiers.

        Vous avez quand même constaté que l’euro n’est pas du tout le sujet de ce papier?

        • Nicolas dit :

          Notre Pape François est complètement à côté de la plaque quand il aborde les sujets économiques et sociaux parce qu’il n’y connaît rien et se laisse manipuler par ses conseillers eux-mêmes infestés su socialisme chrétien. D’où la tentative de remettre les choses à l’endroit, en dénonçant la collusion entre les financiers et les politiques, tant il est vrai que si les politiques se prennent pour les représentants de Dieu, la banque se prend pour Dieu lui-même (comme dit Blanstein: « we are doing God’s work ») décidant du bien et du mal en fonction des opportunités de marché et de l’agenda politique global. Je regrette que notre Pape méconnaisse à ce point l’enseignement de ses prédécesseurs en matière de doctrine sociale, car des Pontifes comme Pie XII était autrement plus clairvoyants dans l’analyse des forces révolutionnaires à l’oeuvre dans le monde contemporain, au premier rang desquelles le monde de la finance responsable du déclenchement de la Grande Dépression et des réformes de la technostructure étatique en Occident (cf. New Deal, financement du national socialisme) qui complétait l’oeuvre de transformation révolutionnaire accomplie par les Communistes à l’Est pour déclencher la seconde guerre mondiale (il n’y pas de meilleur moyen d’accélérer les mutations économiques et sociales que la guerre, d’ailleurs la plupart des cabinets de conseil en organisation sont nés dans l’immédiate après-guerre). Nous sommes arrivés au point, où ces forces doivent se conjuguer au sein du monde global multipolaire pour donner naissance à l’état mondial, sous la forme d’une gouvernance unifiée entre les différents blocs économiques qui se met en place sous nos yeux avec l’élaboration des traités transatlantique et transpacifique mis au point par des armées de lobbyists et d’administrateurs, sans oublier les représentants des ONG censés donner le point de vue de la société cilvile.

  10. Bulldam dit :

    plaidoyer d’un entrepreneur libéral et catholique en faveur du Pape : http://tinyurl.com/odhzamc

    • idlibertes dit :

      Aucun pb pour tenter et vouloir l’Ethique. En revanche, le postulat de base que donne le pape François à savoir que l’Etat serait bon est source d’interrogation. En effet, à l’inverse du vatican , un état laïc est composé d’hommes et femmes dont les desseins ne sont pas forcement aussi linéaires. Dans un monde idéal, on peut imaginer que ce soit le bien du peuple, est-ce vraiment ce que Fidel Castro a dans le coeur? et Chavez pour resté en Amérique du Sud? Il est un peu déroutant d’entendre ainsi une doctrine qui s’apprente plus à une chanson des années 60 qu’à une véritable réflexion économique sur un sujet qui rappelons le, inclus aussi surtout la notion de Démocratie (totalement passée sous silence….)

      http://www.youtube.com/watch?v=wGwHnFUDmww

    • idlibertes dit :

      Au sujet de l’apparente incompatibilité entre libéralisme et christianisme #philippe Nemo

      . « Il est vrai que le chrétien n’a pas besoin de liberté au même sens où en a besoin l’anarchiste, l’utilitariste ou l’homo œconomicus. Mais il en a un besoin plus grand encore, parce que sans elle il ne peut traduire la charité en acte.

      Il faut comprendre que la liberté, inversement, a besoin de lui ! Elle est en effet plus solidement fondée quand elle l’est sur un socle chrétien que quand elle l’est sur sa seule auto- affirmation.

      Benjamin Constant en a rendu témoignage. Sous la Terreur, il a vu tous ses amis des Lumières matérialistes, chantres de l’utilitarisme, de la « morale de l’intérêt bien compris », ne pas tenir le coup, céder à la panique, perdre pied devant les terroristes. Seuls ont défendu jusqu’au bout la liberté ceux qui n’ont pas craint de perdre leur vie dans ce combat. Or, pour avoir cet héroïsme d’homme, il faut placer quelque chose plus haut que sa propre vie. C’est le cas des libéraux de la famille à laquelle Constant se rattache.

      Plus que tout autre, Constant a directement lié le libéralisme au sens de l’infini qui est en l’homme, à ce qu’il appelle son « sentiment religieux », distinct des « formes religieuses » que sont les dogmes et les pratiques des différentes religions. Constant pose en thèse que ce « sentiment religieux » est universel ; qu’il est présent non seulement dans les différentes confessions chrétiennes, mais dans nombre de religions non chrétiennes, en particulier dans le paganisme grec.

      Pour Constant, donc, la religion est indispensable à la citoyenneté comme elle est indispensable à la défense de la Cité libre, et, dit-il ailleurs, au perfectionnement de l’espèce humaine et à l’invention de libertés nouvelles. Ne nous étonnons pas que ceux qui ne croient pas en Dieu soient voués à trahir la liberté un jour ou l’autre.  »

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