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Le Libéralisme est une doctrine juridique et non pas une doctrine économique.

Il est consubstantiel aux Lumières dont il était l’expression pratique.

Le but, à l’époque, était de trouver une organisation politique qui permette que les petits ne soient pas mis en esclavage par les gros, que ces mêmes petits ne massacrent pas les gros dans des Jacqueries à  répétitions, et que le personnel de l’Etat soit au service de tous et non pas au service de lui-même. Ce fondement juridique essentiel de nos sociétés modernes est en train d’être battu en brèche comme jamais depuis les années 30, et ce mouvement rétrograde est bien sur mené par le personnel des classes technocratiques qui partout nous dirigent et que certains ont appelé la Classe (au sens Marxiste du terme) «Davos, Harvard, Wall-Street».

Pour accroitre leurs pouvoirs, cette classe est en train d’utiliser les deux crises qui ont marqué le monde depuis le début du XXIème siècle et cette poussée me fait craindre que nous ne soyons en train de passer de l’état de Droit, qui n’existe que dans les systèmes fondés sur le Libéralisme, au Droit de l’Etat, qui en est la négation.

Quels furent ces deux événements ?

En premier nous avons eu les attentats aux USA, le 11 Septembre 2001.Tout le monde se souvient des attentats du 11 Septembre 2001 et chacun se remémore aussi l’endroit où il était quand il a appris la nouvelle et vu les images à  la télévision.

Tout le monde se souvient aussi de l’extraordinaire implosion financière qui a suivi la faillite de Lehmann Brother en 2008-2009. Comme l’avait déclarée Rahm Emmanuel, un des principaux conseillers du Président Obama à l’époque: « il serait dommage de laisser inexploitée une aussi belle crise ».

Depuis ces heures tragiques je dois constater que partout en Occident, les pouvoirs en place ont utilisé les attentats ou la crise financière comme une façon de restreindre de façon extraordinaire nos Libertés Individuelles. Et cet effort constant a utilisé en premier l’outil qui permet à nos technocraties de surveiller  les opérations financières effectuées par leurs populations en temps réel.

Je veux parler bien sur de l’informatique. Toute transaction de nos jours entre deux parties consentantes, si elle ne se fait pas en cash, donne lieu à une inscription de zéros et de uns dans un ordinateur quelque part. Tous ces paiements se compensent les uns les autres dans deux chambres de compensation gigantesques, l’une au Luxembourg pour l’Europe, l’autre aux USA pour tout ce qui concerne le Dollar US.

Ce qui veut dire que pour tous les comptes officiels (le mien, le votre), le secret bancaire n’existe plus.

Depuis 2001, moult accords internationaux ont été passés ouvrant le compte de tout un chacun à la puissance fiscale (et donc politique) du pays d’à coté.

Par exemple, moi, citoyen Français vivant à Hong-Kong, je dois remplir une déclaration fiscale à destination du fisc Américain.

Ou bien encore, le Droit et la Loi  des Etats Unis s’appliquent à toutes les transactions ayant lieu en dollar. Autrefois, si une banque Française et une banque Belge faisaient des transactions en dollar les Etats Unis n’avaient rien à dire. Aujourd’hui, comme cette transaction sera compensée aux USA, la Loi Américaine s’applique, comme on l’a fort bien vu au moment de l’affaire de la BNP.

Voila qui ouvre de merveilleuses opportunités pour de nouvelles taxations. Et les amendes de pleuvoir par milliards de dollars sur nos institutions financières, qui ne peuvent se défendre, l’angle d’attaque étant toujours le même : ou vous payez, ou l’on vous retire votre licence aux USA, ce qui vous contraindra à la faillite. Les tribunaux vous donneront peut-être raison dans 10 ans, mais ca ne vous sera pas bien utile… C’est un peu comme en Sicile quand deux individus en gabardine et lunettes noires pénètrent dans votre bar à  Syracuse et vous disent que vous avez de bien beaux enfants, à qui il pourrait arriver malheur si vous ne voulez pas payer la taxe de protection… la loi de la Mafia a remplacé la Loi.

L’asservissement de nos institutions financières à la puissance publique centrale devient de plus en plus patent et chacun devrait s’en inquiéter, mais le mouvement parait bien engagé et difficile à arrêter.

L’étape suivante sera bien sur de nous interdire de nous servir du cash, et l’on en parle déjà.  .

L’asservissement  objectif des institutions financières à nos différents « big brothers» leur permet de savoir à tout moment ce que vous et moi faisons de notre argent, ce qui ouvre des possibilités infinies aux pressions «amicales» qu’il est bon d’exercer sur les esprits forts, ce qui est bien pratique si l’on veut rester au pouvoir.

No contents de savoir ce que nous faisons de notre argent, nos «oints du Seigneur» ou ODS ont décidé qu’il leur fallait savoir aussi ce que nous nous disions les uns aux autres. Et donc, tous les réseaux de téléphone, tous les réseaux d’Internet sont surveillés par des « grandes oreilles », couplées à des ordinateurs extraordinairement puissants qui vérifient par exemple que je ne donne pas trop de coups de téléphone à des gens qui pourraient être mal intentionnés. Et comme tous les réseaux d’Internet finissent à un moment ou à un autre par passer par de grandes machines qui sont encore une fois sur le territoire des Etats-Unis ou de l’Europe, nous nous retrouvons dans le même monde que celui des organisations financières.

La présomption d’innocence a disparu.

Dans le fond, jamais dans l’Histoire, la vie de chaque particulier n’aura été aussi transparente pour les institutions dirigeantes.

Et le mouvement ne fait que s’accentuer.

La France vient de passer une loi scélérate (contre laquelle notre Institut a lancé une action collective) pour permettre à nos services secrets d’espionner tout un chacun sans aucun contrôle des autorités judiciaires.

La séparation des Pouvoirs a disparu.

Certes, Rand Paul, en se dressant tout seul au Senat Américain a réussi à empêcher la reconduction automatique par le Senat du  « Patriot Act « , voté sous la Présidence de George W Bush, mais je ne doute pas que les ODS vont revenir  à la charge pour finir par l’emporter.

Ce qui m’agace le plus dans toute cette dérive totalitaire c’est bien sur le coté moralisateur utilisé par les ODS pour justifier leurs forfaits. Ces bonnes âmes nous disent qu’elles ne font tout ca que pour nous protéger des brebis galeuses présentes dans la population. Mais bien sur!

Comme chacun le sait, il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de brebis galeuses au sein des ODS qui n’ont comme objectif  unique de faire notre bonheur en y sacrifiant leur santé.  L’Etat ne peut pas être criminel, comme chacun le sait. Sans parler des grands criminels, tel Hitler ou Staline,  on se souvient par exemple de Nixon, avec le Watergate, ou du Président Mitterrand faisant espionner d’anciennes petites amies ou des écrivains qui ne pensaient pas que du bien du grand homme d’Etat que la France avait la chance d’avoir à sa tête.

Et de m’expliquer que mon refus d’avoir mes transactions financières fliquées ne s’explique que par mon désir d’effectuer des opérations illégales,  à la Cahuzac, toujours non jugées et  toujours en liberté…

J’ai droit aussi à la fameuse phrase constituant le cœur de tout totalitarisme « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien  à craindre »

Mais qu’est ce qui me garantit que le Juge qui va rendre sa décision n’a pas été écouté lui aussi,  ce qui l’amènerait peut -être à rendre un jugement quelque peu incompréhensible pour peu qu’il ait été l’objet de quelques pressions s’appuyant sur des informations qu’il préférerait ne pas être dans le domaine public?

Ou que mon concurrent, au Conseil duquel siègent plusieurs ODS bien placés ne va pas  recevoir les termes de mon offre lors d’un marché public?

Car il faut bien se rendre compte de quelque chose de tout à fait évident : Au prétexte de lutter contre la criminalité et la corruption des individus, on donne à ceux qui gèrent  l’Etat un outil incroyablement puissant qui va favoriser une explosion de la criminalité et de la corruption dans le secteur public.

Et si l’histoire du XX eme siècle nous a appris quelque chose, c’est bien que la corruption et la criminalité à l’intérieur de l’Etat sont beaucoup plus dangereuses que si ces deux fléaux restent confinés dans la sphère privée.

Nous sommes donc en train de passer d’un état de Droit au Droit de l’Etat.

Il s’agit là d’une régression intellectuelle et morale inimaginable.

Ceux qui gèrent l’Etat, de ce fait, sont devenus de vrais privilégiés à qui une règle différente s’applique, tant ils savent de choses les uns sur les autres.

Comme le disait Benjamin Franklin : « Si vous abandonnez votre Liberté pour votre Sécurité, vous n’aurez ni l’un ni l’autre ».       

Nous sommes sur le chemin de la servitude. 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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58 Commentaires

  1. Cher Monsieur Gaves saviez vous que Citibank a maintenant 26.000, oui Vingt six milles employes dans le departement « compliance » !!!!! Cela rejoint totalement ce dont vous parlez

    Répondre
  2. Le fond du probleme, c’est que la gauche n’a pas lutté contre le chritianisme pour des problémes de theologies, ou parce que ces gens là ne voulaient pas aller à la messe, non. Ils ont lutté pour pouvoir faire le Mal en toute bonne conscience. C’est du reste parce qu’ils sont imoraux qu’ils ne comprennent rien du tout au libéralisme. L’homme de gauche est persuadé que sans un maximum d’Etat, le vendeur de pizza empoisone et tue ses clients, parce que, lui, l’homme de gauche, avoue bien volontier que c’est ce qu’il ferait…
    ( au passage, ces gens là n’ont ils pas jusqu’a recement soutenu le terrorisme, hum ?)

    Le probleme est donc difficilement soluble, car l’idée même de Morale ou de Moralité à éte vandalisé, et la decadence devrait continuer.

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  3. Bonjour Mr Gave,
    Ce qui est particulièrement inquiétant c’est que j’ai déroulé le même raisonnement, la même construction dans ma tête avant de vous lire.
    Et comme je doute que nous soyons deux à nous tromper, ce n’est pas rassurant.
    Pour revenir sur la « servitude acceptée » de nos concitoyens je dirais que les réseaux sociaux dans lesquels ils étalent volontairement leur vie les ont « conditionné » pour accepter la disparition de la vie privée. Je ne pense pas que ce soit volontaire, mais il y a clairement un lien.
    Nous sommes dans un mouvement lent mais profond qui nous transforme en serviteurs.
    Je pense aussi qu’un part de l’acceptation des mesures de surveillance est liée a la méconnaissance qu’on en général les « gens » de la puissance des algorithmes de corrélation statistique ( c’est un peu mon métier et je sais donc à quoi m’en tenir), et ils ne se rendent donc pas compte que les moyens de surveillance qui se mettent en place vont comparativement faire passer la stasi pour une organisation quasie-aveugle.
    Cordialement.

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  4. En Grèce, le bank run s’accélère.

    En avril 2009, les dépôts bancaires étaient de 240 milliards d’euros. Aujourd’hui, ils sont de 133,7 milliards d’euros.

    Lisez cet article du site bloomberg.com :

    En Grèce, les retraits d’argent s’accélèrent en avril.

    Les dépôts bancaires ont atteint leur niveau le plus bas depuis septembre 2004, soit 133,7 milliards d’euros.

    Les retraits d’argent des épargnants grecs se sont accélérés en Avril, au moment même où un bras de fer entre la coalition anti-austérité au pouvoir et ses créanciers a aggravé les doutes quant à l’avenir de la Grèce dans la zone euro.

    Les dépôts des ménages et des entreprises ont chuté à 133,7 milliards d’euros en Avril. Ils étaient de 138,6 milliards d’euros en Mars. C’est une baisse mensuelle de 3,6 %. Les dépôts représentent 100 milliards d’euros de moins qu’en Septembre 2009, a déclaré aujourd’hui la banque centrale de Grèce. Depuis le début de la campagne électorale qui a propulsé le parti Syriza au pouvoir, les retraits d’argent atteignent 31 milliards d’euros, soit 18,8 % du total des dépôts.

    Les dépôts privés sont tombés à leur plus bas niveau depuis Septembre 2004, en raison des craintes que la querelle entre le gouvernement grec et ses bailleurs de fonds mènera à un retour à la drachme, ou alors à la confiscation de l’épargne des déposants.

    Les banques grecques ont perdu l’accès aux marchés des capitaux ainsi que l’accès aux opérations de financement ordinaires de la Banque centrale européenne, au milieu d’un bras de fer entre le gouvernement et ses créanciers sur les conditions attachées à l’actuel plan de sauvetage.

    Les banques grecques ont déjà obtenu plus de 80 milliards d’euros d’Assistance de Liquidité en Urgence (ELA) accordés par la Banque centrale de Grèce pour boucher le trou des retraits d’argent et pour rester à flot.

    Le graphique du bank run en Grèce est ici :

    http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-05-29/greek-bank-deposits-bleeding-worsens-in-april#media-1

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  5. En Grèce, les épargnants grecs continuent à retirer leur argent, puis ils le placent dans des pays étrangers.

    Aujourd’hui, les banques grecques sont en faillite.

    Janvier 2015 : les Grecs ont retiré 12,25 milliards d’euros.
    Février 2015 : les Grecs ont retiré 7,57 milliards d’euros.
    Mars 2015 : les Grecs ont retiré 1,91 milliard d’euros.
    Avril 2015 : les Grecs ont retiré 5 milliards d’euros.

    Vendredi 29 mai 2015 :

    Grèce : les retraits aux guichets s’accélèrent.

    http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/grece-les-retraits-aux-guichets-s-accelerent-banquiers-1053163.php

    Christine Lagarde évoque un Grexit.

    C’est une première. Dans une interview au quotidien allemand FAZ du vendredi 29 mai, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a confié qu’une sortie de la Grèce de l’euro (le « Grexit ») était une « possibilité », qui ne signifierait « probablement pas » la fin de l’euro. Une déclaration qui en dit long sur les pressions qui s’exercent en coulisse sur Athènes.

    Vendredi 29 mai au matin, les négociations n’avaient toujours pas abouti entre la Grèce et ses créanciers. Si le gouvernement d’Alexis Tsipras a multiplié les déclarations optimistes ces derniers jours, Bruxelles et Washington se montrent bien plus prudents. Or, il y a urgence. Sans accord rapide, le pays ne touchera pas la dernière tranche d’aide de 7,2 milliards d’euros du plan de sauvetage européen.

    Athènes ne serait alors probablement pas en mesure de verser le 1,6 milliard d’euros qu’elle doit rembourser au FMI en juin. « Tout le monde espère que ce scénario sera évité car les incertitudes grimperaient encore d’un cran », prévient Michalis Massourakis, chef économiste de la Fédération hellénique des entreprises (SEV).

    Selon plusieurs sources, la Grèce aurait encore de quoi assurer le versement de 306 millions d’euros prévu le 5 juin. Le doute porte en revanche sur les échéances du 12, 16 et 19 juin. « Personne ne sait exactement combien il reste dans les caisses de l’Etat grec », rappelle Eric Dor, économiste à l’Ieseg.

    Que se passerait-il si Athènes manquait ces remboursements ? « Cela ne déclencherait pas la mise en défaut immédiate du pays, car le FMI est un créancier à part », explique Frederik Ducrozet, économiste au Crédit Agricole CIB. Selon les textes de l’institution, le pays retardataire dispose d’un mois avant que le directeur général du fonds ne notifie le défaut au conseil d’administration. Le Panama, le Zimbabwe ou encore le Pérou se sont déjà retrouvés dans une telle situation.

    Dans ce cas de figure, Athènes et ses partenaires européens disposeraient de quatre semaines de plus pour trouver un compromis avant les grosses échéances de juillet et août (la Grèce devra verser 4,4 milliards d’euros en tout à la Banque centrale européenne). « En cas de persistance du non-remboursement du FMI, les mesures correctives telles que la limitation de l’accès aux ressources du fonds n’interviendrait que trois mois après la date du premier impayé », précise Jésus Castillo, économiste chez Natixis.

    La procédure est donc assez souple. Avec tout de même une nuance de taille : nombre de pays émergents membres de l’institution jugent que la Grèce a déjà bénéficié d’une mansuétude à laquelle nombre d’entre eux n’ont pas eu droit. « Mme Lagarde devra veiller à ne pas se mettre en porte à faux avec eux », précise M. Dor. De fait, elle a déjà rejeté la possibilité de fusionner tous les remboursements de juin en un seul, à la fin du mois.

    Au reste, la situation ne deviendrait explosive que si les désaccords entre Athènes et ses partenaires se prolongeaient au-delà de juin. Les tensions monteraient alors avec les autres créanciers du pays. À commencer par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui a prêté en tout 141,8 milliards d’euros à Athènes depuis 2010. Dans le cas où la Grèce ne remboursait pas à temps le FMI, celui-ci peut en théorie exiger le remboursement total ou partiel des prêts déjà accordés, voire annuler les suivants. « C’est une possibilité, mais il est peu probable que le FESF aille jusque-là », nuance M. Dor.

    La Banque centrale européenne (BCE) serait elle aussi dans une situation délicate. Depuis le 4 février, elle révise toutes les semaines le plafond des liquidités d’urgence (ELA) qu’elle accorde aux banques grecques. Si le FMI déclare la Grèce en défaut, l’institution pourrait considérer que les garanties (les « collatéraux ») que les établissements hellènes lui apportent en échange de ces aides sont désormais de mauvaise qualité. Elle pourrait même, dans le plus extrême et peu probable des scénarios, suspendre les ELA, ce qui condamnerait les banques à l’asphyxie.

    Dans les deux cas, nul doute que les Grecs se précipiteraient aux distributeurs pour retirer du liquide, accélérant la fuite des dépôts. « Le gouvernement serait probablement contraint de mettre en place le contrôle des capitaux, pour limiter l’hémorragie », analyse Holger Schmieding, économiste à la banque Berenberg. En instaurant par exemple des plafonds pour les retraits et virements à l’étranger.

    En théorie, défaut et contrôle des capitaux n’entraîneraient pas automatiquement une sortie de la zone euro. Seulement, pour pouvoir continuer à payer les fonctionnaires, l’Etat et les municipalités pourraient être tentés d’imprimer des bons, comme l’a fait l’Argentine en 2002 après son défaut. L’utilisation des bons y avait alors été progressivement élargie et autorisées dans les commerces, jusqu’à devenir une monnaie parallèle. Un tel scénario en Grèce serait, de fait, une forme de Grexit.

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  6. Si seulement il s’agissait uniquement de sécurité ! Fusse-t-elle la nôtre !

    Malheureusement, les objectifs de cette loi sont tout autres et sa symbolique me paraît au moins aussi primordiale à prendre en compte que la réalité qu’elle prendra, dont on peut espérer, dans un sursaut d’optimisme désespéré, qu’elle sera, au bout du compte, un nouveau naufrage technique (et malheureusement financier) et n’aboutira qu’à décrédibiliser un peu plus l’état et ses services.

    Sa psychologie est terrible par ce qu’elle représente de volonté bien au-delà de l’intérêt politique autoritaire et antidémocratique direct (pas de contre-pouvoirs organisés, pied de nez à la séparation des pouvoirs, victoire d’un cynisme politique sans appel sur les « fantasmes » de Valls ou les « tant que c’est nous vous ne risquez rien, mais méfiez-vous effectivement si c’était d’autres » de Le Roux).

    A n’en pas douter en effet, elle représente un outil potentiel majeur de pillage d’information (objet vague et très large incluant tout intérêt stratégique ou économique français whatsoever !) et le besoin d’appropriation des flux d’information par l’état dans cette affaire est pour moi représentatif de cet immense besoin de vivre au crochet et sur le dos de tous ceux qui ne sont pas l’état et qui pourraient détenir la moindre parcelle d’autonomie non contrôlée, de valeur ou d’information non utilisée au profit de l’état : véritable frustration totalitaire dont Todd pourrait sans doute dire qu’elle est la part profonde « zombie » de l’action protectrice affichée.

    De plus, test grandeur nature de la résignation du peuple – crédule ? – et de la complicité intéressée de nos médias – qui pourtant devraient bondir, étant a priori au rang des plus à risques – et autres corps intermédiaires y compris patronaux, c’est en effet un véritable feu vert (« licence to kill !») qui nous promet un passage aux étapes suivantes de la rétorsion fiscale, aux méthodes les plus viles de pressions d’état mais aussi aux pillages sans vergogne de toute valeur nouvellement accessible par ces ODS chers à Charles et leurs chers amis, pillards invétérés du travail des autres.

    La sécurité – Notre sécurité – là-dedans n’est en aucun cas l’objectif mais le moyen de cette ambition maladive et il suffit pour s’en convaincre de voir les statistiques officielles de l’utilité du Patriot Act (sous contrôle parlementaire lui !) et, encore il y a quelques jours, les manipulations évidentes dont a fait l’objet Prism : http://www.rtl.be/info/belgique/societe/le-patron-du-service-de-renseignement-belge-avoue-il-a-menti-sur-trois-attentats-721182.aspx

    Par contre, dans ce monde où ne règnent aujourd’hui que le copinage d’état, les clans d’initiés, les conflits d’intérêts flagrants et acceptés dans la sphère publique (véritable sang irriguant le corps étatique), pensez un peu à tous ces petits entrepreneurs, petits industriels, scientifiques, innovateurs, créateurs, designers, ingénieurs « d’en bas » qui pourraient travailler dans des start-ups, des laboratoires, des universités des PME, des ETI et qui pourraient penser à valoriser leurs travaux ailleurs ou à s’expatrier pour pouvoir être financés !

    Comment se protégeront-ils de la collusion d’état et des grosses entreprises, ces Orange, Thalès, Sanofi, Total, EDF, Publicis, EADS, Renault … et comment pourront-ils valoriser leurs avancées s’ils sont écoutés ainsi que leurs cabinets d’avocats en propriété intellectuelle, fiscalistes, apporteurs d’affaires, partenaires internationaux sous le prétexte qu’ils pourraient fomenter un complot sur les intérêts de la France ?

    Et que penser alors de la capacité des entrepreneurs étrangers de tout poil à venir se mettre à risque chez nous ?

    Car s’il n’est plus à prouver que, depuis la nuit des temps, le pouvoir c’est l’information, elle est aussi devenue aujourd’hui l’essentiel de la valeur créée par de nombreux secteurs d’activités.

    Créez donc Mesdames et Messieurs, nous nous occupons du reste … !
    Who’ John Galt !

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  7. Bonjour Monsieur Gave,

    2tant un fan de citations, comme vous, je me permets d’intervenir.

    La fameuse phrase que vous citez est de Goebbels, ce qui devrait déjà nous alerter quand des ODS l’emploient à tour de bras.

    A cette citation, il ne faudrait jamais oublier de rajouter une citation de Richelieu :

    « Avec 2 lignes d’écriture d’un homme, on peut faire le procès du plus innocent » ….

    Bien cordialement,

    Répondre
  8. Le 5 juin, la Grèce doit rembourser 302,833 millions d’euros au FMI.

    Le 12 juin, la Grèce doit rembourser 340,687 millions d’euros au FMI.

    Le 16 juin, 567,812 millions d’euros.

    Le 19 juin, 340,687 millions d’euros.

    Total : en juin, la Grèce doit rembourser 1,552 milliards d’euros au FMI.

    Mais il y a un petit problème : la Grèce est en faillite.

    Solution ( ? ) au problème :

    La Grèce va emprunter quelques milliards d’euros supplémentaires au FMI. Ensuite, avec cet argent, la Grèce pourra rembourser 1,552 milliards d’euros au FMI au mois de juin.

    Rappel :

    En tout, la Grèce doit rembourser 32,1 milliards d’euros au FMI.

    Mardi 26 mai :

    Grèce : Varoufakis appelle les créanciers à se mettre d’accord.

    http://www.romandie.com/news/Grece–Varoufakis-appelle-les-creanciers-a-se-mettre-daccord_RP/596779.rom

    Répondre
  9. Effectivement comme vous le disiez fort à propos dans un de vos articles précédents Big Brother est en rut !

    Heureusement il est encore possible de s’en protéger, la technologie n’appartient pas qu’aux Oints du « Saigneur », et il existe de belles initiatives que tout libéral gagnerait à connaitre.

    voici quelques pistes :

    – Sur le plan des échanges monétaires et financiers, Bitcoin fait partit de ces innovations respectueuses des libertés individuelles qui gagneraient à être mieux connues et utilisées par tout honnête homme. Comme l’a d’ailleurs fait remarquer @Traderidera dans un des commentaires.
    à ce titre, avec quelques amis partageant cette passion pour les monnaies pair à pair, nous avons lancé récemment un petit site web dont le but est d’expliquer aux francophones comment fonctionne cette technologie et quel est son intérêt.
    Chère communauté de l’institut des libertés je vous invite à y faire un tour et à me communiquer votre avis, voici le lien : http://bitconseil.fr/
    (Soyez indulgents ce site est tout récent et nous sommes tous bénévoles),

    – Sur le plan des communications, je vous recommande de jeter un oeil à cette initiative : https://protonmail.ch/ messagerie cryptée et simple d’utilisation.
    Ce projet a vu le jour grâce à une campagne de crowdfunding sur indiegogo qui a levé 550 000 $ (https://www.indiegogo.com/projects/protonmail#/story ). Preuve que beaucoup de monde est préoccupé par la montée en puissance de big brother.

    J’espère que ces petits liens vous seront utiles

    Répondre
    • Cher Monsieur

      Merci pour ces liens toutefois

      1/le bitcoin n’est pas une monnaie

      2/ Je suis ravi de pouvoir contourner un système mais j’aime encore plus pouvoir ne pas avoir à la faire.

      Je ne trouve pas épanouissant d’avoir à contourner les règles. Je préfère tenter de m’y opposer tant que je le peux encore comme cela doit être le rôle de tout humaniste.

      Nous ne parlons pas du bitcoin ou de façon ponctuelle, et en avons parlé par le passé. Les débats sur la monnaie émaillent ce site ainsi je vous invite à tenter une recherche via ce biais si cette question vous intéresse.

      Le jour ou devant un Mt GOX, on trouvera des tribunaux bitcoin et une police bitcoin et non pas la protection permis par un système légal lui même abritant une autre monnaie, alors oui, nous parlerons de bitcoin comme d’une monnaie et non pas comme d’une propriété d’échange entre deux personnes, non garantie par autre chose que le consentement instantané.

      Et peut être le jour ou je pourrais acheter mon pain avec aussi, accessoirement.

      J’espère que ceci vous sera aussi utile.

    • Diable, je me suis mal exprimé !

      – Je ne conçoit absolument pas Bitcoin en tant que monnaie qui viendrait remplacer l’euro.
      à mes yeux Bitcoin est juste un outil open-source fort sympathique qui me permet de transférer de la valeur sur internet de façon sécurisé. Je m’amuse à appeler Bitcoin le Wikipédia de la finance.
      Bref un outil qui a ses inconvénients : forte volatilité du cours de l’unité de compte, faible taux d’adoption par les marchands (Ceci dit, on peut acheter des pizzas avec, ce que j’ai fait pas plus tard qu’hier pour le Bitcoin’s pizza day sur Toulouse) etc. mais qui répond à d’autres problématiques, comme celles que vous évoquiez dans l’article : respect de la vie privée, égalité de chacun devant le protocole (open-source) etc.

      d’autre part, je ne cherche absolument pas à me soustraire à la loi. Au contraire, j’espère bien qu’elle s’applique. Je ne vois pas pourquoi je ne serai pas protégé contre le vol par la loi lorsque je fais un usage légal de Bitcoin. J’espère bien que ce soient les hackers les criminels, qu’ils piratent mes mails, des serveurs contenant mes données bancaires ou mon portefeuille Bitcoin.
      Pourquoi aurai-je besoin d’une police Bitcoin ? Comme vous j’aime l’état de Droit, ni plus, ni moins.

      Mais je vous ai compris, dans le sens où se sont bien souvent d’entêtés libertariens qui défendent cette technologie quitte à en dégoutter le plus grand nombre. Je ne cherchais pas à m’inscrire dans cette mouvance.

      Je pense juste que Bitcoin est une technologie intéressante à bien des égards et j’invite tout le monde à y jeter un coup d’œil, après l’utilisera celui qui voudra.

    • Le Bitcoin me paraît suspect, car son attrait semble venir essentiellement de la spéculation. On vous dit qu’il n’y aura jamais plus de x bitcoins en circulation dans le monde, et on vous dit en même temps : vous pouvez en créer, à condition d’avoir un ordinateur et de vous plonger dans des considérations techniques pénibles.

      En gros, ça permet donc à des geeks de jouer au banquier central (ou privé) dans leur chambrette, en espérant faire la culbute (après avoir misé dix euros). C’est un peu comme lorsque tous les Français souscrivaient à des actions de privatisation des sociétés publiques, et qu’on leur disait : c’est une martingale, on va s’arranger pour que vous gagniez à tous les coups. Sauf que le bitcoin est encore plus risqué, et qu’il a la séduction d’une secte réservée aux initiés : il faut se cogner le truc, c’est complexe.

      Tout le monde n’est pas digne de faire partie du club, mais tous ceux qui en font partie passent leur temps à expliquer aux autres qu’ils sont bien bêtes de ne pas s’engager dans le club. C’est un peu comme le système d’exploitation Linux.

      C’est rigolo, mais ça casse pas trois pattes à un canard, et surtout ça n’a pas la moindre chance de devenir une monnaie alternative un jour.

      Sans compter que c’est un environnement qui attire les voyous : trafic de drogue, intermédiaires techniques qui partent avec la caisse ou se volatilisent, etc.

      J’aimerais bien savoir le nombre des zélotes du bitcoin qui ont engagé des sommes significatives dans le bouzin. A mon avis, pas grand’monde.

    • Bitcoin est aussi suspect que Linux ou Wikipédia, personne n’est obligé de s’en servir, et tout le système repose sur un protocole 100% open-source édité de façon collaborative.

      Ceci étant, il n’y absolument aucun besoin d’être geek pour s’en servir et en profiter, comme il n’y a pas besoin d’être geek ou encyclopédiste pour consulter wikipédia.

      Personnellement je ne mine pas Bitcoin, et c’est d’ailleurs le cas de la majorité des gens. Miner est un business, qui est loin d’être évident, qui demande en plus d’un investissement financier, de bonnes connaissances techniques.
      Les mineurs sont certes motivés par le profit, comme l’immense majorité des entrepreneurs, mais il effectuent un travail à la fois utile et risqué (comme les entrepreneurs). ils sécurisent le réseau et ils décentralisent la production des unités de compte (les bitcoins) sans pour autant être certain de gagner bcp d’argent en le faisant, (le mining est très concurrentiel et de nombreux mineurs sont déficitaires)

      Toujours est-il que la production des bitcoins par le minage est loin d’être la seule caractéristique intéressante du « bousin ».
      La création d’un réseau de paiement planétaire, 100% open-source, décentralisé, participatif,et qui repose sur une comptabilité publique de toutes les transaction en bitcoins (la Blockchain), ce n’est pas rien.

      D’ailleurs, pour répondre à votre question, de plus en plus d’investisseurs s’intéressent à ce secteur. En 2015, Goldman Sachs, le New York Stock Exchange, et la filiale XAnge Private Equity de la poste, ont investit leurs premiers millions de dollars.
      Vous pouvez retrouver une liste assez complète de tous les investissement dans le secteur Bitcoin à cette addresse : http://www.coindesk.com/bitcoin-venture-capital/

      Bilan (en millions de $) :
      $2.13 en 2012
      $95.05 en 2013
      $349.03 en 2014
      $344.31 depuis le début 2015
      Belle progression.

      Peut-être qu’en comparaison de la finance traditionnelle les sommes en jeux sont ridicules, toujours est-il que c’est comparable (ou supérieur) à ce qui avait été investit dans le secteur internet à ses débuts ($250 millions en 1995, puis $638 en 1996)

      Quant à ce qui concerne les activités illicites et les arnaques, je ne les apprécie pas plus que vous. Mais je rappelle qu’elles n’ont rien de spécifique à Bitcoin, les piramides de ponzi, la vente de drogue, etc. n’ont pas été inventé avec Bitcoin. En fait c’est le propre des criminels d’utiliser n’importe quelle technologie à des fins illicites. Que je sache ils ne s’éclairent pas à la bougie, se déplacent à cheval et communiquent par pigeons voyageurs…

      La réalité c’est que Bitcoin est encore très très méconnu, et c’est clairement une des raisons pour lesquelles cette innovation est autant critiquée.
      Alors le meilleur conseil que je puisse donner, ce n’est pas d’en acheter, mais c’est de se renseigner un minimum sur cette techno, je vous assure que vous serez surpris!

      Et maintenant j’arrête de vous bassiner avec Bitcoin, promis

    • Cher Jacques,

      Le problème est quand d’aucuns se mettent à parler du bitcoin comme d’une monnaie. or, si nous sommes d’accord sur la qualification du bitcoin en instrument d’échanges, un peu comme les lettres de change entre banquiers lombards du temps, je n’ai aucune problème avec cela.

      je parlais de police et de tribunaux car avec la monnaie, ce sont des prérogatives régaliennes. or, en ce qui concerne le bitcoin, si votre débiteur se déclare en banqueroute, vous n’aurez aucune action contre lui (comme il s’est vu déjà au japon ). En revanche, quand un débiteur ne paye pas par exemple, votre salaire, vous avez le recours de lui envoyer les flics et de lui faire un procès pour obtenir un equivalent de ce qu’il vous doit.

      C’est ce droit , qu’un état garanti par l’ensemble de ses prérogatives régaliennes couplées qui permet d’établir la notion de monnaie.

      D’autre part, la transmission dans le temps est aussi une composante importante.

      Qui sait ce que demain fera des bitcoins et seriez vous prêts, imaginons si demain on vous annonce un cancer en phase terminale, à mettre les écomie de votre famille que vous laissez derrière vous en bitcoin?

      Non, nous le savons tous.

    • effectivement c’est une bonne question de droit que vous soulevez là.

      si une personne vous doit des bitcoins, disons 100 bitcoins et qu’elle se déclare en faillite, que se passe-t-il ?

      Je ne vois pas pourquoi cette situation devrait être traitée différemment de n’importe quelle créance non honorée portant sur un bien dont la valeur fluctue ?

      Si quelqu’un vous doit des pesos argentins, des oeuvres d’art, des parts d’une société et que cette personne n’honore pas sa dette il y a bien des recours juridiques possibles.
      De même que si je me fait voler 1 000€ à Londres, je vais bien pouvoir porter plainte dans un commissariat anglais.

      à moins que la loi ne protège plus le respect des engagements contractuels quand il s’agit de bitcoins, auquel cas nous ne serions vraiment plus dans un état de droit.

      On peut bien faire un contrat dans lequel on échange une cane à pêche contre un tableau, et la loi nous protégera en cas de défaut d’une des parties à ses engagements. Pourquoi en revanche lorsque j’échange cette même cane à pêche contre un bitcoin l’état de droit ne devrait plus me protéger, à moins de s’être transformé en droit de l’état ?

      Quand à ce qui concerne la conservation dans le temps de la valeur des bitcoins.

      à titre personnel je ne garderai pas plus toute ma fortune en euros que je ne la garderai en bitcoins, et de ces deux supports, je serai bien en peine de dire lequel conservera le plus longtemps sa valeur.

    • Parce que la valeur (de votre bitcoin) n’est pas définie par l’état et son paiement n’est pas exigible directement. Votre créance n’est pas « liquide ».

      Vous devrez donc à la différence d’un salaire par exemple ou d’une pension aller en chercher l’exigibilité en justice (comme pour la cane à péche mais personne n’estime que les canes à péche sont une monnaie en revanche . Les tribunaux estimeront alors la valeur de votre créance en Euro qui est la devise devant les tribunaux.

      Donc oui cela sera un vol mais la grande différence est que personne ne penserait sérieusement payer un service en cane à péche et personne ne nous demande d’en parler comme d’une alternative économique viable à terme.

      Si le système a périclité (ie, que le gérant est parti avec les ordinateurs) vous ne serez pas payé à la valeur d’achat du jour de votre achat mais à la valeur de cotation au jour ou votre jugement passe devant les tribunaux.

      Le risque de votre monnaie est donc sur vous.

      Le problème d’une monnaie, c’est que vous devez penser le système dans son ensemble or si vous dépendez d’un tribunal d’état pour en obtenir la force régalienne, attendez vous à ce que votre monnaie soit estimée à la valeur ayant court dans cet état.

      Je reprends l’exemple de votre cane à pêche, si on vous la vole, il vous incombera d’en estimer et d’en prouver la valeur afin d’en obtenir réparation. Tout ceci en Euro.

      Tant qu’aucun tribunal ne rendra une créance exigible en Bitcoin, vous n’aurez pas une monnaie, mais un instrument de paiement. Avec une liquidité différée et servile.

    • Alors vous allez me dire « oui mais si l’euro saute etc etc »

      On est d’accord.

      mais ce n’est pas la question qui était « le bitcoin est il une monnaie ».

    • Que Bitcoin ne soit pas une monnaie d’Etat, ni même une monnaie très populaire, j’en conviens volontiers.

      Que vous doutiez de la viabilité à long terme de ce système, c’est bien votre droit et votre esprit critique vous honore.
      C’est tout à fait exact que si ce système périclite, les possesseurs de bitcoins en seront pour leurs frais.
      En même temps, ce n’est là qu’une vérité générale, quand un système s’effondre, il ne vaut mieux pas y avoir misé dessus trop d’argent, monnaie d’Etat ou pas.

      En ce qui concerne Bitcoin, tout l’édifice repose sur une comptabilité partagée des transactions en bitcoins (la Blockchain) sur laquelle tous les utilisateurs s’accordent. Si ce consensus venait à être rompu ce serait une catastrophe pour tous les détenteurs de bitcoins. Chacun conserverait une comptabilité Bitcoin différente et plus personne ne saurait qui possède quoi, les bitcoins ne vaudraient plus rien.
      C’est un risque, et si sa réalisation vous semble probable, je comprends fort bien que vous vous teniez à l’écart.
      Personnellement j’estime ce risque suffisamment improbable pour risquer quelques sous dans l’aventure, mais certainement pas toutes mes économies (ce que je ne recommande à personne).

      En ce qui concerne l’Euro, ou une monnaie étatique, j’estime qu’elle est protégée par des traités. Le risque étant qu’ils soient bafoués, ou qu’ils soient idiots au choix…
      En cas de soucis, l’effondrement d’une monnaie fiat est sans doute plus prévisible que pour Bitcoin, et les pertes probablement pas totales pour les détenteurs de cette monnaie fiat.

      Soit, j’accorde l’avantage d’un black swan moins fulgurant pour l’euro que pour Bitcoin (même si son ombre plane dans les deux cas).

      D’autre part, j’admet tout à fait que le risque monétaire soit sur la pomme du créancier en bitcoins (ou du détenteur), et que ce soit un problème vu la volatilité du cours du bitcoin.
      La volatilité est un problème.

      C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup de commerçants qui acceptent les bitcoins ne se servent du réseau Bitcoin qu’en tant que moyen de paiement et convertissent instantanément (ou presque) en euro l’unité de compte qu’ils reçoivent (les bitcoins).
      Les esprits retors y verront une application de la loi de Gresham, « la mauvaise monnaie chasse la bonne », avec bitcoin dans le mauvais rôle et ma foi, j’aurai du mal à les contredire.

      Les commerçants ont leurs coûts en euros, ils veulent leurs rentrées en euros. Bitcoin n’est qu’un moyen de toucher de nouveaux clients, et l’unité de compte (les bitcoins) est trop volatile pour être conservée.
      Si les commerçants payaient leurs employés (si si, ça c’est vu!) et leurs marchandises en bitcoins, peut être que la situation serait différente. On y est pas encore, loin s’en faut, c’est vrai.

      Par contre, je ne suis pas du tout convaincu, par l’argument de la liquidité du fait de la loi. Lorsque vous avez une créance stipulée en euro, et que votre débiteur ne vous paie pas, (la plus part du temps parce qu’il n’a pas cet argent) et vous oblige à passer par les tribunaux, cette créance elle n’est pas franchement top, ni liquide, ni quoi que ce soit.

      Lorsqu’un locataire ne paie pas son loyer stipulé en euros, accrochez vous bien pour récupérer l’impayé.
      Et je ne vois pas bien quelle différence il y aurait si le loyer était stipulé en bitcoins. Hormis le risque de change qui est lié à la volatilité du cours du bitcoin.

      Alors un pb de volatilité avec Bitcoin, oui c’est évident, mais un pb de liquidité je ne suis pas d’accord.
      à moins d’effectuer des transactions en bitcoins pour une valeur de plusieurs dizaines de millions d’euros. Et même dans ce cas, cela n’aurai rien à voir avec la loi, mais plutôt avec l’offre et la demande.

      Et enfin, certes Bitcoin est un réseau de paiement (pair à pair). Mais comment qualifiez vous la seule unité de compte qui circule sur ce réseau, en l’occurrence le bitcoin, qui s’échange sur tous les pays du globe, qui permet à n’importe qui d’acheter des biens et des services aussi divers que des pizzas, des billets d’avion, une nuit d’hôtel, des ordinateurs, ou du cannabis, qui est convertible dans toutes les grandes monnaies officielles (eur, usd, yen, yuan etc.), et qui n’a aucune utilité en elle même si ce n’est de servir d’intermédiaire aux échanges ou de réserve de valeur pour les plus téméraires ?

      Personnellement j’appelle ça une monnaie, et plus précisément une monnaie pair à pair car c’est ce qui la différencie le mieux de toutes les autres.

    • Bonsoir,

      Alors, il y a deux choses: L’exigibilité automatique d’une créance (ce qui est le cas d’un loyer, d’un salaire, d’une pension)

      et celui d’une créance dont le montant n’est pas encore défini.

      Prenons votre exemple de loyer: votre créance est exigible àcompter du deuxième mois ou votre locataire ne paye pas et vous pouvez avec votre titre allez devant un huissier directement, sans passer devant les tribunaux. La même chose est vrai pas exemple d’une pension alimentaire.
      Ce sont des créances « LIQUIDES » en ce que leurs montants et leurs exigibilité sont directement actionnables.

      Pour ce qui est du bitcoin (et d’une créance en bitcoin) , vous voyez bien que vous ne pouvez pas aller chez un huissier avec une demande de remboursement direct. Vous devrez avant passer par un tribunal qui estimera qu’elle est la valeur en euro de votre créance en bitcoin.
      ce faisant , votre système bitcoin repose donc sur une appreciation de valeur Euro/bitcoin avec un taux de change fixé par un tribunal français d’état. (j’attend aussi qu’un tribunal définisse la chose accessoirement ….)

      PS le fait qu’un loyer (ou une pension alimentaire ) soient difficilement récupérables est encore autre chose qui a plus trait à la justice molle de notre pays mais pour le coup, c’est vraiment un autre débat.

      Une monnaie ne peut être définit comme telle que si la puissance régalienne d’un état, en assure la paiement. Or, dans tous les cas de figure, les bitcoins jouent le role de passagers clandestins en back street de monnaies ayant cours. Si demain, les tribunaux français décident que le cours du bitcoin est de 0, 001 euros, so be it, votre créance sera ainsi estimée et vous n’aurez aucun autre recours. La lenteur de la justice aidant, et comme vous l’avez visé, la difficulté déjà d’être payé quand on a une créance liquide et exigible fait que de tout les cas de figures, JURIDIQUEMENT, il est absolument impossible dans le système français (contractuel inclus/droit des obligations) que le bitcoin prospére.

      On a oublié avec la fixation des taux de change que nous a imposé l’euro mais un taux de change est un rapport de force. Quelle est la force d’un bitcoin sur un Etat?

      Trés très peur.

    • Effectivement l’avenir de cette innovation dépendra fortement du législateur et de la façon dont il intégrera Bitcoin dans le droit local.
      En ce qui concerne la France, je vous l’accorde, ce risque juridique est préoccupant.

      Ceci étant, je ne suis pas aussi pessimiste que vous et cela pour plusieurs raisons.

      Tout d’abord, Bitcoin, avant d’être un moyen de paiement, une monnaie ou quoi que ce soit de financier, c’est une technologie.

      C’est un protocole de communication (open-source) qui permet à des inconnus du monde entier de se connecter entre eux dans le but de maintenir collaborativement une comptabilité électronique, à la fois infalsifiable et publique, de tous les échanges qu’ils font entre eux et cela sans jamais avoir besoin de recourir à un organisme central pour certifier cette comptabilité.
      C’est une comptabilité distribuée, comme wikipédia est une encyclopédie distribuée, dans laquelle les échanges sont comptabilisés en bitcoins et sont inscrits dans un grand registre public appelé la Blockchain que tous les utilisateurs se partagent.

      Fondamentalement Bitcoin c’est ça, et aussi farfelu que ça puisse paraître, ce n’est pas rien!
      Avant Bitcoin on ne savait pas maintenir une comptabilité fiable des échanges d’une unité de compte électronique sans passer par un organisme central garant de l’intégrité des transactions (ce qui fonctionne d’ailleurs très bien, mais qui a ses inconvénients… comme le souligne votre article).

      Plus formellement, Bitcoin est la résolution concrète, appliquée à un système comptable, d’un problème informatique vieux de plus de 30 ans nommé le « problème des généraux byzantins ».

      Et cette solution est robuste! Du fait de la nature libre de droit du code source de Bitcoin, des centaines de personnes dont d’éminents cryptographes, ou de simples passionnés contribuent en permanence à améliorer le protocole. De nombreux universitaires étudient ce cas d’école et surtout ce réseau résiste à l’épreuve des faits. Depuis 6 ans que Bitcoin existe, bien que ce réseau ait été attaqué de nombreuses fois, le registre distribué des transactions n’a pas été corrompu, et strictement aucun faux bitcoin ne circule sur le réseau Bitcoin.

      Des places de marché ont été piratées (ou on fait faillite peu importe), comme un bureau de change peut être cambriolé, mais il ne faut pas confondre ça avec un piratage du système comptable de Bitcoin (la blockchain) qui n’a pas été corrompu et n’a jamais cessé de fonctionner correctement.

      Tout ça pour dire que quoi que décide le législateur, il ne pourra pas désinventer Bitcoin, comme il ne peut pas désinventer la roue.
      Un protocole fonctionnel pour maintenir une comptabilité distribuée existe, ce protocole continuera d’exister quoi qu’en veuille le législateur.
      Bitcoin n’est pas un passager clandestin, Bitcoin est une invention.

      En revanche, le législateur (le juge etc.) a tout à fait le pouvoir de déterminer qui en aura l’usage et dans quelles conditions.

      Effectivement tout paiement en bitcoin pourrait être interdit, ou chaque échange en bitcoins pourrait être soumis à la TVA, ou encore le taux de change du bitcoin en cas de contentieux pourrait être arbitrairement fixé à 0,01€ / bitcoin etc.

      Je ne vous cache pas qu’une telle approche du législateur m’attristerait profondément, car elle reviendrait à priver tout honnête homme de l’intérêt que peut avoir Bitcoin.
      En effet qui utiliserait encore Bitcoin dans de telles conditions, si ce n’est ceux qui ignorent déjà la loi et qui ne comptaient pas dessus pour protéger leurs activités…
      Cela reviendrait, à condamner juridiquement Bitcoin à une existence souterraine, à en faire JURIDIQUEMENT le moyen de paiement des criminels. Ce serait bien triste.

      Heureusement ce n’est pas une fatalité, d’abord tous les pays seront en concurrence quand à ce qui a trait à la législation sur Bitcoin (et ses variantes). On peut espérer que certains pays soient plus inspirés (moins totalitaires) que d’autres à ce niveau. De fait ces pays récupéreraient tous les acteurs légitimes de la sphère Bitcoin et l’économie qui va avec, start-up, développeurs, commerçants, passionnés etc. quand les autres pays, du fait de leurs lois mal adaptées, n’auraient plus qu’une économie Bitcoin souterraine dont ils se passeraient bien.

      Bitcoin est global, les investissements se feront là où la loi les y encourage et les protège. Alors j’ai quand même espoir que certains pays en aient conscience.
      Probablement sollicités en cela par quelques grands acteurs qui auront vu le potentiel de Bitcoin.

      Et donc quand je voit que Bloomberg ou le NYSE offrent (depuis peu) une cotation du cours du bitcoin, quand je vois que le NASDAQ a pour projet de se servir du registre public de Bitcoin (la blockchain) pour organiser des IPOs, quand je vois que Goldman Sachs investit dans une start-up du secteur Bitcoin (Circle) et que le fondateur du réseau VISA, Dee Hock, a rejoint l’Advisory Board d’une autre start-up Bitcoin (Xapo), je me dis qu’il reste de l’espoir sur le plan juridique.

      L’avenir nous le dira

    • Encore une fois, personne ne dit que l’invention ne serait pas intéressante.
      En revanche, la question étant au début « pourquoi ne parlez vous pas de l’alternative que constitue le bitcoin » la réponse est: parce que cela n’en est pas une. (alternative à la monnaie qu’est l’euro).

      Que le procédé soit intéressant comme la lettre de change en son temps, sans problème. Le législateur (et les magistrats accessoirement) n’en ont absolument rien à faire que cela soit « une invention ». Existe -il une telle exception juridique ???? En tout état de cause, quelqu’un devra faire les qualifications juridiques pour qualifier les bitcoin etc etc et si vous pensez (naïvement) que le bitcoin s’imposera par sa force naturelle, vous connaissez mal le système légal et ses lenteurs.

      Vous ne pouvez pas attendre d’un Etat qui par définition a des fonctions régaliennes dont celui de battre monnaie, de se tirer à terme une telle balle dans le pied, ce serait bien con.

      Voila pourquoi, pour toutes ces raisons économiques et juridiques qu’en dehors d’une approche de curiosité, nous ne poussons pas vers cet instrument financier qu’est le bitcoin.

    • j’avais pas lu votre dernier post, merci de m’avoir répondu.
      Je comprends votre position.

    • On ne peut pas dire que le Bitcoin est « aussi risqué » que Linux ou Wikipedia. Si je mets mes économies dans du Bitcoin, je risque de les perdre. Cela n’a rien de comparable.

      Je ne vois pas en quoi les « mineurs » de Bitcoin seraient des entrepreneurs qui prennent un risque. Ils créent quoi ? Ils utilisent une martingale qu’on met à leur disposition (et dont l’inventeur, si je ne me trompe pas, est inconnu, ce qui n’est pas rassurant). Je crois comprendre, d’après ce que vous en dites, qu’ils risquent de perdre de l’argent parce que la martingale (comme toutes les martingales), ne tient pas ses promesses.

      En somme, c’est du casino. Cela n’a rien de comparable avec le risque pris par quelqu’un pour créer une entreprise.

    • les mineurs maintiennent à jour et partagent l’historique de toutes les transactions Bitcoin ayant eu lieu. Ce faisant ils sécurisent le réseau Bitcoin.

      Ils ne font pas ça parce qu’ils sont mignons, mais parce qu’ils espère en retirer un profit supérieur à leur l’investissement, (ce qui n’est pas toujours le cas).

  10. N’y a-t-il pas une lueur d’espoir à l’horizon, suite notamment aux élections espagnoles ?
    Je n’ai pas une passion dévorante pour les idéologies de gauche, mais il s’agit d’une remise en cause explicite du « diktat » des ODS de Bruxelles. Face aux tentations de revirement espagnol, le Grexit ne devient-il pas nécessaire, pour faire un exemple ? Evidemment, la Grèce pourrait se trouver mieux hors de l’euro que dedans… Mais reste-il d’autres solutions ?
    Cela pourrait entraîner un démantèlement de l’Euro et donc en partie de l’UE. Les gouvernants se retrouveraient alors seuls face à leur peuple, dans l’obligation de composer.

    Répondre
  11. NOLIFE je pense que vous vous faites de grosses illusions et que vous êtes tombé dans le panneau… quand vous écrivez « Si la surveillance généralisée permet de faire du minority report et d’éviter attentats et crimes en les cueillant dans l’oeuf, comme ce qu’il s’est passé Sid Ahmed Ghlam ou l’assaut de Verviers alors c’est peut-être mieux, car l’Etat a le monopole de la violence …. pour garantir la sécurité. »
    Vous devriez écouter Alain Bauer ici à partir de la 30ème minute https://vid.me/jDsK
    Vos certitudes ou supposées telles devraient « évoluer ».

    Répondre
    • Pour l’instant, ça fait déjà 2 cas évités.

  12. Amusantes reactions des lecteurs…ceux ci ont le plus grand mal a imaginer que l’Etat puisse un jour leur en vouloir suffisamment pour les voler,les tuer,les déporter.
    L’histoire européenne est pourtant riche de ces cas ..Hitler,Mussolini,Vichy en France,Franco and so on.
    Quand a les voler,il suffit de voir Chypre (et bientôt la Grece ?).
    Quand la France ne pourra plus faire face a la dette,que fera l’Etat pour assurer la survie des ODS ?? un raid sur les depots bancaires bien entendu..ce qui ne suffira pas…il faudra donc autre chose
    Par ailleurs,la NSA a avoué qu’aucun complot terroriste n’a été dejoué suite aux ecoutes.Le « terror act » a le meme bilan,puisque aucune affaire sérieuse n’a été trouvée,mais que plus de 50.000 enquêtes ont été lancées pour des raisons fiscales,notamment.

    cela étant dit,les elites françaises ont compris ceci depuis bien longtemps,et sont quasiment toutes parties…mr Gave,le lecteur vivant a Abu Dhabi,etc….tout un symbole

    La France,c’est cuit …faudra attendre 100 ans le réveil….

    Répondre
  13. Le flicage de nos paiements … il y a un moyen d’y échapper : le bitcoin ! Je suis assez surpris qu’on n’en parle jamais sur ce site, dont par ailleurs j’apprécie vraiment tous les articles, et tous les débats associés …

    Répondre
    • Il manque au bitcoin ce qui fait l’essentiel d’une monnaie : La confiance. Or si un jour une monnaie électronique basée sur le principe du bitcoin interdisant l’inflation monétaire, la planche à billet et toute autre bidouille de politicien à cours d’idée et surtout de courage venait à gagner en confiance il y aurait beaucoup d’acteurs et des très gros qui se feraient de très gros soucis.

      Mais intellectuellement il est rassurant que les jeunes éduqués, des geeks, et autres redécouvrent les principes libéraux qui se sont évanouis dans le temps comme l’article du jour le décrit froidement. La liberté et la neutralité du web est donc un enjeu majeur car beaucoup ne croyant plus les médias, les « pirates » et autres hackers se sont aperçus avec le temps que les idées qu’ils défendaient faisaient partie d’un ensemble plus vaste et honni des ODS, de la presse aux ordres, des associations bien-pensantes qui cherchent des subventions sans engager un débat, le libéralisme.

      Raison pour laquelle je serais moins sombre pour l’avenir que la terrible et indiscutable tendance rappelée par Charles. Seulement, si Mises prévoyait dès 1920 que le régime soviétique finirait par s’écrouler, il a fallu attendre 80 ans. Je n’aurai ps cette patience là..

    • Une monnaie est un moyen de paiement avec une armée.

    • Vous pouvez être certain que si demain le Bitcoin prend la moindre importance il sera immédiatement déclaré « outil terroriste » et ses utilisateurs sévèrement pourchassé jusqu’à disparition complète. Il y a beaucoup trop d’appartchicks qui profite du système de monnaie de singe en place pour espèrer qu’ils lachent l’affaire sans montrer les dents.

    • Le bitcoin n’est pas une monnaie. C’est un moyen de paiement. Et quand un des créateurs se barre avec l’ordinateur, c’est en justice d’état que les porteurs bitcoins vont pleurer. Quand vous aurez un système bitcoin avec sa force de police attachée et ses tribunaux, on parlera de monnaie.

      mais c’est un moyen d’échange sympa.

    • « Et quand un des créateurs se barre avec l’ordinateur »

      Vous ne pouvez pas dire cela. C’est un code open source (disponible sur le net) n’appartenant à aucun créateur.

    • excusez moi, vous préférez quand un dépositaire monte un gigantesque chaine de ponzi

      Ou alors l’illusion du portage dans un portefeuille ( comme par exemple dans un portefeuille virtuel dans un gros ordinateur avec lequel le MEC SE BARRE)

      Mais non, on ne peut pas dire cela, c’est un code « open source ».

      Pfff, ils sont hyper contents les porteurs des 3 millions de dollars perdus de la savoir, que ce n’est « pas possible »

      On a compris, le bitcoin s’est fantastique, on ne peut en dire du mal mais il faudrait pousser l’analyse jusqu’à englober la réalité du marché.

      Si, les fraudes existent, et le fait que « cela n’appartienne à personne » fait une belle jambe aux dépositaires de leurs bons dollars contre des bitcoins non garantis.

  14. il s’agit en effet bien là d’une régression intellectuelle et morale, laquelle va même au delà, dans la mesure où elle constitue une réalité vécue non seulement aux portes de nos existences mais également dans celles ci

    la troisième révolution industrielle, celle liée au développement du système informatique et de ses satellites, dans laquelle nous nous situons, ne s’est incroyablement accompagnée d’aucun garde-fou sérieux et d’aucun garde-corps valable en terme de préservation des libertés et d’une adaptation réfléchie de notre organisation politique.

    L’internet parangon de la liberté en devient le fossoyeur

    la part de l’humanité y ayant accès s’illustre de plus en plus dans  » le pire « à les travers réseaux sociaux et ses succédanés, et la part la plus jeune de cette humanité se laisse envahir et sombre dans un déterminisme inquiétant

    révolution industrielle et choc des civilisations concourent à la mise en place d’ organisations politiques remettant en cause les acquis
    des Lumières et de leurs successeurs,
    plus subtilement que le Maoisme ou la Terreur on voit donc nos bons esprits ODS français reléguer et l’on comprend pourquoi les pères fondateurs du Libéralisme et de la Démocratie Libérale

    dans le conflit actuel développé par un extrémisme religieux,face çà un peril de civilisation, il n’ a pas été encore élaboré les procédures et la doctrine politique et militaire conjuguable avec les Libertés et au nom de celles ci

    le silence d’Harvard, Yale, Wharton, Columbia, Standford….est affigeant

    Répondre
  15. Bonjour,

    Si la surveillance généralisée permet de faire du minority report et d’éviter attentats et crimes en les cueillant dans l’oeuf, comme ce qu’il s’est passé Sid Ahmed Ghlam ou l’assaut de Verviers alors c’est peut-être mieux, car l’Etat a le monopole de la violence …. pour garantir la sécurité.

    Puis bon, qu’avons nous à cacher ?

    Un compte bancaire en Suisse ? Si c’est le cas, il vaut mieux que l’Etat le sache pour lutter contre la fraude fiscale.

    La luxure ? En France, les gens sont assez indulgents là-dessus.

    Les préférences politiques ? Je ne sais même pas ce que votent les membres de ma famille donc ça m’étonnerait que l’Etat puis le savoir.

    J’avoue ne pas comprende le fait de faire prévaloir l’intimité sur la sécurité, pour une fois que je suis en accord avec M. Onfray …

    Petit HS :

    John Nash nous a quitté, est-ce que la théorie des Jeux s’applique à l’investissement aujourd’hui où la stratégie de l’investisseur dépend de la stratégie de la banque centrale et non plus de l’économie réelle.

    Et merci encore de nous sortir un article en ce Lundi de Pentcôte là où nous n’avons même pas eu de débats d’experts chez BFM Business …

    Répondre
    • Excusez moi.

      Dans l’affaire « charlie », ce n’est pas le repérage de coulibany qui a posé un problème. Ce monsieur était référencé par les autorités compétentes.
      En revanche, pourquoi n’était il pas (encore/) en prison et pourquoi la justice n’a t’elle pas trouvé à appliquer les peines ? Voila la question.

      Je ne vois pas en quoi le fait de cliquer tout le monde pour ensuite relâcher des criminels avérés au bout de 9 mois fera véritablement évoluer la sécurité de tous.

    • Si la Justice ne termine pas le boulot c’est un autre problème.

      Pour ce qui est de la surveillance, je suis bien évidemment contre sa généralisation à outrance mais elle doit quand même s’exercer sur les dangers publics potentiels.

      Démonstration pratique chez nos voisins du Nord :

      « Dans le cadre d’une opération antiterroriste contre des groupes islamistes menée en plusieurs endroits en Belgique hier (jeudi) en fin de journée et en soirée, deux personnes sont décédées dans une fusillade avec la police dans le centre de Verviers. Une autre est blessée et a été arrêtée. Il s’agit d’individus surveillés qui venaient de rentrer de Syrie. Des perquisitions ont aussi eu lieu en région bruxelloise et en périphérie de la capitale. Le niveau de vigilance a été relevé car des attentats « imminents » étaient en préparation en Belgique. La police et la justice étaient visées. »

      http://www.rtbf.be/info/societe/detail_verviers-3-morts-dans-une-operation-de-police?id=8781055

      Quand le douanier inspecte votre véhicule et fouille ce que vous avez, tout le monde obtempère et si vous n’avez pas des plaquettes de shit, vous n’avez rien à craindre … et à ma connaissance personne ne s’en plaint.

    • Le seul problème c’est que les frères Khoulibaly étaient déjà repérés, et auraient d’ailleurs dû être en prison au moment des faits, et que Sid Ahmed Ghlam a été arrêté par pur hasard du fait qu’il s’était lui-même tiré une balle dans la jambe…
      On ne peut donc même pas arguer d’une plus grande efficacité pour tout l’arsenal législatif que nos ODS sont en train de nous pondre. Tout juste cette frénésie de contrôle de l’individu et de ses actes tant la liberté, le libre-arbitre et l’individualité hors du contrôle de l’Etat sont insupportables à ceux qui nous gouvernent.

    • on ne vout pas trés bien ou serait cette faleuse sécurité, économique ou autre, en France ( ou tout problémes réel est aussitôt qualifié de fantasme ou de dérapage).

      Si l’Etat n’a rien à se reprocher, il n’a rien à fliquer.

  16. Sur IDL, dans un précédent post de Charles Netter, nous avons pu lire :  » Parallèlement Alain Supiot, spécialiste du droit, professeur au Collège de France vient de publier « La gouvernance par les nombres ». Pour lui le monde des chiffres et des lois des quantités exercent une fascination auprès des dirigeants économiques et politiques qui deviennent des traducteurs de normes. L’Europe s’est dotée d’une gouvernance par les nombres qui sont gravés dans le marbre des traités. Ce sont des évolutions qui constituent à terme une forme de renoncement à l’exercice du fonctionnement de la démocratie. »

    Qui est-ce qui propose autre chose qu’un modèle basé sur les nombres, modèle mathématique ? Je tente pour ma part de développer un modèle qui aboutit au qualitatif, modèle que nous portons d’autant plus en nous que nous nous estimons qualitatif, irremplacable, irréductible à toute destruction… Pierre Lance est dans cette optique… Je le suis aussi… Ainsi l’AScension quantitative, matérielle (AS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10, irruption du zéro) et l’effondrement fusionnel… chute sans limite ou chute qui nous relance vers encore plus de quantitatif mais permet aussi l’irruption du qualitatif à travers le 11 qui deviens A… Autre perception inédite il me semble.

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  17. « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à craindre »

    S’ils n’ont rien à se reprocher, ils n’ont rien à écouter.

    (article remarquable à ce detail prés que les institution financiéres y sont victimisées un peu plus que de raison)

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  18. N’est-ce pas là l’évolution naturelle de toute technocratie ?

    Pour leur gestion technique ils doivent prendre un tas de décisions, cela nécessitant toujours plus d’information. Qu’elle provienne des rapports administratifs, des sondages ou de l’espionnage (plus un pays est technocratique, plus ses services secrets sont puissants)
    Ce système, par sa lourdeur, étant de nature fragile, accumulant les erreurs, est aussi soumis à l’obsolescence venant de la destruction créatrice, fruit de l’innovation, de l’évolution, des changements, de nos choix personnels, l’intérêt à controler tout cela afin de garantir leur survie structurelle se fait de plus en plus grand…
    Les suppots de la panoptique nous disent que nos données privées, nos choix individuels n’intéressent pas les institutions et sont sans valeur… Pourtant, il suffit de regarder des entreprises comme Facebook ou Google qui se font des dizaines de milliards grace à nos données privées pour réfuter cette supposition…

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    • Cher Ph11,

      Je ne sais pas/ ne crois pas que l’evolution naturelle d’une démocratie soit un besoin de contrôle. Au contraire. C’est parce que justement la croissance leur echappe qu’ils deviennent de plus en plus aigri à conserver le petit bout de bien qu’ils ont déjà eu du mal à extraire. (tout en expliquant que les restrictions sont dues à la méchante finance qui prend toute la part du gateau)

      Il y a deux choses. le systéme privé et le systéme public

      La destruction creatrice que vous évoquiez n’est bien sur apllicable que sur le premier (si le public créait, il y aurait croissance per se et on saurait au courant n’est ce pas 🙂

      Donc pour recentrer, on a un secteur public (les fonctionnaires) qui veulent effectivement contrôler le privé , source de croissance.
      J’ai personnellement du mal à lire quand on regarde par dessus mon épaule dans le métro déja, alors créer…

    • J’ai personnellement du mal à lire quand on regarde par dessus mon épaule dans le métro déja, alors créer…

      Bonne image…

    • Le pouvoir est comme une drogue, plus on en a plus on en veut et la démocratie ne change rien à l’affaire. Nos gouvernants rêves de pouvoir controler toujours plus finement la société, ces individus qui ont l’outrecuidance de ne pas réagir comme il devraient, de ne pas tomber dans les bonnes cases, de ne pas consommer comme il faut. il faut sauver les gens d’eux même, de force s’il le faut. et c’est comme cela qu’on en arrive à l’espionnage généralisé, à la police de la pensée, à la liberté c’est l’esclavage…1984 était visionnaire.

  19. Ce régime est républicain. Voilà le problème.

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    • Le régime n’est pas une démocratie, comme en suisse par exemple, voilà le probléme.

    • démocratie bien attaquée en ce moment….péril en la demeure.

  20. Dans la majorité des films de science fiction voire d’ouvrages , Brasil , 1984 … nous retombons systématiquement sur un monde totalitaire de surveillance , hyperadministré , avec un police surpuissante (une stasi généralisée) .
    Nous sommes dans des pays développés qui se socialisent à outance voir les usa qui sont en perdition avec Obama , socialisme = KGB, Stasi .
    Téléphone portable , ordinateurs (e-mail etc …), téléphone 100% des téléphones sont sur écoute puisque c’est du digital et non pas de l’analogique ,
    on attend les puces sur les voitures (prétexte limitation de vitesse mais il y aura un traçage avec ) , la fin de l’argent liquide (encours sera effectif d’ici 2020 ) , l’obligation de tout déclaré son patrimoine au cents près (voir isf même si votre voiture vaut 1000 euros à déclarer) , le seuil de paiement en liquide est abaissé chaque année .Tout cela pour mieux ponctionner surveiller car la prochaine grande crise et les prochaines il faudra un peu passer par là comme à Chypre .La France est très riche d’assurance vie , de patrimoine immo etc …. et les marchés estiment qu’ils ont le droit d’en ponctionner 10 à 20% selon leur bon vouloir car cet argent n’appartient pas au peuple mais à eux comme pour le travail .C’est comme au Japon le Japonais moyen pense être en sécurité lorsqu’il place ses économies à la poste japonaise = notre livret A qui elle replace le tout en bon d’Etat japonais dont la valeur est bien celle que l’on veut lui donner un certain acquis de confiance .
    Nous allons avoir la fusion agirc arrco d’ici 2020 donc la fin du statut de cadre , la csg sera fusionnée avec l’ir donc progressivité énorme des hauts salaires , les gens pour qui le chiffre d’affaires à augmenté de 10 % en France ces 2 dernières n’ont pas eu un cents de plus car mangé par les impôts et charges (travailler 10% de plus pour gagner autant) .
    La grogne monte , va continuer à grimper , les cadres comme les indépendants auront envie de se révolter .Pour les 15 millions de retraités il n’ y a plus d’argent (gel des retraites passé et à venir ) et n’en aura plus .C’est comme pour les shadocks ça fuit de toute part donc l’Etat va devoir pomper ceux qui n’ont plus envie de l’être , on colmate toute fuite éventuelle et on pompe .
    On va faire le prélévement à la source en France ce qui rend l’impôt indolore , on va créer des impôts écologiques genre « taxe carbone » , forcer les gens à isoler leur maison pour économiser 200 euros par an pour 25000 d’investissement , et ils vont continuer à pondre des normes chaque jour , normer , normer , normer ….. aux us ils veulent que des tribunaux privés interviennent dans les litiges commerciaux , écologiques etc ….au Moyen Age les paysans qui représentaient 90% de la population étaient considérés comme gueux surtout dés lors qu’ils se révoltaient dés qu’ils estimaient que « l’Etat » allait trop loin : croquants , va nus pieds , chouans etc ….en fait ça n’a pas vraiment changé depuis l’Ancien Régime , c’est un juste retour en arrière nous sommes ponctionnable à merci.

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  21. La loi et en particulier l’impôts ne s’applique déjà plus complètement à vos ODS et ce depuis longtemps. Quelques exemples :
    – la moitié de la rémunération des parlementaires passe par frais sans justification
    – les élus locaux payent l’impôt sur le revenu indépendamment de leurs autres revenus, ce qui avec la suppression de la première tranche doit probablement les exonérer
    – les ODS bénéficient de multiples emplois cumulables, ce à quoi n’a pas le droit un salarié lambda, même en faisant les heures associés
    – encore mieux, ils ont droit de cumuler les retraites associés
    – je vous passe le statut fiscal spécifique des journalistes
    – et le meilleur pour la fin : les « VIP » dont tous les politiques sont gérés dans des bases de données fiscales spécifiques afin de limiter les fuites. Quand on voit les déclarations de patrimoine des politiques, on comprend bien que l’analyse pour leur ISF est plus laxique que pour les autres contribuables …

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    • ces gens ne payent pas l’impôt, c’est évident !

      ils ont donc tout interet à continuer à se remplir les pôches…

      Dans le même temps remarquez qu’ils traitent de tous les noms d’oiseaux leurs victimes à qui l’Etat rend quelque miettes…

      D’un coté donc, les voleurs, de l’autre les volés, la gauche, la droite…

  22. Je suis en train de terminer l’ouvrage merveilleux de Philippe Fabry, « Rome du libéralisme au socialisme », remarquable de similitude avec ce que nous vivons aujourd’hui: La décadence et la corruption.

    Un ouvrage à lire et relire, dans la continuité de ce très bon billet de monsieur Gave.

    Cordialement,

    Martin T

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  23. « Tout le monde se souvient des attentats du 11 Septembre 2001 et chacun se remémore aussi l’endroit où il était quand il a appris la nouvelle et vu les images à la télévision. » Oui, très exactement ! Pour moi en tout cas !

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  24. Cher Monsieur Gave,
    C’est avec impatience que j’attends vos billets du lundi et j’avoue, que depuis Abu dhabi ou je reside depuis maitenant 6 ans, je suis de plus en plus enclin a y rester, meme si ma liberte est quelque peu restreinte, tant la situation economique et societale de la France me desespere. Les elections a venir et le pauvre choix d’offre politique et surtout economique que nous proposent nos ODS, ne m’insite pas a retourner dans mon beau pays.
    Question: Y a t il encore un endroit dans le monde ou il soit possible de vivre et de faire des affaires sans avoir la crainte d’etre espionne par quelqu’onque administration ou bien le systeme est il fagocite a jamais?
    Cordialement
    Nicolas

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