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Mon premier contact avec le nationalisme catalan eut lieu il y a deux ans. J’envoyais un courriel à un professeur d’université à Barcelone, rédigé en espagnol. Celui-ci me répondit en catalan. Nous poursuivîmes donc la conversation en anglais. Cette anecdote est révélatrice des impasses du nationalisme catalan. Il est devenu une idéologie portée jusqu’à l’absurde (répondre en catalan à un locuteur français qui forcément ne maîtrise pas cette langue par refus d’utiliser l’espagnol, que le professeur en question maîtrise parfaitement) pour aboutir à une autre forme de domination (symbolisée par l’usage de l’anglais). La Catalogne est déchirée et il n’y a plus de dialogue possible entre les indépendantistes et le reste de l’Espagne. Pour les indépendantistes, tout problème est de la faute de Madrid et son action néfaste est vue partout. Le chômage, le terrorisme, les retards de train, les difficultés quotidiennes n’ont qu’une seule explication : Madrid. L’indépendance apportera à coup sûr le bonheur aux Catalans opprimés. Pour les autres Espagnols, l’attitude des Catalans indépendantistes devient insupportable. Leur arrogance, leur haine de Madrid et de l’Espagne portée au paroxysme, leur oubli des réalités du pays. Oublié le fait que c’est l’ensemble de l’Espagne qui a financé pendant 25 ans les Jeux olympiques de Barcelone (1992). Oublié le fait que c’est le reste de l’Espagne qui a sauvé de la faillite les deux principales banques de Catalogne. Oublié aussi le fait que la Catalogne est certes riche, mais aussi l’une des régions les plus endettées d’Espagne, et que cette dette est essentiellement payée par la Castille. Les indépendantistes invoquent la nation, la langue catalane (un dialecte mis en forme à la fin du XIXe siècle et qui varie d’une ville à l’autre), l’oppression subie par la Catalogne à cause de Madrid.

 

Dans les rues des villes et des villages, les drapeaux catalans sont partout. Dans certaines communes, le maire a retiré le drapeau de l’Espagne. Malheur aux Catalans qui ne sont pas indépendantistes : ils sont brimés et, dans les administrations, leur progression professionnelle est arrêtée. La région ne semble plus qu’avoir une seule obsession en tête : l’indépendance.

 

L’indépendance ou l’hubris en action

 

La passion indépendantiste a rejoint les sommets de l’hubris, la démesure décrite par les Grecs comme étant déraisonnable et coupée du logos, de la raison. Impossible d’échanger avec un Catalan indépendantiste sur le sujet. Quand on leur demande qu’elle constitution ils prévoient en cas d’indépendance, comment ils feront pour assurer les services régaliens d’un État (diplomatie, armée, police, douane), ce qu’ils feront aussi lorsqu’ils auront quitté l’Union européenne, qu’elle monnaie ils prendront en place de l’euro, il n’y a aucune réponse. Les indépendantistes ne parlent que de passions, de luttes, d’oppression, mais ils n’ont aucun sens des réalités concrètes d’une indépendance ni des obligations dévolues aux États. Face à cette absence totale de dialogue, on comprend que la situation avec le gouvernement central soit bloquée. Madrid essaye de rester dans le domaine du droit, de rappeler que la tenue de ce référendum est illégale et qu’il ne respecte ni la constitution espagnole ni les lois votées par la Generalitat. Mais dans les villes en-dehors de Barcelone cela fait longtemps que les panneaux écrits en espagnol ont été retirés pour être remplacés par des panneaux en catalan.

 

 

 

Du cosmopolitisme au nationalisme

 

Barcelone était pourtant la ville rêvée du cosmopolitisme et de l’effacement des frontières. C’était la ville de la fête, de la movidad, des boîtes de nuit et des rencontres des noctambules. Barcelone était la destination de rêve des échanges Erasmus. On faisait semblant de croire qu’on y aillait pour travailler quand les préoccupations étaient autres. En 2002, Cédric Klapisch sortait le film L’Auberge espagnole décrivant une année Erasmus d’une communauté d’étudiants européens se retrouvant à Barcelone. C’était le rêve d’un homme sans frontière, d’une sorte d’éternelle jeunesse et d’une éternelle fête. Le héros, Xavier, revenait déprimé en France, ne rêvait que de repartir pour revivre cette année de fête.

 

Le temps du cosmopolitisme semble loin. Barcelone est aujourd’hui la capitale du nationalisme et des fermetures de frontière. On se rend compte aussi de la fragilité des États : velléité d’indépendance des Flandres, de l’Écosse, de la Catalogne, de la Lombardie, pour aller jusqu’à quel émiettement ?

 

L’ambiguïté de l’indépendance

 

L’actuel gouvernement de Catalogne regroupe une union très hétéroclite de partis politiques aux intérêts divergents. Le principal est Convergence démocratique de Catalogne (CDC) fondé par Jordi Pujol, qui gouverna la Catalogne de 1980 à 2003. Il a passé la main à Artus Mas et Carles Puigdemont. Le CDC est le principal parti de Catalogne, qui dirige la région, seul ou en coalition, depuis la fin du franquisme. N’ayant plus la majorité absolue, le CDC s’est allié avec un parti de gauche républicaine et avec la CUP (Candidature d’unité populaire), un parti d’extrême gauche aux références bolchéviques. Cette troïka composite trouve à s’unir dans la détestation de Madrid et la volonté d’indépendance, mais elle n’est absolument pas capable de gouverner ensemble. Si cette coalition a obtenu la majorité des sièges au parlement de Catalogne, elle n’a pas la majorité des voix, preuve que tous les Catalans ne partagent pas les velléités d’indépendance.

 

L’autre ambiguïté réside dans la corruption qui gangrène le CDC. Jordi Pujol a été reconnu coupable de fraude fiscale se chiffrant en millions d’euros. Son père était l’un des fondateurs de la Banco popular, banque qui fit faillite en 1982 et qui fut renflouée par l’argent de Madrid dans des conditions très troubles. La justice soupçonne fortement Pujol d’avoir capté une partie de cet argent. Les enquêtes ont également démontré que Pujol avait organisé un vaste réseau de corruption et de détournement de fonds publics dans l’attribution des marchés publics de la Catalogne. Ses opposants le soupçonnent d’agiter le chiffon de l’indépendance pour détourner l’attention et échapper à la justice centrale.

 

De l’Espagne au califat islamique ?

 

Pour s’assurer l’indépendance de la région, le gouvernement de Barcelone a refusé toute immigration d’Amérique latine, afin de limiter les locuteurs de langue espagnole, mais il a fortement ouvert les vannes de l’immigration maghrébine, notamment du Maroc. Ce n’est donc nullement fortuit si Barcelone fut frappé par des attentats islamistes l’été dernier. La région connaît une très forte immigration musulmane et elle est gangrénée par les islamistes. Elle compte un nombre très important de mosquées salafistes, qui ont des liens à Ceuta et Melilla et au Maroc. Dans les défilés en faveur de l’indépendance, on apercevait bon nombre de femmes voilées et d’hommes en djellabas. L’État islamique encourage l’indépendance de la région, estimant qu’il sera ensuite plus facile d’en faire un califat islamiste. La reconquête de l’Andalus reste leur horizon géopolitique. En se promenant dans les rues de Barcelone, on voit beaucoup d’enfants asiatiques et maghrébins, moins d’enfants de Catalans. Se focalisant sur l’antique lutte politique contre Madrid, le gouvernement de Barcelone est en train de passer à côté de l’infiltration djihadiste. L’enquête sur les attentats en pâtit. Barcelone est très rétive à ce que la police nationale mène l’enquête dans la région, préférant que ce soit la police locale qui le fasse. Ce conflit de compétence profite aux islamistes.

 

Du refus de l’histoire à l’impasse du présent

 

La Catalogne a une très forte tradition politique de gauche socialiste. Si c’est la dernière région à avoir été obtenue par les franquistes en 1939, c’est aussi celle où les combats ont été les plus violents. Non pas entre républicains et nationalistes, mais entre républicains. La caractéristique de la guerre d’Espagne est d’avoir eu une guerre civile emboîtée dans la guerre civile, qui a vu s’opposer les différents mouvements de gauche communiste. En 1937, de très violents combats ont vu s’affronter les anarchistes et les marxistes dissidents du POUM d’une part et les autorités catalanes staliniennes soutenues par l’URSS. Les seconds ont écrasé les premiers. De violentes purges ont suivi pour éradiquer les anarchistes communistes et assurer la mainmise des communistes fidèles à l’URSS. Cette guerre interne aux communistes a été vécue par Georges Orwell qui l’a décrite dans son livre Hommage à la Catalogne.

Pour une partie de la classe politique catalane, il s’agit de rejouer ce combat et de prendre sa revanche sur l’URSS. C’est notamment le cas de la CUP, qui est bien décidée à éliminer le CDC après s’être débarrassé de Madrid.

 

Quel futur ?

 

Le oui a gagné, mais la participation fut très faible. Comme nous sommes dans une logique d’hubris, où la raison est évacuée, il n’est possible ni de discuter ni de négocier. L’hubris mène à la violence. Il est à craindre que ce nationalisme catalan ne débouche sur des violences armées et des attentats, comme cela fut longtemps le cas au Pays basque. Si tel est le cas, l’indépendance entrera dans une impasse, mais avec une radicalisation d’une frange de la population sans possible retour en arrière.

La gauche extrême est prête à enclencher cette violence.

 

Le terrorisme n’est jamais loin de la criminalité vénale. Si l’on commence à commettre des attentats pour des motifs politiques, on les poursuit pour des motifs financiers, sous couverture politique. Les Farcs contrôlent le trafic de drogue, les mafias albanaises ont fait du Kosovo leur base arrière, les terroristes basques se sont enrichis dans le trafic d’armes. Il en ira de même pour les éventuels terroristes catalans. Une alliance financière avec les islamistes n’est pas à exclure. La Catalogne, via le port de Barcelone, pourrait ainsi devenir une plaque tournante de l’entrée de la drogue en Europe. Les réseaux existent déjà vers le Maroc. Il faudra peu de chose pour les activer et pour relancer la chaine de la violence en Espagne. Ce sujet concerne directement la France. Outre que nous avons une frontière commune, les indépendantistes souhaitent l’indépendance de la Catalogne française. Nos insoumis français ont pris Podemos comme modèle et sont prêts à s’allier avec la CUP. Ce qui se joue en Espagne dépasse donc largement ses frontières.

Auteur: Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé est historien et géopolitologue. Il est professeur d'histoire et d'économie dans un lycée parisien. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Géopolitique du Vatican. La puissance de l'influence (Puf, 2015), Le défi migratoire. L'Europe ébranlée (Bernard Giovanangeli, 2016) et, récemment, un ouvrage consacré à la liberté scolaire : Rebâtir l'école. Plaidoyer pour la liberté scolaire (Bernard Giovanangeli, 2017).

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43 Commentaires

  1. Je découvre cet article par hasard. Je m’intéresse beaucoup à l’Espagne. Merci pour cette chronique.
    @OSIFE : Un peuple dites-vous ? Mais alors que faites-vous des catalans unionistes au moins aussi nombreux que les nationalises ?
    – Pas supérieur le catalan indépendantiste ? Non, juste pas de la même race. Inés Arrimadas García (lider Ciutadans/Ciudadanos, députée au Parlement de Catalogne) l’a bien mis en évidence lors de son intervention au parlement catalan en réponse à la déclaration de Puigdemont (TVE 10/10/2017). Elle a dénoncé le plus abject nationalisme encouragé par le gouvernement catalan en faisant référence à un de leur document/manifeste (si quelqu’un à des infos sur ce document, merci de le faire savoir) où « serait » affirmé la spécificité génétique des catalans. Les nationalistes « affirmeraient » que les catalans auraient très très peu voire pas du tout de proximité génétique avec les espagnols ! On n’est pas loin « de Pure souche » ! On sait où mène le mélange de la haine et de la pureté raciale.
    – Pas méchant le nationaliste catalan ? Non, juste taquin. A cause de son opposition à la politique des nationalistes catalans, Inés Arrimadas García fait régulièrement l’objet de nombreuses manifestations de haine. Début septembre, une catalane lambda (employée de Tinsa) a souhaité que cette élue, qu’elle traite de « salope », se fasse « violer par un groupe » au sortir de chez elle. D’autres lui souhaitent de se faire tuer. Ps: je ne suis ni pro-Cuidadanos ni « catalanophobe ».

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  2. J’ai vécu un truc semblable à vous lors d’un voyage en Belgique. J’étais à Bruges, dans un restaurant. Je m’adresse en français au serveur qui me répond en flamand (je suppose). Je lui répond en anglais … et il me répond en français! Il me dit alors qu’il m’avait pris pour un Belge francophone mais que ceux-ci, selon lui ne s’exprime pas facilement en anglais. Il venait de réaliser que j’étais un francophone d’ailleurs. Quand il a compris que j’étais Canadien il redevint un tout-à-fait sympathique serveur Belge.

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    • Moi je suis français et je ne trouve pas du tout sympathique ce serveur belge, flamand plutôt;
      à votre place je me serai levé et je lui aurait dit un gros mot allemand (« Sche… »); je suis sur qu’il (le serveur belge) aurait très bien compris!

  3. Charbonnier et maître chez soi.

    Ça n’est pas parce que un peuple souhaite l’indépendance qu’il se considère comme supérieur ou qu’il souhaite la fermeture des frontières. Le charbonnier offre le gite et le couvert à son invité mais il est chez lui.
    C’est tous ce que les gens demandent, être chez eux. Si les demandes d’indépendances se multiplient partout c’est parce que les états et l’europe, de plus en plus, pensent et agissent comme si nous leurs appartenions. 50% de ce que nous faisons n’est pas a nous. C’est trop et sa crac.

    L’union européenne vient d’attaquer des états pour les choix fiscaux qu’ils ont faits c’est de la centralisation.
    Macron supprime une taxe locale pour la remplacer par une taxe nationale, c’est de la centralisation.
    Les individus perdent encore plus le contrôle.

    La concurrence est toujours bonne pour le consommateur. Les individus sont des consommateurs d’états. La centralisation du droit sur des distances énormes réduit la concurrence des droits et réduit la possibilité de voter avec ses pieds facilement.

    La seule façons de lutter contre les avancées socialistes c’est par des sécessions. La mise en place de droits locaux qui se font concurrences. D’ailleurs les arguments anti indépendance n’existe pas. Hormis :
    Ils veulent être indépendants parce qu’ils sont méchants, pas gentils, pas généreux, pas partageurs, très orgueilleux, …, et en plus ils vont aider l’état islamique (fallait oser).

    Quand on en est la c’est bien que l’indépendance est souhaitable ne serais ce que pour remettre un peu de doute dans les cerveaux socialistes.

    Et dire qu’ils ne savent pas ce qu’il veulent, qu’ils n’ont rien prévus derrière, c’est comme reprocher à un esclave de ne pas savoir ce qu’il veut faire de sa liberté. C’est comme un banquier qui demande ce qu’on veut faire du cash qu’on retire de sa banque.
    C’est insupportable.

    Je n’avais lu aucun article ici depuis un an, je suis très déçu aujourd’hui d’y trouver ce genre d’article. Si d’autre articles sont dans la même veine il faudra penser à rebaptiser le site.

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    • «Le nationalisme est raciste et réactionnaire»

      Carlos Jiménez Villarejo, ex-membre du parti de gauche Podemos

  4. Eh oui, l’indépendantisme catalan c’est le mélange de la carpe (le CDC de Puigdemont) et du lapin (la CUP qui est à la fois nationaliste et socialiste : que de souvenirs!!).

    Avec 40% des habitants de Catalogne qui ne parlent pas catalan, et la possibilité pour les enseignants de faire leurs cours uniquement en catalan…

    Pas la peine de se voiler la face : les indépendantistes sont des racistes qui ne veulent pas des autres chez eux sous de belles fausses raisons (indépendance, liberté…).

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    • Raciste, le mot est peut-être un peu fort;
      Chauvins, xénophobes et j’en passe, je veux bien!
      le seul argument qui tienne face aux indépendantistes c’est qu’évidemment il y a certainement une forte proportion de gens ne parlant pas catalan en Catalogne; de même qu’il n’y pas beaucoup d’habitants en Alsace qui parlent alsacien et de bretons en Bretagne qui parlent breton;
      cependant, c’était, et je pense aussi que c’est toujours et ce le sera encore pendant quelques temps, un des arguments des Russes pour s’opposer à l’indépendance des républiques baltes où vivent beaucoup de locuteurs (et de descendance) russes;
      bref, la purification linguistique, je ne parle de la simplification de la grammaire ni de l’orthographe, et même la purification ethnique ont encore de beaux jours devant elles!

    • Pour mémoire quand on parlait de l’Espagne on disait les Espagnes.
      Pour mémoire un texte du 12ème siècle en catalan peut être lu aujourd’hui sans difficulté par un catalan.. quelle langue européenne peut en dire autant?
      Le catalan est une langue qui est fixée depuis cette époque. En France nous avions aussi une autre langue fixée à cette époque également l’occitan.. mais une croisade est passée entre temps et les Francs ont envahi le sud.
      D’ailleurs il y a entre le catalan et l’occitan une compréhension croisée…
      L’espagnol n’est pas une langue le castillan oui.. cette confusion fait croire que l’espagnol est la langue de toutes les Espagnes.. ce n’est pas le cas.
      Le castillan est la langue de la Castille.
      Prenez une carte d’Espagne et regardez l’implantation de l’Aragon et de la Castille
      (l’aragonais est encore plus proche de l’occitan) lors de la Reconquista vers le sud l’Aragon abouti à la mer et la Castille à l’Andalousie qui a adopté le Castillan qui lui même est allé jusqu’aux Amériques… Malgré tout cela, la réaction des catalans est vouée à l’échec, aucun pays d’Europe ne laissera faire.. Madrid n’a d’ailleurs jamais accepté l’éclatement de la Yougoslavie…

  5. Excellent comme d’habitude.
    Aucun « risque » de vous voir ou entendre à la télé ou dans les radios, où l’information sur ce sujet (comme pour d’autres d’ailleurs ) se limite surtout à tendre un micro aux plus braillards, le journaliste (?) de radio »envoyé spécial  » se limitant au rôle(?!) de porte-voix passif voire de héraut complaisant pour les indépendantistes . Silence radio pour les opposants (silencieux ou intimidés) à l’indépendance.Aucune analyse de fond (trop fatigant,trop ennuyeux, pas assez de prise rapide avec (la surface)de l’événement .
    Quant aux culs-de -jattes télévisuels qui nous présentent les événements quotidiennement , il est suffisamment dur d’ânonner laborieusement les nouvelles en lisant le prompteur …

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  6. Bravo l’analyse. Le tragique est aussi près que le bord de la falaise. Ainsi ces bonnes pensées de gauche molle et permissive couchent avec la pire intolérance à Barcelone comme à Paris. Comme en 36 dégoulinante d’envies revanchardes, elle espère gagner aujourd’hui contre « les grands de Madrid » là ou contre le CAC40 ici alors que dans leur dos des « amis » étrangers retirent les housses des mitrailleuses. Merci pour cette lourde seconde de vrai.

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    • « No saldrán »

      Ils ne partiront pas !!!

      L’UE comme l’Autriche-Hongrie est une « prison des peuples » et tant mieux ça nous permet de vivre dans un monde « post-guerre » au mépris parfois des identités nationales et régionales.

  7. Soros finance l’indépendance de la Catalogne.

    Le plan de Soros est de détruire les nations et de faire entrer 800000 immigrés musulmans en Catalogne une fois son indépendance acquise.

    C’est d’ailleurs depuis la prise en main de ce mouvement d’indépendance catalan par ces satanistes que le pentacle (fausse étoile) et la pyramide furent symboliquement ajoutés au drapeau catalan..
    Sans que le peuple n’y pipe mot, il a adopté ce nouveau drapeau..

    La dictature militaire pourrait probablement résulter de tout cela, y compris en France à l’aune des évènement de fin d’année ou de 2018..

    Le rêve diabolique des ODS enfin réalisé, mais contrairement à ce qu’ils croient, ils peuvent générer le chaos sur terre, lucifer le porteur de lumière ne les délivrera pas de leurs crimes.

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    • « La dictature militaire pourrait probablement résulter de tout cela »
      je pense que les indépendantistes catalans sont des rigolos (/ aux flamands) qui devraient d’abord demander leur indépendance à la BCE, mais je note que la guerre d’Espagne fut une répétition générale.

      Le processus d’enrichissement culturel est en cours aussi en Italie/Grèce…
      Un ami sicilien m’a dit hier que les résultats à Naples sont époustouflants: en deux ans tout a été transformé en shithole.

    • On ne remerciera JAMAIS assez Sarkozy …

    • « Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu’il est assujetti, tombe soudain dans un si profond oubli de sa liberté qu’il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir : il sert si bien, et si volontiers, qu’on dirait à le voir qu’il n’a pas seulement perdu sa liberté mais gagné sa servitude… »

      La Boérie, Discours de la servitude volontaire, 1576

    • En quoi les « peuples » sont « enchaînés » ?

      Ils peuvent voyager de Barcelone à Amsterdam, Stockholm, Rome ou Berlin.
      Ils peuvent aussi y travailler, vivre …

      Avant, pour aller en Espagne, c’était la galère, les Espagnols fuyaient leur pays …

      Avant pour acheter des actions allemandes ou américaines, ce n’était pas très facile …

      Avant on devait se farcir France Telecom en opérateur monopolistique …

      Concernant les lois européennes, elles sont faites par des technocrates de TOUS les pays et généralement c’est fait avec consensus.

      La légende comme quoi une oligarchie a asservi les peuples, désolé mais non !

  8. Brillant mais vous avez oublié un détail mais qui a son importance. Les deux grands partis nationaux PP sous Aznar et PSOE sous Gonzalez et Zapatero ont pactisé avec le CDC de Pujol et Mas pour gagner les elections générales……En contre partie le pouvoir central a laissé des compétences à la Catalogne comme l’ éducation et la police. Aujourd’ hui l’école qui est controllée par l’ extrême gauche est devenu le moteur de la propagande anti espagnole, pas étonnant de voir tous ces jeunes, lobotomisés et fanatisés.

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  9. Bonsoir M. Noé

    Votre anecdote du professeur refusant de parler l’Espagnol me remémore celle d’un de mes condisciples à l’école, en Angleterre, en 1975. Il était Belge Flamand et refusait de parler le français qu’il connaissait bien pourtant, nous correspondions donc en anglais.
    C’est un vieux dicton tourangeau, cité par Jacques Perret, qui décrit bien la situation:
    « Pour sur, nous f’rons hjamais tant rire qu’y nous font hchier! »
    J’aurais pourtant quelque raison d’être sensible aux divers nationalismes régionaux, ayant des ancêtres corses et gallois – d’ailleurs en saxon, welsh signifie étranger, les gallois entre eux se réfèrent à la cymru, qui signifie communauté; un gallois c’est un cymric pas un welsh; être qualifié d’étranger sur la terre de ses pères peut légitimement provoquer un certain agacement, mais de là à refaire l’histoire à coups de fusil et de bombes….. Non
    Tous ces mouvements font le jeu des mafias et des ennemis de l’europe. Encore que « Bruxelles » pourrait profiter d’un affaiblissement des vieux états en les remplaçants par des nouveaux peu expérimentés qui seraient bien plus dépendants.
    merci pour cet éclairage pertinent.
    Cordialement

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  10. Qui sème le vent récolte la tempête…

    L’idéologie européiste prône la fin des frontières et des nations, alors apparaissent de nouvelles frontières et de nouvelles nations.

    La Commission Européenne commence à comprendre, mais un peu tard, qu’elle a ouvert la boîte de Pandore.

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  11. Comment le « gouvernement » de Barcelone a-t-il pu ouvrir les vannes de l’immigration maghrébine sans la complicité ou la passivité bien européenne du gouvernement espagnol qui, jusqu’à nouvel ordre, a le contrôle des frontières?

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    • Pourquoi et comment se fait-il que des zones soient plus peuplés d’allogènes, ici des Arabes, que d’autres (ex. la Seine-St Denis versus la Corrèze)?
      Il suffit qu’ils soient mieux accueillis par des politiques locales comme le RSA ou le logement
      largement gérés par les départements dans notre pays mais peut-être les régions en Espagne ou tout simplement parce qu’ils veulent aller s’établir ici plutôt que là-bas.

  12. Une des meilleures synthèses sur la question que j’ai pu lire jusqu’à présent. Bravo à l’auteur.

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  13. Dans le film de Klapish, il y avait déjà une scène ou Cécile de France(qui comme son nom l’indique est Belge) se levait dans l’amphi pour demander que le prof d’économie fasse les cours en Espagnol (et non pas en Catalan). Ce qu’il avait évidemment refusé. :-))

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  14. Inventaire plus complet que le journalisme ambiant des dimensions de l’affaire.

    Plus complet que la pseudo-excellence du Monde, que l’aspirant-juge-universel français coince ostensiblement sous le bras comme d’autres la légion agricole sur la poitrine, sans en lire la plupart du temps les condamnations verbeuses interminables.

    Il révèle des paradoxes, voire des tendances inconciliables, soit dans la situation, soit dans l’article :
    . si le cosmopolitisme est en déclin en conséquence du nationalisme, est-ce un déclin regrettable ? Est-ce au passif ou à l’actif de ce nationalisme ?
    . si la « catalanisation » est consubstantielle à l’arabisation, c’est une avancée du cosmopolitisme, pas un déclin.

    Cosmopolitisme est désormais le terme le plus différencié, ce qu’il n’était pas il y a encore dix ans, pour appréhender ce qu’appréhende par exemple l’anglais Open-Society de la doctrine Soros, soutenant les mouvements violents No Border ; l’emploi littéraire, non-partisan du terme est donc une source d’ambiguïté, sinon chez l’auteur, du moins pour le lecteur.

    Indépendamment, l’argument martelé des indépendantistes est  » … assez payé pour le reste de l’ESPAGNE  » . Ce qui n’est pas du tout de gauche, puisque c’est opposer aux solidarités et autre redistribution sans fond de gauche la responsabilisation des Espagnols face à leur stagnation multiséculaire. Si, sur cet argument central de droite, les indépendantistes sont tendanciellement de gauche, l’aventure finira mal avec ou sans cosmopolitisme.

    Si l’ALLEMAGNE finit par désirer l’indépendance face à L’U.E. pour se débarrasser de l’incurie française, qui souhaite être  » conduite par des rêves  » (F.R.Châteaubriand) , est-ce qu’elle aura ainsi plus, ou moins de chances de prospérer ?

    Impossible de finir sans noter le courage d’avoir rappelé ce qu’est en substance  » le catalan  » , la fameuse langue.
    Ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau au  » corse  » , qui lui n’est parfois pas le même d’un côté de la rue à l’autre.

    Et quant à la minorité agissante, c’est encore une occasion de comprendre que la démocratie est le gouvernement de la majorité, mais que ce ne sont pas les votes qui font l’histoire ; les indépendantistes n’ont peut-être pas la majorité chez les Catalans, mais nous ne le saurons jamais, car après leur réussite plausible, la majorité des Catalans se déclarera indépendantiste.

    Répondre
    • Je ne crois pas à la réussite du projet indépendantiste.
      L’Espagne s’est certes montrée brutale, mais a agi dans le respect de ses lois, de la justice et de sa constitution.
      Suite au discours du Roi, il est probable que la séquence s’achève par la prise de contrôle de la Catalogne par le gouvernement central, ainsi que le prévoit la constitution (Art. 155).

      Dans ces conditions, je vois mal l’Europe ou quelque nation européenne reconnaître un État indépendant car cela reviendrait à jeter leur propre constitution aux orties et à paver la voie à leurs propres indépendantistes.

      Quant à l’hypothèse de rejouer 1936, je rappellerai simplement que ça requiert des armes et que ces armes sont aux mains de la police, de l’armée régulière et, dans une certaine mesure, des salafistes.
      Je ne pense pas que les catalanistes aient les moyens de leurs ambitions.
      A moins que…
      https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/video-10-000-armes-de-guerre-saisies-dans-le-nord-de-l-espagne-1489513117

    • Kris

      Il y a des chances que le ROYAUME UNI joue une indépendance catalane au berceau contre l’U.E. , pour cause de brexit douloureux.
      Auquel cas les chances d’une CATALOGNE progresssivement officielle sont considérables.

      Roland Paingaud

  15. Enfin une analyse sine et complété sur le catalanisme et ses dérives mortifères. Un gavatch.

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  16. « L’État islamique encourage l’indépendance de la région, estimant qu’il sera ensuite plus facile d’en faire un califat islamiste. »

    Daesh va aussi revendiquer les blessés du référendum ?

    Au passage, on dit « Generalidad » pas « Generalitat ».

    « Quand on leur demande qu’elle constitution ils prévoient en cas d’indépendance, comment ils feront pour assurer les services régaliens d’un État (diplomatie, armée, police, douane), ce qu’ils feront aussi lorsqu’ils auront quitté l’Union européenne, qu’elle monnaie ils prendront en place de l’euro, il n’y a aucune réponse. Les indépendantistes ne parlent que de passions, de luttes, d’oppression, mais ils n’ont aucun sens des réalités concrètes d’une indépendance ni des obligations dévolues aux États. »

    On dit « quelle » constitution/monnaie pas « qu’elle ».

    Au passage, cet aventurisme indépendantiste n’est pas sans rappeler un certain « Brexit » pourtant sur ce site, on se pâme quand ça concerne des Anglo-Saxons et on cloue au pilori les « Continentaux ».

    La Catalogne ne prendra évidemment pas son indépendance pour la simple raison que les Catalans se lasseraient très vite de « Classicos » chaque semaine entre Espayol Barcelone (renommé en Catalunia Barcelone ?) et FC Barcelone.

    Cette « crise » comme bien des crises se soldera sans doute par une péréquation revue et corrigée comme ce sera sans doute le cas en Flandre ou en Lombardie, ce qui ne sera pas plus mal cela forcera les Sud à se réformer.

    Le danger de l’Espagne est sa faible natalité et rien d’autre.

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    • Entièrement d’accord avec Bismarck : la Catalogne est pure, blanche, immaculée, n’a rien à se reprocher. Elle est d’une démocratie parfaite que le monde entier lui envie.
      Elle pourrait donner des leçons à la terre entière mais, étant parfaite, elle est bien trop humble pour cela. Elle se contentera de rappeler le Sud à ses défauts – elle qui n’en a aucun ! Elle n’a nul besoin de changer ni de se réformer étant donné que tout y fonctionne de manière excellente (sauf que les méchants de Madrid l’embête, mais ils sont jaloux de sa beauté éternelle, c’est tout) et que tout y est sublime.
      Le monde entier devrait admirer et vénérer l’incroyable et exceptionnelle Catalogne, remercier Carles Puigdemont car c’est tout de même le plus parfait des dirigeants qui ait jamais existé.

      D’ailleurs, Bismarck a raison sur un autre point : ne souillez pas la langue catalane, expression même du divin, avec un mot d’horrible espagnol !…

      Bref, certains feraient bien de sortir de leur délire méprisant.

    • Non, c’est l’inverse.

      Bismark veut souiller avec un mot espagnol là ou le catalan est utilisé.

    • Laissez Bismarck à son bac à sable.

      Il vient déverser sa frustration sous différents pseudos alors qu’il boit vos paroles et lit tous vos articles.
      Mais il veut exister ! Et pour cela, il n’a trouvé que le mépris et la contradiction. Ses analyses ne valent pas un clou, il ne fait qu’une mauvaise synthèse de ce qu’il a glané ici et là.

      L’ingratitude de ce jeune homme ne mérite qu’une indifférence totale.
      Quand on est con, on est con.

    • @idlibertes

      Comme on peut parler aussi de « Corsica » plutôt que « Corse », étant Monarchiste, jacobin …. le patois, c’est dans le village, au bistrot et basta, mais à la limite je veux bien vous l’accorder « Generalitat ».

      @Ah

      Sans compter que l’indépendance catalane ou basque pourrait faire tâche d’huile de l’autre côté des Pyrénées.

      Par exemple, la France doit payer une armée pour faire le gendarme en Afrique et en Europe + Liban + surface maritime étendue, une « région » par exemple a des frais fixes bien plus faibles et donc pourrait jouer une baisse fiscale comme l’Irlande.

      En laissant les petites régions faibles éclater les Etats-Nations, on affaiblirait structurellement l’Europe la mettant encore plus sous le parapluie américain.

      « L’Europe des Régions, ça a existé, cela s’appelait le Moyen-Âge »

      Pompidou

      Epoque où l’Europe subissait une influence de l’Empire Byzantin et des Califats.

      C’est la formation d’Etats-Nations Français puis Britanniques qui ont pu faire balancer le centre de gravité vers l’Occident.

      Au passage comme pour le Brexit, certaines banques commencent à délocaliser :

      http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/la-deuxieme-banque-catalane-demenage-son-siege-social-1271456.html

      @ L.I.F.E

      Oui … sauf que personne n’a jamais été capable de réfuter un seul de mes arguments et le temps, seul juge de paix, m’a donné raison …

      Je prends les paris, la Catalogne ne prendra pas son indépendance mais renégociera sa péréquation avec un brin d’autonomie ne plus, pareil pour les Italiens du Nord …

    • La bonté de monsieur perdra monsieur.

    • Gemalto cloture ce soir a 36.175 … J’espere que Nolife n’est pas entre a 53 lorsqu’il posait la question. C’est un metier 😉

    • /-))))

    • Il n’y a aucun aventurisme dans le Brexit, le Royaume-Uni même au sein de l’UE a toujours été un état souverain doté d’une « constitution », assurant lui même ses fonctions régaliennes et jouissant de sa propre monnaie.

      L’aventurisme il est du côté de l’UE qui fait passer des traités par la fenêtre quand ils ne peuvent passer par la porte, pour les violer juste après en permettant à la BCE de faire des QE.

    • ????

    • Après recherche : article de JJ Netter du 29/03/2017, commenté le 31/03
      Funes el memorioso !

  17. Merci pour cet éclairage, qui nous change des analyses simplistes de la plupart des journaux.
    Journaux qui pour la plupart évacuent la thématique gauchiste.

    Une question : vous évoquez les pressions subies par les Catalans non-indépendantistes. A-t-on une idée à peu près précise de la proportion indépendantiste / non indépendantistes ? Si oui, y a-t-il des différences selon les régions (villes et campagne par exemple) ?

    D’avance merci

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    • Je suis Franco-Espagnol, vivant actuellement en Espagne a Majorque, avec une sœur a Barcelone. Votre article est d’une synthèse des plus juste sur la situation actuelle, je n’aurais rien a redire. C’est exactement ce que nous vivons depuis des années déjà.
      Le nationalisme déborde en Espagne et des phénomènes se rencontre ailleurs, a Majorque, le phénomène est le même, mais plus nuancer. Il y a un non-dit permanent, un protectionnisme absurde, dans une île ou deux mondes se côtoient. D’un cote les Majorquins enfermes dans leur petits village, et de l’autre les « Forasters » (mot majorquin pour définir ceux qui viennent de l’étranger), désignant les ex-patries, mais aussi les espagnoles. Mais il en reste le même comportement d’adolescent provocateur, a l’école, au travaille, etc. Les Majorquins ont vendu leur ile au étrangers, mais les ignorent complètement, il n’en reste qu’un intérêt économique. C’est incohérent et n’a aucune viabilité a long terme.

    • Il est difficile d’avoir une répartition démographique de la population. On peut-être en faveur d’une autonomie et de la défense de la culture catalane, sans être pour autant favorable à l’indépendance. Ce qui est le cas de beaucoup.

      Le mouvement indépendantiste transcende les espaces. Il est toutefois très marqué dans le nord, notamment à Vic, capitale historique de la Catalogne. Le maire de la commune a refusé de mettre le drapeau espagnol sur la mairie et les immeubles sont presque tous pavoisés aux couleurs catalanes.

      Mais là aussi, difficile de distinguer l’adhésion du suivisme. Malheur à ceux qui ne mettraient pas le drapeau catalan à leur fenêtre.

      D’autres enfin sont en faveur de l’indépendance, mais pas avec les méthodes de Carles Puigdemont. Ils veulent respecter la loi catalane et espagnole.

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