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Charles Gave

Rêvons un peu ou la parabole de Valls et le furet

« Quand il existe une volonté, il existe un chemin »

 Waldo Emerson

Quand j’étais jeune, il y a bien longtemps dans le Gers, j’avais un ami paysan qui avait un furet domestique.Le grand jeu consistait à mettre le furet dans un terrier de lapins et au bout de 2 secondes, on entendait un bruit de galopades, tous les lapins sortant en courant.

Monsieur Hollande et monsieur Valls viennent de mettre un furet dans le terrier de l’extrême gauche du parti socialiste avec Emmanuel Macron et je dois dire que voir la galopade qui s’ensuit me réjouit au moins autant que dans mon enfance. Le pauvre monsieur Valls se fait traiter de « fasciste « et de « social traître » par des gens qui ont toujours soutenu les pires dictatures, à condition bien sur qu’elles se disent de gauche.  Qu’il se rassure ; comme le disait Sacha Guitry, « il n’y pas de plaisir plus subtil que de se faire traiter d’idiot par un imbécile »

Car quelle est la légitimité électorale de cette extrême gauche qui nous donne des leçons de morale depuis toujours?

L’extrême gauche représente en France à peine 5 % des électeurs quand elle se présente sous ses couleurs.La réalité cependant est que son VRAI poids politique est très supérieur à ce maigre chiffre en raison de l’entrisme pratiquée par d’anciens Trotskistes ou d’anciens Communistes à l’intérieur du parti socialiste.Cela ne fait pas plus d’électeurs d’extrême gauche, mais beaucoup plus d’élus, ce qui n’est pas la même chose.Du coup, environ un tiers des députés socialistes peuvent être catégorisés comme étant d’extrême gauche.

L’extrême gauche a donc un poids tout a fait anormal dans le système politique Français tout simplement parce que le parti socialiste est toujours dominé par ses phantasmes d’Union de la Gauche datant des années Mitterrand.Philosophiquement, il n’y a rien de commun entre un bon social démocrate et un Marxiste.

Les Marxistes détestent les entreprises, détestent la liberté individuelle, et pour eux une politique de gauche se définit toujours comme un accroissement du poids de l’Etat dans l’économie, par l’embauche de fonctionnaires toujours plus nombreux et par des impôts toujours plus élevés sur les « riches ».Concrètement, cette extrême gauche Française est constituée par des Marxistes purs et durs,   à qui la chute de l’Union Soviétique n’a rien appris (du reste, sont-ils même au courant ?).Pour eux la lutte des classes reste l’alpha et l’oméga de toute analyse politique.Ils vont donc s’acharner à bloquer toute réforme de l’Etat, des systèmes sociaux, de l’économie tant ils sont persuadés qu’elles ne seront faites qu’au profit de leurs « ennemis de classe », les « patrons ».Comme le disait Marat : « périsse le Peuple plutôt que mes idées ».

Un social démocrate en revanche aime bien les chefs d’entreprise qui créent des emplois dans sa circonscription et est toujours à la recherche de compromis qui permettront de préserver des intérêts particuliers qui peuvent être légitimes tout en essayant de défendre l’intérêt général, ce qui n’a rien de honteux et représente en fait l’essentiel de la fonction politique dans une Démocratie.Monsieur Valls, en bon social démocrate, se rend bien compte que si des réformes profondes n’ont pas lieu, notre pays va tout droit à la faillite et cette conviction est sans doute partagée par environ les deux tiers des députés socialistes, ce qui cependant n’est pas suffisant pour avoir une majorité à  l’Assemblée.

L’arbre de décision que monsieur Valls a devant lui est donc assez clair

  1. Je dois absolument réformer l’Etat et la Société Française
  2. Je n’ai pas la majorité pour le faire
  3. A l’évidence une majorité existe dans le pays qui comprend fort bien que cela devient urgent.

La solution est toute simple: il faut trancher le nœud Gordien.

La réalité de fait est qu’il y a deux partis à l’intérieur du parti socialiste.

  • Un parti d’anciens trotskistes ou Staliniens qui contrôlent le tiers des votes à l’assemblée alors qu’ils ne représentent rien dans le pays. De fait, l’extrême gauche contrôle donc le parti socialiste depuis 1978. Voila le blocage.
  • Un autre parti, constitué d’élus locaux plutôt sympathiques et dont l’enracinement correspond un peu à celui du parti Radical d’autrefois.

 

Conclusion inévitable:

Pour que la France puisse se réformer, il faut virer les Staliniens / Trotskistes du parti socialiste.Personne jusqu’ici n’y est arrivé et surtout pas Michel Rocard  qui avait fait cette analyse bien avant moi (voir « Français si vous saviez »).Et pourtant une solution est en vue qui devrait permettre de défaire ce mariage de la carpe et du lapin qui fut le grand, et j’ai envie de dire le seul, succès de monsieur Mitterrand, lui qui avait organisé la prise de contrôle du parti socialiste par ces forces Marxistes.

Il suffit à monsieur Valls de présenter des projets de plus en plus audacieux à l’assemblée et de faire voter à chaque fois, forçant l’extrême gauche à bouffer son chapeau semaine après semaine, appliquant la vieille formule Républicaine imposée à McMahon  par Gambetta:«  Il faut se soumettre ou se démettre ».

A un moment ou à un autre, la gauche de la gauche va se révolter et refuser de voter.A ce moment là, il faudra dissoudre et présenter un candidat socialiste CONTRE tous les rebelles, partout.

Tous ceux qui auront voté contre monsieur Valls à l’assemblée devront être exclus du parti  et devront se présenter sous leurs vraies couleurs, avec messieurs Mélenchon, Laurent ou Besancenot.

Les Français alors décideront en connaissance de cause.

Le pays aura le choix de ramener au pouvoir des socialistes de gouvernement, mené par un homme qui aura pris ses responsabilités et qui présentera des candidats prêts à le soutenir.

Je n’ai pas le moindre doute sur le choix des Français.

Le pays pourra enfin se débarrasser de toute cette engeance nuisible qui ne vit que de haine et de jalousie depuis toujours et les média pourront mesurer le poids réel de ces gens dans l’opinion. Compte tenu que le courage n’est pas la caractéristique essentiel des journalistes, on peut espérer qu’ils cesseront de promouvoir comme ils le font depuis toujours ces grands nuisibles.

Les syndicats, qui en France ne représentent plus rien, sentiront le vent du boulet et de crainte de voir leurs subsides coupés ne manqueront pas de se soumettre.L’opposition, dans ce schéma sera représentée par deux forces au moment de cette élection.

 

L’UMP, c’est à dire le parti Bonapartiste qui doit son existence au lien occulte qui l’unit au parti communiste depuis 1945,  sera mené par de puissants génies comme Juppé, Fillon, Copé, Raffarin voir Sarkozy. (Las).Ce parti mènera la bataille sans idées (rien de bien nouveau ici), sans programme, sans chef et donc se ramassera la gamelle du siècle.Dans ce scénario, l’UMP sera balayée comme rarement un parti l’aura été dans l’Histoire.

Nous trouverons  ensuite le FN qui émergera comme le grand parti de droite, et je n’ai pas le moindre doute que ce qui survivra de l’UMP ira s’agréger à ce parti qui du coup changera probablement de nom.

Bref, et contrairement à ce qu’écrivent la plupart des commentateurs, il me semble que messieurs Hollande et Valls ont toutes les cartes en main pour débarrasser la France des deux cancers qui la ronge, l’extrême gauche Marxiste et le parti Bonapartiste.

Il s’agit la d’une chance historique.

Je ne sais pas si monsieur Hollande saura la saisir et je ne peux m’empêcher de penser à de Gaulle qui dans ses mémoires raconte son entrevue avec Monsieur Herriot Président du Parti Radical en 1945 :

« Je parlais à Monsieur Herriot de la France.Il me parla du Parti Radical »

Souhaitons que Monsieur Valls et Monsieur Hollande pensent à la France plutôt qu’au parti socialiste.

On peut rêver.

Il n’en reste pas moins que pour la première fois depuis des années, je commence  à entrevoir une solution au blocage politique Français et cela me remplit d’aise.

 

Charles Gave