17 janvier, 2022

Quelques remarques sur l’inflation.


Il y a bien des années, en septembre-octobre 1987, nous avons eu un krach mondial sur les marchés des actions. En une journée, l’indice S&P 500 perd 27 %. Et du coup, tous les oiseaux de mauvais augure se répandent dans la presse pour nous expliquer que la crise finale du capitalisme venait de commencer et que l’on n’avait encore rien vu.

 

A la fin du mois d’octobre 1987, si mes souvenirs sont exacts, Milton Friedman publia un article à mourir de rire dans le Wall-Street Journal dont le thème était le suivant : Dans sa longue carrière, jusqu’ à septembre 1987, il avait entendu, ou lu, un nombre considérables d’imbécillités quand les journaux ou les media parlaient d’économie mais que ce n’était rien en comparaison de qu’il venait de lire ou d’entendre depuis le krach, qui n’allait avoir aucun impact économique ou financier à long-terme, ce que le futur confirma, bien entendu.

 

Pourquoi je raconte cette anecdote ? Tout simplement parce que, lorsqu’un nouvel évènement important de nature économique se produit, la qualité des commentaires qui suivent est en général très faible et en relation inverse de la quantité de commentaires publiés. Comme je le dis toujours à mes lecteurs, lire les commentaires économiques ou financiers dans la grande presse est extrêmement dangereux pour l’évolution à venir de votre épargne. Si le journaliste ou l’économiste était compètent, il travaillerait dans les marchés financiers en étant payé un maximum et ne serait plus depuis longtemps dans sa banque ou dans son journal…

Or, il est en train de se produire l’un de ces évènements importants : l’inflation est de retour et bien entendu des commentaires plus oiseux les uns que les autres sont en train de sortir partout. Et donc, dans ce papier, je vais vous expliquer d’abord ce que n’est pas l’inflation, puis nous passerons à ce qu’elle est vraiment et enfin, j’en préciserai les conséquences économiques et financières.

 

Commençons par ce que l’inflation n’est pas.  

 

Premier postulat : L’inflation n’a rien à voir avec la hausse des prix. Imaginons que les prix de la nourriture explosent à la hausse parce que nous avons eu des récoltes abominables aux USA, en Russie et en France. Imaginons en plus que le détroit d’Ormuz soit miné et fermé par les Iraniens et que le prix du pétrole double tandis que les exportations Chinoises s’arrêtent net à cause d’une épidémie, les ports étant fermés . Je peux garantir au lecteur que les prix un peu partout dans le monde monteraient très fortement. Il y aurait une baisse temporaire du niveau de vie puisque le revenu réel du citoyen de base baisserait, mais ce ne serait pas de l’inflation, puisque l’année suivante, les récoltes redeviendraient normales, le détroit d’Ormuz serait réouvert par les marines américaines ou belges (c’est une blague) tandis que les exportations chinoises auraient reprises.

Et donc, nous aurions une hausse temporaire des prix qui quelque temps après se normaliserait. C’est ce que nous avons connu à la fin des années 40 et au début des années 50 quand le monde « libre » se réarma après le coup de Prague et la guerre de Corée.  Pendant un moment, qui peut durer plusieurs trimestres, nous avons des changements gigantesques de prix relatifs, mais dès que la production reprend, tout rentre dans l’ordre et les prix se normalisent.  D’une certaine façon, nous avons subi depuis le début du Covid de telles hausses et l’on peut espérer que les prix qui sont beaucoup montés pour certaines denrées (comme le bois ou les semiconducteurs par exemple) vont revenir à la normale d’ici peu.  Appelons ce phénomène des hausses de prix « temporaires ».

Continuons par ce qu’est l’inflationEt revenons à ce que disait Milton Friedman : « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » qui est une phrase beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Ce que dit Milton c’est que dans ce cas, les prix montent, et montent tous ensemble parce que quelque chose arrive à la monnaie. 

 

Et quelque chose arrive à la monnaie parce que l’Etat qui émet cette monnaie, pour une raison ou pour une autre, ne peut plus servir ou rembourser la dette qu’il a émise par le passé Et donc, cet Etat, ou sa banque centrale, ce qui revient au même, va décider que sa monnaie ne sera plus une réserve de valeur (l’une des trois fonctions essentielles de toute monnaie, après étalon de valeur et moyen d’échange). Et la meilleure façon d’arriver à ce résultat c’est bien entendu de rembourser la dette étatique en monnaie de singe et de cesser de rémunérer les épargnants en maintenant des taux réels négatifs sur les emprunts d’état. 

Vérifions:

 

Les périodes hachurées vertes correspondent aux moments où la Fed a comme but de spolier les épargnants et donc suit une politique monétaire inflationniste.

Depuis quatre-vingts ans, c’est le troisième épisode de politique monétaire inflationniste de la part de la Fed

  • De 1941 à 1955, guerre mondiale, début de la guerre froide, le rentier perd 52 % de la valeur de son capital en pouvoir d’achat. Autant de moins à rembourser pour l’Etat.
  • De 1966 à 1980, guerre du Vietnam, « Great society » de Johnson, arrivée des baby-boomers dans le marché du travail : le rentier voit son niveau de vie baisser de 20 % sur la période.
  • Depuis 2003, le rentier a vu son niveau de vie baisser de 20 % également mais c’est loin d’être fini.

Revenons au graphique : A chaque fois que les taux réels sont négatifs, nous avons donc environ deux après les débuts de la politique inflationniste une accélération générale des hausses de prix d’abord sur la hausse des prix à 12 mois, puis sur celle des hausses de prix sur quatre ans. Tous les prix se mettent à monter en même temps.

Et contrairement à ce que disent beaucoup de gens, l’expérience des dernières années est tout à fait similaire aux périodes précédentes : Depuis 2003 des hausses inflationnistes structurelles sont interrompues par des baisses cycliques dues à des recessions comme en 2009, 2012 (en Europe) ou en 2020. (Voir le deuxième graphique)

Mais cette accélération générale des prix est plus intense pour les secteurs qui sont les plus importants pour les ménages à faibles revenus.  Quand j’étais étudiant aux USA il y a bien longtemps, je consacrais 1/3 de mon revenu à la nourriture, 1/3 au loyer et 1/3 aux dépenses d’énergie.  Ce qui semble être la norme pour les ménages les plus modestes, que j’appelle les gilets jaunes. Or, pour des raisons compréhensibles, les secteurs de l’alimentation, de l’immobilier (loyers) et de l’énergie sont les plus sensibles à l’inflation et montent le plus dans chacune des périodes inflationnistes.

Ce qui veut dire que les ménages les plus modestes voient leurs niveaux de vie baisser le plus lors des poussées inflationnistes et donc que suivre une politique inflationniste, c’est attaquer directement les plus pauvres dans la société, ce que je trouve personnellement tout à fait inacceptable.  Comme le disait John Rawls, le philosophe américain mort il y a quelques années, un système est juste s’il permet à ceux qui sont tout en bas et qui y restent de voir leur niveau de vie monter en termes absolus au travers du temps. Une société où le niveau de vie des plus démunis baisse durablement est une société qui se prépare des lendemains douloureux. C’est cependant là où nous en sommes aux USA et en France.

 

 

 

La hausse des prix pour les gilets jaunes americains atteint quasiment 13 % sur les 12 derniers, ce qui est considérable.

Ce qui m’amène à mon dernier point : le caractère toujours désastreux d’une politique inflationniste.

Une politique inflationniste est en effet toujours désastreuse, à l’arrivée. Et la question se pose immédiatement des raisons qui peuvent pousser une banque centrale à y avoir recours alors que tout le monde sait que la fin d’une période inflationniste est toujours extraordinairement difficile.

Pourquoi donc suivre une politique condamnée à l’échec ? Les raisons sont nombreuses et non mutuellement exclusives.

Les voici.

  1. L’incompétence. Acceptable pour le Zimbabwe, mais pas pour les USA ou la France, quoique, dans le cas de madame Hidalgo ou de monsieur Mélenchon, le débat soit ouvert.
  2. L’idéologie. Beaucoup d’hommes politiques de gauche ont un projet millénariste d’extinction du .capitalisme. L’inflation est la façon la plus sure de transférer les ressources productives du secteur privé vers l’Etat. Un vrai socialiste aura donc automatiquement comme but de foutre la monnaie en l’air, façon la plus rapide et la plus sûre de tuer le secteur privé.
  3. La lâcheté. La monnaie est l’égout collecteur des droits non gagnés, disait Rueff. La seule façon de continuer à distribuer des droits non gagnés est bien entendu de ne pas rembourser ceux qui ont prêté de l’argent dans le passé C’est la méthode dite de Ponzi ou de Madoff. Je songe ici aux assurances vie françaises.
  4. La corruption. Ceux qui contrôlent la banque centrale émettent de l’argent dont ils savent qu’il ne vaudra rien bientôt pour s’emparer de biens réels qui vaudront toujours quelque chose. Méthode employée par Henri VIII en Grande Bretagne et par la Révolution en France (assignats) pour s’emparer des biens de l’Eglise, par les socialistes français en 1981 et par les grandes banques d’affaires américaines depuis 2003.
  5. Le désir de maintenir en vie une institution qui devrait crever. Ici, je songe à l’Euro que l’on maintient en vie alors même qu’il aurait dû disparaître en 2012, en pratiquant depuis des taux nominaux négatifs, ce qui est sans exemple dans l’histoire.

Et en France, comme nous avons une fonction publique que le monde entier nous envie et que cette fonction publique est au pouvoir, nous pratiquons les cinq façons de nous ruiner, depuis 1981 au moins, sans en laisser une seule inexplorée. Et nous allons donc au désastre. Car, comme des taux négatifs sont un impôt sur l’épargne, imposer la création d’épargne revient à en diminuer le montant. Il y a donc moins de capital à investir à l’arrivée (épargne=investissement) ce qui fait que l’investissement s’effondre. Et comme l’investissement s’effondre, la productivité suit avec le niveau de vie de tout un chacun dans le pays, mais aussi la capacite à rembourser la dette passée disparaît.

Et c’est comme ça que l’Argentine est passée du deuxième niveau de vie au monde en 1946 à l’un des plus bas aujourd’hui.

Et c’est comme ça que la France, en Europe, est passée du deuxième niveau de vie en 1973 au onzième en 2020.

La route de la servitude est largement dégagée. En avant toute !  Tous les clignotants sont au vert.

 

 

 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

41 Commentaires

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  • Frank Deljeune

    19 février 2022

    Chute de la bourse en ocobre 87. La presse britannique avait écrit : « two storms hit Britain. Tu t’en souviens ? Le 11 novembre (marchés fermes en France) nous sommes allés à Paris, à la charge H. Les écrans redevenaient verts. H. nous a dit : heureusement que j’avais dans mon équipe des anciens remisiers qui avaient fait le krach du sucre ». Ils ont su denouer les positions sans trop de casse. Mais par contre les français (pas les autres) ont joué la hausse des taux, ce qui a provoqué le krach du matif en janvier.
    Je pense effectivement qu’il y a excès de liquidités à l’échelle mondiale. Ce qui provoque une accentuation de la courbe de Gini. De fait une baisse du revenu réel pour les plus bas rrevenus, en particulier, dans les pays riches. Alors que messureee globalement, il est possible qu’il n’y ait guère d’inflation, hors valeurs mobilières et immobilières.

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  • Frank Deljeune

    19 février 2022

    Milton Friedman se trompe quand même : l’inflation n’est pas un phénomène purement monetaire (cas particulier d’une invariance de la vitesse de circulation de la monnaie, elle même reflet de la propension à consommer).

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  • Djamel

    28 janvier 2022

    Et encore, les effets de l’inflation du 21e siècle sont masqués par le bidouillage des chiffres.
    Nous ne calculons plus la hausse des prix au 21e s. comme nous le faisions dans les années 80. Pour le plus grand bonheur des banquiers centraux.

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  • Franck

    23 janvier 2022

    Publication impossible après plusieurs essais !!!
    Pas grave mais j’aimerais comprendre pourquoi.

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    • Franck

      23 janvier 2022

      Ça yé ça marche. C’est formidable 👍😉
      Je disais en gros qu’il est difficile de contester la véracité des propos tenus par Charles.
      Cependant quand on parle de grande presse, j’excluerais les échos, d’abord parce que je lis ce journal, n’en déplaise lol, mais surtout parce qu’il est neutre à part 1 ou 2 pages consacré aux opinions des journalistes qui parfois sont intéressants à lire

  • Franck

    23 janvier 2022

    Difficile de contester avec Charles Gave lol.
    Cependant, quand vous critiquez la grande presse, de quelle presse vous parlez ?
    Personnellement ça fait 15ans que je lis les échos ou encore le journal investir, vous avez 1ou pages d’opinions où il est vrai parfois il faut savoir lire entre les lignes.
    Pour tout le reste notamment les pages finance et patrimoine ces journaux fournissent une tonne d’information neutre et détaillé que l’on ne trouvera jamais sur aucun site ou think thank dans le monde.
    Quand je lis des articles sur internet, je lis souvent des résumés grossiers, des raccourcis grossiers qui empêchent également les lecteurs de se forger leur propre opinion.
    C’est la raison pour laquelle je me méfie toujours des gens qui sont bourrés de préjugés

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  • Moustafa

    23 janvier 2022

    L’inflation par les coûts sur l’énergie et la hausse de la masse monétaire avec le maintien des taux d’intérêt réels négatifs sont utilisés pour financer la transition énergétique. De plus cela permet de maintenir en vie l’Euro. Après tout, puisque les taux ne doivent pas augmenter, autant en profiter pour emprunter pour financer des projets NON RENTABLE À COURT ET MOYEN TERME.
    Pour limiter l’inflation, il faut contrôler la hausse des salaires, c’est pour cette raison que le pacte de Marrakech a été signé par la plupart des états membres de la zone euro. Cette mobilité de la main d’oeuvre intra et extra-europenne été cette accélération vers plus de fédéralisme (union budgétaire, fiscale si possible) attendus par l’UE et le forum économique mondial est la seule porte de sortie pour les commissaires européens été le camp démocrate US pour sauver l’Euro.
    À mon avis, la priorité pour les USA a toujours été d’affaiblir les nations européennes avec l’Euro, ce qu’aucune ingénieur des corps des mines ou des polytechniciens n’ont été capable de comprendre malgré leur brillantes études. Ces gens là ont vendu notre industrie à l’Allemagne et aux USA pour financer la transition énergétique quitte à détruire toujours plus de capital et donc d’investissement rentable et donc d’épargne.
    Pendant ce temps l’Allemagne et la Chine continue à en profiter et à polluer avec le charbon et la vente de grosses voitures électriques car la réglementation en terme d’émissions de CO2 a avantagé l’industrie Allemande au détriment de l’industrie automobile Française qui vendaient des petites voitures mais qui devaient émettre beaucoup moins de CO2 alors même que les marges étaient trop faibles également à cause de l’Euro. Dès 2008, les déficits commerciaux se sont davantage creusé à cause de ces raisons, donc à cause de l’euro, de la trop faible valeur ajoutée et de la réglementation offrant des avantages compétitifs pour les grosses bagnoles Allemandes thermique puis hybride puis aujourd’hui électrique.

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  • Alain

    20 janvier 2022

    Les hausses à venir ne seront pas monétaires mais dues au fait que l’on va remplacer des technologies peu chères et efficaces par des technologies chères et peu efficaces, c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que l’on va délibérément à une économie moins productive (probablement que les politiques ne s’en rendent même pas compte). De plus cette planification entraîne un arrêt des investissements dans les technologies en place créant une pénurie.

    Donc hausse des prix durables mais pas monétaire, inflation ou pas?

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    • breizh

      20 janvier 2022

      je crains la combinaison des deux…

    • Jacques Ady

      21 janvier 2022

      Tout à fait, et ce’st dû à l’écologisme essentiellement avec :
      1/ le fumeux RCA au nom duquel nous renonçons à une énergie peu chère et que nous maîtrisons bien, le pétrole (et d’une façon générale toutes les énergies fossiles)
      2/ le renoncement au nucléaire au motif qu’il serait dangereux (thème écolo récurrent) alors que c’est factuellement faux
      Bref, c’est le retour au Moyen-Âge du point de vue des énergies, et le niveau de vie tendra donc vers celui du Moyen-Âge, avec une espérance de vie de 30 ans donc une mortalité vertigineuse et une dépopulation comme on n’en aura jamais connue, même en temps de grande épidémie – sauf qu’elle s’étendra sur davantage de temps, à savoir des décennies. Et les écolos et autres malthusiens seront contents, puisqu’ils estiment que nous sommes beaucoup trop nombreux sur terre.
      Peut-être d’ailleurs qu’entre temps et pour accélérer le processus, quelques guerres fort à propos se produiront, sur fond de mécontentement général des peuples. À moins encore que M. Gates et ses amis apprentis-sorciers n’aient réussi, volontairement ou non, à stériliser une bonne partie de la population mondiale et que le problème se résolve en bonne partie par ce moyen…

    • YB

      21 janvier 2022

      L’impression monétaire sans limite est inflationniste cela ne fait aucun doute pour diverses raisons :

      1- Vous pouvez acheter des matières premières et par conséquent spéculer !
      2- Vous allez acheter de l’immobilier pour placer votre argent et par conséquent la location augmentera de prix.
      3- Si la banque centrale de votre pays imprime á tour de bras en décorrélation avec son économie réelle, lorsque vous importez les prix auront tendance á monter car le vendeur en face a compris que votre monnaie perd de la valeur (exemple : Argentine, Venezuela, Liban..).

    • breizh

      21 janvier 2022

      @jacques Ady

      la dépopulation a déjà commencé avec la dénatalité généralisée (sauf en Afrique subsaharienne).

  • Loiselle Jean

    19 janvier 2022

    Qui a intérêt à détruire les nations de la sorte ? Les nouveaux  » Barons voleurs  » Blackrock, GAFAM etc. avides de contrôle . Les raison cachés du désordre mondial ( Valérie Bugault )

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  • Denis Monod-Broca

    17 janvier 2022

    Il faut lire « La monnaie entre dettes et souveraineté » de Michel Aglietta, non ? pour comprendre un peu…

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  • Jacques Ady

    17 janvier 2022

    Onzième niveau de vie en 2020 pour la France, ou 23ème ? cf l’interview de Mme verdier-molinié, à propos de son dernier livre, où elle fait un état des lieux de la France après 5 ans de macronisme : https://www.jforum.fr/pourquoi-macron-ne-peut-etre-reelu.html

    Le plus désespérant est l’inconscience de beaucoup de Français quant à ce qui se passe : ils croient que l’argent magique résout tou sles problèmes, voir comment ils se sont habitués à être payés par l’État et sa monnaie de singe pendant cette « crise du Covid », et pas seulement les salariés, mais aussi les restaurateurs et beaucoup de petits entrepreneurs. Si on gagne autant en travaillant deux fois moins, où est le problème ?
    Le problème, il va apparaître progressivement avec la ruine des épargnants, la baisse de productivité de notre économie, l’inflation et la baisse durable du pouvoir d’achat des classes moyennes, l’augmentation du nombre de pauvres, etc. donc un déclassement lent mais sensible du pays.
    Comme si ça ne suffisait pas, les meilleurs éléments fichent le camp à l’étranger (pas fous) et sont remplacés par des bac-7…
    Macron et ses amis semblent réussir à concentrer tous les échecs dans tous les domaines, c’est très fort. Mais ce qui est encore plus fort, c’est qu’il va peut-être réussir à se faire réélire. Et si c’est Pécresse, quelle différence ?

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    • Albon

      17 janvier 2022

      11 ou 23, sans doute vs. UE ou monde.

    • breizh

      18 janvier 2022

      50 ans d’état providence/maman/nounou n’incite pas à la responsabilité, la réflexion…

      c’est le but de cet Etat providence : que ceux qui le pilotent (énarques) restent au pouvoir.

    • Luc

      18 janvier 2022

      un etat procidence doit abrutir et infantiliser et deresponsabiliser sa population, et c’est exactement ce qui se passe en France. Et pour les courageux qui veulent entreprendre ou vivre a leur facon (sans deranger personne) ce qui est hautement respectable, l’etat francais leur met des batons dans les roues. Il faut comprendre que la caste des hauts fonctionnaires n’aime pas qu’on touche a ses privileges (ainsi que toute la maffia dans de nombreux setceurs en France, BTP, telecom, qui s’est enrichi via du capitalisme de connivence). La corruption (les fonctionnaires ont un pouvoir demesuré), l’immigration incontrolée, (aspîrateur par les aides sociales) et le clientelisme debridé sont le corollaire de ce systeme
      Bien sur ce type d’etat finit par devorer ses enfants car la bete pimlotée par les enarques et hauts fonctionnaires est insatiable

    • Philippe

      23 janvier 2022

      Je concorde avec vous ; la Haute PONCTION publique se contrefiche totalement du déclin qu’elle a elle-meme décidé d’ accompagner depuis Giscard le pseudo-moderne , Mitterrand le pourrisseur , Chirac le roi fainèant , Sarkozy et son mépris , Hollande archi-nul , Macron cynique supréme . Les médias sont à la botte de 5 milliardaires et étouffent le débat . Le piége de Mitterrand va fonctionner une fois de plus : Au 2eme tour , Valérie Pécresse appelera au front républicain pour sauver la France du fascisme de MLP et elle sera récompensée par le poste de 1er ministre sous Macron . Cette élection est une vaste fumisterie , la gauche disparue depuis 1983, il ne reste que la pseudo-droite ( MLP) et la pseudo-extreme droite ( EZ) pour jouer leurs partitions d’opposants .

  • Cheunbaba

    17 janvier 2022

    Cette analyse de l’inflation par classes sociales ouvre des perspectives saisissantes dans le champ de la recherche économique. Les classes supérieures font importer de la main d’oeuvre pas chère et mettent en concurrence les pauvres de tous les pays entre eux. Mais jamais elles ne se mettent en concurrence entre elles (loin de cela, elles sont prêtes à se faire la guerre pour protéger leurs territoires économiques). Si elles étaient honnêtes, elles feraient tout l’un ou tout l’autre. Par là même, les résultats de leurs prises de décisions n’ont pas les mêmes effets sur toutes les classes sociales. Et une telle analyse permettrait d’éclairer les pauvres gens sur leurs « bonnes intentions affichées » (par exemple en termes d’accueil d’immigrés)

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  • Nanker

    17 janvier 2022

    « Maire de Paris (ou plutôt merde Paris) ».
    « merde Paris »… formule très insultante! Je lui préfère « la couche-culotte pleine » pour désigner ce qui fut la Ville Lumière.

    « Et c’est comme ça que la France, en Europe, est passée du deuxième niveau de vie en 1973 au onzième en 2020 ».
    L’autre jour rue de Sèvres, dans un café, j’entendais une maman du quartier (donc pas spécialement pauvre…) affirmer gravement au bistrotier qu’elle « préférait que ses enfants grandissent dans un autre pays ». Verbatim! A quand une thèse ayant pour titre « Instinct féminin et mouvements économiques tectoniques »?

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    • breizh

      19 janvier 2022

      je doute que la main d’oeuvre « pas chère » permette des productions à haute valeur ajoutée, seules susceptibles de ne pas être écrasées par la concurrence mondiale.

  • du goudron et des plumes

    17 janvier 2022

    Bonjour Charles,
    La Fed et la BCE sont toutes les deux prises au piège de leur propre connerie voulue ou non.
    Il n’ y a pas d’argent magique (Macron).
    Avant nous pouvions emprunter en contre partie de la levée des impots maintenant nous empruntons en mettant l épargne des francais en balance.
    Quoi qu’ il arrive une dette se rembourse.
    Le mieux pour garantir la superbe politique de ces deux banques centrales serait un dévaluation du dolllar et un éclatement de la zone euro par un évenement extèrieur.
    Biden a insité sur l’indépendance de la FED.
    La FED lachera les politiciens lorsqu’elle l’aura décidé.
    Trump a souhaité bonne Chance à la nouvelle admnistration en institant sur ce mot.(dernier discours)
    le plus gros stockage de marchandise chinoise flotte actuellement au large des cotes américaines et plus rien ne part de ports chinois variant oblige.
    La séparation entre l’EST et l’Ouest s’accélère.
    Qui frappera le premier et comment?
    Dans tous les cas les petits sont déjà laminés avec les classes moyenne reste à couler les cadres qui je t’assure en le vivant au quotidien gobent tous les conneries de Christine.
    Mieux j’ai meme une amie qui bosse à la SG (cadre sup)qui possède une assurance vie et qui me parle d’inflation pour te dire le niveau.
    ici à Amsterdam le litre d’essence est à 2.04€/litre tu vois nos gilets jaunes ont encore de la marge avant de se plaindre.

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  • OM

    17 janvier 2022

    Ma banque me propose du 1,99% pour acheter ce que je veux. Credit sur 8 ans. Ca me donne envie d’acheter de l’or a credit que je rembourserai lentement avec mon salaire. Pour l’immobilier je me laisserait bien tenter par des zones delaissées à haut rendement (9-10%). Votre opinion?

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  • Simon Billouet

    17 janvier 2022

    @Charles HEYD. Tout espoir est en effet perdu car monsieur DRAHI possède Bouffon Fripon Macron TV et par coquetterie un petit institut à l’Ecole Polytechnique pour se racheter une vertu. Ce genre de chose, on n’en parle jamais dans les journaux qui préfèrent se passionner par le retour de Djoko à Dubaï, le vilain qui a menti sur la date de son dernier test PCR

    Répondre
  • Simon BILLOUET

    17 janvier 2022

    A quelle horizon le bouquet final ? Pour l’instant, plan d’épargne boites de conserve, potager, bois de chauffage, fusil de chasse et munitions …

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  • Settler

    17 janvier 2022

    Bonjour,

    Cela fait maintenant longtemps que je suit vos billets avec fort intérêt et en étant pour la plupart en accord avec ces derniers qui sont au final du bon sens paysan (plutôt une qualité à mes yeux)

    Etant de nature plutôt classique…ces dernières années je suis resté sur une vision de la valeur de l’argent fiduciaire ou plutôt de la valeur des monnaies classique, ceci en partant du principe qu’adossé à ces dernières il y a un état capable de prélever l’impôt….et derrière encore une performance économique d’un pays qui « devrait » se refléter dans la valeur de cette dernière
    Mais et surtout que chaque monnaie est basée sur la confiance que l’on veux bien lui donner.

    Une fois ce postulat posé….durant ces dernières années j’ai mis de côté les monnaies cryptographiques en me disant qu’effectivement derrière un peu que du vent….,mais et c’est le but de ma question

    Ne faut-il pas commencer a revoir cette pensée…..en sachant que les gouvernements, banque centrale etc… nous font à peu prêt n’importe quoi. La confiance en ces dernières commence à s’estomper et de plus en plus de personne commence à investir dans les crypto monnaies non pas comme outil spéculatif mais comme une vision eu final peut être plus saine de monnaie qui ne serait au final dirigé que par leur valeur ou intérêt commercial et non pas en lien avec des décisions politiques.

    Message peu clair je le concède….j’avoue que je me pose beaucoup de question sur la possibilité à terme de voir les monnaies classique disparaitre ou être mise en concurrence avec une nouvelle approche monétaire

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    • marc durand

      17 janvier 2022

      Si l’euro n’est pas une bonne monnaie pour la France, car nous sommes pas compétitif comparé a l’Allemagne, comment une monnaie mondiale pourrait ‘elle être mieux ? Les impôts sont toujours payes en France.

      Si en Chine je fabrique des voitures qui coutent 1 bitcoin, parce que il n’y a moins d’impots et taxe qu’en France, vous ne pourrez jamais me concurrencer. (En France, il faut toujours payer les legions de fonctionnaires, RSA et tous les assistes).

      Une monnaie doit être un bien commun d’une nation souveraine.

    • Cheunbaba

      17 janvier 2022

      @Marc Durand : je ne connais pas le montant des impôts en Chine, mais ils doivent être très conséquents en pays communiste ! Le problème n’a rien à voir avec l’imposition mais avec la compétitivité. Ce sont les mêmes erreurs d’analyse qui faisaient dire aux experts de plateaux avant le passage à l’euro, ou avant l’intégration de pays pauvres à l’UE, que le grand risque, c’était la Pologne ou la Roumanie avec leur main d’oeuvre pas chère etc… Or comme la théorie économique le savait déjà à cette époque, ce n’est certainement pas le pays où le coût de la main d’oeuvre est le moins cher qui bénéficie d’unions monétaires ou d’accords sur la circulation de marchandises, mais parfois exactement l’inverse : un pays qui a peut-être des taux d’imposition forts, mais surtout qui est le plus compétitif, soit exactement la définition de l’Allemagne de l’époque. L’Allemagne a fini par baisser ses taux d’imposition, uniquement après son hold up sur l’Europe.

    • marc durand

      18 janvier 2022

      @Cheunbaba
      Quand je parlait d’impots, il s’agit de prélèvent obligatoires + impôts + taxes, puisque vous devez les payer dans le pays ou vous habitez et travaillez.
      Et en écoutant Charles, il dit que les prélèvements obligatoire sont a 30% en Chine compare aux 60% Français.
      Exemple en Chine, il n’y a pas d’abonnement EDF, GAZ, EAU, ni TVA, ni CSG, ni taxe verte … on ne paye que la consommation.
      Ces abonnements sont des coûts obligatoires pour les particuliers et entreprises françaises répercutés sur les services et prix des marchandises fabriques en France.
      Le bitcoin monnaie mondiale est une arnaque, c’est juste les baleines (gros détenteurs) qui vont plumer les gogos.

  • Bilibin

    17 janvier 2022

    J’envisage d’acheter un nouvel ordinateur : semi conducteur oblige les prix ont bien gonflé depuis mon dernier achat. J’hésite donc : est-ce bien le moment? Puis-je attendre que les prix redeviennent plus raisonnables? Puis je pense à l’inflation et je me dis tout à coup que ces prix risquent de monter ENCORE dans les années/mois qui viennent. Tout à coup l’achat ne paraît plus si bête! Mais ce n’est pas une situation gréable!

    Répondre
    • P&C

      17 janvier 2022

      En fait si…
      Exiger d’être payé au jour le jour, et dépenser toute sa paye le jour même en biens (clopes, alcool, cigares, sel, or, selon vos choix et vos gouts).
      C’est un air connu qui concourra à amener un moustachu végétarien au pouvoir.

    • Bilibin

      21 janvier 2022

      (Je dernier mot est agréable et non gérable)

  • Max

    17 janvier 2022

    Aucune protection donc pour le Français moyen, autrement qu’emprunter de l’argent et se saisir de tout bien tangible sans se soucier du remboursement. Un phénomène qui conduit inévitablement à la destruction du travail de l’épargne et du pays tout entier. Il devient inutile de comprendre les règles dans un jeu où vous n’êtes plus un joueur mais un pion. Il demeure malgré tout plaisant de vous lire.

    Répondre
    • Charles HEYD

      17 janvier 2022

      Le Français « moyen » peut encore, mais surtout a pu emprunter pour acheter son tas de cailloux à des taux très intéressants (en gros, 0%, dont un de mes fils récemment); ma sœur ainée a ainsi aussi pu acquérir un pavillon grâce à l’inflation dans les années soixante, soixante-dix! Mais allez demandez un prêt de 1 million à votre banquier si vous êtes un Français « moyen »! M. Draghi (le N+x de BFM WC) a pu emprunter 5 milliards pour acquérir de nouvelles entreprises alors qu’il avait déjà des dizaines de milliards de dettes (autant que la SNCF). Bref, si vous ne comprenez pas ce problème d’enrichissement des « riches » alors que le populeux au mieux aura réussi à se loger dans une passoire énergétique, tout espoir est perdu!

    • Max

      18 janvier 2022

      @Charlesheyd Si l’endetté ne coule pas , pas de destructions créatrices et surtout l’argent et le travail ne vaut donc plus rien . La question n’est pas de savoir combien et qui peut emprunter au maximum ,ou si les riches peuvent emprunter plus… la capitalisme est deflationnsite en salaire pour l’Europe, et l’euro est encore plus déflationniste pour la France. Tant qu’on s’entêtera à palier la diminution de salaire par l’augmentation de la dette , on va dans le mur . Soit dit en passant, j’espère que vos mômes ne s’endettent pas dans l’espoir d’un futur radieux….parce que c’est cet même endettement qui nous prive de futur.

  • YB

    17 janvier 2022

    Article très intéressant et malheureusement vrai !
    Quant à Mme Hidalgo, je me suis toujours demandé comment une personne aussi nulle est arrivée a être Maire de Paris (ou plutôt merde Paris) et pire encore qu’elle a été réélue !

    Répondre
    • Robert

      17 janvier 2022

      A Paris, l’ électeur vote pour son maire d’arrondissement, lequel vote ensuite pour le maire de la capitale. Elle a été élue par une majorité de maires d’arrondissements de gauche…

  • alxbd

    17 janvier 2022

    Bonjour,
    Article très intéressant, comme d’habitude.
    Si quelqu’un a une source quant au 2ème niveau de vie pour l’Argentine avant 45 ?
    merci

    Répondre

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