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Charles Gave

Pot-Pourri.

 

Dans la livraison de cette semaine, je vais mettre à jour quelques concepts ou idées que j’ai développé dans ces pages au cours des derniers mois. Il n’y aura donc pas de ligne directrice entre les quatre pages, chacune pouvant être lue indépendamment des trois autres.

I . Le traitement du Covid en France et en Suède

Première idée, sur le COVID, la Suède a fait mieux que la France pour lutter contre la pandémie.

Explication.

La ligne rouge représente le nombre TOTAL de morts Suédois par semaine tandis que la ligne noir représente le nombre de décès en France. Les deux courbes ont été ajustées pour la différence de taille des populations. Le nombre total de morts a été choisi comme critère parce que c’est la seule mesure qui ne peut être trafiqué par les autorités de santé.  Chacun sait que la Suède n’a pas confiné, tandis que la France n’a cessé de mettre ses citoyens en résidence surveillée et a fermé toute une partie de son économie. Si la ligne noire est au-dessus de la ligne rouge cela veut dire que le nombre de morts en France est supérieur au nombre de morts en Suède.

 

Analysons les résultats.

  • De 2013 à 2015, les deux courbes sont exactement les mêmes, ce qui est normal pour des pays au développement similaire.
  • A partir de 2016 (date de la dernière réforme des hôpitaux français), le nombre de morts en France commence à être systématiquement supérieur au nombre de morts Suédois, la réforme commençant ses ravages. Et cet écart n’a cessé de grandir depuis 2016…
  • Depuis le début de la pandémie, cet écart s’est encore creusé et nous avons eu beaucoup plus de morts que les Suédois.
  • On ne peut imaginer un graphique montrant mieux la totale incompétence de notre pouvoir politique et de notre administration de la Sante publique. Et tout ceci est le résultat d’une réforme des hôpitaux qui a fait croitre de façon insensé le personnel administratif au détriment du personnel médical. (Voir mon interview du Professeur Peyraumaure sur IDL-Media pour plus de détails).
  1. Les résultats d’un placement obligataire Chinois

Depuis la crise de l’Euro en 2012-2013, je ne cesse de dire à qui veut bien m’écouter que détenir des obligations dans la zone Euro est une folie puisque les autorités politiques et monétaires de la zone ont décidé de foutre en l’air les économies pour maintenir l’Euro en vie, l’un des plus beaux cas que j’ai vu dans ma carrière d’acharnement thérapeutique. Comme une obligation est un contrat entre un préteur et un emprunteur et que ce contrat est libellé dans la monnaie qui a cours dans la zone, et que cette monnaie est non viable, cela veut dire qu’il y a une incertitude juridique sur la monnaie dans laquelle ce contrat sera exécuté « in fine » et donc que je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais toucher au moment du remboursement.

En ce qui concerne les USA, ils sont eux aussi engagés dans une expérience monétaire qui a pour but essentiel de ruiner le « rentier », c’est-à-dire moi, et je ne vois pas pourquoi je devrais leur prêter de l’argent puisque leur but essentiel est de me ruiner, incapables qu’ils seront de jamais me rembourser.

Ce qui me laisse un choix et un seul, acquérir des obligations Chinoises et c’est ce que je recommande depuis quelque temps, à la grande alarme de nombre des lecteurs. Et ici je veux être clair : si j’achète des obligations françaises ou américaines je suis CERTAIN de me faire plumer. Si j’achète des obligations Chinoises alors que ce pays essaie d’établir la crédibilité internationale de sa monnaie, la probabilité que je perde est beaucoup plus faible. Va-donc pour les obligations Chinoises, qui sont les moins laides dans un concours de laideur.

Regardons leur performance depuis la crise de l’Euro

 

CQFD. Pour l’instant, tout va bien.

 

 

 

III. L’Emergence d’un Système Monétaire Asiatique centré sur le Yuan.

Une autre de mes « idées fixes » a été que la Chine veut de-dollariser l’Asie, ce qui suppose que les monnaies asiatiques se mettent à suivre le yuan et non plus le dollar.

Et ce mouvement semble bien engagé, comme en fait foi le graphique suivant :

 

Le « tunnel » entre les monnaies asiatiques et le Yuan ressemble de plus en plus au « serpent europeen » des années 80, le yuan jouant le rôle du DM à l’époque.

Comme la volatilité des monnaies asiatiques vis-à-vis du Yuan ne cesse de baisser et est maintenant très faible, la volatilité du système économique en Asie va s’effondrer et la croissance économique accélérer ou se maintenir, et donc les multiples cours-bénéfices vont monter, automatiquement.

Il faut donc se bourrer d’actions asiatiques (ou opérant en Asie) et continuer à vendre l’Europe puisque c’est exactement l’inverse qui se passe chez nous, où le blocage des taux de change entraine une hausse de la volatilité économique et donc une baisse des multiples.

Et c’est ce que l’on voit en comparant les performances relatives des indices actions dans les deux zones depuis la crise de l’Euro.

 

 

  1. Préférer l’Asie a la zone Euro
  • En Asie, nous avons un système de taux de change à la fois stable et flexible. En cas de pépin économique, les taux de change restent la variable d’ajustement puisque la Chine a accepté de ne jamais dévaluer contre les autres monnaies asiatiques, devenant de ce fait le consommateur en dernier ressort des produits asiatiques et remplaçant de ce fait les Etats-Unis.
  • Dans la zone Euro, nous avons exactement l’inverse, puisque la monnaie allemande ne peut s’ajuster à la hausse et donc l’Allemagne est en fait le producteur de dernier ressort, ce qui détruit toutes les autres économies de la zone.
  • Et la Chine du coup prête de l’argent aux producteurs asiatiques pour qu’ils puissent développer leurs capacités de production tandis que l’Allemagne prête de l’argent (qui ne sera jamais remboursé) aux consommateurs européens pour qu’ils puissent acheter les produits allemands à crédit.
  • En Asie, la rentabilité du capital investi est donc garantie par la surévaluation faible mais constante du Yuan, tandis qu’en Europe, c’est l’inverse, la seule garantie sur la rentabilité étant offerte aux sociétés allemandes, qui n’en ont pas besoin et dont les clients vont faire faillite un jour.

Et donc, il faut avoir ses actions en Asie, et c’est ce que nous disent les marchés depuis longtemps.

 

 

La dernière grande occasion d’achat de l’Asie et de vente de l’Europe a eu lieu pendant le premier trimestre 2020.

Si j’étais encore gérant, je vendrais un peu de mes actions en Asie, pour racheter des obligations chinoises et de l’or. Mais je ne suis plus gérant (soulagement !), et donc sur mon portefeuille (1/3 grandes actions internationales, 1/3 obligations chinoises, 1/3 actions asiatiques), je ne vais rien faire du tout. Je suis définitivement trop paresseux.