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Charles Gave

Petit tour du monde des marchés financiers

Mauvaise semaine.

Les marchés financiers ont dévissé un peu partout, le mouvement partant comme presque toujours de New-York. La question se pose maintenant, comment se positionner et/ou se repositionner ?

Je ne vais pas parler du cash et de l’or, puisque j’en ai déjà parlé il y a peu de temps.

Je vais couvrir principalement les actions et accessoirement les marchés obligataires.

Commençons par les actions.

Posons-nous la question : qu’essaie de mesurer les marchés des actions ? La réponse est simple : ils s’attachent à apprécier la rentabilité du capital investi pour chaque société.  Les entreprises qui ont une forte rentabilité n’ont pas de mal à trouver des capitaux pour se développer, l’inverse étant vrai aussi. Et c’est comme ça que le capitalisme fonctionne, en ne fournissant pas de capital à ceux qui le gaspillent.

Allons un pas plus loin : Si l’on bâtit un indice comprenant nombre d’entreprises cotées, on peut mesurer l’évolution de cette rentabilité en moyenne, soit pour un secteur, soit pour un pays. Et si l’on regarde le ratio entre ces indices pour deux pays différents, on a une approximation du rapport des rentabilités entre deux pays, qui est toujours douteux sur le court terme, mais très instructif sur le long terme. De façon générale, il vaut mieux être investi dans le pays qui a une bonne rentabilité sur capital investi que dans celui qui en a une mauvaise…

Je vais me placer dans la peau d’un épargnant de la zone euro, qui ne doit sortir de sa monnaie que s’il est convaincu qu’il y a mieux à faire ailleurs

Voyons les différents indices Européens.

 

Il est tout à fait évident que depuis la création de l’Euro, il valait mieux être investi dans les pays européens qui n’étaient pas dans l’Euro plutôt que dans ceux qui avaient choisi de faire partie de la zone monétaire. L’Allemagne, qui a bénéficié d’un taux de change sous-évalué depuis au moins l’an 2003 faisant cependant exception à cette règle. Il valait donc mieux éviter les pays de la zone Euro hors Allemagne et cela reste vrai aujourd’hui. Quant à l’Allemagne, massivement créditrice de pays qui ne pourront pas la rembourser, je l’éviterais aussi.

Voyons maintenant la performance des actions de la zone Euro contre les actions américaines.

 

L’Europe a fait beaucoup mieux que les USA de 2001 à 2008, date de la grande crise financière, suivie de la crise de l’euro, et ensuite beaucoup plus mal.                                                               Aujourd’hui, elle n’est pas chère, mais j’attendrais que la moyenne mobile sur quatre ans soit cassée pour intervenir (ligne jaune au-dessus de la ligne rouge. Pourquoi quatre ans ? Parce que ça marche un peu partout).

Passons à l’Asie ex Japon

 

Depuis le début de l’euro, l’Asie excluant le Japon, a fait 2.5 fois mieux que les marchés de la zone Euro (en incluant l’Allemagne), variations des taux de changes et dividendes réinvestis pris en compte.

Le seul moment où l’Europe a fait mieux fût quand les marchés de la zone euro étaient très sous évalués (ligne jaune au-dessus de la tendance à long terme des bandes bleues) et après que monsieur Draghi ait annoncé en 2012 que la BCE allait faire chuter les taux longs dans sa zone. La conclusion est simple : La rentabilité du capital investi en Asie est certainement très supérieure à la rentabilité du capital en Europe et ne pas en profiter si l’on est un épargnant français est un peu sot…

Question subsidiaire : Vaut-il mieux être investi aux USA ou en Asie ? Réponse, en Asie, de 2002 à 2011, aux USA de 2011 à 2017, et depuis en Asie à nouveau. Mais depuis 2001 l’Asie a fait deux fois mieux que les Etats-Unis.

Venons en à la monnaie dominante en Asie, la monnaie Chinoise, car si elle venait à avoir des problèmes, cela rejaillirait sans aucun doute sur toutes les bourses  non seulement asiatiques mais aussi ailleurs.

Regardons son parcours contre l’Euro depuis 2005.

Sur le long terme, le rendement sur les obligations d’Etat à 10 ans suit toujours la croissance structurelle du PIB (Théorème de Maurice Allais). Les taux longs en Allemagne sont à 0.75 % et la croissance du PIB allemand sur les quatre dernières années avoisine 3.5 %. Jamais, et je dis bien jamais, une telle différence n’a existé Outre Rhin. Ce qui veut dire qu’il s’agit là d’un faux prix et comme toutes les obligations de la zone euro s’indexent sur ce faux prix, cela veut dire aussi qu’il n’y a pas un seul marché obligataire de cette zone qui ne doive être vendu toutes affaires cessantes.

Une alternative existe avec le marché obligataire Chinois

Depuis 2004, la monnaie Chinoise est montée de 30 % vis-à-vis de l’Euro dans une bande haussière très régulière et le Yuan est aujourd’hui dans le bas de cette bande, c’est-à-dire probablement dans une zone d’achat.

La conclusion d’investissement est simple : non seulement la monnaie Chinoise est sans doute un achat mais les obligations à 10 ans du gouvernement Chinois offrent du 4 %, ce qui n’est pas mal. Avoir du 4 % dans une monnaie qui a des chances de monter contre du 1 % sur une obligation de l’état français dans une monnaie qui est tout sauf sûre, voilà qui ne parait pas trop stupide…

Conclusion.

Les périodes de trouble dans les marchés sont toujours des moments propices à la restructuration des portefeuilles.

Je prends comme hypothèse que le lecteur a 60 % de son portefeuille investi en actions, le reste étant en or et en cash en yen.                                                                                                          Je mettrais bien une partie de mes troupes de réserve (40 % de mon portefeuille) en obligations Chinoises, pour arriver à 1/3 en or, 1/3 en yen, 1/3 en obligations Chinoises…

En ce qui concerne les actions, je mettrais la partie qui doit rester en Europe en Suède, en Suisse et en Grande-Bretagne et dans les bourses de l’empire Austro Hongrois en train de renaitre de ses cendres, et ce qui peut être investi ailleurs, en Asie, en incluant le Japon.

Et j’attendrais paisiblement que la poussière retombe.