https://institutdeslibertes.org/mais-que-font-ils-de-largent-de-nos-impots/
Jean-Jacques Netter

Mais que font ils de l’argent de nos impôts ?

 

 

La Cour des Comptes a une fois de plus dans son rapport annuel déploré que le gouvernement n’avait entrepris aucun effort sérieux pour diminuer les dépenses publiques. Nos impôts qui les financent en partie atteignent pourtant des taux confiscatoires.

 

Charles Gave, dans ses récentes interventions publiques sur Sud Radio ou sur notre chaine de télévision You Tube a rappelé que la principale préoccupation des français à l’égard du monde politique pouvait se résumer dans une question simple : « Que font-ils de notre pognon ? ». Exprimé en langage populaire qui ne plait pas du tout aux élites qui nous gouvernent, cette question montre que les français veulent simplement comprendre comment avec un niveau de pression fiscale parmi les plus élevés du monde, nous avons aujourd’hui une éducation nationale délabrée, une police interdite de séjour dans de nombreux territoires de la république, une armée mal équipée et un hôpital dont la qualité de service se dégrade…

 

Pour répondre à la question des français, il est très intéressant de partir du dernier ouvrage de Jean-Baptiste Leon « Le livre noir des gaspillages. Cent gaspillages hallucinants payés par nos impôts ». Il a été édité en 2019 par Contribuables Associés. On trouvera ci-dessous un résumé des principaux sujets abordés. Il montre que sans beaucoup d’efforts mais avec du courage, on pourrait obtenir rapidement des résultats significatifs.

 

Le gaspillage des collectivités locales

 

Dans les collectivités locales il y a du gaspillage à tous les étages. Les dépenses sont hors de contrôle. Il y a des sureffectifs partout qui se doublent d’un absentéisme très important. Alors qu’il était prévu en 2014 que la fusion des régions se traduirait par des économies de 10Md€ d’argent public, c’est tout le contraire qui s’est produit. Un exemple parmi beaucoup d’autres : la nouvelle région Occitanie qui regroupe le Midi Pyrénées et le Languedoc Rousillon a son siège à Toulouse. Mais pour des raisons de susceptibilité locales les élus se réunissent à Montpellier en séance plénière. Comme l’ancien hôtel de région qui avait coûté 145M€ est trop petit, il faut louer à chaque fois le Parc des Expositions ce qui a coûté 646 000€ en 2017 !

 

Il y a en France plus de ronds-points que de communes. On en recense plus de 50 000 mais on en construit encore plus de mille chaque année… Autre exemple parmi beaucoup d’autres : la Villa Méditerranée inaugurée à Marseille en 2013. Elle a été fermée en janvier 2018 après avoir coûté 73M€ au lieu des 20M€ prévus. Il faut dire que le brillant architecte italien Stefano Boeri l’avait dessinée « en pensant aux désespérés qui tentent de franchir la méditerranée pour trouver une vie meilleure et disparaissent dans les flots… »

 

La sphère publique, obèse et tentaculaire plombe les comptes de la nation

 

Il existe 310 000 fonctionnaires de l’Etat qui ont un temps de travail inférieur au seuil légal de 1607 heures par an….

 

La gestion des systèmes informatiques par les administrations est un cas emblématique de gaspillages scandaleux. Presque tous les développements entrepris ont été des échecs notoires notamment :

 

« Opérateur National de Paie » qui était prévu pour payer les fonctionnaires et employés de l’État. Lancé en 2007 , le projet est abandonné en 2014. Cela aura coûté selon la Cour des Comptes 346M€. Cet échec a obligé l’État à maintenir un effectif de 12 000 agents chargés de traiter la paie de 2,5M de fonctionnaires, soit environ 200 bulletins de paie par agent ! Mutualiser et externaliser le traitement des rémunérations des fonctionnaires devrait permettre d’économiser au minimum 190M€ par an mais personne ne le fait…

 

« Louvois » le système de paie de la défense est entré en service en 2011. L’enfer s’est manifesté par des fiches de paie avec un net à payer de 3 centimes d’Euro, de nombreux « trop versé », des paiements à des réservistes qui n’étaient plus dans l’armée. Cela a duré sept ans et le coût de ce gâchis s’est élevé à 300M€….

 

« SIRHEN » était censé moderniser la gestion des ressources de l’Éducation Nationale. Lancé en 2007, le projet a été sabordé en 2012. La dépense effectuée, totalement inutile s’est élevée à 320M€…

 

La modernisation du système informatique aérien reste pour le moment le pire gaspillage. Cela a coûté 2,1Md€ pour des programmes qui n’ont toujours pas vu le jour.

 

Le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) est un bon vieux fromage pour recaser les obligés du système. Il comprend 233 membres qui sont surtout des syndicalistes. Ils sont aidés par 60 experts bien payés et 147 fonctionnaires qui profitent de 54 jours de congés payés

 

Les fraudes à la sécurité sociale et les retraités fantôme

 

On se souvient du cas de Liès Hebbadj en 2011. Il est particulièrement significatif. Il s’agissait d’un commerçant de Rezé dont l’une des compagnes portait un niquab. Il a été mis en examen pour fraude aux prestations sociales. Père à l’époque de quinze enfants dont deux à naitre, il était soupçonné d’avoir indument perçu 175 000€ d’allocations en trois ans. Ses différentes compagnes avaient dans le même temps sollicité l’allocation de parent isolé…

 

Il y a 1,250M de retraités de la sécu qui vivent à l’étranger dont 40% au Maghreb. Au Maghreb certains de nos retraités vivent jusqu’à 115 ans. Le total des prestations versées atteint 6,5Md€. La loi française prévoit qu’”un certificat de vie” suffit pour toucher sa retraite à l’étranger.  Le taux de fraude à l’étranger s’élève au moins à 15%. Rapporté aux 6,5Md€ versés cela représente 1md€ qui sont siphonnés  en toute impunité sur le budget de l’Etat…

 

Les dépenses de protection sociale explosent. Elles sont financées par les cotisations sociales, par l’impôt mais surtout par le déficit de la dette publique. Une centaine d’aides sociales différentes sont versées par une multitude d’acteurs publics, ce qui double le coût de distribution des aides (1,46% du PIB contre 0,88% en moyenne dans l’UE. Le Royaume Uni a décidé d’unifier ses 51 aides sociales en un « crédit universel » plafonné au niveau du revenu moyen. En France, réunir le RSA, les allocations logement, la PPE, l’AAH en une seule allocation plafonnée avec un seul guichet et un seul fichier permettrait au minimum d’économiser 800M€ par an…

 

Le pactole des subventions

 

Les associations, les syndicats qui vivent sur le dos des français. Nous avons une presse qui sauf quelques exceptions ne tient que par les subventions et un cinéma de plus en plus dépendant des aides publiques. Ce sont bien évidemment les domaines où se développent le clientélisme, l’idéologie et le copinage. Le résultat est que l’on subventionne tout et n’importe quoi.

Voilà quelques exemples que l’on pouvait trouver ces dernières années dans la liste des subventions accordées par la Mairie de Paris : les associations « Elle tourne la page », «Echomusée», « Traces de vie » mènent des actions spécifiques sur le thème de la diversité culturelle et de la mémoire de l’immigration… On trouve également une association Interculturelle de Production et de Diffusion de Documentation Audiovisuelles…, une association « Mémoire de l’Avenir » dans le 18è menant des actions spécifiques sur le thème de la diversité culturelle et de la mémoire de l’immigration. La mairie de Paris subventionnait également un « Comité Contre l’Esclavage Moderne » menant action en faveur des femmes victimes d’esclavage domestique.

 

Il faudrait continuer cette triste énumération avec les grands travaux inutiles ou dispendieux sont légion, les élus et fonctionnaires de l’Union Européenne qui profitent d’indemnités et avantages fastueux à l’abri des regards.

 

Le Canada de Jean Chrétien reste l’exemple à suivre

 

Le Canada a montré l’exemple en 1993. Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral de Jean Chrétien s’attelle à la tâche. Le déficit budgétaire est à 7,5% du PIB, le ratio de dette publique sur PIB est près de 75% et plus de 100% si l’on inclut la dette des provinces. Pendant quatre ans le Canada va être mis au régime sec. Pour 1 dollar d’augmentation de la fiscalité, les dépenses publiques doivent baisser parallèlement de 7 dollars. Les dépenses des ministères diminuent de 20 à 25%. Le nombre de postes dans la fonction publique fédérale baisse de 20% (1,3 million de postes supprimés) et les salaires des fonctionnaires sont gelés. Les transferts de l’état fédéral vers les provinces sont réduits d’un tiers dans le domaine de la santé de l’enseignement supérieur et des services sociaux. Les sacrifices sont payants car les finances publiques reviennent à l’équilibre dès 1998. Et jusqu’au déclenchement de la crise financière de 2007 le pays s’offrira le luxe de collectionner les excédents…

 

Tous les pays développés qui ont redressé leur croissance et leurs finances publiques à l’image du Canada, de la Suède ou de l’Allemagne ont accordé la priorité à la compétitivité et à la baisse des dépenses publiques dont l’effet récessif est moindre que les hausses d’impôts. La France fait tout le contraire. Elle laisse dériver en permanence son déficit public.  Elle accroit régulièrement les prélèvements sur les grandes entreprises qui constituent un atout décisif dans la mondialisation au moment où elle sort du classement des 20 nations les plus compétitives. Elle provoque un exil massif des centres de décision des managers, des entrepreneurs et des patrimoines en appliquant une fiscalité confiscatoire sur le capital et le travail. Elle impose beaucoup trop les revenus de l’épargne…