28 June, 2016

L’Europe doit tirer les leçons de l’électrochoc envoyé par les anglais

Tous les débats qui ont lieu depuis le vote en faveur du Brexit par nos amis anglais ont le mérite d’aborder enfin les effets de ce vote. C’est dommage qu’ils n’aient pas eu lieu pendant la campagne.

 Le rejet de  l’establishement politique incarné par les institutions européennes a prévalu. Avec 6 pays fondateurs, 19 pays membres de l’Union Monétaire et 28 pays membres de l’Union Européenne, il est évidemment très difficile de provoquer de l’enthousiasme et d’avancer.

On peut légitimement se plaindre de ne pas connaître Donald Tusk président du  Conseil Européen qui réunit les chefs d’Etat et de Gouvernement ; Jean Claude Juncker président de la Commission; Jeroen Dijsselbloem président de l’Eurogroup qui réunit les ministres des finances. Frederica Mogherini représentante de la diplomatie européenne. Ils incarnent des jeux politiques incompréhensibles par les peuples européens.

Tout référendum qui aurait lieu dans plusieurs pays Européens sur le même sujet produirait les mêmes résultats. Il faudra donc redéfinir les missions des dirigeants européens, restreindre le champ de leurs interventions et surtout laisser respirer la démocratie. Les institutions européennes ne sont que ce que les états les autorisent à être.

 

Le divorce sera long et compliqué

 

Le shéma juridique du divorce est compliqué puisqu’il implique une double négociation. Une sur les modalités de départ déclenchées à partir du moment où la Grande Bretagne le demande, en vertu de l’article 50 du Traité de Lisbonne. Une autre sur les futures relations entre Bruxelles et Londres.  Pour avancer au niveau européen, il faut un vote à la majorité des Etats membres plus une approbation par le parlement européen, plus dans certains pays une ratification par les parlements nationaux. Comme tout cela peut durer au moins deux ans, certains pensent que nos amis anglais reviendront sur leur vote. Cela s’est déjà produit chez  les danois en 1992 et 2000; chez les irlandais en 2001 et 2008; chez les suédois en 2003; en France en 2005; en Hollande en 2005; chez les grecs en 2015. Ceux qui connaissent bien l’histoire de l’Angleterre pensent en revanche qu’une nouvelle consultation se traduirait par un pourcentage de votes encore plus important en faveur du Brexit…

 

Le camp des probrexit a voulu s’affranchir des contraintes européennes. Le problème est qu’elles étaient en grande partie imaginaires, la Grande Bretagne n’étant ni membre de la zone Euro, ni de l’espace Shengen. Parmi les statuts de pays associés à L’Union Européenne il existe deux exemples intéressants : la Norvège qui ne fait pas partie de l’UE mais qui est membre de l’espace économique européen. Elle bénéficie de l’accès complet au marché unique. En échange elle contribue au budget européen ;

la Suisse qui a une relation avec l’UE qui repose sur 120 accords bilatéraux qui ne comprennent pas les services financiers.

Paradoxalement le meilleur des systèmes pour des anglais qui voulaient continuer à profiter du marché unique européen était peut être le statut qu’ils ont décidé de quitter.

 

Le départ du Royaume Uni affaiblira l’Union Européenne sur les plans économiques, diplomatiques et militaires. L’effet Brexit risque d’être plus négatif pour l’Europe que pour la Grande Bretagne. La croissance de l’UE pourrait tomber à 0,5% au moment où les dettes publiques ne sont pas résorbées.

Il  prive de toute façon l’Europe du contrepoids contre la tentation réglementaire omni présente de Bruxelles. Londres a toujours imposé au projet européen une orientation très anglo-saxonne.  La minorité des pays réputés libéraux ne sera plus assez importante pour bloquer l’adoption de certains textes.

 

Les risques économiques, financiers, sociaux et politiques pour Londres sont  importants. Le business model reposant notamment sur l’exportation de services financiers en Europe continentale à partir de la City devra être revu.  Tout cela va ouvrir une crise profonde aussi bien chez les conservateurs que chez les travaillistes.

 

L’Europe doit tirer les leçons de cet électrochoc. Il faut d’abord respecter le vote des électeurs. C’est l’occasion de relancer la construction européenne sur les grands problèmes qui les préoccupent : immigration, défense, politique économique. Le problème du moment étant que sur chacun de ces sujets allemands et français ne voient pour le moment pas les choses de la même manière.

 

L’effet domino est probable si  les nouvelles relations entre le Royaume Uni et l’Union Européenne ne sont pas rapidement définies. Si les institutions européennes n’agissent pas assez vite, l’onde de choc populiste va se propager. Elle  agrège l’europhobie, la critique des élites, la peur de l’étranger et la crainte de la mondialisation. Tout ce qui capitalisera sur le nationalisme régressif et la montée protestataire profitera aux partis extrémistes. L’Italie pourrait être le prochain candidat à la sortie Son PIB n’a progressé que de 5,4% depuis 1999 date de l’instauration de l’Euro. Pendant la même période le PIB a japonais a monté de 14%. Le prochain référendum d’octobre prochain sera très important…L’Ecosse et  l’Ulster vont encore demander un référendum …Les Pays Bas pourrait voter un « Nexit »

 

Sur les marchés, le dollar devrait profiter comme toujours de cette période d’incertitude. Il y a un moment où il faudra acheter les sociétés qui vont profiter de la dévaluation de la Livre notamment Diageo et Pernod Ricard toutes deux gros producteurs de whisky.

Parmi les secteurs qui vont particulièrement souffrir figurent les banques, l’assurance,  l’immobilier et les compagnies aériennes dont l’essentiel des coûts sont en dollar alors que leurs recettes sont très majoritairement en Livre…

Les marchés en Asie vont aussi profiter de cette période d’incertitude en Europe.

 

 

 

 

 

 

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

29 Commentaires

Your email address will not be published. Required fields are marked *

  • Libre

    1 July 2016

    Rejoindre l’AELE et créer un pacte de sécurité européen serait déja un bon début.Mais bon je rêve…

    Répondre
  • Citoyen

    30 June 2016

    Il est parfois nécessaire d’ébranler l’édifice, pour en tester la solidité des fondations …

    “”Le rejet de l’establishement politique incarné par les institutions européennes a prévalu.””…comme vous dites.
    Pour autant, se sont-ils sentis visés, ou personnellement concernés, comme étant la source du problème ?… C’est loin…très loin… d’être garanti.
    Étant auto-investis de la science infuse, ils savent ce qui est bon pour le petit peuple, sans avoir besoin de son avis ! Ces derniers temps ça s’est particulièrement vérifié sur le sujet de l’immigration débridée. Ont-ils reçu le message ? c’est pas sûr.
    “l’europhobie” est un bien grand mot. S’il y a rejet, c’est avant tout le rejet des clowns et des nuisibles qui sont mandatés pour travailler, pour ceux qui les ont mis en place, et non pour eux-mêmes.

    Répondre
  • Jepirad

    30 June 2016

    Ouais, comme ailleurs le mensonge l’a emporté. Curieux de voir si les Britanniques sanctionneront. Pas sûr que le Brexit soit activé de sitôt.

    Répondre
  • arolde

    30 June 2016

    “L’Europe doit tirer les leçons de cet électrochoc. Il faut d’abord respecter le vote des électeurs. C’est l’occasion de relancer la construction européenne sur les grands problèmes qui les préoccupent”

    L’UE est morte, vive l’UE.
    Changeons l’UE !!! A zut… c’est pas possible !

    Après l’article 50, apprenons maintenant l’article 48 : l’unanimité, U N A N I M I T E des états membres pour changer quoi que ce soit.

    Répondre
  • Noname

    29 June 2016

    Merci pour ce moment d’agacement intense ! Vous persistez à employer de manière dévoyée le mot Europe à la place du vocable Union Européenne :

    L’Europe doit tirer les leçons … l’establishement politique incarné par les institutions européennes … Frederica Mogherini représentante de la diplomatie européenne … Les institutions européennes ne sont que …Pour avancer au niveau européen … une approbation par le parlement européen … s’affranchir des contraintes européennes … Il prive de toute façon l’Europe du contrepoids … Londres a toujours imposé au projet européen … L’Europe doit tirer les leçons, … Elle agrège l’europhobie,

    Quant à l’europhobie, la peur de l’Europe, je reste pantois devant cette déclaration d’une maladie nouvelle qu’il faudrait donc soigner et qui devrait amener des mesures pour éviter la contagion !

    Pour ce qui est du fond de votre publication dans un blog libéral, l’ Institut des libertés, je m’étonne que vous affirmiez :
    « Le camp des probrexit a voulu s’affranchir des contraintes européennes. Le problème est qu’elles étaient en grande partie imaginaires»
    En réponse à ces contraintes imaginaires l’argumentaire fort des pro-brexit :

    THIS is our last chance to remove ourselves from the undemocratic Brussels machine

    We must set ourselves free from dictatorial Brussels.
    Throughout our 43-year membership of the European Union it has proved increasingly greedy, wasteful, bullying and breathtakingly incompetent in a crisis.
    Outside the EU we can become richer, safer and free at long last to forge our own destiny — as America, Canada, Australia, New Zealand and many other great democracies already do. And as we were the first to do centuries ago.
    If we stay, Britain will be engulfed in a few short years by this relentlessly expanding ¬German dominated federal state.
    Staying in will be worse for immigration, worse for jobs, worse for wages and worse for our way of life.
    Greece is bankrupt.
    Italy is in danger of going the same way, with even more disastrous consequences.
    In Spain, 45 per cent of those under 25 are out of work.
    And numerous even poorer and worse-governed countries are now joining the EU.
    To remain means being powerless to cut mass immigration which keeps wages low and puts catastrophic pressure on our schools, hospitals, roads and housing stock.
    In every way, it is a bigger risk.
    The Remain campaign, made up of the corporate establishment, arrogant europhiles and foreign banks, have set out to terrify us all about life outside the EU.
    Their “Project Fear” strategy predicts mass unemployment, soaring interest rates and inflation, plummeting house prices, even world war.
    The Treasury, Bank of England, the IMF and world leaders have all been wheeled out by Downing Street to add their grim warnings.
    Nonsense! Years ago the same politicians and economists issued apocalyptic predictions about our fate if we didn’t join the euro.
    Thank God we stopped that. The single currency’s stranglehold has since ruined the EU’s poorer nations and cast millions on the dole.
    We are told we cannot be in the single market without accepting all the rules, free movement of people included.
    If so, let’s leave it and, using our enormous clout as the world’s fifth biggest economy, strike great trade deals with the other 85 per cent of the world.
    And pick and choose the best migrants from the whole world.
    Vote Leave, and we will reassert our sovereignty — embracing a future as a self-governing, powerful nation envied by all.
    We will re-establish the basic principle that we are governed by politicians we elect or eject every five years, not foreign bureaucrats.

    « la Suisse qui a une relation avec l’UE » … certes, mais 30% des lois votées par les Helvètes sont des transcriptions de directives de l’Union Européenne.

    « le meilleur des systèmes ( sic !) pour des anglais qui voulaient continuer à profiter du marché unique européen était peut être le statut qu’ils ont décidé de quitter. »

    « les sociétés qui vont profiter de la dévaluation de la Livre » … si tant est que cette dévaluation soit plus pérenne que l’euro lui-même !

    Répondre
  • D. Charpiat

    29 June 2016

    Bonjour,
    peut-être faut-il appréhender les temps à venir sous l’angle de ce que cette video nous apprend et qui fait froid dans le dos : https://www.youtube.com/watch?v=LyQWmAIaXO0
    La personne interviewée est Mr Paul Craig Roberts, ancien Assistant Treasury Secretary du gouvernement de R.Reegan. D’autres interviews faites avant le vote du 23 juin existent.
    Pour résumé :
    – l’UE, en tant qu’entité perçue comme unique, est une création des USA datant des années 1950, révélée, sous forme d’un document officiel estampillé ‘CIA’ (document déclassifié ?), par un professeur de l’université de Georgetown en 2000.
    – Washington ne tolérera pas la sortie de la GB de l’UE et le risque de voir 60 ans de patiente construction dépensés en pure perte
    – selon P.C. Roberts, le plan américain consiste, au moins, en une punition d’ordre économique (guerre contre la livre sterling -dont il rappelle le caractère incompatible avec l’objectif de centralisation de la fiscalité au sein de l’UE-) et une propagande visant le discrédit et la mise hors circuit des leaders pro-Brexit
    – toujours selon lui, plus l’activation de l’article 50 du Traité de Lisbonne sera lente et plus les négociations de sortie seront longues (2 ans prévus par le texte), plus le plan américain aura de chances de réussir
    – conclusion : si les anglais veulent l’indépendance, ils ne pourront la gagner que dans la violence

    On peut penser que la personne qui s’exprime (avec courage) n’est pas un clown. Mais alors on a sous les yeux la configuration dont De Gaulle nous avertissait du danger : une Europe qui n’en est plus une et sous la férule d’un ‘fédérateur’ extérieur.

    Pour ma part, cela m’horrifie.

    Répondre
    • Robert Marchenoir

      29 June 2016

      D. Charpiat,

      Paul Craig Roberts est un agent russe.

      Il se livre à une désinformation active, sur Internet, consistant à propager les thèses complotistes les plus invraisemblables concoctées par les services secrets russes pour démoraliser les populations occidentales, les dresser contre leurs gouvernements, tenter d’infléchir la politique de ces derniers dans le sens des intérêts russes, faire croire au monde entier que tous les maux de la terre sont dûs aux Etats-Unis, dresser les Européens contre l’Amérique et faire éclater l’Union européenne.

      Paul Craig Roberts affirme que l’attentat contre Charlie-Hebdo est un “false flag” organisé par les services secrets américains, pour punir la France de son soutien aux Palestiniens et de ses vélléités de mettre fin aux sanctions contre la Russie, et l’empêcher de s’opposer aux “guerres américaines contre les musulmans” :

      http://www.paulcraigroberts.org/2015/01/13/charlie-hebdo-paul-craig-roberts/

      Paul Craig Roberts, dans cet “article” grotesque, oublie de rappeler à ses lecteurs ignorants et crédules que le massacre de la rédaction de Charlie-Hebdo par des djihadistes s’est accompagné du massacre antisémite du supermarché juif Hyper-Casher… ce qui rend encore plus invraisemblable (si c’était possible) son méprisable bobard, qui insulte les victimes en plus d’insulter la raison et la vérité.

      Curieusement, ceux qui répercutent les mensonges du SVR confiés pour diffusion à Paul Craig Roberts commencent toujours par préciser qu’il est “ancien Assistant Treasury Secretary du gouvernement de R.Reegan” (faute d’orthographe comprise, traduction non fournie, ça va plus vite en recopiant…), ce qui est censé, bizarrement, être un gage de crédibilité chez ceux qui propagent cette désinformation pro-russe et anti-américaine, laquelle ne peut abuser que de pauvres gens naïfs ou ignorants…

    • sassy2

      29 June 2016

      bonjour Robert,

      je vous parie 1000 000e d’euro qu’il y a au moins un lien entre:
      charlie hebdo l’attentat
      et cette conséquence qu’est le brexit

      (hormis l’islam qui est une variable explicative du brexit)

      1000 000e et je vous produis un FAIT

    • Robert Marchenoir

      29 June 2016

      Produisez votre fait. Et surtout expliquez-nous ce que vous tentez de démontrer, ce sera plus franc du collier que vos histoires d’euros.

    • D(idier) Charpiat

      30 June 2016

      Mr Marchenoir,
      sachez que je n’avais jamais entendu parler de ce Mr Roberts. S’il est ce que vous dites, vous en savez long sur lui et j’ai été berné et/ou naïf. Le devenir de la GB, que je souhaite le meilleur possible pour ses habitants, dira la réalité. Pour le reste, je suis gaulliste et bien loin, vraiment loin, du communisme. J’arrête là car le ton de votre dernier paragraphe est de nature à me chauffer la bile et à me porter à monter en gamme, si j’ose dire.
      Salutations.

    • Robert Marchenoir

      30 June 2016

      Eh bien, maintenant, vous savez qui il est, et vous avez les mêmes informations que moi. Elles sont d’ailleurs sur la place publique.

      Concernant le gaullisme, ce n’est nullement un blanc-seing de mon point de vue. D’abord parce qu’on ne peut pas davantage être gaulliste aujourd’hui qu’on ne peut être bonapartiste ou nazi. Tous ces gens-là sont morts : c’est fini. Se réclamer d’eux est forcément se payer de mots, et ne pas tenir compte de la réalité historique.

      Ensuite parce que de Gaulle a ouvert la porte au coup d’Etat silencieux des communistes sur la France, qui dure jusqu’à ce jour. Peut-être ne pouvait-il faire autrement. En tout état de cause, il n’y a certainement pas lieu de s’en féliciter aujourd’hui.

      Se prétendre gaulliste à ce jour, c’est dissimuler aux Français que la tâche prioritaire est la décommunisation de la France.

    • idlibertes

      30 June 2016

      Je suis assez d’accord avec ce dernier point sur les étiquettes. C’est un peu comme se vouloir Rothbardien ou de l’école de Chicago etc . Bel et bon, mais so what?

    • Aljosha

      30 June 2016

      Prendre la tête du pouvoir tout en remportant le tout de France dans la même année (1958), c’est quand même pas donné à tout le monde.

    • Christophe

      30 June 2016

      Encore un agent Russe ! ! ?
      Quand on voit des agents du KGB sous son lit …
      …Il faut se calmer
      … Prendre ses petites pilules
      … Et aller se coucher !

    • Robert Marchenoir

      29 June 2016

      Sur son site, Paul Craig Roberts se vante d’avoir donné 52 interviews à Press TV, et 125 interviews à Russia Today.

      Press TV est la chaîne de propagande du régime théocratique iranien destinée à l’Occident (l’Iran étant un client de la Russie), et Russia Today est l’une des deux grandes chaînes de propagande russes destinées à l’Occident. Inutile de dire que Russia Today a été pris, de multiples fois, en flagrant délit de diffusion non seulement de points de vue outrageusement biaisés en faveur de Moscou, mais carrément de fausses nouvelles fabriquées de A à Z.

      Cela correspond à la méthode utilisée par le KGB depuis la nuit des temps communistes, et reprises par ses successeurs du FSB, du SVR et du GRU : on transmet un bobard à un “expert” occidental préalablement recruté, celui-ci le diffuse dans l’espace médiatique en lui donnant une crédibilité dûe à son ancrage occidental, puis les médias ouvertement marqués par leur nature russe et leur objectif propagandiste “reprennent” ces “informations”, incontestables puisque “provenant de l’Occident”.

      Quand bien même Paul Craig Roberts vous expliquerait qu’il fait noir à minuit et que les chats mangent les souris, il faudrait vérifier trois ou quatre fois avant de répercuter ce qu’il raconte.

      Alors, quand il prétend que l’Union européenne est une création américaine des années 50… Il est d’autant plus fallacieux de se réclamer du général de Gaulle en diffusant ce genre de désinformation, que de Gaulle, précisément, avait imaginé la création du Marché commun dès les années 40, avant même la fin de la Seconde guerre mondiale (eh oui ! “marché”, le gros mot “ultra-libéral”…).

      Car il avait prévu la nécessité de la réconciliation entre la France et l’Allemagne, et la nécessité de donner un objectif nouveau aux Européens. Que les Etats-Unis aient soutenu cette création ne la condamne nullement, contrairement à ceux qui partent du principe que le mal est du côté de l’Amérique tandis que le bien est du côté de la Russie.

      A l’époque, il importait de s’opposer aux menaces de l’impérialisme russo-communiste, comme il importe aujourd’hui de s’opposer aux menaces de l’impérialisme russe néo-stalinien.

      L’axiome idéologique sous-jacent à ce genre de désinformation n’est pas le gaullisme, mais le communisme. Les communistes (déclarés ou maquillés) n’ont jamais cessé de détourner le gaullisme à leur profit, et ils continuent de plus belle aujourd’hui.

    • Bragy

      29 June 2016

      Robert Marchenoir, Vous êtes quelqu’un de bien!

    • Aljosha

      30 June 2016

      Da !

    • STRAUSS Patrick

      29 June 2016

      La vraie différence entre droites et gauches devient insignifiante par rapport à la différence entre nationalistes et mondialistes. Ces derniers n’avouent pas facilement leur trahison dans chacun de leurs pays d’accueil, car, comme l’a écrit Attali: “mondialisme, capitale Jérusalem” en passant d’abord par les USA.Cette trahison reste occultée mais explique la faveur pour l’immigration car, outre les intérêts électoraux, cet engorgement subventionné pourra noyer les votes démocratiques.

  • Christophe

    28 June 2016

    Incroyable aveuglement !

    Comment ? … Les irlandais … Les français … etc. Seraient revenus sur leur vote ? Vous voulez dire que les politiques se sont assis dessus oui !

    Je conçois assez qu’un libéral s’inquiète du fait que les votes britanniques (traditionnellement libéraux) risquent de lui manquer au parlement Européen ! Mais le problème est ailleurs. Ce que révèle le « brexit », c’est d’abord : l’écart abyssal entre la volonté des peuples européens et leurs représentants politiques. Les premiers sont attachés à leur identité, à leur patrie charnelle et entendent la défendre, les seconds sont très majoritairement mondialistes et veulent mener leur projet « supranational » sans en référer au peuple ! Ils ont vendu aux européens un projet de développement et de progrès social, et en réalité s’appliquent à augmenter les inégalités sociales dans chaque pays. Leur politique financière constitue une réelle spoliation généralisée sur le patrimoine de chaque européen. Alors … Oui … les européens deviennent (comment dite vous ?) … Des « nationalismes régressifs ». Quel mépris pour le peuple ! Que peut-il advenir d’une Europe où quel que soit la décision exprimée par les citoyens, elle finit invariablement au panier ? Cette Europe ressemble de plus en plus à l’ex URSS et finira probablement comme elle !

    Il est vrai que Le « brexit » pose immédiatement une crise politique au royaume uni. Le vote populaire s’est exprimé, mais il n’a aucune majorité parlementaire pour le soutenir. M. Cameron ne veut pas le porter, des élections anticipés sont donc probables, mais si elle débouche sur un blocage : quid du « Brexit » ? ! Cette histoire est loin d’être réglée !

    Le « brexit » véritable, ce sera l’effondrement financier généralisé et la juste colère des peuples !

    Répondre
    • Robert Marchenoir

      29 June 2016

      Quant à Thierry Meyssan… je vous en prie ! Pas sur un blog sérieux tel que celui-ci. Thierry Meyssan, lui, est un agent syrien et iranien. Il l’a spontanément déclaré lui-même, sur son propre site Voltairenet, financé par la Syrie :

      http://rue89.nouvelobs.com/2012/07/29/syrie-quand-le-general-dissident-etait-lami-de-dieudonne-234235

      Et il est très probablement un agent russe aussi, à en juger par le contenu de son site et par les liens de clientélisme liant la Syrie et l’Iran d’une part, la Russie d’autre part.

      Thierry Meyssan est l’un des principaux propagateurs mondiaux des Protocoles des Sages de Sion de notre époque, à savoir la calomnie qui attribue l’organisation du 11-Septembre aux gouvernements américain et israélien :

      http://www.amazon.fr/dp/291236244X

      Note : c’est curieux, cet afflux de pseudonymes jamais vus ici… Quand le sujet s’y prête, comme ici, c’est en général le signe d’une visite des trolls du Kremlin.

    • Christophe

      30 June 2016

      Si je ne valide aucun point de vue « a priori », je n’en rejette pas d’avantage un autre sous prétexte qu’il serait « pro Russe », « pro-Chinois », ou « pro iranien » ! Libre à vous de déterminer la liste des idéologues autorisés, « bien-pensants » libéraux et atlantistes (comme il convient), ce sera sans doute plus confortable et cela ne bousculera pas vos inclinations cognitives.

      A … au fait ! qui détient Rue 89 … Toute édition est orientée cher monsieur !

    • Robert Marchenoir

      2 July 2016

      Je ne sais pas ce que signifie votre charabia “d’inclinations cognitives”. Je connais la vérité et le faux, l’erreur et le mensonge.

      Je suis de droite. D’extrême-droite, même. D’ultra-droite, si cela vous amuse, puisque mes convictions et mon programme sont à droite de ceux de Marine le Pen.

      Cela ne m’empêche pas de chercher la vérité partout, y compris sur des sites d’extrême-gauche comme Rue 89. l’article de Rue 89 que je vous ai cité contient des faits et des informations exactes.

      Pour s’en convaincre, il suffit de le lire, d’avoir des connaissances et une intelligence moyennes, et surtout d’être honnête.

      Pour se convaincre que Paul Craig Roberts, Thierry Meyssan et Voltairenet sont des escrocs, des menteurs et des agents stipendiés de puissances étrangères, il suffit de lire leurs productions.

      Je vous ai expliqué très précisément pourquoi ces derniers mentaient.

      Vous ne vous donnez même pas la peine d’expliquer en quoi et pourquoi, d’après vous, l’article de Rue 89 que je vous montre serait malhonnête ou même fallacieux.

      Vous vous contentez de faire allusion à son propriétaire, sans même le nommer.

      Ca ne va pas suffire. Dans mon manuel à moi, la vérité se démontre.

      Je constate que vous adoptez le discours de la désinformation soviétique, pardon, poutiniste, selon lequel tout se vaut, la vérité n’existe pas, “Rien n’est vrai et tout est possible” (Peter Pomerantsev), par conséquent le mensonge n’est pas grave et serait même amusant.

      Le directeur d’une grande chaîne de (dés)information russe a ouvertement expliqué que tout le monde mentait, tout le monde faisait de la propagande, par conséquent nous aussi, on jette nos saletés dans ce torrent d’ordures, et que le public se débrouille.

      Eh bien non. Il y a de bonnes sources d’information et il y en a de mauvaises. Il y a de vrais journalistes et des désinformateurs professionnels. Il y a des gens qui recherchent la vérité et d’autres qui fabriquent des mensonges.

      Excusez-moi d’être un vieux con et de me laisser encore conduire par ces concepts surannés que sont le vrai et le faux.

    • C'est pas faux

      29 June 2016

      Autant j’aime la France, autant l’UE est, sur le papier, une excellente idée. Idée totalement dévoyée qui aboutit à un monstre bureaucratique, qui s’ajoute pour les français, au monstre bureaucratique interne.
      Et peut-on réellement créer une entité avec plus de 20 langues différentes où chacun a le même poids ?
      Comme si en France bretons, corses ou normands devaient avoir leur mot à dire en tant que breton, Corse ou normand et dans leur langue.
      L’UE ne peut donc passer que par un nivellement des différences, ce que personne ne veut. Comme si un letton pouvait être interchangeable avec un breton. C’est fait aux US où les européens se sont fondus dans un moule unique, mais ils le voulaient.

    • Marsan

      29 June 2016

      Excellent commentaire.
      Les idées merveilleuses (partage des richesses, suppression des frontières)deviennent haïssable quand elles sont portées par des irresponsables.
      Je note aussi dans cet article de Mr Netter qu’il affirme en gros “les électeurs ont un problème avec l’immigration etc…”
      L’immigration n’a jamais été un problème et les 9/10° des électeurs sont d’origine immigrée.
      Alors ils ont surtout un problème avec eux-mêmes…

  • Robert Marchenoir

    28 June 2016

    Tir au canon sur Angela Merkel :

    Her choice to open Europe’s doors to migrants looks a lot like Hitler’s decision to invade the Soviet Union in 1941. Operation Barbarossa, whose 75th anniversary we just passed, was optimistically launched by Berlin with ideological fervor, yet without serious planning, without taking account of basic politico-economic realities, and without thinking about the many things that could go wrong. And subsequently did.

    John Schindler, ancien espion américain, ex-professeur au War College, expert en sécurité et terrorisme.

    http://observer.com/2016/06/understanding-brexits-security-implications

    Répondre
  • AgentDevlin

    28 June 2016

    Eh ben, en voilà un beau bordel! En même temps, vu l’Europe que nos oints du Seigneur ont créée, ça ne pouvait pas finir autrement. Enfin, espérons que ça finisse bientôt…

    Répondre

Me prévenir lorsqu'un nouvel article est publié

Les livres de Charles Gave enfin réédités!