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Les secteurs à libérer

La France a dans ces trois domaines des atouts comme peu de pays en ont: un patrimoine historique et touristique sans pareil, une tradition culturelle profonde et ancienne, des écoles de médecine parmi les plus réputées au monde, un taux d’épargne parmi les plus élevés de l’OCDE, une industrie financière de bonne qualité, une éthique du travail bien fait…la liste est longue et impressionnante. Le «léger» inconvénient est que tous les secteurs dont notre croissance dépend dans le futur sont sous le contrôle de l’État. Nous sommes dans une situation complètement kafkaïenne où l’État contrôle et gère, selon les principes d’une économie communiste, la plupart des secteurs où la croissance pourrait s’engouffrer.

Certes on peut se demander pourquoi ces secteurs ne pourraient pas croître et rester sous le contrôle du Moloch (l’État), comme l’appelait Bertrand de Jouvenel. La réponse est simple: avec des principes de gestion communistes, il ne peut y avoir de croissance, sauf bien sûr en ce qui concerne les passe-droits, la corruption et les déficits, comme nous l’avons vu plus haut. Introduites au Sahara, ces méthodes provoqueraient une pénurie de sable en quelques années. Le grand, l’unique défi auquel la France va donc être confrontée dans les années à venir est de trouver comment faire sortir du giron étatique ces activités pour qu’elles libèrent enfin leur potentiel de croissance ? À dire vrai, je n’ai pas vraiment de réponse, n’étant pas un spécialiste de ces secteurs, loin de là.

En revanche, j’ai constaté au cours de ma carrière que la procédure suivante fonctionnait assez bien. Comme ces activités ont un assez fort contenu de « service public », le rôle des élus sera d’élaborer une espèce de « cahier des charges » des obligations à respecter pour ces secteurs qui ont vocation à être privatisés. Ensuite, le public choisit librement qui lui fournit le service dont il a besoin.

Prenons l’exemple de l’éducation et regardons ce qu’ont  fait les Suédois qui ne sont pas des barbares ultralibéraux. L’État définit d’abord les programmes et se réserve bien sûr le contrôle a posteriori des établissements. La décision la plus importante a été de rendre le contrôle des écoles primaires et secondaires aux autorités locales et de permettre à ceux qui veulent créer une école de le faire librement (si sept familles de parents d’élèves décident de créer une école, elles peuvent le faire). Chaque élève reçoit un «bon pour éducation » qu’il présente à l’école de son choix et qui est honoré par l’État. Le système éducatif est repassé sous le contrôle direct des élus locaux et des parents, et toutes les expérimentations sont permises, à condition bien sûr que le programme de base soit respecté. Toute mauvaise école doit fermer ou se réformer, tout bon établissement peut se développer sans limites (le principe de base de la création destructrice). L’éducation devient alors un formidable vecteur de croissance, attirant massivement de nouveaux talents. Le système public peut parfaitement rester en concurrence avec le nouveau, pour peu qu’il obéisse aux mêmes règles.