18 novembre, 2019

Les fonctions de la monnaie.

Souvenirs, souvenirs…

Nous sommes en Octobre 1963 et un jeune étudiant (moi) s’apprête à entendre son premier cours d’économie, délivré par le Professeur Cluseau, agrégé dans la matière. Et cette introduction porte sur les « fonctions de la monnaie » que j’utilisai déjà, mais dont je ne savais pas qu’elle avait des fonctions. Et là, il apprend avec émerveillement qu’une monnaie doit remplir trois fonctions

  1. Elle doit être un moyen d’échange, pour éviter le troc et faciliter le commerce.
  2. Elle doit être un étalon de valeur, tout service et tout bien ayant un prix dans cet étalon, y compris elle-même, et ce prix c’est le taux d’intérêt.
  3. Et enfin, elle doit être une réserve de valeur, c’est à dire que si je ne l’utilise pas aujourd’hui, je pourrai l’utiliser pour acheter ce dont j’aurai besoin une journée ou un an plus tard.

Le jeune étudiant (toujours moi), émerveillé par tant de profondeur se sentit un peu comme monsieur Jourdain qui ne savait pas qu’il parlait en prose…

Et depuis, je n’ai pas cessé de réfléchir sur la monnaie et j’y ai même consacré plusieurs chroniques sur ce site en plus de quelques livres, où j’essayais d’expliquer pourquoi la monnaie avait de la valeur alors qu’elle ne coutait rien à produire.

Et les conclusions auxquelles je suis arrivé après cinquante ans de réflexion étaient que Platon avait raison quand il affirmait que la monnaie était une convention sociale et que le Christ avait quant à lui parfaitement identifié la nature étatique de la monnaie quand il disait « rendez à César (César c’est l’État) ce qui est à César (la pièce de monnaie) et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Dans le fond, l’État, émanation d’une Nation, c’est-à-dire d’une volonté de vivre ensemble, a reçu de cette Nation le monopole de la violence légitime qui est sa prérogative essentielle pour lever des impôts pour, au strict minimum, défendre cette Nation au travers de sa police et de sa justice (paix intérieure) et de sa diplomatie et de ses armées (paix extérieure).

Le problème évidemment est que si César contrôle la monnaie, qu’elle ne coute rien à produire et qu’il commence à avoir des trous à la fin de chaque mois, il est à craindre qu’il commence à manipuler la monnaie pour atténuer ses difficultés de trésorerie.

Et les exemples historiques ne manquent pas, depuis Philippe le Bel qui dévalua au moins 12 fois la monnaie dans laquelle il s’était endetté tout en envoyant au bucher les Templiers qui avaient commis l’erreur de lui prêter de l’argent qui ne pouvait être dévalué, en passant par la Révolution Française qui transforma la dette de la France en assignats (c’est-à-dire en papier  sans aucune valeur), ruinant de ce fait tous les rentiers de l’époque,  et en finissant par la période actuelle ou ceux qui ont prêté de l’argent à l’État se voient obligés de payer pour ce privilège…

Et tout cela parce que notre État vit au-dessus de ses moyens depuis des lustres.

En général, celui qui dépense plus qu’il ne gagne finit toujours par faire faillite. Et la question est donc : l’État Français va-t-il faire faillite ?

Réfléchissons deux minutes.

Dans le secteur privé, si quelqu’un a emprunté trop d’argent et ne peut pas rembourser, en général cette personne est déclarée en faillite et les préteurs essayent de récupérer tout ou partie de leurs prêts en s’emparant des actifs du failli.

Voilà qui est impossible quand il s’agit du souverain.

Un État ne peut pas faire faillite et on ne peut pas s’emparer de ses biens pour solder les dettes qu’il aurait encouru. Quand un souverain fait défaut, ce n‘est pas lui qui perd de l’argent, ce sont ceux qui lui ont prêté de l’argent qui du coup sautent comme des bouchons, telles les banques Italiennes au XVI -ème siècle quand l’Espagne cessa de payer ses dettes, les bourgeois français quand les communistes refusèrent de rembourser les dettes du Tzar et demain les pauvres retraités français qui ont fait confiance à l’État…

Pour renverser une phrase célèbre, l’état en matière financière est coupable, mais certainement pas responsable.

Avant d’arriver au défaut de paiement et comme le personnel de l’État est tout sauf bête, il va essayer en tout premier d’enlever a la monnaie l’une de ses trois fonctions, la fonction « réserve de valeur » car après tout le plus facile est d’essayer de rembourser en monnaie de singe ce qui avait été emprunté en espèces sonnantes et trébuchantes.  Ce qu’il peut faire puisqu’il est le Souverain qui peut changer les termes du contrat qu’il a passé avec les préteurs.

Et là, l’imagination des gouvernements pour ne pas rembourser la contre-valeur de ce qui avait été emprunté a été prodigieuse. Tout a été essayé, ou presque et voici quelques exemples, loin d’être exhaustifs.

  • A l’époque de l’étalon or et comme la dette était en franc français défini par un poids d’or, le plus simple était de diminuer ce poids par FF et presto, la dette était allégée d’autant. C’est ce que les gouvernements français firent avec entrain de 1918 à 1969.
  • Une autre technique, utilisée en 1797 lors de la banqueroute des deux tiers, consiste à rembourser uniquement une partie de la dette, dans ce cas-là un tiers, et de ruiner tranquillement les épargnants, le motif étant donne par le ministre des finances de l’époque : « J’efface les conséquences des erreurs du passé pour donner à l’État les moyens de son avenir ». Ben voyons… Cette solution a été retenue récemment dans le cas de la Grèce lors de la crise Grecque de 2010 et elle me parait avoir un bel avenir devant elle.
  • Un autre moyen, qui se rapproche du premier, consiste à suivre une politique monétaire très inflationniste. Et comme la dette est en monnaie nominale, avec une inflation de 10 % par an, la valeur de la dette baisse de 50 % en 7 ans, ce qui fut fait un peu partout dans le monde pendant les années 70.
  • On trouve de nombreux exemples aussi de cas où les épargnants ont été encouragés amicalement à grands coup de pieds dans le derrière (c’est-à-dire forcés) à acheter de la dette étatique alors qu’ils n’en avaient pas la moindre intention. Imaginons par exemple que certaines banques connaissent des difficultés parce qu’elles seraient bourrées de dettes étatiques qu’on » les a forcés à acheter et que ces obligations ne vaillent plus grand-chose. Il va falloir donc procéder à une augmentation de capital… Très simple, les dépôts bancaires faits par vous et moi dans notre banque seront confisqués pour souscrire à l’augmentation de capital de ladite banque avec laquelle la banque achètera des obligations… d’État, placement sans risque par excellence puisque l’État ne peut faire faillite. Tout cela est déjà prévu par une législation Européenne et ne saurait tarder puisque le ministre des finances allemand propose un accord européen pour « mutualiser » ce genre d’opérations qui sera nécessaire quand la Deutsche Bank va sauter, ce qui ne saurait tarder.

Mais les génies qui nous gouvernent doivent aussi faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que le SERVICE de la dette soit le plus bas possible.

Après tout, ce n’est pas la même chose si vous avez 100 de dettes et que vous payez chaque année 0 % ou 10 % d’intérêts.

Et comme SEUL le service de la dette est intégré dans le calcul du déficit budgétaire, il est donc de l’intérêt de l’état d’avoir les taux d’intérêts les plus bas possibles pour tenir les fameux 3 % du PIB de déficit maximal, nouvelle ligne Maginot inventée de toutes pièces par la technostructure Bruxelloise, et pour cela nos hommes de gouvernement ont toujours inventé des avantages fiscaux du style de l’assurance vie en France pour inciter les épargnants à se précipiter sur les OAT…

Ce qui me permet de rappeler une de mes règles essentielles pour quiconque veut rester libre : N’achetez JAMAIS quoi que ce soit à cause d’un avantage fiscal. Si c’était un bon produit, il n’aurait pas besoin de cet avantage.

Mais le coup de génie dans cette recherche éperdue de taux d’intérêts les plus bas possibles, c’est monsieur Draghi qui l’a eu en permettant à la BCE d’acheter des obligations d’État directement, en créant de la monnaie « ex nihilo ».

Voilà qui fait que les taux d’intérêts que paye l’État Français n’ont plus rien à voir avec des prix de marché, ce qui est bien pratique.

Prenons l’exemple de la France. En raison de notre incontinence budgétaire perpétuelle, la dette a quasiment quadruplé depuis que l’Euro existe (Et portant, monsieur Attali nous avait expliqué que l’Euro forcerait l’État à se reformer. Curieux comme un homme aussi compètent, si on l’en croit, ne cesse d’avoir tort. J’aimerais bien voir les résultats du portefeuille de monsieur Attali … ». Mais les taux ont diminué de 80 % pendant la même période puisque la banque centrale achète les obligations sans rapport aucun avec la « valeur intrinsèque « de ces obligations ou la capacité de remboursement de la France, et donc le service de la dette est resté le même depuis vingt ans, ce qui permet au reste des dépenses de continuer à augmenter puisque le financement ne pose aucun problème.

Cette manœuvre, achat de la dette par la BCE était formellement interdite par les traités qui ont présidé à la création de l’Euro, mais les traités pour les eurocrates, après tout, ne sont que des chiffons de papier, sauf bien sur si un peuple veut sortir de l’Europe. Alors là, immédiatement ils deviennent plus importants que les dix commandements.

Le problème de l’État est donc réglé puisque toute la dette qu’il émettra sera achetée par la BCE et, cerise sur le gâteau, cette dette ne lui coutera rien. Nous avons confié les clés de la cave à vins à un sommelier alcoolique et sommes donc en droit d’en attendre des résultats merveilleux, en tout cas, c’est ce que nous dit monsieur Minc.

Nous avons remplacé de fait les impôts par l’impression de monnaie et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, en particulier pour nos technocrates qui du coup, peuvent fort bien se passer des élections et de ces gens qui ne comprennent rien et qui font partie de ce magma informe et quelque peu malodorant que l’on appelle le peuple.  Pour le faire tenir tranquille, il suffira de distribuer une toute petite partie de cet argent nouvellement créée à la maréchaussée qui saura le maintenir là où il doit être, à des endroits où nulle personne normale ne va jamais.

Fort bien, mais en détruisant la notion de réserve de valeur et en supprimant les taux d’intérêts qui sont le prix du temps on en arrive automatiquement à détruire aussi la notion d’étalon de valeur puisque du coup la monnaie n’a plus de relation avec le TEMPS.

Je m’explique.

L’intérêt que je touche sur mon épargne est censé me protéger contre l’incertitude du futur. Des taux d’intérêts négatifs veulent donc dire que le futur est plus certain que le présent, ce qui est totalement idiot

Le taux d’intérêt est ce qui me permet de me placer dans le temps. Quand il n’y a plus de taux d’intérêts, je ne peux plus faire un choix rationnel entre investir, épargner et consommer et l’économie s’arrête puisque plus personne ne va enlever les billets du matelas pour les mettre à la banque, ou ils seraient utiles.

La vélocité de la monnaie s’écroule, et avec elle l’économie. Nous avons alors une deflation-depression.

Aucun problème, diront nos apprentis sorciers, il suffira d’interdire les billets et de tout faire passer par les cartes de crédits, ce qui permettra à ces braves gens épris du bien public de savoir à tout moment où je suis et comment je dépense mon argent.

Je ne sais pas si le lecteur a remarqué, mais de nombreuses propositions en ce sens voient le jour en ce moment

Mais bien entendu, cette mauvaise idée ne marchera pas plus que les autres parce que la plus vieille loi économique, dite « loi de Gresham » ‘La mauvaise monnaie chasse la bonne » va se mettre à jouer

Imaginons que je sois obligé de payer uniquement en utilisant mes cartes de crédit mais jamais en billets.

Les billets en dollar, en livre sterling vont se découvrir d’innombrables supporters qui commerceront à utiliser ces supports en évitant avec soin d’utiliser la monnaie officielle et l’euro s’écroulera.

Ce qui veut dire en termes simples que l’Euro, après avoir perdu sa fonction de réserve de valeur, puis sa fonction d’étalon de valeur perdra aussi sa dernière fonction, celle d’outil de transaction et que son prix ira tangentiellement vers zéro, c’est-à-dire que nous rentrerons en hyperinflation, non sans être passé auparavant par une période de déflation comme je l’ai déjà indiqué.

Et c’est en général à ce point de l’histoire que le gouvernement introduit des contrôles des changes et des contrôles des prix, lesquels précèdent de peu les contrôles sur les mouvements de personne avec l’ouverture de quelques goulags et autres camps de concentration où seront collés votre serviteur et  bon nombre de ses lecteurs (je suis sûr que les listes existent déjà), ce qui nous donnera l’occasion de mieux nous connaitre, mais hélas, l’espérance de vie dans ce genre d’endroits est assez court.

ACHETEZ DE L’OR.

 

 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

53 Commentaires

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  • Rantanplan

    22 novembre 2019

    Patron,
    Pour compléter votre analyse, il y a une limite basse à l’achat des obligations d’État à taux négatifs:

    le prix de la location d’un coffre en Suisse

    Cf.
    https://www.zerohedge.com/personal-finance/worlds-ultra-rich-scramble-find-safe-deposit-boxes-ahead-next-crash

    Donc, ce n’est pas compliqué: si un taux qcq est plus cher que la location d’un coffre en Suisse, personne de raisonnable ne l’achètera. Idem pour tous les États dont le taux est inférieur à taux[coffre-en-Suisse] + spread
    (parce que le coût du risque est trop faible)

    Bref aucune personne privée n’achètera des obligations européennes. Les seuls qui le feront sont les obligés: banques & BCE. C’est bel et bien la bonne vieille planche à billets.

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  • Franck

    21 novembre 2019

    Il y a quelques mois, j’ai visité Buenos Aires. Intéressé par le commerce d’antiquités, j’ai visité les boutiques de différents antiquaires locaux. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai demandé les prix des articles qui m’intéressaient. Tous les prix étaient en dollar américain! Quand vous dîtes que la mauvaise monnaie chasse la bonne, c’est un exemple qui le démontre.

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  • LUc

    19 novembre 2019

    Nous sommes dans une plutocratie mais aussi en France socialisme par le haut et le bas avec la classe moyenne qui disparaît.
    La politique de la BCE actuelle qui rachete des obligaton d’etat ou corporate a tout va pour faire baisser les taux n’a d’autre but que de sauver les états et leurs finances (financer la secu et eviter l’explosion sociale)
    Les obligations d’etat grecques a 10 ans sont en taux negatif, que dire de plus ? il faut pas etre analyste financier pointu pour comprendre que cela du registre de la science fiction et de la manipualtion
    En d’autres terme, les banques centrales ont repris le flambreau des banques et font un peu n’importe quoi pour gagner du temps, ces taux négatifs c’est du ponzi. entretemps, avec les taux négatifs (rares dans l’histoire), les actifs avec qq rendement flambent.
    de toute facon tout ce systeme finira par peter, va-t-on vers des dividendes négatifs qui snt deja tres bas aussi pour les actions par subsitution ??? quel est l’interet de détenir un actif a interet negatif a part pour le risque de contrepartie, qui est tres discutable. les effets sur la liquidité ont-ils ete envisagés ?
    Les sociétés zombies (contrairement a la destrction creatrice de Schumpeter) sont maintenues en vie
    Ce systeme est tres malsain, car de plus en plus de gens dépendent de l’etat, oligarques au sommet ou allocataires en bas (pour qui le vote pour un apparatchik signifie droit de vie ou de mort, revenu minimal de subsistance, HLM etc). le but des banques centrales n’est plus la stabilité des prix mais de sauver un systeme a bout de souffle.
    En corolllaire la pression fiscale et le parafiscal augmentent car le mammouth est toujours plus a cours de ressources.
    Notons que pour la rome antique c’etait aussi comme cela. plus de taxes, socialime par le haut et le bas

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  • Shell

    19 novembre 2019

    Merci pour cet article qui résume clairement la situation actuel, votre approche est simple et pertinente.

    Je tiens aussi à remarquer que les mêmes supporters du libre échange au niveau mondial (aux manettes du système actuelle) qui ont horreur de tout protectionnisme vont finir par mettre les contrôles de capitaux qui est le pire des protectionnismes (ce qui est une belle ironie) et qui va sans dire faire une effondrement majeur et durable du commerce mondiale qui leur est tant chère…

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  • Henri

    19 novembre 2019

    Suis perplexe quant au conseil d’achat d’or pour se protéger : s’il faut le conserver à la banque, non merci. S’il faut le conserver chez soi, non merci également. En outre, compte tenu du traçage sur l’achat/vente d’or, il serait impossible d’échapper à un impôt qui viendrait, opportunément (pour l’état, naturellement), en frapper la détention.

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    • PHILIPPE LE BEL

      19 novembre 2019

      + 1, ou une obligation légale de se dénoncer comme propriétaire… Il me semble que cela est arrivé après la crise de 1929 aux États-Unis…

    • Garofula

      21 novembre 2019

      En cas d’urgence, l’or permet de traverser la frontière avec grâce et légèreté.

      La taxation de l’or importe peu si, entre temps, l’or a gagné 1000 ou 10000%. Dans un naufrage, vous ne pouvez pas tout sauver mais il importe de sauver ce qui peut l’être.

      L’or permet de parer aux situations les plus urgentes. Le dollar et le franc-suisse également.

      Pour le reste, soyez propriétaire d’actifs tangibles. Si vous en êtes exproprié par la force, vos droits sont malgré tout inaliénables et vos héritiers pourront les réclamer en justice quand la poussière de l’histoire sera retombée. C’est toujours ça de pris que les boches n’auront pas.

  • PHILIPPE LE BEL

    19 novembre 2019

    Bonjour,
    Très bel article pédagogique. Merci. Je m’endormirai moins bête ce soir.
    Je rajouterai de l’or physique, et pas dans un coffre à la banque.

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  • Brunof

    19 novembre 2019

    Bonjour M. Gave, et aussi à l’ ensemble des contributeurs. Je me permets , dans un premier temps, de faire remarquer que le Souverain ,dans notre organisation politique, n’est pas l’état, bien qu’il le paraisse, mais le Peuple. Les membres de l’état reçoivent délégation de pouvoir du Peuple pour agir en son Nom . La majeure partie des problèmes actuels vient de ce que ces membres se pensent souverains. .
    Une deuxième remarque concernant cette fois-ci la nature de la Monnaie. Nous sommes tous d’accord avec vos trois aspects fonctionnels mais ce ne sont que des Fonctions. Quid de sa vraie Nature? Amha, la Monnaie est de l énergie, créée par une activité humaine , reconnue comme utile au groupe dans lequel cette création a eu lieu. Cette créance due par le groupe envers une création humaine, est , amtha, surtout et avant tout la reconnaissance du Temps de Vie passé a la création de cette production humaine ( cf le salaire horaire de differents métiers, par ex. ). Bref, la nature ultime et intrinsèque de la Monnaie ,est pour moi , du Temps de Vie Humaine. Aristote n a pas cherché au bon endroit les organes reproducteurs de la pièce de monnaie, il aurait dû se regarder dans une flaque d’eau..😊

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  • Pierre 82

    19 novembre 2019

    “Je suis sûr que les listes existent déjà”.
    Deviendrez-vous complotiste?
    Ceci dit, vous avez probablement raison, notamment quand on voit la rapidité avec laquelle le régime a trouvé des trucs totalement improbables en fouillant dans vos écrits pour vous dégommer, vous et votre fille, lors de la dernière campagne électorale, m’a laissé rêveur.
    Quand on imagine le nombre de petites mains travaillant à “purifier” les élections, ça pourrait foutre la trouille…

    Répondre
  • Geek

    19 novembre 2019

    Pourquoi de l’or ?!
    D’abord, merci pour votre article fort intéressant. Vous expliquez de manière convaincante que l’Euro va s’effondrer, ce qui n’est pas une révélation en soi si ce n’est que ça semble imminent désormais.
    Alors pourquoi ne pas investir dans une autre devise comme le USD notamment ? Le dollar ne s’effondrera pas, au contraire, il va s’apprécier face à l’Euro.
    Je ne suis pas votre raisonnement et ce qui est dommage c’est que vous concluez par “achetez de l’or” sans expliquer pourquoi cette recommandation subite qui va d’ailleurs à contresens d’autres raisonnements que je vous ai entendu tenir.

    Répondre
    • robert seillan

      19 novembre 2019

      Trump fera tout pour éviter que le dollar s’apprécie.
      Avoir 5 à 10 % de son épargne mobilière en or physique a toujours constitué une sage précaution.

    • leducmichael

      24 novembre 2019

      Concernant l’€uro (monnaie taille unique pour pays économiquement très différents), j’ai posé la question suivante à mon père (1941)qui ne comprenait pas mon analyse sur ces billets “PQ”
      “Combien de monnaies ta mère (1909) et toi (1941) avez connu et qui ont disparues ? ”
      Il a commencé à compter ses doigts puis il c’est mis à en manquer sur sa première main ….. TOUTES disparues
      alors que l’or ….

  • breizh

    18 novembre 2019

    avec le brexit, la liberté sera-t-elle à Londres à nouveau ?

    pour le reste, quand un Etat n’arrive pas à rembourser ses dettes, trois solutions : l’inflation, la spoliation et le défaut. Pour le dernier, il ne faut plus avoir besoin d’emprunter…

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  • Le Rockeur

    18 novembre 2019

    Merci M Gave pour cet article éclairant , je prends toujours un grand plaisir à vous lire ou à vous écouter.

    Il est en effet un peu surprenant de lire votre conseil majuscule en fin de lecture.

    Je crois cependant vous avoir déjà entendu évoquer le jaune dans vos récentes interviews, et positivement pour les temps de crise. Preuve en est ici également.

    L’or reste surement la sécurité optimale dans notre conscience collective, le recours tangible ultime qui a fait ses preuves durant 5 000 ans, une forme d’assurance et qui comme toute assurance doit si possible s’acquérir bon marché.
    Il reste et restera encore quelques temps en haut de la pyramide d’Exter.

    Il est préférable d’acquérir de l’or chez des professionnels reconnus pour éviter des risques, d’ailleurs les lingots ou lingotins bénéficient désormais de certificats de fonderie, très précis. Tout peut se falsifier certes, mais j’ai du mal à croire que les maisons reconnues puissent jouer à ce genre de jeu. Le spectromètre a encore son usage sur ce point, et c’est une réelle sécurité.

    Je ne suis pas spécialiste du sujet, mais une répartition entre pièces d’investissement (Napoléon, le 20 F suisse, le magnifique 50 pesos …) très liquides une par une en temps de crise et, des réserves moins encombrantes en lingots (250/500/1000g) pour ceux qui ont un patrimoine plus important peut sembler équilibrée.

    Si l’histoire ne se répète pas, il peut lui arriver de rimer

    En période de taux zéro ou négatifs, comme en période de forte inflation, le risque de perte de valeur de l’or demeure
    plutôt faible.

    Avec mes remerciements pour tout votre travail et vos analyses pertinentes.

    Répondre
  • Alexandre

    18 novembre 2019

    Ils prévoient aussi de supprimer les cartes de crédit, qu’ils veulent remplacer par les téléphones portables.

    Raison pour laquelle ils ont fait une loi pour que 100% du territoire soit couvert en antennes relais et raison pour laquelle la commission européenne a récemment fait une loi pour qu’on ne puisse plus avoir accès à ses comptes bancaires sans smartphone.

    A moyen terme ce n’est donc pas seulement l’euro qui va sauter, mais la monnaie elle-même qu’ils veulent remplacer par des IA (intelligence artificielle) qui sur les smartphones (puis avec les micro-puces corporelles sous-cutanées) diront ce qu’on a le droit de consommer ou pas (au prétexte de l’écologie bien entendu), lorsqu’un revenu universel de base sera directement versé à chacun sous la forme de bons d’achats sur smartphone..

    Dans le même temps pour réaliser ce scénario il leur faut légaliser les drogues, car sans une telle légalisation la suppression de l’argent liquide causerait l’explosion des banlieues, raison pour laquelle Macron a légalisé le cannabis thérapeutique, première phase vers la légalisation de toutes les drogues, indispensable à son projet de suppression de la monnaie et raison pour laquelle il veut privatiser aéroport de Paris dans le but d’avoir les fonds pour développer une intelligence artificielle de contrôle de la population qui remplacera la monnaie..

    Les radars automatiques sur les routes, dont les radars tourelles ont pour but réel avec la 5G et la 6G de fonder les véhicules autonomes qui vont, comme le disent les fondateurs de google, retirer à l’individu la liberté de ses déplacements, seuls les trajets autorisés par l’intelligence artificielle au prétexte de l’écologie étant alors autorisés aux individus.

    Pendant ce temps Bergoglio attend le décès de Benoit XVI afin qu’après son décès il puisse faire de l’église catholique l’outil de cette théocratie politique, écologiste, transhumaniste et anti-monétaire.. marxiste, ce qui semble pour le moment très bien fonctionner aussi..

    Et comme Boris Johnson va perdre son élection le 12 décembre prochain, le BREXIT lui-même n’aura pas lieu..

    Ajoutons à cela le pire de tout, les centrales atomiques qui risquent d’exploser du fait même de la faillite monétaire.. comme les centrales thermiques explosaient en Argentine en 2001 suite à l’effacement des comptes ou à Chypre plus récemment, lorsque la seule centrale électrique du pays tombait en panne.. à cause des finances..

    Savoir que Macron se fera probablement assassiner ne me réjouis donc pas le moins du monde au regard du scénario qu’il contribue à créer.

    Et nous concernant ils n’auront même pas besoin de nous mettre dans des goulags, lorsqu’ils leur suffira d’effacer nos comptes au prétexte de notre “haine terroriste” ou de nous mettre en asiles psychiatriques tend il est évident que nous sommes “conspirationnistes”..

    Répondre
  • Smith

    18 novembre 2019

    Excellent article. Le problème est qu’acheter de l’Or est compliqué (Fausses pièces, Stockage, etc). Quid de certaines mines d’Or? Parce que préconiser d’acheter de l’Or n’est qu’un conseil assez vague, finalement. Pourriez-vous alors développer un peu, ou faire un prochain articles sur les parades à trouver face aux hommes de Davos?

    Répondre
    • Milou

      18 novembre 2019

      Bonjour Smith.
      BullionVault ou AuCoffre.com !
      Vous pouvez soit vous faire envoyer cet or ou argent, soit le faire garder par des sociétés de gardiennage spécialisées, en Suisse.

    • Mégot Honnête

      18 novembre 2019

      Bonjour Smith,

      Vous pouvez acheter de l’or et le stocker par l’intermédiaire de Goldmoney. Ils offrent des services de chambre fortes un peu partout dans le monde où la loi compte encore (Angleterre, suisse, USA) et font office de courtier, avec des frais très compétitifs (de l’ordre du dixième de pourcent). Ils proposent également des cartes bancaires (Mastercard) de débit qui vous permettent de dépenser directement en or sur le réseau mastercard (donc virtuellement partout dans le monde). C’est une alternative complète au système bancaire qui a le soutien de Peter Schiff, une sorte de Charles Gave américain qui dénonce depuis des années l’inanité du système de banque centrale.

    • Patrick Meru

      19 novembre 2019

      Bcp de solutions existent, Bullionvault est un bon conseil, Aucoffre au contraire tres cher et en France, à eviter, sinon des francais ici à malte, new york et singapour, chez eux depuis 2010 https://www.acheter-de-l-or.net/goldbroker.html

    • Jlmh

      22 novembre 2019

      Essayez la carte Glint.
      Carte débit Multidevises et Or.
      Or stocké em Suisse.
      Glintpay.com

  • THIERRY

    18 novembre 2019

    Merci M Gave
    Je suis d’accord avec tout ce que vous dites mais les mêmes mécanismes s’appliquent également au dollar ( création vertigineuse de dollars, financement de la dette us exponentielle par la FED, taux d’intérêt artificiellement bas etc) et pourtant vous n’envisagez pas une seconde la disparition du dollar?
    Ce qui est valable chez nous ne le serait pas là bas ?
    Pourtant les mêmes causes produisent les mêmes effets ? Cherchez l’erreur !

    Répondre
  • candide

    18 novembre 2019

    ACHETER DE l’OR.
    Venant de vous, alors que dans vos analyses précédentes vous étiez réticent face à la relique barbare, ce conseil sonne comme un tocsin.
    Concernant cette idée lumineuse de QE, les effets délétères se font de plus en plus sentir. Dans une compagnie d’assurance comme celle où je travaille, les effets sont doubles :
    – hausse du cours de l’action, avec pour corollaire l’obligation de dégager de la rentabilité
    – une chute de la rentabilité des produits financier.
    Il faut donc gagner plus tout en perdant beaucoup sur notre première source de rentabilité. Par ailleurs, sur un marché mature, il est difficile de trop augmenter les primes ou de conquérir de nouveaux clients. Il faut donc réduire les frais généraux, donc le personnel, ce qui est d’autant plus simple que l’investissement ne coûte rien. Ces suppression de postes ne vont pas améliorer les comptes publics (les comptes sociaux surtout), ce qui va demander encore plus d’argent gratuit qui va aggraver le problème…

    Répondre
  • Louis de Funès

    18 novembre 2019

    Il existe un exemple dans le monde qui contredit cette vision : c’est le Japon. Vous même, Monsieur Gave, avez reconnu que la fusion de la BoJ et de l’État japonais réglerait le sujet de la dette.

    D’ailleurs, cette opération ressemblerait à un “free lunch”, n’est-ce pas ?

    Pourquoi le Japon réussirait là où les États européens et la Bce échoueraient ?

    J’avoue que c’est un mystère pour moi…

    Répondre
    • ilmryn

      22 novembre 2019

      Parce que la dette japonaise est détenue à 94% par des investisseurs et des privés japonais (via les assurances). Elle est comme la monnaie facilement contrôlable.
      Autre chose, le Japon est très libéral, La gouvernement gaspille 35% du PIB seulement contre 60% pour la France socialiste et les impôts y sont bas ce qui donne une marge de manœuvre que la France no1 mondial dans le domaine de la fiscalité n’a plus du tout.
      Pour finir avec la dette “hors bilan” qui est composée pour moitié des retraites des fonctionnaires la dette réelle de la France est de plus de 270% (99 % de dette au sens de Maastricht et 171 % de dette hors-bilan au sens des normes IFRS et IPSAS).
      cpef

  • Jacques Peter

    18 novembre 2019

    Acheter de l’or? Bien entendu. Mais défendons aussi le cash, qui est une liberté durement attaquée. Pour cela, ne vous servez de votre carte bancaire que pour faire des retraits et payez en espèce. C’est se compliquer un peu la vie, mais la liberté vaut bien un petit inconfort.

    Répondre
    • Patrick Meru

      19 novembre 2019

      Je plussoie !!! Utiliser le cash au maximum!

    • Gavroche

      19 novembre 2019

      Celà fait 6/7 ans que je fonctionne comme celà.
      Il y a 5 ans j’ai pris rendez-vous avec ma banquière pour discuter d’un prêt immobilier. Premier réflexe de la banquière, analyse rapide de mon compte en banque : ” Monsieur, je vois que vous avez une gestion atypique de votre compte”….
      J’ai changé de banque, et suis certainement désormais dans la liste des gestionnaires “atypiques” direction le goulag !

  • BKK

    18 novembre 2019

    Superbe analyse de la situation, rendez vous au goulag à très bientôt les amis .

    Répondre
  • Scardanelli

    18 novembre 2019

    Bonjour Monsieur Grave,
    À nouveau mes félicitations pour votre analyse.
    Il n’y a pas si longtemps vous vous montriez soupçonneux vis-à-vis de l’or, par nature improductif. Vous préconisiez de souscrire aux emprunts russes — pays désormais géré rationnellement et producteur d’or — ce que vous compariez « à un coup de billard à trois bandes. »
    Aussi, une question : la situation est-elle devenue si grave et si urgente ?

    Répondre
  • Vaik

    18 novembre 2019

    Le plus gros risque est devant nous (je le traite dans le deuxième paragraphe).

    Je réagi simplement dans ce premier paragraphe. La dose d’impression monétaire augmentera désormais à chaque trimestre, la BCE a relancé un nouveau QE, les taux directeurs sont au stricte zéro et les taux de placement sur le compte de la BCE est de -0,5%. A bien y réfléchir c’est comme un ISF à 0,5% (mais qui ne prend en compte que vos liquidités). Le premier seuil de l’ISF, est de 0,5% quand vous dépassez 1,3 M€, tiens!
    A la différence que ce n’est pas l’état qui vous prendra directement l’argent mais vous qui vous ferez prendre votre argent par une banque avec des frais abusifs (il parait qu’ils réfléchissent à faire payer la rencontre avec le conseiller) qui va être pris par la BCE, une institution qui n’appartient pas à l’état français et dont personne ne parle dans les médias non économiques, ce qui permettre à la BCE de réduire son bilan pour pouvoir se permettre encore plus de largesse sur le rachat d’actions mais surtout d’obligations pour enfin pouvoir financer indirectement l’état français en diminuant ses taux d’intérêts (pfiou!). Très subtil.
    Surtout qu’au rythme de 0,1 par trimestre sur la taxation des dépôts par la BCE, l’ISF qu’on payait à 10 M € sera payé par tous les français en deux ans et demi. Génial!

    Maintenant on passe aux choses qui fâchent (vraiment). En un mois, la FED à augmenté son bilan de 280 Md $: https://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/bst_recenttrends.htm
    A ce rythme la, le bilan est multiplié par deux en un an et demie. Et ils ne peuvent pas arrêter car les banques refusent de se prêter et donc font chanter la FED pour encore plus de garanties REPO. L’inflation aux USA va vite devenir insoutenable, la BCE n’est actuellement pas dans une merde pareille, c’est pourquoi il faut se débarrasser de toutes ses liquidités en dollar.
    Mais ça fait monter toutes les bourses occidentales! C’est pourquoi, ça va tous juste permettre la réélection de Donald Trump, cette idiot qui dit que les keynésiens sont les économistes les plus bêtes du monde et qui se permet 4% de déficit, en plus de demander sans cesse à Powel de relancer les Quantitatives Easing et la baisse des taux!
    De toute façon, la relance des états-unis ne tient qu’à deux choses:
    – La croissance achetée à crédit
    – La pétrole de schiste qui a fait des états-uni le premier producteur mondial, mais dont les réserves s’épuisent très vites, déjà qu’elles sont 10% plus basses qu’attendues.
    D’autant plus que la dette publique est de 150% et ne peut-être maintenue que par la place unique du dollar, c’est pourquoi si le dollar perd son statut. Les états-unis s’écrouleront comme un chateau de carte en tombant en Banqueroute.

    Il n’est pas fou de parier que dans la décennie qui s’ouvre il va y avoir de TRES GROS mouvements sociaux aux états-unis. Et qu’à mon avis, au rythme où ça va, l’inflation à 10% ou plus va se faire sentir.

    Sinon bon article, j’ai réalisé un résumé de 23 pages sur la crise à venir pour ceux que cela intéresse:
    http://public.titann.fr/effondrement.pdf

    Répondre
  • DIDIER

    18 novembre 2019

    Splendide article.
    Dangereusement subversif.

    Même mes parents très âgés l’ont bien compris aussi…
    … sauf que toutes leurs économies sont et resteront presqu’entièrement en assurance-vie, car :

    1) pas d’autre placements possibles pour eux.
    + soit de trop long terme (ex : immobilier)
    + soit trop complexes à mettre en oeuvre ou à comprendre (ex: immobilier, actions…)
    + soit nécessitent des déplacements physiques (ex: compte en Suisse)
    + soit peuvent se les faire voler si conservées chez eux (or, billets…)

    2) l’assurance-vie, ce sera bien pour la fiscalité sur la succession. (si les règles ne changent pas…)

    3) Leurs assurances-vies sont réservées aux ex-fonctionnaires et militaires et ils pensent que l’état hésitera à taper fort sur ses (même ex-) serviteurs. (Peut-être pas faux.)

    4) et aussi, quelque part, il ne peuvent pas croire que cela puisse si mal se passer…

    Ne jamais oublier que à la fin des années 30, 50% des juifs allemands ont décidé de rester dans le pays, même après la nuit de cristal.

    Il est donc malheureusement à prévoir que les salopards se goinfreront l’argent des retraités.

    ___

    P.S.: J’ai quand même trouvé un investissement filet de sécurité pour mes parents, si cela peut intéresser du monde.
    (Ceux qui ont pu lire mes commentaires réguliers, sauront que je ne suis pas là pour vendre ma sauce.)

    Cordialement.

    Répondre
    • Delz

      19 novembre 2019

      Du coup, que conseiller à des gens relativement jeunes et autour du revenu médian ?
      A ce niveau, c’est en général le PEA/PEL qui concentre l’épargne…

    • maelys

      19 novembre 2019

      bonjour je découvre Mr Gaves par cet article et comprends mieux les mécanismes , c est effarant !! je suis comme vos parents ( je dois les suivre de pas très loin 🙂 ) et toutes mes économies sont dans des assurances vies ( c est ce qui rapporte le plus) pas d actions ( j ai pas mal perdu en 2009 ) et très franchement ca fait peur. impossible de tout mettre dans l or, et les gestionnaires de portefeuilles faut leur faire confiance … que faire? à mon âge, dommage de tout perdre ..
      dommage que Mr Gaves ne fasse pas de la gestion de portefeuille pour les particuliers
      merci de vos réflexions cordialement

    • hugeus

      3 décembre 2019

      Souvent d’accord avec vos commentaires, je me pique de curiosité pour ce filet de sécurité dont vous parlez. Une piste ?
      Merci par avance.

  • Max

    18 novembre 2019

    Bonjour Mr Gave, très pertinent. Corrigeriez vous : achetez de l’or mais pas avant la déflation et non sans savoir les mesures que mettront en place nos gouvernants pris dans l’étau d’une récession. La confiance en la monnaie étant une condition primordiale pour gouverner et maintenir dans la servitude un pays. Portez vous bien !!

    Répondre
  • JVP

    18 novembre 2019

    Cher M. Gave,

    Merci pour votre analyse, fascinante comme d’habitude.

    2 commentaires

    Au niveau théorique des 3 fonctions de la monnaie, je pense que “La violence de la monnaie” d’Aglietta et Orléan devrait vous plaire. Ils ont construit une belle théorie sur la monnaie en se fondant sur celle de la violence mimétique et du bouc émissaire de René Girard
    * A la “violence essentielle” (confrontation du sujet et du rival pour acquérir un objet) correspond la fonction de moyen de circulation
    * A la “violence réciproque” (reconnaissance de la valeur d’un objet possédé par autrui) correspond la fonction de réserve
    * A la “violence fondatrice” (expulsion d’un objet neutre par la violence polarisée issue de la socialisation des sujets) correspond la fonction d’unité de compte

    Pas certain de ses applications concrètes ; comme vous je crois à en croire votre critique de l’ordo-monétarisme allemand après la réunification par exemple, ils n’indiquent pas de “règle dans le marbre”, pour une bonne gestion monétaire, mais appellent à un certain pragmatisme.

    Plus concrètement aujourd’hui, en régime de “fiat currency”, tout repose sur la confiance, en particulier celle de la capacité des banquiers centraux à maîtriser la situation. Ils sont en train de perdre cette confiance des marchés, et il n’est pas impossible qu’il en résulte (un jour…) un dérapage hyper-inflationniste à la 1923 en Allemagne.

    Les 2 grandes recettes du “magicien” Dr Schacht, appelé comme “commissaire du Reich à la monnaie” fin 1923, pour mettre alors fin à la crise et imposer le rentenmark sont intéressantes à se remémorer :
    * Refus du jour au lendemain de la Reichsbank d’accepter les bons d’urgence émis par divers organismes officiels et les entreprises privées, sorte de monnaies parallèles émises alors
    * Lutte contre le marché noir des devises : le rentenmark à son introduction n’avait ni le pouvoir libératoire ni le cours forcé. Or les vendeurs à découvert se finançaient à la Reichbank à chaque fin de mois. Le refus soudain de la Reichbank d’accorder des crédits aux vendeurs à découvert en novembre 23 en mis un certain nombre par terre et stabilisa les cours à 4.2 trillions par usd (sic !)

    Il faut parfois savoir sortir du cadre !

    Bien à vous

    JVP

    Répondre
  • Ockham

    18 novembre 2019

    Vos raisonnements sont limpides dans la sphère économique. L’état franc puis français est incontinent depuis la fameuse livre d’argent de Charlemagne à peu d’exceptions près (Charles V, Sully, … ??… Charles De Gaule et Pinay avec son emprunt or). Vous n’oubliez tout de même pas de reconnaître que l’état a le monopole de la violence légitime. Vous reconnaissez le fait donc le droit pour l’état en faillite de le transférer à ses créanciers jusqu’au rez-de-chaussée via l’impôt. Par ailleurs vous savez que la politique c’est se coltiner avec les “Jacques” qui exigent l’indu surtout s’ils n’ont rien fait de leur vie, avec certains syndicats qui sont des ogres politiques travaillant même pour des puissances étrangères qu’il faut payer, c’est éponger des projets pharaoniques qui triplent en dépenses, c’est louvoyer devant les dépenses de la maladie et l’âge en affichant une certaine égalité y compris pour des étrangers alors que c’est un tonneau des danaïdes… etc. Ça c’est la France. Alors et l’Europe ? Eh bien l’Europe c’est la France en plus grand. Les éphémères grecques dansent en juin et les termites prussiennes accumulent toute l’année. Autrement dit ce que certains dirigeants français ou européens ne peuvent ou ne veulent pas résoudre économiquement, ils le font politiquement donc via la monnaie donc via la BCE. La spoliation des fourmis est institutionnellement organisée pour faire taire les cigales. Au passage vous avez la dent dure pour ces thuriféraires très bien payés à vie pour adoucir l’extraction et le transfert mais c’est vrai que ces anesthésistes de l’économique sont de vrais faux-culs toujours présents dans les médias avant une extraction douloureuse ! Et pour revenir au sujet, l’or est mieux pour l’instant que la Deutsche Bank.

    Répondre
  • Gerldam

    18 novembre 2019

    Vous dites vous-même que “le personnel de l’état est tout sauf bête”. Je demeure persuadé qu’ils trouveront des solutions pour éviter et la dépression et l’hyperinflation. Peut-être même en scindant l’euro en deux ou d’autres trucs et larcins qu’on ne peut encore imaginer.

    Répondre
  • Dyr

    18 novembre 2019

    Cher Charles,

    Oh comme je suis content de vous voir enfin mentionner la chute des Templiers !
    Il est tellement vrai que la mort d’un créancier permet l’effacement d’une dette.
    Allez, je me hasarde à un peu de cynisme :
    M. Khadafi aurait ils été le templier de M. Sarkozy ?

    Autre exemple historique que j’adore :
    Au XVIème siècle, les conquistadores étaient financés à crédit, les richesses du nouveau monde étaient censés être le retour sur investissement. Hélas, si ces derniers avaient été très bons pour piller les empires mayas et aztèques , les pirates français furent encore meilleurs pour les intercepter, et la couronne d’Espagne fit défaut, ruinant ainsi les banques italiennes.
    Il faut dire que génocider à coups d’arquebuses des amérindiens armés d’arcs et de flèches était facile, mais faire face à des armateurs Huguenots fuyant les persécutions en France et aguerris par elles, c’était une autre paire de manche.
    Passifs et actifs mis face à face, les banques italiennes furent ruinées par des pirates français. Et les espagnols en tinrent rancune envers le Royaume de France.

    C’est toujours fascinant de voir à quel point l’état français est doué pour faire fuir ses ressortissants de qualité dans un premier temps puis de voir à quel point ça se retourne contre lui dans un second temps.

    Bien à vous

    Répondre
    • Delz

      19 novembre 2019

      A cette époque, pas mal de capitaines pirates étaient sous contrat avec l’état, donc corsaires. L’état se faisait du beurre sur leurs prises.
      De plus, les pirates ne passaient pas toute leur vie en mer. Ils avaient besoin de bases (La tortue, la Jamaïque, Nassau…), où réparer, recruter, se divertir… ces bases étaient des colonies, gérées par des gouverneurs. Ceux ci collectaient des taxes, achetaient les prises à bas prix et les revendaient à la métropole… (On parle de plus de 1200% de profit sur les marchandises de luxe comme le sucre, le tabac…) avec du beau capitalisme de connivence bien ruisselant, versaient des sommes à qui il faut, les navires arrivant aux ports de la métropole payaient des droits de douane… bref, l’état se fait encore du beurre.

      Les états de l’époque ont tous encouragé la course (les anglais étaient les meilleurs, concurrencés par les gascons et bretons, et les gueux de mer des provinces unies), car cela leur rapportaient des tas de pognon. Ce n’est que lorsque les pirates sont devenus trop indépendants, et surtout nuisibles pour le commerce, que les états les ont pourchassé et exterminés.

      Petit détail : les USA n’ont jamais renoncé à la guerre de course.

  • Charles Heyd

    18 novembre 2019

    J’aime pas beaucoup la dernière ligne (ACHETEZ DE L’OR.) de ce billet même si tout ce qui précède est remarquable!
    Et même si j’ai aussi acheté (un peu) d’or très récemment car je commence en effet à avoir la trouille du lendemain car M. Macron n’a pas fait, et n’en fera pas, une seule réforme qui serait nécessaire à la survie de notre économie et de notre pays, notamment la réforme de l’état et du système électoral et fiscal;
    j’ai écouté ce matin même un très court passage du discours de B. Griveaux qui passait sur radio macron (BFM TV); il préconise de réduire le nombre de directeurs à la ville de Paris (120!) et je ne sais quelle autre catégorie de fonctionnaires parisiens tout aussi (in)utile pour créer autant de postes de policiers municipaux; à l’évidence ce genre de réforme est possible, à quand celle de l’état et des finances?

    Répondre
    • jeanbart

      18 novembre 2019

      De l’or physique, bien entendu !

    • Charles Heyd

      20 novembre 2019

      je réponds à #jeanbart;
      oui de l’or palpable, des louis et un lingotin et quelques pièces en argent, le tout bien planqué! pas dans la niche du chien, je n’en ai pas, et acheté anonymement donc paiement d’une taxe de 11% au cas où, fort improbable où je revendrais.

  • fred

    18 novembre 2019

    Bonjour M. Gave,
    Vous auriez pu terminer par :
    ACHETEZ DE LA CRYPTOMONNAIE
    Fred

    Répondre
    • Gavroche

      18 novembre 2019

      C’est aussi le genre de pensée qui m’est venu à l’esprit, et aussi Facebook et sa monnaie Libra par exemple…
      Mr Gave, votre billet éclaire le brexit sous un autre angle…
      Serait-il judicieux de solder rapidement son ou ses credits immo. ?
      car lorsque les bons coups semblent trop évident, il convient d’être très attentif.
      Merci

    • DIDIER

      18 novembre 2019

      La cryptomonnaie n’est justement pas un monnaie.

      Où est la réserve de valeur?

      1) Sur le court terme: volatilité énorme. A surveiller comme le lait sur le feu.

      2) Les états ne vont pas se laisser dépouiller de leur monopole historique sans réagir.

      Pour l’instant, cela reste marginal et cela ne fait que les démanger (de plus en plus fort).

      Si cela devait prendre vraiment de l’ampleur, ce serait un danger mortel pour eux.
      Il devront réagir.
      Le scénario est tout trouvé.

      On crée en sous-main une bonne crise sur la plus faible de ces monnaies
      + attaque spéculative avec hyper-volatilité, en coordination avec la haute finance
      + ou bien propagande comme quoi tout est noyauté par le
      crime organisé ou les terroristes,

      pour légiférer et “réguler” tout le marché.

      3) En cas de limitation / attaque / blocage d’internet, vous faites quoi?

      Le bitcoin pourrait bien se prononcer “bête&con” plus vite que l’on ne pense…
      (Désolé. Je n’ai pas pu résister. No offense.)

      Fabuleux instrument de spéculation, mais en aucun cas une monnaie.

    • Roger

      18 novembre 2019

      @tous ceux qui recommandent les crypto
      les crytos sous la forme actuelle me paraissent un objet purement spéculatif. Si j’achète des SEK ou d’autres monnaies, il me semble que cela revient à acheter l’actif Suède ou il y a de belles industries et sociétés industrielles ainsi qu’un beau capital humain bien formé.
      Quelque soit l’angle de perspective je ne vois pas d’actif réel avec les cryptos. Maintenant, si demain comme il se susurre, Amazon ou Bosh émettent leur propre crypto… Je doute que les états et autres banques se laissent déposséder facilement.

    • Mégôt Honnête

      18 novembre 2019

      Permettez-moi d’ajouter deux ou trois précisions sur les “crypto” :
      1) Le libra de FB ne sera pas une crypto, car le système sous-jacent sera directement contrôlé par le consortium Libra.
      2) Didier dit “ou est la réserve de valeur ?” : comparez le Bitcoin à n’importe quelle fiat money sur Terre, la volatilité à court-terme est forte, mais à long terme, comme le Bitcoin ne peut être produit sans coût, contrairement au fiat monnaie écartelées par les banquiers centraux, il s’évalue furieusement. Le bitcoin est un edge contre les régimes de banque centrale. Mais comme vous l’avez bien dit ce n’est pas une monnaie, seulement la raison pour cela est qu’aucune crypto-monnaie ne peut jouer le rôle d’unité de compte. Encore une fois, les principales assurent très bien le rôle de réserve de valeur du fait même de leur design.
      3) Bloquer l’accès à Internet dans tout un pays pour empêcher l’emploi des crypto est absolument absurde, les effets collatéraux seraient bien trop importants. Presque rien ne peut fonctionner aujourd’hui sans Internet …
      4) Le Bitcoin continuera à avoir de la valeur tout simplement parce qu’il offre le moyen d’éviter la camisole financière dans laquelle on cherche à nous enfermer.
      5) Le bitcoin est l’arbre qui cache la forêt. Un bouleversement de fond est en cours du fait de l’innovation Blockchain. Nous sommes encore dans les premières phases de ce phénomène, mais les banques et les assurances sont en train de connaitre le même sort que la presse et les distributeurs de contenu avec l’arrivée d’Internet dans les années 2000.
      6) Il existe des crypto comme le “DAI” qui sont indexés sur des fiat (en l’occurrence le $US), donc si vous avez peut de la volatilité du Bitcoin et autre, achetez cela, c’est équivalent à des billets dématérialisé et transférables anonymement sur internet.

      Bien sûr que les crypto sont une écharde dans le pied des gouvernements et des banquiers centraux. Tout comme l’était le téléchargement torrent dans les années 2000 pour les médias et Hollywood, sauf que dans un cas comme dans l’autre, l’Etat ne peut empêcher leur utilisation, aussi ils s’y adapteront. S’ils avaient les moyens “d’arrêter/ de fermer” les crypto, ils l’auraient fait il y a longtemps, mais de nombreux experts (dont votre serviteur) leur ont déjà expliqué qu’ils ne peuvent rien y faire.

    • Patrick Meru

      19 novembre 2019

      Les cryptos existent pour habituer le grand nombre à la monnaie digitale, qui sera etatique et si facile à controler, bien mieux que les cartes de credits de Mr Gaves, qui elles dependent de deux societes privées americaines

    • Benoit Huguet

      19 novembre 2019

      Comme le formulait merveilleusement Montesquieu :
      “Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir”.

      Cette maxime résume à merveille l’immense dilemme de l’emission monétaire :
      au delà des 3 fonctions classiques de la monnaie citées dans l’article : intermédiaire des échanges, étalon de mesure et réserve de valeur ; que l’on peut qualifier de fonctions utiles de la monnaie, il est absolument nécessaire de rappeler que la monnaie a également une quatrième fonction, celle qui n’est étonnement jamais évoquée mais qui est pourtant sa fonction la plus convoitée : la monnaie est un outil de gouvernance majeur !

      “Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois “. Cette maxime attribuée à Mayer Amschel Rothschild illustre magnifiquement ce propos.

      De fait, depuis l’aube des temps, tous les dirigeants de ce monde, rois, empereurs, dictateurs, présidents élus démocratiquement ou technocrates bruxellois non élus s’arrogent jalousement le monopole de la gestion monétaire sans qu’il ne soit jamais question d’offrir au peuple la liberté de choisir la ou les monnaies de son choix… Allez savoir, chacun a le droit de voter pour son futur président, responsable en chef des armés, mais certainement pas de choisir la monnaie qui servira à payer son salaire ou celle avec laquelle on souhaite payer ou être payé…

      Ce cours légal et forcé des monnaies modernes et ce monopole des banques centrales sur la monnaie, c’est la principale faiblesses des monnaies modernes, souvent qualifiées de “fiat monnaies”.
      Et malheureusement comme l’annonçait déjà clairement Montesquieu il y a plus de deux siècles ,cette centralisation excessive des pouvoirs autour d’un acteur supposément de confiance, ne peut aboutir qu’à une catastrophe : « c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser”.

      L’inflation, les quantitatives easing et les politiques absurdes de taux négatifs ne sont que l’illustration inévitable de cette tendance naturelle des hommes à abuser du pouvoir dont ils disposent.

      Il faut être bien naïf pour s’en étonner.

      Mais que faire pour s’en protéger ?

      La solution millénaire consiste à baser le système monétaire sur un support qui ne peut être multiplié à l’envie par quiconque :
      l’or est le meilleur candidat historique pour répondre à cette problématique.

      Enfin, depuis dix ans désormais, le seul actif numérique qu’il soit impossible pour quiconque, y compris un Etat, de dupliquer à l’envie suivant sa volonté de puissance, c’est Bitcoin.

      Et contrairement à ce que peuvent en dire les banquiers centraux, les politiques et toute une horde d’idiots utiles, il y aura un avant et un après Bitcoin : changer la monnaie, c’est changer le monde !

      Prenez tout le temps qu’il vous faudra pour le comprendre, le mien ne se déprécie pas 😉

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