12 June, 2013

Le surréalisme de la fin de la crise de l’Euro Hollandaise face aux doutes qui s’accumulent sur la croissance mondiale

La grande question qui agite les investisseurs et les hommes politiques du monde entier est de savoir si l’économie mondiale est en ce moment en voie d’amélioration ou de détérioration. Tous les autres sujets sont, somme toute, assez secondaires notamment : le moment du resserrement par la Fed de sa politique monétaire, le succès de la politique mise en œuvre par Shinzo Abe au Japon, l’explosion de la bulle du crédit en Chine, un éclatement de l’euro…

Le débat non tranché reste donc largement ouvert entre ceux qui pensent que la politique monétaire des banques centrales finira par avoir un effet sur l’activité et ceux qui estiment toujours que cette stratégie sera un échec. A suivre…

La BCE est prête à intervenir

En Europe, Mario Draghi, président de La BCE, a annoncé dans sa dernière conférence de presse qu’il attendait toujours une reprise de l’économie à la fin de l’année, mais comme il n’en est pas sûr, il s’est empressé de dire qu’il était prêt à intervenir à tout moment si la conjoncture se détériorait. D’ailleurs, la révision en baisse des estimations de bénéfices pour les sociétés de l’indice STOXX Europe 600 s’est élevée à 1,9% depuis un mois. Tout cela s’est traduit par une baissé des marchés européens de près de 4% la semaine dernière. 

Quand on se donne la peine d’écouter les commentaires de la Cour de Karlsruhe, on se dit que ceux de François Hollande au Japon « Il faut bien que vous compreniez bien que la crise de l’Euro est terminée » sont absolument surréalistes.

Quand à sa présentation de son programme, baptisé pour la circonstance  « Hollandomics », on reste absolument médusé : « La France a assaini ses dépenses publiques, réformé le marché du travail, abaissé le coût du travail, encouragé la recherche et le développement par des crédits d’impôts et défini les grandes filières industrielles ».

En fait l’admiration du président de la République pour la politique économique du Japon repose peut être sur le fait que le taux d’endettement par rapport au PIB du Japon  atteint 120%, soit un pourcentage nettement plus élevé que celui de la France !

En France, dont le marché a baissé de 1,9% cette semaine, la réalité est différente. La consommation est durablement touchée puisque les dépenses des ménages en 2012 ont reculé pour la deuxième fois depuis 1949. Conséquence logique, les recettes fiscales rentrent mal, elles sont quasiment stables sur un an malgré les très fortes hausses d’impôts votées.

Rappelons une fois de plus que la courbe de Laffer, conceptualisée par l’auteur de “The economics of the tax revolt” en 1979,  est une modélisation économique très simple illustrée par une courbe en cloche selon laquelle la relation positive entre une augmentation du taux d’imposition et la croissance des recettes publiques s’inverse lorsque le taux d’imposition devient trop élevé : « trop d’impôt tue l’impôt ». Ce n’est pas très compliqué à comprendre mais cela semble échapper totalement à plusieurs ministres du gouvernement.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, accompagnant François Hollande au Japon a particulièrement brillé, comme d’habitude, dans le décalé. En expliquant sérieusement que la politique de Shinzo Abe montrait que « les dogmes libéraux ont été abandonnés par un gouvernement de centre droit », il semble n’avoir rien compris au film. Bien au contraire, le programme du premier ministre japonais est tout à fait libéral, car il prône une plus grande dérégulation, une réduction du rôle de l’état pour faciliter la tâche du secteur privé. Il n’a pas remarqué non plus que Shinzo Abe avait demandé aux fonds de pension japonais d’acheter des actions japonaises. Cela ne doit avoir aucun intérêt pour un  ministre qui ne possède même pas une action de société française  dans son patrimoine, mais a déclaré comme actif la nue-propriétaire de 50% d’une place de parking souterrain à Dijon, “d’une valeur inconnue”, et, avec 100% d’usufruit pour sa mère…

Arnaud Montebourg a aussi particulièrement agacé les Japonais en leur expliquant que la vente de dispositifs militaires à la Chine (grilles d’apontage d’hélicoptères fabriqués par Direction des Constructions Navales systèmes-DCNS) n’avait strictement aucun rapport avec le conflit sur les iles Senkaku (Diaoyu pour les chinois)….

Revenu en France, il paraît que en un an les équipes mises sur pied par Arnaud Montebourg auraient résolu 487 dossiers d’entreprises en difficulté, ce qui aurait représenté 65 000 emplois sauvés contre 11 800 perdus selon son ministère. On aimerait beaucoup avoir des détails, car c’est un phénomène qui nous a totalement échappé…

Sylvia Pinel, nommée ministre du Commerce et de l’Artisanat par François Hollande, probablement parce qu’elle était spécialisée dans la justice, les prisons et la sécurité sociale, a montré tout le mépris qu’elle avait pour le régime des auto entrepreneurs qui constitue pour beaucoup de gens du revenu en plus et du chômage en moins, car le statut simplifié permet d’échapper à la rigidité de la réglementation du droit du travail et à la lourdeur des charges sociales.

Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, dans son combat idéologique contre les gaz de schistes, est allée dans une circulaire jusqu’à interdire « la sismique de réflexion » qui consiste simplement à faire vibrer le sol pour en tirer des échographies pour rechercher des hydrocarbures. Une technique qui n’a rien à voir avec la fracturation hydraulique. Rappelons que c’est Conrad Schlumberger qui a déposé un brevet en 1912 intitulé “Procédé pour la détermination du sous sol au moyen de l’électricité”.  En 1927 avec Péchelbronn, il réussit le premier carotage électrique mondial sur le site de Mertwiller en Alsace. Si Madame Batho avait été ministre à l’époque, Schlumberger n’aurait jamais pu procéder à cette expérience. Ensuite, la société s’installe aux Etats-Unis. Elle est dirigée pendant vingt ans par Jean Riboud qui se disait socialiste et était très proche de François Mitterrand. Depuis, Schlumberger est devenue la première société mondiale de recherche pétrolière !

La bourse Turque est en baisse de 17% depuis le 22 mai dernier, compte tenu de l’agitation qui se produit à Istamboul. Depuis 10 ans la capitalisation boursière a été multipliée par 9 contre seulement 1,5 fois pour le Brésil. Ce sont les banques turques qui ont le plus baissé depuis un mois notamment Turkiye Vakiflar Bankasi (-28,3%) Turkiye Is Bankasi (-24,4%), Akbank (-24,3%).

L’économie américaine décélère

Aux Etats-Unis, le marché a baissé de 1,9% la semaine dernière. Les chiffres de l’emploi publiés en fin de semaine ont apporté un peu de sérénité dans des marchés volatils. Le camp des optimistes voit le marché immobilier remonter. Celui des pessimistes observe que la croissance depuis le début de l’année provient à 25% de la reconstitution de stocks et à 25% de la reprise de l’immobilier. De plus, l’ISM manufacturier est maintenant en dessous de 50 et surtout la vélocité de la monnaie décroit toujours. Autant de signes que l’économie américaine est en train de décélérer. Ce qui amène Chris Wood le stratégiste de CLSA à penser que la politique monétaire laxiste de la Fed sera maintenue au moins jusqu’à la fin de l’année.

Le Japon  a baissé de 7% la semaine dernière contre -3% pour le reste de l’Asie particulièrement les Philippines. Tous les investisseurs ne sont pas convaincus que Shinzo Abe réussira à faire repartir l’économie japonaise puis certains d’entre eux au lieu de parler d’ « Abenomics » parlent d’  « Abgedon ».  Au-delà, le vrai risque se situe dans le marché obligataire où l’on a vu les banques et les compagnies d’assurance vendre cette semaine beaucoup d’obligations JGB (Japanese Government Bonds).

Les marchés émergents sont à la peine avec des baisses significatives depuis le début de l’année : Pérou (-22%), Colombie (-18,2%), Afrique du Sud (-19%), Egypte (-15%), République Tchèque (-14 ;5%), Russie (-13,4%).

Après 30% de baisse le cuivre intéresse de nouveau les Chinois

Le cuivre a baissé de plus de 30% depuis son plus haut de 10 190$ en 2011. Aujourd’hui à 7000$/Tonne le « State Reserves Bureau » l’organisme étatique en charge des achats de matières premières serait acheteur pour 200 à 300 000T entre 6800 et 7000$. c’est une affaire pour la Chine.

Dans les semiconducteurs,  la bataille entre Intel et ARM s’intensifie

En Asie, Intel a annoncé au salon Taipei Computex de Taiwan le lancement d’un nouveau processeur Haswell qui succédera à Ivy Bridge. Il sera installé sur la plateforme Atom qui permettra de délivrer trois fois plus de performance avec 5 fois moins d’énergie. Il s’agit pour la société américaine de regagner du terrain sur la société britannique ARM qui domine le marché des mobiles. ARM a terminé la semaine avec une baisse de 12,5% car Intel a d’ores et déjà enregistré une commande de Samsung pour sa prochaine génération de tablettes. Selon Michael Liu analyste chez KGI à Taiwan, cette évolution est particulièrement favorable à Taiwan Semi Conductor-TSMC  qu’il recommande toujours à l’achat. Il a également sur sa liste :  NT, SPIL, Media Tek, Novatek, HMI et Flexium.

En Europe, parmi les  analystes qui suivent bien ce secteur, il y a  Stéphane Ouri et Maxime Mallet chez Natixis. Dans les cours actuels, ils recommandent l’achat de ASML, STMicroelectronics, Aixtron, ASM International NV, et Dialog Semiconductor.

Aux Etats-Unis, les derniers chiffres publiés par la Semiconductor Industry Association pour le mois d’avril sont moins mauvais que prévu. Les perspectives pour le second trimestre sont meilleures ce qui devrait profiter selon Christopher Danely analyste chez JP Morgan à Texas Instruments, Linear Technology, Maxim Integrated Products, Arrow Electronics et Avnet.

Pour les disques durs, il faut noter que Apple a décidé pour le stockage de données de passer de la technologie disque dur à la technologie SSD (Solid State Drive). Cela signifie que dans l’avenir le stockage se fera beaucoup moins sur des disques durs et beaucoup plus sur le « cloud ». Les sociétés qui devraient en profiter selon Mingchi Kuo analyste chez KGI à Taiwan sont : Sandisk (US), Marvell (US) et Quanta Storage (Taiwan).

Le grand écart des stratégistes montre que les marchés seront très volatils cet été

Le panorama des avis des stratégistes exprimés cette semaine montre combien les avis divergent.

Parmi les optimistes

Nouriel Roubini est convaincu que les actions vont continuer de monter pendant deux ans. Il voit par contre l’once d’or baisser à 1000$.

Byron Wien de Blackstone, qui a été le légendaire stratégiste de Morgan Stanley pendant 20 ans, croit aux valeurs européennes. L’Allemagne va devenir plus accommodante vis à vis de l’Espagne, de l’Italie et de la France. Cette pause dans les programmes d’austérité va permettre, selon lui, de retrouver de la croissance. Comme beaucoup de sociétés européennes sont valorisées à des niveaux anticipant une continuation de la dégradation de l’environnement économique, c’est le moment de les acheter dit-il.

Eric Michelet, de la société de gestion GEFIP, dans la dernière lettre destinée à ses clients, a toujours une préférence pour les actions avec toujours une surexposition pour les actions américaines, les japonaises avec une couverture sur la baisse du yen. L’exposition sur l’Europe serait remontée en cas de poursuite de l’amélioration de l’environnement économique. Il est toujours méfiant vis à vis des bourses émergentes.

Peter Oppenheimer de Goldman Sachs voit les marchés actions continuer de monter pendant plusieurs années.

Parmi les pessimistes

Marc Faber éditeur de « Goom, Boom and Doom » grand concurrent de Nouriel Roubini sur les plateaux de télévision de CNBC estime que  les marchés sont très vulnérables. Les longues périodes de taux d’intérêt réels négatifs qui faussent la valorisation de toutes les classes d’actif se terminent toujours mal, rappelle-t-il.

Nick Nelson stratégiste chez UBS voit le marché européen (DJ Stoxx 600) monter de 8% d’ici la fin de l’année

Makoto Yamashita stratégiste chez Deutsche Bank pense que le marché japonais va baisser pendant plusieurs mois.

Mike 0’Rourke de Jones Trading estime que la réouverture du marché des CDO synthétiques est un très mauvais signal. Ce sont des créances titrisées qui permettent aux investisseurs d’obtenir un rendement supérieur à celui des obligations gouvernementales qui ne rapportent rien.

Jacques Chahine gérant chez  J.Chahine Capital Management que la nervosité du marché américain est tout à fait normale car, selon lui, si le rendement de l’obligation du Trésor à 30 ans remonte à 5%, il faudrait un taux de croissance implicite des bénéfices des sociétés de 8,6% pour justifier le niveau des cours actuels.

Par Jean-Jacques Netter

 

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

9 Commentaires

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  • Pierre

    16 June 2013

    Pour BA dont je reprend la citation:

    “Lorsque Saint Louis rentre de croisade en avril 1254, il se montre agacé par l’insistance des Génois à vouloir récupérer leurs fonds. Ils ont permis au roi de combattre les infidèles, il serait bien étrange qu’ils en retirent un avantage matériel en plus du prestige et probablement du salut éternel qui découlera du financement de la croisade ! ”

    Lorsque François Holland rentre du G20 en 2017, il se montre agacé par la prétention des marchés à vouloir récupérer leurs fonds. Ils ont permis au roi élu de combattre la Finance, et il serait bien étrange qu’ils en retirent un avantage matériel en plus du prestige et probablement du salut éternel citoyen qui découlera du financement de la marche triomphale de la France vers le socialisme.

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  • David

    14 June 2013

    Bonjour Monsieur,

    Le problème avec la courbe de Laffer, au dela du fait qu’elle ait été griffonnée sur un coin de table l’or d’un repas (arrosé ?) au restaurant, c’est de savoir:
    – Est elle une véritable courbe ? ( ce dont je doute au plus haut point, car ce n’est certainement pas une fonction, il est impossible que des phénomènes aussi complexes ne soient pas rétroactifs).
    – Ou est on par rapport au sommet ?

    Si le politique pense qu’il n’est pas encore au sommet, il va hausser les impôts, si il pense qu’il a dépassé le sommet, il va les réduire. Il peut aussi faire ces choix en fonction de son électorat et non de considérations économiques réelles.

    Et c’est bien car les bases ne sont pas solides, connues et sures, qu’il est difficile de brandir la courbe de Laffer comme argumentaire fiable.

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    • Marius

      14 June 2013

      “La courbe de Laffer” ne va jamais vous donner un point de rupture, ce point de rupture varie selon les pays. Moi j’utilise ce terme parce qu’il est connu et on voit tout de suite de quoi on parle, mais en réalité la courbe de Laffer c’est quoi ? Le bon sens…

      A partir d’un certain seuil, qui varie selon les pays voir les époques d’un même pays, l’impôt tue la croissance et les recettes stagnent au niveau pré-hausse d’impôt voir baisse. Le politique qui croyait obtenir un % de hausse de rentrées fiscales correspondant à son % de hausse d’impôt est bien embêté.

      Inversement, réduire les impôts – significativement – boostera fatalement la croissance et amènera la plupart du temps à une hausse des rentrées fiscales (ce qui était le but du politique qui lui avait augmenté la fiscalité). On a donc hausse des rentrées fiscales + croissance économique, tout bénéf. Moi j’appelle ça le bon sens économique libéral.

      Mais effectivement vous n’aurez pas le point de rupture calculable sur la courbe, ni le point à la baisse qui permettrait le boost de la croissance. C’est plus un symbole qu’autre chose cette histoire de Laffer, un peu comme un croquis qu’on fait à un enfant pour lui expliquer quelque chose… utile pour expliquer aux socialistes.

  • BA

    14 June 2013

    Une des premières banques de l’Histoire est une banque de Gênes, la banque Leccacorvo. A partir de 1244, la banque Leccacorvo se développe. Elle prête des sommes énormes au roi de France, Saint Louis. Grave erreur !

    Lisez cet extrait de livre :

    Lorsque Saint Louis rentre de croisade en avril 1254, il se montre agacé par l’insistance des Génois à vouloir récupérer leurs fonds. Ils ont permis au roi de combattre les infidèles, il serait bien étrange qu’ils en retirent un avantage matériel en plus du prestige et probablement du salut éternel qui découlera du financement de la croisade ! Saint Louis ne négocie même pas avec ces manants, d’autant que leur pratique financière, c’est-à-dire le prêt à intérêt, reste suspecte aux yeux de l’Eglise. En effet, malgré les écrits de Saint Thomas, l’Eglise maintient ses préventions à l’égard des prêts, et le pape Clément V rappellera au début du XIVe siècle que le prêt à intérêt est par nature usuraire. Il faut dire que ça permettra au passage à Philippe le Bel d’essayer de s’emparer de l’or des Templiers. Quoi qu’il en soit, Saint Louis refuse de payer et fait banqueroute.

    (Jean-Marc Daniel, “Huit leçons d’histoire économique”, édition Odile Jacob, page 24)

    C’est le premier défaut de paiement de l’histoire de France.

    La conséquence de ce défaut de paiement de la France est la faillite de la banque Leccacorvo, en 1259.

    Quelques années plus tard, à Florence, la banque Peruzzi et la banque Bardi prêtent des sommes énormes au roi d’Angleterre, Edouard III. Grave erreur !

    Lisez cet extrait de livre :

    Edouard III emprunte aux banquiers de Florence pour rassembler une armée nombreuse et attaquer la France. Les hostilités débutent en 1337, et le moins que l’on puisse dire est que cela s’engage mal pour Edouard III. Les Français envahissent la Guyenne alors anglaise et mettent le siège devant Bordeaux en 1339. La ville résiste, mais l’attaque anglaise au nord depuis Anvers supposée contraindre les Français à redéployer leurs forces a du mal à se développer. En effet, Edouard III, pour pouvoir approvisionner ses troupes, a besoin de fonds et il ne les obtient que par une négociation permanente avec les banquiers italiens. Ceux-ci s’impatientent, s’inquiètent, critiquent sa stratégie militaire : où sont les victoires ? Où sont les villes pillées ? Où sont les pays mis à sac ? En 1340, Edouard III, n’obtenant plus de subsides de ses banquiers, commence à différer ses remboursements. En 1343, il fait banqueroute. Résultat, la banque Peruzzi de Florence fait faillite tandis qu’en 1346 c’est au tour de la banque Bardi.

    (“Huit leçons d’histoire économique”, page 26)

    Des défauts de paiement d’Etats souverains, il y en a eu des centaines dans l’Histoire.

    Des Etats européens se déclarent en défaut de paiement, et donc ils provoquent la faillite des banques privées.

    On connaît le film : ça fait 800 ans que ça dure.

    Et ça va continuer.

    Répondre
  • Marius

    13 June 2013

    Le Japon fait une politique libérale ? Moi j’entends qu’au contraire il faut de la relance keynesienne intérieure et ne joue sur l’export qu’avec la dévaluation.

    Répondre
    • Marius

      13 June 2013

      *correction : “il fait” et non pas “il faut”

  • Poutine7

    13 June 2013

    Avec L’Abesodomics, alias la turbo-planche à billets et ses grandes soeurs de la Fed et de la BCE, c’est sûr que ça va finir pas un grand plouf au beau milieu de l’été. Les T-bonds on augmenté de 27 % depuis leurs plus bas, le marché obligataire est au bord du gouffre et va entrainer le marché des equities dans sa chute.
    N’en déplaise à Nouriel Roubinioles, l’or va remonter à 2000 $ l’once d’ici la fin de l’année.

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  • BA

    13 June 2013

    Un Etat qui fait faillite, c’est possible.

    On s’est habitué à l’idée que les Etats remboursent toujours leurs dettes. Mais l’Histoire regorge de cas où cela n’a pas été le cas. Même la rigueur allemande a parfois été prise en défaut.

    http://fr.finance.yahoo.com/actualites/un-etat-qui-fait-faillite–c-est-possible–123131635.html

    Au total, l’Allemagne s’est déclarée en défaut de paiement 8 fois (et non pas 7 fois comme il est écrit dans l’article ci-dessus).

    Dans les années qui viennent, quels sont les six premiers Etats européens qui vont se déclarer en défaut de paiement ?

    1- Médaille d’or : la Grèce. Dette publique de 303,918 milliards d’euros, soit 156,9 % du PIB.

    Le premier défaut de paiement de la Grèce avait effacé 107 milliards d’euros de dettes. Mais depuis, la dette publique continue à augmenter, à augmenter encore, à augmenter toujours. La Grèce va de nouveau se déclarer en défaut de paiement.

    2- Médaille d’argent : l’Italie. Dette publique de 1988,658 milliards d’euros, soit 127 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : le Portugal. Dette publique de 204,485 milliards d’euros, soit 123,6 % du PIB. Là encore, le soi-disant « plan de sauvetage » a échoué. La dette publique du Portugal continue à augmenter.

    4- Irlande : dette publique de 192,461 milliards d’euros, soit 117,6 % du PIB. Là encore, le soi-disant « plan de sauvetage » a échoué. La dette publique de l’Irlande continue à augmenter.

    5- Belgique : dette publique de 375,389 milliards d’euros, soit 99,6 % du PIB.

    6- France : dette publique de 1833,810 milliards d’euros, soit 90,2 % du PIB.

    Répondre
  • roger duberger

    12 June 2013

    Merci pour ces informations pertinentes.
    Difficile de savoir si le patient se rétablit ou se dégrade…Comme écrivait Mr Gave, il faut savoir s’il y a plus d’argent que de titres ou l’inverse.
    Cordialement

    Répondre

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