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Jean-Jacques Netter

Le Covid n’a pas encore tué le libéralisme mais Les Républicains pourraient y arriver

 

Avec le covid, l’illusion serait de penser que le keynésianisme radical a gagné puisque jamais la puissance publique n’a été aussi omniprésente et intrusive. Aujourd’hui un anonyme anti-vaccin complotiste est en mesure de contester directement sur un plateau de télévision, un Nobel de médecine. Les maires écologistes nouvellement élus proposent des budgets  « genrés » et «racisés » ! La débâcle de la puissance publique l’a rendu incapable de fournir des masques, des tests, des lits de réanimation et surtout un vaccin.  Le gouvernement n’a su que s’engouffrer dans le « quoi qu’il en coûte » incarnation du keynésianisme le plus débridé.

 

Le covid n’a pas tué le libéralisme, au contraire. 

Marcel Gauchet n’en croit rien. Il a été très sensible à la demande exprimée par les gilets jaunes. Le mouvement n’était pas révolutionnaire. Il n’était selon lui ni hostile au capitalisme, ni au libéralisme. Ces événements l’ont fait douter de la capacité d’Emmanuel Macron à réconcilier la France centrale et la France périphérique.

Mario Vargas Llosa l’écrivain latino américain a déclaré son amour pour la pensée libérale. Pour lui c’est la seule idéologie viable.  Son avis a d’autant plus d’importance qu’il s’est repenti d’avoir dans sa jeunesse adhéré au communisme et chanté les louanges du castrisme.  Il est convaincu aujourd’hui que si on avait davantage enseigné la pensée libérale défendue par Raymond Aron et Jean François Revel, la France aurait moins de problèmes aujourd’hui.

 

La gauche aura du mal à survivre

 

La gauche est confrontée au vide de son intelligentsia. Elle ne respecte plus ni le droit, ni la séparation des pouvoirs, ce qui la met en marge de la démocratie. Le mal à soigner est un poison français : celui de la pensée paresseuse qui se vautre dans la culpabilisation pour avoir la paix.

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La gauche est malade de l’islam. Après l’effondrement des idées marxistes, elle s’est trouvée d’autres valeurs dans le soutien aux minorités alors que la sécurité était la condition de la vie sociale. La polémique sur l’islamo-gauchisme, le décolonialisme, l’intersectionnalité, le « privilège blanc », le « racialisme systémique », « la colonialité », « le néocolonialisme »  sont autant de concepts qui se trouvent dans les titres des thèses de sociologie en préparation dans les universités françaises !

 

La gauchisation du haut clergé judiciaire est impressionnante. Nous avons un corps de magistrats qui défend ses intérêts de classe et de corps. Pour Régis de Castelnau, avocat, ils savent se servir des pouvoirs avec lesquels ils sont en accord. La justice est devenue ni plus ni moins le bras armé de Mediapart.

 

Les économistes de gauche ne se donnent plus la peine de débattre puisque abattre suffit. Thomas Piketty fait des papiers dans le Monde sur le racisme ou la lutte contre les discriminations. La race et le genre sont au centre du débat. Didier Eribon foucaldien et bourdieusien de stricte observance, passe beaucoup plus de temps avec Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie, à faire des selfies pour twitter des nunucheries qu’à débattre avec des arguments…

 

 « Il n’y a jamais peu aussi de liberté intellectuelle, médiatique et universitaire » dans notre pays.  La doxa progressiste est plus dominante que jamais. Les opposants sont transformés en dissidents. Pourtant, la droite n’a pas du tout reconquis les universités, l’édition et les médias.

 

Nombre d’intellectuels qui se voulaient proches de la gauche sont en divorce avec ce qui était leur camp : Alain Finkielkraut Jean Pierre Le Goff, Jacques Julliard, Georges Bensoussan, Pierre-André Taguieff, Elisabeth Badinter,Michel Onfray, Régis Debray…. Ils sont bien évidemment taxés de réactionnaires, mais ce sont eux qui font le plus d’audience sur les plateaux de télévision et sur les réseaux.

 

Les Républicains sont incapables de faire émerger un leader

 

De nombreux candidats sont en train de se préparer pour la prochaine élection présidentielle.

Xavier Bertrand est parti le premier. Il ne participera pas à une primaire organisée par Les républicains auprès des 50 000 militants qui restent. Dans les sondages cela ne fait pas plus de 15% au second tour.

David Lisnard maire de Cannes veut remettre la société en ordre et planche sur l’avenir de la droite autour de cinq thèmes (écologie, sécurité, commerce, immigration, civilisation

Michel Barnier pourrait aussi se lancer tout comme Bruno Retaillau.

Pour le moment les idées développées sont plates et abandonnent beaucoup de place aux extrêmes. C’est ce qu’on peut faire de pire dans un monde où les médias ne réagissent qu’à ce qui sort de l’ordinaire.

Pour le moment d’ailleurs aucun de ces « leader »  n’est en mesure d’accéder au second tour de la présidentielle.

Nicolas Sarkozy. Quel que soit son sort judiciaire n’en a pas fini avec la politique et la droite n’en a pas fini avec lui.

 

Une partie des LR pourrait même rejoindre Macron.

 

François Baroin penserait même à rallier Emmanuel Macron s’il était nommé par lui premier ministre. Jean Pierre Raffarin le rejoindrait. Ils estiment que pour Emmanuel Macron, il est temps d’assumer sa conversion au centre droit. Cela permettrait de retrouver selon eux le modèle historique de l’alliance entre les gaullistes du RPR et les Centristes de l’UDF dans un accord LR-LREM. Macron serait ainsi « balladurisé », ce qui pourrait permettre aux Républicains de continuer à exister.

 

 

 

 

 

La droite hors les murs et la « gauche libérale » ont des points de convergence

 

Il existe un embryon de « Gauche libérale » dont l’objectif est de faire reculer le front keynésien pro-déficit et néo protectionniste.  Cette étiquette souvent infamante en France est revendiquée par Philippe Aghion, professeur d’économie à Harvard. Avec deux autres économistes qui ont conseillé en leur temps François Hollande (Gilbert Cette et Elie Cohen), Un livre a été édité, intitulé « Changer de modèle. De nouvelles idées pour une nouvelle croissance ». Les auteurs souhaitent faire prendre conscience que l’impôt excessif finit par avoir des effets négatifs sur la politique industrielle. On peut imaginer qu’Ils pourraient se rapprocher de certaines idées  mises en avant par la Droite hors les murs.

Eric Zemmour, Philippe de Villiers, Patrick Buisson parlent aussi bien aux militants LR qu’aux militants RN avec la même efficacité.  Ils ont des relais  comme François Xavier Bellamy, Mathieu Bock-Côté. …

 

Manuel Valls est un ardent défenseur du social libéralisme. Il s’agit pour lui de faire une série de réformes radicalement libérales compensées par une protection sociale réaménagée. Les postures traditionnelles de la société plus ou moins héritières de la lutte des classes sont de moins en moins pertinentes selon lui.

 

Le referendum d’initiative populaire doit être rendu au peuple

 

Le personnel politique a tendance à oublier que celui qui détient le pouvoir c’est le peuple. Ceux qui ont reçu cette souveraineté depuis 40 ans n’ont pas cessé de le trahir.

Les trois meilleurs exemples récents sont : Le Traité de Lisbonne   légitimé par le parlement  en 2007 sous Nicolas Sarkozy alors que le peuple avait refusé sa ratification en 2005 !

Le Grand débat National de février 2019 organisé par Emmanuel Macron qui a été une mascarade dont rigoureusement rien n’est sorti ; La convention Citoyenne Climat de 2020 qui est une autre caricature d’un débat démocratique dont les participants sont choisis par les rédacteurs du rapport !

 

On ne peut espérer remettre la France sur les rails qu’en permettant au peuple d’organiser lui-même des referendum d’initiative populaire.  Sur les sujets régaliens comme l’immigration l’insécurité, l’islamisme il faudra organiser des referendum nationaux. ; sur des sujets locaux comme le problème des éoliennes , des piscines etc il faudra des referendum locaux

 

L’exécutif français ne sait pas écouter le peuple.  On l’a bien vu dans le traitement des trois crises récentes que nous avons vécues: gilets jaunes, retraites, covid 19…. Le peuple en revanche a compris pourquoi cela ne fonctionnait pas en écoutant Emmanuel Macron qui a dit dans un entretien à la Nouvelle Revue Française : “J’assume totalement la verticalité du pouvoir qui croise l’horizontalité de l’action politique”….Il devrait être très difficile pour  les prochains candidats à l’élection présidentielle de ne pas mettre en haut de leur programme « Le Referendum d’Initiative Populaire » A suivre …