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Emmanuelle Gave

“La Révolution racialiste et autres virus idéologiques” de Mathieu Bock-Côté

 

 

« N’ouvrez pas cette boite de Pandore, elle est pleine de chevaux de Troie [i]» est exactement le sentiment qui m’assaille en refermant le dernier essai de Mathieu Bock-Côté « La Révolution racialiste et autres virus idéologique » publié aux Editions de la Cité. Pour ceux qui se réveilleraient d’un profond coma, et à qui je souhaite un prompt rétablissement, ce dernier est Sociologue et Chroniqueur et traverse parfois l’Atlantique, de son Québec natal, pour bretter sur nos plateaux de télévision.

 

Enfermés dans nos monotonies Covidiennes depuis plus d’un an, nous avons bien sur suivi avec plus ou moins d’intérêt, les mouvements de foules Outre Atlantique autour de l’affaire Georges Floyd, habilement repris  par la PME familiale Traore and Co. Car oui, ces mouvements racialistes nous viennent tout droit des grandes facultés de sociologies Américaines, ce qui n’est pas sans une certaine ironie de l’histoire quand on sait que ce sont Foucault et Bourdieu, qui les auront nourris au fil du temps, à la French Theory, soit aux deux mamelles de la violence symbolique et de la gauche prolétarienne. Preuve s’il en était que, cracher en l’air, n’est jamais une bonne idée.

 

Qu’apprenons-nous d’essentiel dans cet ouvrage ? Tout d’abord, évidemment l’Occident serait raciste. Qui n’accepterait ce point de départ comme socle sémantique serait prié de quitter la conversation immédiatement et de refermer la porte derrière lui. Ainsi, la radicalisation des rapports sociaux est devenue l’horizon indépassable du progrès démocratique dans la civilisation occidentale.

L’Occident, et à plus petite échelle la nation, étant construits sur des bases tronquées ou l’homme blanc exerce par nature une domination sur l’homme de couleur, toutes oppositions aux représentations de son pouvoir et l’on pense en premier lieu à la délégation de la violence légitime via l’armée ou la police, serait un acte révolutionnaire de classe, avant d’être une rébellion personnelle. Ainsi, la haine de la police serait en réalité un humanisme . On en appelle donc au refinancement, au désarmement, voire à l’abolition des services policiers qui permettrait d’engager la construction d’un société véritablement inclusive et antiraciste. Il faut bien comprendre que suivant cette théorie, la police n’existe qu’en représentation d’une société raciste et son devoir est donc d’opprimer les groupes qui en conséquence continuent de souffrir des mains d’une police par essence « brutale et injuste ».

 

Sur la notion de race qui, dans le mouvement woke permet d’asseoir la notion de racisme, il existait un pré supposé gênant dans la mesure ou notre civilisation Européenne avaient pris grand soin après la seconde guerre mondiale de supprimer çà et là toutes inférences pouvant laisser à supposer qu’il existerait une hiérarchie entre humains. De là, il nous a tous été appris depuis un moment que la notion de race était sans fondement. Comment dés lors définir le « racisme systémique susvisé » ? Et bien, c’est très simple, « Même s’il est évident que la notion de « race » n’existe pas d’un point de vue biologique, force est de constater qu’elle n’a pas disparu dans les mentalités. Elle a survécu en tant que catégorie imaginaire historique construite avec des puissants effets sociaux » écrit Pap Ndiage.

Que peut faire le lecteur pour prouver sa bonne foi ? Absolument rien.

À la manière de Gambetta à Mac Mahon, il nous reste à « Nous soumettre ou nous démettre ». L’auteur rappelle ainsi que « Le régime diversitaire, en contraignant ceux qui veulent y évoluer à un écartèlement permanent entre l’adhésion publique à ses dogmes et la conservation intime de quelques réserves à son endroit, pousse à une forme de schizophrénie politique qui n’est pas sans rappeler la figure de Ketman évoquée par Czeslaw Milsoz dans « la pensée captive ».

Grâce à l’auteur, j’ai aussi enfin compris pourquoi le racisme anti blanc était un illogisme structurel pour le mouvement woke. Si vous admettez, comme eux, que la société est intrinsèquement raciste et que les institutions en place parachèvent cet état de fait, alors même si certains individus pouvaient faire preuve de ce sentiment de rejet, ils ne bénéficieraient pas (toujours dans la logique woke) de la puissance sociale et institutionnelle nécessaire pour les transformer en racisme ; l’impact de leurs préjugés contre les Blancs serait donc nécessairement ponctuel et contextuel. Le racisme antiblanc ne saurait exister puisque derrière il n’existe aucune structure coercitive en relai, à l’inverse de “notre” racisme structurel de blanc, en société occidentale.

 

Et l’auteur de conclure « un nouveau Tocqueville écrirait probablement de la névrose raciale en Occident » mais au-delà de la pirouette amusante, il est effectivement à craindre que nous ne soyons en face du combat civilisationnel des années à venir. Une société qui assigne à chacun une identité raciale, qui réduit chacun à sa couleur en faisant fi de tout passé commun, de toute notion de Nation ou de volonté de vivre ensemble se condamne comme le rappelle l’auteur à une « Polarisation éthique permanente. La dissolution conceptuelle de l’État-nation et de toutes les identités substantielles assure la transformation définitive des peuples en population interchangeables. »

 

Il va en falloir des Antigones pour défier tous les Créons de ce monde car la guerre des races, elle, va avoir lieu.

 

 

 

A lire absolument d’urgence, vous l’aurez compris : Mathieu Bock-Côté  « La révolution racialiste et autres virus idéologiques »,

 

 

 

 

 

 

 

[i] #Labour’s Ernest Bevin when it was proposed that Britain join the European Coal and Steel Community, precursor of the #EU.

Le député travailliste Ernest Bevin, quand la Grande-Bretagne discutait de son rattachement à la communauté Européenne du Charbon et de l’acier, précurseur de l’UE