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Jean-Jacques Netter

Des militants racialistes et décolonialistes sont en train de prendre le pouvoir

Le décolonialisme est une idée centrale importée en France en provenance des campus américains. Pratiquement tous ses outils conceptuels proviennent de la « French Theory » qui était dans les années 70 incarnée par Foucault, Deleuze, Bourdieu, Derrida, Lacan, Althusser….  Il s’agissait pour l’essentiel dans la foulée de mai 68, d’appels délirants à la transgression dans tous les domaines.

 

Sciences Po est devenu le représentant  des délires du progressisme américain. L’école est confrontée à une montée croissante de la pensée racialiste, décolonialiste et indigéniste depuis de nombreux mois. Elle a été occultée par les démissions d’Olivier Duhamel et de Frédéric Mion pour les raisons que l’on connait.  On a vu en effet se développer de petits groupes inspirés par les thèses racialistes. Au mois de décembre dernier le collectif d’étudiants « Being Black at Sciences Po » a réclamé la mise en place d’un cours traitant de « l’intersectionnalité raciale, la théorie critique de la race et la pensée décoloniale ».

 

Une « liste de lecture pour l’été 2020 » a été établie par “l’équipe éditorialiste de Sciences Po ». On ne connait pas les membres de l’équipe, mais elle a sélectionné des ouvrages aux relents racialistes et décolonialistes alimentant la honte d’être blanc.  Parmi les livres cités figuraient :

Robin Di Angelo pour« White Shame ».  Elle pousse les américains blancs à faire l’examen de leur propre rôle dans la structure du racisme. Son travail consiste entre autres à animer des ateliers de sensibilisation au racisme et au multiculturalisme dans différents milieux de travail pour montrer qu’il existe une “culpabilité blanche”

Ibrham Kendj pour “Comment devenir anti raciste” . Il se présente comme un activiste anti raciste et un historien de la race et des discriminations à l’Unbiversité de Boston .

Reni Eno Lodge pour son essai intitulé « Pourquoi je ne parle plus de race avec les blancs », traduit en français sous le titre « Le racisme est un problème de Blancs » . elle a rencontré en Grande Bretagne un grand succès critique et commercial.

Layla Saad pour “Moi et la supériorité blanche » Layla Saad is a British social-media figure and author. After starting an Instagram trend #MeAndWhiteSupremacy, she developed her work into the digital Me and White Supremacy Workbook. It was published in 2020 as the book Me and White Supremacy, which entered The New York Times Best Seller list.

On a le droit de s’interroger sur le fait de savoir comment une telle liste peut se retrouver sur le site de Sciences Po. Au lieu de miser sur l’assimilation on opte pour le modèle à l’américaine en faisant monter des personnalités de la diversité comme si cela pouvait calmer les ardeurs des indigénistes. C’est en fait le contraire qui se produit.

Il parait que la liste n’est pas le résultat de réflexion académique mais un agrégat de votes et de réponses envoyés par des internautes sur Linkedin, Facebook, Instagram et Twitter.

 

La liste démontre un penchant pour la question de la couleur de la peau. A partir du moment où la chanteuse et actrice Camelia Jordana, encensée par les media dit « Les hommes blancs sont dans l’inconscient collectif responsables de tous les maux de la terre », le décor est planté. Quand on est blanc on n’a plus le droit de participer à la discussion. Des chercheurs militants confondent propagande et recherche. Ils investissent le monde académique en occupant les postes clés.

Le courant radical anticapitaliste et d’extrême gauche ajoute à la critique du développement industriel moderne celle de l’esclavagisme. Ces idées sont diffusées dans les universités américaines depuis les années 90 par des intellectuel sud américains comme Walter Mignola (Université de Duke), Ramon Grosfoguel (Université de Berkeley), Arturo Escobar (Université de Caroline du Nord).

 

Il s’agit de faire la part belle à l’inclusivisme et aux théories décoloniales. Parallèlement on remplace l’examen classique par des évaluations et des « reporting » examinés par des comités anonymes. C’est ouvrir la porte à toutes les revendications sociales ou politiques.

 

 

C’est la fin du débat et son remplacement par la « Cancel Culture » attisée par les fondamentalismes verts et rouges. Les responsables de ces établissements cèdent par complaisance ou par lacheté devant les activistes. Bruckner ou Finkielkraut ne sont plus admis. Le militantisme haineux a pris la place du débat.Les militants du décolonialisme et de l’intersectionnalité sont libres de poursuivre leur mainmise d’accaparement de l’université.

 

Sous prétexte d’antiracisme, notre époque voit le retour aux obsessions raciales des années trente. Il est porté par la “sainte trinité de l’incrimination: le néoféminisme, l’antiracisme et le décolonialisme. Comme le fait remarquer Pascal Bruckner, dans les  banlieues il n’y a aucune harmonie entre les tchétchènes contre les maghrébins, les maghrébins contre les gitans, les noirs contre les chinois

 

Il faut relire « Les traites négrières. Essai d’histoire globale » d’Olivier Grenouilleau.  Certains de ses contradicteurs le soupçonnent de vouloir dédouaner l’Europe de son rôle moteur dans le commerce négrier. Pourtant l’esclavage et le racisme n’ont jamais été à sens unique. Pour en finir avec la culpabilisation de l’Occident, la droite doit se libérer en cessant de vouloir plaire en permanence aux philosophes de gauche. Olivier Grenouilleau pour avoir publié en 2004 les résultats d’une recherche approfondie sur les traites négrières atlantique et arabo-musulmane, qui montrent que cette dernière a été plus dure, plus longue et plus cruelle que la première, il est accusé de racisme et de révisionisme. Il est cloué au pilori par certains dont Christiane Taubira qui considèrent comme un « vrai problème » qu’il soit payé par l’éducation nationale et enseigne ce qu’elle appelle « ses thèses » !

Au rebours de ce que veut faire croire la propagande “décoloniale” le cas de la France qui a accordé la citoyenneté pleine et entière à ses anciens esclaves dès 1848 n’a rien à voir avec la ségrégation raciale qui a existé aux Etats Unis jusqu’en 1964.

 

Il faut arrêter le concours des opprimés et l’obsession de minorités à Sciences Po pour l’intersectionnel, pour la race, pour le genre et l’identité. Tout cela détruit les sociétés occidentales. On dresse en permanence les gays contre les hétéros, les noirs contre les blancs, les femmes contre les hommes. Douglas Murray dans « La grande déraison » a fait l’inventaire des folies progressistes: “cancel culture”, accusations de transphobie ou de racisme systémique, délires sur le privilège ou la fragilité des blancs, attaques contre les forces de l’ordre accusées de génocide, politiciens et PDG mis à genoux, pillages de magasins en pleine pandémie, carrières bisées par des hordres tweeteuses, enfants encouragés à modifier leur corps, statues et réputations réduites en poussière

 

Il faut absolument éviter que les militants décoloniaux prennent le pouvoir dans les universités. Il faut mettre un terme à l’embrigadement de la recherche et de la transmission des savoirs