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COVID19, de la stupidité des politiques suivies ?

par Louis-Vincent Gave

Founding Partner & Chief Executive Officer de GAVEKAL
Président du Biarritz Olympique Pays Basque

Chers lecteurs de l’Institut des Libertés,

J’imagine que la plupart d’entre vous n’ont jamais entendu mon nom (je suis le fils, et patron, de Charles, et le frère d’Emmanuelle). Sauf pour ceux d’entre vous passionnés de rugby, car j’ai l’honneur d’être le président du conseil de surveillance du Biarritz Olympique Pays Basque. Or aujourd’hui, le rugby, comme tant d’autres activités économiques, est durement impacté par le COVID. Depuis le début de la saison, de nombreux matches de Top 14 et de Pro D2 ont dû être reportés, dont celui entre Perpignan et Mont de Marsan qui devait avoir lieu ce weekend. Avant ce match, quatre joueurs ont initialement rendu des tests COVID positifs. D’où report du match compte-tenu des protocoles. Néanmoins, 24 heures plus tard, ces mêmes joueurs, sur un deuxième test, étaient déclarés négatifs 

Alors : énorme bourde de la part du staff médical du Stade Montois ? Probablement pas. Car en fait, si vous prenez un test COVID aujourd’hui, et que votre résultat est positif, il est fort probable que vous n’ayez, en gros, que 50% de chance d’être affecté.

Je m’explique.

Commençons par la réalité des tests COVID. En France, ces tests sont parmi les plus fiables au monde mais génèrent néanmoins environ 3% de résultats « faux positifs » (c’est-à-dire que, comme nos joueurs Montois, vous testez positifs, alors que vous êtes en pleine santé). Ou dit autrement, si vous n’avez pas le Covid, vous avez 97% de chances d’être perçu comme négatif par le test, et 3% de chance d’être perçu comme positif.

Plus problématique est le retour de « faux négatifs » : vous avez le COVID, mais le test ne le perçoit pas et vous renvois donc dans la nature où, sans aucune intention néfaste ou égoïste, vous propagez le virus. Certaines études montrent que, parmi les gens qui ont le COVID, le taux de « faux négatifs » peut-être aussi élevé que 20%.

Compte tenu de ces données, imaginons ensemble une petite ville, de 1000 habitants, que nous appellerons Covid-sur-plage. Ce que personne ne sait est que, sur les 1000 habitants de notre commune, 25 habitants sont actuellement porteurs du virus (soit 2.5%). Mais lorsque certains cas de Covid commencent à apparaitre, le maire de Covid-sur-plage appelle toute la population à se faire tester.

Qu’allons-nous découvrir avec ces tests ?

  • Sur les vingt-cinq cas de Covid sous-jacents, le médecin de Covid-sur-plage va en identifier vingt et cinq vont passer entre les mailles du filet. Ceci est lié au 20% de « faux négatifs ». Ainsi, vingt personnes seront placées en quarantaine, alors que cinq autres « malades » pourront continuer à vivre leurs vies tranquillement.
  • Sur les 975 citoyens qui ne sont pas malades, le toubib de Covid-sur-plage identifiera 29 comme étant infecté Non parce que le médecin est un incompétent, mais parce que les tests ont un taux de «fausse positivité » de l’ordre de 3%.

Ainsi, Covid-sur-plage annoncera aux autorités sanitaires du pays que la ville souffre de 49 cas (20+29) et les médias locaux s’alarmeront d’un taux de 4.9%. Alors que la réalité sous-jacente est que seul 2.5% des habitants de Covid-sur-plage sont malades.

Par coïncidence, il se trouve que, le 6 Septembre, la France publiait un taux de maladie de… 4.9% ! Un chiffre qui alarme nos politiques, même si la réalité sous-jacente est probablement bien moins alarmante.

Ce qui nous ramène au cas du match annulé entre Perpignan et Mont de Marsan. Compte tenu du ci-dessus, ce ne sera très probablement pas le seul match annulé cette saison alors que tous les joueurs se portent comme le pont neuf. Car même si le virus venait à complètement disparaître du territoire Français, avec un taux de fausse positivité de 3%, et sur la base des 140,000 tests récoltés pas nos services médicaux tous les jours, alors 4,000 personnes chaque jour se verraient diagnostiquer comme étant malades, alors qu’en réalité, ces 4000 « malades » seraient en parfait santé !

Un chiffre assez conséquent pour entretenir la psychose ambiante.

Car nous nageons en effet en pleine psychose. Une espèce de mouvement de foule telle que ceux décrit par René Girard. Aujourd’hui, seul nous manque la victime expiatoire ; et de toute évidence, cette victime risque fortement d’être l’entrepreneur Français.

Remontons à la mi-Mars, lorsque le COVID-19 commence à montrer le bout de son nez à travers l’Europe. Les politiques à travers le monde préconisent alors des mesures diverses et variées :

  • En Suède, les autorités médicales expliquent que les quarantaines sont une réponse médiévale à un problème, somme toute,  plutôt que de rester calfeutré chez soi, il vaut mieux que la communauté développe ses anticorps afin d’endiguer la progression de la maladie. De plus, les quarantaines risquent d’entrainer des problèmes secondaires (alcoolisme, utilisation de drogue, suicide…) et un désastre économique.
  • En Suisse, on ferme les frontières mais tout comme en Suède, la vie continue. Les restaurants restent ouverts, ainsi que les bureaux etc… Néanmoins, une pression sociale est exercée afin de limiter les mouvements.
  • Aux Etats-Unis, la nature fédérale du gouvernement Américain fait en sorte que les réponses varient grandement d’état en état. A New York, les gens sont confinés, tandis que dans l’Arkansas ou le Dakota du Sud, les concerts et manifestations sportives battent leurs pleins.
  • En France, les citoyens restent bloqués chez eux pendant deux mois avec l’imposition d’une des quarantaines les plus sévères au monde.

Compte tenu de ces différences de politique, les performances économiques des pays sous-jacent divergent de façon conséquente :

 

Comme le souligne le graphique ci-dessus, la France est, de loin, la lanterne rouge.

Alors évidemment, les ODS souligneront que, lorsque la décision de confiner la population a été prise, il ne s’agissait pas d’une décision économique. If fallait sauver des vies. Et une vie, cela n’a pas de prix…

Néanmoins, même si une vie n’a pas de prix, là aussi, nous sommes maintenant capables de « mesurer » l’impact de la politique de confinement. Non pas en comptabilisant et en comparant les morts du Covid entre pays (il y an effet trop des disparités dans la façon dont chaque pays comptabilise ses morts liés au Covid – comment savoir si quelqu’un est mort à cause du COVID ? Ou bien mort avec le Covid, mais à cause d’autre chose ?) mais plutôt en comparant le nombre total de mort en 2020 à notre propre historique, et enfin entre pays. C’est ce que fais dans le graphique ci-dessous. Chaque courbe représentant, pour chaque pays, le nombre de morts hebdomadaires, ce chiffre étant indexés à 100 en 2013 (afin de tenir compte des différences de taille de population entre les quatre pays ci-dessus) :

Ce graphique m’amène aux observations suivantes :

  • Chaque hiver, nous avons droit à un pic de mortalité. Et cette année, le pic a été très prononcé. Même si fondamentalement parlant, le pic n’est pas complètement disproportionné comparé à ce que nous avons pu vivre sur des hivers récents. Par exemple, pour la Suisse, la mortalité cette année est en gros la même que sur l’hiver 2015…
  • Plus le pic hivernal est prononcé, plus la vallée de l’été est creuse. Cela aurait tendance à souligner que les plus faibles ayant été attrapés par la Camarde en hiver, ils ne sont plus là pour mourir pendant l’été. Et vice versa. Si la récolte hivernale de la Camarde est médiocre, alors cette dernière a tendance à se rattraper pendant l’été.
  • En conséquence, le nombre de morts aux Etats Unis, en Suède, en Suisse… atteint aujourd’hui un plus bas ! En France, nous ne sommes aussi pas loin d’un plus bas, mais nous n’y sommes pas tout à fait (probablement à cause de la canicule de cet été ?). Mais en tous les cas, il semble évident que le Covid ne décime plus nos populations. Ceci indique peut-être que le virus est devenu moins virulent (comme le SARS autrefois) ? Ou bien que nos hôpitaux et médecins sont aujourd’hui en mesure de lutter contre virus de façons plus efficaces (traitements aux stéroïdes etc…). Quoiqu’il en soit, le Covid ne tue plus de façon disproportionnée.
  • La France a réussi le doublé: non seulement notre pauvre pays a, grâce au confinement, été contraint de livrer la pire performance économique de l’OCDE mais, de surcroit, la France n’a pas fait mieux que la Suède, la Suisse, ou les Etats Unis en nombre de morts ! En fait, il semblerait que, peu importe des dispositions sanitaires de chacun, nos quatre pays ont rendu plus ou moins la même copie. La Suisse fait un peu mieux, et la France un peu moins bien, mais ces différences sont probablement trop faibles pour être statistiquement révélatrices…

Quoiqu’il en soit, avec un nombre de morts qui atteint un plus bas, nous devrions déjà avoir repris un cours de vie normale. Ceci d’autant plus que le Covid n’a cet hiver, fait de dégâts notables que chez nos aînés.

En effet, en restant sur l’exemple de la France (mais les chiffres sont similaires partout), si on regarde le nombre de morts par semaine, et par classe d’âges, on se rencontre très rapidement que :

  • Nous n’avons vécu aucune mortalité hors du commun chez les enfants :

  • Nous n’avons vécu aucune mortalité hors du commun au sein de la population active :

  • Le pic de mortalité a donc frappé principalement les retraités :

 

Les graphiques ci-dessus posent un nombre de questions importantes, notamment :

  • Compte tenu du fait que, malgré des politiques de confinement diamétralement opposées, la France et la Suède ont connut plus ou moins les mêmes résultats médicaux.
  • Que même avec la meilleure volonté du monde, la fiabilité des tests implique que, même celui qui teste positive au COVID-19 aujourd’hui a en fait une chance sur deux de ne pas avoir le virus !
  • Que la mortalité actuelle est quasiment au plus bas dans la plupart des pays de l’OCDE, y compris les pays qui n’ont suivit aucune politique de confinement.
  • Que statistiquement parlant (il existe évidemment des exceptions) le virus ne tue quasiment que les gens d’un certain âge, voir-même d’un âge certain…
  • Que même pour nos anciens, le virus ne décime plus leurs rangs comme il a su le faire cet hiver

 

 

Pourquoi nos politiques continuent-elles à restreindre nos libertés individuelles, à entraver l’activité économique, et pis encore, nous empêcher de regarder des matches de rugby ?  Est-ce :

  • Par bêtise? Il est possible que nos politiques ne comprennent rien aux statistiques
  • Par crainte d’admettre une erreur? Nos politiques, n’ayant jamais géré d’argent, ne savent peut-être pas que commettre une erreur n’est pas grave. Cela fait partie du métier. Ce qui est inexcusable, par contre, est de continuer dans son erreur par peur d’admettre de s’être trompé…
  • Par sournoiserie: Rahm Emmanuel, l’ancien chef de cabinet du Président Obama, lui soufflait à l’oreille qu’il « ne devait jamais laissé passer l’opportunité offerte par une crise ». Et l’opportunité est évidemment de faire croître le rôle de l’état dans l’économie, la société, et la culture. Nous assistons à cela aujourd’hui avec un pacte Franco-Allemand qui crée un nouvel état fédéral Européen qui n’aurait eu aucune chance d’être adopté par les urnes

Le rasoir de Hanlon (une règle de raisonnement, qui tout comme le rasoir d’Occam, permet d’éliminer certaines hypothèses lorsque confronté à une problématique) devrait nous pousser vers la première conclusion. En effet, le rasoir d’ Hanlon nous invite à « Ne jamais attribuer à la malveillance ce que la bêtise suffit à expliquer ».

Mais quelque part, ça devient tellement gros, qu’il devient difficile de croire que seule la bêtise puisse être en jeu.