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6 septembre, 2026

Comment vous êtes-vous ruiné ? Lentement au début, très vite à la fin.

Ce fût la célèbre réponse d’Oscar Wilde au juge qui lui demandait comment il s’était ruiné, et cette plaisanterie est profondément vraie.

C’est la même chose en économie.

D’un seul coup, le « crédit » s’arrête et tout change.  Mais peu de gens savent d’où vient le mot « crédit ». Il viendrait du latin « credo » ou de l’Italien « credito » qui veulent dire « je crois ». Faire crédit à quelqu’un c’est croire qu’il vous remboursera.  Le crédit est fondé sur la confiance et sur rien d’autre,

Et à Venise, où est née la banque moderne, quand vous étiez banquier et que plus personne ne vous croyait, vous faisiez « banqueroute » (banca rotta), les autorités venant casser (rotta) la table (banca) sur laquelle vous faisiez vos opérations de change…

Et donc, quand il n’y a plus de crédit, c’est-à-dire quand les gens ne vous font plus confiance et que vous êtes en cash-flow négatif, la banqueroute devient inévitable.

Avant l’invention de la société à responsabilité limitée et donc l’invention de la personne morale, les seuls qui pouvaient faire banqueroute (faillite) étaient les particuliers et donc les créditeurs pour couvrir leurs pertes pouvaient s’emparer de tous les biens de ceux qui avaient fait de mauvaises affaires.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui, ce qui fut un progrès immense pour ceux qui veulent prendre des risques.

Quand il s’agit d’un état, les choses deviennent plus compliquées puisque la caractéristique d’un état est qu’il a le monopole de la violence légale et que l’on imagine mal une justice nationale payée par un état demander à la police ou à l’armée nationale de saisir les biens de l’état au profit de particuliers ou d’entités étrangères.

Un état ne fait donc pas faillite.

Il fait défaut sur sa dette, c’est-à-dire qu’il ne sert plus les intérêts sur l’argent qu’il a emprunté et ne rembourse plus le capital au moment où il le devrait.

Prenons l’exemple de ja faillite des deux tiers en France en 1797.

Le trésor Public qui avait pourtant volé les biens de l’église avec les assignats, étant incapable et de servir les intérêts et de rembourser le principal organisa la faillite des 2/3

Si l’état vous devait 100, il vous remboursait 33 % en vous donnant un papier perpétuel (aucun remboursement du principal), vous payait 4 % de rendement sur 33 % et pour le reste, vous n’aviez rien à dire, la guillotine n’étant pas loin.

L’état a donc ce privilège incroyable de pouvoir voler les citoyens impunément sans avoir de fournir d’explications.

Et l’état, puisqu’il pouvait le faire a donc toujours volé les citoyens, sauf dans les pays gouvernés par le Droit, c’est a dire les pays Libéraux où le Droit contraint l’état.

Hélas, ces pays sont de moins en moins nombreux.

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Parce que nous sommes gouvernés par des brigands, parce que nous ne sommes pas et n’avons jamais été dans un pays libéral et parce que notre pays va faire faillite très prochainement.

C’est ce que je craignais depuis des années.  C’est maintenant inévitable,

Je vais vous la faire courte : quand un pays a une dette égale ou supérieur au PIB, a un déficit primaire (emprunte pour payer les intérêts sur la dette) et a des taux d’intérêts supérieurs au taux de croissance de son économie, il est dans une trappe à dettes et il faut vendre sa dette aussi vite qu’on le peut, la faillite est inéluctable.  Pourquoi ?

La dette va se mettre à monter plus vite que les taux d’intérêts tandis que la richesse créée montera par définition à un rythme égal au taux de croissance du PIB, inférieur au taux d’intérêts

Et donc le service de la dette va exploser à la hausse de façon exponentielle. Nous rentrons dans la période « très vite à la fin » de ce cher Oscar Wilde.

Et comme tout le monde va s’en rendre compte, plus personne ne voudra faire confiance a la signature de l’état et donc plus personne ne voudra nous faire crédit….

  • Le déficit cette année et les années suivantes va être d’au moins 150 milliards par an et plus les fous qui nous gouvernent augmenteront les impôts, plus le déficit sera important.
  • Le service de la dette dans les quatre ans qui viennent (d’après mes calculs que j’épargne au lecteur) représentera aux environ de 130 milliards d’euro en 2030 …
  • Chaque année, environ 150 a 200 milliards d’OAT arrivent à échéance et sont automatiquement resouscrits
  • En 20 29 -2030, la France devra donc lever ou renouveler entre 450 et 550 milliards d’euro

Ce qui est complètement impossible.

Tout ce que je viens d’écrire est donc complètement idiot et ne se produira pas.

Une crise de la dette française aura eu lieu bien avant.

Et LE signe annonciateur de la crise s’est déjà mis en route

 

 

La prime de sécurité que la dette Française payait en moyenne par rapport à la dette néerlandaise de 2012 à 2024 était de 25 points de base environ. Depuis la dissolution de 2024 qui a amené à une chambre ingouvernable, cette prime a triplé et nous en sommes d à 77 points de base. Si une récession arrive, le déficit ne sera pas de 150 mais de 200 milliards.

Le 10 ans français est à 4.27 %.  La croissance économique en France a été légèrement négative sur les 6 premiers mois de 2026.… prêter à 4.27 % à quelqu’un qui investit à zéro me semble être le comble de la stupidité.

J’ai un vieil ami Anglais, grand trader devant l’éternel, qui dit toujours que si l’on a l’impression qu’une panique arrive, il vaut mieux être le premier à vendre que le deuxième. Curieusement, le yen est beaucoup monté vendredi dernier après que le marché obligataire français ait baissé. Madame Watanabe commencerait-elle à vendre ses OAT ?

Qui sait ?

 

 

 

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Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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