Chroniques de la fin d’une Europe ouverte

La fin d’une Union Européenne ouverte à tous les vents de l’immigration, est programmée par de nombreux auteurs qui ne font pas partie de la pensée politiquement correcte. Leurs livres devraient nourrir les débats sur l’avenir de l’Europe. Comme c’est loin d’être le cas nous avons souhaité résumer leurs opinions pour vous donner peut être envie de lire leurs livres.

 

La fin de l’Empire romain est devenue un thème à la mode,car comme l’Europe d’aujourd’hui, l’empire romain avait ouvert ses frontières.  Rome a été confronté à la fin du IVème siècle à un afflux de réfugiés fuyant la guerre. Pour Michel de Jaegheredans« Les derniers jours. La fin de l’Empire Romain d’Occident »,ses intellectuels et sa classe politique y ont vu l’occasion d’habiller leurs calculs sous les apparences de la bienfaisance, sans du tout mesurer les conséquences pour l’équilibre du monde romain…

 

La fin de l’Empire des Habsbourg revient aussi régulièrement, carl’Union Européenne pourrait connaître le même destin funeste avec l’arrivée massive de réfugiés qui est pour l’Europe une véritable menace. Pour Ivan Krastevdans « Le destin de l’Europe »,les réfugiés seront les révolutionnaires du XXIème siècle. Un tel processus pourrait provoquer l’effondrement des démocraties libérales de la périphérie de l’Europe…

 

La référence aux origines chrétiennes de l’Europea fait l’objet de discussions autour du projet de Constitution européenne entre 2002 et 2006. Cela a donné lieu à une controverse dans les médias et la classe politique. La question était de savoir si, dans le préambule de la Constitution, parmi les éléments donnés comme constitutifs de l’identité européenne et justifiant qu’on cherchât à réaliser une unité politique du continent, il fallait ou non citer le christianisme. Demandée instamment par de nombreuses voix, cela n’impliquait évidemment aucune sorte d’obligation d’accepter la religion chrétienne comme un dogme officiel de l’Union, ni de donner aux Églises une place organique au sein des institutions européennes en contradiction avec le principe de laïcité. Philippe Nemodans « Les racines chrétiennes de l’Europe et leur dénégation » rappelle que cette mention fut finalement retirée à la demande insistante de la France ou plutôt de celui qui, à l’époque, était en principe fondé à parler en son nom, le président Jacques Chirac. Cela fut fait malgré la désapprobation de la plupart des autres pays européens. Mais, soutenu par la Belgique, le président français s’obstina et obtint gain de cause contre des partenaires européens agacés et lassés de cette opposition inattendue…

 

Plusieurs générations de dirigeants politiques ont fondamentalement modifié nos sociétés sans le consentement et contre le souhait des peuples. Depuis la fin des années soixante, des vagues migratoires successives touchent de façon continue les pays d’Europe occidentale. Pour en mesurer l’impact, tant démographique que culturel, il faut voyager dans les pays de l’Union. De Malmö à Lampedusa et de Londres aux îles grecques pour constater que le continent change à grande vitesse et que partout on constate le même phénomène : en matière migratoire, les responsables européens préfèrent toujours les positions généreuses, compatissantes et ouvertes car elles leur rapportent des bénéfices médiatiques immédiats. Ils savent bien pourtant qu’elles conduisent, partout, à des problèmes nationaux à long terme. Ces problèmes commencent à se voir dangereusement. Dans cinquante ans, il est plus que probable que la Chine ressemblera encore à la Chine, l’Inde à l’Inde… mais que l’Europe ne pourra plus ressembler à ce qu’elle était il y a juste quelques décennies. Douglas Murraydans son livre « L’étrange suicide de l’Europe: Immigration, identité, Islam » pose la question : faut-il faire de l’Europe le seul endroit au monde qui appartienne à tout le monde ? Est-ce la volonté des Peuples et est-ce raisonnable du point de vue du “bien commun” ? Le compte à rebours a selon lui commencé….

 

L’islam va transformer la France et l’Europe. Une révolution est en train de se produire sous nos yeux. L’Europe peut-elle rester la même si sa population change ? La réponse est non. Les vagues d’immigration à dominante musulmane que connaît l’Europe de l’Ouest et la France en particulier, depuis un demi-siècle sont en train de remodeler définitivement l’Occident. Dans son livre important et volontairement provoquant « Une révolution sous nos yeux. Comment l’islam va transformer la France et l’Europe. », Christopher Caldwell

montre que les élites européennes ont sous-estimé voire totalement éludé les effets sociaux, spirituels et politiques de l’immigration musulmane, qui sont considérables et durables, au profit des effets économiques, qui sont faibles et transitoires…

 

L’Europe n’est plus l’Europe, c’est déjà l’Eurabie.  Les élites europénnes ont renoncé à leurs racines judéo chrétiennes et livrent leurs peuples à une nouvelle « dhimmitude ». Depuis plus de trois décennies, l’Europe planifie avec les pays de la Ligue arabe la fusion des deux rives de la Méditerranée. Par le “Dialogue euro-arabe”, elle a développé une structure d’alliances, et souvent d’allégeances, avec le monde arabe. Elle sacrifie son indépendance politique tout comme ses valeurs culturelles et spirituelles en échange de garanties (quelque peu illusoires) contre le terrorisme et d’avantages économiques que lui dispensent les pays arabes. Si ces derniers fournissent à l’Europe des hydrocarbures, s’ils lui offrent des marchés, ce n’est pas sans lui imposer des contreparties : ils exigent d’elle une ouverture sans cesse accrue à leur culture, à leur langue, à leur religion – l’islam -, à leurs émigrants, qu’ils veulent toujours plus nombreux. Ils arrachent aux pays d’accueil des conditions visant à maintenir ces émigrants dans leur culture d’origine au lieu de faciliter leur intégration. Enfin l’alliance euro-arabe se base sur une politique commune hostile à Israël et aux Etats-Unis. Pour Bat Ye’ordans « Eurabia. L’axe euro-arabe »,il s’agit d’une stratégie de subornation de l’Europe qui est ainsi mise en oeuvre par les pays arabes, avec l’active complicité des instances dirigeantes européennes.

 

Le fait que l’Europe devienne une colonie de l’Islam, où l’invasion islamique ne se réalise pas que de manière physique, a été aussi développé par Oriana Fallacidans « L’Europe n’est plus l’Europe, c’est l’Eurabie ».   La soumission aux envahisseurs a empoisonné la démocratie, avec des conséquences évidentes pour la liberté de pensée, et pour le concept même de liberté.

 

La pression migratoire va soumettre l’Europe à une épreuve sans précédent.  L’Europe vieillit et se dépeuple. L’Afrique déborde de jeunes et de vie. Une migration de masse va se produire. Son ampleur et ses conditions constituent l’un des plus grands défis du XXIème  siècle. L’Union Européenne compte aujourd’hui 510 millions d’habitants vieillissants  ; l’Afrique 1,2 milliard, dont quarante pour cent ont moins de quinze ans. En 2050, 450 millions d’Européens feront face à 2,5 milliards d’Africains. D’ici à 2100, trois personnes sur quatre venant au monde naîtront au sud du Sahara. Pour Stephen Smith,grand reporter spécialiste de l’Afrique, dans « La ruée vers l’Europe »,l’Afrique « émerge  ». En sortant de la pauvreté absolue, elle se met en marche. Dans un premier temps, le développement déracine : il donne à un plus grand nombre les moyens de partir. Si les Africains suivent l’exemple d’autres parties du monde en développement, l’Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens, contre 9 millions à l’heure actuelle. L’État-providence sans frontières est donc une illusion ruineuse.

 

François Hérantitulaire de la chaire “Migrations et Sociétés” du Collège de France conteste la thèse de Stephen Smith dans “La Ruée vers l’Europe”.  Il y écrit que les travaux de Smith sont “sans valeur scientifique” et l’accuse de “nourrir le fantasme de l’envahissement du nord par le sud” et surtout “de caresser l’opinion publique dans le sens de ses peurs” !

Pour lui, la question des migrations internationales doit être abordée par le biais de méthodes sérieuses prenant en compte la diversité des phénomènes migratoires et des questions qu’ils soulèvent. Dans ce domaine, plus que dans tout autre, les idées reçues circulent, parfois imperméables aux faits. Sans prétendre trancher toutes les questions sur la place de l’immigration dans la société, Il admet qu’il n’y a pas de sociétés sans migrations et que les migrations modifient durablement les sociétés…

 

 

L’échec du projet européen est programmé,la permanence du fait national est sa boussole. De nombreux européens pensent que L’Europe est leur passé et la patrie leur avenir. Les fondateurs de cette Europe fantôme ont fait l’Europe comme on fait un enfant dans le dos d’une femme réticente. « Ils » étant les américains et leurs fondés de pouvoir en terre européenne. Telle est l’analyse de Régis Debraydans « L’Europe fantôme ».Pour lui, les pro-européens seraient mus par un ersatz de messianisme auquel peuvent se rallier maints orphelins aux attentes déçues…

 

L’Europe est au banc des accusés :elle est rendue souvent responsable de tout ce qui va mal dans les pays membres de l’Union : monstre anti-démocratique, défenseur du libéralisme économique, indifférence aux citoyens, faiblesse face à la mondialisation et en plus elle est dirigée par des « nuls ». Cet inventaire des critiques contre Bruxelles a été établi par Catherine Chatignouxet Renaud Honorédans leur livre « L’Europe au banc des

accusés ».

 

La trahison des clercs est en route.Celle d’intellectuels passés maîtres dans l’art de s’aveugler par incapacité à admettre que le mal puisse parfois surgir du camp des anciens damnés de la terre- réputé être celui du Bien. Entre illusions politiquement correctes et tentations politiquement abjectes, nous faisons le lit d’une Europe des extrêmes. Bien-pensants et mal-pensants, qui s’imaginent croiser le fer, ne voient-ils pas qu’ils ne cessent de faire monter ensemble les deux plus grands périls de l’époque : le national-populisme d’un côté, l’islamisme de l’autre. Alexandra Laignel-Lavastinedans « La pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme: essai sur les penchants suicidaires de l’Europe »

constate que deux mondes en crise se retrouvent aux prises sur le Vieux Continent : l’européen, désemparé par son basculement dans la mondialisation et le musulman, hanté par sa grandeur perdue. Là réside l’explosive nouveauté de notre temps…

 

Le “vivre ensemble” n’est plus qu’une fiction médiatiquemasquant mal des tensions identitaires souvent violentes. La peur de devenir étranger chez soi hante l’Europe occidentale. Dans une époque tourmentée, il est normal qu’un peuple réclame des frontières correspondant à la fonction protectrice du politique et défende son identité à travers laquelle il exprime son droit à la continuité historique.  Où en sommes-nous ? Nous voici pris entre notre vieille nation que nous ne voulons pas quitter et l’Europe nouvelle que nous espérons rejoindre sans savoir comment. A un gouvernement représentatif tend à se substituer une ” gouvernance démocratique ” qui ne nous gouverne pas  ni ne nous représente. Nous voyons sans nous émouvoir notre existence politique se défaire parce que nous sommes en proie à l’illusion d’une humanité unifiée qui pourrait tenir ensemble en se passant de toute forme politique. Et il y a longtemps que nous ne savons plus que faire de la religion. Comment donner sens à cette crise de notre existence commune ? Pierre Manentdans « La raison des nations. Réflexions sur la démocratie en Europe » interroge l’histoire, récente et lointaine, de la nation ; la manière dont elle a accueilli et nourri la démocratie ; et comment son effacement menace aujourd’hui cette démocratie même. Il met en évidence la situation paradoxale de la religion dont on ne cesse d’annoncer la fin imminente alors même que les séparations religieuses organisent de plus en plus notre paysage politique. L’Europe ne peut rester longtemps encore cette zone dépressionnaire où l’on a peur de son ombre. Il faut contribuer à ranimer le sentiment et l’intelligence des ressources spirituelles qui donnent à l’Europe sa continuité vivante…