6 July, 2020

Annuler la dette de la France : Que voilà une idée stupide !

L’ignorance et la bêtise sont des facteurs considérables de l’histoire  (Raymond Aron).

De temps en temps, je dois avouer que j’ai de grands moments de lassitude. Notre pays est dans une situation catastrophique parce qu’il a été géré depuis des lustres par des cuistres incompétents, et le résultat de cette gestion est bien entendu une dette abyssale.

Bien.

Devant une telle situation, un citoyen normal se poserait les questions suivantes :

  1. Comment en sommes-nous arrivés là ? ce qui revient à établir un diagnostic.
  2. Est-ce que l’histoire économique offre des exemples comparables ? ce qui nous permettrait d’affiner nos efforts pour trouver des solutions.
  3. Parmi ces exemples, quels ont été les solutions choisies pour redresser la barre avant que le bateau ne se fracasse sur les écueils, et lesquelles ont marché, lesquelles ont échoué ? ce qui nous permettrait de régler le problème comme l’ont fait par le passé la Suède, le Canada, la Grande-Bretagne et bien d’autres avant ou après eux.

Et au lieu de cela, nous assistons à une débauche de propositions, plus idiotes les unes que les autres pour régler techniquement le problème, et dont la pire est sans doute que nous devrions annuler la dette qui n’est que le résultat des politiques insensées que nous menons depuis des décennies.

Car annuler la dette sans changer de politique reviendrait à casser le thermomètre sans s’attaquer aux causes profondes de la fièvre, ce qui bien sur serait voué à l’échec.

Annuler la dette serait en fait une erreur monstrueuse et je vais en énumérer les conséquences ici.

  • Commençons par une évidence : le passif de l’Etat, la dette, constitue une bonne partie de l’actif des citoyens. Prenons l’assurance vie dans laquelle les français ont investi 1700 milliards d’euros dans des obligations de l’état français. Ces épargnants, souvent âgés et aux revenus modestes, ont déjà été spoliés du revenu qu’ils étaient en droit d’attendre puisque les taux d’intérêts sont à zéro %, voire négatifs. Faire disparaître leur capital reviendrait à faire plonger immédiatement et de façon catastrophique leur niveau de vie, ce qui augmenterait de façon gigantesque le déficit de l’état, et donc la dette, puisqu’il faudrait les subventionner. Et cette réalité s’applique aux fonds de retraite existants (Agirc-Arco etc…), dont les réserves disparaîtraient, ce qui forcerait l’état à se substituer à eux, ce qui ferait exploser encore plus et le déficit et la dette.
  • Continuons avec les sociétés financières, banques, assurances etc… que la réglementation a forcé à utiliser comme « réserves »en cas de coup dur ces mêmes obligations d’état. Toutes ces sociétés se retrouveraient en faillite immédiate, et du coup, plus personne ne serait ni assuré contre quoi que ce soit, ni ne disposerait d’un compte bancaire, ce qui amènerait à une hausse immense de l’épargne de précaution et donc à une récession gigantesque, qui ferait exploser une fois encore le déficit de l’état -et donc la dette- par écroulement des recettes fiscales. En passant, il faudrait aussi nationaliser toutes ces sociétés et chacun a vu le succès des nationalisations en 1981.
  • Venons-en à la situation extérieure de la France qui a souffert d’un déficit de son commerce extérieur (comptes courants) d’environ 1. 5 % par depuis des années. Ce déficit a été bien sûr couvert par une épargne non-française (fonds de pension hollandais, américains ou anglais, fonds souverain du Qatar, banques centrales asiatiques) qui du coup se retrouvent détenant une bonne partie de la dette française (40 % ?).  Non seulement ils prendraient une énorme claque, ce qui ferait baisser leurs niveaux de vie et donc les exportations françaises, mais en plus ils cesseraient immédiatement d’acheter nos obligations, ce qui nous forcerait à passerinstantanément en comptes courants excédentaires, ce qui se produirait au travers d’une considérable récession entraînant un effondrement de nos importations et donc de notre niveau de vie.
  • Signalons enfin que nous serons certainement forcés de payer les importations restantes soit en dollar, soit en DM, soit en or, plus personne ne nous faisant crédit et que nos réserves n’y suffiraient pas, ce qui nous forcerait à revenir au contrôle des changes. Plus de vacances en Espagne, en Thaïlande ou au Maroc, plus d’études à l’étranger, les vacances dans la Creuse redeviendront à la mode.

Et je pourrai continuer mais je tiens à assurer le lecteur que cette solution a été choisie dans l’histoire par de nombreux pays tels l’Argentine, le Venezuela, le Brésil, le Mexique, le Zaïre, la Corée du Nord, l’URSS, l’Allemagne Nazie etc…, et qu’elle se termine toujours avec des crétins galonnés prenant le pouvoir et se lançant immédiatement dans des grands travaux chers à l’Etat Stratège (l’oxymore total) du type camp de rééducation entouré de miradors. Adieu au Club Med, bienvenu au Goulag…

J’espère mieux pour mon pays et plutôt que de se livrer à l’imbécillité d’une annulation de la dette, mieux vaut suivre la voie de l’expérience et de la raison, ce qui suppose de commencer par le bon diagnostic.

Je l’ai posé il y a près de vingt ans dans mon premier livre, « Des Lions menés par des Ânes » (que vous pouvez acheter sur le site de l’IDL, le produit de la vente allant à l’IDL) et je n’en changerai pas une ligne, tout se passant en effet comme je le craignais en 2002. Pour ceux qui voudraient se rafraîchir la mémoire, ils peuvent aussi décharger le dossier un peu ancien sur l’Euro, disponible sur le site de l’IDL, mais dont la pertinence reste entière.

La cause « première » (comme l’aurait dit Aristote) de bien des désastres financiers est souvent la même : une tentative de fixer le taux de change entre un pays mal géré et un pays bien géré pour forcer ceux qui refusent les réformes dans le pays mal géré à se coucher, c’est à dire transformer les Grecs ou les Italiens en Allemands, et chacun a pu mesurer le succès de cette tentative.

Mais l’Euro avait un second objectif : faire disparaître les monnaies nationales, signe insupportable de souveraineté…

A l’origine de l’Euro, il y a donc une double imbécillité : ceux qui l’ont créé n’ont pas prévu de mécanisme d’ajustement pour compenser les différences de productivité du travail entre pays (ce qui est le cas de tous les systèmes de taux de changes fixes) mais en plus ils ont manifesté une totale incompréhension de la relation symbiotique qui unit chaque nation à sa monnaie.

Supprimer la monnaie nationale, c’est faire disparaître l’outil qui permet à chaque peuple de vivre avec lui-même sans se déchirer. Identité et souveraineté ne peuvent en effet exister sans un instrument qui arbitre « sans douleur » les tensions internes à une Nation et qui s’appelle le taux de change.

Le supprimer, et la guerre civile ne tarde guère.

Et donc, l’Euro amène non seulement à une crise économique sans fin, ce qui était parfaitement prévisible, puisque je l’ai fait, mais c’est surtout une erreur politique gigantesque dans la mesure où non seulement il fait renaître les haines ancestrales en Europe, et donc les risques de guerre, mais aussi il enlève le contrôle que chaque peuple doit avoir sur l’entité qui exerce le « monopole de la violence légitime » dans cette nation, c’est-à-dire l’Etat, en annihilant le contrôle que ce peuple exerce sur le prélèvement de l’impôt.

Je m’explique.

Pour assurer son fonctionnement, l’état a besoin de lever des impôts, et depuis Locke nous savons que les trois remparts à la tyrannie de ceux qui ont pris le contrôle de la violence légitime sont 1) la tolérance, la vérité d’Etat n’existe pas 2) le droit de propriété, qui donne la possibilité de résister à l’arbitraire, le propriétaire étant indépendant et chacun devant garder le produit de son travail et 3) le vote des impôts par la population ou ses représentants, la meilleure façon de contrôler un éventuel tyran étant de lui couper les vivres.

La création de l’Euro a attaqué à la base ces trois principes.

La tolérance, puisque existe maintenant un camp du bien et un camp du mal, la propriété puisque l’outil qui sert à mesurer la valeur de cette propriété, c’est-à-dire la monnaie voit ses prix complètement manipulés et enfin les impôts, puisque les emprunts ne sont que des impôts différés et que des taux d’intérêts à zéro permettent de lever des impôts à l’infini, sans en demander la permission au peuple, les taux d’intérêts nationaux n’ayant plus rien à voir avec la capacité d’épargne de chaque nation.

La conclusion est imparable : nous ne sommes donc plus ni en démocratie, ni dans un système de marchés libres. A dire vrai, je ne sais pas très bien dans quoi nous sommes… peut-être la dictature molle qu’avait prévu Tocqueville ?

Venons-en maintenant au dernier point, où je vais couvrir rapidement les enseignements de l’histoire, pour savoir comment se sortir du piège de la dette. Ce n’est certes pas la première fois qu’une nation se retrouve dans cette situation et la façon de s’en sortir a toujours été la même : il faut revenir à la démocratie et au système de marchés libres.

C’est ce que fit la Suède après 1992, moment où la social-démocratie Suédoise explosa, entraînant avec elle le système bancaire local.

A l’origine du désastre, toujours la même chose : un gouvernement idéologue suit une politique débile et essaie de se préserver des conséquences de ses actions en fixant son taux de change par rapport à la monnaie d’un pays sérieux.

La Suède rejoint donc le serpent monétaire européen et fixe son taux de change par rapport au DM.

Et le miracle se produit : la différence des taux longs (10 ans) entre l’Allemagne et la Suède passe de 1988 à 1992 de 500 points de base à 100 points de base.

Et du coup, tout le monde en Suède emprunte, l’immobilier passe au travers du toit, le budget devient déficitaire, ainsi que les comptes courants, et la dette étatique passe de 30 % à 70 % du PIB en quatre ans.

Arrive le réveil en 1992, déficits extérieur et budgétaire ayant explosé, les attaques se multiplient sur la monnaie suédoise, la banque centrale fait grimper les taux courts à 50 % pour empêcher la sortie de la Suède du SME, ce qui fout l’immobilier, et donc les banques au tapis, ainsi que tous les consommateurs qui avaient emprunté comme des fous pour acheter de l’immobilier.

Curieusement en 1992, et absolument par hasard, j’étais dans le bureau du gouverneur de la banque centrale de Suède, la RIKSBANK, la plus vieille banque centrale du monde, le jour même où la Suède sortit du SME, et très détendu, il m’annonça que la décision venait d’être prise de laisser filer la monnaie pour sauver l’économie.

La couronne perdit immédiatement 25 % vis-à-vis du DM et c’est là que les choses sérieuses commencèrent, car il peut y avoir des dévaluations ratées (celles de la IVème République) et des dévaluations réussies.

Pour qu’une dévaluation réussisse, il faut d’abord suivre une politique monétaire très restrictive pour empêcher que l’inflation ne grimpe, nationaliser toutes les banques qui seraient en difficulté pour prévenir les paniques bancaires, chacun essayant de sortir le maximum de cash de la banque, le cas échéant mettre en prison les présidents et directeurs généraux de ces banques s’ils le méritent, ce qui est très bon pour le moral de la population, pour bien sûr réintroduire ces banques en bourse trois ans après en faisant cinq fois la mise…

Il faut aussi que les actionnaires des banques perdent tout, ainsi que ceux qui ont souscrit aux obligations émises par la banque, pour qu’ils retiennent la leçon.

Et il faut enfin que l’économie soit massivement déréglementée et libérée… etc…

Et tout cela a un seul but : organiser un transfert de richesse aussi grand que possible des rentiers vers les entrepreneurs… Seuls les entrepreneurs réussiront à nous sortir de la trappe a dettes, cela est une certitude. Et cela se passe quand la rentabilité du capital passe au-dessus du coût du capital.

Et c’est ce qui fut fait en Suède et depuis la dette de l’état a baissé de 15 points de PIB, les budgets sont en excèdent, les comptes courants aussi, la bourse de Stockholm a fait 60 % de mieux que l’indice Américain (S&P 500) depuis Janvier 1993 et rien n’est pourri dans le royaume de… Suède.

Résumons-nous : pour revenir à une démocratie il faut et il suffit de revenir à de vrais prix pour les taux d’intérêts et les taux de change tout en dérèglementant l’économie et en coupant dans les dépenses étatiques improductives subventionnés pendant des années par les faux prix de l’argent.

C’est ce que firent la Grande-Bretagne de Madame Thatcher, le Canada de Jean Chrétien, la Corée du Sud après sa faillite en 1998 ou la France de de Gaulle en 1958.

Et c’est la seule et unique façon de retrouver une croissance plus élevée que les taux d’intérêts, ce qui a terme fait disparaître la dette.

Inutile de dire que rien de tout cela ne se passera en France puisque rien n’a changé depuis Giscard : le seul et unique objectif de ceux qui ont été au pouvoir depuis 1974 ayant été de créer de toutes pièces une souveraineté européenne, qui ne peut pas exister puisqu’il n’y a pas de peuple européen ni de volonté de vivre ensemble européenne.

Nous sommes dans une impasse totale qui rappelle fâcheusement celle dans laquelle s’est trouvée l’Union Soviétique quand Solidarnosc a émergé en Pologne : la légitimité du pouvoir soviétique reposait sur la fiction que ce pouvoir représentait la classe ouvrière et l’émergence d’un syndicat ouvrier prouvait et au-delà de ce qui était nécessaire que le pouvoir était illégitime. Restaient les tanks, ce qui est souvent insuffisant quand les soldats sont du même peuple que les mécontents.

Aujourd’hui, tout le monde sait que ce qui se passe à Bruxelles n’a rien, mais rien, à voir avec la volonté des peuples et donc ce pouvoir n’est en rien légitime. Il est tout au plus légal, et il n’a pas de tanks.

Or, quand le monopole de la violence légitime devient simplement le monopole de la violence légale, l’écroulement n’est pas loin.

Et c’est là où nous sommes aujourd’hui en France. Le pouvoir est certes légal, mais il n’est plus légitime et c’est ce qu’ont prouvé les deux dernières élections en France tant peu de gens se donnèrent la peine de voter.  Or, l’abstention aux élections précède souvent, et de peu, de très graves troubles sociaux.

Comme je ne cesse de l’écrire, nous rentrons dans des temps troublés, tant la classe au pouvoir, au sens Marxiste du terme, apparaît comme résolue à défendre ses privilèges et sa vision du monde alors même que le peuple a rejeté cette vision lors d’un référendum dont il ne fut tenu aucun compte.

Les virer du pouvoir va être dur, très dur et ce d’autant plus que la BCE est en train d’organiser un vrai coup d’état pour permettre la mutualisation de la dette entre pays européens, formellement interdite par les traités et par la Constitution Allemande. Le viol des souverainetés nationales continue donc de plus bel et je comprendrai que chacun se désespère devant ce pouvoir autiste.

Mais c’est au plus profond de la nuit qu’il faut croire à l’aurore : qui s’attendait à l’effondrement de  l’URSS en 1988 ?

.

 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

37 Commentaires

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  • Marco

    26 July 2020

    Si vous prêtez à quelqu’un des sommes telles qu’il ne pourra pas les rembourser,
    lequel des deux est le plus responsable?

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    • Luc

      29 July 2020

      les politiciens sont irresponsables penalement. vous n’avez pas encore compris cela. le fait de permettre aux policiens dans un systeme clienteliste d’emettre de la dette est criminel.
      en democratie le but d’un policien est de se faire elire, le reste il s’en fout completement

    • Charles Heyd

      29 July 2020

      La question semble simple et sensée mais la réponse l’est beaucoup moins;
      si les banquiers appliquaient vraiment tous les critères qu’ils sont censés respecter, fini les prêts à la consommation (télé, bagnoles, et j’en passe);
      et alors, où il irait chercher la croissance notre Lemaire national?

    • Marco

      1 August 2020

      @Luc et Charles
      Je sais très bien tout cela, que les gouvernements emprunteurs ne sont pas les “rembourseurs”.
      Si les banquiers prêtent encore c’est qu’ils pensent rafler un jour l’épargne
      des français (déjà la loi Sapin l’autorise explicitement), entre autres pillages.

  • Franck

    13 July 2020

    Bonjour,
    Synthèse très pertinente comme d habitude.
    J ai vu une vidéo de vous-meme avec un jeune fort sympathique (émission grand angle je crois) dans laquelle vous évoquiez l idée de comment parvenir à arrêter de subventionner des dépenses improductives : c est celle de la impôt négatif véhiculé par Milton Friedman. On transfert le coût des charges salariales supérieur à la rentabilité marginal du capital de l’entreprise à l’ état.
    Avec les milliers de milliards de billets qu ils impriment, pourquoi ne pas en profiter tant qu on y est (en faillite !). Après tout le Allemagne fonctionne selon le même principe. Si c est pour crever avec l euro (si le front national ne passe jamais aux prochaines élections en Italie ou en France tout du moins pendant 15 ou 20ans encore), autant libérer le marché du travail pour éviter aux plus pauvres sans Formation de souffrir.
    Avec une telle rigidité du marché du travail et l euro empêchant la dévaluation, je commence sérieusement à compatir pour les plus démunis, en tout cas ceux et celles arrivant sur le marché du travail sans qualification et sans ressources.
    Tout cela commence à être extrêmement inquiétant !!!

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  • MichelC

    13 July 2020

    En France, on a pas de pétrole, mais on a des idées débiles…

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  • Laurent WILDI

    12 July 2020

    Très belle conclusion, Monsieur Gave, merci. C’est vrai que le découragement guette. Alors un peu d’humour comme antidote. Nous avions en Suisse fin des années 1970 un conseiller fédéral (socialiste, personne n’est parfait) nommé Willi Ritschard, qui a dit ceci: *Faire des dettes d’Etat, ce n’est pas difficile. Il est rare que l’Etat fasse faillite. Il laisse cela à ses citoyens.”

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  • Francis

    8 July 2020

    Annuler la dette ou la monetiser par la banque centrale est-ce bien different?
    Guillaume Rouvier a émis l’idée d’une annulation (au moins d’une partie) de la dette des états de l’UE, la partie détenue par la BCE et que la politique des taux zéro soit abandonnée. Dans ce cas pas de catastrophe pour les assurances vie, les caisses de retraite ou les banques. Au niveau du bilan de la BCE, il n’explique pas comment cela se passerait et se contente de dire qu’on ne demande pas à la BCE d’avoir des fonds propres positifs?!

    À propos des impôts, il y a bien longtemps qu’en France ils ne sont pas votés par ceux qui les payent mais au contraire par ceux qui ne les payent pas.

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  • Larroque

    7 July 2020

    L’amour du pouvoir et de l’argent “facile ” a remplacé l’amour du bien commun et le patriotisme.

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  • Alex

    6 July 2020

    Annuler la dette, c’est toujours en transférer le fardeau à d’autres. Comment en serait-il autrement? Laisser croire que la Banque centrale européenne (BCE) puisse vivre durablement sans faire appel aux contribuables en cas d’annulation de la dette qu’elle détient, avec des fonds propres négatifs, est un projet séduisant mais peu réaliste, surtout en zone euro, quoiqu’en disent certains experts.
    Dans une interview au « Wall Street Journal » (24 février 2012), peu de temps après sa prise de fonction, Mario Draghi avait lui-même rappelé à ceux qui étaient déjà tentés de voir en lui un magicien : « Les gens ont tendance à oublier que l’argent dépensé par la BCE n’est pas de l’argent privé. C’est de l’argent public. C’est l’argent des contribuables ». Compte tenu des montants en cause, il ne fait aucun doute qu’une annulation de dette publique par la BCE impliquerait un comblement des fonds propres devenus négatifs.

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  • Olivier Matt

    6 July 2020

    est-ce encore raisonnable d’investir dans l’immobilier ? Si oui, comment calculer les prix réels étant donné les faux taux d’intérêt? Est-ce prudent d’emprunter à une banque française pour investir en Allemagne et espérer jouer sur un retour au franc ?

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  • Luc

    6 July 2020

    Mr gave, ne pensez vous pas qu’il est temps que les francais vivent selon leurs moyens ? plutot que vivre en s’endettant ad vitam eternae ? et ceci pour tout et particulierement pour la secu . quel etait l’endettement de la France sous le general de Gaulle ? 40 ans de socialisme clienteliste et la dette de la France est en passe de rejoindre celle de la Grece
    La france ne produit plus grand chose a part des peugeot dont meme l’afrique ne veut plus, des centrales EDF en fin de vie, du pinard et du camembert, des A380 relegués dans les musées, des plages et pistes de skis. ca vaut quoi a l’international tout ca ? les terres agricoles sont rachetées par les etrangers, bientot les ports francais comme en Grece ?
    le vote macronien est le clou sur le cerceuil de la Ve republique, apres 40 ans de socialisme et d’irresponsabilité generalisée.

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  • Alexandre

    6 July 2020

    La chance de l’UE, de la commission et du parlement européen, serait de nommer Charles GAVE président de la BCE. A cette condition ils parviendraient peut-être à survivre au désastre qu’ils créent.

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  • PATYDOC

    6 July 2020

    En France – et je l’ai déjà trouvé dans un livre des années 30 – le parlement n’exerce pas du tout le contrôle des dépenses du gouvernement, mais au contraire, pousse à la dépense au profit des groupes de pression que chaque député représente, et du premier d’entre eux, l’Etat. En ce sens, votre rempart n°3 ne marche pas : une réforme constitutionnelle s’impose, et pas seulement une révolution économique libérale

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    • breizh

      7 July 2020

      exactement : le parlement ne joue pas son rôle de contrôle de l’exécutif. Il attend d’aller à la soupe !

    • bibi

      8 July 2020

      Depuis 1789 la France a connu 15 régimes.
      Monarchie constitutionnelle : 1789-1792
      1ere République : 1792-1804 avec 3 régimes différents : convention nationale, directoire, consulat.
      1er Empire : 1804-1815
      Restauration : 1804-1830
      Monarchie de Juillet : 1830-1848
      2ème République : 1848-1852
      2ème Empire 1852-1870
      République provisoire 1870-1875
      IIIème République : 1875-1940
      Etat Français : 1940-1944
      Gouvernement Provisoire : 1944-1946
      IVème République : 1946-1958
      Vème République : depuis 1958

      Aucun de ces régimes n’a donné satisfaction dans le temps, et c’est bien que le problème ce n’est pas la constitution mais ceux qui exercent le pouvoir, en France c’est le peuple qui est souverain mais ça n’empêche pas le parlement de désavouer le peuple souverain quand il s’agit d’adopter un traité qui abandonne une partie de la souveraineté nationale, a contrario le Royaume-Uni ou s’est le parlement qui est souverain (le monarque plus les deux chambres) et même si cela c’est fait dans la difficulté le vote du peuple concernant la reprise en main des souverainetés abandonnés par le parlement a été respecté.

      La première réforme dont à besoin ce pays c’est une loi organique interdisant à tout fonctionnaire et si possible à tous ceux vivant de l’argent public de se présenter à une élection (avec peut-être une exception pour les municipales dans les communes de moins de 1500hab et à conditions de ne pas être employé de la commune)

  • Yves

    6 July 2020

    Humour … : Parlant d’Etats endettés, je vois que les bureaux de l’Institut des Libertés sont dans le quartier des Ambassades du Liban, Venezuela et Argentine, vous êtes bien entourés !! LOL

    Répondre
  • Eliane Joumond

    6 July 2020

    Epoustouflent !
    Mais tellement normal…. De la part de l’égoïsme qui a régulé ce monde jusqu’à aujourd’hui. Je dirai même inévitable aux obsédés de la rentabilité et de l’individualisme exacerbé que nous avions collectivement fabriqué.
    Je suggère quelque chose qui pourrait paraître… presque idiot, hors sujet, voir même idéologique. Et pourtant ce pourrait-être une solution tellement plus proche, plus accessible, plus fiable. En tout cas plus simple à résorber que la dette de l’Etat. :
    Je suggère donc que dans chaque famille, chaque foyer, chaque ” petit coin de paradis” que nous entretenons chacun (ne serait-ce qu’en esprit lorsque nous plaçons notre argent) que nous-nous posions une série de questions simples et fondamentales :
    Dans un état profond de réflexion.
    Qu’est-ce qui est le plus important pour moi, là maintenant ? Indépendamment du contexte.
    Important pour nous (notre famille), nos amis (véritables), nos voisins (sincères) notre quartier, notre village (quelle réciprocité puis-je y trouver, y apporter) ? Ne serait-ce pas le meilleur, le moins couteux, le plus sûr des investissements ? Est-ce que je les considère ? Est-ce qu’e je me considère ? Vraiment ? Est-ce que j’aurai négligé, laissé traîner, envenimer, se déliter quelque chose ? Qu’ai-je fait de ma vie ? Ai-je bien employé, mes économies, mes investissements ? Mon temps ? Suis-je à ma place ? Ma véritable place? Est-ce vraiment la vie que je voulais vivre que je vis ? N’ai-je pas une dette envers moi-même ? Envers ceux (et tout ce) que j’aime ? Envers qui, suis-je le plus en colère ? Envers l’Etat ou envers moi-même ? De quoi, de qui ai-je le plus de soutien ? Sur quoi, sur qui puis-je le mieux compter ? Qui peut le mieux compter sur moi ?
    N’y a-t-il pas un diton qui dit : Aide-toi et le ciel t’aidera ?
    Alors oui, les entrepreneurs entreprenons ! A bon escient s’il vous plait.
    De quels investissements a besoin notre pays ?

    Répondre
  • Soufiane

    6 July 2020

    Bonjour,

    L’annulation d’une partie de la dette (celle detenue par la BCE) permet d’echapper aux 4 points du debut de votre article.

    Attention je ne dis pas que c’est la solution, je dis simplement que nos politiques ont une solution toute faite pour resoudre en partie et temporairement le probleme sans faire trop de malheureux.

    Connaissant leur courte vue, nul doute qu’ils exploreront la piste.

    Répondre
    • Xavier

      7 July 2020

      Oui.
      Impossible à faire pour la France seule, mais possible au niveau des nations utilisant l’euro.
      On peut même imaginer une action concertée avec tous les pays lourdement endettés (USA, GB…).
      Personne n’est spolié, aucune conséquence négative.

  • Max

    6 July 2020

    Je regrette que mes commentaires ne soient publiés, une société liberticide et très sélective se fait jour et on en voit les prémices même ici bien a vous. Je reste un de vos fidèles lecteurs

    Répondre
  • Nanker

    6 July 2020

    “Pour qu’une dévaluation réussisse, il faut d’abord suivre une politique monétaire très restrictive pour empêcher que l’inflation ne grimpe”.

    Je n’ai pas de boule de cristal mais je crains que la seule porte de sortie du pandemonium post-Euro ne soit 10 ans d’inflation à 2 chiffres…

    Répondre
    • Yves

      6 July 2020

      si vous le pensez alors prenez le plus possible d’immobilier avec des credits à taux fixe à 1%

  • Faik Henablia

    6 July 2020

    @ A Didier.
    Je suggère donc que les Etats s’endettent désormais à perpetuité, de préférence à taux négatif.

    Que n’y a-t-on pensé plus tôt!

    Répondre
  • Max

    6 July 2020

    Vous avez annoncé précédemment que les autorités mettaient toutes leurs énergies à détruire la monnaie. Vous conseillez logiquement l’or, biens tangibles et titres de propriétés pour s’en protéger plutôt que d’être détenteur d’une dette d’état ou de banque. Pourquoi, alors, vous souciez du remboursement de dette ? L’inflation !

    Répondre
  • Jordi

    6 July 2020

    Sur le dette, il y a 4 options:
    1-defaut total
    2-défaut partiel négocié avec les créanciers
    3-conversion en francs suivi d’une baisse massive de la valeur en Deutschmarks
    4-paiement en euros

    Il est essentiel de refuser l’option 4. Empêcher l’état d’emprunter, c’est le forcer à arrêter les politiques courantes. Pour le reste, ceux qui choisissent de prêter de l’argent à un gouvernement illégitime méritent de se faire spolier.

    Répondre
  • vieux dinosaure

    6 July 2020

    En fait la plupart des personnes qui pronent l’annulation des dettes d’etat ne suggerent pas le non remboursement. Ils pensent plutot a la monetisation de ces dettes. L’etat rembourse les preteurs avec la planche a billet. Donc les fonds de pensions, assurances etc… seront rembourses, Les consequences sur la monnaie et l’inflation, c’est une autre affaire.

    Répondre
  • alex

    6 July 2020

    J’entame ma carrière, et je crains que ce combat soit de longue haleine voire même peut-être perdu d’avance. Voici ma question, où s’expatrier en 2020 ?

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    • Charles Heyd

      6 July 2020

      Quand on entame sa carrière l’expatriation peut et est même souvent une solution pour acquérir une expérience internationale, un perfectionnement d’une langue étrangère, etc.;
      mais entendre ce genre de question de la part d’un jeune me peine profondément; on n’est pas en juin 40 quand la bataille était perdue en France et qu’il fallait lutter à partir de l’empire ou de l’étranger mais en 2020 et la question devrait être: que puis-je pour mon pays!

    • breizh

      6 July 2020

      ce jeune a hélas raison : https://staging.contrepoints.org/2013/04/25/122575-rester-se-battre

      ceux qui nous gouvernent font tout pour que l’on ne puisse rien faire, à part alimenter le système.
      Ayn Randt avec “la grève” apporte aussi une solution.

      donc s’expatrier est la meilleure chose à faire pour le pays (et pour soi-même). Il sera toujours temps de revenir reconstruire.

  • Bilibin

    6 July 2020

    Dois-je comprendre le l’agirc est un placement à peu près aussi risqué que les obligations en euro car l’argent n’est plus légalement notre propriété et l’état peut le saisir? (La question est peut-être un peu bête mais j’assume)

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  • Ockham

    6 July 2020

    J’ai une triste opinion. Mon grand-père, mon père disait : dès que l’état met son nez dans une affaire et offre sa garantie, c’est foutu. Il se trompe toujours. Le marché ne se trompe jamais. Aucune exception.

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  • Delomel

    6 July 2020

    Pourquoi le sujet est il “annulation de la dette”, je n’ai entendu personne en parler sérieusement, par contre annuler la “dette” Covid qui est carrément virtuelle car créée ex nihilo grâce à de la fausse monnaie me semble un sujet sérieux. D’ailleurs est ce vraiment une dette ?

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    • Faik Henablia

      6 July 2020

      Dette virtuelle?

      Les allocations versées aux chômeurs partiels issus du Covid-19, et bientôt aux chômeurs de masse,sont-elle virtuelles? Les finance-t-on par un coup de baguette magique?

      Puisque cela semble si simple, pourquoi, alors, ne pas considérer toute dette comme une dette virtuelle? Après tout, on a bien parlé d’EBITDAC, (“C” signifiant Covid).

    • dede

      6 July 2020

      “pourquoi, alors, ne pas considérer toute dette comme une dette virtuelle?”

      Je suppose que la question est rhétorique mais il est quand même bon d’y répondre de temps en temps quand on entend toutes les âneries á propos de la dette et de la MMT (modern monetary theory: imprimer jusqu’à épuisement de la cartouche d’encre).

      Je me lance: quand une dette est émise, il y a un prêteur (c’est ce que CG rappelle avec les assurances-vies). Une vision marxiste du monde peut faire considérer qu’il n’est pas nécessaire de rembourser les riches capitalistes mais quiconque pense que cette vision du monde (riches contre prolétaires) n’est pas vraiment adaptée se doit de comprendre que lorsqu’on emprunte (plutôt qu’on ne confisque), on promet de rembourser et que seuls les hommes politiques sont capables de renier leurs promesses sans avoir honte.
      Toute personne normalement constituée ne peut en conséquence pas être en faveur du défaut de paiement.

    • Didier

      6 July 2020

      On peut annuler une dette en la rendant perpétuelle. Les résultats seraient bien ceux qu’énonce Charles Gave. C’est bien à cela que le système politique européen réfléchit depuis un moment. Et cela viendrait sans coup férir, dites-vous bien cela.

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Les livres de Charles Gave enfin réédités!