À Riyad, Donald Trump redéfinit le Moyen-Orient

Le 13 mai dernier, en voyage dans le Golfe, Donald Trump a prononcé un discours essentiel à Riyad, qui redéfinit les relations entre les États-Unis et le monde arabe.

C’est un discours de rupture par rapport aux politiques américaines conduites depuis les années 1990. Rupture face à l’idée de « nation building » portée par les néo-conservateurs et les universalistes, rupture face au discours du Caire (2009) de Barack Obama.

 

Fin de l’universalisme

 

À rebours de Bush et d’Obama, qui voulaient modifier le Moyen-Orient en y apportant la démocratie, y compris par les armes, en portant sur la région un regard moral, Trump défend l’idée que le développement est d’abord une question interne, et que les États-Unis n’ont pas à s’en mêler.

 

« Cette grande transformation [du Moyen-Orient] n’est pas le fruit de l’interventionnisme occidental… qui vous donne des leçons sur la manière de vivre ou de gouverner vos propres affaires. Non, les merveilles étincelantes de Riyad et d’Abou Dhabi n’ont pas été créées par les soi-disant « bâtisseurs de nations », « néoconservateurs » ou « organisations libérales à but non lucratif », comme ceux qui ont dépensé des milliards sans parvenir à développer Kaboul, Bagdad et tant d’autres villes. Au contraire, la naissance d’un Moyen-Orient moderne est le fruit des efforts des peuples de la région eux-mêmes… qui ont développé leurs propres pays souverains, poursuivi leurs propres visions et tracé leur propre destin. »

 

Il enterre plus loin le nation building des universalistes :

 

« Finalement, les soi-disant « bâtisseurs de nations » ont détruit bien plus de nations qu’ils n’en ont construites, et les interventionnistes sont intervenus dans des sociétés complexes qu’ils ne comprenaient même pas eux-mêmes. »

 

Fort de ce constat, il propose de renforcer les relations avec l’Arabie saoudite, qui demeure le pays central de la diplomatie américaine au Moyen-Orient :

 

« Nous célébrons plus de 80 ans de partenariat étroit entre les États-Unis et le royaume d’Arabie saoudite. » Après avoir rappelé la rencontre historique de 1945 entre Roosevelt et Ibn Saoud. Il affirme que les relations bilatérales sont aujourd’hui « plus fortes que jamais » et « le resteront ». Trump a loué la modernisation et le développement de l’Arabie saoudite, face à un public aux anges : « La transformation qui s’est opérée sous la direction du roi Salmane et du prince héritier Mohammed a été vraiment extraordinaire. » Il s’est dit impressionné par les projets d’urbanisme et les expositions technologiques : « Je n’ai jamais rien vu de tel. » Il a insisté sur l’émergence d’un « Moyen-Orient moderne » dirigé par des « peuples souverains poursuivant leur propre vision ».

 

Au niveau régional, Trump a de nouveau affirmé son soutien aux accords d’Abraham, en appelant à une extension de ceux-ci et à un approfondissement.

 

Le cas de l’Iran

 

Les propos sur l’Iran comptaient parmi les grandes attentes de ce discours, surtout de la part d’un Trump qui a rompu les accords précédemment signés. Il a réaffirmé que le pays ne devait pas posséder la bombe nucléaire : « L’Iran n’aura jamais d’arme nucléaire. ». Cela dit, il a souhaité ouvrir un nouveau chapitre avec l’Iran : « Je ne suis pas ici aujourd’hui pour condamner le chaos passé des dirigeants iraniens, mais pour leur offrir une nouvelle voie, une voie bien meilleure vers un avenir bien meilleur et plus prometteur. »

Un accord qui permet de conclure une paix régionale, qui assure le commerce entre l’Iran et les États-Unis. L’annonce de la fin des sanctions économiques contre la Syrie, qui a été l’une des grosses surprises de Riyad, est un message envoyé à l’Iran sur le fait que de telles levées pourraient aussi avoir lieu pour ce pays.

 

Trump a dressé le parallèle d’un monde arabe en plein essor face à un monde iranien qui s’effondre :

 

« Alors que vous construisez les plus hauts gratte-ciels du monde à Djeddah et à Dubaï, les monuments emblématiques de Téhéran datant de 1979 s’effondrent en un amas de gravats et de poussière. »

 

« Alors que votre savoir-faire a transformé des déserts arides en terres agricoles fertiles, les dirigeants iraniens ont réussi à transformer des terres agricoles verdoyantes en déserts arides »

 

Si Donald Trump ne veut plus d’interventions militaires dans le monde arabe et s’il s’oppose au nation building, il n’exclut néanmoins pas le recours à la force quand les intérêts américains sont menacés. C’est notamment ce qui a été réalisé au Yémen pour combattre les attaques des Houthis.

 

« À la suite d’attaques répétées contre des navires américains et la liberté de navigation dans la mer Rouge, l’armée américaine a lancé plus de 1 100 frappes contre les Houthis au Yémen. En conséquence, les Houthis ont accepté de cesser… Nous les avons frappés durement, nous avons obtenu ce que nous voulions, puis nous sommes partis. »

 

Une manière d’opérer qui illustre la méthode Trump : une intervention ponctuelle pour régler un problème, mais sans installation à long terme, comme ce fut le cas en Afghanistan et en Irak, et sans volonté non plus de modeler le Yémen et de chercher à en faire une démocratie.

C’est là aussi un message envoyé à l’Iran : si nécessaire, les États-Unis pourraient frapper, mais ils ne chercheront pas à renverser le régime iranien et à faire à Téhéran de l’ingénierie politique.

 

« Ces dernières années, beaucoup trop de présidents américains ont été obsédés par l’idée qu’il nous appartient de scruter l’âme des dirigeants étrangers et d’utiliser la politique américaine pour rendre justice à leurs péchés… Je crois que c’est à Dieu de juger — mon travail [est] de défendre l’Amérique et de promouvoir les intérêts fondamentaux que sont la stabilité, la prospérité et la paix. »

 

Le grand absent

 

Dans ce discours, Israël n’a été cité qu’une seule fois, lors d’une référence à l’attaque du 7 octobre 2023 : « Tous les peuples civilisés doivent condamner les atrocités commises le 7 octobre contre Israël ».

 

Rien d’autre sur Israël, où Trump ne s’est pas rendu, afin de ne pas polluer son message et pour éviter les récupérations politiques. Beaucoup y ont vu un camouflet de la politique conduite par Netanyahou, d’autant que le président américain a apporté un soutien clair aux civils de Gaza :

 

« La façon dont ces gens sont traités à Gaza est inacceptable. Il n’y a aucun endroit au monde où les gens sont traités aussi mal. C’est horrible. »

 

Le Hamas et le Hezbollah sont eux aussi à peine cités (trois occurrences), mais c’est pour promettre de poursuivre la lutte contre ces entités.

Enfin, Donald Trump a promis un avenir radieux au Liban, débarrassé de ses élites corrompues et de la gangrène du Hezbollah et du Hamas. Un discours qui s’est terminé de façon lyrique, où il a promis le meilleur pour la région, la paix et la prospérité.

On peut ne pas suivre le président américain dans ses envolées lyriques qui confinent parfois à un certain irénisme. Toujours est-il que ce discours de Riyad marque une rupture intellectuelle majeure, déjà suivi d’effets puisque les sanctions contre la Syrie ont été levées et que l’UE a pris les mêmes dispositions. Reste à voir ce que cela donnera pour l’Iran et pour le Liban.

 

 

Point sur le yen et les taux d’intérêts au japon.

Vendredi dernier, je m’apprêtais à passer un week-end tranquille, quand d’un seul coup se mirent à apparaitre de nombreux articles aussi bien en français qu’en anglais sur YouTube et autres Instagramme, m’annonçant que le système économique japonais était en train de s’effondrer, que le yen allait à zéro, et que nous allions tout perdre au Japon… ce qui me contrariait passablement puisque j’ai de grosses positions, en cash, en yen, sentiment que le lecteur qui aurait suivi mes conseils doit partager.
Renseignement pris, apparemment, le marché obligatoire Japonais (le 10 ans Japonais) avait pris une solide gamelle dans la semaine qui précédait, les dix ans passant d’un rendement annuel de 1. 10 % en début de semaine a un rendement de 1. 55 % par an en fin de semaine.
Et les suspects habituels d’expliquer que cela voulait dire que les investisseurs ne voulaient plus financer le déficit abyssal du pays du Soleil Levant, que le yen allait donc aller à zéro avec le marché obligataire Japonais et tous les autres marchés obligataires des pays développés et que la ruine nous attendait tous, sauf, bien sûr, si nous précipitions pour acheter leurs revues ou leurs conseils.
Je fus donc rapidement rassuré, il ne s’agissait que de la manœuvre de marketing la plus ancienne consistant à créer la peur le vendredi soir pour déclencher un achat de leur feuille de choux le lundi matin.
Rien de neuf donc.
Et puis je me suis dit que j’allais faire mieux, en montrant que la baisse du marché obligataire japonais était une bonne, une très bonne nouvelle pour mon portefeuille
Voici pourquoi.
Le yen est grotesquement sous-évalué, ce qui fait peser de grands dangers sur le monde en général et l’Europe ou les USA en particulier.
Mon premier graphique montre donc à quel point le yen est sous-évalué par rapport au dollar ce qui va finir par attirer l’ire de monsieur Trump.
Voici le graphique qui montre que le yen pourrait (devrait ?) quasiment doubler par rapport au dollar dans les années qui viennent pour que le Japon cesse d’exercer une pression déflationniste insupportable sur les USA.
La question suivante est bien entendu : comment en est-on arrivé la ?  et la reponse exige de passer par l’évolution des taux longs au Japon et dans le reste du monde.
Voici donc mon deuxième graphique.
De 2007, la grande crise financière en passant par le « whatever it takes » de monsieur Draghi assassinant le rentier allemand en 2012 pour sauver l’euro jusqu’au contrôle de la courbe des taux par la banque centrale Japonaise en 2016, toutes les banques centrales de 2008  à  2022 n’ont qu’une idée : maintenir les taux longs aussi bas que possible, ce qui veut dire que ces banques centrales font fonctionner la planche à billets au maximum.
L’Inflation c’est de subventionner des dépenses qui ne rapportent rien avec de l’argent qui n’existe pas, disait Rueff,  c’est ce qu’elles font toutes (sauf la PBOC) avec abandon et donc le retour des hausses de prix est inévitable.
C’est ce qui se produit en 2022 et l’inflation rebondit très fortement en Allemagne, aux USA, partout… Et toutes les banques centrales de remonter leurs taux courts, ce qui fait s’écrouler les marchés obligataires partout, sauf au Japon ou la BOJ maintient les taux sur le 10 ans à zéro pour cent, en continuant à acheter les obligations Japonaises avec un rendement  à zéro.
Ce qui créée une merveilleuse opportunité pour madame Watanabe.
Car madame Watanabe vend aussi sec (parfois  à découvert) des obligations Japonaises qui rapportent zéro, prend les yens, les vend contre des dollars ou des euros, ce qui fait s’écrouler le yen, et achète des bons du trésor allemand ou américains avec le produit de ces ventes. C’est ce que montre mon troisième graphique.
La bonne nouvelle est que la rentabilité de cette opération a été remarquable du début de 2020 au début de 2024.
La mauvaise est qu’elle implique que le yen continue de baisser. Si le yen se met à monter alors que le marché obligataire continue de se casser la figure, cela passe encore.
Mais si le yen se met à vraiment monter avec un marché obligataire qui remonterait aussi a decouvert, alors madame Watanabe devra couvrir ses positions précipitamment et le yen explosera a la hausse…
Hors, pour que le pouvoir en place gagne les prochaines élections au Japon, il faudrait que l’inflation-aujourd’hui à 3.5 %-ralentisse significativement avant cet automne si possible.
Et la meilleure façon de faire tomber l’inflation au Japon serait de réévaluer le yen, c’est ce que montre mon dernier graphique.

 

Vous savez quoi ?
Si j’étais plus jeune et plus aventureux, j’achèterai des obligations Japonaises longues aujourd’hui.
L’obligation à 30 ans émise par le gouvernement japonais rapporte du 3 % nominal, n’a jamais été aussi survendue sur un an (-22%) et est en baisse de 44 % sur son plus haut. Normalement, je devrais y aller.
En réalité, je suis trop vieux et trop flemmard.
Mais je sais que la baisse du marché obligataire japonais est une bonne, une très bonne nouvelle pour le reste de mon portefeuille.

Pour qui sonne le glas ? Pour Bruxelles ou pour la France ?

L’une de mes croyances les plus fortes est que quelque chose qui ne peut pas durer, en général ne dure pas. Et je peux affirmer sans craindre de me tromper que tout le monde est d’accord avec la phrase précédente.

Hélas, comme toujours, le problème est dans les détails.

Prenez un grand homme comme Von Mises, l’un des plus grands économistes de l’histoire. Pendant les années vingt, si ma mémoire est bonne, il publia un grand essai pour expliquer pourquoi l’Union Soviétique, qui venait de se constituer, allait échouer économiquement. Et il eut raison en… 1990, non sans que les communistes aient massacré une partie importante des populations qui avaient eu le malheur de tomber sous leur contrôle. Ces criminels ont tué des millions de gens plutôt que de reconnaitre qu’ils avaient tort.

Prenons un autre exemple, plus proche et plus modeste, votre serviteur.

En 2003, je publie chez Laffont mon premier livre « Des Lions menés par des Anes » dans lequel j’explique pourquoi l’Euro est un désastre et comment il va détruire l’Europe que j’aimais.

La destruction européenne a bien lieu, comme en fait foi mon premier graphique… mais, vingt-cinq ans après sa création l’Euro, est toujours là.

Ai- je eu tort ? c’est ce que nous allons voir.

 

 

De 1975 à 2000, avant l’euro, tout se passe normalement et tout le monde croît au même rythme.

De 2000 à 2025, c’est la débandade et, à l’évidence. nous passons d’un système qui retourne naturellement à l’équilibre à un système qui s’en écarte toujours et donc finira par exploser.

De fait, le système aurait dû sauter en 2012, mais Bruxelles et monsieur Draghi ont préféré condamner à mort les entrepreneurs européens plutôt que de reconnaitre qu’ils s’étaient trompés et comme au Cambodge, les victimes furent nombreuses…

Mais ce n’était que partie remise.

Pendant longtemps, j’ai cru que le maillon faible qui allait faire sauter le système était l’Italie.

Hélas, il me semble tout à fait évident que cela va être la France et que nous n’en sommes plus très loin.

Voici pourquoi

L’économie française est en récession et donc :

  • Le nombre des sociétés déposant le bilan est à un plus haut historique, dépassant les niveaux atteints pendant la grande crise financière de 2008-2009 et le secteur de la construction est particulièrement touché.
  • Le chômage explose à la hausse et atteint 16 % de la population dans sa définition la plus large.
  • La marge brute d’autofinancement des entreprises françaises est en baisse d’une année sur l’autre et confirme l’arrivée d’une récession[1]

Cette récession, comme à chaque fois, va nous amener dans un désastre fiscal. Les déficits budgétaires vont exploser à la hausse puisque les recettes vont baisser et les dépenses augmenter encore plus. Nous allons sans doute atteindre 8 % de déficits par rapport au PIB, ce que les marchés ne pourront plus financer.

Il aurait fallu enterré l’euro en 2012, les fous qui nous dirigent ont préféré foutre en l’air l’Europe et appauvrir les européens.  Staline, Trichet, même combat.

La fin sera la même. Et notre pays va sombrer.

 

 

 

Et comme nous sommes entrés dans une trappe à dettes en France depuis longtemps, le service de la dette va continuer à grimper beaucoup plus vite que les recettes fiscales, détériorant à toute allure nos comptes extérieurs, puisque plus de 50 % de notre dette est détenue à l’étranger… Nos déficits extérieurs vont donc se creuser massivement, alors même que le niveau de vie de la population va s’écrouler.

Tout cela est inévitable, la seule question, une fois encore est : Quand va avoir lieu cette crise de solvabilité pour notre pays ?

Facile !

Quand les recettes fiscales vont s’écrouler et que Moody’s nous dégradera notre note à simple A ou en dessous, ce qui forcera nombre de détenteurs de la dette française non seulement à ne plus en acheter, mais aussi à vendre celle qu’ils avaient acheté dans le passé.

A mon avis, cela pourrait se produire dans le courant de cet été.

Et c’est là où cela devient intéressant.

Nous allons rentrer dans une crise économique majeure alors même que nos pouvoirs politiques sont incapables de prendre une décision, faute d’une majorité à l’assemblée.

Et cette réalité pourrait amener à des résultats…surprenants.

Voici mon raisonnement, avec lequel vous pouvez, bien entendu, ne pas être d’accord.

  • Premier point du raisonnement : Nous rentrons dans une crise économique majeure. Cette situation requiert un pouvoir politique fort et crédible.
  • Deuxième point du raisonnement : les hommes politiques en France sont à la fois illégitimes et incompétents et ne peuvent retourner à la légitimité que par une élection cet été. Ce qui ne garantira en rien un retour à la compétence.
  • Troisième point du raisonnement : le seul qui peut provoquer cette élection est celui qui sera rendu responsable par la population, et à juste titre, du désastre économique et donc tous ceux qui l’ont soutenu se feront écraser dans cette élection. Voilà qui risque de nous amener un parlement…intéressant.
  • Ce qui veut dire sans doute que le Président actuel devra démissionner après les Législatives, et que ces Législatives seront suivies par une Présidentielle.
  • Et un an après, le Président nouvellement élu, au cas où il serait d’un bord diffèrent du Parlement en place, pourra dissoudre l’assemblée à nouveau pour en avoir une conforme à ses préférences.

Et ainsi de suite… Quand je dis que la Constitution de la Vème a été un désastre depuis qu’elle existe…

Cette constitution a en effet engendré désastre après désastre en portant au pouvoir de dangereux psychopathes comme Mitterrand, Chirac, Sarkozy ou Macron (Hollande était juste nul) et nous a donc amené dans une situation complètement ingérable, puisque la maison est en feu  et que les pompiers sont en grève.

Et donc, le point essentiel de ce papier est que l’inévitable crise budgétaire et économique ne sera pas traitée,

Et donc que les taux d’intérêts grimperont allègrement, rendant le financement de nos déficits budgétaires quasiment impossibles.

Il ne me parait donc probable que, dans les mois qui viennent, la France ne devienne quasiment ingouvernable puisque nous aurons à la fois une crise économique majeure et une situation politique sans issue.

Et tout cela amènera soit à une mise sous tutelle de la France par Bruxelles. soit à un retour des Souverainetés en France et à la disparition de Bruxelles et de la BCE.

Pourque la France vive à nouveau, il faut que Bruxelles meurt.

J’espère donc que le glas sonne pour Bruxelles et pour la classe technocratique française.

Et non pas pour moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Pour ceux qui veulent s’en convaincre, regardez les émissions de Marc Touati sur YouTube qui fait du très bon travail.

 

Léon XIV et l’économie

L’Église catholique a un nouveau pape en la personne du cardinal américain Robert Prevost, qui a choisi pour nom de règne Léon XIV, en référence à Léon XIII (1878-1903). Depuis cette élection, beaucoup mentionnent, et à raison, que Léon XIII est le pape de la doctrine sociale de l’Église, notamment via son encyclique majeure Rerum novarum (1891).

Mais sur le contenu de la doctrine sociale, les erreurs sont nombreuses. Beaucoup y voient une sorte de troisième voie, entre socialisme et capitalisme, prenant le meilleur des deux. Une espèce de social-démocratie, avec de la liberté d’entreprendre mais la présence bienveillante de l’État. Rien n’est plus faux. La pensée économique de l’Église repose sur des principes libéraux, qui mettent en avant la primauté de la dignité humaine et qui voit dans l’État un serviteur et un moyen. Il suffit de revenir aux textes de Léon XIII pour s’en convaincre.

(Les citations sont issues de Rerum novarum).

 

Un admirateur de Bastiat

 

Alors qu’il était cardinal, Joachim Pecci, qui est devenu le pape Léon XIII, a publié une lettre pastorale dans laquelle il présente Frédéric Bastiat comme étant le plus grand économiste de son époque et celui qui a le mieux compris le fonctionnement de la société : « Un célèbre économiste français, Frédéric Bastiat, a exposé comme en un tableau les bienfaits multiples que l’homme trouve dans la société et c’est une merveille digne d’être admirée ». Une admiration qui se retrouve dans Rerum novarum tant de nombreux points évoqués par le pape sont évoqués aussi par Bastiat.

 

La propriété privée est reconnue par Léon XIII comme étant un droit inaliénable de l’homme :

 

« Mais pareille théorie [l’abolition de la propriété privée] loin d’être capable de mettre fin au conflit, ferait tort à la classe ouvrière elle-même, si elle était mise en pratique. D’ailleurs, elle est souverainement injuste en ce qu’elle viole les droits légitimes des propriétaires, qu’elle dénature les fonctions de l’État et tend à bouleverser de fond en comble l’édifice social. De fait, comme il est facile de le comprendre, la raison intrinsèque du travail entrepris par quiconque exerce un métier, le but immédiat visé par le travailleur, c’est d’acquérir un bien qu’il possédera en propre et comme lui appartenant. »

 

Si Dieu a donné la terre au genre humain tout entier, les hommes peuvent néanmoins la posséder en propre :

 

« Si l’on dit que Dieu a donnée [la terre] en commun aux hommes, cela signifie non pas qu’ils doivent la posséder confusément, mais que Dieu n’a assigné de part à aucun homme en particulier.

Il a abandonné la délimitation des propriétés à la sagesse des hommes et aux institutions des peuples. Au reste, quoique divisée en propriétés privées, la terre ne laisse pas de servir à la commune utilité de tous, attendu qu’il n’est personne parmi les mortels qui ne se nourrisse du produit des champs. »

 

L’idée exprimée ici est essentielle : la propriété privée est propre à chaque personne et c’est cette propriété qui permet le développement économique et matériel, qui est ensuite redistribué via l’échange. Ce que l’on appelle la distribution universelle des biens. La distribution n’est pas communiste mais bien issue du capitalisme et elle repose sur la propriété privée, qui est la seule qui permet de garantir l’échange.

 

Quant à l’État, il n’a aucune légitimité pour s’approprier le bien des hommes :

 

« Et qu’on n’en appelle pas à la providence de l’État, car l’État est postérieur à l’homme. Avant qu’il pût se former, l’homme déjà avait reçu de la nature le droit de vivre et de protéger son existence. »

 

Ou comment, dès 1891, détruire la légitimité de l’État providence telle qu’il fut défini par Keynes et Lord Beveridge. Le « droit de vivre et de protéger son existence » est un droit naturel, c’est-à-dire qui découle de la nature même de l’homme. Le droit positif ayant comme mission de permettre le bon développement du droit naturel. C’est ce que l’on appelle une société de droit, et c’est au fondement de la pensée libérale.

 

La société est un corps

 

La vision sociale de Léon XIII est celle d’un corps où chaque membre a son utilité. La société ne peut pas reposer sur l’opposition mais sur la coopération, ce qui est l’inverse de la lutte des classes prônée par les marxistes. Les ouvriers sont utiles, comme les patrons. Les deux ont des devoirs et des responsabilités : celui de travailler correctement, d’être justement rémunérés, de participer à l’amélioration de la société, ce que l’on appelle le bien commun.

 

« Dans la société, les deux classes sont destinées par la nature à s’unir harmonieusement dans un parfait équilibre. Elles ont un impérieux besoin l’une de l’autre : il ne peut y avoir de capital sans travail ni de travail sans capital. La concorde engendre l’ordre et la beauté. Au contraire, d’un conflit perpétuel, il ne peut résulter que la confusion des luttes sauvages. »

 

Chaque groupe a des devoirs, envers lui-même, envers les autres, envers la société.

 

« [L’ouvrier] doit fournir intégralement et fidèlement tout le travail auquel il s’est engagé par contrat libre et conforme à l’équité. Il ne doit point léser son patron, ni dans ses biens ni dans sa personne. Ses revendications mêmes doivent être exemptes de violences et ne jamais revêtir la forme de séditions. Il doit fuir les hommes pervers qui, dans des discours mensongers, lui suggèrent des espérances exagérées et lui font de grandes promesses qui n’aboutissent qu’à de stériles regrets et à la ruine des fortunes. »

 

Reconnaissance du contrat « libre et conforme à l’équité », reconnaissance de la légitimité des revendications, et donc du droit de grève, à condition que ces revendications « soient exemptes de violences. »

Léon XIII légitime l’existence des syndicats, si ceux-ci ont une organisation mutualiste. Le syndicat permet la mise en commun, l’entraide et la solidarité. Rien à voir avec ce qui s’appelle aujourd’hui syndicat mais qui n’est que le détournement d’un mot au profit des intérêts de quelques-uns.

 

La doctrine sociale de l’Église tourne donc autour de ces trois points : primauté et centralité de la personne, et non pas de l’État qui lui est postérieur, reconnaissance de la propriété privée, comme étant une juste récompense au travail fourni et une nécessité pour le bien de la société, reconnaissance de la différence des groupes sociaux, mais devoir mutuels de ceux-ci et utilité commune dans la progression de la société.

 

Léon XIV a longtemps été missionnaire au Pérou. Il a pu observer in situ les ravages que le socialisme a causé dans ce pays, notamment le mouvement communiste du Sentier lumineux qui, dans les années 1980-1990, a causé la mort de plus de 70 000 personnes et généré une pauvreté qui a laminé les plus faibles. On verra si, lors de ses textes à dimension économique, il se met dans les pas de Léon XIII ou de François.

 

 

La romanité en action

L’ouverture du conclave remet Rome au centre du monde. 133 cardinaux électeurs, venus de tous les continents, se retrouvent enfermés dans la chapelle Sixtine pour élire l’évêque de Rome, qui est la tête visible de l’Église catholique. La notion « d’Occident » m’a toujours semblé apporter plus de confusion que de clarté, c’est pourquoi je préfère celle de « romanité ».

À l’origine, l’Occident est un espace, il s’agit du monde latin de l’Empire romain, l’Orient étant la partie grecque. Aujourd’hui, le terme d’Occident renvoie aussi à une définition politique : le bloc occidental, que l’on oppose à d’autres. Mais définir l’Occident n’est pas évident, ce que j’avais pu évoquer dans un précédent article.

 

Qu’est-ce que la romanité

 

La romanité part de l’Empire romain et englobe à la fois l’Orient et l’Occident, la partie grecque et la partie latine de Rome. Elle est d’abord un héritage, celle de la Grèce, mais aussi celle des philosophies orientales, qui ont profondément imbibé le monde romain.

À ces fondements philosophiques et religieux, Rome a apporté une structure juridique ainsi qu’une vision urbanistique. La romanité s’exprime autant dans les idées : le droit, la famille, la pensée de la guerre, que dans la vie quotidienne : l’organisation des villes, la gastronomie (le vin, le repas), les modes vestimentaires, l’art. La romanité est une pensée politique, un mode de vie sociale, une vision du monde présent et de la mort. Elle s’est poursuivie dans l’Église catholique, qui est l’héritière de Rome. Non seulement parce que son siège est situé dans la Ville éternelle, mais aussi parce que ses langues sont le latin et le grec, que sa liturgie prend ses racines dans l’histoire profonde des mondes grecs et hébraïques, que les vêtements des prêtres, lors de la messe, sont des vêtements romains, issus de la toge et de la dalmatique.

 

La romanité est donc à l’origine la culture romaine, la manière d’être romain, exprimée dans un espace donné, celui de l’Empire romain. Avec la diffusion du christianisme et celle des Européens, la romanité se diffuse à son tour hors de son espace d’origine. Si bien qu’aujourd’hui, on est davantage en terre romanisée à Buenos Aires qu’à Tanger, à Hong Kong qu’au Caire. La romanité n’est pas l’Occident, car son sens se comprend dans une définition moins politique et idéologique. La romanité touche aussi aux modes de vie, aux façons d’être, de penser le monde.

 

Critères de la romanité

 

On peut retenir plusieurs critères pour définir la romanité.

 

Le premier est celui de la sphère culturelle : la romanité se rattache à l’Empire romain, à son histoire et à sa mythologie. De là découle une philosophie, issue de la Grèce, de ses mythes et de ses histoires, mais aussi de la littérature romaine (comme Virgile). Cette sphère culturelle concerne tous les domaines de l’art : la littérature, la peinture, l’architecture, le cinéma, la photographie, etc.

 

Le deuxième critère est celui des modes de vie. La romanité s’exprime notamment dans les repas, qui est le moment social et culturel par excellence. Autour de ces repas, le vin a toute sa place, lui qui est la boisson phare de Rome, jusqu’à devenir le sang du Christ dans la religion chrétienne. Jules César disait que la frontière entre la civilisation et la barbarie était celle du vin et de la bière, tant dans le monde romain le vin est associé à la civilité. Partout où il y a de la vigne, il y a la romanité. Les religions qui interdisent l’usage du vin, comme l’islam, et les régions où la vigne est absente, comme la Chine, ont défini d’autres critères sociaux et normatifs pour leurs repas, qui sont là aussi des moments de convivialité, mais hors de l’espace mental de la romanité.

Au vin s’ajoutent les céréales, notamment le pain, sous toutes ses formes, la place du théâtre et des loisirs dans la cité.

 

Le troisième critère est celui du droit. L’idée de fonder une société sur le droit, ce qui suppose le respect de la personne et sa défense par rapport au groupe. Le droit romain permet l’émergence de l’individu sur la tribu, la définition de la famille monogame et donc, avec le monde chrétien, l’égalité de nature entre l’homme et la femme.

 

Le quatrième critère est celui de l’apport du christianisme comme héritier et perpétuateur de Rome. En se diffusant, le christianisme permet la diffusion de la romanité, à condition de modifier en profondeur les modes de vie et de pensée selon les autres critères de la romanité. En Afrique noire, par exemple, bien que la couche chrétienne soit présente depuis près de 150 ans, la romanisation demeure superficielle et fragile.

 

Le cinquième critère est celui du rapport de la ville et de la campagne. Comme lieux de production, de commerce, d’échanges, villes et campagnes sont profondément imbriquées. La ville est le creuset de la civilité, de l’urbanité, c’est-à-dire de la manière d’être. La pensée romaine de la ville se retrouve dans les mégapoles américaines et brésiliennes. La ville n’est pas uniquement un espace d’habitat, mais aussi une façon de penser l’homme, l’architecture étant une pensée anthropologique exprimée dans la pierre.

 

Le sixième critère est celui de la permanence mémorielle de la Méditerranée. La romanité s’exprime aujourd’hui bien loin de son espace méditerranéen d’origine, mais elle n’est pas qu’une pure idée détachée des lieux et de l’espace. Si elle s’étend au-delà de la Méditerranée, le mare nostrum demeure comme références culturelles et nostalgiques. On le voit à travers les films américains, dont plusieurs se déroulent en Méditerranée. La Californie, et notamment Hollywood, fut pensée comme une autre riviera. Quant à la Côte d’Azur, elle attire chaque année des milliers de touristes européens du nord de l’Europe. Si les Anglais ont autant voulu contrôler Malte et Suez, si l’Allemagne s’est entichée de contrôler Tanger c’est aussi parce que ces deux pays septentrionaux voulaient se rattacher à l’espace méditerranéen. D’une certaine façon, la romanité est une Méditerranée étendue.

 

Ces six critères permettent de comprendre que la romanité est beaucoup plus qu’un concept idéologique. C’est un concept culturel, social, politique au sens du politique et non pas de la politique. Un concept géopolitique qui permet de comprendre le monde dans sa diversité et sa globalité.

 

 

 

 

De la Souveraineté.

D’après les légistes de Philippe le Bel, la Souveraineté n’est rien d’autre que la description des pouvoirs du Souverain.

 Les voici.

  1. Des frontières géographiques à l’intérieur desquelles le Souverain exerce ses pouvoirs
  2. Une armée pour défendre ces frontières.
  3. Une diplomatie pour régler les problèmes qui peuvent l’être sans faire la guerre.
  4. Un droit qui s’applique à l’intérieur des frontières. Une police, une justice appliqueront ce droit à l’exclusion de tout autre.

Ces quatre pouvoirs constituent ce qu’il est convenu d’appeler les pouvoirs « régaliens »

Pour que son pouvoir soit efficace, le souverain dispose aussi du monopole de la violence légale, pour que chacun obéisse à la Loi, faute de quoi le contrevenant sera décapité, pendu, écartelé, brûlé, fusillé, le souverain ayant eu énormément d’imagination dans ce domaine.

Pour que ces pouvoirs puissent s’exercer normalement il faut aussi que le souverain puisse payer les agents de l’Etat et donc :

Le souverain a le pouvoir de lever des impôts.

Ce qui implique à son tour :

que ce souverain soit le seul à pouvoir « battre monnaie »

Cet ensemble de règles s’est précisé au travers des siècles, ce qui a amené à l’émergence du premier Etat-Nation dans l’histoire, la France.

Ce qui a permis à nombre d’historiens de dire que la nation française avait été constituée par son État, ce qui est exact.

Et pour que cette émergence ait eu lieu, il aura fallu que le souverain français l’emporte sur de puissants rivaux tels que :

Les puissances étrangères

Les grands féodaux

L’Eglise

Les particularismes locaux…

Cela prit une dizaine de siècles et fut résumé dans la célèbre formule : « Le Roi de France est Empereur en son Royaume« .

Pendant tous ces siècles, l’Etat fut porté par une famille : « l’Etat c’est Moi » disait Louis XIV et cette famille était à la fois légale et légitime.

Arrive la Révolution qui soutient que la souveraineté n’est plus incarnée dans une famille mais appartient de droit au Peuple.

N’est donc légitime que celui qui exerce le pouvoir avec le consentement du Peuple.

Depuis, l’histoire de France est marquée par une quête éperdue de légitimité par ceux qui exercent le pouvoir légalement. Bien des gens en France depuis la Révolution ont exercé le pouvoir de façon légale sans être toutefois légitimes.

Et toutes les révolutions et les changements de régime des 250 dernières années se sont produits quand le pouvoir qui contrôlait l’Etat français était perçu par la majorité de la population comme étant non légitime.

Ce qui a fini par agacer prodigieusement ceux qui entendaient gouverner la France et qui craignaient d’être déposés par une population que leurs talents n’éblouissaient pas.

Et la solution à ce problème fut trouvée par Jean Monnet, après la deuxième guerre mondiale. Il fallait détruire l’Etat français.

La solution était simple: : il suffisait de transférer tous les attributs de la Souveraineté française à des pouvoirs non élus résidants en dehors de France et constitués en majorité de non français, et cela avec la complicité de hauts fonctionnaires français  à qui l’on avait fait croire que leurs talents allaient maintenant s’exercer dans un cadre beaucoup plus large.

Voilà qui séduisit immédiatement des esprits faibles comme Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac Delors, Trichet, Sarkozy, Holland, Macron, qui s’attelèrent immédiatement à la noble tâche de détruire la France. Car détruire l’Etat français, c’est détruire la France.

Le premier coup mortel à notre souveraineté fut porté bien avant eux, sous de Gaulle, quand la France accepta que le Droit français devienne inférieur au droit européen. Dans un pays souverain RIEN ne peut être supérieur dans le domaine juridique à  la Constitution, RIEN.

La responsabilité initiale des désastres actuels appartient donc pleinement à de Gaulle, qui, non seulement fut l’auteur d’une Constitution dans laquelle n’existait aucune séparation des pouvoirs et qui donnait tous les pouvoirs aux technocrates en en écartant le peuple, mais qui en plus, accepta que cette Constitution devienne inférieure dans l’ordre juridique à des règlements rédigés à l’étranger par des gens non élus.

La suite était inévitable et nous avons depuis perdu chacune de nos souverainetés, les unes après les autres. :

 Souveraineté juridique.

  • Le parlement français qui déjà n’était pas maître de son ordre du jour en raison de la désastreuse Constitution de la Vème République est devenu une chambre d’enregistrement des décrets préparés dans le plus grand secret par une Commission qui est à la fois pouvoir législatif et pouvoir exécutif, le parlement européen n’étant qu’une sinistre farce servant de terrain de jeu aux grands lobbys.
  •  Le citoyen français n’a plus aucun droit spécifique lui conférant des avantages par rapport à ceux qui vivent en France sans en être citoyen, sauf bien entendu celui de payer des impôts.
  • La souveraineté sur nos frontières et le contrôle sur l’immigration ont complètement disparu.
  •  Le droit de décider de qui peut vivre en France, ou pas, appartient désormais aux cours européennes.

 diplomatie indépendante.

  • Dans le domaine du commerce international, les accords commerciaux internationaux nous sont imposés sans que nous ayons notre mot à dire.
  • Le droit de taxer les grandes sociétés internationales qui opèrent en France nous a été enlevé puisque ce droit a été remis à l’Europe qui l’a donné à l’Irlande.
  • Dans le domaine agricole, nous n’avons rien à dire comme l’ont montré les négociations sur le Mercosur.

 Droit de battre monnaie.

La création de mon Frankenstein financier préféré, l’euro a été organisée de toutes pièces par la haute fonction publique française. J’ai écrit il y a plus de vingt ans qu’il allait détruire et la France et l’Europe. Je ne changerai pas une ligne de ce que j’ai écrit dans mon livre : Des Lions menés par des Anes…

 Souveraineté militaire.

  • Nous avons rejoint le commandement militaire unifié de l’OTAN.
  • Nous avons accepté de collaborer à la destruction du Liban, de la Syrie et de la Lybie.
  • Nous sommes grandement responsables du désastre actuel en Ukraine (non-respect des accords de Minsk).
  • Nous avons cessé d’investir dans notre Défense, et la totalité de nos forces armées ne remplirait pas le Stade de France.
  • Et enfin, nous songeons à partager la force de frappe avec le reste de l’Europe.

 Résumons-nous

  • Dans les quatre domaines qui composent la Souveraineté d’un pays, la Diplomatie, la Défense Nationale, l’Ordre Public et la Justice, l’échec est patent.
  • La gestion des dépenses publiques est en train de nous amener à la faillite financière.
  • Nos entrepreneurs talentueux sont partis à l’étranger, s’ils le pouvaient, et les autres ont fait faillite, tandis que nos agriculteurs se suicident.
  • Nos systèmes de santé s’écroulent, avec nos systèmes éducatifs et de retraites.…

Je pourrai continuer, mais je ne veux pas désespérer Billancourt,

Que faire ? va me demander le lecteur…

La réponse est très simple et se décompose en trois actions :

  1. Restaurer l’État en lui retournant toutes ses souverainetés, c’est-à-dire sortir de l’Europe.
  2. Redonner la parole au Souverain, le Peuple en introduisant le référendum d’initiative populaire. L’ordre du jour de la discussion politique doit être fixé par le Peuple, et par personne d’autre.
  3.  Sortir les fonctionnaires de toutes les activités électives où ils n’ont rien à faire. Ou le fonctionnaire est dans une activité d’exécution, ou il est dans une activité de commandement. Il ne peut pas passer de l’une à l’autre, avec retour garanti en cas d’échec.

Dans une interview que j’ai donnée à Front Populaire récemment, le journaliste m’a demandé :« comment faire de la France un grand pays à nouveau ?

Je lui ai répondu : « Commençons par rendre au pays ses souverainetés, le reste suivra ».

La France a un grand peuple qui a souvent été trahi par ses élites, et c’est ce qui nous arrive en ce moment.

Un pays dirigé par des traîtres corrompus et des valets aux ordres de l’étranger n’est jamais un grand pays, même si son peuple a été et reste l’un des plus grands peuples de l’histoire.

Le pouvoir aujourd’hui en France est légal, mais ayant trahi le peuple, il est totalement illégitime.

Nous entrons donc dans des temps révolutionnaires.

Levez-vous orages désirés  

Lamartine.

 

 Petite revue du prix de l’énergie.

 En ce moment, il me semble que deux thèses concernant le futur de nos économies s’affrontent.

  • La première annonce que le monde va entrer en récession dans les mois qui viennent en raison des politiques protectionnistes suivies aux USA par l’administration du Président Trump.

Les partisans de ce scenario pensent que récession aux USA veut certainement dire récession partout ailleurs et baisse de la demande d’énergie et donc de son prix dans le monde entier.

  • La deuxième thèse insiste sur le fait qu’une récession est certes possible aux Etats-Unis mais remarque que l’économie américaine ne représente plus que 23 % du PIB mondial et que la zone appelée de « Valeriepieris « (le cercle de 3000 kms de rayon autour de HK) où réside plus de la moitié des humains, connait déjà une forte croissance économique et que cette croissance devrait continuer, voire accélérer dans les mois et les années qui viennent.

Dans ce second cas, aucune raison de vendre ses actions et le prix de l’énergie devrait monter…

Laquelle des deux thèses est la bonne ?

De février à mi-avril 2025, les marchés des actions s’étant bien cassé la figure, les partisans de la première hypothèse semblaient tenir la corde et les adversaires du Président Trump nous annonçaient fièrement que les marches des actions aux USA avaient connu leur pire mois d’avril depuis … avril 1929.

Hélas (pour eux, mais pas pour nous…), les 15 derniers jours du même mois furent extrêmement positifs et finalement, au mois d’avril 2025, on peut dire qu’il ne s’est pas passé grand-chose.

Je ne suis donc pas très avancé dans ma nécessaire prise de décision. A ce point du raisonnement, Je dois avouer ma complète incapacité à prévoir laquelle des deux séries d’évènements va se produire.

J’ai cependant des circonstances atténuantes.

Encore une fois, si quelqu’un pouvait prévoir quelque chose, le socialisme marcherait et monsieur Attali serait a la tête du gouvernement mondial. Je n’ai donc pas la moindre idée de ce qui va se passer et l’admettre fait de moi un individu tout à fait exceptionnel tant la reconnaissance de sa propre ignorance est chose rare.

A la suite de ces fortes paroles, le lecteur va sans doute se dire : « mais pourquoi devrais je continuer à lire un jean-foutre, qui non seulement est incapable de prévoir quoi que ce soit, mais en plus en est fier ? «

Ma reponse à cette critique est toujours la même : je ne sais pas ce qui va se passer, mais je peux essayer de déterminer ce qui devrait se passer dans les marchés que je suis selon la thèse qui va l’emporter, et de ce point de vue, un secteur va être particulièrement important celui de l’énergie.

  • Si nous avons une récession mondiale, la demande d’énergie va fortement baisser et avec elle sans doute le prix du pétrole et le cours des valeurs pétrolières.
  • Si le boom asiatique se produit, gageons que le prix du pétrole ne va pas rester la ou il est aujourd’hui.

Et donc, à partir de maintenant, je vais surveiller comme du lait sur le feu le cours du pétrole ainsi que le cours des valeurs pétrolières, en particulier aux USA.

Et pour ce faire, je vais montrer au lecteur quelques graphiques dont j’espère qu’ils seront parlants.

Voici le premier.

 

 

Depuis plus d’un siècle, le ratio prix du pétrole / cours de l’or est plat, avec de fortes variations autour de la moyenne à 90. Aujourd’hui, ce ratio est à un plus bas historique.

Il est donc tout à fait évident que la majorité des opérateurs est persuadée que nous n’allons plus jamais avoir de croissance. Il semble bien que tous les opérateurs de marché sont fortement positionnés en faveur du scenario numéro 1.  Ce qui est déjà une information intéressante. Surveiller le ratio pétrole/or au cas où un retournement inattendu se produirait me semble donc être une bonne première idée.

Une autre possibilité mérite d’être explorée : Peut-être le prix du pétrole (WTI) est-il un mauvais indicateur de la demande réelle d’énergie tant les miroirs magiques et les moulins à vent ont fait d’immenses progrès.

Ce n’est pas ce que disent les marchés.

Depuis 2009, les valeurs pétrolières ont fait cinq fois mieux que les valeurs vertes subventionnées et avoir été actionnaire de ces sources d’énergie a été un désastre. Ces fausses énergies n’existent en fait que grâce aux subventions étatiques, et comme nos états vont faire faillite, les subventions vont disparaitre et les prix du WTI monter en conséquence. J’attends donc avec impatience le prochain effondrement des valeurs vertes, accompagnée par une hausse du WTI…

Pour moi, le cours du West Texas Intermédiate (WTI) reste, à mon avis, le prix central du monde énergétique.

Et ce qui est  intéressant est que ce cours connait un cycle de trente ans, assez marqué. et dont j’ai souvent parlé dans ces billets du lundi

En voici le graphique

 

Apparemment, nous touchons à la fin d’un cycle de trente ans, et la prochaine phase haussière est peut être devant nous.

Et, si j’ai raison, cette hausse sera déclenchée par la croissance des économies situées a l’intérieur du cercle de Valeriepieris. Et ces économies n’auront aucun problème à payer pour une énergie plus chère compte tenu de leur remarquable efficacité surtout si leurs taux de change montent.

Ce sera beaucoup plus dur pour l’Europe qui n’a connu aucune croissance depuis l’arrivée de l’euro si ce n’est dans les règlementations qui rendent son énergie de plus en plus chère.

Conclusion

Elle est simple : Pour l’instant, les marchés croient à la thèse numéro un qui est en place au moins depuis le Covid.

En ce qui me concerne, je suis intéressé par la reprise actuelle des marchés des actions. Si elle se confirme, et si les monnaies asiatiques se mettaient à monter, alors cela pourrait vouloir dire que la croissance asiatique sera au rendez-vous, que la thèse numéro 2 était la bonne et que le cours du pétrole (WTI) va se mettre à monter, entrainant avec lui les valeurs pétrolières. Nous serons fixés cet automne au plus tard.

Mais je dois dire que j’ai la trouille (je suis actionnaire de valeurs énergétiques classiques), ce qui est plutôt bon signe.

 

 

 

Argentine : un pays qui espère le renouveau

Au début du XXe siècle, l’Argentine comptait parmi les principales puissances mondiales, attirant de nombreux migrants européens, venus notamment d’Italie. Puis, péronisme aidant, l’économie n’a cessé de décliner jusqu’à enchaîner les crises et les faillites, et donc la pauvreté. Au moment de l’élection de Javier Milei (décembre 2023), plus de 50% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

 

Après plus d’un an à la tête de l’Argentine, les premiers bilans sont assez positifs, même s’il est impossible de rénover le pays en si peu de temps. L’inflation a été stabilisée et réduite, des budgets positifs ont été dégagés, la pauvreté recule. Il y a encore beaucoup à faire, mais la situation est malgré tout en cours d’amélioration. Si Javier Milei est président, il ne dispose pas de la majorité à la Chambre, sa marge de manœuvre et son champ d’action politique sont donc très limités. Les législatives se tiendront en octobre prochain. Ce sera un moment clé, qui permettra à Milei de bénéficier ou non d’une majorité et de vérifier l’état de sa popularité. S’il parvient à obtenir une majorité, il pourra accélérer les réformes entreprises, si ce n’est pas le cas, son action sera entravée.

 

Difficultés économiques

 

La fin de l’inflation a aussi signifié la revalorisation du peso, ce qui fait d’autant diminuer le pouvoir d’achat. À Buenos Aires, la vie est chère, avec des prix qui sont ceux de Paris, mais des salaires qui en sont bien inférieurs. Il y a encore quelques mois, nombreux étaient les Brésiliens et les Uruguayens à traverser le détroit de la Plata pour venir s’approvisionner en Argentine ou pour passer quelques jours à Buenos Aires. Avec la montée des prix, ce n’est plus le cas, ce qui est autant de perte pour les Argentins.

Le gouvernement est ainsi confronté à un dilemme : la valorisation du peso a réduit le pouvoir d’achat, mais, si une dévaluation devait avoir lieu, cela ferait repartir l’inflation. Milei avait promis des mois difficiles, c’est en effet le cas et l’Argentine n’est pas sortie d’affaire. Le pays est englué dans une série de onze années sans croissance, avec un PIB qui ne cesse de diminuer et une corruption endémique qui ravage le tissu social. La corruption des années Kirchner n’a pas encore été supprimée.

 

Importance de la pêche et de l’agriculture

 

L’Argentine vit essentiellement de l’agriculture, notamment de la viande et des céréales. C’est l’un des principaux producteurs de soja, exporté vers la Chine pour l’essentiel. La viande est quant à elle exportée en Chine et en Europe, tout comme le maïs, qui sert pour l’alimentation du bétail. Avec sa superficie arable de grande taille, sa grande productivité agraire et sa mécanisation intensive, l’Argentine s’impose comme le grand pays agricole de l’Amérique latine. Pour le pays, le traité du Mercosur est une bonne chose, car il permet d’ouvrir des marchés d’exportation et de se tourner davantage vers l’Europe. Avec la politique trumpienne qui ne cesse de fluctuer et de faire usage des tarifs comme d’une guerre commerciale et politique, l’Argentine souhaite se tourner vers l’Asie et vers l’Europe, des continents qui lui paraissent plus fiables.

Mais la guerre commerciale avec la Chine est aussi une réalité. De nombreux bateaux de pêche chinois viennent pêcher dans les eaux territoriales argentines, notamment pour la langouste et le merlu. D’où l’enjeu des îles Malouines, que l’Argentine n’a pas renoncé à récupérer, car elles ouvrent à une vaste ZEE et donc à une extension possible des zones de pêche.

 

La pensée de Javier Milei

 

Très caricaturé en France, Javier Milei possède pourtant une pensée beaucoup plus profonde et structurée que son image de « fou de la pampa ». Le présenter à la fois comme un fasciste et un ultra-libéral témoigne de la méconnaissance totale de la philosophie politique en France, le fascisme étant une idéologie socialiste qui estime que rien ne peut se faire en dehors de l’État. Or c’est bien tout l’inverse que défend Milei. Dans son livre programme El camino del libertario il expose sa pensée politique et son mode d’action politique. Le livre est paru en 2022 et on ne peut que regretter qu’il ne soit pas encore traduit en français. D’autant que la langue y est simple et compréhensible, ce qui en fait un excellent manuel d’économie politique. Préfacé par Alberto Benegas Lynch, qui est à la fois l’un des grands penseurs du libéralisme argentin et l’un des maîtres à penser de Milei, le livre est à la fois un programme politique, un manuel d’action et une synthèse de la pensée libertarienne.

 

Milei s’attaque notamment à des mythes solidement ancrés en France. Il explique comment la « justice sociale » est en réalité profondément injuste, que le capitalisme est le système politique le plus éthique et moral qui soit actuellement et que la condamnation morale des bénéfices conduit à la pauvreté. Sa pensée n’est pas utilitariste : il ne défend pas le capitalisme parce que c’est le système le plus efficace, ce qui est déjà une bonne chose en soi et une bonne raison de le défendre, mais parce que c’est le système le plus moral et le plus juste pour respecter la nature propre de l’homme.

 

Dans un chapitre clair « Notre ennemi, l’État », il présente la nature de l’État et pour quelles raisons celui-ci représente un danger pour la population. Ce qui le distingue des minarchistes qui veulent certes réduire l’État au minimum, mais qui peuvent parfois justifier son existence. Pour Milei, l’État est un mal nécessaire, dont il faut connaître les limites et les dangers afin de le maintenir à distance. Il oppose ainsi l’oligarchie politique aux libertariens, les premiers se servant de l’État pour se nourrir et pour maintenir leur caste, ce qui n’est pas sans faire penser aux réflexions de Frédéric Bastiat.

 

Dans un chapitre entièrement consacré à la monnaie, il étudie les causes de l’inflation, la nature de la monnaie et les raisons pour lesquelles un pays se doit d’avoir une monnaie structurée. Des réflexions qui le classent résolument dans le camp des monétaristes. À Buenos Aires, il est d’ailleurs possible de payer en euro, ce qui est toujours plus apprécié que le peso. Pour Milei, l’inflation est une expropriation, c’est-à-dire une atteinte à la propriété privée, celle-ci étant un droit de l’homme et une défense de la nature humaine.

La dernière partie reprend plusieurs discours prononcés par Milei au cours de l’année 2021, donc avant d’être élu, mais qui permettent de mieux comprendre sa pensée et de voir comment il l’articule avec son action politique.

Un livre essentiel, qui mérite d’être connu et lu en France, à la fois pour comprendre la pensée de Milei, mais aussi pour voir comment se structure la pensée des libertariens, loin des caricatures véhiculées en France.

 

Avec une telle pensée économique et une mise en action depuis un an et demi, l’Argentine pourra peut-être sortir de ses décennies de pauvreté. Mais pour cela, le chemin du libertarien est encore long.