Les sanglots longs des violons de l’automne,
Bercent mon cœur d’une langueur monotone
Je me souviens, des jours anciens, et je pleure
Paul Verlaine.
Pour les anciens, les débuts d’année sont mélancoliques, des amis, des êtres chers sont partis, parfois depuis longtemps et nous manquent horriblement.
Le syndrome du « c’était mieux avant » (quand j’étais jeune…) nous guette…
En ce début d’année 2025, je vais donc me permettre de revenir sur mes jeunes années, non pas avec regret ou remords, mais pour expliquer aux gens plus jeunes à quel point j’ai été favorisé au début de ma vie d’adulte.
Et je vais commencer par un souvenir.
Je faisais mes études à Toulouse et mon père avait pris sa retraite dans le petit village de Marquefave, sur les coteaux de la Garonne, après Muret. De sa maison, Le Besino (le voisin, en patois), on voyait la plaine de la Garonne, le plateau du Gers à l’Ouest, et au Sud, toute la chaîne des Pyrénées. En hiver le soleil se couchait du côté de Saint Gaudens, en été sur le Gers.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie était là, simple et tranquille.
Verlaine a nouveau
Et dans le ciel passait de temps en temps, le Concorde, piloté par André Turcat, le pilote d’ essai de Sud Aviation. C’était avant que ce superbe avion ne rejoigne les lignes d’Air France et de British Airways.
A cette époque, la France se couvrait d’autoroutes qui la reliait au reste de l’Europe, les essais du train à grande vitesse commençaient, la force de frappe nucléaire et son vecteur, le Mirage IV assurait son indépendance stratégique.
La France sortait du commandement militaire de l’Otan mais restait dans l’Alliance, les budgets étaient en équilibre, le Franc inattaquable.
Les premières centrales nucléaires commençaient à voir le jour, prenant la suite des barrages hydroélectriques construits dans les décennies précédentes,L’urbanisation se développait, les campagnes prospéraient, le niveau de vie montait sans cesse, en particulier pour les plus démunis, la criminalité n’existait que dans les films d’Audiard et ne faisait peur à personne.
Et enfin, la France dominait le monde intellectuel avec Sartre, Camus, Jouvenel, Mauriac, Ellul, Raymond Aron, Revel, René Girard, Lévi-Strauss et bien d’autres.
Avoir 27 ans en 1970, était donc facile tant le futur nous appertenait.Tout marchait bien et le prestige de notre pays était à un plus haut historique.
C’est dans ce monde, qu’études terminées et service militaire effectué, je me mis à chercher du travail en Janvier 1971.
Et, pour prouver la grande inquiétude qui m’étreignait à ce moment-là, j’envoyais mon CV à …trois sociétés en tout et pour tout, IBM, Saint -Gobain et Banque de Suez, qui me répondirent toutes les trois favorablement.
Je choisis la Banque de Suez parce que le boulot qu’il me proposait me permettait de me servir de mon anglais dès le départ.
Celui qui m’avait embauché à la Banque de Suez et de l’Union des Mines me dit plus tard que j’étais le seul candidat qu
il avait reçu qui ne lui avait pas demandé combien je gagnerai.
C’est pour vous dire mon niveau d’inquiétude à cette époque.
Et la raison en était simple.
Je vivais dans un monde où chacun faisait son boulot et où donc tout fonctionnait à merveille.
- Les politiques s’occupaient du long terme et s’attachaient avant tout à préserver les souverainetés françaises.
- Les hauts fonctionnaires étaient immensément respectés, tant ils se consacraient à défendre le bien commun.
- La construction d’une Europe des Nations était en bonne voie.
- Les enseignants enseignaient.
- Les entrepreneurs prenaient des risques.
- Les élèves étudiaient.
- Les travailleurs travaillaient, la productivité en France étant la plus élevée dans le monde et du coup le pouvoir d’achat montait de 3 % par an.
- L’ascenseur social fonctionnait (Pompidou, Normale SUP, était fils d’Instituteur)
- La presse était indépendante, la télévision pas vraiment, mais les deux chaînes faisaient d’excellents programmes, au point qu’il était difficile de choisir chaque soir. Aujourd’hui, j’ai mille chaînes, toutes plus nulles les unes que les autres.
Le contraste avec la situation actuelle est tout simplement incroyable.
Quand je pense à ce qu’un garçon qui aurait 27 ans aujourd’hui aura à traverser d’épreuves avant de trouver un boulot qui l’intéresse, j’en reste stupéfait et je me pose la question : mais qu’est qui nous est arrivé pour que nous nous soyons effondrés à ce point pendant les cinquante dernières années ?
Et je crois que j’ai les réponses.
Et la première, je l’emprunte à Gramsci, le Marxiste Italien, qui disait que ceux qui voulaient prendre le pouvoir pour imposer leurs idées (marxistes) devait d’abord prendre le contrôle de la culture et de l’éducation. Une fois de contrôle pris, trente ans après, ils prendraient le contrôle de l’Etat.
Et c’est ce qui s’est passé.
La gauche marxiste et anti libérale s’était en effet emparée de l’instruction publique pour la transformer en éducation nationale en 1945 et vingt-trois ans après, nous avions Mai 1968…
Dans cet esprit, la pire des erreurs fût sans aucun doute la création du ministère de la Culture par de Gaulle. Subventionner ceux qui veulent vous détruire n’est jamais une bonne idée. Depuis, et pour la première fois depuis mille ans, nous n’avons plus vu émerger un seul grand intellectuel français . La France est devenue un désert intellectuel. Créer un ministère de la Culture amène aux mêmes résultats que la création d’un ministère des Droits de l’Homme aurait donné en Italie Fasciste ou en URSS.
En 1981, les héritiers de Mai 68, éduqués dans la fabrique de crétins (Voir les livres de Brighelli) ont élu Mitterrand, ce qui a convaincu le peuple qu’il fallait mentir et être une crapule pour être un bon Président.Nous ne nous en sommes jamais remis. Depuis, nous n’avons eu que des menteurs et des crapules au pouvoir, chacun étant pire que le précédent.
Et, cerise sur le gâteau, Mitterrand amena dans ses bagages Delors (qu’il avait piqué à Jacques Chaban Delmas), un redoutable membre du Parti de l’Etranger. Ce nuisible entre tous, une fois installé à la Commission, changea complètement le but même que l’Etat Français devrait atteindre : non plus la Souveraineté de la France avant tout, mais le transfert de toutes nos souverainetés à l’Europe le plus vite possible, c’est-à-dire la disparition de la France comme Etat Souverain.
Et avec Mitterrand, leur but fut d’empêcher le plus longtemps possible l’apparition d’un parti souverainiste, ce qu’ils réussirent à faire avec l’aide de la soi-disant droite qu’ils avaient soigneusement noyauté avant.
Et cela fait quarante ans que cette destruction volontaire de nos souverainetés se poursuit de façon apparemment inarrêtable.
J’ai écrit « apparemment ».
Pourquoi ?Parce que ce but est une billevesée.
La France, la Grande- Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, la Hongrie, la Russie sont des réalités, tandis que leur rêve d’ Europe souveraine est une foutaise, une erreur fatale aurait dit Hayek..
Car l’Europe est une civilisation et non pas une Nation et cette civilisation est chrétienne dans ses racines. Or tout le projet européen est fondamentalement anti- Chretien puisqu’il considère que chaque homme, d’où qu’il vienne, est fondamentalement substituable alors que notre civilisation postule que chaque homme est unique.
Du coup, dans toutes les Nations d’Europe, la révolte gronde (le résultat des élections allemandes va être intéressant) et il est certain que le mythe européen va s’écrouler comme s’est écroulé le mythe communiste (voir mon livre la Vérité vous rendra libre, chez Pierre de Taillac).
Les pays de l’Est ont réussi à se débarrasser de Marx et de Lénine.Il va falloir nous débarrasser de Gramsci dans le domaine des idées, et de madame van der Leyen, la digne héritière de Jean Monet dans le domaine politique.
Et, pour se débarrasser d’eux, la première des réformes à faire sera de continuer à suivre Gramsci et donc de supprimer le ministère de l ’Education Nationale et le ministère de la Culture, qui sont non réformables. C’est ce que va faire le Président Trump aux USA qui va fermer le département de l’éducation, créé par Jimmy Carter, pour en renvoyer les prérogatives aux Etats fédérés. En effet, depuis la création de ce ministère par Carter, le niveau de l’éducation s’est bien évidemment effondré aux USA, sauf pour les grandes universités qui ne dépendent pas de lui (voir les résultats historiques de comparaisons internationales)
Supprimer l’Education Nationale, renvoyer ces responsabilités aux régions et aux communes, voilà qui créerait en France une saine concurrence et mettrait fin une fois pour toutes à la domination des singes savants issus de la bourgeoisie Parisienne, enrégimentés depuis leur petite enfance dans des écoles ouvertes exclusivement à la dite bourgeoisie Parisienne. Leur seule production a été de fabriquer des Agnan (s) (voir le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny) qui gouvernent pour renforcer le pouvoir des Agnans. Ce qui n’est guère surprenant.
Trente ans après, nous en récolterons les fruits.