Les aventures de deux naïfs en terre politique.

 

Avant-propos : Il existe dans les médias main stream et dans les collectifs militants, un narratif de mes relations et de celles d’Emmanuelle avec monsieur Dupont-Aignan qui ne correspond en rien à la réalité. J’ai donc pensé que donner notre version des choses pouvait être utile, surtout en cette période de réflexion politique. C’est ce que je vais faire dans les lignes qui suivent. J’espére ne pas avoir à y revenir.

 

Au printemps 2017, Emmanuelle, ma fille, et moi étions bien tranquilles dans notre cher Institut des Libertés, au 33 rue du Ranelagh à Paris.

Arrive le deuxième tour des élections présidentielle ou un homme «de droite », Nicolas Dupont-Aignan annonce qu’il soutient madame Le Pen. Je commets un papier dans l’IDL, citant Soljenitsyne qui disait que de temps en temps un rocher tombait dans le fleuve de l’Histoire et en détournait le cours et nous passons à autre chose.

Arrive l’automne, mon téléphone sonne et monsieur Dupont-Aignan est à l’autre bout du fil et me remercie pour mon papier. Je l’invite à déjeuner pour mieux le connaitre. Et, ce déjeuner est suivi de nombreuses réunions de travail, auxquelles Emmanuelle ne participe pas et où NDA m’expose ses ambitions et ses contraintes.

  • Ses ambitions : Créer un rassemblement de toutes les bonnes volontés à droite qui ne se reconnaissent ni dans le FN ni dans les Républicains, sans cependant exclure ou l’un ou l’autre et, à cet effet, il a créé une entité assez large qu’il a appelé « les Amoureux de la France » et auquel des personnalités comme Emmanuelle Ménard et Jean-Frédéric Poisson se sont agrégées.
  • Ses contraintes : elles sont principalement financières.

Cette démarche me paraissant intéressante, je demande à Emmanuelle de participer à l’avenir à nos discussions. Après tout, elle est sortie lauréate du barreau de Paris et est diplômée de l’une des meilleures écoles de droit des USA (Duke L.L.M), a travaillé dans des grands cabinets d’avocats d’affaires à Paris, a été directrice de collection chez un éditeur et a créé la structure juridique de l’IDL dont elle assure la marche depuis sept ans.

Et les vraies négociations commencent…

Le premier besoin des amoureux de la France est d’avoir des bureaux fixes, les équipes se réunissant jusque-là dans des cafés. Des bureaux sont trouvés et mon boulot est de réunir un tour de table qui achètera ces bureaux et les louera à DLF. Chose faite assez rapidement et ce tour de table est encore à ce jour propriétaire des locaux au travers d’une SCI constituée à cet effet. A ma connaissance, DLF occupe toujours les locaux, rue de Dantzig.

Vient la deuxième étape qui concerne le financement de la campagne électorale à venir. Monsieur Dupont-Aignan me fait savoir qu’il a besoin que je prête à sa campagne 2 millions d’euros et comme j’avais vendu ma maison à Hong-Kong, il se trouvait que j’avais cette somme à ma disposition. Je lui en garantis le versement et fin Décembre 2018, le virement a lieu…

Séduit par les compétences et la personnalité d’Emmanuelle, monsieur Dupont-Aignan lui propose de figurer sur les listes, en sixième position, position éligible à condition que la liste fasse nettement plus de 5 % des voix. Je suis candidat à la quarante troisième place, condition requise pour que je puisse prêter les sommes nécessaires à la campagne…

Emmanuelle hésite beaucoup et finit par accepter, et en bon petit soldat qu’elle est, commence à faire le tour des fédérations en province, ce qui l’amène à être invitée dans pas mal de media et ses interventions semblent susciter un intérêt certain, si j’en juge par le nombre de gens qui se mettent à la suivre sur les réseaux sociaux (You tube, Twitter). Ceci se fait par des prises de contact des journalistes en direct ; à aucun moment, les équipes de Monsieur Dupont-Aignan n’ont proposé de formation ou demandé à prendre en main les réseaux sociaux de ce qui devait être, une future cadre du parti.

Et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, la liste enregistrant dans les différents sondages entre 7 % et 9 %. (Nous sommes en Décembre)

Et en février, le ciel nous tombe sur la tête.

Une journaliste de l’Opinion, journal que personne ne lit et qui ne vit que grâce aux subventions étatiques, nous est envoyée par le service de presse de la liste. Emmanuelle l’accueille fort aimablement . L’article qui suit est assassin, nous accusant ni plus ni moins que d’être antisémites, entre autres élégances, le tir étant très large, ce qui est tout simplement grotesque pour quiconque nous connait (ie : j’ai une belle fille Juive).

Quand cet article sort, Emmanuelle est alors en déplacement en Ardèche pour la campagne. Monsieur Dupont-Aignan l’appelle alors pour lui demander de répondre à une journaliste de mediapart, à un journaliste de libération et fini par la journaliste de L’AFP qui fera une dépêche ceci entrainant inéluctablement une reprise par moults autres médias. Nous sommes le jeudi de la première semaine.

Le lundi, Emmanuelle charge Maitre Malka, l’avocat de la Licra de la défense de ses intérêts et je demande à Maitre Goldnaldel de s’occuper des miens. L’article de l’AFP est alors repris par le journal Israélien « Le Times of Israël » qui, et, c’est tout à son honneur, il y a quelques semaines a publié des excuses officielles pour avoir propagé une fausse information.

De même, le magazine Causeur vole à notre secours et Elisabeth Levy y publie un article prenant notre défense. Mais la machine, bien nourrie à la source, s’est emballée, le coup est parti, le mardi dans l’émission de Patrick Cohen, Monsieur Orsena fera un couplet fort touchant sur “les heures les plus noires de notre histoire et ces gens là » (NDLR : Le lecteur averti notera que l’on entendait beaucoup moins Monsieur Orsena sur l’antisémitisme  quand il était au cabinet de Dumas). Soit.

 

Parallément, sur les réseaux sociaux, un étrange personnage que nous pensons (conditionnel) être un groupe de journaliste sur la forme de la ligue du LOL, reprend des anciens tweets en réponse de ma fille qui, pris dans leurs contextes n’ont absolument rien de choquant mais qui sorti de leurs cadres de réponses et épinglés comme tels deviennent tout à coup visiblement, une source d’émois. Jugez-en.

 

  1. En réponse à un article du Monde qui parlait d’IA, et du fait qu’il y avait « trop de blancs », Emmanuelle répondit « A ce compte là, il y a trop de noirs dans la course de 100 M, qu’est-ce qu’on fait ». Ceci s’appelle un raisonnement par l’absurde.
  2. Au sortir d’un colloque de Marie- Anne Frison Roche sur la liberté d’expression en France et son domaine d’application, Emmanuelle rappelait comme son ancienne professeure le faisait que ces arrêts avaient consacré la possibilité pour les juges du fond d’intervenir directement en sanctionnant financièrement le négationnisme en ce que les juges avaient reconnus que l’historien avait “manqué à son devoir de professionnel“. En cela, elle en concluait que les Lois Gayssot n’étaient pas utiles et que les juges du fond pouvaient assurer le combat contre le négationnisme. Vision qu’elle partage avec Simone Veil.

 

Jeudi matin, l’avocat d’Emmanuelle la contacte car le journaliste du Quotidien l’informe du sujet qui sera fait sur Charles Gave et Emmanuelle Gave. Nous avions le choix de participer ou pas. Emmanuelle s’y rend. Pourquoi ?

Tout simplement pour arrêter la curée car la messe était dite et nous le savions depuis le dimanche d’avant. Dans cet interview, le journaliste sort alors une vieille conversation Facebook cette fois. Il y a 14 ans, Emmanuelle avait embauché une jeune algérienne pour s’occuper de ses deux filles. Celle-ci se présente au bout de quelques semaines à l’école pour aller chercher les petites en burka, ce qui était interdit par le règlement de l’école qui précise que ceux qui doivent venir chercher les enfants soient reconnaissables.

Elle doit s’en séparer et écrit sur  alors sur Facebook philosophiquement à une amie « C’est plus facile de travailler avec une Philippine qu’avec une musulmane. Il existe moins de risques que la jeune nounou se fanatise auprès d’un mauvais contact». Emotion dans la classe jacâssière ou réflexion contre l’intégrisme religieux est forcement assimilé au racisme. Aucune surprise.

Dans le même temps, le Jeudi matin, je passe au bureau à 11h du matin, NDA voulant me voir.

Très ému, il m’annonce qu’il doit virer Emmanuelle de la liste.

Je lui fais remarquer que dans ce cas de figure, il y a une sortie par le haut et une sortie par le bas.

La sortie par le haut serait de faire un mouvement à la Cyrano de Bergerac pour dire à la presse et à ceux qui avaient organisé cette immonde campagne qu’ils pouvaient aller se faire voir et que dans ce cas, il ferait un triomphe. Un homme d’honneur ne fuit pas quand ses hommes sont attaqués.

La sortie par le bas était de l’exclure, ce qui confirmerait les allégations infamantes des media sur Emmanuelle, auquel cas il était foutu.

Nous nous séparons et le communiqué tombe le même soir. Il avait choisi la sortie par le bas.

Le lundi, je lui annonce que je ne serai pas candidat sur sa liste, ne voulant pas me lier plus avant avec un homme qui a “des épaules de serpent” comme on dit dans les milieux du rugby, et mon argent m’est alors remboursé sous 10 jours, après que Monsieur Dupont- Aignan ait contacté la commission des comptes de campagne le lundi en question par LRAR afin de l’informer de la situation.

Il n’y a donc aucune surprise ni aucun conditionnel dans cette situation en ce lundi 26 Février 2019.

 

Mais, en réalité, nous savions depuis une semaine que la décision était prise. 

Monsieur Dupont-Aignan a en effet une fille qui voulait travailler à Hong-Kong et je lui avais trouvé une place de stagiaire dans l’une des entreprises que mon fils contrôle là-bas.

Et le dimanche précédent, il était venu me voir, après son émission de télévision alors que je déjeunais en famille, pour me demander de ne plus embaucher sa fille, au cas où les journalistes l’apprendraient.

Étant pas plus bêtes que mal habillés, nous en avions conclu que la carrière politique d’Emmanuelle risquait de s’arrêter là…

Quelque temps après, monsieur Poisson était lui-même exclu de la liste et les amoureux de la France disparaissaient pour être remplacés par une liste DLF.

 

Voilà quels furent les faits et je défie quiconque d’affirmer le contraire.

 

 

Venons-en à des réalités plus subjectives et que je ne peux prouver.

  • Le monde politique est d’abord incroyablement mal organisé.

En tant qu’homme d’affaires, ma première réaction a été d’être stupéfait de l’amateurisme de ces organisations. Aucun plan, aucune idée, aucune stratégie, aucun suivi. Une entreprise qui serait gérée comme cela disparaitrait en six mois. Ces partis sont en fait des tentatives pour se créer des situations sans risques en capturant une partie de l’électorat français, ce qui leur garantit une rente versée par le contribuable. J’en ai conclu que la première des choses à faire serait d’interdire tout financement de ces partis par l’Etat. Subventionner des incapables avec de l’argent public ne me semble pas être une aussi bonne idée que cela.

  • La personnalité des gens que j’ai pu y rencontrer et cela bien avant ma récente mésaventure est très curieuse. Par exemple, le but des personnes qui y sévissent n’est pas de défendre des idées ou des convictions mais apparemment de passer, eux, dans les médias. Et le plus stupéfiant est qu’aujourd’hui ces médias sont détestés par le public et que ces gens ne se rendent pas compte que pour être élu aujourd’hui il faut faire campagne contre les media.

 

  • Ce monde est aussi est apparemment rempli de personnes qui se surestiment et qui emploient des mots au sens vague. Par exemple, ces gens, qui seraient incapables de gérer une baraque à frites, veulent être les chefs d’un « Etat Stratège », ce qui me laisse pantois. Quand je vois monsieur Lemaire vouloir refonder le capitalisme, je me tapote le menton. Quand j’écoute notre le Président expliquer qu’il faut transformer la France en une start-up, je suis un peu étonné quand je sais que cet homme n’a jamais rien créé de sa vie…

Pour conclure

  • Sommes-nous étonnés ? Non.
  • Sommes-nous déçus ? Non.
  • Sommes-nous amers ? Non.
  • Sommes-nous découragés ? Non

Mais la leçon est la suivante et je reprends ici une idée très forte de l’Eglise Catholique. Les structures humaines ne doivent pas favoriser le péché. L’organisation de la politique en France favorise le péché et empêche de ce fait que la Démocratie fonctionne.

Changer les choses exigera bouleversement de ces structures incroyablement pernicieuses. Ce qui passera par un retour du contrôle de l’agenda politique à son véritable propriétaire : le peuple.

Ce qui veut dire le referendum d’initiative populaire et la fin de l’état profond en France.

C’est à ces deux taches qu’il va falloir s’atteler à partir de maintenant.