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Ce à quoi les premiers économistes se sont intéressés c’est bien sur à la notion de valeur.

Pourquoi les objets où les services ont-ils de la « valeur » er pourquoi cette valeur varie t’elle avec le temps où les circonstances ? Telle était la question à laquelle des générations d’économistes ont essayé de répondre. La réponse fut apportée par les économistes Autrichiens à la fin du XIX eme.

La valeur d’un bien est « subjective » et se constate quand un échange volontaire a lieu entre deux individus  et au moment de cet échange la valeur égale le prix. Et ce « prix » peut être durablement supérieur ou inferieur à la « valeur » du travail inclus dans le bien en question, ce qui veut dire que la « valeur travail » sur laquelle repose tout l’édifice intellectuel du Marxisme est une idée fausse et que, comme chaque fois que l’on essaye de monter un système économique sur une idée fausse cela n’amène qu’a des désastres, comme l’expérience des pays communistes l’a amplement montré.

Fort bien.

Voila qui est acquis et c’est la que s’arrête la plupart des économistes. Mais on peut essayer d’aller un peu plus loin.

A mon avis, il existe deux raisons qui peuvent m’inciter à me séparer de mon bon argent pour acquérir un bien.

  1. Soit je peux essayer d’acquérir quelque chose qui me sera utile, un outil par exemple et dans ce cas la valeur de l’objet ou du bien viendra de son « efficacité ». Un exemple de la valeur « efficacité »  sera par exemple un grand indice boursier du style S&P 500 qui représente peu ou prou la somme des outils de l’économie US.
  2. Soit je peux acheter quelque chose simplement parce que ce « quelque chose » est beau et peu commun, un bijou, une oeuvre d’art et dans ce cas la valeur de cet objet viendra de sa « rareté ». L’archétype d’une telle « valeur » c’est bien entendu l’Or.

La différence entre les deux « systemes de valeur » est que le premier est ouvert et le second est fermé et que le premier se branche sur une croissance en volume, ce qui n’est pas le cas du deuxième. Je veux dire par la que la création de valeur dans le système « efficace » est infinie, puisqu’elle ne dépend que de l’invention humaine  alors que dans le systeme de rareté la quantité de valeur est par définition » fini ».

Les deux sortes de « valeurs » sont présentes à tout moment dans nos systèmes économiques et toutes les deux se servent de la monnaie pour  concrétiser ces valeurs au moment de l’échange.

Il est donc tout  fàait probable que si je calcule un ratio entre le S&p 500 et l’Or,  et que je suis ce ratio au travers du temps, je vais avoir une bonne idée de la façon dont le public en général valorise ces deux valeurs l’une par rapport a l’autre.

Et ici, je viens d’introduire subrepticement une troisième notion, celle de la « monnaie.

Imaginons qu’un gouvernement suive une politique économique tout à fait favorable au développement des valeurs « efficacité », ce qui veut dire favorable à la création de nouvelles richesses et donc favorable au capitalisme, comme pendant les années Reagan ou Thatcher . Dans ce cas de figure, je devrais m’attendre à ce que la valeur « efficacité »  fasse beaucoup mieux que la valeur rareté puisque dans un cas je bénéficie d’une croissance en volume, ce qui n’est pas le cas pur la valeur rareté. Dans ce cas la, je devrais m’attendre à ce que la monnaie soit une bonne monnaie qui préserve mon pouvoir d’achat.

Par contre, si la politique suivie par le gouvernement et la banque centrale est défavorable au système productif et à la valeur de la monnaie, en suivant par exemple une politique de taux réels négatifs alors on peut s’attendre à ce que l’or fasse mieux que le S&P 500.

Vérifions, en prenant l’historique de ce ratio, base 100 en 1972, au début des changes flottants

Il ressort clairement du graphique que de 1972 à 1980 , les USA ont clairement suivi une politique visant à la destruction de la monnaie US , en maintenant des taux réels constamment négatifs, ce qui revenait à procéder à ce que Keynes recommandait et appelait « l’euthanasie du Rentier ». Le marché des actions a baissé par rapporta l’or de 80 % pendant cette période

De 1980 à 2002, changement de politique, la monnaie US offre des rendements positifs et le capitalisme peut fonctionner à nouveau. Le S&P 500 passe par rapport à l’or de 20 à prés de 300 et le monde connait une période de prospérité sans précédent

Depuis 10 ans, retour aux errements des années 70 et le marché chute de 300 à 50…

Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Ce que j’essaye de montrer est  donc que le ratio entre valeur d’efficacité et valeur de rareté (S&P 500/ Or) est un outil prodigieux pour juger de la pertinence  de la politique monétaire aux USA .

Si ce ratio monte, il faut avoir confiance et dans le dollar et dans le marché des actions. S’il baisse, la plus grande prudence s’impose

J’avais fait l’analyse, ce qui fut une erreur, que devant le désastre économique représentée par la Présidence Obama, les citoyens allaient changer de Président. Il n’en a malheureusement rien été Ce qui veut dire que la politique monétaire va rester défavorable à la croissance…

D’ou ma grande prudence.

Est ce que cela veut dire que je recommande d’acheter de l’or?Pas vraiment dans la mesure ou je peux trouver en Asie des solutions d’investissement plus attrayantes à mon avis que l’or.

Cela veut juste dire en revanche que je réduis la voilure sur le dollar, les obligations américaines et les actions domestiques outre Atlantique…

 

C.G

 

 

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29 Comments

  1. François dit :

    Le S&P 500 a connu les mêmes pics à chaque bulle :

    Une fois en 2000.
    Puis ce fut l’explosion de la bulle des dot.com
    Une fois en 2007.
    Puis ce fut l’explosion de la bulle des subprime.
    Et aujourd’hui.
    Puis ce fut… quoi donc ? L’explosion de la bulle Bernanke ? Peut-être !

    Les banques centrales américaines, Européennes et Niponnes se battent maintenant sur le terrain de celui qui imprimera le plus de billet pour dévaluer sa monnaie, causant inévitablement une surinflation, et au bout du tunnel, l’hyperinflation.

    En imprimant toujours plus de billets, ils perdent leur valeur, et cela a clairement conduit le Crédit Lyonnais à liquider 6,5MD€ d’actifs surévalués de ses comptes. Enfin, pourrions nous dire. Les comptes des entreprises sont tellement surévalués, tellement manipulés, qu’ils ne reflettent aucunement la réalité. Et la chutte, inévitable, nous emportera dans la spirale infernale du surrendêtement…

    En cumulant les dettes de l’Etat à celle des collectivités, nous obtenons déja un ratio de 136% du PIB, soit un ratio tout à fait comparable à celui des Etats Unis. Le hors bilan (retraite des fonctionnaires et augmentation mécaniques des masses salariales, soit les charges constatées d’avance) ne sont nullement compatbilisées dans les critères de Maastricht.

    En admettant que nous revendions tous nos actifs sur le champ, et que cela ne dévalue pas instantanément leur valeur intrinsèque, nous ne pourrions malheureusement pas couvrir le quart de cette somme. Autrement dit, et pour faire, simple, le seul moyen d’y arriver sera de mettre encore une fois la main au portefeuille, et de la plonger ouvertement dans celui de l’épargne… Je vois d’ici la tête des gens qui n’ont pas compris que lorsque les politiques les endêtent, c’est eux qu’ils endêtent…

    Mon conseil est donc le suivant. Vu que cette bulle va inévitablement finir par exploser en plein, vol, et que nous sommes déja au bout du bout de l’endêtement possible, achetez donc masque à gaz et gillet parre balle, ils seront toujours utiles, on ne sait jamais…

  2. roger duberger dit :

    Merci pour votre éclairage.
    Dans mes cours d’économie, on m’a toujours dit que le taux d’intérêt -qui sert à rémunérer le rentier- était la contrepartie de la privation de jouissance immédiate, alors que l’emprunteur pouvait jouir de la chose…
    C’est pourquoi, les taux négatifs me semblent une hérésie. Si l’on a des taux négatifs, on va être en déflation, et quand les prix baissent les achats sont reportés…
    Si la monnaie perd de sa valeur, les épargnants vont se tourner vers l’or, ou d’autres valeurs refuge.
    Qui va investir dans la production, avec de telles incertitudes, et de tels prélèvements fiscaux ???

  3. vivelafrance dit :

    Merci pour l’éclaircissement.
    En effet ce ratio explique beaucoup de chose.
    « pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple » le tout sans perdre la moindre crédibilté!!!!
    C’est pour cela que je trouve notamment vos livres si interessant et agréable à lire c’est un plaisir

  4. BA dit :

    Mardi 11 décembre 2012 :

    Comment la Grèce efface 20 milliards de dette comme par magie.

    Afin de rendre soutenable la charge de sa dette, la Grèce a racheté un gros paquet de ses propres obligations aux investisseurs privés qui les détenaient. Et comme elle n’avait pas d’argent pour le faire, c’est l’Europe qui a avancé la somme. Explications :

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/comment-la-grece-efface-20-milliards-de-dette-comme-par-magie_364559.html

    Dialogue entre les contribuables européens et la Grèce :

    Les contribuables européens : – Bonjour, la Grèce. Tu vas bien ?

    La Grèce : – Tout va bien. La magie continue.

    Les contribuables européens : – Quelle magie ?

    La Grèce : – Ben, il faut que je rembourse mes 300,807 milliards d’euros de dette. Mais comme je suis incapable de rembourser, c’est vous qui allez payer. C’est ça, la magie.

    Les contribuables européens : – Mais … mais … mais nous aussi, nous sommes surendettés.

    La Grèce : – Oui, mais moi, je suis ultra-hyper-mega-endettée. Tandis que vous, vous êtes seulement surendettés. Donc il reste de la marge.

    Les contribuables européens : – Et nous, quand nous serons devenus ultra-hyper-mega-endettés, qu’est-ce qui va nous arriver ?

    La Grèce : – Rien : il ne peut rien vous arriver. L’euro vous protège.

    Les contribuables européens : – Ah oui, c’est vrai. L’euro nous protège. Et l’euro nous enrichit.

    La Grèce : – L’euro nous enrichit tous. C’est ça, la magie de Noël. Joyeux Noël, les contribuables européens.

    Les contribuables européens : – L’euro nous protège. L’euro nous enrichit tous. Joyeux Noël, la Grèce.

  5. Alexandre M. dit :

    Sur ce graphique à l’oeil il y a un point pivot entre 80 et 100.

    Si les prix du cash SP500 remontent au dessus, le butor de la Maison Blanche aura peut-être viré de politique et il faudra revenir sur les USA.

    Mais du moment que nous sommes en dessous, à l’oeil nous irons tenter de toucher les 20, puis les plus bas de 1980…

    De surcroit, à l’oeil depuis 2009, on fait un petit triangle, qui pourrait donc très probablement casser à la baisse… vu sa configuration… dans l’année qui vient ou dans les 2 ans qui viennent…

    Dans ces circonstances il me semble plus pertinent d’accroitre ses positions en pur empirisme (analyse technique), même aux USA, plutôt que de miser sur des outils et du monétaire asiatique…

    Du nomadisme et de l’or.

    Ce n’est pas parce que la propriété privée (glissement de la valeur de la monnaie) est abolie en Occident, comme d’autres libertés (liberté d’expression, pourtant indispensable aux sciences etc.) qu’elle existe pour autant en Asie !

    Woman forced to live with squatter in her Detroit home :
    http://news.yahoo.com/blogs/lookout/woman-forced-live-squatter-detroit-home-170128148.html

    S’il prenait un jour l’envie à la Chine de ne pas rembourser ses coupons… de couler un navire de la Navy ou pire…

    Ce n’est pas parce que l’Occident n’est plus fiable, que les autres civilisations le sont devenues pour autant ou qu’elles ont la volonté d’assumer les responsabilités de leur nouvelle puissance, celles qu’assumait l’Occident.

    Dans un monde pareil, les nomades gagnent sur les sédentaires…

    L’or est une relique pour les sédentaires, mais la « monnaie » des nomades.

  6. Homo-Orcus dit :

    Monsieur Gave, en introduction vous utilisez le terme « valeur » du travail, ne serait-ce pas le « coût » qui serait plus pertinent ? (Le coût du travail dans la valeur produite)
    Bien à vous et merci pour vos lumières

  7. Sirius dit :

    Cher CG,

    Merci bcp pour le partage de votre analyse.
    Il semble bien que contrairement à 2000 2001 ou tout un chacun qui avait 3 sous en poche était prêt à l’investir (même à des prix fous) dans la perspective de gagner, nous sommes aujourd’hui dans une situation inverse ou le driver est l’aversion au risque et que la plupart maintenant achètent ou paient avant tout de la sécurité. L’or se paie à prix d’or, les sovereign bonds ont des rendements réels négatifs ou quasi nuls, les actions sont désertées sauf les valeurs défensives de qualité (type Essilor &co…) mais qui s’échangent à des multiples historiques.

    Cette situation ne devrait pas durer éternellement… Il y aura nécessairement des poches de croissance et de création de valeur. Car pendant ce temps la, les entrepreneurs continuent à se lever le matin et à se démener ! Reste à savoir lesquelles et ou.

    Contrairement à ce qu’on lit bcp en Europe, je ne crois pas à un hard landing de la Chine, elle devrait être au contraire moteur de croissance pour les 10 prochaines années, avec l’Asie autour d’elle, comme c’est le cas depuis 2008…

    Bullish donc aussi sur l’Asie et sur les valeurs globales qui y sont exposés (grande conso, loisir, IT, logistique, wealth management,…) en étant très sélectif. Car il ne s’agit pas tant de faire des placements brillants que d’éviter les grosses erreurs !

    Merci, bien à vous,
    Sirius

  8. P.M dit :

    Je ne comprend plus :la fin de l euro vive le dollar,a bas le dollar,l or oui,l or non,etc…ça tourne comme un ventilateur
    Tout et son contraire ,je suis déçu par des chroniques  » a la française » ou l important c est de faire de la littérature !
    Le mal français ….indécrottable

  9. reporting dit :

    Jovanovic le bien nommé arrangue les gens à acheter de l’or ou de l’argent pour sauver leurs économies (en tout cas ceux qui en ont). Denissto également. Qu’en pensez vous M. Gave ? Connaissez vous le professeur Antal Feteke, grand spécialiste de l’or ? Pourquoi n’y a t il pas d’offre politique libérale en France ? Reagan et Tatcher ont pu appliquer leurs idées par le biais des élections. Les Français seraient ils rétif à la liberté (ce qui ne manque pas de sel vu que la France est parait il le pays de la liberté et de la Lumière). Merci.

  10. Andrea dit :

    Concernant votre réduction de voilure sur le dollar, les obligations américaines….moi j’ai fait tout le contraire. Je suis intimement persuadé que la chute programmée de l’euro fera inexorablement monter le dollar….certes pas longtemps car il explosera en plein vol mais juste assez pour pouvoir faire de bonnes affaires à prix bradé ( je pense à l’or ). Car ne nous faisons pas d’illusions Mr.Gave, nous arrivons à la fin de la partie et le but pour nous tous sera, de tirer notre épingle du jeu avec un minimum de dégats et un max de réussite. Sans oublier que la Troisième Guerre Mondiale nous guette et qu’il n’y aura aucun endroit sur Terre où il sera bon d’y être…..la partie est loin d’être gagnée.
    Bien à Vous

    • Charles Gave dit :

      Cher lecteur
      je reduis la voilure en transferant mes actifs en Asie ce qui me semble moins dangereux que les USA
      Il y a bien longtemps que je n’ai plus grand chose en Europe
      L’avenir dira qui aura raison
      Amicalement
      CG

  11. ThinkFreedom dit :

    Bonjour,

    Je trouve que vous simplifiez et attribuez le concept de valeur travail un peu vite aux marxistes. Ricardo dans « Des principes de l’économie politique et de l’impôt », plus précisément dans le premier chapitre « De la valeur » où il reprend beaucoup Smith, développait l’idée que la valeur d’un bien vient du travail qu’il a fallut pour le réaliser tout en disant que les produits qui ne peuvent être crée en grande quantité par les hommes (or, objets d’art unique…) tirent leur valeur de leur rareté (mais aussi que ces objets représentent cependant en volume un quantité minime de ce qui s’échange tous les jours). Il reprends un exemple de A;Smith pour illustrer « Par exemple, si dans une nation de chasseurs il en coûte ordinaire­ment deux fois autant de travail pour tuer un castor que pour tuer un daim, on don­nera naturellement deux daims pour un castor, ou, en d’autres termes, un castor vaudra deux daims. Il est tout simple que ce qui est d’ordinaire le produit de deux journées ou de deux heures de travail, vaille le double de ce qui n’exige ordinaire­ment qu’un jour ou une heure de travail », et il me paraît que c’est dans les modèles les plus simples qu’on peut mettre en lumières les mécanismes fondamentales les plus authentiquement possible. Quand vous dîtes que « La valeur d’un bien est « subjective » et se constate quand un échange volontaire a lieu entre deux individus et au moment de cet échange la valeur égale le prix. Et ce « prix » peut être durablement supérieur ou inferieur à la « valeur » du travail inclus dans le bien en question » cela me fait tout de suite penser à ce que Ricardo disait « Si cela était vrai, si la rétribution du travailleur était toujours proportionnée à sa produc­tion, il serait en effet exact de dire que la quantité de travail fixée dans la production d’une chose, et la quantité de travail que cet objet peut acheter, sont égales ; et l’une ou l’autre indifféremment pourrait servir de mesure exacte pour les fluctuations des autres objets. Mais ces deux quantités ne sont point égales : la première est en effet très-souvent une mesure fixe qui indique exactement la variation des prix des autres objets ; la seconde, au contraire, éprouve autant de variations que les marchandises ou denrées avec lesquelles on peut la com­parer. ». On peut donc considérer que la valeur d’un bien est objectif, qu’il ne découle pas de la valeur perçu, sans pour autant penser qu’il peut être déterminé par le gouvernement car cette valeur est relative à tellement d’autres qu’il faudrait que ce gouvernement soit omniscient.

    Cordialement.

    • Charles Gave dit :

      Cher lecteur
      le concept de la valeur travail est en effet present chez Smith et Ricardo, qui se sont trompes, ce qui n’a eu aucune influence sur personne
      Marx et le Marxistes ont essaye d’organiser la societe autour de ce concept, ce qui a entraine desastre sur desastre pendant plus d’un siecle
      C’est pourquoi je ne mentionne que les Marxistes
      Amicalement
      cg

  12. jeanpy dit :

    faudrait-il alors que la FED remonte les taux d’urgence pour pratiquer une politique monétaire favorable à la croissance ?

    • Charles Gave dit :

      Cher lecteur
      Pas vraiment
      Il suffirait que la Fed laisse le marche decider de la ou les taux devraient etre
      Ce qui me gene, c’est de ne pas avoir de prix de marche et je ne crois pas que des taux reels negatifs soient des prix de marche
      Comme le graphique le montre, des taux reels negatifs amenent toujours a des resultats desastreux, comme on le voit depuis 2002. et avant cela de 1971 a 1979..
      Amicalement
      cg

      • charlesM dit :

        Bonjour Monsieur Gave,
        L’idée que des taux négatifs sont néfastes pour la croissance est terriblement contrarienne , ce qui est passionnant.
        Comment peut-on expliquer que des taux si bas découragent l’investissement alors qu il devraient en toute logique le rendre plus rentable? Et pourtant c’est bien ce qui se passe avec les excédents de tréso record des entreprises?
        Quand vous dites que la marché doit décider des taux, vous parlez des taux longs?
        cdlt

        • dede dit :

          J’avais lu quelque part que l’un des problemes des taux trop bas est qu’ils distordent les decisions d’investissement (pour faire simple : si j’emprunte a 10%, je n’investirai que si j’escompte un retour sur investissement consequent, si j’emprunte a 0%, j’augmente le risque d’investir a tort sur un projet debile).
          Les projets d’investissement ne sont pas tous bien ficeles et la croissance ne resulte que du fait qu’il y a plus d’investissements qui generent de la valeur que d’investissements qui en detruisent : en cas de taux bas, on augmente le risque d’avoir trop d’investissements qui detruisent de la valeur…

          J’ai trouve cela plutot convaincant comme raisonnement.

        • Charles Gave dit :

          Mon cher Charles (QUEL BEAU NOM!)
          Faisons simple
          Les taux reels negatifs maintiennent en vie des entreprises qui devraient disparaitre et donc empeche la « destruction »d’avoir lieu. Sans destruction, pas de creation et la creation destructrice s’arrete et avec elle la croissance.
          Les taux reels sont un faux prix, qui entraine un deuxieme faux prix sur le taux de change du dollar. Ces deux prix sont la clé de voute de tous les prix dans le monde entier. Si ces 2 prix sont faux , tous les prix sont faux et plus un chef d’entreprise ne peut prendre une decision sauf à faire monter la part de cash dans ses livres en attendant que les vrais prix reviennent.
          Des taux reels negatifs déclenchent toujours des hausses des matieres premieres en general et du petrole en particulier. La hausse des prix du petrole est une forme d’impot qui appauvrit tout le monde, et surtout les classes moyennes et enrichit quelques tyrans, ce qui fait chuter la croissance mondiale.
          Avec des taux longs qui ne sont pas des taux de marché , plus personne ne peut faire un calcul de cash flow escompte ce qui veut dire que plus personne ne peut introduire le futur dans le present. Ecroulement des investissements.
          L’Etat quant à lui peut se financer à bon compte et son poids dans l’economie ne cesse de croitre sans que le service de la dette n’augmente. Ralentissement de la croissance garanti.
          tout le monde se precipite et investit en or ou en art moderne à la place d’investir dans des machines outils, et la productivite s’ecroule.
          etc…
          Si vous voulez qu’il y ait une croissance economique, n’ecoutez pas les aneries Keynesiennes qui ne marchent JAMAIS.
          Si un Keynesien vous dit quelque chose , faites le contraire, vous ganerez beaucoup d’argent. C’est en tout cas ce que je m’applique à faire, sans avoir à le déplorer,
          Amicalement
          CG

          • charlesM dit :

            Merci pour cette réponse détaillée! Je ne suis pas keynesien, loin de là. Mais les patrons de PME que je rencontre régulierement sont accablés et bloqués par trois incertitudes : l ‘absence de croissance, la flambée des prelevements de toute sorte, et la raréfaction du crédit et des concours bancaires. Cette raréfaction est d’ailleurs un sacré paradoxe du point de vue keynesien.
            Amicalement,

          • François dit :

            Cher monsieur Gave.

            Je ne peux que me poser en faux dans votre analyse, non pas sur le Keynesianisme, dont je partage totalement les conclusions, mais sur votre approche de la valeur et de la monnaie.

            Il me semble avoir lu à la fin de votre commentaire que vous recommandez plutôt de vous orienter vers les marchés asiatiques, plutôt que de porter la réflexion que vous venez d’avoir sur les taux d’usure longs, pourtant adoptés dans les principes de BAL III, et dont les américains s’affranchissent comme toujours…

            Je partage tout à fait votre sentiment sur la suprémacie illégitime du dollar, mais j’ai bien du mal à comprendre que vous vouliez le remplacer par du yuan, et alors même que ce ne sera qu’un remplacement du mal par le mal…

            J’ai également relevé plus haut, et ne m’en veuillez pas, votre approche justement keynésienne contradictoire, tout en appréciant ici son opposée légitime, d’ou mon interrogation.

            L’or avait justement l’avantage d’être un étalon universel. L’anti keynesianisme consisterait logiquement à ne pas se baser sur une monnaie mondiale, mais sur une valeur recherchée et universelle. Et si une monnaie mondiale pourrait s’y apparenter, comment l’adosser ensuite à une notion de valeur, qui soit elle aussi universelle ?

            Je suis déja impatient que vous m’éclairiez de vos lanternes, car j’ai un peu de mal à passer le cap, tout en reconnaissant votre savoir indéniable en la matière.

            Notez que j’ai également relevé l’effet levier crise du S&P 500, et dont nous connaissons aujourd’hui la même envolée lyrique qu’en 2000 et 2007…

            Cordialement.

          • idlibertes dit :

            Cher Monsieur,

            Au risque de citer un auteur que nous n’aimons pas « gold is not money » :-)

            Cdlt

            Idl

        • vivelafrance dit :

          cette hausse de matiere premiere qui est la consequence de ses taux d’interet reel negatifs entraine une hausse de la facture des ménages.
          Ensuite l’état refuse de laisser faire les mécanismes de marchés egalement sur le marchés des biens et services en intervenant pour bloquer les prix et ensuite nos entreprises (GDF Suez par ex) reduisent leur investissements en france et preferent se developper à l’étranger notamment en Asie.
          Donc de faux prix sont donnés à tous les niveaux: on a de faux prix concernant les taux d’interet, taux de change, et sur le prix du marché des biens et services. On a de faux prix dans tous les secteurs publics comme dans la santé le transport l’éducation….puisque la demande est infini (pour reprendre l’expression employé par Monsieur Gave dans un de ses livres)
          Ce manque de flexibilité se manifeste notamment sur le marché du travail.
          On donne de faux prix aux investisseurs et de faux signaux aux consommateurs en France

  13. BA dit :

    Lundi 10 décembre 2012 :

    Italie : Mario Monti quitte le pouvoir, et il laisse derrière lui une Italie en ruines.

    Italie : recul de 1,1% de la production industrielle en octobre sur un mois, recul de 6,2% sur un an.

    La production industrielle a reculé de 1,1% en octobre par rapport à septembre en Italie, selon des chiffres diffusés lundi par l’Institut de statistiques Istat dans un communiqué.

    Sur un an, la production industrielle est en recul de 6,2%, selon le communiqué.

    Les analystes de la banque Intesa Sanpaolo s’attendaient à une baisse de 0,5% et vu les résultats du trimestre précédent, ils s’attendent à ce que le dernier trimestre de l’année finisse également dans le rouge.

    La baisse mensuelle de l’indice se retrouve dans tous les secteurs, notamment les biens intermédiaires (-8%), les biens de consommation (-5,5%) et l’énergie (-4,4%).

    Sur les dix premiers mois de l’année, la production industrielle a baissé de 6,5% par rapport à la même période en 2011.

  14. jepirad dit :

    Bonjour et merci pour cette réflexion et ce cours.
    La période 1996 à 2001 fut aussi celle de la création de la bulle spéculative sur les valeurs de l’internet ; ce qui peut expliquer, en partie, la forte hausse du ratio S&P/Or et la dégringolade qui suivit.
    Il faut tenir compte aussi que l’or n’est plus simplement une valeur refuge mais une matière première nécessaire à l’industrie électronique et que la demande notamment de l’asie a été très importante avec l’avénement de l’internet/électronique de consommation.
    Sans remettre en cause votre réflexion et conclusions, la courbe aurait été certainement plus lissée sans ces autres facteurs.

    • François dit :

      Charles Gaves est un Keynesianiste qui ne s’en cache pas. Il ne fait que renier les bénéfices de l’or tout en remettant en cause le dollar, ce que vous relevez fort bien du reste… Doit on remplacer le mal par le mal, et acheter du Yuan à la place du dollar ? Ou doit on plutôt attendre l’abolition du système imposé par les accords de bretton Woods et suivants, et créer une monnaie mondiale ?
      Non, les hommes ne viennent pas de Mars, ni les femmes de Vénus…

  15. BA dit :

    Lundi 10 décembre 2012 :

    Italie/crise politique : la Bourse de Milan chute de plus 2% à l’ouverture.

    La Bourse de Milan chutait de plus de 2% lundi dès l’ouverture après l’annonce au cours du week-end d’une prochaine démission du président du conseil Mario Monti, considéré par les marchés comme un gage de stabilité pour le pays.

    A 08H20 GMT, soit vingt minutes après l’ouverture, l’indice vedette de la Bourse de Milan, le FTSE Mib, reculait de 2,36% à 15.329 points.

    Les banques étaient particulièrement touchées et leurs titres chutaient tous de 4% à 5%, les opérateurs redoutant qu’elles ne soient pénalisées par un probable regain de tension sur le marché obligataire dans le sillage de cette nouvelle crise politique, dont l’issue paraît incertaine.

    http://www.romandie.com/news/n/_Italiecrise_politique_la_Bourse_de_Milan_chute_de_plus_2_a_l_ouverture31101220120932.asp

  16. Marianne dit :

    Puisque les gouvernements font n’importe quoi, supprimons le cours légal de la monnaie. La bonne monnaie chassera la mauvaise.

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