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La presse s’enflamme face au phénomène Trump, pourrait -il emporter la nomination aux primaires républicaines ? Comment un homme d’affaires controversé, une personnalité à la Berlusconi, un individu qui, à plusieurs reprises dans le passé, a flirté avec la politique, qui a été essentiellement démocrate, pro avortement, pas particulièrement religieux, plusieurs fois divorcé, pourrait-il être investi par un parti qui est aux antipodes de ce que l’on sait de son programme ?

Certes son populisme violemment anti immigration, sa promesse de renvoyer tous les immigrants non documentés, la construction d’un mur de plus en plus haut de plus financé par le Mexique, toutes ces absurdités et provocations n’ont bien évidemment aucune chance d’être mises en œuvre.

Mais il a su électriser les laissez pour compte de la mondialisation, les classes moyennes et moyennes inferieures qui ont été durement frappées par la désindustrialisation, tous ceux qui faute d’études adaptées au monde technologique et de l’économie dématérialisée, plus les dégâts de la dernière crise financière, se retrouvent dans un populisme autoritarien.

Trump leur parle un langage qu’ils comprennent, se présente comme leur champion et du coup son programme est secondaire, car il est riche, peut-être, à la capacité de négocier, et restaurera la grandeur passée de l’Amérique ?

Tant pis si le prix à payer est une guerre commerciale, un système fiscal encore plus instable, il leurs garantit aussi une couverture médicale universelle sans aucun détail autre que l’abolition du système Obama, et la concurrence des assurances privées. Il prend garde aussi de ne pas remettre en cause les systèmes de protection médicale des « seniors », Medicare, dont le coût ne cesse de croitre et dont la charge repose sur le budget fédéral et des Etats.

Bref un démagogue qui a maintenant une chance raisonnable d’emporter démocratiquement l’investiture républicaine. Tous les candidats dits du système se sont retirés,  Bush, Christie désormais rallie, Rubio et Kasich trainent dans les sondages et ne sont même pas assurés de gagner les primaires de leurs propres  Etats, Floride et Ohio, Etats essentiels dits Tampons «  swing states » car faisant la différence en Novembre à l’élection générale.

Souvenez vous qu’en 2000  G.W Bush 43 l’emporta finalement face à Gore après plusieurs semaines de comptage et recomptage des bulletins en Floride..

S’il subsiste 4 candidats à l’investiture, un seul maintenant parait en mesure de rallier une majorité hétéroclite d’opposants à Trump. Ted Cruz a une image aussi controversée que Trump, toutefois pour des raisons différentes. Elu  pour la première fois sénateur du Texas en 2010,  il achève son premier mandat et ne se représente pas.

Il positionne sa candidature comme « chrétienne », invoque la liberté de religion, utilise sa carrière de magistrat du parquet pour se présenter comme un défenseur de la Constitution, du fédéralisme, c’est-à –dire du droit des Etats..

Il souscrit à tous les marqueurs de la droite dure, anti mariage du même sexe, anti avortement, il a maintenant une position quasi similaire à Trump pour le renvoi de tous les immigrants non documentés, il refuse les pactes de libre échange, mais défend farouchement la libre entreprise et combat le capitalisme de connivence. Ses positions en politique étrangère ont aussi évolué, il est pour l’irradiation de Daesh, au prix d’une présence accrue au Moyen Orient.

Un des arguments nouveaux mais à mon sens essentiel en sa faveur est la nomination des juges à la Cour Suprême. Apres le décès subit d’Antonin Scalia, Il y a désormais un équilibre et aucune majorité claire sur des sujets essentiels tels le droit à porter des armes, protégé par le deuxième amendement.

L’opposition n’est pas politique au sens partisan, elle repose sur la méthode d’interprétation des textes constitutionnels entre les juges qui veulent se référer à l’intention des rédacteurs originels, et les magistrats qui eux veulent dire le droit dans le contexte économique et social contemporain

Scalia et Thomas représentent le courant « textualiste », et Cruz choisirait clairement des juristes de cette école de pensée.

A ce stade et sauf renversement brutal de tendance, notamment si Rubio et Kasich persistent, Trump arrivera à la Convention du 18 Juillet à Cleveland, Ohio, avec plus de délégués que ses concurrents, mais pas nécessairement avec une majorité…Toutefois toute manœuvre de couloir qui priverait Trump de son investiture aurait un impact très négatif et conduirait à une révolte anti establishment et à la défaite des républicains en Novembre.

Le seul espoir de le bloquer est désormais et rapidement pour ses opposants de se rallier derrière Cruz, même si pour beaucoup d’entre nous, notamment ceux qui ont soutenu la candidature de Rand Paul, nous avons nombre de désaccords fondamentaux avec lui.

Mais, “Better the devil we know than the one we don’t know..”Trump est trop imprévisible pour que l’on prenne le moindre risque..

Les choses sont plus claires du côté démocrate.

Seul le Sénateur Sanders, un socialiste proclamé et avéré, il y en a quelques uns ici, est un adversaire convaincu et populaire notamment chez les jeunes, de la favorite Hillary Clinton.

Il met en avant un programme type Hollande version 2012, anti finance et Wall Street, pro syndicats, pour la gratuité de tous les frais de scolarité, et la couverture médicale universelle par un système étatique en faisant payer les riches..

Si d’aventure il emportait l’investiture démocrate, et était élu en 2016, il n’aurait aucune chance de mettre son programme en œuvre, ce qui conduit certains a envisager de le soutenir pour bloquer Clinton .

Avantage Sanders, il n’est pas un interventionniste néo conservateur comme Hillary Clinton, qui avait vote pour l’intervention militaire en Irak en 2003, qui comme secrétaire d’Etat, est responsable de l’intervention en Lybie, qui a conduit au chaos, et soutient une position interventionniste anti  Assad en Syrie en préconisant une « no fly zone ».

Pour ma part, je ferai tout pour éviter l’élection d’Hillary Clinton, candidate médiocre, aux convictions incertaines, au passé controversé, et aux amitiés compromettantes.

Mêmes les démocrates qui s’apprêtent à l’investir et à l’élire la définissent en majorité nette comme non susceptible d’emporter la confiance.

Elle n’est même pas la candidate des femmes de moins de 45 ans qui lui préfèrent Sanders, homme blanc de 74 ans passablement grincheux et peu séduisant.

En bref un panorama peu excitant, une hypothèse raisonnable de voir une élection générale ou s’affronteraient Trump et Clinton. Toutefois même dans cette configuration, l’élection de Clinton est loin d’être assurée, son rejet est fort, même s’il est inferieur à celui de Trump, mais ce dernier a démontré aux primaires ouvertes aux non républicains, une capacité à attirer la participation d’électeurs normalement non engages voir abstentionnistes qui pourraient plus que compenser les défections républicaines qui ne veulent de Trump sous aucun prétexte,…

 

 

 

 

Auteur: Jean-Claude Gruffat

Jean-Claude Gruffat est, depuis avril 2011, en charge des relations globales avec les filiales de grands groupes européens chez CITIGROUP à New-York. Citigroup où il fût pendant 10 ans au préalable en charge de la gestion corporate and investment banking des équipes en France, en Belgique et au Luxembourg. De 2008 à 2011, il fut président de la chambre de Commerce Américaine. Il est Gouverneur de l'American Hospital à Paris Jean-Claude Gruffat est titulaire d'un doctorat d'Etat en Droit Public ainsi que d' une Maitrise de Science Politique de l’Université de Lyon. Il a également suivi en 1987 le Stanford Executive Program, GSB, Stanford University, Californie.

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19 Commentaires

  1. « Les choses sont plus claires du côté démocrate. » dites vous !

    ClearWater sans aucun doute… Parlez nous donc de cette affaire (hillare je suis d’entendre H-Clinton à ce sujet) et comme cela semble aisé pour les démocrates, oserai-je, tirez donc cette histoire au clair.
    Bonne semaine.

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  2. Je ne sais pas où vous avez vu que Trump était démocrate. Depuis toujours il les moque. Son livre « The art of the deal » est plein de moqueries et d’agression contre les démocrates.

    je pense que c’est une grave erreur que de sous estimer Donald Trump. C’est un entrepreneur pas un beau parleur. Son jeu me semble assez clair, il est déjà dans le costume de président. il durci ses positions à l’extrême dans le but de renégocier les traités. S’il est élu sur un programme extrême, il pourra facilement renégocier tous les traités en sa faveur. la stratégie est redoutable.

    Lui mème l’a dit à l’occasion d’un des débats ou le commentateurs visiblement inquiet de la position de Trump sur la Chine , l’intéressé lui a répondu que de toutes façons il n’ira jamais au bout puisqu’une position excessive sera de nature a forcer le partenaire à céder.

    Trump n’est pas un homme politique c’est un extraordinaire négociateur. C’est aussi un entrepreneur qui est le seul à pouvoir rompre avec la technostructure d’avocats qui ont ruiné le pays. 10 trillions de dettes en deux mandats de’Obama, c’est plus que les 230 années qui ont précédé. Il faut briser aujourd’hui les cercles de pouvoir, il n’y a pas d’autre choix pour redresser la barre.

    Seul trump est capable de le faire, pour ma part j’en suis convaincu.

    cdt

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    • en tout cas, ces enfants sont superbes et sa fille qui suit tous ses meetings enceintes jusqu’aux dents du troisième est juste superbe.

      C’est quand même d’un autre niveau que le festival du saucciflard de Tulle.

  3. Article très intéressant, mais au paragraphe 10, ne serait-il pas préférable de parler dd « l’éradication » de Daesch plutôt que de « l’irradiation » ? 😉

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    • Non, CRUZ a bien parlé de détruire ISIS a coups de bombes atomique…irradié est correct.

  4. Trump VS Clinton. Cette élection va ressembler à une émission de télé-réalité où les candidats doivent jouer au poker menteur. J’adore les États-Unis mais des fois, ils sont exaspérants (pas plus que nous, vous me direz)

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  5. Oh please : lorsque vous écrivez  » passe controverse » à propos d’Hillary C c’est un peu… embarrassant ;  » passé controversé » serait plus convenable.

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    • C’est réparé. Merci

  6. Etes-vous sûr de la nomination de Clinton? En comptant les délégués, elle est devant Sanders mais grâce à la minorité afro américaine (entre 80 et 90% de cette communauté ont voté Clinton). Or, cette minorité est très présente dans beaucoup d’états qui ont déjà voté (presque tout le sud est), ce qui sera nettement moins le cas en avril et mai (si Sanders tient jusque la). Je pense donc, que l’écart pourrait se resserrer et le Michigan nous apprend que les statistiques ne sont pas si fiables (sondeurs pro Hillary ou simple hasard?).
    Les super délégués sont à priori acquis à la cause d’Hillary (90 à 95%). Est-on sûr que certains ne changeront pas d’avis si Sanders arrive en tête? Que penser d’un parti votant massivement pour le candidate non choisi par le peuple?
    De plus, Hillary a des problèmes avec la justice si je ne me trompe pas.
    Pensez-vous une victoire de Sanders possible pour la nomination? Cela déboussolerait Wall Street…

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    • Excellente question.
      Si les élections primaires étaient le seul moyen de designer le candidat, l’investiture de Clinton pourrait être contestée..et éventuellement passer à Sanders.
      Mais:
      – plusieurs centaines de super délégués qui appartiennent a l’appareil du parti démocrate sont par définition pro Clinton.
      – les électeurs de couleur notamment noirs votent pour Hillary Clinton par un pourcentage plus élevé que celui qu’obtenait Obama.Sanders ne passe pas bien avec cet électorat.
      – Sanders n’est pas un membre du parti,il est socialiste.
      – Seul une mise en examen est susceptible de bloquer Hillary Clinton.
      En bref, je la donne investie à 10 contre 1.

  7. Finalement, ils sont drôlement « français » nos américains !

    Entre un Juppé produit de la classe étatique qui a montré son peu de fiabilité (c’est même un repris de justice) et une Marine Le Pen, finalement il vaut peut-être mieux voter Marine qui pourrait remettre les pendules à l’heure avec Bruxelles

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  8. Boris Jonhson soutient Brexit dans le but de succeder a Cameron en cas d’echec du referendum, jeu politicien

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    • Surement, mais je pense aussi que sa fibre saxonne le pousse naturellement « against the continent »

  9. trump peut faire mieux que reagan

    en face il y a biden depuis >5 mois source jim rickards (clinton était foutue dès le depart)

    si biden* n’y va pas…

    alors c’est gagné ;-)) ce pays peut renaître (alors que nous on s’enfonce)

    *Mr Hunter Biden / ashley madison de son campus+ positif coke us navy + board cie natgaz ukraine=> c’est mort

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    • Il y a Trump, qui à mon avis -sauf en cas de crash=>choc- va etre élu

      Mais vu que ceci est général:
      Dans le même style, il pourrait y avoir aussi BREXIT.
      Le moment est tres mal choisi par les oingts de Bruxelles.
      Si mal choisi que l’on pourrait se demander si certains à la city ne désirent pas le brexit.
      Pourquoi B Johnson est-il pour? B Johnson est un obligé de la city.

      =>
      Afin, hors de l’europe, de dévaluer ou dumping (sur legislation attractivité banque?)
      On leur apporte la devaluation sur un plateau et son pretexte diplomatique.
      Pour juguler ainsi le très gros probleme UK (=la city): la bulle immo

      ?

      Je fais ces deux paris.
      Si je gagne et puisque les deux ci dessus lancent un style capillaire du plus bel effet,
      je parie en outre,
      que malgré l’insistance de sa famille,
      Monsieur Gave refusera de s’y prêter.

    • Bonsoir,

      Jean ( sassy ), vous êtes un gentil joueur, pas assez français pour supputer correctement quant sux potentielles actions anglaises.

      Les perdants paries toujours en premier. Ne soyez pas un des leurs. De toutes façons, vous n’est point de la caste des tricheurs, hein ..!

      Cordialement,
      Charles-Maurice.

  10. Au total, un bien triste choix pour une puissance qui se veut encore la première du monde…

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  11. J’ai l’impression que Cruz est plus dangereux que Trump.

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    • Cruz est plus previsible que Trump, dangereux, pour les democrats surement..
      Son rejet par les Republicainds est moindre que celui de Trump, en revanche il est deteste par les milieu progressistes.
      Et par l’Establishment..

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