3 May, 2016

Un pays qui a plus de 2000Md€ de dettes n’a pas le droit de parler de cagnotte

Il paraît que la croissance française a retrouvé des couleurs parce qu’elle a progressé de 0,5% au premier trimestre. Ce résultat a été obtenu pour l’essentiel grâce à la consommation des ménages (+ 1,2%) stimulée par les baisses du pétrole et des taux d’intérêt. Elle ne doit donc absolument rien à la politique économique menée par le gouvernement. Pourtant, on nous annonce triomphalement que l’objectif de 1,5% de croissance sur l’ensemble de l’année sera atteint et que nous assistons à « une série de signaux favorables » comme le contrat remporté par DCNS pour la construction de douze sous marins pour l’Australie. Immédiatement les partisans du « cagnotting »ont réclamé que le gouvernement redistribue l’argent qu’il n’avait pas. Pour une fois, Michel Sapin ministre de l’économie a rappelé que l’on ne pouvait pas parler de cagnotte dans un pays qui avait plus de 2000 Md de dettes. Tout cela n’empêche pas le gouvernement de distribuer chaque semaine des milliards à tous ceux qui constituaient sa base électorale…

 

Un vote du Brexit en Grande Bretagne ferait baisser le PIB de 6%

 

En Grande Bretagne, à la veille du référendum sur le Brexit, on constate que les sociétés qui font partie de l’indice FTSE 100, très orientées vers l’exportation serait moins impactées par un vote de sortie de l’UE que celles de l’indice FTSE 250 qui réalisent en moyenne plus de 50% de leur chiffre d’affaires à l’intérieur de la Grande Bretagne.

La dernière étude parue sur les conséquences d’une sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne montre que cela coûterait en moyenne 5930€ par foyer fiscal. Il faudrait attendre une baisse d’environ 6% du PIB dans les mois qui suivraient le vote.

 

En revanche, si l’on pense que les anglais refuseront le Brexit, il faut s’intéresser aux  ETF qui permettent d’acheter l’indice FTSE 250. Parmi les sociétés qui figurent dans l’indice, on trouve notamment:  Smiths Group, Croda, Auto Trader, Rightmove, Scottish Mortgage, Pennon Group, Meggitt…

 

En Europe,  la BCE a beaucoup moins de marge de manoeuvre. L’objectif qui consiste à inciter les entreprises et les ménages à emprunter en  utilisant toute une série de dispositifs ultra-accommodants ne fait pas du tout l’unanimité en particulier en Allemagne. La France fait toutefois partie des pays où cette stratégie a l’air de fonctionner puisque la progression des encours de crédit au secteur non financier ressort à 4,2% sur les douze derniers mois.

 

L’économie américaine ralentit plus que prévu

 

Aux Etats Unis, le débat sur la normalisation de la politique monétaire va continuer, mais il semble presque certain que la Fed remontera ses taux jusqu’à trois fois en 2016. Comme la croissance a ralenti plus que prévu au premier trimestre, il faut se préparer

à adopter une stratégie défensive centrée sur  les sociétés « value » qui offrent un bon rendement. Parmi celles que l’on peut retenir figurent :

 

Consommation discrétionnaire: <Best Buy>, <Interpublic>; Consommation durable: <Reynolds American>, <Archer Daniel Midlands>, <Hershey>, <Coca Cola>, <Mead Johnson Nutrition>; Energie: <Valero Energy>, <Marathon Petroleum>, <Phillips 66>; Financières: <Morgan Stanley>, <Legg Mason>, <Discover Financial>; Santé:  <Pfizer>, <Amgen>, <Abott  Laboratories>; Industrie: <Cummins>, <Boeing>, <Lockheed Martin>, <Honeywell>, <Ingersoll Rand>; Technologie: <Qualcomm>, <Cisco Systems>, <IBM>, <Paychex>, <Symantec>, <Analog Devices>, <Corning>, <Texas Instruments>, <Microsoft>, <Motorola Solutions>; Materiaux: <International Paper>, <Eastman Chemical>; Telecommunications: <Verizon Communications>

 

Le Japon a baissé de 5% cette semaine, car la Banque du Japon n’a pris aucune décision nouvelle. Elle a repoussé de six mois la date pour atteindre ses objectifs en matière d’inflation. Cela se traduit par une forte baisse de la crédibilité de la banque centrale.

 

La Chine est décidée à intervenir pour modifier ses politiques monétaires et budgétaires en faveur de l’investissement sur lesquelles sa capacité d’action est la plus forte.

 

L’armement en Asie va connaître une forte croissance

 

Le secteur de l’armement devrait faire partie de ceux qui vont connaître une croissance forte au cours des prochaines années. La dernière commande par l’Australie de douze sous marins à DCNS en France montre bien que la tension monte en Asie. Ärmi les sociétés qui pourraient bénéficier de cette tendance on peut retenir :

 

Japan: IHI (100% du chiffre d’affaires dans la  défense) Kawasaki Heavy Industries (22,6%), Mitsubishi Heavy Industries (5,6%), ANA Holdings (5,4%), NEC (4,3%), Mitsubishi Electric (2%), Fujitsu (1%); India: Hindustan Aeronautics (98%), Bharat Electronics (33,4%); South Korea: LIG Nex (61,5%), Hanwha (51,6%), Korea Aerospace Industries (52,7%)

Auteur: Romain Metivet

Romain Metivet est délégué général de l'Institut des Libertés. Économiste et entrepreneur, il est passionné par la géopolitique, l'Histoire et la littérature russe.

3 Commentaires

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  • GWDLF

    5 May 2016

    “Un vote du Brexit en Grande Bretagne ferait baisser le PIB de 6%”

    C’est un ATTALI qui le dit?

    Vous pourriez nous rappeller ce que les mêmes disaient pour l’euro
    J’ai l’impression que ce n’est pas exactement ce qui était prédit qui s’est passé.

    Juste pour rire

    Répondre
  • sassy2

    4 May 2016

    L’implication du Brexit sur la livre est loin d’être baissier ou haussier

    sérieusement que se passe t’il si la grece sort ?
    difficile à dire car pour l’instant les BC coopérent voire même ont fusionné (alors même que TTIP n’est pas passé devant le peuple…)
    => ama hausse de l’euro à 3mois car l’euro devient plus encore DM

    Répondre
    • idlibertes

      4 May 2016

      Rien n’a été prévu comme mécanisme de sorti dans UE donc tout est envisageable

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