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18 octobre, 2026

Sur la Chine

Marre de parler de la France et des incompétents qui nous gouvernent.

On va parler de la Chine et du marché des actions chinois.

L’économie chinoise traverse depuis plusieurs années une période de « ralentissement désinflationniste ». En termes simples, cela veut dire que la croissance économique y est faible et que les prix à la consommation ont tendance à être complètement stables, voire à baisser.

Pour ceux qui ont bien suivi les leçons de l’Université de l’Épargne, cela veut dire que l’économie chinoise est en bas à gauche dans le schéma des quatre quadrants.

Dans ce cas-là, historiquement, il faut avoir dans son portefeuille des obligations gouvernementales longues, puisque les taux d’intérêt baissent continuellement, et du cash dans la monnaie du pays, puisque la balance commerciale tend à être très positive : les exportations augmentent beaucoup plus vite que les importations, ce qui pousse le taux de change à la hausse.

Vérifions que c’est bien ce qui s’est produit en Chine depuis le début du ralentissement, en 2015.

Les obligations allemandes et américaines ont pris une énorme gamelle, tandis que les obligations chinoises continuaient à donner un rendement réel satisfaisant.

Venons-en au cash.

La banque centrale chinoise fait de son mieux pour empêcher le renminbi de monter, mais il monte quand même.

Mais c’est là que les choses se compliquent.

Logiquement, et comme les taux longs et courts ont beaucoup baissé, nous devrions être en train de sortir du quadrant en bas à gauche pour entrer dans le quadrant où se produit le fameux « boom désinflationniste », pendant lequel les actions montent comme des fusées.

Et, en espérant cette issue heureuse, j’ai recommandé aux lecteurs, pendant l’été 2024, d’acheter des actions chinoises qui, depuis, sont très occupées à ne rien faire, comme en fait foi le graphique ci-dessous. Je mesure la performance du marché chinois en or, le métal précieux restant mon étalon de valeur préféré.

Et donc, depuis l’été 2024, date de la recommandation initiale, le ratio indice chinois contre or est resté à plat ou en baisse. La bonne nouvelle, cependant, est qu’il semble que nous ayons enfin cassé le mois dernier la moyenne mobile à un an, et à la hausse.

Mais pas de vraie hausse des actions pour l’instant.

Et pourtant…

Les bénéfices des sociétés cotées à Shanghai sont en hausse de 10 % d’une année sur l’autre…

Et ces mêmes sociétés chinoises ont du cash à ne savoir qu’en faire…

Les sociétés chinoises croulent sous le cash qu’elles ont gagné à l’étranger et déposé à Hong Kong : 2 300 milliards de dollars, qui devront bien un jour être utilisés.

Mon explication à ce regrettable délai est la suivante : je crois que la hausse de la bourse chinoise n’a pas eu lieu tout simplement parce que le prix de l’énergie a beaucoup monté, et parce que l’économie chinoise reste dépendante des importations d’énergie, même si elle l’est beaucoup moins qu’il y a dix ans.

Il est donc à craindre, ou à espérer, que, quand les valeurs pétrolières arrêteront de monter, les valeurs chinoises s’envolent à la hausse, avec les obligations japonaises.

On peut toujours rêver, mais, pour l’instant, tout se passe en bon ordre, même si cela prend un peu plus de temps que prévu.

Mais monsieur Trump n’a pas aidé.

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

5 Commentaires

  1. J’ai une explication alternative pour la contreperformance des actions chinoises par rapport à leur performance économique, qui est bien réelle :
    la Chine est un système capitaliste à fuites. C’est à dire que les petits actionnaires ne voient pas les mêmes profits comptables que d’autres stakeholders. Il y a des fuites des profits quelque part dans le système. Dans le cas de la Chine il n’est pas difficile d’imaginer de quoi il s’agit.

    Le phénomène de capitalisme à fuites toouche aussi la Corée, où une part importante des profits part aux familles fondatrices à travers des contrats bidon.
    Et le Japon connait aussi le phénomène …

  2. On a fait l’immense erreur d’intégrer la Chine à l’OMC sans exiger que sa monnaie soit « libre ». J’écrivais dans les fora en 99 trois choses :
    – Sauver la planète en .. allant polluer plus ailleurs cela ne marche pas. Si on veut sauver la planète il faut au contraire produire plus ici où (à l’époque) 1$ PIB industriel impliquait environ 1 g de CO2 si ma mémoire est bonne et c’était 9 g de CO2 en Chine. Je le savais comme ingénieur.
    – Les sociétés multiculturelles n’ont jamais existé et fonctionné dans l’histoire du monde. Il y a trois options : un peuple prend l’ascendant (les saxons sur les Brittons), un nouveau peuple naît (les gallo-romains remplacent les Celtes) ou les peuples se scindent (yougoslavie). Je le savais comme passionné d’histoire depuis mes 6 ans (en 99 j’en avais 32).
    – Prosperity through free trade cela ne marchera pas si on ne force pas la Chine à laisser sa monnaie libre. Aucune économie ne se vaut, elles sont toutes différentes ; plus ou moins productives, cycliques, performantes, capital intensives, orientées transformation, innovation, matières premières, … Elles n’évoluent donc pas à la même vitesse et le delta vitesse n’est pas constant. Ce n’est pas grave l’ajustement se fait par le taux de change. La monnaie étant de la valeur stockée a un prix. => on ne peut pas supprimer durablement l’ajustement du taux de change sans déplacer cet ajustement vers une autre variable économique, j’écrivais à l’époque ce seront nos industries et nos emplois (je travaillais encore dans l’industrie) ou nos salaires. (je n’avais pas mon diplôme financier mais j’avais déjà mon MBA, je comprenais les bases mais certaines choses m’échappaient).
    J’avais presque raison pour tout. L’Europe a baissé ses émissions de CO2 mais le CO2 global a explosé et le CO2 est un polluant global. La nouvelle Europe de l’Ouest et l’ancienne Europe de l’Ouest sont au bord de la guerre civile. Par contre je m’étais un peu trompé pour la Chine. Comme l’a dit dit Nicholas Barr dans le seminaire que j’avais choisi en 2005 en élève libre lors de mon cursus finance à Londres : on ne peut pas supprimer durablement l’ajustement du taux de change sans déplacer cet ajustement vers une autre variable économique. En économie, le déséquilibre doit toujours être absorbé quelque part : si ce n’est pas la monnaie qui bouge, ce seront les taux, les prix, les salaires, l’emploi ( cela je l’avais compris même comme ingénieur-MBA), les flux de capitaux ou … les finances publiques. Ces deux là je n’y avais pas pensé en 99 car je n’avais pas encore de formation financière solide.

    Les finances publiques qui ont servi d’amortisseurs en EU et USA. Elles sont à bout de souffle. Nous n’avons plus beaucoup d’industries et d’emplois industriels à transférer à la Chine et vu ses actuelles réserves de change, elle ne veut plus accumuler bcp plus de nos monnaies (transfert de capitaux pour compenser). Si il n’y a pas de guerre ou si il n’y a pas de sorties massives de capitaux de CHine, le Yuan va monter tôt ou tard et je pense que ce sera plus tôt que tard sous ces conditions. Je n’ai pas cette info mais pour savoir quand il faut investir dans le yuan ou pas, il faudrait regarder combien de capitaux sortent de Chine ? Dès que peu de capitaux sortent (déjà maintenant ?) il faut investir massivement dans le yuan. Tout ceci écrit je préfère investir dans ce que je comprends et connais : le monde industriel.

    Je reprends mon vieux slogan de fin des années 90 début des années 2000 : « la Bien-pensance est le cancer de l’EUrope » et je rajoute aujourd’hui on est en phase terminale

  3. Vient à point à qui sait attendre ! Merci de cette analyse et bonne journée à vous.

  4. Bonjour,
    Pour vous « marche chinois » = « msci china A » ou « marche chinois »= msci China ? Car ca ne fait vraiment pas la meme chose au final.
    Le msci china A est inclus dans le msci china, mais avec l’indice plus large on se retrouve bourre de technologiques (Tencent, Alibaba, etc….) merci.

    • La Chine a la Chance d’avoir de la croissance industrielle =>on peut investir dans les industrielles cycliques et de la déflation => on peut investir dans tech. Dans le cochon tout est bon, je ne prendrais pas ni trop d’essentials chinois ni trop de de financial Chinois, pas exclu mais pas vraiment l) où mettre son pognon en CHine.


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