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11 octobre, 2026

Ressuscitons un vieux concept : l’indice de misère

De temps en temps, on nous annonce la disparition du dernier survivant de ceux qui avaient débarqué en Normandie, sauté sur Diên Biên Phu ou combattu à Stalingrad… batailles qui ont vraiment marqué les esprits.

L’équivalent de ces tueries dans le domaine financier est sans aucun doute la période 1971-1981. Entre janvier 1971 et décembre 1979, le ratio marché des actions / or baissa d’un peu plus de 90 %, ce qui laisse des traces. Ces années suivaient la fin du gold exchange standard (Bretton Woods), et quiconque a survécu à cette période en fut marqué à jamais, moi le premier.

À cette époque émergea toute une série d’outils qui s’attachaient à mesurer l’étendue du désastre. L’un des plus populaires fut inventé par un économiste nommé Arthur Okun, qui le baptisa « l’indice de misère » : ce n’était rien d’autre que l’addition du taux de chômage et du taux d’inflation.

Si la somme des deux dépassait 10, nous étions dans la panade.

Le temps est donc venu de sortir l’indice de misère du placard, tant la période actuelle se met à ressembler aux années 1970.

Voici donc l’indice de misère pour les États-Unis depuis 1970.

En réalité, si j’analyse cet indice dans le cadre de ce que j’appelle les quatre quadrants, l’indice de misère, quand il dépasse 10, me dit que je suis probablement dans le quadrant en haut à gauche, celui de la récession inflationniste.

Et, comme le lecteur averti le sait, c’est dans ce quadrant que l’on perd toujours le plus d’argent.

Et donc, de 1971 à 1982, nous sommes restés à peu près tout le temps dans un bust inflationniste…

C’est-à-dire dix ans de marchés baissiers.

Venons-en à la France, et présentons les résultats pour notre pays en remontant à 1992.

Nous sommes aujourd’hui nettement au-dessus de 10, ce qui est déjà inquiétant.

La raison principale en est que le taux de chômage en France (ligne rouge, en haut) n’a jamais réussi à redescendre sous les 7 % depuis… 1974, et nous sommes le seul pays au monde où cela se soit produit.

La situation deviendrait rapidement très, très difficile si l’inflation se mettait à accélérer…

Hélas, l’inflation a déjà beaucoup accéléré pour toute une partie de la population française.

Le lecteur averti se souvient de l’indice des prix dit des « Gilets jaunes », constitué pour un tiers de l’énergie, pour un tiers du loyer et pour un tiers de la nourriture.

Quelle allure aurait mon indice de misère pour la France si je remplaçais l’inflation officielle par la hausse des prix que supportent les plus pauvres chez nous ?

L’indice de misère des pauvres de notre pays est à 17, le plus haut niveau jamais atteint depuis 1992 si je fais abstraction de la période du Covid.

Comme je l’ai souligné dans un papier récent, le niveau de vie des plus pauvres va s’écrouler comme jamais dans notre histoire depuis 1945.

Et, comme je l’ai souligné dans le même article, le niveau de vie des classes moyennes va lui aussi baisser.

C’est dire que les recettes fiscales (TVA, impôts sur l’énergie, impôt sur le revenu, etc.) vont baisser fortement, tandis que les dépenses vont continuer d’augmenter.

En termes clairs, le déficit budgétaire va exploser, comme il le fait à chaque récession. Et dans cette récession, nous ne pourrons ni baisser nos taux d’intérêt, ni dévaluer, ni baisser les impôts.

Le besoin de financement de notre État pour 2027 est annoncé à 5,3 % de notre PIB, ce qui est une aimable plaisanterie, pour trois raisons :

  1. Notre PIB va baisser.
  2. Nos recettes vont baisser. Fortement.
  3. Nos dépenses vont augmenter. Beaucoup.

Le déficit sera plus près de 8 % que de 5 %.

Et nous allons nous heurter à deux problèmes :

  1. Nous serons en pleine période électorale.
  2. Les marchés refuseront de nous financer.

Conclusion

Question : que va-t-il se passer ?

Réponse : je n’en ai pas la moindre idée.

Mais je vais beaucoup apprendre dans les douze mois qui viennent, et les Français avec moi, ce qui me réjouit beaucoup.

Profession de foi de IdL: *Je suis libéral, c’est à dire partisan de la liberté individuelle comme valeur fondamentale. *Je ne crois pas que libéralisme soit une une théorie économique mais plutôt une théorie de comment appliquer le Droit au capitalisme pour que ce dernier fonctionne à la satisfaction générale. *Le libéralisme est une théorie philosophique appliquée au Droit, et pas à l’Economie qui vient très loin derrière dans les préoccupations de Constant, Tocqueville , Bastiat, Raymond Aron, Jean-François Revel et bien d’autres; *Le but suprême pour les libéraux que nous incarnons étant que le Droit empêche les gros de faire du mal aux petits,les petits de massacrer les gros mais surtout, l’Etat d’enquiquiner tout le monde.

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