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Charles Gave

Que nous disent les marchés ?

Je n’ai jamais utilisé les sondages d’opinion tant les marchés financiers leur sont supérieurs. Après tout, dans les marchés , de vraies personnes votent avec du vrai argent (le leur , ou celui dont ils ont la charge), ce qui me parait préférable à des questions posées à «un échantillon représentatif de la population», notion qui m’a paru toujours extrêmement douteuse scientifiquement .

Le but du papier de cette semaine sera donc d’essayer de déchiffrer ce que nous disent les marchés, ce qui n’est pas très difficile.

  1. L’euro a une sale gueule.

  1. Les marchés des actions dans la zone euro n’ont pas le moral.

 

  1. La réponse est simple : Parce que le prix du pétrole est beaucoup monté …

 

 

Encore une fois, une hausse des prix du pétrole est équivalente à une hausse des impôts : en fait , il s’agit d’une hausse du tribut que les pays producteurs prélèvent sur la richesse que nous créons, et donc, à l’arrivée, nous sommes plus pauvres si le prix du tribut augmente. Mais la hausse que nous avons déjà connue m’annonce une récession, que la France n’ y échappera pas alors qu’en France nous sommes dans une situation budgétaire déjà complètement désespérée.

 

 

La récession qui arrive va, comme à chaque fois, faire exploser les dépenses de l’état tout en faisant chuter les recettes du même état, faire donc grimper les déficit budgétaires , ce qui aura l’effet le plus heureux sur la dette en % du PIB qui risque bien de grimper autour de 140 % à 150 % .

Et si les taux d’intérêts montent, je ne vois pas comment nous pourrons nous en sortir. Et s’ils ne montent pas, l’Euro va continuer à se viander, ce qui rendra encore plus cher nos importations d’énergie.

La seule solution sera donc que l’Allemagne nomme un « gauleiter » pour s’occuper des affaires de la France, et je n’ai pas le moindre doute que monsieur Macron sera candidat à ce poste prestigieux, assuré qu’il sera du fidèle soutien de la bourgeoisie française (quoique, « bourgeoisie française” soit un peu une contradiction dans les termes).

Bref, nous sommes très mal partis, et les marchés nous envoient un message assez alarmant.

Et je tiens à signaler que pour arriver à cette conclusion, je n’ai pas eu besoin de parler de la Russie, de l’Ukraine, des USA, ou que sais-je encore…

Une analyse toute simple des marchés m’a donné tous les renseignements dont j’avais besoin.

Comme le dit l’un de mes adages préférés « Lire la presse économique est dangereux pour votre santé financière ».

Et puisque nous parlons de sante financière, essayons de voir comment le portefeuille que j’ai recommandé depuis quelques temps s’est comporté pendant cette période troublée ?

Avant de donner les résultats, rappelons comment il est constitué.

La partie « offensive » du portefeuille, soit 50 % du total à investir, comprend 10 valeurs cotées à Paris qui ont une caractéristique commune, ne rien avoir à faire avec l’état français.

Les voici

Air liquide, Schneider l’ Oréal. LVMH, Pernod-Ricard, Cap Gemini, Total. Accor, Sodexo, Danone.

Que les choses soient bien claires ici : Je n’y connais rien en analyse financière, il ne s’agit en aucun cas de recommandations et mon seul critère de sélection a été la non-participation d’un représentant de l’état au conseil d’administration de ce sociétés.

Tous les jours, ou toutes les semaines , ou tous les mois, ou tous les trimestres, voir tous les ans, je recommande de ramener la part de chaque valeur à 5 % du portefeuille total, de façon à maintenir un portefeuille actions diversifié. Dans le graphique plus bas, je procède à ce « re balancement » une fois tous les mois.

L’autre moitie du portefeuille est constituée aux 2/3 des obligations à 10 ans émises par le gouvernement Chinois et par 1/3 investi en or.

Là aussi, je procède au re balancement vers la position de départ tous les mois.

Voici ce portefeuille depuis la fin 2017, date à laquelle j’ai commencé à trouver que les marchés, en particulier dans la zone Euro, sentaient un peu l’ours

 

 

Aucun changement n’est recommandé, si ce n’est pour ceux qui le peuvent de passer de 2/3 en obligations chinoises et 1/3 en or à moitié or et moitié obligations chinoises.

Pour l’instant, tout va bien, comme disait le gars qui avait sauté du trentième étage en passant devant le vingtième.