18 janvier, 2026

Quand la pensée magique se heurte à la réalité.

Essayons d’être simple : aujourd’hui nous avons une pensée magique et pseudo scientifique qui prône la décroissance qui s’oppose à une réalité dans laquelle des milliards d’individus entendent bénéficier d’un niveau de vie plus élevé

Et dans les années qui viennent, la pensée magique va être détruite par la confrontation avec la réalité. Comme toujours dans l’histoire.

Le futur qui se dessine est en effet ancré autour quelques réalités assez simples.

  1. La croissance mondiale viendra du cercle de Valeriepieris (4000 km de rayons autour de Hong-Kong), où vit plus de la moitié de la population mondiale sur 7 % des terres émergées.
  2. Cette croissance sera Ricardienne, c’est-à-dire fondée sur la production industrielle
  3. L’industrie a besoin de matières premières (métaux, ciment, énergie etc…)
  4. Pour des raisons de bien pensance (sauver la planète) personne, à part la Chine n’a investi dans des accroissements des capacités de production de métaux etc… depuis une vingtaine d’années.
  5. Les défenseurs de la pensée magique sont ruinés.

Nous nous dirigeons donc tout droit vers des pénuries de métaux, d’électricité. d’énergie et le monde magique des bisounours va se faire ratatiner par la dure réalité.

Et cela a déjà commencé.

 

De 2007 à fin 2024, l’argent et le cuivre voient leurs prix vasouiller, entre 50 et 100 et personne n’investit dans de nouvelles capacités, puisque récupérer du cuivre ou de l’argent extraits dans le passé suffira largement aux besoins d’une économie en décroissance.

Et soudain, début 2025, les cours du cuivre et de l’argent explosent à la hausse

Quest ce que cela veut bien pouvoir dire ?

La reponse est simple : le début de la déroute des tenants de la pensée magique.

Cela veut tout simplement dire que la demande de métaux liés directement à la croissance économique est devenue supérieure à l’offre et que la décroissance est une foutaise …

Historiquement, le cuivre est relié à la croissance industrielle tandis que l’argent, le meilleur des conducteurs électriques, est relié à la croissance de l’électricité. Et donc que la croissance continue,

Et que le rationnement qui va avoir lieu se fera par les prix, tout simplement parce que le monde développé n’a pour ainsi dire ouvert aucune mine depuis des lustres. Et que les tenants de la décroissance ne pourront rien acheter puisqu’ils ne produisent plus rien. Pour eux, l’appauvrissement ne fait que commencer.

Et comme il faut quasiment une décennie pour en ouvrir de nouvelles, voila qui augure bien pour la rentabilité des mines anciennes.

Nous avons devant nous un immense cycle du cochon.

Quand le prix du cochon est haut, tous les paysans élèvent du cochon, dont les prix s’effondrent quand tous ces cochons arrivent sur le marché,

Du coup, les paysans arrêtent de faire des cochons et un an après, le prix de la viande s’envole.

Et ainsi de suite…

Personne n’a élevé de cochons (ouvert des mines de cuivre et d’argent) depuis vingt ans, la demande de cuivre et d’argent passe au-dessus de l’offre, et du coup les prix montent de façon exponentielle.

Les seuls qui pourront continuer à croitre seront ceux qui ont accumulé des réserves de pouvoir d’achat, pour acheter au prix fort ce dont ils auront besoin. C’est-à-dire ceux qui auront de l’or, qui d’ailleurs monte aussi de façon exponentielle.

Nous sommes donc en train de rentrer à toute allure dans un monde où la rareté va l’emporter sur l’efficacité, comme de 1970 à 1985.

L’embêtant est que nous avons suivi la même politique de non-investissement) dans les domaines de l’énergie, en particulier en Europe, où la pensée magique a été particulièrement dominante

Et le grand danger serait que le cycle à trente ans soit encore présent.

Pour l’instant, tout se passe comme si le cycle était toujours en place.

 

 

Certes, tout un chacun m’explique que le monde ne sait pas quoi faire du gaz et du pétrole tant on en a trouvé, mais l’arrivée de l’IA et le boom de l’Asie sont en train de faire exploser la demande d ‘énergie.

Voilà une surproduction qui risque d’être rapidement réglée.

M’est avis que ce qui est en train de se passer pour le cuivre et pour l’argent pourrait se passer demain ou après-demain pour les hydrocarbures.

Aujourd’hui, la capitalisation boursière des valeurs pétrolières représente 3 % de la capitalisation totale du S&P, contre … 30 % en 1980.

Jamais sans doute les marchés n’ont été aussi vulnérables  ,à une hausse soudaine de l’énergie.

Continuer à naviguer sans or et sans valeurs énergétiques dans son portefeuille dans les années qui viennent me parait de plus en plus comme courageux, très courageux, voire héroïque.

Hélas,  les héros transfèrent rarement leur ADN et encore plus rarement leur patrimoine.

 

 

 

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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