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Mr Draghi « C’est celui qui dit qu’y est » ! Endossez votre risque et pour le reste,on verra bien

Librement traduit par IdL                           Article de Louis Gave dans le Wall Street Journal du 18 septembre 2012

http://online.wsj.com/article/SB10000872396390444709004577649133348470366.html?mod=WSJEUROPE_hpp_sections_opinion

Mario Draghi a promis qu’il ferait tout son possible pour sauver l’euro. Et ce mois ci, le président de la banque centrale européenne a donc fait ce qu’il pensait pouvoir faire c’est à dire promettre de racheter une flopée de dettes gouvernementales.

Mais que voilà une belle tendance 2010 !

Car l’époque n’est plus à écrire encore et toujours des gros chèques comme une sorte de route joyeuse vers le bonheur européen. Laissez moi juste humblement proposer une autre solution tirée d ‘une de mes expériences personnelles.J’ai déménagé de la France vers Hong Kong à la fin des années 1990, au pire moment de la crise asiatique.A la différence de beaucoup de pays asiatiques, Hong- Kong n’a pas dévalué  préférant ainsi garder le Hong-Kong dollar indexé au dollars Américain et laissant ainsi le prix de l’immobilier et des salaires s’ajuster au plus juste. Entre 1997 et 2003, les prix de l’immobilier ont chuté de 70 %, les marchés boursiers ont baissé  des 2/3 et les salaires ont diminué d’un quart. Hong-Kong a historiquement  fait le choix de la dévaluation que des pays comme l’Italie et l’Espagne sont en train de suivre. Ce fut  un moment désagréable mais nous l’avons traversé.

Mais il existe une différence fondamentale entre le Hong Kong de l’époque et l’Europe du Sud d’aujourd’hui la plus grande étant que Hong Kong avait conservé sa propre monnaie. Et c’est ici que je  tiens à partager mon expérience personnelle. Au début de 2003, des valeurs évidentes commençaient à percer sur le marché immobilier de Hong Kong

Alors, j’ai regroupé mes quelques épargnes, dans un effort de décision qui m’acheta aussi quelques nuits sans sommeil et je décidai alors d’acheter mon premier appartement à Hong Kong. La raison pour les nuits sans sommeil étant surtout les quartiers attenants des bars de Lan Kwai Fong mais ne nous étendons pas…

Bien sur, ma crainte principale demeurait que le Hong-Kong dollars ne conserve pas son indexation au dollar américain. Dans cette éventualité  la moitié de mes économies serait alors dispersées en l’espace d’un instant.Heureusement pou moi, la HSBC me permettait de prendre une position « hedgy » sur cette incidence et je choisis de protéger cette position à hauteur de 4 millions Hong Kong dollars contre un million de dollars US.

Et voilà ce qui manque en Europe aujourd’hui.  Les capitaux privés devaient être attirés par une législation  souple, un immobilier moins onéreux et des cout du travail moindre.et pourtant au lieu d’accourir vers les pays européens, les capitaux privés continuent de s’enfuir.

Mais qui donc aurait envie de rester ici, bras ballants assister à la perte de la moitié de son capital dans la nuit dans l’éventualité de la fin de la zone euro et de la réintroduction de monnaies nationales ? La seule solution trouvée par la banque centrale européenne à ce jour est d’imprimer plus de papier. Mais le fait que la plupart des gouvernements européens ne puissent plus se financer sur les marchés mondiaux n’est,en vérité, qu’un des symptômes du problème. Le vrai problème demeure que les capitaux privés ont peur d’investir en Europe du sud  sur le long terme pour des raisons de risques inhérents à la monnaie.

Ce qui veut dire que Mr Dragi doit soit arrêter de penser qu’il peut acheter la dette des gouvernements et à la place, devrait tenter de réfléchir à une proposition identique à celle que me fit la HSBC en 2003.Voilà comment cela pourrait fonctionner.

Imaginons que je conçoive d’investir 10 Millions dans l’immobilier espagnol en crise mais que j’ai peur que l’Espagne quitte la zone euro. Je pourrai alors me tourner vers la banque centrale européenne qui pourrait m’émettre un « contrat d’assurance monétaire » sur la base des 10 Millions d’euros d’investissement concernés.La valeur de ce contrat pourrait se trouver dans les différences entre les taux espagnol et les taux moyens de la dette européenne gouvernementale. Grâce à de tels contrats, les capitaux pourraient enfin revenir vers la zone euro.

La beauté d’un tel schéma est que la Banque centrale européenne ne débourserait  véritablement d’argent que si un des pays venait à quitter la zone euro. Bien sur, si cela devait arriver, la banque centrale devrait vite faire chauffer ses presses afin de payer toutes le assurances en cours mais si l’Italie ou l’Espagne venaient à quitter la zone euro, doute-on vraiment de ce qu’il fraudait  imprimer des tonnes de billets de toutes les façons ?

L’immense avantage en revanche est que l’impression massive serait ainsi sous condition, abritée par la BCE et relativement planifiée.

La défaillance actuelle du marché européen est suffisamment apparente à ce stade. Les investisseurs européens ne peuvent pas « hedger » leurs positions contre une éventuelle dévaluation. Or c’est précisément cette défaillance là du marché à laquelle la BCE doit répondre. Si seulement elle le faisait, la marché privé pourrait bien s’occuper du reste. Ainsi, au lieu de renflouer  les états avec un carnet de chèques sans fond, la banque centrale devrait faire valoir son livre de compte et sa possibilité d’émettre des euros aux  investisseurs du secteur privé qui seraient tenter d’investir en Europe du sud.

En conclusion, Mr Draghi  est certainement de bonne foi quand il déclare « faire tout ce qu’il faut pour sauver l’euro » mais alors pour vraiment bien faire ; il lui revient d’enfiler son complet à rayure et sa cape de vendeur d’assurance.

Voir aussi

http://online.wsj.com/article/SB10000872396390444709004577649133348470366.html?mod=WSJEUROPE_hpp_sections_opinion

IDL