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Jean-Jacques Netter

Malgré l’optimisme ambiant la France reste sous surveillance rapprochée

Les différences d’opinion sur l’avenir à court terme des marchés sont de plus en plus fortes. Il est devenu pour certains, assez courant de prédire que l’Euro sera bientôt à la parité avec le dollar et que le baril de pétrole baissera jusqu’à 20$. Tous ceux qui avancent ces chiffres les justifient par des arguments pas toujours rationnels, ce qui permet à une partie de la classe politique de nous expliquer que nous sommes dans le fameux « alignement des planètes ».  Selon eux, c’est clair « Il y a des signes de retour à meilleure fortune ».

Cet optimisme un peu excessif qui consiste à confondre  l’économie et l’astrologie a toujours eu du succès. Cette situation n’empêche pas Christopher Potts, stratégiste chez Kepler Cheuvreux de penser qu’il  faut maintenant s’attendre à une correction des marchés après 16% de hausse de l’indice CAC  40 depuis le début de l’année.

 

En Europe, le programme de QE  (= rachat de dette publique) sera compliqué à mettre en œuvre. Pour trouver 1000Md€ d’obligations européennes au cours des dix huit prochains mois, il faudrait que les banques et les assureurs acceptent de vendre des obligations allemandes à la BCE. Ce qu’elles n’ont absolument pas envie de faire…

 

Les valeurs européennes  exposées au marché américain continuent à sur-performer, alors que les sociétés exposées aux marchés émergents sous-performent

Christian Mueller-Glissmann de Goldman Sachs recommande toujours à ses clients de privilégier l’Europe dans leur allocation d’actif.

Parmi les valeurs rentrant dans cette catégorie, on peut retenir : Luxottica (55% du CA en USD),Neopost (45%),  ARM Holdings (37%), AstraZeneca (37%), Reed Elsevier (48%), Sanofi (31%), Delhaize (63%), SAP (31%), Roche (33%), MTU Aero Engines (60%), L’Oréal (23%), SCOR (29%), Dassault Systèmes (20%), Sodexho (30%), Safran (25%), Legrand (13%)

 

La perspective d’une sanction humiliante de Bruxelles existe toujours

 

En France,  le rendement des emprunts d’Etat est au plus bas depuis 1746 au moment où les déficits de la France atteignent des montants astronomiques.  Cela n’a pas empêché la France d’obtenir un nouveau délai de deux ans accordé par la Commission Européenne pour réduire son déficit sous le seuil de 3%. Toutefois, Bruxelles exige de la France qu’elle fasse un effort de redressement structurel important. Sous « surveillance rapprochée » la France va devoir rendre compte chaque mois de l’état d’avancement de ses décisions. Cela ressemble à la fin de la quatrième République où le ministre des finances de l’époque devant aller à Washington chaque fin de mois pour obtenir de quoi payer les fonctionnaires français !

 

Pour tous ceux qui s’intéressent encore à l’économie réelle, les emprunts contractés en Franc Suisse par les collectivités locales et les hôpitaux par l’intermédiaire de Dexia, devenue après sa faillite la SFIL,  nécessiteront une nouvelle intervention de l’Etat à hauteur de 3Md€. Ce sont des sommes qui nécessiteraient bien que l’on recherche les responsables d’un tel fiasco tant au niveau de Dexia qu’au niveau des collectivités locales et des hôpitaux. Pourtant en 2012, afin de faire face à la situation catastrophique de Dexia, établissement contrôlé très majoritairement par l’Etat,  la France et la Belgique s’étaient entendues pour garantir ensemble 85Md€ d’encours de crédit à risque. L’Etat français était le garant ultime de 9,4Md€ de prêts toxiques contractés par les collectivités locales françaises auprès de Dexia. A l’époque, la facture était considérée comme un solde de tout compte. Tout cela n’empêche pas l’ancien dirigeant de cet établissement de percevoir sa retraite chapeau….

 

Le Régime Social des Indépendants est en train d’exploser de tous les côtés : erreurs dans le calcul des cotisations, difficultés pour obtenir le remboursement de soins de santé, retards dans le versement de droits à la retraite…

 

Le nombre de chômeurs a baissé de 19 100 en janvier, tant mieux. Il n’en demeure pas moins que la manipulation statistique reste très présente, comme on a pu le voir cette semaine avec l’immobilier. Pour donner une image un peu moins négative des effets du passage de Cécile Duflot au gouvernement, les statisticiens forcément compétents ont retrouvé comme par miracle 58 600 logements qui étaient passés à la trappe de la comptabilité officielle des constructions en France en 2014 !

 

L’OCDE a félicité le Royaume Uni pour sa gestion de la crise.

 

En Grande Bretagne l’indice FTSE retrouve son niveau d’il y a 15 ans. Pendant cette période plus de 50% des valeurs ont été remplacées. Aujourd’hui l’indice est composé pour l’essentiel de sociétés minières ou pétrolières ainsi que de sociétés dont la majorité du chiffre d’affaires est réalisé en dehors de  Grande Bretagne.

 

L’Allemagne a décidé d’augmenter ses salaires de 14% en cinq ans, ce qui devrait profiter au reste de l’Europe. D’ailleurs, la consommation qui avait légèrement progressé au quatrième trimestre 2014, a accéléré en janvier,  dans un environnement où l’inflation allemande s’est établie à 0,1% en février…

 

La politique du Dollar fort n’est pas une habitude américaine.

 

Aux Etats Unis, il va falloir sortir du « carry trade » monstrueux qui a été mis en place depuis six ans. Le début du resserrement qui devrait avoir lieu pendant l’été, ne sera pas une période facile.  La porte a été entre ouverte par Janet Yellen présidente de la Fed, pour juin afin de procéder à la première hausse de taux. En attendant,  les investisseurs institutionnels se sont précipités sur les ETF obligataire à hauteur de 32 Md$ depuis le début de l’année. Les marchés obligataires pourraient se réveiller brutalement quand la normalisation de la politique monétaire de la Fed (=hausse des taux d’intérêts) se produira….

 

Le dollar devrait s’apprécier modérément au cours des douze prochains mois estime Peter Berezin Managing Editor de BCA. Il n’est plus bon marché. Cela n’exclut pas une phase de forte hausse. Les raisons de la hausse sont connues : 1/la baisse des matières premières 2/l’incertitude 3/ les politiques monétaires divergentes

 

 

 

 

Le succès de la réservation en ligne déstabilise les grands groupes hôteliers.

 

Tous les secteurs sont soumis à des ruptures qui peuvent les emporter très rapidement. Un des meilleurs exemples est celui de l’hôtellerie et du tourisme.

Aux Etats Unis, les nouveaux acteurs sont nombreux .

Online bookings,  agence de réservation en ligne réalise 43% de son chiffre d’affaires aux Etats Unis et 45% en  Europe. Accor est d’ailleurs parti en guerre contre la société en saisissant l’Autorité de la Concurrence pour abus de position dominante.

Expedia, autre site de réservation  représente aussi une grosse partie des ventes en lignes réalisées par  Accor.

Orbitz Worldwide est une agence de voyage en ligne qui rencontre beaucoup de succès.

HomeAway  est une plateforme qui rapproche les propriétaires de résidences de vacances et des futurs locataires. C’est un site qui a du mal à gagner de l’argent.

 

Aux Pays Bas,  le site de réservation Booking.com, société établie aux Pays Bas,  représente 750 000 nuits réservées chaque nuit dans 209 pays. Pour  Expedia le chiffre est de 500 000 500 000 et pour  Airbnb  de 100 000. Il s’agit d’un véritable tsunami qui se produit dans le secteur du tourisme et de l’ hôtellerie.

Bravofly Rumbo Group  est une plateforme active dans les domaines de la réservation de billets d’avion, de chambres d’hôtel de croisières et de location de voiture

 

Au Luxembourg on trouve  eDreams Odigeo qui résulte de la consolidation de  quatre marques :  eDreams, GO Voyages, Opodo, and Travellink.