Les livres sur la géopolitique qu’il faudrait avoir lus pour voir le monde tel qu’il est…

 

L’Europe a peur de son avenir

 

La civilisation européenne n’a pas attendu le traité de Maastricht pour exister. Coralie Delaume dans « Le couple franco-allemand n’existe pas » montre bien que la France européiste de Macron fait face au retour des nations au sud et à l’est, mais aussi en Allemagne. Le Saint Empire Romain Germanique qui a duré des siècles était une structure aux frontières incertaines qui rappelle à certains égards l’Union Européenne d’aujourd’hui…

 

Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale. Alors que la vision nationaliste est l’un des enseignements politiques fondamentaux de la bible hébraïque, Yoram Hazoni dans son livre « The virtue of nationalism” explique que

la majeure partie de l’élite occidentale est dominée par le modèle politique de  l’impérialisme romain.  Les élites bruxelloises sont persuadées de savoir déjà avec exactitude comment le monde entier doit vivre. Il faut regarder le torent d’insultes et de mépris qui s’est répandu contre les britanniques, contre Trump, contre Salvini, contre la Hongrie, contre l’Autriche et la Pologne et surtout contre Israël…

 

Bruxelles prédit à Londres un avenir chaotique après le Brexit. Cela n’empêche pas Marc Roche dans « Le Brexit va réussir » de penser qu’ au contraire la perfide Albion a de solides atouts notamment la City. Demain les riches proche orientaux russes ou chinois de Londres auront encore moins de comptes à rendre sur la provenance de leurs fonds…

 

Le Brexit ressemble à un vaudeville dont l’issue risque d’être dramatique. Avec ses rebondissements multiples et ses coups de théâtre, les acteurs principaux – le Royaume-Uni et l’Europe, auxquels s’ajoute l’Irlande – semblent dépassés. Selon Kevin O’Rourke dans « Une brève histoire de Brexit » tous les scénarios sont désormais possibles, du Brexit sans accord à la prolongation du statu quo. Avec ce livre, le grand historien de l’économie mondiale propose la perspective historique indispensable pour y voir plus clair. Le Brexit est le point culminant d’une campagne menée au Royaume-Uni depuis des dizaines d’années et dont les racines remontent jusqu’au XIXe siècle. L’Europe aussi a un passé qui explique la manière dont elle réagit au défi du Brexit. Quant à l’Irlande, elle est au cœur de cet imbroglio qui pourrait – avec la question de la frontière – réanimer les vieux démons de la guerre civile. Londres ne sait plus diviser pour régner mais les européens ne laisseront jamais un Singapour à leurs frontières faire du dumping fiscal.

 

L’échec du projet européen est programmé. Cela ne fait aucun doute pour Régis Debray dans « L’Europe fantôme ». La permanence du fait national est sa boussole car l’Europe est son passé et la patrie son avenir. Les fondateurs de cette Europe fantôme ont fait l’Europe comme on fait un enfant dans le dos d’une femme réticente. Les vrais responsables étant étant les américains et leurs fondés de pouvoir en terre européenne. Les proeuropéens seraient maintenant inspirés par un ersatz de messianisme auquel se rallient maints orphelins aux attentes déçues…

 

L’Europe est en route vers l’abîme selon Ivan Krastev dans « Le destin de l’Europe ».

L’arrivée massive de réfugiés est pour l’Europe la principale menace. Les réfugiés seront les révolutionnaires du XXIème siècle et l’Union Européenne pourrait connaître le même destin funeste que l’empire des Habsbourg. D’après le politologue bulgare, un tel processus pourrait provoquer l’effondrement des démocraties libérales de la périphérie de l’Europe. Construite dans la peur du passé l’Europe a aujourd’hui peur de l’avenir

 

La gauche américaine est prise au piège de la politique des minorités

 

Les Etats Unis sont en proie à une hystérie morale sur les questions de race et de genre qui rend impossible toute réflexion et tout débat public. Selon Mark Lilla dans « La gauche identitaire. L’Amérique en miettes », seuls ceux ayant un statut identitaire approuvé sont maintenant autorisés tels des chamans à s’exprimer sur certains sujets. La gauche identitaire  est prise au piège de la politique des minorités, c’est pourquoi le philosophe américain recommande à la gauche de renoncer à la tentation identitaire pour revenir à des vertus universelles. La gauche de Roosevelt qui érigeait en valeur la solidarité a été effacée selon lui par une culture de la plainte…

 

La Chine est le monde

 

Dans ce duel de géants entre Chine et Etats Unis, les pays européens mais aussi asiatiques sont des mouches qui essayent de ne pas tomber du dos des éléphants. Pour Sophie Boisseau du Rocher auteur de « La Chine est le monde. Essai sur la sino mondialisation »

La folle rivalité mimétique des chinois doit être observée de près pour bien comprendre l’ambition hégémonique du grand rival de l’Amérique…

 

Le Japon revendique un modèle libéral-conservateur très affirmé. Le japonais n’aime pas l’autre jusqu’à se détester soi-même. Dans « Les leçons du Japon. Un pays très incorrect », Jean Marie Bouissou rappelle que le premier ministre osait déclarer en 2008 que le Japon était “une seule nation, une seule race, une seule civilisation, une seule langue, une seule culture”…