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Jean-Jacques Netter

Les idées de Thomas Piketty : Tout ce qu’il faut faire pour ne pas améliorer le sort des plus pauvres

 

 

Thomas Piketty, est l’économiste qui a séduit les gauches françaises et américaines. Pourtant son livre de plus de 900 pages « Le capital au XXIème siècle » est accompagné de propos, de graphiques et de statistiques qui sont souvent truffés d’erreurs.  Vendu à 450 000 exemplaires aux Etats Unis et 150 000 en France, le livre remet sur le tapis, au nom de l’égalitarisme, un marxisme à la manière du XXIe siècle, condamnant les “riches” et tous ceux qui ont réussi, condamnation que Marx lui-même n’aurait peut-être pas approuvée… Plus grave encore, afin de justifier ses théories, Piketty s’appuie sur des statistiques et des chiffres truqués, voire complètement inventés. A cet égard, le silence d’une grande partie des médias français est inexcusable. Ils se sont gargarisés du succès d’un imposteur.  Cette haine farouche de la réussite sociale témoigne d’une forme revisitée du marxisme. Il faut que les fruits de l’économie récoltés par les individus soient accaparés par un Etat chargé d’en disposer selon son bon vouloir.

Le grand économiste péruvien Hernando de Soto a d’ailleurs taillé en pièces le best seller de Piketty dans son livre “Mystères du capital”. La thèse de Piketty repose selon lui sur des présupposés idéologiques et non des constats de terrain qui montrent que les gens ne fuient pas le capital, mais que au contraire ils le recherchent.

 

Thomas Piketty trouve terrifiant que le taux de rentabilité du capital soit supérieur au taux de croissance de l’économie.  En écrivant cela au début de son livre, il montre qu’il confond la vitesse avec l’accélération , les stocks avec les flux …Ecrire long ne suffit pas pour penser juste et surtout ne dispense pas de regarder la réalité. La hausse des inégalités est concentrée en Chine, en Inde, aux Etats-Unis et en Russie alors que celles-ci sont particulièrement stables en Europe.  Il semble également oublier qu’entre 1990 et 2010, environ 700M de personnes ont quitté la grande pauvreté grâce à l’économie de marché ….

 

Le journal Le Monde, lui donne régulièrement la parole. Ce qui est normal puisque comme le fait remarquer Franz Olivier Giesbert dans « Le parti d’en rire » le grand quotidien du soir  écarte systématiquement  tous ceux qui ont émis des critiques à un moment  sur, Robespierre, Saint Just, Alain Badiou, Jean Paul Sartre… Le Président Mao, Fidel Castro , Hugo Chavez… Benoit Hamon, Philippe Sollers… Selon le même principe ceux qui s’expriment négativement contre Le « Collectif contre l’islamophobie en France » (CCIF) n’ont pas le droit de s’exprimer car comme chacun le sait, l’islam radical n’est pas le seul responsable des agressions contre les juifs !

Après les révélations du « Monde » sur l’évasion fiscale au Luxembourg, et dans le contexte de la crise sanitaire, Thomas Piketty a jugé urgent de lancer une transformation profonde du système économique dans le sens de la justice et de la redistribution.Les milliardaires sont partout dans les magazines dit-il, il est temps qu’ils apparaissent dans les statistiques fiscales…

 

 

 

Passer en revue les chroniques et les prises de positions de Thomas Piketty permet donc de faire la synthèse de tout ce qu’il faut faire si l’on ne veut surtout pas améliorer le sort des plus pauvres. Voilà le catalogue de ces idées fausses qui reposent pratiquement toutes sur une série de présupposés idéologiques extrêmement naïfs et irrationnels.

 

L’idée fausse numéro un c’est “la construction d’un nouvel horizon égalitaire » à visée universelle et internationaliste ». Cette révolution ne passe plus par la dictature du prolétariat des marxistes, mais par “un socialisme participatif” qui réalise l’euthanasie du capital avec un impôt progressif avec des taux allant jusqu’à 70 ou 90%, la socialisation de la propriété et la circulation du capital à travers une dotation universelle de 120 000€ à tout individu âgé de 25 ans.  Chez Piketty l’idéologue surplombe toujours l’économiste. L’ambition d’une économie totale dérive inéluctablement vers un projet totalitaire…Pour lui l’inégalité n’est pas un sous produit du système de production mais le moteur de l’histoire. Pourtant, les échecs de l’Union Soviétique, de la Chine de Mao Tsé Toung, du Cambodge de Pol Pot, de Cuba avec Fidel Castro , du Venezuela de Hugo Chavez n’ont pas l’air de lui poser de problème.

 

L’idée fausse numéro deux c’est « Il faut repenser les outils de la redistribution et de la solidarité » à partir de trois dispositifs .1/ Le revenu de base accessible aux personnes sans domicile et sans compte bancaire…, 2/ la garantie d’emploi proposés dans le secteur public et associatif…3/ l’héritage pour tous qui serait fixé autour de 120 000€ versés à l’âge de 25 ans.  Comme les héritiers se marient entre eux et leurs héritages sont défiscalisés (sic), il faut réformer l’impôt pour éviter une société de rentiers. On retourne vers une société où presque tout est joué à la naissance.Tout cela doit être mis en place le plus rapidement possible selon Thomas Piketty directeur d’études à l’EHESS. Succomber à l’égalitarisme et promouvoir l’indifférenciation, c’est se condamner à ne rien comprendre du malaise contemporain et s’interdire d’en corriger les effets pervers.

 

L’idée fausse numéro trois est « Il faut faire face à notre passé colonial et esclavagiste ». Le meilleur moyen serait de verser une indemnité à tous les africains qui ont été victimes de la ségrégation ce qui aurait une valeur symbolique forte. Il faut « affronter le racisme pour réparer l’histoire ».

Le courant radical anticapitaliste et d’extrême gauche ajoute ainsi à la critique du développement industriel moderne celle de l’esclavagisme. Ces idées sont diffusées dans les universités américaines depuis les années 90 par des intellectuels souvent français.

 

L’idée numéro quatre c’est « Pour lutter contre les discriminations il faut mesurer le racisme ». C’est pourquoi selon Thomas Pioketty  Il faudrait mettre en place un Observatoire des Discriminations puisque dès lors que dans un CV le nom était à consonance musulmane le taux de réponse par les entreprises était divisé par 4 . Cet Observatoire devra aussi surveiller les discriminations à l’intérieur des entreprises. Comme l’antisémitisme ou l’homophobie, l’islamophobie n’est pas une fatalité et peut être vaincue. On ne voit pas très bien à quel moment l’antisémitisme a diminué en France !

 

L’idée fausse numéro cinq est « il faut déconnecter le prix de l’énergie des prix du marché » Thomas Piketty recommande la construction d’un véritable service public de l’énergie sous contrôle citoyen. Dans cette idée angélique il est accompagné de grands spécialistes comme Jean Luc Mélenchon, Benoit Hamon, Arnaud Montebourg et Eric Piolle le maire écologiste de Grenoble. Il suffira selon eux de sortir l’énergie du marché pour “garantir une efficacité technique et économique afin d’assurer notre souveraineté”.  Comme la tarification doit être lisible et stable le prix de l’énergie ne peut dépendre du marché. Partout où ce type d’expérience a été tentée le résultat a été un échec cuisant.

 

Thomas Piketty est devenu le prosélyte de l’égalitarisme qui est une véritable passion hexagonale assortie d’une haine farouche de la réussite sociale. Il est le grand contributeur

du déclin de la gauche depuis que  les néomarxistes ont substitué à la lutte des classes la lutte des identités minoritaires…En réduisant la notion de capital au seul capital économique, Piketty néglige délibérément le rôle majeur du capital culturel et du capital social comme formes décisives de l’héritage. Malheureusement il a formé de nombreux disciples qui dispenent ses idées dans les universités américaines. Emmanuel Saez est directeur du « Center for Equitable Growth » de l’Université de Californie à Berkeley et Gabriel Zucman professeur. Leur thèses ont été reprises par Elisabeth Warren candidate pour les primaires démocrates. Saez et Zucman prônent un rééquiligrage radical en doublant le taux de prélèvement appliqué aux 1% les plus riches. Une telle réforme pourrait rapporter 750 Md$.

 

Pour tous ceux qui risquent de sombrer dans le pessimisme rappelons qu’en 1979, la Grande Bretagne était considérée comme irréformable. A l’époque, la stratégie de conquête du pouvoir de Margaret Thatcher a reposé sur six principes : 1/ avoir une doctrine claire préparée avant les élections 2/ Une fois arrivé au pouvoir, ne pas se disperser et limiter les réformes à quelques axes clefs 3/ Maîtriser le temps électoral 4/ Tenir et se préparer à tenir 5/ S’appuyer sur les valeurs. L’ordre moral, le mariage et la famille qui sont le meilleur rempart contre les vicissitudes de l’existence 6/ Obtenir des résultats. A suivre ….