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Jean-Jacques Netter

Le Venezuela expliqué aux partisans de Mélenchon, le Líder maximo de La France insoumise

 

 

 

Jean Luc Mélenchon veut sa revanche. Il n’est pas arrivé à s’opposer aux lois travail. Il veut maintenant relancer la lutte contre toutes les réformes d’Emmanuel Macron : police de proximité, baccalauréat, apprentissage, assurance chômage, SNCF, audiovisuel public, laïcité, retraites et surtout fonction publique

Il n’y a pas si longtemps il était pointé à 17% dans les sondages de la campagne présidentielle et bénéficiait d’enquêtes d’opinions favorables à hauteur de 68% des français !

 

Le délirant modèle  vénézuelien

 

Le leader maximo de la France insoumise  a un modèle qui l’inspire beaucoup. Il a beaucoup d’admiration pour Nicolas Maduro le successeur de Chávez. Ce dernier  a mené une politique sociale remarquable en promettant de  partager avec le peuple vénézuélien les revenus de la manne pétrolière. Ce qui a valu au régime, au début,  sa  forte popularité et quelques résultats dans la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme. Mais les dépenses ont vite été excessives, allant bien au-delà des ressources du pays, car elles ont été combinées avec une politique monétaire aberrante.

Faute d’investissements, le Venezuela, comme l’Algérie est resté dépendant des revenus pétroliers. Avec une imprévoyance dramatique, le régime n’a pas pris en compte le risque de retournement du marché des hydrocarbures.

 

Le régime vénézuélien est dédié au « socialisme du XXIème siècle » qui repose sur  «  une démocratie participative ».  Chavez citait aussi souvent les Evangiles. Le Christ pour lui était celui qui s’engageait auprès des pauvres. Il était donc pour lui le premier des socialistes ! Au contraire de ses objectifs, sa politique s’est traduite par  une austérité cruelle qui a frappé les plus défavorisés. On a assisté à l’application du schéma classique de la gauche radicale : on dépense trop, on s’affranchit de toute prudence économique, puis on fait brutalement machine arrière en imputant les difficultés à un ennemi extérieur (= les Etats Unis). Et quand on risque de perdre le pouvoir, la répression commence, justifiée par une rhétorique anti-impérialiste. Celle-là même que Jean-Luc Mélenchon a utilisée à Marseille. Inquiétant, car malgré la nouvelle vague de violences survenue ces derniers temps au Venezuela Jean Luc Mélenchon refuse toujours de faire la moindre critique au régime de Nicolas Maduro.

 

Pour sortir du débat idéologique et regarder la réalité économique telle qu’elle est, il faut regarder les trois graphiques ci-dessous :

 

 

 

 

 

 

1/ La masse monétaire du Venezuela a été multipliée par 14 au cours des douze derniers mois. Le gouvernement demande tout simplement à la banque centrale d’imprimer des billets sans aucune limite. Cela se produit jusqu’au moment où la valeur d’un billet est inférieure au coût d’impression du billet. Ce qui s’est produit récemment.

 

2/Le Bolivar  a perdu 98% de sa valeur en un an sur le marché. Pour obtenir un dollar sur le marché parallèle, il faut maintenant donner 236 000 Bolivars. Il y a cinq ans avec ce montant, on pouvait acheter un petit appartement à Caracas. Parallèlement, au début le gouvernement n’ajuste pas le taux de change officiel puisque « le Bolivar est fort ». Ensuite, au bout d’un certain temps,  la banque centrale est obligée de dévaluer la valeur du Bolivar. Elle vient ainsi de procéder à une dévaluation de 99% de la valeur du Bolivar par rapport au dernier cours officiel. Dans tous les manuels d’économie, on explique qu’une dévaluation d’une telle ampleur est la conséquence d’erreurs économiques très graves.

 

3/ L’inflation progresse à un rythme de 13 000% en rythme annuel. Un carton contenant 30 œufs qui valait quelques bolivars au début de l’année en vaut maintenant 247 500.  C’est presque aussi bien que le Zimbabwe géré par Robert Mugabe qui est arrivé à détruire presque complètement la Rhodésie qui était un des pays les plus prospères d’Afrique

 

Le résultat de cette brillante politique tant admirée par Jean Luc Mélenchon et ses supporters est que l’économie vénézuélienne devrait se contracter de 15% en 2018. L’économie s’effondre. La pénurie est partout. Par rapport à 2013 le PIB aura diminué de 50%. L’armée a une forte présence dans toutes les structures du régime. Elle impose une répression sanglante Tous les anciens compagnons du camarade Chavez sont soit dans l’appareil d’Etat soit dans le mouvement chaviste.

Le groupe de Lima ‘Argentine, Brésil, Canada, Chilie Colombie…) a dénoncé le caractère dictatorial du régime et l’inconstutionnalité de la prochaine élections présidentielle, mais rien n’y fait.

 

Jean-Luc Mélenchon concède que ses «amis», qu’il continue donc de soutenir vigoureusement, présentent «certaines faiblesses». Délicieuse litote car ces «faiblesses» consistent à mener une répression impitoyable. Les manifestations organisées par la droite vénézuélienne, mais aussi par une partie de la gauche et par d’anciens chavistes, se sont soldées par plus d’une centaine de morts.

 

François Hollande avait beaucoup plus d’admiration pour Hugo Chavez que pour Margaret Thatcher

 

Victorin Lurel, le ministre des Outre-mer de François Hollande , rappelons le, avait représenté la France aux obsèques du président vénézuélien Hugo Chavez. Le ministre s’était rendu à Caracas, pour  expliquer que : “Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu’on prétend que c’est un dictateur. Il a, pendant ces 14 ans, respecté les droits de l’Homme” !  Victorin Lurel s’est également dit très impressionné par la dépouille de Hugo Chavez devant laquelle il s’est recueilli : “On avait l’impression qu’il y avait là une sorte d’opération, je pèse mes mots, de sanctification”. “Je l’ai trouvé rajeuni, il était tout mignon, frais, pas joufflu comme on le voyait après sa maladie” !

 

Pas longtemps après Margaret Thatcher était enterrée.  Autour du cercueil de l’ancienne Premier Ministre de la Grande Bretagne , 2300 invités se sont joints à la reine Elisabeth II pour ses obsèques avec selon Downing Street, deux chefs d’Etat, 11 Premiers ministres et 17 chefs de la diplomatie en exercice. En revanche,  aucun ministre français n’a traversé la Manche pour assister aux funérailles.

 

Sa politique économique, fortement influencée par les idées libérales, a été un très grand succès. Elle fut marquée par d’importantes privatisations, des dérégulations, par la baisse de la pression fiscale et surtout la fermeté face aux syndicats. Elle reste associée à la « révolution conservatrice » des années ’80 et à l’ère de révolution idéologique qu’elle lança. Elle a aussi beaucoup contribué avec le pape Jean-Paul II à déclencher la chute de l’URSS.  Dans ses discours, toujours très pédagogiques, elle aimait rappeler  “Le  socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine  l’argent des  autres”