3 December, 2014

Le père Noël pourrait se déguiser en Mario Draghi

La croissance mondiale devrait être meilleure que prévu en 2015 si le baril de pétrole se maintient au niveau actuel, au dessous de de 70$. D’après les calculs du FMI, la progression mondiale du PIB pourrait gagner de 0,5 à 1,3 points en plus sur les deux années qui viennent.

Le problème c’est que la baisse du pétrole c’est plus d’instabilité politique dans de nombreuses régions du monde. Pour le moment la chute de l’or noir n’affole pas les marchés. L’OPEP a décidé de maintenir son niveau de production en dépit de la forte chute des cours depuis l’été à 66$ au plus bas depuis septembre 2009. Ayons une pensée pour tous les écologistes distingués qui très savamment prévoyaient un baril à 200, 300, 400$… car disaient ils « il n’y avait plus de pétrole ». La demande est actuellement inférieure de 1 à 1,5M de baril/jour à ce qui était attendu.

Udith Sikand de GaveKal à Hong Kong, estime que le premier pays gagnant sera l’Inde suivis par la Corée du Sud et la Chine et peut être de l’Indonésie et de la Malaisie.

L’Europe s’approche de la déflation

En Europe, on est au bord de la déflation, le rythme d’inflation devrait passer en dessous de zéro au cours des prochains mois. C’est le risque le plus important, car

si la demande reste aussi faible, ce n’est pas simplement pour des raisons cycliques mais aussi structurelles.

Beaucoup d’investisseurs attendent que Mario Draghi se transforme en Père Noël, en leur apportant dans sa hotte le programme de « Quantitative Easing » tant attendu.

La BCE décidera d’acheter des obligations d’état au cours des réunions de janvier, mars ou avril 2015. Cela ne suffira toutefois pas d’acheter des « ABS » et des « Covered Bonds ». Il faudrait acheter des actifs beaucoup plus risqués. Si c’était le cas, on entrerait alors dans l’équation favorable : baisse des taux réels + baisse de l’Euro + baisse du prix du pétrole. Tel est le scénario de Pierre Olivier Beffy chief economist de Exane BNP Paribas.

La croissance européenne devrait néanmoins rester faible pense Peter Oppenheimer, stratégiste Europe chez Goldman Sachs à Londres. Il attend 0,9% avec une chance sur trois d’avoir un chiffre bien inférieur. Quand à Peter Berezin Managing Editor de BCA il estime que le programme de QE de la BCE devrait décevoir, car elle ne pourra pas acheter les classes d’actif les plus risquées. Ce n’est pas l’avis d’Anatole Kaletsky de GaveKal à Londres qui est persuadé que Mario Draghi est arrivé aujourd’hui à s’affranchir de la tutelle allemande.

Le plan Juncker pour relancer l’investissement en Europe espère attirer 315Md€ dans les trois années à venir. L’UE joue aux apprentis banquiers en utilisant à son tour la magie de l’effet de levier tant reprochée aux banquiers…

L’OCDE est inquiète, car c’est en France que la situation se détériore le plus. 

La construction connaît un véritable marasme. On est tombé en dessous de 300 000 logements par an. Le gouvernement ne va pas assez vite, pas assez loin, pas assez fort…

Il passe son temps à détricoter les mesures stupides qui ont été prises. Les ardoises se multiplient : après celle d’Ecomouv, il y aura bientôt celle des Mistral. A chaque fois c’est plus de 1Md€ !. L’épargne salariale après avoir été assassinée est maintenant encouragée. Quel gâchis….

Tout cela ne devrait pas empêcher les valeurs allemandes devraient en revanche surperformer les valeurs américaines explique le Dr Jörg Krämer chief economist de Commerzbank

Pour ceux qui ont envie de croire à une amélioration de la situation en Europe, il faut acheter des valeurs de croissance. La composition du panier de Goldman Sachs consacré à ce thème est très intéressante. On trouve ces valeurs en Grande Bretagne (14): Fresnillo , Aberdeen AM, Cobham, Prudential, St Jame’s Place, Rightmove, Genel Energy, BG Group, Petrofac, Amec, Persimmon, Taylor Wimpey, ARM Holdings, Drax Group ; en Suède (4) : Meda, Lundin Petroleum, Electrolux, Hennes & Mauritz; en Suisse (4) : Julius Bär, Geberit, Lindt, Dufry. Il faut noter que les pays où l’on trouve le plus de valeurs de croissance sont des pays qui ne sont pas dans l’Euro. Cela pourrait éventuellement faire réfléchir le monde politique…

En Allemagne, on en trouve 3 : Symrise, Wirecard, United Internet; au Danemark 3 : Novo Nordisk, Novozymes, Pandora ; en France 2 seulement : Valeo, Dassault Systèmes; Aux Pays Bas 2 : Aegon, Asml Holding; en Norvège 1: Seadrill; en Espagne 1 : DIA, au Portugal 1 : Galp Energia 

Pour les investisseurs qui souhaitent avoir un peu moins de croissance et plus de rendement voilà une autre liste de sociétés classées cette fois par secteur :

Automobile : BMW, Daimler, Michelin; Banques: BBVA, HSBC, Nordea, UBS; Construction: Royal Boskalis Westminster, Tecnicas Reunidades, Vinci; Finance: Deutsche Börse; Alimentation: Nutreco; Santé: Roche, Sanofi; Biens d’équipents: Metso oyj, Randstad Holdings, Siemens; Assurance: Aegon, Allianz, Assicurazioni Generali, AXA, Legal & General, SCOR, Unipol; Media: Modern Times Group, SES SA; Pétrole: BP, Royal Dutch, Total; Biens de consommation: BAT, Philips Electronics, Taylor Wimpey; Distribution: Casino; Technologie: Ericsson; Telecoms: BT Group, Swisscom, Telenor, TeliaSonera; Services publics: Centrica, E.ON

Aux Etats Unis l’activité industrielle progresse, cela devrait entrainer un redémarrage de l’investissementPour Will Denyer de GaveKal à Hong Kong, la combinaison de bons chiffres américains et de la perspective d’une politique plus agressive de la BCE devrait encore aiguiser l’intérêt sur les sociétés américaines

Au Japon cela devrait s’arranger. Le « Government Pension Investment Trust » qui est le plus grand fonds de pension du monde avec 1400Md$ en gestion devrait vendre prochainement pour 300Md$ d’obligations afin d’acheter des actions. Les valeurs japonaises se traitent à 8X le cash flow contre 11 X pour les pays développés et 7 X en Chine. Le Japon fait partie des bénéficiaires de la baisse du pétrole.

En Chine, la croissance va encore ralentir autour de 6,5%, mais pas s’effondrer. On pourrait selon Louis Gave de GaveKal Hong Kong assister à l’équivalent d’un Plan Marshall avec des investissements considérables dans des infra structures financées en partie par l’internationalisation du Renminbi. A suivre ….

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

6 Commentaires

Your email address will not be published. Required fields are marked *

  • BA

    11 December 2014

    Jeudi 11 décembre 2014 :

    Grèce : plongeon de la Bourse d’Athènes (- 7,35%).

    L’indice général de la Bourse d’Athènes continuait jeudi après-midi sa chute en perdant 7,35% à la clôture, en baisse pour le troisième jour consécutif, sur fond d’incertitude politique en raison de l’élection présidentielle la semaine prochaine.

    L’indice Athex avait connu cette semaine un mardi noir, dégringolant de 12,78% en une séance, tandis que mercredi ses pertes avaient été limitées à 1,01%.

    Ces chutes sont causées par l’annonce de la tenue de l’élection présidentielle avec deux mois d’avance, accélérant d’autant le risque pour l’actuel gouvernement de coalition droite-socialiste, dirigé par le conservateur Antonis Samaras, d’être contraint à des législatives anticipées.

    Rappel :

    A la coupe du monde des pays en faillite, dans les 11 premières places, il y a 9 pays européens.

    1- Médaille d’or : Japon. Dette publique de 243 % du PIB

    2- Médaille d’argent : Grèce. Dette publique de 317,499 milliards d’euros, soit 174,1 % du PIB

    3- Médaille de bronze : Italie. Dette publique de 2168,855 milliards d’euros, soit 133,8 % du PIB

    4- Portugal : dette publique de 224,129 milliards d’euros, soit 129,4 % du PIB

    5- Irlande : dette publique de 209,702 milliards d’euros, soit 116,7 % du PIB

    6- Chypre : dette publique de 19,365 milliards d’euros, soit 112,2 % du PIB

    7- Belgique : dette publique de 433,274 milliards d’euros, soit 105,1 % du PIB

    8- Etats-Unis : dette publique de 18004 milliards de dollars, soit 105 % du PIB

    9- Espagne : dette publique de 1012,606 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB

    10- France : dette publique de 2023,668 milliards d’euros, soit 95,2 % du PIB

    11- Royaume-Uni : dette publique de 1552,344 milliards de livres sterling, soit 88,4 % du PIB

    (Pour info : la dette publique de la Russie est de 13 % du PIB)

    http://cimb.ch/ICMB/Publications_files/Geneva16_2.pdf

    Répondre
  • BA

    5 December 2014

    A la coupe du monde des pays en faillite, les pays européens sont très bien placés.

    A la coupe du monde des pays en faillite, dans les 11 premières places, il y a 9 pays européens.

    1- Médaille d’or : Japon. Dette publique de 243 % du PIB

    2- Médaille d’argent : Grèce. Dette publique de 317,499 milliards d’euros, soit 174,1 % du PIB

    3- Médaille de bronze : Italie. Dette publique de 2168,855 milliards d’euros, soit 133,8 % du PIB

    4- Portugal. Dette publique de 224,129 milliards d’euros, soit 129,4 % du PIB

    5- Irlande : dette publique de 209,702 milliards d’euros, soit 116,7 % du PIB

    6- Chypre : dette publique de 19,365 milliards d’euros, soit 112,2 % du PIB

    7- Belgique : dette publique de 433,274 milliards d’euros, soit 105,1 % du PIB

    8- Etats-Unis : dette publique de 18004 milliards de dollars, soit 105 % du PIB

    9- Espagne : dette publique de 1012,606 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB

    10- France : dette publique de 2023,668 milliards d’euros, soit 95,2 % du PIB

    11- Royaume-Uni : dette publique de 1552,344 milliards de livres sterling, soit 88,4 % du PIB

    (Pour info : la dette publique de la Russie est de 13 % du PIB)

    http://cimb.ch/ICMB/Publications_files/Geneva16_2.pdf

    Répondre
  • emmanuel

    4 December 2014

    J’en revient a ma solution neo-keynesienne de choc…
    Pourquoi ne redonne il pas du pouvoir de consommer en absolue avec quelques milliards distributes a tous les Europeens.
    Allons y franchement.
    C’est assez tragique, mais franchement comique aussi.
    C’est comme Cameron et son austerite pour 95millairds de £ de deficit.

    Répondre
  • emmanuel

    4 December 2014

    Super Mario a decu.
    “Petit papa Draghi alle revient, dit revient…
    Mais non il veut attendre le 25 decembre…”
    C’est assez consternant la ou nous en sommes: n’est il pas…
    Et certain pensent que cela va etre eternal…

    Répondre
  • Gilles

    4 December 2014

    “Le gouvernement ne va pas assez vite, pas assez loin, pas assez fort…”
    ???? si si, massacre fiscal, mensonges et lois stupides, à chaque fois ils se surpassent pour toujours faire plus, ce qui est en soi assez incroyable !

    Répondre
  • emmanuel

    3 December 2014

    Petit papa Draghi, quand tu descendras du Ciel, avec des Euros par Milliards, n’oublies pas mon petit soulier.
    Mais avant de partir, il faudra bien te couvrir, dehors tu vas avoir si froid, c’est totalement a cause de toi…

    Répondre

Me prévenir lorsqu'un nouvel article est publié

Les livres de Charles Gave enfin réédités!