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Jean-Jacques Netter

Le marché japonais a retrouvé son plus haut de 1992

 

 

L’indice Nikkei vient de retrouver son niveau de 1992  (22913). Il est en hausse de 19% depuis le 9 septembre grâce à de très bons résultats de sociétés (61% des sociétés de l’indice Topix ont battu les prévisions des analystes), stimulée en partie par la baisse du yen.

Parmi les bons résultats annoncés par les sociétés japonaises,  il faut noter ceux de Sony qui a monté de 11% le jour de l’annonce de ses résultats. Honda a remonté ses prévisions et annoncé un programme de rachat d’actions. Toyota a remonté ses prévisions pour la deuxième fois de l’année. Même Toshiba qui est plombé par ses activités nucléaires américaines a dégagé dans son activité semiconducteurs ses meilleurs résultats depuis 28 ans. Cette branche a d’ailleurs été mise en vente pour reconstituer une partie du capital de la maison mère. Enfin,  Panasonic est en train de gagner la bataille des avions connectés avec Panasoonic Avionics. Les compagnies aériennes voient dans le « shop entertainement », mariage entre shopping et entertainement une source de revenus supplémentaires et un moyen de fidéliser leurs clients.

 

Les investisseurs étrangers  ont investi plus de 19 Md$ en actions japonaises le mois dernier. Quant aux investisseurs japonais, ils vendent de leur côté des obligations du Trésor US et des obligations étrangères pour acheter des actions.

La politique économique du premier ministre Shinzo Abe, les « Abenomics » se composaient de « trois flèches » destinées à sortir le pays de la déflation dans laquelle il était englué depuis de nombreuses années: relance budgétaire massive, assouplissement monétaire drastique et réformes structurelles. Même si le résultat est mitigé il a beaucoup plu à la bourse.

 

Les législatives anticipées ont offert quatre années de pouvoir supplémentaire au Parti Libéral Démocrate de Shinzo Abe. Sa victoire a été spectaculaire avec 313 sièges sur les 465 que compte la Chambre basse.

 

Le Japon va augmenter son budget de la défense

 

Il y aura donc un retour progressif du Japon à la puissance militaire, car  selon le premier ministre, la constitution  écrite par le vainqueur américain est le symbole de l’humiliation du Japon. L’archipel n’a aujourd’hui que le droit à l’autodéfense. Il est donc totalement dépendant du parapluie américain dans un environnement ou les agressions ne manquent pas. La Corée du Nord ne cesse de faire survoler le Japon par ses missiles. L’hégémonie maritime chinoise a provoqué des réactions nationalistes dans tout le Japon. La Russie a toujours le contrôle de petites iles au large d’Hokaido. L’article 9 de la constitution devrait donc être amendé pour refaire du Japon une puissance politique normale. Le pays ne consacre que 1% à son budget de la défense contre 2,6% en Corée et 3 ,3% aux Etats Unis. 47 000 militaires américains sur le sol japonais.

 

 

 

 

L’univers d’investissement qui devrait en profiter est composé des sociétés suivantes :

 

<Mitsubishi Heavy Industries> (avions, missiles, bateaux, tanks…), <NEC> (Missiles anti tank), <Mitsubishi Electric> (radar pour le chasseur F-2),<Kawasaki Heavy Industries> (sous-marins, avions, hélicoptères, engins spatiaux, moteurs d’avions, simulateurs),<Toshiba>(missiles sol-air /partenariat avec  Raytheon ),<Fujitsu> (vision de nuit), <Fuji Heavy Industries> (hélicoptèrs, avions), <IHI Corporation> (moteurs d’avions, missiles anti tank)

 

La technologie japonaise est souvent le leader dans de nombreux domaines

 

La voiture à hydrogène. Toyota est convaincu que ce sera l’énergie qui sera la plus utilisée pour la propulsion des véhicules. Le modèle Mirai fon ctionne déjà avec de l’hydrogène, mais il faudra développer les infrastructures en conséquence pour arriver à faire que le temps de recharger de l’hydrogène ne soit pas significativement plus long que pour un plein d’essence.

 

 

La technologie LED permet de réaliser un contrôle précis des couleurs et de l’intensité

 

L’univers d’investissement qui devrait en profiter est composé des sociétés suivantes :

 

<Endo Lighting> (design de luminaires),<Koito Manufacturing>(n°1 fournit 30% des éclairages montés sur les Toyota),<Stanley Electric> ( éclairage de voitures), <Toyoda Gosei> (éclairage de voitures), <Nikkiso> (applications médicales utilisées en dermatologie et en chirurgie ), <Kaga Electronics> ( transmission de données utilisant le LED)

 

Dans le domaine des robots le Japon est aussi très bien placé. Le premier ministre a de nombreuses fois expliqué que ce secteur était au cœur de la croissance japonaise.

 

L’univers d’investissement qui devrait en profiter est composé des sociétés suivantes :

 

Fanuc contrôle 50% du marché mondial  du CNC (“Computerised Numerically Controlled”). Ses concurrents sont Siemens qui détient 30% du marché. Fanuc est numéro un mondial devant ABB en Suède et Yaskawa. Chacun a environ 20% du marché  Les autres acteurs sont Kuka en Allemagne racheté par le chinois Midea, Nachi-Fujikoshi et  Kawasaki Heavy. Panasonic a aussi l’intention de se développer encore plus rapidement dans le domaine des robots.

 

Le nouveau cycle de l’investissement

 

Le Japon est donc clairement sorti de sa « trappe à dette » pour passer dans un nouveau cycle qui sera celui de l’investissement.  Il ne reste plus qu’à traiter le problème de la dette japonaise qui est détenue en très grande majorité par des japonais. Sur le papier il suffirait donc de fusionner la banque du Japon avec le Trésor pour arriver à une annulation de cette dette. Tous ceux qui souhaitent être exposés au Japon ne devraient plus couvrir leur exposition en Yen.

 

L’activisme du Japon dans la zone Indo Pacifique

 

Cela fait dix ans que Shinzo Abe défend le concept de « zone Indo Pacifique »  au lieu de celui de « Asie Pacifique » qui comprend la Chine. Le voyage de Donald Trump a complètement sanctifié cette idée qui consiste à essayer de contenir la Chine dans ses volontés expansionnistes.

Le Japon continuera donc d’être actif au sein des organisations qui ont pour objectif le développement des échanges commerciaux : l’APEC (Asia Pacific Economic Cooperation) comprend 21 pays qui représentent 60% du PIB mondial. Le TPP (Trans Pacific Partnership) a du mal décoller depuis que Donald Trump a décidé d’en partir. Le Japon avec l’aide du Mexique essaye de le sauver. La RCEP (Regional Economic Comprehensive Partnership) est une initiative de la Chine pour remplacer le TPP.

 

Ce qui inquiète vraiment le Japon c’est « One Belt One Road » (OBOR) qui n’est par une organisation pour développer le commerce, mais l’équivalent d’un gigantesque Plan Marshall qui concernera 65 pays. Cet investissement dans les infrastructures est d’ailleurs appelé « La nouvelle route de la soie ». La China Development Bank va mobiliser 890md$ sur 900 projets pour relier Xian en Chine avec Dushanbe au Tadjikistan, Moscou, Rotterdam et Venise…