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La transition énergétique jusqu’à quand ?

Un modèle économique menacé en Europe par la conjoncture et les mesures d’économies d’énergie qui pèsent sur la demande depuis quelques années.

Les gaziers et les électriciens revoient à la baisse leurs ambitions pour les prochaines années, plombées par la crise économique et par l’environnement réglementaire et fiscal.

EDF et GDF Suez en France, E.ON et RWE en Allemagne ou encore Iberdrola en Espagne ont été fortement sanctionnés par la bourse par une baisse significative des titres depuis le début de 2012. Ces grands de l’énergie ont lancés des avertissements sur leurs résultats pour les trois prochaines années, dernier en date, GDF Suez vient de revoir à la baisse de 15 % le bénéfice net (hors exceptionnel).

Les mesures d’économies pèsent lourdement sur la demande depuis quelques années : la consommation a baissé de 9,2 % en 2012 pour le gaz et de 1,5 % pour l’électricité et la tendance devrait se poursuivre dans la mesure où la directive européenne de septembre 2012, contraint les opérateurs à réduire la consommation de leurs clients de 1,5 % dès 2014.

Cette mesure européenne se cumule pour ces opérateurs avec de nouvelles menaces pour leur modèle économique comme :

–       La révolution des gaz de schiste outre-Atlantique a conduit les Etats-Unis, désormais producteur de gaz à bas prix, à exporter massivement du charbon bon marché en Europe

–       La rentabilité des centrales à gaz, pratiquement toutes récentes, est directement mise en question.

–       Plusieurs terminaux méthaniers sont en construction, alors que les perspectives d’exportation de gaz naturel liquéfié américain semblent plutôt compromises.

–       Les décisions politiques comme la sortie du nucléaire vont coûter très cher aux opérateurs français et surtout aux allemands qui ont déjà amorcé la sortie.

–       La concurrence des énergies renouvelables imposées comme prioritaires sur le réseau, au détriment d’autres énergies au prix de revient plus faible.

–       Le gouvernement français impose le gel des tarifs réglementés empêchant les opérateurs de répercuter la hausse de leurs coûts sur la facture de leurs clients.

Au final ces opérateurs énergéticiens subissent ces revers alors même qu’ils sortent d’une phase de lourds investissements qui a duré près de 15 ans et qui pèsent sur leurs bilans.Le manque de vision de cette économie énergétique Nationale, européenne et internationale à moyen et long terme a enterré la mise en place de véritables stratégies de développement depuis de trop longues années en ce qui concerne l’Eolien, le Solaire, le Nucléaire, le gaz de schiste, le charbon, etc…Ces domaines ne doivent plus être le sujet à des palabres politiques, mais plutôt à de vraies recherches, de véritables approfondissements scientifiques et de leurs réelles évolutions dans le temps.

Situation économique de l’énergie gaz et électricité

 

 

Variation des cours de bourse entre début 2010 et fin 2012 :

–       EDF                           -37 %

–       GDF Suez                  -49 %

–       E.ON                         -51 %

–       RWE                          -54 %

–       Iberdrola                    -37 %

 

Demande de gaz en variation de la consommation de début 2010 à fin 2011 :

–       France                        -13,9 %

–       Allemagne                  -10,8 %

–       Royaume –Uni          -14.5 %

–       Belgique                     -17,1 %

–       Pays-Bas                   -12,7 %

–       Espagne                     -6,7 %

–       Italie                           -6,2 %

–       Pologne                      +7,4 %

 

Demande d’électricité en variation de la consommation de début 2010 à fin 2011 :

–       France                        -6,8 %

–       Allemagne                  +1,4 %

–       Royaume –Uni          -2,4 %

–       Belgique                     -2,3 %

–       Pays-Bas                   +3,5 %

–       Espagne                     -2 %

–       Italie                           +1,9%

–       Pologne                      +1,5 %

La baisse de la demande, la pression fiscale et réglementaire  et l’ouverture de la concurrence pèsent lourdement sur les marges des grands de l’énergie qui vont obligatoirement se restructurer et développer de nouvelles stratégies par apport aux nouvelles orientations du marché de l’énergie. Il se profile à court terme des cessions d’actifs de la part des grands de l’énergie pour financer des investissements sur les pays émergents où la demande est forte et les contraintes réglementaires faibles.C’est le cas actuellement de GDF Suez qui accélère son programme de cessions d’actifs et de désendettement. Le groupe a annoncé, ce début janvier 2013, la vente de 60 % de ses énergies renouvelables (Eolien) au Canada qui représente 1 milliard d’euros.Les opérateurs allemands ont commencé depuis 2 ans leur programme de développement dans les pays émergents  et des annonces commerciales vont se faire entendre en 2013 et 2014.

Le solaire : ces énergies renouvelables sont elles aussi en pleine crise, pas seulement au niveau européen mais aussi au niveau mondial. En effet, le solaire est touché par la baisse des subventions et l’effondrement des prix,  l’industrie solaire photovoltaïque a chuté de 18 % en 2012 et devrait baisser de 5 à 6 % en 2013. Cette baisse s’est traduite par de nombreuses disparitions d’entreprises du secteur : de 750 en 2010 à 150 à fin 2012.

Une des conséquences des difficultés croissantes auxquelles se heurtent les grands énergéticiens en Europe, c’est la dégradation de leur qualité de service.

Il faudra beaucoup d’investissement pour entretenir ou remplacer les centrales existantes, mais aussi renforcer le réseau pour que les 500 millions de consommateurs en Europe puissent profiter de l’électricité à toute heure du jour et de la nuit.

 

Les montants en jeu sont colossaux, les gouvernements ne pourront pas se désintéresser de ce sujet brûlant qui réclame, non pas des audits ou des réunions de toutes les parties qui leur font gagner du temps, mais des actions préventives et évolutives immédiates et efficaces.

La fameuse transition énergétique

 

Une transition énergétique impossible à réaliser, le débat est lancé, mais la seule traduction actuelle du gouvernement pour l’instant est la rénovation des bâtiments et d’inciter les français à consommer moins et mieux.

Situation actuelle :

1.)   Une dépendance coûteuse aux hydrocarbures importés

Consommation énergétique totale par source d’énergie en 2012

Produits pétroliers                 46 %

Electricité                               22 %

Gaz                                        20 %

Energies renouvelables             9 %

Charbon                                   3 %

 

Evolution de la facture des importations énergétiques en Milliards d’euros

 

2010               48,1 Mds d’euros

2011               61,4 Mds d’euros

2012               68,1 Mds d’euros dont 60 Mds d’euros de pétrole

 

2.)   Les transports sont plus polluants que l’industrie

 

Emissions françaises de gaz à effet de serre en 2012

Transport                              26 %

Agriculture et sylviculture     20 %

Résidentiel-tertiaire               19 %

Industrie manufacturière        18 %

Industrie de l’énergie             13 %

Déchets                                    4 %

 

3.)   Les consommateurs d’énergie

 

Consommation énergétique totale de la France par secteur

 

Résidentiel-tertiaire               44 %

Transport                              32 %

Industrie                                13 %

Divers                                      8 %

Agriculture                               3 %

 

Grâce au nucléaire et au prix régulés, les ménages et les entreprises bénéficient d’un prix de l’électricité inférieur de 25 % à la moyenne de l’union européenne. Mais si le nucléaire fournit 75 % de l’électricité française, ce n’est en fait que 20 % de l’énergie totale consommée dans l’hexagone, alors que 70 % proviennent des énergies fossiles.

 

Ces énergies fossiles sont actuellement importées à 97 % qui grèvent lourdement notre balance commerciale de 68,1 Milliards d’euros en 2012, représentant 90 % du déficit commercial français. Cette dépendance nous exposent, bien entendu, à la volatilité des cours promis à moyen terme et à forcément à une hausse inéluctable à court terme, sans compter à la dépendance à l’égard de nos fournisseurs.

 

 

Les français doivent se préparer à payer plus cher

On sait que les prix régulés ne couvrent pas l’intégrité des coûts :

Pour le nucléaire le prix n’inclut pas la maintenance, la modernisation des centrales et suite à la catastrophe de Fukushima les coûts supplémentaires à réaliser pour les mesures de sécurité complémentaires exigées par l’autorité de sureté.

A la dernière commission d’enquête du Sénat, tous prédisent une hausse des prix de l’électricité de 30 % à 50 % d’ici à 2020.

 

 

La solution, le gaz de schiste

La France possède dans ses sous-sols des énergies fossiles pour des centaines d’années, mais son exploitation fait débat chez nos obscurantistes politiques, mais avant que toutes positions politiques soient prises, il faut d’abord écouter les scientifiques des différents pays et étudier les dernières technologies d’exploitation du gaz et huiles de schiste en fonction de nos sols et de notre environnement. Cela n’a pas empêché François Hollande, lors de la grande conférence environnementale de septembre 2012, de marteler son opposition à cette source d’énergie

 

Depuis 30 ans la France loupe le coche des opportunités industrielles en étant contre tout  par les minorités politiques et syndicales, et des opportunités technologiques par les minorités politiques pour le principe de précaution (schiste, OGM par exemple)

Toute technologie doit être développée et exploitée, c’est ainsi qu’elle met à jour d’autres innombrables technologies.

 

 

En dehors de toutes polémiques l’exploitation du gaz de schiste permettrait d’économiser autour de 60 Mds d’euros par année, de créer des milliers d’emplois et de favoriser notre indépendance énergétique.

 

Les principales techniques d’exploitation du gaz de schiste

–       Fracturation hydraulique : la pression de l’eau fissure la roche et libère le gaz, la pression de l’eau fissure la roche et libère le gaz.

–       Fracturation électrique : une puissante décharge électrique envoie une onde acoustique qui provoque des fissures.

–       Stimulation au propane : le propane, mélangé à du sable et de la céramique, génère des fissures dans la roche.

–       Fracturation par explosion : des charges explosives sont placées aux endroits ciblés.

–       Fracturation exothermique : l’hélium liquide injecté se réchauffe et devient gazeux sous l’effet de la chaleur du sous-sol. Augmentant de volume en devenant gazeux, il fragmente la roche.

D’autres techniques sont en cours d’étude comme par exemple une qui utilise le laser, mais on observe que plus on avance dans l’exploitation et plus les techniques s’enrichissent, se bonifient et répondent positivement aux multiples incertitudes à la fois géologiques, techniques, environnementales et politiques que l’on se pose.

Situation aux états unis

L’industrie américaine bénéficie à plein d’un gaz qui est devenu très bon marché. Une baisse passant de 13 dollars le million de BTU en 2008 à 4 dollars en 2012 qui profite tout particulièrement aux industries électro-intensives américaines (ciment, papier, aluminium, etc.) et à celles qui utilisent le gaz comme matière première (chimie, pétrochimie).

L’exploitation du gaz et huiles de schiste profite également aux équipementiers qui fournissent les matériel d’exploitation et les fluides utilisés dans les différentes techniques et aussi aux pétroliers indépendants américains positionnés sur les huiles de schiste.

Pour le gaz, les contrats seront remis à plat et les Etats-Unis finiront par imposer leur modèle au reste du monde, fondé sur des prix dérivés des marchés spot. Le mouvement a déjà commencé et le vieux continent est déjà confronté à une baisse de la demande.

Les perdants de ce boum du gaz sont Gazprom par l’exportation du charbon à bas prix des Etats-Unis, les pays de l’Opep, qui sont d’ores et déjà contraints de limiter leur propre production pour soutenir le cours du Baril, les centrales à gaz européennes qui ferment et mettent sous cocon leurs usines à cause du charbon des Etats-Unis bon marché, Les industries européennes principalement les gazo-intensives particulièrement affectées par le prix du gaz trois fois plus élevé qu’aux Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, l’essor du gaz de schiste a cassé la croissance du nucléaire, on observe depuis janvier 2013 trois fermetures de centrales nucléaires et la plupart des nouveaux projets  suspendus, ce qui n’arrange pas les affaires de EDF et Areva qui ont d’ailleurs réduit leur voilure outre-Atlantique.

Depuis 2 ans les Etats-Unis, en ajustant une inflation sur la monnaie commune, avec un prix de l’immobilier industriel au plus bas, avec la forte croissance des nouvelles technologies et enfin avec un prix de l’énergie 3 fois moins cher, sont en train de s’industrialiser fortement à nouveau et sans transition.